Jean Messiha : « À Bruxelles, nous formerons une grande alliance des souverainistes et des patriotes »

Jean Messiha s’exprime sur la notion d’identité nationale, selon lui en « menace d’extinction en France ».

Pour Boulevard Voltaire, il revient également sur les enjeux des prochaines élections européennes pour les partis patriotes de chaque pays.

Vous avez déclaré, dans une tribune du mensuel L’Incorrect, que « pour le progressiste, le nationalisme est odieux lorsqu’il est blanc, mais plus il change de couleur, plus il devient noble ». Doit-on en conclure que les Français de souche n’ont plus le droit d’être patriotes, aujourd’hui ?

C’est ce que pensent beaucoup de nos sachants et de nos élites dirigeantes. Il y a comme une sorte de fascination pour les identités nationales, leur expression et parfois même leur expression la plus exacerbée à travers la Terre entière, sauf lorsqu’il s’agit des peuples européens, et notamment de la France. Nous disons simplement que la France est une nation comme une autre qui a le droit de défendre son identité, forgée à travers les âges et les siècles par la culture gréco-romaine, par le judaïsme et par le christianisme. Nous considérons que cette identité est, désormais, menacée. Certains partis comme le Rassemblement national se mobilisent pour défendre cette identité face à sa menace d’extinction, ni plus ni moins.

Dans l’actualité de votre parti, la dirigeante du Rassemblement national, Marine Le Pen, a rencontré aujourd’hui le Premier ministre italien, Matteo Salvini. Une date de meeting commun a été retenue en mai. Êtes-vous en train de former une Internationale des nationalismes ?

Le nationalisme est un mot connoté. Si on s’en tient au concept, je n’ai pas de problème avec cela, mais nos adversaires vont s’en servir pour vous dire que le nationalisme, c’est la guerre. Nous préférons donc le terme de patriotisme ou de souverainisme. Toutefois, d’un point de vue du concept, il s’agit bien d’un nationalisme. Il y a deux sortes de nationalismes, un nationalisme généreux et d’affirmation de son identité, et un nationalisme un peu à front de taureau qui n’est pas le nôtre.
Pour répondre à votre question, il y a effectivement un double enjeu dans la prochaine élection européenne. C’est ce dont ont discuté Matteo Salvini et Marine Le Pen, à l’occasion de la venue de Matteo Salvini dans le sillage du sommet des ministres de l’Intérieur.
Le premier enjeu est quantitatif. L’idée est de faire en sorte que, le 26 mai prochain, il y ait la plus large majorité possible de députés à tendance patriote ou nationale. Sur ce point, chacun fait campagne dans son pays. Il y aura aussi un volet européen avec un meeting entre le Rassemblement national et la Ligue, à une semaine du scrutin.
Le second enjeu est plus qualitatif. Une fois qu’on sera au Parlement européen, il s’agira de ne pas rester morcelé. Comme vous le savez, aujourd’hui, il y a trois groupes eurosceptiques. Un problème va, d’ailleurs, se poser avec le départ des Britanniques, qui dirigent deux de ces groupes aujourd’hui. La presse officielle souligne souvent le tort que nous font les départs des députés britanniques dans le sillage du Brexit. En réalité, le tort est beaucoup plus grand pour les autres partis, notamment pour le parti social-démocrate et le PPE. Nous subissons le contrecoup du Brexit par le départ de 17 députés de l’équipe, mais c’est beaucoup moins que les autres.
Notre idée est de mettre en pratique cette vieille idée, qu’on a essayé de nous vendre au sein de l’Europe avec un succès mitigé, que l’union fait la force. Nous voulons avoir un groupe si possible réunissant tous les eurosceptiques ou, en tout cas, tous ceux qui veulent transformer l’Europe de l’intérieur et revenir au cadre de la nation, qui est pour nous le seul cadre possible d’expression d’une Europe-puissance.

Une fois au Parlement européen, comment allez-vous collaborer avec le Fidesz, le parti de Viktor Orbán ?

Le Fidesz doit aussi clarifier sa position. Jusqu’à présent, il était membre du PPE. Il y a eu une décision de le suspendre. Je ne sais pas ce que veut dire la suspension et pour combien de temps. Le PPE va-t-il le réintégrer ? Est-ce que Viktor Orbán lui-même souhaite prendre le large ?
Il y a, évidemment, des considérations arithmétiques parce qu’au bout du compte, la politique, c’est quand même de l’arithmétique électorale. Je ne vois pas comment le PPE peut exclure Orbán. Le PPE va probablement se prendre une raclée aux prochaines élections européennes. Le nombre de députés qui sortiront de cette élection sera évidemment inférieur à ceux qu’ils ont aujourd’hui. Ils ne peuvent pas s’infliger une sorte de double peine en excluant, en plus, un parti et ses députés.
Il nous appartient de tenter de convaincre notamment Orbán et d’autres de faire partie de cette grande alliance des souverainistes et patriotes. On voit bien que, sur le fond, Viktor Orbán n’a aucun point commun idéologique avec les européistes du PPE. C’est une addition de carottes et de concombres qui n’ont strictement aucun point commun. En revanche, il y a un vrai continuum idéologique entre le Fidesz et le groupe Europe des nations et des libertés et des autres groupes euroseptiques.
À un moment, il va falloir que le Fidesz et Viktor Orbán, comme disait le général de Gaulle, se mettent en accord avec leurs arrière-pensées, laissent tomber un peu la tambouille arithmétique et nous rejoignent sur le fond.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

[Vidéo] Progressistes contre patriotes, pro ou anti-immigration : La fracture européenne

17/09/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Progressistes contre nationalistes, pro ou anti-immigration, souverainistes contre mondialisme, les qualificatifs ne manquent pas pour illustrer les lignes de fracture au sein de l’Union Européenne. Depuis les élections italiennes et l’arrivée au pouvoir de la coalition gouvernementale avec Matteo Salvini en figure de proue, la révolte contre le diktat bruxellois est montée d’un cran.
A huit mois des élections européennes, les tensions progressent de jour en jour. Jusqu’où ces affrontements peuvent-ils aller ? Quelles conséquences peut-on envisager ?

Pierre-Yves Rougeyron. président du Cercle Aristote et directeur de la revue Perspectives Libres décrypte ces institutions européennes trop mal comprises, alors qu’elles nous gouvernent.


Les forces du futur ne désarment pas, par Elisabeth Lévy

Elisabeth Lévy

Causeur Elisabeth LévyEn 2002, dans un louable effort d’unification sémantique, la gauche lyncheuse, en la personne de Daniel Lindenberg, décida d’affubler tous les penseurs qui lui déplaisaient de l’épithète unique de réactionnaire. En 2017, quand des intellectuels critiquent Emmanuel Macron, il décrète qu’ils représentent « le vieux monde » et « n’ont rien produit de renversant », ce qui signifie certainement qu’ils n’ont pas assez co-worké pour team-builder notre start-up nation. La liste de Macron est aussi disparate que celle de Lindenberg. On ne voit pas ce qui permet d’enfermer dans le même sac idéologique Debray, Finkielkraut, Badiou, Onfray et Todd, qui ne pourraient pas prendre un café ensemble, sinon qu’ils déplaisent au président, pour la raison que lui ne leur plaît guère, et qu’ils sont tous, avec d’abyssales dfférences, les heureux héritiers d’un monde ancien : celui de l’écrit.

Du gauchisme culturel au progressisme présidentiel, quelle que soit la lettre épinglée au plastron de l’adversaire, elle est toujours écarlate et le crime toujours le même : il sent le passé – et ça ne sent pas la rose. Quand nous devrions nous efforcer d’arracher nos pieds de la glaise, de rompre avec nos petites habitudes existentielles et d’entrer à pieds joints dans le monde de la fluidité identitaire et de la citoyenneté numérique, des grincheux parlent d’héritage, de dette et de continuité historique. Ça plombe l’ambiance.

Comme on ne peut pas faire disparaître physiquement les réfractaires au nouveau cours, on s’emploie à les effacer symboliquement en les désignant comme de risibles survivances. On somme donc la vieille France (province du « vieux monde ») de consentir à son sacrifice sur l’autel du multiculti radieux, quand on ne lui raconte pas qu’elle n’a jamais existé puisque « nous sommes tous des immigrés ». […]

Heureusement, […] la nation a la vie dure. « Les forces du monde ancien sont toujours là », confie le président au Point. Malgré l’énergie déployée pour lui faire intégrer sa propre indignité, la France d’avant refuse de jeter toute son histoire avec l’eau sale des heures les plus sombres ; elle entend continuer à écrire sa langue avec ses bizarreries et « oignon » avec un « i ». Et elle ne veut pas déboulonner les statues de Colbert, même si cela blesse certains de ses concitoyens que l’on honore l’un des bâtisseurs de notre État en dépit de son rôle actif dans l’esclavage.

Nous devons connaître les ombres autant que les lumières de ceux qui nous ont précédés ; cela ne nous commande pas de les renier ou alors, il faudra interdire Shakespeare et surtout Voltaire qui n’étaient pas blanc-bleu sur le plan de l’antisémitisme. Et ne parlons pas des sexistes qui pullulent dans notre littérature.

De plus, comme le rappelle Alain Finkielkraut, la spécificité de l’Europe n’est pas d’avoir pratiqué l’esclavage, mais de l’avoir aboli.

Tant pis pour ces afféteries historiques et pour quelques statues qu’il faudra abattre, dit-on, afin de ne pas froisser les identités minoritaires. Sur le plateau de Karim Rissouli, sur France 5, Finkielkraut a raconté qu’au King’s College de Londres, il était question de cacher les bustes des fondateurs blancs. Personne n’a moufté, comme si cette inquisition rétrospective était le prix à payer pour guérir les blessures dont nous sommes collectivement coupables.

Le camp progressiste célèbre ainsi à sa façon le centenaire de la grande révolution d’Octobre. Là-bas, on escamotait les sociaux-traîtres des photos ; ici et maintenant, on efface de l’histoire de vieux mâles blancs – morts de surcroît. Conception pour le moins paradoxale du vivre-ensemble que celle qui proclame ainsi : ôte-toi de là que je m’y mette.

Elisabeth Lévy

Extrait de l’éditorial du n° 50 de Causeur daté d’octobre 2017

Bérénice Levet : « Le crépuscule des idoles progressistes »

Bérénice Levet Livre11/05/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Bérénice Levet appartient à cette nouvelle génération d’intellectuels qui vient bousculer les vieilles badernes du politiquement correct qui hantent encore les plateaux de télévision et les amphis des universités. Docteur en philosophie et enseignante, spécialiste d’Hannah Arendt, Bérénice Levet vient de publier un ouvrage de combat intitulé : Le Crépuscule des idoles progressistes (Stock). Elle y analyse les fondements de l’idéologie progressiste, son échec annoncé et ses possibles remèdes.

L’écrivain indique qu’il est urgent de renouer avec notre héritage, quitte à se rendre suspect dans une époque où celui-ci est vu comme un privilège oppresseur. Il est tout aussi vital d’assumer le droit des peuples à la continuité historique en transmettant une identité civilisationnelle à nos enfants.

Pour ne pas les jeter dans un monde sans repère ni profondeur, il convient de les escorter dans un univers riche de signes, de symboles, de degrés et en faire des hommes libres.

Pour cela, la philosophe considère qu’il est impératif de refondre l’école dont la vocation de transmission structurante et d’édification a été dévoyée pour en faire un outil de déconstruction et de désaffiliation.

Un ouvrage à lire de toute urgence et un entretien accordé à TVLibertés à regarder pour détenir les clés d’une lutte efficace contre l’idéologie moderniste incarnée, notamment, par Emmanuel Macron.

La gauche continue de soigner ses électeurs

Emmanuel Macron

18/03/2016 – POLITIQUE (NOVOpress)

Après le geste fait sur les pensions de réversion des paires homosexuelles début mars, le gouvernement de gauche continue de cajoler son électorat. Les fonctionnaires bénéficieront ainsi d’un « geste significatif » sur leur rémunération, Manuel Valls l’a promis. Emmanuel Macron appelle toutefois à la modération, soulignant que chaque point d’indice de la fonction publique coûterait 1,85 milliard d’euros.

Nicolas Sarkozy sera le prochain Président de la République

08/03/2016 – POLITIQUE (NOVOpress)
Le maelström politique auquel nous assistons devrait malheureusement profiter à Sarkozy. La gauche s’effondre, le FN ne peut rassembler assez pour gagner et l’ex-président manœuvre pour verrouiller les primaires des Républicains.

Le 20 décembre 2015, j’écrivais une tribune intitulée « Présidentielles 2017 : le tripartisme va-t-il bouleverser le système ? » avec un deuxième tour : François Hollande face à Marine Le Pen.
Or, nous assistons depuis quelques semaines à une véritable explosion de la Gauche où tous les camps se déchirent autour notamment du projet de loi du travail mené par Myriam El Khomri : Une tribune sanguinaire de Martine Aubry à l’encontre de Hollande.
Une pétition de l’extrême-gauche contre la Loi El Khomri, des manifestations gauchistes, doublées d’une grève de la SNCF, Manuel Valls a même menacé de démissionner s’il ne pouvait appliquer cette loi…

Par ailleurs, coté Front National, le séminaire du FN qui s’est tenu début février 2016 n’a pas vu naître de grands changements au niveau de sa ligne politique. Deux jours durant lesquels ont notamment été réaffirmés les « principes de la souveraineté nationale et de la souveraineté économique et monétaire ».

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