Tag Archives: primaire de la droite et du centre

Fillon-Juppé : Le débat des compères

Juppé a affirmé, il y a peu de temps, à propos de ses relations avec François Fillon qu’ils étaient « des amis de longue date qui ne se sont jamais véritablement disputés ». On en a eu confirmation lors de la campagne du premier tour où ils n’ont bataillé l’un contre l’autre qu’à fleurets mouchetés et comme la mort dans l’âme. Il faut donc saluer l’effort qu’ils ont dû accomplir jeudi soir pour trouver des terrains de mésentente. Certes, il y en a eu quelques-uns, mais ce sont ceux de boutiquiers. 35 heures, 37, 39, 48 ? Payées combien ? Pour les salariés du privé et les fonctionnaires ? Faut-il en supprimer 600 000, 500 000, 250 000 et comment ? Et les policiers ? Redéployer les effectifs ou en recruter ? On attendait des visionnaires et on a eu des experts-comptables ! L’électeur de la droite et du centre est prié de déterminer à quel endroit mettre le curseur afin de choisir entre ces deux vieux compagnons pour aller voter dimanche.

Mais sur l’essentiel, hélas, ils sont d’accord ! Sur la loi naturelle, qui touche aux fondements de notre civilisation, ils s’entendent pour entériner ce qui la bafoue. Ils sont déterminés à conserver le « mariage pour tous » après avoir voté contre, comme la droite libérale l’a toujours fait, acceptant, sans barguigner, les lois socialistes qu’elle avait combattues : l’abrogation de la peine de mort, le Pacs et maintenant le « mariage » gay. C’est cette abdication que Juppé et Fillon appellent « rupture » et cette continuité qu’ils nomment « alternance ». L’un, certes, ne veut que l’adoption simple pour les « couples » de même sexe, l’autre l’accepte plénière, la belle affaire ! Ils ont protesté avec véhémence de leur volonté de pas toucher si peu que ce soit, au prétendu « droit à l’avortement ».

Pour l’un, Juppé, il s’agit d’un droit « fondamental », pour l’autre, Fillon, c’est un droit « essentiel ». Cherchez la différence dans votre dictionnaire des synonymes… Le député de Paris a tenu à dissiper un « affreux » soupçon, développé par son compère, à savoir qu’il pourrait être hostile à l’avortement. Il l’a rassuré : certes, il y est opposé dans le tabernacle de sa conscience, mais qu’on ne s’alarme point, cela ne peut avoir aucune incidence sur sa gouvernance, l’homme public qui est pour ignorant l’homme privé qui est contre.

Lire la suite

Primaires de la droite et du centre : ce qui sépare Fillon et Juppé

25/11/2016 – FRANCE (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie)

Quelles sont les impressions d’après le débat

Un Fillon tranquille, fin, malin faisait face à un Juppé, connaisseur, technocrate, écumant. Débat impitoyable, ils l’ont tous deux dit, celui qui gagnera les élections de la primaire aura de grandes chances pour les présidentielles. Débat où il semble que Fillon prenne vite l’avantage, en attaquant finement les antécédents judiciaires de Juppé, afin de le mettre mal à l’aise et de le pousser dans ses retranchements.

Juppé ne fut il pas la hauteur ?

Il ne semble pas que l’on puisse exprimer les choses ainsi, Juppé s’est montré très professionnel, trop peut être. En effet, nous eûmes droit de sa part à des prises de paroles qui montraient sa maitrise, sa connaissance chiffrée de la situation, mais qui cependant ennuyaient facilement les auditeurs.

Et qu’en fut il de Fillon ?

Fin, rapide, perspicace, Fillon attendait toujours Juppé au détour. Pas une imprécision ne passait, pas une divergence d’opinion n’était laissée de côté. Fillon s’est montré peut être plus plaisant, plus intéressant. Fort de son score de dimanche, il n’a pas hésité à prendre de haut son adversaire.

Mis à part la forme peut on noter des points de divergences ?

Il y avait des points de divergences hier soir lors du débat. On note en priorité, une politique internationale plus ou moins en faveur des Etats Unis et de la Russie.
L’adoption par les couples homosexuels, la question de la réduction du nombre de fonctionnaires et du temps de travail. Intervenaient aussi des questions culturelles comme l’éducation et la culture.

Lire la suite

Marion Maréchal-Le Pen au sujet de Fillon : ” L’un des rares à l’Assemblée qui refuse encore de me serrer la main”

24/11/2016 – FRANCE (NOVOpress)
Le 22 novembre 2016 à 19h30 sur LCI, Yves Calvi recevait Marion Maréchal-Le Pen.

La Présidente du groupe FN en PACA a ainsi pu donner son avis sur le 2nd Tour de la Primaire Les Républicains qui opposera François Fillon à Alain Juppé.

Marion Maréchal-Le Pen explique pourquoi François Fillon ne peut pas incarner le renouveau :

Je ne vois pas dans ces candidats le renouveau annoncé. Concernant François Fillon, il a été député 8 ans avant ma naissance et il est ministre depuis 1993. C’est un adversaire du Front National depuis maintenant 30 ans. C’est l’un d’ailleurs des rares à l’Assemblée qui refuse encore de me serrer la main. Il est pour moi, l’un des acteurs de la décomposition française.


Fillon, LR, FN : une très sérieuse envie de droite !

Source : Polemia – “Fillon, LR, FN : une très sérieuse envie de droite !”

Philippe Christele s’interroge sur les conséquences du choix de François Fillon par les électeurs de la primaire de la droite et du centre sur le paysage politique :

La très probable élection de François Fillon n’est a priori pas une bonne nouvelle pour le FN et sa campagne.

Que ce soit juste ou pas, François Fillon coche en effet presque toutes les cases du candidat rêvé de la droite :

    Sa posture physique personnelle est présidentielle, loin du bling-bling sarkozyste ou du hollandisme chiffonné. Ce que confirme une intégrité jusque-là irréprochable ;
    Ses positions géopolitiques d’équilibre – qui représentent ses seules réelles transgressions d’avec la doxa dominante – ne peuvent pas être attaquées ;
    Sa filiation historique de plus proche collaborateur du velléitaire Philippe Séguin lui donne un vernis de souverainiste, que ses actes n’ont pourtant jamais confirmé ;
    Sa campagne, renforcée du choix – contestable – de la bourgeoisie catholique de le soutenir, donne de lui une image forte sur le plan des valeurs, même si ses positions et votes personnels précédents démontrent qu’il n’en est rien. Mais en politique, est ce qui paraît ;
    Son programme économique lui rallie à la fois ceux qui pensent aux comptes publics comme ceux qui pensent à la liberté de l’entrepreneur. Ses soutiens sont à la fois auprès du grand capital et auprès des « pigeons » et autres cénacles analogues qui lisent dans son programme l’espoir de nous débarrasser des lourdeurs ruineuses, bureaucratiques, syndicales et normatives ;
    Enfin, sa fin de campagne autour d’une attaque résolue de l’islam nommément désigné lui a assuré l’ultime décollage sondagier dont l’acmé a été le surprenant premier tour de l’élection primaire.

A ces éléments statiques vont s’ajouter plusieurs éléments dynamiques :

    La rudesse de son programme économique va aider la gauche à se coaliser facilement contre lui, au nom de la défense des « zacquissociaux » et autres pesanteurs irréformables ;

    La disparition de l’épouvantail Sarkozy, figure préférée pour les attaques sans risques de l’extrême gauche, va laisser ces braves gens inoccupés. Ils vont vite se reprendre pour attaquer ce qui, chez Fillon, fleure bon le terroir, à savoir son prétendu enracinement et ses réseaux cathos ou conservateurs. Ce qui aura notamment pour conséquence d’en rajouter sur la dimension droitière et conservatrice dudit Fillon ;

    Bref, au programme de la prochaine présidentielle, une belle réactivation du clivage droite/gauche en lieu et place de l’affrontement système/antisystème qu’on aurait pu voir naître.

Lire la suite

Primaire de la droite : Bon débarras !

« Le 7 mai 2017, je sifflerai la fin de la récréation », disait Sarkozy vendredi car, à cette date-là, il sera de nouveau président de la République et on allait voir ce qu’on allait voir ! Le 20 novembre 2016, ce sont les électeurs de la droite et du centre qui ont sifflé la fin de sa carrière politique. C’est la première bonne nouvelle de la campagne présidentielle de 2017. Bon débarras ! Encore qu’il faille se méfier du personnage, il nous a déjà fait le coup du retrait de la vie politique en 2012, mais il est y revenu pour sauver la France sans que celle-là pourtant le rappelle.

Animal politique qu’on disait redoutable en campagne électorale, il s’est lourdement trompé en se focalisant sur Juppé, car il a bien travaillé… en faveur de François Fillon, pour lequel il a tiré les marrons du feu. Ses critiques sur la molle alternance juppéiste, son pacte avec Bayrou, sa complicité avec la gauche, ont été entendues mais, au lieu que cela lui profite, Fillon en a engrangé le bénéfice. Les électeurs ont pensé qu’avec ce dernier, on avait un opposant apparemment aussi déterminé que l’ancien président sans que le débat politique soit hystérisé par un personnage incontrôlable.

Tout ça pour que l’ex-chef de l’Etat appelle à voter pour son ancien Premier ministre, dont il disait récemment : « Je décidais les réformes, Fillon les appliquait. » Cela pendant cinq ans ! C’est le « renouveau » dans la continuité, du sarkozysme sans Sarko ou retour vers le futur, et même plus loin que cela puisque Fillon aurait une politique à la Thatcher, ce qui ne nous rajeunit pas.

Personne n’avait vu François Fillon venir, ni les sondeurs, ni les experts, ni les politologues et encore moins les journalistes, surtout avec un succès de cette ampleur. D’où la « grosse surprise », comme aux Etats-Unis avec Trump. Il paraît que tout ce beau monde ne pouvait rien voir puisque tout se serait décidé ces dix derniers jours à cause d’électeurs volages dont la versatilité serait une seconde nature. Ils en ont convaincu Alain Juppé qui se dit maintenant que, si on peut gagner 20 points, voire plus, en quelques jours, alors moi aussi je peux refaire mon retard sur mon rival en une semaine !

Lire la suite

Primaire de la droite : Le blast sarkozyste a fait plouf !

21/11/2016 – FRANCE (NOVOpress)
La presse française revient bien sûr largement, aujourd’hui, sur la large victoire de François Fillon à la primaire de la droite et du centre.

«La déferlante Fillon», titre le Figaro, qui salue, d’abord, «le formidable succès de cette primaire », qui a mobilisé près de 4 millions d’électeurs – présentant la victoire de l’ex-Premier ministre, comme le sacre de « la droite tranquille». Plus de 44% des voix face à Alain Juppé, loin derrière avec 28%, et Nicolas Sarkozy, éliminé, avec 21%. «Le raz-de-marée Fillon» a des airs de revanche, selon l’Opinion, qui le montre, impassible, déclarant à son ex-patron, qu’il va avoir besoin de «collaborateurs». «Fillon écrase tout», annonce le Parisien, tandis que 20 minutes compte les points: «Fillon a tout bon, Sarko est K-O». Résumé de ce premier tour, avec Libération: «Fillon, l’envol, Sarkozy, la chute».

D’après le Parisien, «le vote anti-sarkozy» «ne suffit pas» à expliquer la large victoire de François Fillon. Ce que les électeurs ont choisi, explique le journal, c’est «un homme dont le discours ne varie pas depuis des années», un candidat «qui promet des coupes claires dans les effectifs des fonctionnaires, une augmentation du temps de travail, et une réécriture de la loi Taubira sur le mariage pour tous». Un résultat dans lequel le Parisien voit ce «paradoxe»: «des centaines de milliers d’électeurs de gauche ont (finalement) participé à la mise sur orbite du candidat le plus libéral». Si François Fillon a déjoué tous les pronostics, c’est parce qu’il a su convaincre que la «rupture» serait plus efficace que le «dialogue» pour permettre les réformes, d’après le Figaro, qui rappelle que l’élu de la Sarthe «admire Margaret Thatcher et ne s’en cache pas» – ce qui lui a d’ailleurs valu les railleries de Nicolas Sarkozy, qui a moqué un candidat cherchant à se faire élire en promettant «du sang et des larmes».

«François Fillon est bien plus à droite que vous ne pensez», prévient Slate, qui assure que le candidat vient certes «d’une France douce, tempérée, modérée – mais où flottent des vapeurs réactionnaires, jamais totalement dissipées» – une «douce France rance», qui aurait été sensible à «cette piété authentique» affichée par François Fillon, par opposition à «l’artificialité des postures sarkozystes». «François Fillon, ou la revanche de la France de l’ouest», analyse le Point, qui évoque le poids, dans son électorat, d’une «France rurale», ce qui ne voudrait pas dire «nostalgique, voire pétainiste», ou plutôt d’une «France des territoires», qui se moquerait «comme d’une guigne des effets de mode, des mouvements de balancier médiatique et des hommes providentiels auto-proclamés».

Lire la suite

Primaire de la droite et du centre : premier bilan

Source : Boulevard Voltaire – “Primaire de la droite et du centre : premier bilan”

Nous sommes encore loin du dénouement de ce feuilleton à multiples rebondissements.

Dimanche soir, sondeurs et journalistes n’étaient pas vraiment à la fête ; les premiers, surtout, qui, après victoires du Brexit et de Donald Trump, n’ont pas vu venir celle de François Fillon (44,2 %) au première tour de la primaire de la droite et du centre. Certes, la remontée brutale de l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy dans les intentions de vote ne leur avait pas échappé et leur ultime pronostic de vendredi se trouvait globalement confirmé dans les urnes de ce dimanche.

Les médias dominants, eux, n’ont pas cette excuse, ce, d’autant plus qu’ils étaient à la fois juge et partie, menant campagne pour le seul Alain Juppé (28,3 %), grand perdant de cette soirée électorale avec Nicolas Sarkozy (21,09 %), évidemment.

L’un est blessé dans son orgueil. Le « meilleur d’entre nous » se retrouve aujourd’hui surtout seul entre tous, puisque ne bénéficiant pour l’instant que du soutien de Nathalie Kosciusko-Morizet (2,5 %). L’autre, plus que blessé, est virtuellement mort, venant de faire une seconde fois ses adieux à la vie politique, tout en assurant François Fillon de son soutien, au même titre que Bruno Le Maire (2,4 %).

Lire la suite

primaire-droite-fillon-poisson

Primaire de la droite : abstention, François Fillon ou Poisson ?

20/11/2016 – FRANCE (NOVOpress) : Vous hésitez à aller voter à la primaire de la droite et du centre ? Vous hésitez entre l’abstention, un vote pour François Fillon et un vote pour Jean-Frédéric Poisson, que Marion-Maréchal Le Pen a salué hier d’un tweet qui a été perçu comme un encouragement à lui apporter son suffrage ? Il nous a semblé intéressant de publier ce texte de François Falcon paru sur le site Boulevard Voltaire.

« Faut-il voter Fillon afin d’écarter l’un des vainqueurs des sondages ? La perspective est tentante et son projet une synthèse intéressante. 

Ce dimanche, certains songent à aller à la pêche. C’est tentant, bien sûr, puisque la démocratie représentative est une démocratie par défaut. Si l’on permettait aux Français de proposer et de voter directement les lois par Internet, il est clair que notre législation serait radicalement différente. Mais à l’heure où des iconoclastes comme Aphatie songent à détruire le château de Versailles et contestent le suffrage universel dès lors qu’il porte au pouvoir des personnages ou des courants de pensée contraires à leurs anti-valeurs, la moindre parcelle de démocratie doit être exploitée. Exit, donc, la pêche.

Faut-il voter Fillon afin d’écarter l’un des vainqueurs des sondages ? La perspective est tentante et le projet de François Fillon est une synthèse intéressante. En comparaison de la ligne démocrate de Hillary Juppé et de la ligne opportuniste de Donald (celui de Disney) Sarkozy, c’est assurément un moindre mal. 

Sa campagne de coureur de fond lui a permis d’affiner sa vision de la société française et du monde, comme l’atteste notamment son discours de Biarritz : il y affirmait, par exemple, qu’il n’y a pas de problème de « communautarismes » en France mais uniquement un problème de dérive sectaire de la communauté musulmane et il s’y disait opposé à un durcissement de la législation laïque, qui reviendrait à pénaliser des millions de croyants qui ne posent aucun problème – catholiques, protestants, juifs, bouddhistes – au prétexte de canaliser les provocations de l’islam. En matière de politique étrangère, aussi, Fillon est clairement plus réaliste que ses concurrents du sérail, tous peu ou prou atlantistes.

Pour autant, l’adoption de ce rite américain des primaires – lequel s’explique outre-Atlantique par le fait que leur élection présidentielle est une élection à un seul tour – est une occasion unique de voter non pas en fonction de considérations stratégiques mais en fonction de ses convictions. Nous avons, désormais, en France une compétition à quatre tours (voire à six tours, si nous nous mêlons de la primaire socialiste afin d’écarter le calife Hollande ou son grand vizirs Valls) ; si nous n’en profitons pas pour faire au moins une fois un vote de conviction, c’est que nous sommes vraiment indignes du suffrage universel comme le pensent les Aphatie, les Attali et autres Attila !

Que ceux qui sont sensibles à la sincérité clintonienne de NKM ou de Bruno Le Maire votent donc pour eux ; que les très jeunes ou les très anciens qui n’ont pas le souvenir du mandat de Sarkozy votent donc pour lui ; que les masochistes bien-pensants votent Juppé ; que les libéraux identitaires christianisants modérés votent Fillon et que les sociaux identitaires chrétiens convaincus – ou leurs compagnons de route – votent Poisson, le seul au demeurant qui dénonce « le cordon sanitaire » anti-FN. 

Ajoutons que tous ceux qui ont sacrifié des dizaines d’euros et des dizaines d’heures pour aller manifester leur hostilité à la loi Taubira, et qui ont été méprisés par le système au point de n’être même pas décomptés, tiennent là l’occasion de se faire entendre très clairement en deux minutes et pour seulement deux euros. S’ils font tous cette démarche, Poisson, le seul qui souhaite abroger le mariage gay, rejoint mécaniquement le trio de tête avec plus de 25 % des voix. Dimanche 20 novembre, les vétérans de la Manif pour tous peuvent déclencher un séisme politique s’ils le souhaitent. Qu’ils ne s’en privent pas ! »

Tribune parue sur Boulevard Voltaire sous la signature de François Falcon