Québec : une mairie recommande aux immigrés d’éviter les odeurs

Québec : une mairie recommande aux immigrés d’éviter les odeurs

10/12/2011 – 08h45
GATINEAU (NOVOpress) — 108 nationalités présentes dans la ville, 1500 immigrés supplémentaires accueillis en 2010, soit une augmentation de 28 % de la population immigrée par rapport à 2009 (la deuxième plus forte augmentation de tout le Canada), et le maire qui trouve tout cela merveilleux : la municipalité de Gatineau au Québec ne saurait a priori être soupçonnée de braver le politiquement correct.

Marc Bureau, maire de Gatineau. Crédit : Ville de Gatineau - gatineau.ca
Marc Bureau, maire de Gatineau. Crédit : Ville de Gatineau - gatineau.ca

Le guide Énoncé des valeurs : des clés pour mon intégration (disponible en téléchargement), que « la Section de la diversité culturelle du Service des arts, de la culture et des lettres de la Ville de Gatineau » vient de publier à l’intention des immigrés est du reste tout dégoulinant de bons sentiments multi-ethniques. La couverture est ornée de la photographie d’une vieillarde (la population québécoise de souche) qui tient dans ses bras une petite fille blonde et un petit Noir, conformément aux canons de l’imagerie métisseuse – toujours un Noir et une blonde, jamais l’inverse. Sous le titre « Bienvenu à Gatineau ! », l’introduction annonce aux immigrés : « La Ville de Gatineau souhaite la bienvenue à toutes les personnes qui ont décidé de s’y établir et de devenir des Gatinoises et des Gatinois. Notre communauté s’enorgueillit de la richesse de sa diversité culturelle alors que plus d’une centaine de pays d’origine différents forment sa population. Ce petit livret a été conçu pour vous aider à réaliser pleinement votre projet d’intégration ». La conclusion est consacrée à « la promotion de l’inclusion et de la lutte contre le racisme et la discrimination ».

Las, même les municipalités les plus politiquement correctes font parfois des erreurs. Au chapitre 12, on trouve cet avertissement : « les citoyens porteront une attention particulière à la propreté, l’hygiène corporelle et la salubrité des lieux publics et privés. Le respect de la qualité de vie d’autrui fait également référence à des facteurs dérangeants ou nuisibles comme le bruit et différentes odeurs perçues désagréables comme la fumée de cigarette, les odeurs d’usines et de moteurs ainsi que les odeurs fortes émanant de la cuisson ».

Il n’en fallait pas plus pour que la mairie de Gatineau se retrouve sur le banc des accusés. Médias et associations antiracistes comparent son guide au célèbre « code de vie » adopté en 2007 par la petite ville d’Hérouxville, qui avait fait scandale parce qu’il interdisait entre autres la lapidation des femmes. « Le ton est infantilisant aux yeux de certains groupes œuvrant auprès des communautés immigrantes ». Pour Baka Asha Tshimanga, du Centre catholique pour immigrants, qui accueille chaque année des centaines de nouveaux arrivants, « ça manque de subtilité ». Le guide « est un peu paternaliste ». « Je ne sais pas, poursuit Baka Asha Tshimanga, dans quelle culture les gens ne se lavent pas ».

Au journal télévisé, le maire de Gatineau, Marc Bureau, a été accusé de vouloir obliger les immigrés à « manger comme des Québécois de huitième génération ». « Et s’ils ont envie de se cuisiner un plat qui dégage des odeurs plus fortes, avec du curry, je ne sais quoi ? » a demandé avec indignation le journaliste. « Ce n’est pas comme Hérouxville, il y a une grande différence », a expliqué le maire de Gatineau, Marc Bureau, qui a souligné que le guide n’imposait rien. « Ce n’est pas un code de conduite ».

Photo en Une : crédit Dulcie via Flickr (cc)

Le “Journal de Montréal” dénonce l’ethno-masochisme

Le « Journal de Montréal » dénonce l’ethno-masochisme

06/12/11 – 09h30
MONTREAL (NOVOPress)
C’est dans un article du « Journal de Montréal », quotidien francophone du Québec, intitulé « Les méchants c’est nous autres », que le chroniqueur Gilles Proulx exprime, en des termes fort peu politiquement correct, son exaspération face à la passivité et au masochisme de la plupart des Québécois vis-à-vis de ceux qui refusent, nient ou insultent leur culture et leur identité.

Cet article fait suite à l’agression dont ont été victimes des souverainistes québécois qui entendaient défiler sous le drapeau bleu fleurdelysé et qui ont été pris à partie par des « Néo-Québécois » aux origines diverses (ADDENDUM – 16h17 – note de Novopress : cette manifestation indépendantiste a été en réalité attaquée par des militants d’extrême gauche, peu de chose à voir avec des “Néo-Québécois”).

« C’est difficile de s’émouvoir pour une ethnie aussi peu exotique que la nôtre, même si elle est en voie de disparition dans un continent où sa marginalité la condamne à disparaître. Nous nous sentirions égoïstes de pleurer sur notre propre mort programmée. “Tendre l’autre joue”, voilà qui devrait remplacer notre devise nationale puisque, de toute façon, nous ne nous souvenons plus », déclare notamment le journaliste, avant d’enfoncer le clou en rajoutant : « Quoi que nous fassions, nous inspirerons de l’horreur et du dégoût aux gentils “néos”, qui ont parfois la chance de ne pas parler le français et d’être indemnes de la souillure de notre culture. Cette indifférence hostile à notre culture n’est que la conséquence du travail de sape entrepris depuis quelques années contre le Québec français. »

Un ton et des propos qui tranchent radicalement avec l’habituel conformisme des journaux français.

[box]Pour lire l’intégralité de l’article[/box]

[box class=”info”]Crédit photo : -eko-/Flickr sous licence Creative Common[/box]

“Mademoiselle ?” Vue du Québec par Mathieu Bock-Côté

"Mademoiselle ?" Vue du Québec par Mathieu Bock-Côté

[box class=”info”] Cet article de Mathieu Bock-Côté (jeune auteur québécois, chargé de cours au département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal) date du 5 octobre dernier, mais l’analyse garde tout son intérêt de fond. [/box]

La nouvelle a fait scandale outre Atlantique [NDLR : en France] : la frange radicale du féminisme français veut abolir le mot « mademoiselle ».

La raison derrière cette bataille ? Mademoiselle serait inégalitaire, sexiste. Il n’y aurait pas d’équivalent masculin, sinon le poussiéreux « damoiseau ». « Mademoiselle » infantiliserait les femmes, par l’intermédiaire d’un vocabulaire patriarcal.

Je devine votre réaction : hein ?!? Vous ajouterez probablement qu’il y des militantes qui ont du temps à perdre. Exactement. Mais cette tentative d’éradication du vocabulaire n’est ni anecdotique, ni insignifiante.

On reconnaît ici une dérive inquiétante de l’idée d’égalité. Chez ceux et celles qui en usent sans modération, l’égalité devient une machine à râper le réel, à en faire disparaître les nuances, à en effacer les saveurs.

Car ce qui qui disparaîtrait avec le terme mademoiselle, ce ne serait pas une barrière sur le chemin de la société sans sexisme. C’est une manière de nommer les subtilités du charme féminin, la légèreté, la candeur si caractéristique d’une certaine grâce féminine. Cette manière de nommer le charme de cette jeune femme qui vous sourit et vous donne soudainement l’impression que le printemps s’installe.

Sans surprise, le problème est politique. Dans les sociétés occidentales, les grandes batailles du féminisme sont gagnées. On voit ici ce qui arrive à un mouvement qui a atteint ses objectifs initiaux : il s’en invente de nouveaux. De plus en plus absurdes.

Les féministes les plus radicales en sont là. Elles ne se contentent plus de viser l’égalité entre les sexes, mais bien leur abolition. La différence fondamentale entre l’homme et la femme leur semble insupportable. Exit la réalité.

Elles s’appuient pour cela sur la théorie du « genre », très à la mode dans les universités, qui prétend que les différences sexuelles sont de pures constructions sociales. L’objectif ? Les déconstruire pour rééduquer une population croyant encore le contraire.

Le paradoxe est le suivant : la cause des femmes n’est pas vaine. Il suffit de regarder ailleurs sur la planète, dans certaines sociétés où la religion force les femmes à se voiler, où on les contraint au mariage forcé.

Mais cela obligerait les féministes radicales à abandonner leur cible préférée : le méchant homme blanc dominant. Cela les forcerait à reconnaître que les sociétés occidentales sont plus avancées que jamais dans la poursuite de l’égalité entre les sexes.

Mais cela fait longtemps que le féminisme radical a cessé de servir l’avancement des femmes pour devenir un lobby bizarre. C’est bien dommage. N’est-ce pas mesdemoiselles ?

Mathieu Bock-Côté

[box class=”info”] Source : le site internet de Mathieu Bock-Côté.[/box]

Francophonie : 4 soirées d’hommage à Louis-Ferdinand Céline à Montréal

Céline vivant - Théâtre de Fortune, à Montréal

02/11/2011 – 11h00
MONTRÉAL (NOVOpress Québec) —
À l’occasion du cinquantième anniversaire de la mort de Louis-Ferdinand Céline, le Théâtre de Fortune de Montréal organise, en partenariat avec les maisons de la culture de Notre-Dame-de-Grâce, Rosemont-Petite-Patrie, Plateau-Mont-Royal et l’Auditorium Le Prévost, 4 soirées “Céline Vivant”, en hommage à l’écrivain et à son œuvre, du 1er au 10 novembre. Une œuvre qui lui survit, parmi les plus fécondes et les plus audacieuses du siècle passé, « et ce, en dépit d’inlassables controverses qui se perpétuent encore de nos jours puisque le gouvernement français actuel a biffé son nom de la liste des personnalités que la France devait commémorer en 2011 », précise le metteur-en-scène Jean-Marie Papapietro.

Présentée et animée par Stéphane Lépine, ces soirées permettront d’entendre et de voir plusieurs documents d’archives dont la fameuse lecture des premiers chapitres du Voyage au bout de la nuit par Michel Simon, et d’assister à l’interprétation d’un extrait des Entretiens avec le Professeur Y par Roch Aubert et Jean-Charles Fonti.

[box class=info]Prochaine date : ce soir mercredi 2 novembre 2011 à 20 heures. / Où : Maison de la culture Rosemont-Petite-Patrie 6707 Avenue De Lorimier – Montréal QC.  / Téléphone : 514-872-1730 / L’entrée est gratuite, contactez les Maisons de la culture pour obtenir un laissez-passer. En savoir plus : www.arrondissement.com[/box]

Image en Une : Portrait de Céline – dessin de José Corréa. Source : Théâtre de Fortune

Immigration : l’identité québécoise en question

Immigration : l'identité québécoise en question

02/09/2011 – 15h30
MONTREAL (NOVOpress Québec) —
Alors que le sujet de l’immigration semble être la question du jour dans la Belle Province, deux dépêches municipales provenant de Shawinigan et de Gatineau rappellent aux Québécois que l’immigration ne fera plus pour très longtemps l’exclusivité de la métropole montréalaise.

En effet, les deux municipalités annoncent des mesures significatives afin d’attirer les minorités visibles et « nouveaux arrivants » (euphémisme propre à la novlangue québécoise). Le manque de main-d’œuvre est l’argument de prédilection des maires. La conseillère municipale de Gatineau, haïtienne d’origine, parle déjà d’inclure des membres dits de minorité visible dans les comités municipaux et de les inciter puisque, selon madame Apollon les immigrants auraient tendance à s’auto-exclure de nos systèmes de gouvernance.

Radio Ville-Marie nous apprend que 16420 Gatinois disaient appartenir aux minorités visibles en 2006, alors que ce nombre pourrait dépasser les 20 000 personnes en 2011, d’après un rapport divulgué hier au conseil municipal. Selon la conseillère, cet accroissement est nécessaire pour combler 30 000 nouveaux emplois.

À Shawinigan, la situation est semblable et la ville est prête à débourser 175 000 dollars dans le but de faire la promotion de sa ville afin de combler de futurs emplois disponibles dans la région.

Ces dépêches apparaissent à un moment où plusieurs politiciens et journalistes mettent en question les bienfaits de l’immigration au Québec et alors que la Chambre de commerce montréalaise réclame toujours plus d’immigrants dans l’optique d’élargir son « bassin de main d’œuvre ». Œuvre du patronat ? Rappelons que près de 80% des immigrants vivent dans la métropole montréalaise, et en plus grand pourcentage pour les dites « minorités visibles ».

[box]Photo : image sous licence creative commons / Auteur : Humanoide (Flickr)[/box]

Pour l’histoire

Pour l’histoire

[box class=”warning”]Vu depuis le Québec par Mathieu Bock-Côté.[/box]

C’est une des caractéristiques majeures de notre époque : le présentisme. Comment le définir ? Le présentisme consiste à croire que le présent se suffit à lui-même. Il repose sur l’oubli de l’histoire, comme si le passé n’avait rien à nous apprendre, comme si nous n’avions pas reçu de nos ancêtres un héritage à préserver, à faire fructifier. Pourtant, le culte exclusif du présent ne manque pas de failles. J’en examine ici certaines.

Première faille du présentisme : à cause de lui, nous ne comprenons tout simplement plus le monde dans lequel nous vivons. Prenez le conflit israélo-arabe. Si vous évacuez l’histoire de votre explication, vous vous contenterez d’y voir un tourbillon irrationnel et meurtrier. Deux peuples en guerre, sans raisons véritables, alors qu’ils devraient vivre en paix. Non ? Certes. Mais pour faire la paix, encore faut-il connaître les causes de la guerre. L’ignorance historique mène à l’angélisme. Et ici, comme dit le proverbe, qui fait l’ange fait la bête.

Deuxième faille : sans conscience historique, plusieurs ont le sentiment que tous les problèmes sont techniques, sans dimension philosophique. Prenez le problème de l’éducation au Québec. Si on ne comprend pas comment le système d’éducation a connu une longue dérive depuis les quarante dernières années, on ne comprendra jamais l’ampleur des réformes nécessaires pour le réparer et le refonder. Pire encore : on se contentera de pelleter de l’argent supplémentaire dans le système sans apercevoir que son problème est moins budgétaire que philosophique.

Troisième faille : nous oublions les vertus de l’enracinement. Combien sont-ils à vouloir comme seul passeport celui de « citoyen du monde ». Dans l’angle mort de cette vision, toutefois, on trouve une terrifiante superficialité : celui qui aime toutes les cultures n’entretient-il pas finalement un rapport de consommateur avec chacune d’entre elles en se contentant de les explorer en surface ? Ce n’est pas parce qu’on est allé un jour à Zaghreb qu’on est familier avec la culture croate. Ce n’est pas parce qu’on aime les mets brésiliens que l’Amérique du Sud n’a plus de secrets pour nous.

Évidemment, il ne faut pas se cloîtrer dans le passé. C’est le privilège des vivants d’être maîtres de leur destin, de se délivrer de ce qui peut être mort dans l’héritage qu’on leur laisse. Nous ne devons pas considérer cet héritage avec l’œil sévère d’un notaire scrupuleux. Maître de notre avenir parce que maître de notre passé ? Oui. Encore faut-il le connaître pour savoir qu’en faire.

[box class=”info”] Source : bock-cote.net[/box]