Pour le professeur Raoult, toutes les mesures de contrainte sociale sont inutiles

Ce mercredi matin, je n’aurais pas aimé être à la place d’Emmanuel Macron. Face aux membres certainement très instruits du Conseil scientifique et du Conseil de défense, il venait d’apprendre que le professeur Raoult avait déclaré, une fois de plus, que toutes les mesures sanitaires prises par son gouvernement ne servaient à rien. Et, de fait, lorsque l’on voit que le virus d’origine et ses variants sont toujours présents en France comme dans la plupart des autres pays, malgré des mesures sanitaires coercitives, il y a de quoi écouter ce charlatan de professeur Raoult.

Chaque semaine, Didier Raoult fait le point sur ses travaux au cours d’une vidéo d’une vingtaine de minutes dans laquelle il répète urbi et orbi : les masques ne servent à rien, sauf si vous êtes malades, il faut soigner pour éviter l’engorgement des hôpitaux, il faut se laver les mains aussi souvent que possible, ce qui a eu pour effet la diminution extraordinaire des gastros, etc. Je vous conseille vivement d’aller visionner sa dernière mise au point.

Vous pouvez aussi réécouter la matinale de Pascal Praud sur Cnews qui, ce mercredi matin, s’entretenait avec le professeur Parola, qui a défendu point par point la démonstration faite, la veille, par son patron en confirmant ses propos de janvier : « Il n’y a aucune preuve de l’utilité du confinement. »

Un contre tous ! Et pourtant, si c’est de l’IHU de Marseille que venait la vérité sur le combat mené sans réel effet jusqu’à présent contre ce maudit virus ? À longueur de plateaux radio ou télévisés, des médecins débattent sur ce qu’il faut faire. Oliver Véran, de son ton incisif, acéré, hautain, ne cesse de répéter le contraire de ce qu’il a dit la veille, voire même à quelques heures d’intervalle.

Et pourtant, un an après l’apparition du Covid-19, les chiffres ne bougent pas. En France, c’est une moyenne de vingt mille nouveaux cas par jour. Ce qui ne veut pas dire vingt mille malades, puisque très peu de ces cas dont on nous rebat les oreilles pour nous effrayer vont être symptomatiques.

Malgré les mesures sanitaires prises en France, on arrive au taux de mortalité de la Suède qui a été plutôt très cool en n’imposant aucune contrainte sévère à sa population. À la onzième place mondiale le 25 janvier, nous avions 1.076 morts par million d’habitants, et la Suède 1070 (sources : John Hopkins University et Banque mondiale). La Suède vient seulement aujourd’hui de nous dépasser légèrement !

Et si Emmanuel Macron faisait le pari d’écouter le Professeur Raoult ? Non seulement lui, mais aussi le professeur John Ioannidis, l’un des plus grands épidémiologistes du monde, de l’université de Stanford, qui a pris une position radicale sur l’inutilité du masque si l’on n’est pas malade et la perversité du confinement. Ce que vient donc de confirmer Didier Raoult, pour lequel « Toutes les mesures sociales prises pour contrôler l’épidémie ont fait la preuve de leur inefficacité. Il n’y a aucune preuve que les mesures de contraintes sociales aient été efficaces. Le lavage des mains, la distanciation, le nettoyage à l’alcool ont probablement eu un rôle bénéfique sur la disparition des maladies respiratoires et digestives, mais pas du tout sur le Covid. Cela veut dire, a souligné le professeur, avec calme et sérénité, que toutes les mesures prises pour contrôler le Covid sont totalement inefficaces. »

Et d’amplifier cette affirmation par un rappel du SARS-CoV-2 de 2002 : « Il faut essayer de comprendre comment se transmet ce virus. Le SARS-CoV-2 a pu être étudié, et il a été prouvé qu’une personne affectée dans l’hôtel de Hong Kong qui fut l’épicentre du virus a pu contaminer une personne à 200 mètres ! Nous n’avons pas les moyens de lutter. »

Une conclusion peu rassurante mais qui devrait permettre à Emmanuel Macron de lâcher la bride. Au passage, le professeur Raoult donne aussi une grande leçon de modestie au monde scientifique et politique à l’origine de ces mesures de contrainte inouïes.

Floris de Bonneville

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Le professeur Raoult tire à boulets rouges sur les autorités

Les membres de la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la gestion de la crise du COVID-19, qui s’attendaient à une série de déclarations fracassantes et à une intervention dépourvue de toute langue de bois, n’auront pas été déçus mercredi. Auditionné pendant plus de trois heures par ces derniers, le sulfureux professeur Raoult n’a en effet pas mâché ses mots à l’égard des autorités, évoquant même « une faillite totale » du conseil scientifique.

Organisation archaïque et conflits d’intérêts

Premier motif de colère de l’infectiologue marseillais contre les autorités ? L’organisation « totalement archaïque » du dépistage de la pandémie en France. En effet, a déclaré Didier Raoult, « l’idée qu’on ne pouvait pas faire les tests n’était pas vraie ». Pointant du doigt la centralisation de ces tests au niveau des Centres nationaux de référence, qui a fait perdre beaucoup de temps, Raoult a alors rappelé qu’il n’était « pas d’accord avec la décision qui a été prise de ne pas généraliser les tests » et que, à rebours de la stratégie officielle, il avait d’ailleurs testé massivement dans son institut, y compris des personnes ne présentant pas de symptômes. Après quoi, le professeur Raoult s’est montré particulièrement critique à l’égard du Conseil scientifique chargé de conseiller l’exécutif sur la crise sanitaire, dénonçant même sa « faillite totale ». Renouvelant aussi son affirmation selon laquelle certains détracteurs de l’hydroxychloroquine seraient financièrement liés au laboratoire Gilead, fabricant du Remdésivir, autre molécule dont l’efficacité est testée dans le traitement du COVID-19, le microbiologiste a invité les députés à consulter la base de données Transparence Santé qui recense les liens d’intérêt entre les entreprises et les acteurs du secteur de la santé. « Je ne dis pas qu’ils ont été achetés pour ça », a précisé le professeur Raoult, mais, disant avoir remarqué une « obsession de vouloir traiter les gens avec le Remdésivir », il a déclaré y avoir vu un résultat de la stratégie d’« influence » de Gilead.

Véran et son entourage mis en cause

D’autre part, le chercheur marseillais a dit regretter que des « décisions médicales » aient été « préemptées par le politique ». Une allusion directe à l’interdiction de prescription de l’hydroxychloroquine dans le traitement du COVID-19 pour les médecins de ville, interdiction ensuite étendue le 27 mai à l’hôpital, sauf dans le cadre des essais cliniques. « Celui qui a dit qu’on ne pouvait pas l’utiliser, il a fait une faute », a alors déclaré le professeur Raoult. Avant d’ajouter : « que l’Etat se saisisse de tâches qui sont du soin usuel à la place des médecins et leur interdise des choses qui sont banales, je ne suis pas d’accord ». Une pique pour Olivier Véran, dont Didier Raoult a estimé qu’il avait « été mal entouré », mettant ainsi en cause, sans les nommer, le directeur de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, ainsi que le président de la Haute autorité de santé (HAS). Quant à la décision du gouvernement de confiner le pays, Raoult, qui a rappelé que les études sur son efficacité étaient contradictoires, a estimé que, « comme celle des masques dans la rue », elle ne reposait « pas sur des données scientifiques établies, claires et démontrables ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 25 juin 2020

«Le professeur Raoult n’épargne personne» : que retenir de son audition à l’Assemblée nationale ?

25/06/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Didier Raoult, qui était ce mercredi 24 juin à Paris pour être entendu par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, a témoigné devant les parlementaires chargés de tirer les leçons de la pandémie de Covid-19.

Il est revenu en détails, longuement, sur chaque étape de l’épidémie, et s’est exprimé sur nombre de sujets comme l’utilisation de l’hydroxychloroquine, les tests, les matériels de protection, la réponse du ministère à cette crise, les laboratoires pharmaceutiques ou encore la polémique sur l’étude du Lancet.