Comment le Système aseptise la campagne présidentielle, par Ivan Rioufol

Cette campagne présidentielle, aseptisée par le pouvoir, est une mascarade de plus dans un quinquennat de faux-semblants. La France, ouverte aux quatre vents, se libanise, s’endette, s’appauvrit. Mais ces désastres ne sont toujours pas débattus. A dix jours du premier tour, la France officielle continue de ronronner, avec les encouragements d’un président-candidat devenu expert en évitements. Alors qu’un choix de civilisation est à faire entre mondialistes et souverainistes, déracinés et enracinés, progressistes et populistes (ces mots différents désignant la même alternative), le Système se fait prioritairement l’écho du réchauffement climatique, du chèque énergie, de la ristourne pour les carburants, du sort des « mamans solos », des prothèses auditives, etc. Les violences urbaines récurrentes (à Sevran dernièrement) ne viennent pas troubler le somnambulisme ambiant.

Le thème du pouvoir d’achat sert de prétexte à une addition de mesures techniques et dépolitisées qui excluent toute réflexion sur une vision de la France de demain. Les mécanismes de la diversion et du déni sont si bien rodés que personne ne semble vouloir s’arrêter sur les maux dont souffre la nation. C’est ainsi que l’immigration de masse, qui devrait être un des enjeux de cette présidentielle, continue d’être reléguée parmi les sujets sulfureux. Les médias enferment dans l‘extrémisme, et donc la relégation, ceux qui assurent avec raison qu’il est minuit moins cinq.

Il faut lire l’entretien donné au Figaro, le 25 mars, par Pierre Brochand, ancien ambassadeur, ancien directeur général de la DGSE. Il explique : « Je tiens le type d’immigration que nous subissons depuis un demi-siècle pour un événement hors catégorie, sans précédent dans notre histoire. Et très honnêtement, j’avoue ne pas comprendre comment des esprits libres et éclairés peuvent encore sous-estimer sa gravité. » Et Brochand énumère les effets de cette immigration impensée : « Volume massif de flux, vocation de peuplement, absence de régulation politique et économique, majorité de civilisation extra-européenne et musulmane, esprit de revanche postcolonial, réticence à la mixité, préférence pour l’endogamie, cristallisation en diasporas, taux de fécondité supérieur à celui du peuple d’accueil et surtout – innovation inouïe – évolution non convergente au fil des générations ».

Au bout du compte, c’est la paix civile qui est menacée. Or il est stupéfiant d’observer l’empressement du Système en place, soutenu par la plupart des médias, à vouloir parler des plus petites choses pour éviter d’avoir à chasser l’éléphant du salon. Parce que Nicolas Dupont-Aignan estimait, mardi sur RTL, que les élections « étaient truquées de A à Z », il s’est fait traiter de « populiste » par la journaliste Alba Ventura. Ainsi fonctionne ce monde clos, qui sermonne avec les mêmes mots le malappris. Stop ou encore ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 30 mars 2022 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Macron : une réélection «quoi qu’il en coûte» – Incompétent et irresponsable économiquement… mais premier dans les sondages

dette macron démagogie

La frénésie dépensière du gouvernement tombe à pic pour Emmanuel Macron, en pleine campagne présidentielle!

« Nous sommes en guerre », avait déclaré et répété plusieurs fois Emmanuel Macron devant 20 millions de téléspectateurs le 20 mars 2020, en pleine crise du Covid. 454 milliards d’euros et 730 jours plus tard, en mars 2022, la dette de la France approche dangereusement les 3 000 milliards, ce qui n’a pas l’air de ralentir la distribution des milliards. Après 25 à 26 milliards d’aides diverses, chèque énergie, chèque inflation, remise carburants, « bouclier tarifaire » contre la hausse des prix du gaz et de l’électricité, voici maintenant un plan de 15 milliards d’euros pour la police, plus un plan de « résilience » de 3 à 4 milliards – on ne sait pas exactement, et de toute façon on n’est pas à 1 milliard près –, à quoi il faut ajouter un « dégel » du point d’indice des fonctionnaires pour un minimum de 2 milliards par an.

Sur ce dernier point, Emmanuel Macron ne fait que copier son prédécesseur, François Hollande, qui avait augmenté cet indice à deux reprises, en 2016 et en 2017, espérant encore candidater à sa réélection. Le point d’indice avait été « gelé » ensuite, ce qui n’empêchait aucunement d’ailleurs des hausses catégorielles de traitement pour la plupart des fonctionnaires. Pauvre Amélie de Montchalin. Pas de chance pour la ministre qui se vantait de ne pas « céder à la démagogie » électorale, « contrairement à tous les gouvernements en fin de mandat », la hausse du point d’indice étant évidemment soutenue à l’unanimité des neuf fédérations syndicales de l’administration représentant ses 5,7 millions de fonctionnaires-électeurs ! Notre pauvre Amélie qui est officiellement « ministre de la Transformation et de la Fonction publiques » a dû avaler son chapeau à fleurs : elle a été finalement contrainte d’annoncer dans une interview au Parisien, que ce fameux point d’indice serait « dégelé » avant l’été.

Définition du mot « démagogie » par le Larousse : « Aptitude consistant à flatter les aspirations à la facilité ou les préjugés du plus grand nombre pour accroître sa popularité, obtenir ou conserver le pouvoir. » Nous y sommes. Notre pays étant dirigé depuis longtemps par des démagogues qui en sont arrivés à le ruiner – nous y sommes également –, c’est tout de même la première fois, à notre connaissance, qu’un ministre de la Fonction publique de plein exercice prononce le mot de « démagogie » pour s’y opposer d’abord et pour s’y soumettre ensuite !

Une phénoménale fièvre de démagogie

Sur l’état réel du pays, sur le désastre économique qui pointe à l’horizon, la Cour des comptes s’est manifestée à sa façon en février dernier dans son traditionnel rapport public annuel, s’inquiétant du « décalage » avec le redressement des comptes publics effectué par nos partenaires européens et classant la France parmi les cancres de la zone euro. L’Institut Montaigne et le cabinet Mazars, de leur côté, viennent de réaliser un baromètre inédit des impôts de production en Europe. Ce qu’ils ont constaté n’est pas beau à voir : ces impôts qui frappent toutes les entreprises avant même qu’elles ne fassent de bénéfices ont avoisiné 100 milliards d’euros en France pendant l’année 2020, soit quatre fois plus qu’en Allemagne. Si l’on enlève la Suède, qui n’a pas les mêmes systèmes de calcul que les autres pays européens, il n’étonnera personne de savoir que, pour ces impôts imbéciles et destructeurs, c’est la France qui est en tête des mauvais élèves européens : ils pèsent chez nous 4,4 % du PIB, loin devant le second du classement, l’Italie, avec 2,5 %, l’Allemagne étant à 0,7 %.

Quant à la dette colossale de notre pays, on a appris qu’elle avait été officiellement établie par l’Insee à 2 834 milliards d’euros au troisième trimestre 2021, contre 2 275 milliards en mai 2017, lors de l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée, soit près de 600 milliards supplémentaires ! Et ce sont nos enfants et petits-enfants qui vont devoir prendre en charge tous ces milliards, résultat d’une phénoménale fièvre de démagogie telle qu’on n’en avait pas vu dans l’histoire de France depuis l’empereur Napoléon ou même peut-être depuis Louis XIV.

C’est pure folie de continuer à dépenser comme nous le faisons

Quand on parle de dette publique, inutile de préciser qu’il s’agit d’argent emprunté. Agnès Verdier-Molinié, la directrice de la Fondation iFRAP, pour une tribune publiée sur le site d’Atlantico en février dernier, a fait le calcul que « 2020 restera l’année de tous les records avec 438 milliards empruntés par nos administrations publiques »[1]. Pour 2021 les besoins de financement devraient s’établir d’après elle à 416 milliards et pour 2022 se situer entre 330 et 345 milliards, sachant que ces emprunts doivent couvrir non seulement nos dépenses courantes mais aussi le remboursement de dettes anciennes qui arrivent à échéance (180 milliards en 2023).

Pour lire la suite, c’est ici !

Les Visiteurs en Macronie, par Clément Martin (Les Identitaires)

les visiteurs

TF1 a annoncé que la soirée électorale du premier tour des présidentielles ne durera qu’une fraction de sa durée habituelle et que sera diffusé dès 21 h 20 le film de Jean-Marie Poiré, Les Visiteurs. Cette annonce est moins anecdotique qu’il n’y paraît.

Dépolitisation et passivité politique

Ce choix témoigne tout d’abord de la dépolitisation tendancielle de la société française : l’époque où les élections constituaient un moment collectif national majeur est terminé. La vie politique est désormais un aspect tout à fait mineur de l’existence du citoyen français lambda ; les taux d’abstention croissants constatés à chaque élection le démontrent.

Selon un rapport publié par l’Institut Jean Jaurès, c’est la notion même d’ « engagement politique » qui est en crise. Les chiffres publiés sont des plus instructifs : l’engagement est perçu comme « l’implication pour une cause » par seulement 14 % des interrogés, alors même qu’une majorité de Français considère l’engagement comme quelque chose de positif, et que 63 % se considèrent eux-mêmes comme engagés. Ce paradoxe a pourtant une explication élémentaire : s’engager, aujourd’hui, ne consiste pas à participer de façon collective à la défense d’une cause ou d’un idéal par l’intégration à une organisation, mais a beaucoup plus à voir avec le fait de simplement croire en quelque chose. Autrement dit, il suffit d’avoir une opinion sur un sujet pour se considérer comme engagé ; ce qui compte, c’est moins ce que l’on fait concrètement que ce que l’on pense. Or, l’action politique est précisément la façon dont on change les choses en agissant de façon concrète et régulière. Se retrancher dans le royaume des opinions personnelles constitue bien une démission du politique de la part du peuple français.

Le macronisme comme démoralisation politique

Si l’abandon de l’engagement et de l’intérêt pour la vie politique en général sont des tendances lourdes en France, constatées depuis plusieurs décennies, difficile de ne pas analyser l’ère macroniste de notre pays comme une période d’accélération de ce désaveu pour le politique.

Toute l’histoire de l’arrivée au pouvoir, puis du règne de la macronie, est celle d’une caste politique dépolitisée comme jamais : les déclarations vides du candidat-ministre Macron font écho à ses propositions creuses de candidat-président ; les Marcheurs membres de la société civile qui ont accédé aux responsabilités politiques se sont rapidement distingués par leur ignorance, leur manque de culture, la vacuité de leur langage et leur conformisme étouffant. Mais cette dépolitisation s’est accompagnée d’une pratique du pouvoir hégémonique, ne reculant devant aucun recours pour asseoir sa domination. Électorat gérontocratique de bourgeois retraités et de parvenus, Parlement intégralement soumis à la volonté du parti, médias aux ordres, répression délirante contre tous les adversaires politiques qui ont le malheur de bouger un peu trop (Gilets jaunes, Génération identitaire, etc.), le macronisme fut sans conteste l’avènement d’une « dictature centriste » au sommet de l’État.

Mais cette dictature s’évertue par tous les moyens possibles à faire rentrer au forceps dans la conscience des Français que rien ne pourrait jamais changer – mondialisation, immigration, progressisme, démission internationale : toute l’Histoire de France est écrite par avance.

Alors, à quoi bon parler des élections, puisque son résultat en est déjà garanti ? Pourquoi donner un temps de parole à des réfractaires et des populistes, incapables d’apprécier la virtuosité du Mozart de la politique française ? Face à la « mort tiède » de la vie politique française, il faut placer nos espoirs dans un électrochoc. N’importe lequel.

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Reportage – Zemmour au Trocadéro : Livre Noir était sur place

zemmour trocadero

29/03/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Ce dimanche 27 mars, à une dizaine de jours du premier tour de l’élection présidentielle, Eric Zemmour a joué son va-tout en tenant le plus grand meeting de sa campagne au Trocadéro, à Paris.

Devant plus de 50.000 personnes venues de toute la France, le candidat a présenté sa vision de la France et de son avenir, son projet, ses propositions pour lutter contre « le grand remplacement et le grand déclassement ».

Livre Noir était sur place pour retransmettre en images le meilleur de cette journée.


Présidentielle 2022 – Dernière ligne DROITE

zemmour le pen

Pendant qu’Éric Zemmour remplissait le Trocadéro, une agression de plus avait lieu contre le camp national en Guadeloupe, où Marine Le Pen a été violemment prise à partie. Aux deux candidats de la droite ne restent que 15 jours pour déjouer les sondages et convaincre les abstentionnistes, tout est encore possible.

Reportage : Éric Zemmour au Trocadéro

C’est sous un soleil de plomb, plus que printanier, que Reconquête a tenu sa grande réunion parisienne. Y avait-il autant de monde qu’au défilé des mélenchonistes, la semaine dernière ? C’est difficile à dire car, pour ce défilé-là, les médias avaient pris pour argent comptant les 100 000 manifestants revendiqués par Mélenchon ; le « dispositif de comptage objectif » qui avait été mis au point par plusieurs médias depuis quelques années semble avoir fait naufrage, car il n’est plus jamais mis à contribution. C’était pourtant une bonne idée.

Au rassemblement du Trocadéro il n’y avait sans doute pas 100 000 personnes. D’ailleurs il s’agissait essentiellement de Parisiens. Nous n’avons pas vu ces cohortes de plusieurs centaines d’autocars venant de toute la France, qui envahissent la capitale lors des très grands rassemblements (Manif pour tous, 1er mai, etc.).

Mais il y avait néanmoins énormément de monde, en tout état de cause. 40 000 personnes, 50 000 peut-être. J’ai parcouru en tous sens (avec quelque difficulté, compte tenu de la densité de la foule) cette immense place du Trocadéro, mais n’ai rencontré qu’une seule personne que je connaissais, Dominique, l’ancien patron du restaurant Les Ronchons !

En tout état de cause, il s’agissait bel et bien du plus grand rassemblement de la droite française, toutes tendances confondues, de cette présidentielle. Un public très jeune, très déterminé aussi.

Les slogans qui enflent comme une houle

De 14 heures à 15 heures, des personnalités se sont succédé à la tribune, histoire de chauffer la foule. Les drapeaux qui s’agitent, les slogans qui enflent comme une houle puis sont repris par les participants, rien que cela vaut le déplacement.

Parmi les intervenants, Philippe de Villiers a été accueilli par un « joyeux anniversaire », repris par des dizaines de milliers de voix, événement peu banal ! Vérification faite, il est né un 25 mars.

Guillaume Peltier nous a récité du Victor Hugo.

Marion Maréchal a eu droit à une ovation colossale. Même les policiers avaient sorti leurs smartphones pour la photographier !

Les prises de parole de parents de victimes d’attentats islamistes furent terriblement émouvantes. « Plus jamais ça ! », clamait la foule.

Enfin Zemmour a parlé, une heure et demie, sans notes. La symbolique du Trocadéro était évidente : de Gaulle s’était exprimé là en 1944, après la remontée des Champs-Elysées. En 2017, les fillonistes avaient tenu à cet endroit un rassemblement réussi, mais insuffisant toutefois pour changer le cours d’une histoire dictée par Le Canard enchaîné. Trocadéro, c’est une victoire française, et la statue du rond-point est celle du maréchal Foch.

Eric Zemmour a donc cherché à redonner confiance aux militants. Pari réussi ? Sans doute, car tout le monde veut croire à une sous-estimation des évaluations. La réponse n’est plus qu’une question de jours.

Jadot, Mélenchon, Roussel : les derniers grands meetings

Ce même dimanche, Jadot tenait sa plus grande réunion, à Paris également, devant 3 500 personnes, ce qui constitue pour les écolos un pic de mobilisation sans précédent… mais, néanmoins, de modeste envergure. Mélenchon a réuni ses partisans à Marseille, mais a paru désabusé : « Les quartiers populaires, s’ils ne se déplacent pas, c’est fini pour moi », a-t-il déclaré à une chaîne de radio à cette occasion. Quant à Roussel, il tenait une réunion à la halle aux grains de Toulouse, mais le grain à moudre se fait rare pour lui. Après un léger frémissement électoral il y a un mois ou deux, il est en effet victime du vote utile qui porte les sympathisants communistes à donner leur voix au candidat de LFI. Quant à Pécresse, covidée, elle est restée invisible, cette fin de semaine, et personne, dans son camp, n’a pris le relais. La campagne électorale est pratiquement close, désormais, pour eux en tout cas.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 28 mars 2022

Le feuilleton Macron, par Jean-Gilles Malliarakis

macron pass sanitaire

Revenons d’abord au sens de ce que commande un patriotisme bien compris. En d’autres temps on employait le mot, aujourd’hui pestiféré, de « nationalisme ». Cette réflexion, cette réaction, se caractérisent, se déterminent à partir d’une douleur : celle de voir le pays que l’on aime, livré aux quatre vents des puissances mauvaises, trahi par des dirigeants indignes ou inconsistants.

Or, tel me semble la première réflexion qui s’impose, plus que jamais, au spectacle de la Macronie.

On souhaiterait donc, avant tout, ne plus subir le ridicule d’être représenté à la face du monde par un personnage, mauvais comédien lui-même, à la fois arrogant, donneur de leçons et impuissant à les mettre en œuvre.

Le chroniqueur aimerait, bien sûr aussi, pouvoir tirer au clair les conséquences de l’entretien, programmé pour ce 19 mars, entre Biden et Xi Jinping, puisqu’il s’agit des dirigeants des deux blocs. Notre avenir dépend en effet de cette négociation cruciale, de ce tête à tête entre les deux puissances actuellement dominantes, l’une au sein d’un bloc oriental en voie de consolidation, l’autre de l’alliance occidentale à laquelle la France, comme aujourd’hui 21 États-Membres sur 27 de l’actuelle Union européenne, appartient depuis 1949. Directement certes, il en découlera d’abord l’évolution de l’opération inacceptable, sanglante, archaïque et néostalinienne que Poutine mène en Ukraine ; mais le rapport de force, et l’accord éventuel sino-américain conditionneront également notre destin tant que nous persisterons à ne le pas prendre en mains, par un effort militaire.

Nous attendrons donc d’en savoir plus, à la fin de cette semaine, pas seulement au gré des regards franco-français, mais aussi en scrutant ce qu’observent les autres grands pays acteurs de cette tragédie. Remarquons, depuis le départ, qu’à Pékin l’agence officielle Xinhua semble attacher un peu moins d’importance à l’Ukraine, dont la Chine se trouve pourtant le premier partenaire commercial, qu’aux élections en Sierra Leone.

On aurait aimé, aujourd’hui encore, parler de « Macronie saison 2 ? ». Mais avec un point d’interrogation. Hélas le titre est déjà utilisé par d’autres qui ne doutent pas de sa réélection. Aux yeux des médias tout semble désormais joué d’avance. On nous annonce un match retour de 2017 dont, pourtant, les Français ne veulent pas, connaissant d’avance le résultat. Seul le taux d’abstention mesurerait alors le discrédit de notre démocratie en dégénérescence.

Si nous en étions réduits à choisir au soir du 10 avril entre les deux finalistes de la précédente élection, les citoyens conscients et responsables amis de la liberté ne pourraient vraiment hésiter vraiment pour marquer leur dégoût qu’entre le vote blanc et la pêche à la ligne. Ils reporteraient dès lors leurs espoirs et leurs mobilisations sur les élections législatives.

Le Canard enchaîné, toujours aussi bien informé que mal inspiré, souligne avec lourdeur, dans son édition du 16 mars, le scénario prochain de cet exécrable feuilleton. Il suggère que le futur gouvernement ne devrait comprendre que 4 des 16 vedettes de l’équipe Castex. Incidemment les innombrables secrétaires d’État ne comptent dans un tel bouquet que pour de l’asparagus faisant volume pour pas cher. Or, le Palmipède se plaît à en redouter la dérive droitière, mesurée au nombre des velléités libérales.

Le discours d’Aubervilliers de notre président-candidat ce 17 mars confirme les confidences dont notre cher hebdo satyrique a bénéficié, sans peut-être en comprendre la portée : sans même daigner débattre avec l’intéressée, c’est bien du discours et du programme de la candidate de la droite classique qu’il reprend les quelques marqueurs.

Il en oublie cependant une règle arithmétique simple, énoncée par elle, sans génie assurent les journalistes, mais en bonne maîtresse de maison : « deux fois plus d’économies que de dépenses » [nouvelles].(1)

Les réformes structurelles, les privatisations, les nettoyages de toutes sortes, la libre concurrence qu’imposerait une telle ligne d’élaboration budgétaire, ne seront pas plus évoquées qu’on ne se prépare, chez les vaseux communicants de l’Élysée à un débat sérieux.

Quant aux promesses, auxquelles plus personne ne croit, on éprouve l’impression de retrouver celles avancées 5 ans plus tôt, jamais mises en œuvre.

L’article 15 de la Déclaration de 1789, professe que « la société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration. »Respecter ce principe ? Vous n’y pensez pas.

Le feuilleton de la Macronie ne se conçoit lui-même qu’en fonction d’un monologue et d’une comédie. Refusons de le prolonger.

1. cf. in Les Échos du 15 mars Présidentielle : Valérie Pécresse promet ‘deux fois plus d’économies que de dépenses’.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Programme présidentiel du candidat Macron – Prêts pour cinq nouvelles années cauchemardesques ?

Macron candidat

Après avoir fortement accéléré le déclin tous azimuts de notre pays lors d’un premier mandat catastrophique, le candidat des grands médias et de la bien-pensance a exposé jeudi, lors d’une conférence de presse aux Docks de Paris à Aubervilliers, son nouveau programme de « réjouissances » pour les cinq années à venir, en cas de réélection le 24 avril prochain. Un programme comportant près d’une centaine de mesures qui, lorsqu’elles ne relèvent purement et simplement de la démagogie et de l’électoralisme, n’auront d’autre effet que d’aggraver encore un peu plus la terrible crise identitaire, politique, économique ou encore sociétale dans laquelle est plongée la France depuis tant d’années.

Qui peut encore croire le bonimenteur de l’Elysée ?

O bien sûr, lors de son intervention, Macron n’a pas manqué de promettre à nos compatriotes le renforcement de notre indépendance et de notre souveraineté, en passant – entre autres – par un important « réinvestissement dans un modèle complet d’armée », la « restauration d’une agriculture nationale », des relocalisations industrielles, ou encore la « réduction de notre dépendance aux énergies fossiles ». Il a aussi promis une « refonte de l’organisation de l’asile et du droit de séjour » pour en finir avec « l’inefficacité du système », allant même jusqu’à garantir que « le refus d’asile fera l’obligation de quitter le territoire français ». Il s’est également engagé à renforcer la sécurité au quotidien, grâce à toute une série de mesures gadgets en faveur des forces de l’ordre, et à un « investissement dans la justice ». Mais, outre le fait que ces propositions s’apparentent davantage à des rustines qu’à un véritable plan de sauvetage, qui peut encore croire ce président qui, pendant toute la durée de son quinquennat, a fait exactement le contraire de ce qu’il nous promet aujourd’hui ?

Nouveau désastre sociétal en vue

Cerise sur le gâteau, Macron, qui n’a eu de cesse de confisquer leurs libertés aux Français durant son mandat, allant même jusqu’à les confiner, et à inventer un passe vaccinal transformant une partie d’entre eux en citoyens de seconde zone, n’a pas hésité à leur promettre jeudi un « retour de la souveraineté populaire », passant par une amélioration de la représentativité grâce à « plus de proportionnelle », ou encore de… « défendre les informations libres et indépendantes » grâce à la mise en place d’« états généraux pour le droit à l’information » ! Décidément, aurait dit Audiard, « les c…, ça ose tout » ! Pour le reste, on retiendra, outre le passage de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans, la transformation du RSA en « revenu d’activité », la mise en place d’une « solidarité à la source » et l’allègement des droits de succession, la volonté du président sortant de faire, une fois de plus, de « la lutte pour l’égalité femmes-hommes » la « grande cause » du second mandat. Et surtout, son intention d’organiser une « convention citoyenne » sur la question de la fin de vie, sur le modèle de celle – dont tout le monde sait maintenant qu’elle était truquée – qui a été lancée en 2019 pour le climat. De quoi s’attendre à un nouveau désastre sociétal…

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 18 mars 2022

Macron, en panne d’idées, joue l’esquive, par Ivan Rioufol

macron pass sanitaire

Dans sa grande bonté, le Père de la nation a accordé à son peuple, depuis ce lundi, le droit de ne plus porter le masque dans des lieux clos (sauf dans les transports). Le passe vaccinal a également été « suspendu ». Exit donc la muselière et la laisse. Cette « libération », qui avait été programmée de longue date par le pouvoir hygiéniste, intervient alors même que l’épidémie semble reprendre. Mais le premier tour de la présidentielle est dans moins d’un mois ; il est préférable d’éviter les contrariétés. Et la guerre en Ukraine a, en France, balayé la peur du Covid dès le premier jour de l’invasion du pays par Vladimir Poutine, le 24 février.

Depuis, Emmanuel Macron cherche à s’imposer comme l’incontournable interlocuteur de l’agresseur. L’ukrainisme a remplacé le covidisme dans la valorisation de la stature protectrice du chef de l’Etat. Toute la macronie répète à l’envi que le président n’a d’autre préoccupation que la paix dont il sera l’artisan. Dimanche, Jean-Yves Le Drian, ministre des affaires étrangère, a dénoncé des discussions sur le cessez-le-feu « qui n’avancent pas ». Ce lundi, pourtant, une session de négociations par visioconférence a été annoncée par les Russes et les Ukrainiens. La France est-elle tenue au courant de l’état réel des contacts entre les deux adversaires ? Il ne faudrait pas que la grande mascarade, qui caractérise ce quinquennat depuis ses premiers pas, utilise également la guerre à de médiocres fins électoralistes.

A dire vrai, la posture de Macron est de plus en plus artificielle. Le président se dit habité par les problèmes de l’Europe et du monde. Mais les Français traversent, eux aussi, une crise de civilisation qui ne peut être balayée. L’esquive est ce qui ressort du jeu présidentiel. Aucune idée neuve n’est émise par le candidat ou son entourage. La tactique élyséenne est celle, renouvelée, d’une dépolitisation des enjeux sur fond d’infantilisation des citoyens. La première mesure annoncée par le président-candidat a été, il y a une semaine, la suppression de la redevance télé.

La baisse de 15 centimes par litre d’essence, qui interviendra 10 jours avant le premier tour (le 1er avril) fait partie de ce « plan de résilience » destiné à acheter les mécontentements sans en creuser les causes. La réforme des retraites, qui enterre la réforme à points, s’épargne les questions sur le malaise existentiel qui traverse une partie de la population. Si le candidat Macron avait su, en mai 2016, dénoncer la « démocratie confisquée » et « l’entre soi de la vie politique », le président-monarque n’a fait qu’accentuer le divorce entre ceux d’en-haut et ceux d’en-bas, au risque d’alimenter « l’ère des soulèvements » annoncée par Michel Maffesoli. « L’importance de l’invisible est le vrai coeur battant des soulèvements actuels », écrit notamment le sociologue. La Corse qui s’enflamme ces jours-ci en est un symptôme. Mais Macron préfère regarder ailleurs.

Ivan Rioufol

Texte daté du 14 mars 2022 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Naufrage dans la médiocratie, par Maxime Tandonnet

macron

La France dite d’en haut entre en extase depuis trois jours parce que selon des sondages, le président Macron atteindrait le seuil magique, emblématique de 30% au premier tour. Derrière, les 18% de la fille de M. le Pen, au deuxième rang, rendent quasi certaine sa réélection. Des photos largement diffusées de l’Elysée le montrant en posture virile suscitent l’émerveillement, l’éblouissement. Le président ne participera donc pas au débat de premier tour. Ce n’est pas de son niveau. Maintenant le doute n’est officiellement plus permis. Sa réélection est comme certaine, acquise, inévitable. Les ralliements ou trahisons de droite et de gauche, surtout de droite, s’accélèrent.

Il promet le triplement de la « prime Macron » et la suppression et de la taxe audiovisuelle. Toujours avec l’argent des autres (les contribuables) évidemment… Le déficit public de 10% du PIB et la dette de 115%? Détails mesquins au regard de l’éblouissement narcissique. Le spectacle One man show recouvre le bilan d’un quinquennat: désastre des comptes publics, poussée de la pauvreté et de la violence, explosion des flux migratoires, recul des libertés, désindustrialisation, affaiblissement de la France dans le monde et pire que tout effondrement du niveau scolaire. Mais qui cela préoccupe-t-il? « Sauveur de la France » face au covid19 et face à Poutine: le plus horrible, c’est que le message passe finalement assez bien…

Il est désormais acquis une fois pour toute que le grand cirque mégalo efface le monde des réalités et le culte de la personnalité écrase l’intérêt général. La petite lueur espérée d’intelligence collective, d’orgueil populaire ou de résistance ne viendra (probablement) pas. La pente est raide… Et tout cela n’a plus aucune importance puisque dans un pays en cours d’abrutissement politique accéléré, la démocratie n’est plus qu’une sinistre fumisterie.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Présidentielle 2022 : le RN appelle Eric Zemmour à se retirer dans “l’intérêt général »

Marion Maréchal rallie Eric Zemmour : « Avec lui, je sais qu’il n’y aura ni compromission dans les idées ni renoncement dans les actions »

Macron diplomate raté, opportuniste certifié, mais surtout candidat !

macron diplomatie ukraine

Emmanuel Macron fidèle à lui-même ! Dans une allocution d’une quinzaine de minutes prononcée jeudi, le président de la République a montré ses limites diplomatiques mais aussi sa malice politique.

Comme lors du discours prononcé le 24 février, Emmanuel Macron se tenait jeudi soir devant trois drapeaux. Celui de la France, naturellement, celui de l’Union européenne, sans surprise, mais aussi celui de l’Ukraine. Même si l’on peut légitimement être solidaire de la nation ukrainienne et admiratif de sa résistance militaire et populaire, voilà une décision partisane loin d’être anodine de la part d’un chef d’Etat et qui rend caduque toute prétention diplomatique.

Emmanuel Macron a par ailleurs assuré que « nous nous tenons aux côtés de l’Ukraine » et adressé « le soutien fraternel de la France » au président ukrainien Volodymyr Zelensky, précisant que ce dernier était « le visage de l’honneur, de la liberté et de la bravoure ». Certes, mais ce dernier est aussi considéré comme un ennemi par la Russie. Afficher explicitement un soutien envers lui paraît donc peu stratégique pour tenter de convaincre Vladimir Poutine d’une désescalade militaire.

La voie diplomatique est pourtant celle qu’Emmanuel Macron prétend défendre, affirmant d’ailleurs être toujours « en contact » avec les présidents des deux pays. Nul doute que la médiation française aurait été crédible si notre pays n’avait pas passé les dernières années à sanctionner et diaboliser la Russie.

Ni diabolisation, ni angélisme, voilà une posture sérieuse qui paraît impossible à tenir pour le gouvernement.

Rappelons la bourde de Bruno Le Maire qui, mardi, déclarait sur France Info que nous menions « une guerre économique et financière totale » à la Russie, un message repéré et dénoncé par Dmitri Medvedev, proche de Vladimir Poutine. En ne désavouant pas publiquement son ministre, Emmanuel Macron s’est tiré une nouvelle balle dans le pied pour ses futurs échanges avec le maître du Kremlin.

La guerre a bon dos

Emmanuel Macron n’a pas officialisé sa candidature à l’élection présidentielle mais a tout de même profité de cette allocution pour avancer ses pions et annoncer la couleur pour les temps à venir. Plus d’UE (réflexion autour de la défense européenne), plus d’OTAN (annonce du déploiement de soldats français dans les pays Baltes et en Roumanie), mais aussi une crise économique dont la cause serait essentiellement la guerre en Ukraine.

Oubliant sa politique suicidaire du « quoi qu’il en coûte » ainsi que le contexte économique mondial bouleversé par le Covid, Emmanuel Macron a donc expliqué la hausse prochaine du coût des matières premières et des énergies par la guerre fraîchement déclenchée, osant même déclarer que « notre croissance aujourd’hui au plus haut sera immanquablement affectée ». Si la guerre n’arrangera évidemment pas le problème, les prix explosaient déjà depuis de nombreux mois. La croissance actuelle n’est, quant à elle, que le retour de manivelle du désastre économique de 2020.

Si Vladimir Poutine a ridiculisé Emmanuel Macron sur la scène internationale, il lui aura bel et bien été d’une aide précieuse pour ses ambitions nationales.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 3 mars 2022

Présidentielle : Marine Le Pen et Éric Zemmour ont obtenu leurs 500 parrainages

Polémique autour des parrainages – Élisabeth Lévy : « La gauche est convaincue d’être le camp du bien »

Anne Hidalgo

Le problèmes des parrainages suscite beaucoup de réactions politiques.

Trois grands candidats tangents : Après Eric Zemmour, et Nicolas Bay Marine Le Pen a lancé un appel aux maires. Ils parlent d’une situation indigne.

Au-delà des intéressés, le problème inquiète une grande partie de la classe politique qui est consciente que l’absence de candidats représentant des millions de voix entacherait la légitimité de l’élection.

David Lisnard, a donné son parrainage à Mélenchon par souci démocratique. François Bayrou a créé un site web pour inciter les maires à donner la précieuse signature. Il s’interroge : « que serait la situation de la démocratie française si des candidats majeurs ne pouvaient pas se présenter à cette élection ? » Gaspard Koenig, le candidat libéral, estime qu’une telle situation ouvrirait la voie à une crise constitutionnelle, voire à une crise de régime. Même Stanislas Guerrini, le patron de La République En Marche : « Il faut évidemment faire cet appel aux maires à pouvoir parrainer tous les candidats, même ceux dont ils ne partagent pas les idées ». Bref, tous rappellent la différence entre soutien et parrainage.

Au-delà de leurs désaccords, les politiques partagent une même idée de la démocratie

On aimerait le croire. Sauf que ce souci démocratique est surtout exprimé par des élus de droite et du centre. Cela n’empêche pas la gauche de dormir. Hidalgo, malgré ses petits 3 % dans les sondages, a déclaré avec arrogance : « tant pis s’ils n’ont pas réussi à convaincre. Roussel n’était pas loin de se féliciter que l’extrême droite ne les ait pas : « c’est qu’ils ont un problème ». Et Nathalie Arthaud ne s’est pas franchement émue hier, au micro de Sud Radio, convaincue que le système se débrouillera. Il y deux explications : La gauche, dans les choux électoraux, ne détesteraient pas être débarrassés de rivaux. Et c’est surtout révélateur d’une différence idéologique, d’une différence identitaire: c’est le sectarisme contre pluralisme. La gauche est convaincue d’être le camp du bien, d’être détentrice d’une légitimité morale. Simone de Beauvoir disait: « La vérité est une, seule l’erreur est multiple. Ce n’est pas un hasard si la droite professe le pluralisme. » Ce propos délirant a été repris fièrement repris par le sociologue Geoffroy de Lagasnerie, qui expliquait sur France Inter qu’on devrait censurer les discours de droite. C’est ainsi que le camp qui se définit par l’amour de l’autre, la générosité, a érigé l’intolérance en principe. Et voilà pourquoi votre gauche est muette.

Tribune reprise de Sudradio.fr

Marine Le Pen suspend sa campagne « jusqu’à l’obtention des parrainages » pour la présidentielle

Valérie Pécresse s’écrase au zénith

Valérie Pécresse

Chassez le non-naturel, il revient au galop. C’est la grande leçon du meeting complètement raté de Valérie Pécresse au Zénith. Une analyse signée par Pierre Boisguilbert.

La fusée qui devait remettre sa campagne en orbite a explosé dès le départ. Il n’y a jamais eu de deuxième étage. On était finalement, comme de nombreux militants dans la salle, gêné pour elle. Elle a chanté faux tout au long d’une interminable partition qu’elle était, par nature, incapable d’interpréter. Le compositeur s’est trompé d’interprète. C’était du Bécassine parodiant du Déroulède. Le problème de la forme rejoint le fond. Si elle est aussi mauvaise, c’est qu’on l’oblige à déclamer des convictions qu’elle ne partage pas. Alors elle force la voix pour convaincre. Tout est à contretemps, les slogans des jeunes chauffeurs de salle qu’elle reçoit presque avec surprise, les applaudissements suscités qui ne viennent pas et donnent des blancs terribles. Les phrases n’ont pas de fin, restent en l’air et l’effet s’écrase au sol.

Pécresse n’est pas une oratrice. Ceux qui dirigent sa campagne auraient dû le savoir et lui éviter ce chemin de croix. Cela donne raison à Rachida Dati qui a qualifié Patrick Stefanini, l’homme-orchestre du concert raté, de « loser » Et pourtant elle était au premier rang et lui a même donné la bise. Elle a dû regretter amèrement d’être venue. Nadine Morano était catastrophée et Sarkozy devant sa télé a dû se féliciter de son assourdissant silence. Ciotti dont la thématique a été privilégiée a souffert le lendemain sur BFMTV pour défendre la prestation de celle qui ne pense pas comme lui et parle donc si mal de ses idées. Pécresse devrait se concentrer sur les plateaux télé et les débats, où elle a de la repartie et où elle est souvent bonne et parfois convaincante. Sa limite, c’est le meeting et le besoin de sincérité publique.

Sur le fond, cependant, les médias n’auront retenu qu’une chose, son allusion au grand remplacement. On lui a reproché immédiatement de faire du Zemmour, bien sûr, de s’aligner sur le « complotisme » d’extrême droite. Elle s’en défend et affirme avoir toujours dit la même chose sur une hypothèse qu’elle veut éviter. Elle accuse alors les journalistes d’avoir une mémoire de bigorneau. Comme quoi elle est meilleure dans l’exercice de l’entretien. Cependant, c’est pathétique, celle qui a démontré avoir le charisme d’une huître s’en prend aux mémoires de bigorneau des journalistes. Drôle de plateau de fruits de mer.

En regardant ce meeting catastrophique, une formule assassine m’est revenue. Elle était de Jean-Claude Brialy, lors d’un Festival du cinéma de Cannes. C’était à la sortie d’un film raté aux prétentions d’épopée américaine. Il avait déclaré : « C’est Autant en emporte le vent… sans le vent. »

Autant en emporte le meeting de Valérie Pécresse.

Tribune reprise de Polémia

Emmanuel Macron, victime ou responsable de la crise sanitaire ?

macron

Chez les défenseurs d’Emmanuel Macron, donc dans la France modérée comme écrit sans rire l’hebdomadaire Le Point[1], on entend une petite musique bien connue : le président de la république n’aurait pas eu de chance car il a été confronté à la pandémie du Covid, qui a bouleversé son quinquennat. Un discours qui rappelle ce que la gauche disait du quinquennat pour rien[2] de François Hollande : la crise économique mondiale avait « empêché » le président de la république de conduire une politique socialiste. Pas de chance donc. Ce discours semble factuel. Mais il inverse en réalité le sens de la causalité : car un bon politique n’est pas celui qui « affronte » des crises, mais bien celui qui les empêche d’advenir.
Découvrez cette tribune de Michel Geoffroy.

Les enquiquinements volent en escadrille

Le président Jacques Chirac aimait à dire que les enquiquinements volent en escadrille[3]. Mais c’est justement le propre des mauvais politiques que de les attirer et de les cumuler !
Et il faut bien dire que sur ce plan Emmanuel Macron a été à bonne école et que loin d’en avoir été victime, il a surtout provoqué par sa politique et plus encore par son attitude, les enquiquinements qui n’ont cessé de ponctuer son quinquennat et de plomber son bilan.
Affaire Benalla, révolte des Gilets Jaunes, manifestations contre la réforme (avortée) des retraites, manifestations contre l’obligation vaccinale et le passe sanitaire, manifestations pro-vie ou contre la PMA sans père, insécurité galopante, explosion de l’endettement etc…
Autant d’enquiquinements qui résultent bien de la politique conduite par le président de la république et sa « majorité » et qui n’ont rien, objectivement, d’extérieur à leur action.

Le Covid : fatalité, responsabilité ou opportunité ?

Ceux qui pensent que le Covid a perturbé le magnifique quinquennat de Jupiter oublient que l’on peut se demander si la politique suivie par le gouvernement français n’a pas au contraire contribué à accentuer la crise.

Par exemple il est manifeste que l’épidémie a révélé au grand jour la faillite de l’hôpital public en France, conséquence des politiques budgétaires restrictives mises en œuvre par les gouvernements successifs et que la présidence Macron n’a nullement inversées, bien au contraire, comme le montre la poursuite des suppressions d’emplois hospitaliers en pleine épidémie. Ce que la tentative -odieuse- d’en rendre responsable les non-vaccinés n’a pu cacher longtemps.

Le Covid a aussi mis en lumière la dangereuse dépendance européenne vis-à-vis de la Chine pour des produits de première nécessité et l’absence, chez nous, de stocks stratégiques. Il s’agit pas, là non plus, d’une malchance, mais bien de la conséquence directe des politiques libérales et des délocalisations mises en œuvre. Et des décisions ministérielles de réduire les stocks à minima pour « faire des économies ».

De même la décision éminemment politique de ne pas fermer les frontières, au prétexte que cela ne serait pas conforme aux « valeurs de l’Union Européenne » comme l’affirmait Emmanuel Macron n’a-t-elle pas aggravé la situation ? Nos ministres rappelaient que « le virus n’avait pas de passeport », pour ensuite imposer un confinement à toute la population, donc créer des … frontières intérieures partout !

On pourrait continuer l’énumération et s’interroger aussi par exemple sur le tout vaccinal choisi par nos gouvernants alors même que notre pays n’était pas capable de produire le moindre vaccin. Et qu’il est aujourd’hui admis que l’efficacité des « vaccins » qui nous ont été vendus et administrés de force n’a rien de durable ni de probant pour la majorité de la population, notamment la plus jeune.

A-t-il de la chance ?

Dans l’ancienne Chine, lorsque des catastrophes touchaient l’empire du Milieu, on disait justement que l’Empereur avait perdu le mandat du Ciel. En d’autres termes les catastrophes ou les crises n’étaient pas considérées comme extérieures à la personne du souverain ni au comportement des dirigeants. Si une catastrophe advenait cela signifiait qu’ils avaient dû commettre une faute vis-à-vis des ancêtres et des divinités. Ils en étaient donc non seulement responsables mais bien coupables.
Une telle vision des choses s’appliquait aussi dans l’Europe chrétienne, qui voyait dans les péchés et les offenses faites à Dieu, la véritable origine des malheurs qui touchaient le royaume. Et qui apparaissaient comme autant de punitions divines.
Et l’empereur Napoléon, pourtant homme des Lumières, quand on lui proposait un officier général à l’avancement demandait, dit-on : « A-t-il de la chance » ? L’expérience et le courage ne suffisaient pas à ses yeux. Encore fallait-il que le sort des armes ait été propice à l’impétrant.

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