500 parrainages : barrage en amont, par Franck Deletraz

Parrainages

Après Macron, qui continue lamentablement à faire campagne avec l’argent des Français et s’est même permis de se payer leur tête mardi en déclarant avec un sourire ironique qu’il allait « falloir songer à un moment » à officialiser sa candidature, ce sont donc Valérie Pécresse et Anne Hidalgo qui, avec respectivement 939 et 652 signatures reçues et validées par le Conseil constitutionnel, ont réussi à passer la fameuse barre des 500 parrainages nécessaires pour participer à l’élection présidentielle. Selon le dernier décompte réalisé par ledit Conseil et rendu public mardi, tous trois devraient bientôt être suivis par Nathalie Arthaud, la candidate de Lutte ouvrière qui, bien qu’étant créditée – comme Hidalgo, d’ailleurs – d’un pourcentage totalement ridicule par les différents organismes de sondages, n’est plus très loin d’obtenir les signatures suffisantes, avec 368 parrainages validés. Quant à Marine Le Pen et Eric Zemmour ? Alors qu’ils totalisent à eux deux près de 30 % des intentions de vote, ils pourraient bien se voir privés d’élections, faute d’avoir obtenu leurs signatures avant le 4 mars !

Le Pen et Zemmour privés d’élections ?

Une hypothèse jugée peu probable par nombre de gros médias de la Macronie, qui accusent régulièrement ces deux candidats de profiter des difficultés qu’ils rencontrent dans leur quête aux parrainages pour « faire parler d’eux ». Et pourtant, la menace est bien réelle : à en croire le dernier décompte publié par les « Sages », Eric Zemmour en serait aujourd’hui à 149 parrainages validés, et Marine Le Pen à seulement 139 ! Un véritable scandale quand on sait qu’au même moment, d’autres candidats crédités d’un nombre d’intentions de votes faible et même souvent ridicule, tels que Fabien Roussel (326), Jean Lassalle (316), Yannick Jadot (268), Nicolas Dupont-Aignan (232) ou encore Jean-Luc Mélenchon (224), ont tous dépassé la barre des 200 signatures validées.

L’indispensable anonymat des parrainages

Commentant ces chiffres mardi, Laurent Jacobelli, délégué national aux élus du RN, n’a d’ailleurs pas hésité à se dire « très inquiet » de cette situation. D’autant plus, a-t-il ajouté, qu’« on sent que l’étau se resserre sur les maires ». Pourtant, il y aurait un moyen simple et rapide de mettre fin à ce véritable déni de démocratie, en revenant notamment sur la loi de 2016 qui a interdit l’anonymat des parrainages en vigueur depuis la loi organique de 1962. L’anonymat levé, il était en effet évident que les maires se disant prêts à parrainer des candidats de la droite nationale, même si un tel parrainage n’a rien à voir avec un soutien, allaient immédiatement faire l’objet d’incessantes et gigantesques pressions, ainsi que d’un insupportable chantage aux subventions. Mais, n’était-ce pas là, justement, l’objectif visé par Hollande ? Reste que, comme le soulignait dernièrement le politologue Jérôme Sainte-Marie, si l’un de ces candidats ne pouvait pas se présenter, cela « représenterait un véritable déni de démocratie ». En effet, s’interrogeait-il, « comment justifier auprès des Français qu’un candidat crédité de 14 ou 17 % des voix ne soit pas représenté au premier tour ? Cela générerait une forme de censure politique ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 9 février 2022

Présidentielle 2022 : Zemmour veut interdire les “mosquées cathédrales” pour que “la France reste un paysage d’églises”

[Entretien] Marine Le Pen : « À l’évidence, le propos que j’ai tenu n’a pas été compris »

marine le pen

08/02/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Marine Le Pen, de retour de Reims, a accueilli Boulevard Voltaire à son QG de campagne. L’occasion pour elle de revenir sur ses propos polémiques, publiés dans Le Figaro et Causeur, et les accusations portées sur l’entourage d’Éric Zemmour qui ont fait couler beaucoup d’encre. Marine Le Pen regrette-t-elle sa phrase ? Elle regrette que son propos n’ait pas été compris.

Un entretien exclusif réalisé par Boulevard Voltaire.

Bonjour Marine Le Pen, merci de nous accueillir. L’entretien que vous avez accordé au Figaro et à Causeur a fait couler beaucoup d’encre. Vous y avez évoqué le communautarisme qui régnerait dans les troupes d’Éric Zemmour notamment un communautarisme catholique. Vous évoquez des chapelles sulfureuses et je cite des « catholiques, païens et quelques nazis ». On vous reproche d’avoir utilisé la reductio ad Hitlerum qui a été utilisée contre vous pendant des années et contre le mouvement de votre père, ayant contribué à neutraliser votre parole. Beaucoup de catholiques se sont sentis très blessés y compris dans vos rangs. Regrettez-vous vos propos ou jugez-vous que vous avez été mal comprise ?

Ce que je regrette c’est qu’à l’évidence le propos que j’ai tenu n’a pas été compris. C’est un article et par définition dans un article, on colle des idées les unes à côté des autres. La relation qui est faite entre les deux a donné une image erronée.
J’ai dit que je pensais que la vision d’Éric Zemmour est une vision communautariste, c’est-à-dire, qu’on se reconcentre sur nous. Personnellement, ce n’est pas la vision que j’ai. Je ne compare pas Éric Zemmour avec des islamistes, mais je dis que pour répondre à un communautarisme ravageur, il ne faut pas se recroqueviller sur soi-même en disant que l’on défend une communauté. Selon moi, la seule communauté qui existe est la communauté nationale. J’ai exprimé une différence de vision. Puis dans une autre phrase, en réalité, je vois qu’Éric Zemmour ne maîtrise pas ce qui se passe. Des gens viennent pour peser sur sa ligne. D’ailleurs, ces chapelles sont contradictoires les unes avec les autres. C’était cela le sens de mon propos lorsque je parlais des catholiques traditionalistes et des païens.
Je pense qu’un mouvement politique doit être aconfessionnel. Le Rassemblement national l’est et tout le monde a d’ailleurs voté ces statuts.
Je pense que la religion est affaire personnelle. En revanche, nous avons bien sûr des racines chrétiennes. Je l’ai toujours dit. À l’époque où il était question d’une Constitution européenne, j’avais participé à plaider pour que les racines chrétiennes de l’Europe soient dans la Constitution européenne. Évidemment, ceci ne me pose aucune difficulté. Je crois que ce n’est pas sain qu’il existe à l’intérieur des mouvements politiques, en gros, des chapelles constituées telles que celles-là.
Dans la forme de mon propos, nous parlons des éléments sulfureux. Je dis qu’il y a effectivement chez Éric Zemmour quelques nazis. C’est vrai et je trouve cela impardonnable. J’ai beaucoup œuvré et on peut tous me l’accorder précisément pour écarter de mon mouvement politique, les gens qui étaient des gens sulfureux et qui avaient des pensées qui m’apparaissaient profondément antinationales. Ils étaient des radicaux, extrémistes et avaient une vision ethnique, raciale du combat politique. Je les ai écartés avec, encore une fois, beaucoup d’énergie et de fermeté parce que je pense que ces gens-là doivent être mis au ban de la vie politique.
Or, je m’aperçois qu’après avoir été marginalisés, ils retrouvent une vitrine politique dans le mouvement d’Éric Zemmour qui ,en réalité, ne sait pas qui est dans son mouvement. Même quand une députée européenne le rejoint, il ne connaît même pas son nom et ne sait même pas d’où elle est. Il ne sait donc pas qu’il est un peu victime d’une forme de ralliements opportunistes et extrêmement contradictoires les uns avec les autres dont des mouvements radicaux comme le parti de la France. Je ne parle pas de Carl Lang qui n’est pas dans cet état d’esprit, mais Thomas Joly l’est. Ces gens-là n’ont rien à faire en politique.
Je dis aux équipes d’Éric Zemmour de faire le ménage parce qu’elles défendent des idées nationales. Si elles ne font pas le ménage, c’est l’ensemble des idées nationales qu’elles vont abîmer et dont elles vont donner une image déplorable. Je me suis battue pendant vingt ans pour justement défendre ces idées nationales et pour arrêter qu’elles soient assimilées à des radicaux et des extrémistes. Ce n’est pas pour que ces idées nationales, sous prétexte, qu’elles sont portées par quelqu’un d’autre, soient à nouveau assimilées à cela.
Je déplore qu’il ne souhaite pas faire le ménage. J’ai entendu monsieur Peltier dire « s’il y en a, on les virera ». J’entends ce discours et je ne fais pas encore une fois un procès en nazisme à Éric Zemmour, je dis juste « attention, vous êtes en train d’accueillir chez vous des gens qui ne doivent pas avoir la moindre vitrine politique ».

Vous dites qu’Éric Zemmour est victime de ceux qui l’ont rejoint.

Lorsqu’on lui a posé la question, il a dit « non, il n’y a personne ». En l’occurrence, ce n’est pas moi qui ai fait la liste. Lorsque les journalistes m’ont demandé de qui je parlais, je leur ai dit que je n’étais pas la présidente de SOS racisme ni de la LICRA et je ne suis pas non plus DRH chez Zemmour. Par conséquent, ce n’est pas à moi de faire la liste des gens qu’il doit écarter. En l’occurrence, les LR ont fait cette liste. Lorsqu’on voit les profils d’un certain nombre de personnes, oui je crois qu’il ferait mieux de dire qu’il faut écarter ces gens-là comme j’ai pu le faire, lorsque ces gens ont cru pouvoir tenir des propos qui ne sont pas admissibles.

Que répondez-vous lorsque Robert Ménard, qui est pourtant proche de vous, porte les mêmes accusations sur vous ?

Robert Ménard ne peut pas porter les mêmes accusations, car j’ai moi-même été vivement contestée et c’est un des sujets pour lequel je me suis, par le passé, beaucoup frictionnée avec mon père. À chaque fois que quelqu’un a eu un comportement tel que celui-là, il a été immédiatement mis à la porte du Rassemblement national, au point que l’on nous accusait de faire des purges.
On a effectivement purgé les éléments radicaux du mouvement et je ne peux évidemment que m’en réjouir. Maintenant, lorsque je les vois revenir par une fenêtre, je le déplore parce que je pense que toutes les idées nationales vont en souffrir, quel que soit le candidat qui les porte.

Pour lire la suite, c’est ici !

Jérôme Sainte-Marie, sondeur et analyste politique : « Pourquoi une victoire de Marine Le Pen est possible »

marine le pen

01/02/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Pour le sondeur et analyste politique Jérôme Sainte-Marie, qui publie Le Bloc populaire aux Éditions du Cerf, « tout est possible, pas probable, mais une victoire de Marine Le Pen est possible ». Visionnaire ? Le dernier sondage IFOP donne la candidate du RN à 46 % des intentions de vote alors que François Mitterrand, quelques mois avant sa victoire en 1981, était à 45 %, rappelle le fondateur de PollingVox, société d’études et de conseil spécialisée dans les enjeux d’opinion.

Pour mieux comprendre le paysage politique français, à quelques semaines de l’élection présidentielle, Jérôme Sainte-Marie livre à Boulevard Voltaire son analyse éclairée d’une vaste culture, sépare l’électorat en deux blocs, l’un élitaire favorable notamment à Macron, l’autre populaire. Et revient sur l’incroyable bouleversement actuel du paysage politique.


Présidentielles 2022 : Emmanuel Macron profite-t-il de la crise sanitaire ?

macron pass sanitaire

14/01/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Depuis maintenant deux ans, le Covid fait les gros titres des médias. Avec cette cinquième vague, à trois mois de la Présidentielle, bien des préoccupations majeures des Français sont mises à l’écart du débat public. Cette situation profite-t-elle au sortant, Emmanuel Macron?

Les autres candidats sont-ils bâillonnés par ce «rapt médiatique» du covid ? Éléments de réponse avec Stéphane Rozès, enseignant à Sciences Po et président de la société Conseils, analyses et perspectives (Cap).


En 2022 tout peut arriver : quel embarras !, par Philippe Bilger

marine le pen macron

Dire que certains, des spécialistes la plupart du temps, nous annonçaient doctement que la campagne présidentielle de 2022 serait insipide puisque tout était joué quasiment !

L’incertitude est venue faire exploser ces convictions qui résumaient l’opinion autant qu’ils la fabriquaient.

La droitisation, un constat dont on fait une tare, monte ; mais quel scandale que cette société qui ose s’affranchir d’idéologies « progressistes » à ne jamais remettre en cause !

Dans le désordre et l’effervescence, plus créateurs que tous les pronostics, un incroyable mélange qui fait fi des conventions, des habitudes et des conformismes. Le citoyen est bousculé comme le pouvoir.

Le dynamiteur en chef Eric Zemmour, qui ne s’est plus contenté des pensées radicales qu’avec d’autres il partageait, mais qui a changé la donne en les exprimant aussi brutalement que sincèrement.

L’irruption, sans l’ombre d’une mauvaise conscience, de partialités médiatiques heureuses de jeter par-dessus bord des années d’honnêteté, parfois il est vrai à peine respectée.

Une inimaginable grossièreté, fond et forme, dans beaucoup de débats et dans les coulisses de ceux-ci. Je n’aurais jamais cru possibles les débordements du couple Corbière-Garrido. Comme si soudain ce qui retenait tant bien que mal avait lâché prise. Une sorte de lassitude face à ce que la décence avait trop longtemps imposé.

À cause d’Eric Zemmour, un RN dépassé dans sa volonté de normalité et son aspiration à un recentrage, Marine Le Pen apparaissant paradoxalement comme une incarnation de la mesure et un exemple de pragmatisme.

Une gauche dont on aurait besoin en démocratie mais qui ne sait plus de quoi elle est composée, entre la désuétude de ses valeurs historiques et le formidable narcissisme de certains de ses représentants persuadés d’être, chacun, le recours pour une unité impossible.

Jean-Luc Mélenchon se débattant, toutes tempêtes confondues, pour rejoindre son niveau d’avant-hier mais se perdant à proportion.

Le coup de grâce, le comble du ridicule, relevant de Christiane Taubira s’offrant, avec tous ses passifs, telle une ultime chance qui serait attendue par tous les socialistes.

Et, miraculeusement, une voix trop rare, sans ambition personnelle, venant rappeler certaines évidences de gauche de telle manière que la contradiction démocratique en serait enrichie si on l’écoutait: Stéphane Le Foll dont la constance, la fidélité et la répugnance au wokisme et à ces modes détruisant l’universel sous la frime lui sont aujourd’hui imputées à charge (Le Point).

Des intentions de vote fluctuant chaque jour, pour accabler ou faire espérer, c’est selon.

La stabilité relative d’un socle pour le président de la République, donnant l’impression qu’il sera automatiquement qualifié pour le second tour. Il fait tout ce qu’il peut pour nous convaincre, à force de feindre l’hésitation, de son ambition d’être réélu (Gala, RTL).

Avec des soutiens inconditionnels à hauteur de l’inquiétude que leur inspire le changement des règles du jeu. Ce n’est pas fair-play : le second tour était déjà programmé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen et évidemment le premier allait gagner avec les légitimistes, la droite transfuge et une part de la gauche pas encore lassée de ne servir qu’à cela…

Le paradoxe est qu’on ne sent pas en France un vrai désir de prolonger la présidence d’Emmanuel Macron, candidat à plein temps, président pour l’image, cultivant l’émotion et n’hésitant pas à s’intenter des procès pour ses propos ou ses comportements déjà si souvent regrettés. Le pire serait à nouveau un second tour pour rien, donc pour lui.

Ainsi le nouveau monde de 2017 a abouti à ce terrible désenchantement de 2021.

Mais une droite de gouvernement, n’ayant pas besoin comme horizon de « Horizons » d’Edouard Philippe, a surgi. Et cela n’a étonné que ceux qui la rêvaient sinon morte du moins assoupie pour l’éternité. Dans un monde et une France sans repères, où il y a chaque jour quelque chose de nouveau sous le soleil, elle représente tradition, stabilité, pragmatisme et je l’espère, courage. C’est une chance historique pour cette droite d’action, si elle se retrouve au second tour, de n’avoir pas d’autre choix que de surprendre. Elle n’a pas tenu ses engagements hier, elle sera, le dos au mur, comptable de réaliser l’impossible : remettre de l’espoir, du rassemblement et du progrès dans un pays qui ne croit plus à rien.

Dans les premiers mois de 2022, ce billet apparaîtra peut-être vain et faux sur toute la ligne. Mais peu importe : on n’est plus à l’époque où la politique ressemblait à peu près à une science exacte. Où elle était maîtrisable. C’est fini.

Maintenant, et pour longtemps, le citoyen ne pourra plus se fier qu’à lui, sans recours extérieurs, pour trouver son chemin dans l’imprévisibilité angoissante du futur et les surprises en tous genres de la République.

Philippe Bilger

Tribune reprise de Philippebilger.com

Zemmour: un «rejet de la politique» française par les jeunes?

Éric Zemmour

16/12/2021 – FRANCE (NOVOpress)
La candidature d’Éric Zemmour à la présidentielle française est soutenue par une certaine jeunesse qui ne se reconnaît plus dans le paysage politique actuel.

Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France, estime au micro de Rachel Marsden que «les partis politiques existants ne laissent pas beaucoup de place aux jeunes».


Philippe de Villiers explique son ralliement à Eric Zemmour : «J’ai l’impression que mon pays va mourir, et je ne veux pas de ça»

Équipe, adhésions, législatives : comment le parti de Zemmour s’organise ?

Valérie Pécresse, Marine Le Pen, Immigration : l’entretien en toute vérité de Marion Maréchal

Marion Maréchal

09/12/2021 – FRANCE (NOVOpress)
En cette année de présidentielle Alexandre Devecchio reçoit chaque semaine un invité pour débattre des enjeux de la France pour aujourd’hui et pour demain dans En Toute Vérité.

Dans cet entretien, Marion Maréchal évoque les questions essentielles qui vont rythmer l’élection présidentielle.


Éric Zemmour : un candidat différent ?

président

Les critiques qui sont tombées en avalanche sur la déclaration de candidature d’Éric Zemmour témoignent le plus souvent de l’aveuglement, entretenu ou subi, des commentateurs et du grand malentendu qui règne dans la politique française, au moins depuis 2017, et sans doute depuis plus longtemps. Elles épinglent le caractère anxiogène, la référence gaullienne jugée ridicule, le caractère nostalgique marqué par un regard davantage tourné vers le passé que vers l’avenir, et l’absence de propositions précises dans le domaine économique.

En fait, la cohérence du fond et de la forme, du décor et de la démarche, du style et du contenu était parfaite. La candidature de Zemmour est différente des autres parce qu’elle procède d’une vision à la fois plus haute et plus large de notre pays. Certes, il n’est pas le général de Gaulle et ne se prend pas pour lui, mais il regarde la France de la même hauteur, non celle des cinq années d’un mandat présidentiel et des mesures à prendre, mais celle des siècles durant lesquels notre nation est allée « sans relâche de la grandeur au déclin ». Pour lui, l’Histoire n’est pas la comédie de la succession des régimes et des gouvernements, le jeu compliqué et tortueux des hommes qui en sont les acteurs, lequel délecte les commentateurs. Non, l’Histoire est tragique : elle est le tombeau des civilisations et des peuples laissant la place à d’autres civilisations et à d’autres peuples. La mort peut les saisir comme elle saisit les personnes, brutalement ou sournoisement. La débâcle et l’invasion ressemblent à l’infarctus, la lente dégradation de l’esprit public, des mœurs, des capacités de défense, matérielles ou spirituelles, font penser au cancer.

Zemmour privilégie logiquement cette angoisse-là parce qu’elle est essentielle. Elle est la seule que peut vaincre un pouvoir politique souverain et responsable quand les autres dépendent d’autres niveaux. Sauver notre pays du déclin et de la décadence est la priorité absolue. Le déclin se mesure à notre recul économique que la longue série de nos déficits et de notre dette prouve amplement malgré les artifices de la planche à billets. Il se mesure aussi à notre perte d’influence géopolitique du Liban au Pacifique en passant par l’Afrique francophone. Notre décadence s’affiche aux yeux de tous par le règne des minorités qui minent la cohésion nationale, ruinent notre démographie, altèrent notre culture et démoralisent le peuple français, aux deux sens du terme, celui du moral ou de la morale. La priorité de l’économie est un leurre. Celle-ci ne peut être que la conséquence d’un redressement politique comme la France l’a vécu en 1958, pour la dernière fois.

Seul un pouvoir fort appuyé sur une majorité ardente et inspirée par le patriotisme plus que par le pouvoir d’achat pourra procéder aux réformes nécessaires dont dépend, en fait, le niveau de vie des Français. Les électeurs de François Fillon et ceux de Marine Le Pen peuvent s’unir dans cet élan, dans ce combat. Bien d’autres peuvent les rejoindre pour échapper à la férule des technocrates dont l’inefficacité, notamment en économie, se mesure aux résultats de notre pays, pour se libérer de la baguette des oligarques de la pensée et de la finance qui imposent leur idéologie ou leurs intérêts, lesquels s’accordent souvent étrangement.

Zemmour est le seul à incarner cette espérance. Que son profil, son origine, sa profession, sa confession soient inattendus révèle l’état de la France incapable de produire un héros issu de sa majorité, un homme politique ou un général. C’est, néanmoins, vouloir tromper les Français que de le réduire à n’être qu’un « polémiste d’extrême droite ». C’est un écrivain qui possède une connaissance de notre Histoire et des principales questions actuelles qui se posent à notre pays bien supérieure à celle des politiciens ou des commentateurs. Cette compétence remarquable dans les débats en fait un meilleur candidat que la présidente du Rassemblement national.

Désormais, sa réussite ou son échec dépendent, d’une part, du poids immense des intérêts qu’il bouscule, comme l’ont montré l’acharnement médiatique contre l’homme, l’utilisation de la moindre rumeur, du moindre geste à son encontre, d’autre part, de sa capacité à s’élever sans cesse à la hauteur de son idéal : le V de la victoire aurait été une meilleure réponse au doigt d’honneur !

Christian Vanneste

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Éric Zemmour annonce sa candidature à l’élection présidentielle [vidéo]

zemmour

30/11/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Éric Zemmour a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle ce mardi, via une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, quelques heures seulement avant un ultime débat des candidats LR.

« J’ai décidé de me présenter à l’élection présidentielle« , a-t-il déclaré, « pour que nos enfants ne connaissent pas la barbarie, pour que nos filles ne soient pas voilées et nos fils soumis« .