L’UE s’acharne contre Marine Le Pen – Accusation « opportune » de « détournement de fonds »

Marine Le Pen UE

Quoi de mieux pour essayer de « torpiller » son adversaire à l’élection présidentielle que la publication, à quelques jours du second tour, de « révélations » l’accusant d’un prétendu « détournement de fonds publics » ? La technique a beau être vieille comme le monde, et les ficelles un peu grosses, cela n’a cependant pas empêché l’Union européenne d’y avoir eu recours une fois de plus récemment contre Marine Le Pen et plusieurs de ses proches pour voler au secours de son candidat, Emmanuel Macron.

Ingérence dans la campagne française

A l’origine de cette nouvelle cabale, on ne sera évidemment pas surpris de retrouver l’Office européen de lutte antifraude (OLAF), contre lequel, rappelons-le, le RN a déjà déposé plainte à deux reprises par le passé, à la suite à des accusations non fondées portées par celui-ci contre certains de ses élus. De même qu’on ne sera pas étonné d’apprendre que le récent rapport « incriminant » Marine Le Pen et plusieurs de ses proches a été rendu public par le Mediapart de l’ancien trotskiste Plenel, notre Vychinski national… Bref, dans ce document, l’OLAF accuse ouvertement la candidate du RN, ainsi que trois autres anciens eurodéputés du parti (Jean-Marie Le Pen, Louis Aliot et Bruno Gollnisch), d’avoir utilisé les frais dont peuvent user les groupes politiques dans le cadre de leur mandat de député européen à des fins de politique nationale. Notamment pour des dépenses personnelles ou pour des prestations au profit de sociétés commerciales proches du RN et du groupe parlementaire Europe des nations et des libertés. Evaluant le total de ces dépenses à « environ 600 000 euros », dont « environ 137 000 euros » pour Marine Le Pen, l’OLAF annonce alors son intention de « procéder au recouvrement des sommes indûment payées »…

« Aucune preuve, aucun élément »

Une accusation que la candidate de la droite nationale, en déplacement lundi à Saint-Pierre-en-Auge, en Normandie, a bien sûr immédiatement et fermement contestée, en précisant au passage n’avoir « pas eu officiellement connaissance [de celle-ci], ce qui déjà pose un problème en termes d’Etat de droit », et pour laquelle l’Office européen de lutte antifraude ne lui a fourni « aucune preuve, aucun élément, malgré d’ailleurs les demandes [qu’elle a] pu faire ». Mais, a ajouté Marine Le Pen, « les coups fourrés de l’Union européenne, quelques jours avant le second tour, j’ai une grande habitude de cela et je pense que les Français ne sont absolument pas dupes ». Un avis partagé par Jordan Bardella qui, invité sur CNews, a précisé en outre que le RN allait déposer « évidemment une troisième plainte » contre l’OLAF. Quant à Philippe Olivier, le conseiller spécial de la candidate RN, il a rappelé avec beaucoup de justesse sur Twitter qu’un « pays où le pouvoir tente de criminaliser les opposants par des montages grossiers s’appelle une dictature » !

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 19 avril 2022

MENSONGE SUR L’IMMIGRATION : la commission de contrôle favorise Macron

20/04/2022 – FRANCE (NOVOpress)
La commission de contrôle de la campagne électorale a remis en question les chiffres énoncés dans la profession de foi de Marine Le Pen.

Pourtant, ces données sont issues du Ministère de l’Intérieur. Le Rassemblement national dénonce une manœuvre politique pour favoriser Emmanuel Macron.


#Zemmour2022, les raisons d’une déception, par Clément Martin (Les Identitaires)

echecs zemmour

Dans les rangs des partisans de Reconquête !, le score de 7 % de leur candidat a fait l’effet d’une bombe. Le discours donné par Éric Zemmour à la suite de sa défaite, par ailleurs tout à fait honorable (dans lequel il a endossé sa responsabilité mais à appeler à continuer le combat) n’y a pas fait grand-chose. Et si l’avenir nous dira plus précisément quelles ont été les raisons de cette défaite, on peut déjà se risquer à dresser un premier bilan.

Causes proximales : le poids des circonstances et le diktat du « vote utile »

Premièrement, il est certain que l’actualité ukrainienne a constitué un coup de Jarnac pour la campagne de Zemmour, et ce pour deux raisons : d’une part, parce les événements de violence internationale (guerre) ou nationale (attentats) bénéficient systématiquement au président en place, mis au centre de l’attention médiatique et drapé par la lumière avantageuse des « responsabilités ». Dans ce contexte, le réflexe légitimiste des Français s’active et ceux-ci se rallient autour de celui qui est censé incarner le destin de la nation, alors que les candidats en lice ne sont plus perçus que comme des amateurs éloignés des difficultés de l’exercice du pouvoir. Zemmour également a payé le prix fort de son soutien passé à la politique de Vladimir Poutine alors qu’ironiquement, le Rassemblement national avait fait preuve d’une proximité bien plus grande avec la Russie, ayant notamment souscrit à un emprunt auprès d’une banque de ce pays (la FCBR, ayant depuis fait faillite). En outre, les conséquences économiques de la guerre en Ukraine (perturbations de l’approvisionnement, hausse du tarif du carburant) se sont parfaitement mariées à la stratégie de Marine Le Pen, construite autour du pouvoir d’achat, et qui a phagocyté tout l’attention du cycle post-Ukraine, ne laissant plus de place à la thématique identitaire.

Deuxièmement, le candidat de Reconquête ! a fait les frais du « vote utile ». Malgré des différences réelles entre leurs programmes, il est incontestable que Marine Le Pen et Éric Zemmour se sont partagé un même segment politique. Fort logiquement, sous la pression de la réélection de Macron et de la poussée de Mélenchon, les électeurs de la droite nationale ont été très sensibles à l’appel du vote le plus susceptible de garantir la présence de la droite au second tour. Le réflexe du vote utile s’est déclenché avec d’autant plus de puissance qu’il a été considérablement amplifié par le bombardement médiatico-sondagier qui a caractérisé les jours précédant le premier tour. En saturant la conscience des électeurs de droite avec le risque Mélenchon, ceux-ci ont préféré troquer leurs convictions profondes pour rallier une Marine Le Pen plus normalisée et institutionnalisée que jamais. Les chiffres le confirment : seulement 26 % des électeurs de Zemmour ont hésité à voter pour Marine, alors que l’inverse est de 47 %[1] ; 15 % des électeurs de Zemmour l’ont fait par vote utile, contre 34 % pour Marine Le Pen[2].

Causes distales : la lame de fond de l’archipelisation

Jérôme Fourquet avait magistralement démontré dans son Archipel français[3] la transformation de la France en une société divisée entre de multiples communautés culturelles et de tribus économiques. La disparition, à partir des années 70, de deux des piliers de la société française (l’Église et le Parti communiste) avait soudainement soldé l’idée d’une « union nationale », qui continuerait d’exister au-delà des différences de classe ou d’appartenance religieuse. Si l’on ajoute à cela la fracture territoriale observée par Christophe Guilluy dans ses différents ouvrages, on a déjà un aperçu du blocage démocratique qui est en passe de définir la politique française pour les années à venir : dans cette configuration, les élections se rapportent grosso modo à des allégeances partisanes instinctives, fondées sur des symboles et des discours qui marquent l’appartenance à l’une des tribus françaises. Les Gilets jaunes votent pour Marine Le Pen et les CSP+ mondialisés votent pour Emmanuel Macron, alors que les jeunes et les immigrés votent pour Mélenchon. Puisque ces clivages sont fondés sur des différences structurantes difficiles à changer (la mobilité sociale étant quasi-inexistante aujourd’hui, la séparation territoriale entre villes métropolitaines et l’ « en-dehors » se creusant chaque année un peu plus et les immigrés faisant une sécession identitaire d’avec la France ), le paysage politique se retrouve stratifié en options électorales inamovibles, destinées à des électeurs captifs. Dans ces conditions, les campagnes électorales n’ont finalement qu’un impact minime sur l’issue d’une élection : dans la France de 2022, le combat politique est livré entre les tenants d’un avenir progressiste, dominé par les boomers et le discours mondialisant (Emmanuel Macron) et les partisans d’un patriotisme civique, souverainiste et social-républicain (Marine Le Pen). D’ailleurs, ceux-ci arrivent en tête alors qu’ils n’ont quasiment pas fait campagne. Il ne reste de place que pour un Jean-Luc Mélenchon et sa coalition de gauche (qui, malgré son succès relatif, aura du mal à rassembler au-delà de ses cohortes actuelles).

Les électeurs ont donc fait le choix des options familières et confortables qui dessinent les contours de la vie politique en France. Si les prochaines années seront l’occasion de voir plusieurs déblocages prendre place (disparition des boomers, notamment), elles seront également celles de l’émergence de nouveaux dangers (immigrés « conscientisés » et organisés politiquement, jeunesse de souche toujours plus malmenée par la modernité). Cela ne signifie pas que le combat politique est perdu (par définition, il ne s’arrête jamais, d’autant plus que l’histoire est incertaine), mais qu’il se mène dans une société tribalisée, communautarisée, où c’est celui qui a le plus conscience de (et confiance en) qui il est qui pourra l’emporter.

[1] Sondage Ifop-Fiducial pour TF1, Paris Match et Sud Radio, « L’hésitation avec un autre candidat au premier tour de la présidentielle ».
[2] Sondage OpinionWay pour CNEWS et Europe 1.
[3] L’Archipel français : Naissance d’une nation multiple et divisée, éditions du Seuil, février 2019, 384 p.

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Face à la meute, Marine Le Pen fait front

Déclarations politiques outrées, articles bâtis à coups d’énormités, improbables appels à la mobilisation : jour après jour, l’entre-deux-tours prend des airs de 2002. Il s’agit de rediaboliser fissa la candidate de la droite nationale… qui reste sereine face à des attaques qui n’ont qu’un effet relatif sur l’électorat.

Comme c’était prévisible – et désormais habituel – l’accession de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle a immédiatement provoqué la mobilisation pavlovienne de toutes les composantes du système à tuer la France, terrorisées à la perspective d’une possible remise en cause de leurs prébendes et de leurs sinécures.

Sans surprise non plus, les premiers à se précipiter pour appeler à voter pour Emmanuel Macron ont été SOS Racisme et la Licra, les deux officines grassement subventionnées estimant que la victoire de Marine Le Pen signifierait « un basculement autoritaire, l’institutionnalisation de la discrimination, la libération de la xénophobie et du racisme ». N’en jetez plus !

Puis ce fut au tour des « sportifs », dont on se demande encore de quoi ils se mêlent, de signer un vibrant appel à faire barrage au Rassemblement national, se disant horrifiés à l’idée que ce soit Marine Le Pen qui ouvre les prochains Jeux olympiques de Paris mais beaucoup moins gênés quand il s’agit de cautionner la dictature communiste chinoise à Pékin ou d’aller jouer à la baballe sur les charniers d’ouvriers que sont les stades du Qatar. Le plus pathétique de ces donneurs de leçons – même s’il est ardu d’établir un classement – est peut-être l’ineffable Yannick Noah, très fier d’être retourné dans son village du Cameroun pour y « défendre sa culture et son identité » mais qui dénie ce même droit aux Français.

Les politiques ne sont bien sûr pas en reste. Au premier rang de ceux-ci on retiendra la remarquable prestation de Gérald Darmanin qui, en déplacement en Saône-et-Loire, a allègrement pulvérisé les frontières de la décence en même temps que celles du ridicule en déclarant qu’« avec elle [Marine Le Pen] les riches vont peut-être maigrir, mais les pauvres vont peut-être mourir aussi », avant de conclure : « Il ne faudra pas aller à la pêche. Sinon, vous n’aurez plus que vos yeux pour pleurer. » Rien de moins ! Si vous votez mal, les cadavres joncheront les rues ! Le sens de la mesure et toujours cette volonté d’attiser les peurs de la population, qui a été l’une des marques de fabrique du quinquennat Macron.

Quant au Medef, il s’est contenté de juger que le programme d’Emmanuel Macron est « plus favorable à l’emploi et la croissance » et que celui de Marine Le Pen est une « impasse ». Une impasse en effet puisque ce programme réduirait la possibilité du patronat de recourir à cette « armée de réserve du Capital » qu’est l’immigration, et limiterait la précarisation et l’ubérisation de l’économie nationale autant que sa soumission aux règles libérales du marché globalisé.

On le voit, Marine Le Pen fait presque l’unanimité contre elle, ce qui est plutôt rassurant puisque ce bel unanimisme est constitué par le rassemblement de tous les coresponsables de la situation tragique que connaît la France aujourd’hui et qui menace son existence même. Malgré la « dédiabolisation », malgré une volonté parfois excessive de modération et de « normalisation », Marine Le Pen fait donc encore peur à tous ces gens-là. S’il fallait un seul argument pour voter sans hésiter pour elle, malgré tous les possibles désaccords, ce serait celui-là.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 14 avril 2022

Le vote communautaire, arbitre du second tour

Il s’en est fallu de peu que Jean-Luc Mélenchon, le candidat des banlieues séparatistes, n’accède au second tour face à Emmanuel Macron (27,6%). En effet, seules 500.000 voix séparent le leader de la France Insoumise (22%) de Marine Le Pen (23,4%). Elle-même n’est éloignée du président sortant, qu’elle affrontera le 24 avril, que de 1,4 million de voix. En choisissant le vote utile dès le premier tour, au détriment d’Eric Zemmour (7,1%), cet électorat de droite a donc eu la sagesse d’éviter de propulser le communautarisme en première ligne. Mélenchon fait des scores spectaculaires dans de très nombreux « quartiers populaires », issus de l’immigration : plus de 60 % aux Mureaux (Yvelines), 60% à Bobigny (Seine-Saint-Denis), 52% à Roubaix (Nord), etc. Il est en tête à Marseille comme à Toulouse et majoritaire dans les quartiers Nord comme au Mirail.

De nombreux représentants de l’islam ou des mosquées avaient appelé à voter pour celui qui, en novembre 2019, avait participé à Paris à une marche contre « l’islamophobie », organisée par des organisations islamistes dont le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France), dissous depuis par le gouvernement. Lors de cette manifestation, la foule avait été invitée à crier « Allah Akbar » non loin du Bataclan. Reste que ce vote communautaire s’annonce comme l’arbitre du second tour. Il rejoindra à nouveau Macron, comme il le fit en 2017. En 2012, le vote musulman s’était largement reporté sur François Hollande au second tour et avait été à la source de l’échec de Nicolas Sarkozy, battu sur le fil (48,4% contre 51,6%).

Dans le champ de ruines qu’est devenu le théâtre politique, avec les effondrements d’Anne Hidalgo pour le PS (1,7%) et de Valérie Pécresse pour LR (4,8%), tout est à reconstruire. Mais le RN aurait tort de se croire l’évident pôle d’attraction de la droite, dispersée aux quatre vents. Si Marine Le Pen, à l’issue d’une bonne campagne, améliore son score par rapport à 2017, elle reste distancée par Macron. Elle n’affiche pas une dynamique suffisamment entraînante. Sa victoire n’est envisageable dans quinze jours, bien que les sondages donnent vainqueur le président sortant, qu’au prix de compromis sur une plateforme de gouvernement élargie. Si Pécresse a appelé sans surprise à voter pour Macron, Eric Ciotti a refusé ce choix dès hier soir. On le devine, lui et d’autres LR, prêts à se rallier au RN sous certaines conditions.

Plus clairement encore, Zemmour a appelé à voter pour Le Pen. Ce lundi sur Europe 1, Marion Maréchal, qui a rejoint dernièrement le leader de Reconquête, a invité sa tante à « tendre la main » à cette droite battue, afin de mettre en place une coalition de gouvernement ou une alliance en vu des législatives. Le pêché d’orgueil serait, pour Marine Le Pen, de s’en tenir à une rigidité dogmatique et à une volonté d’humilier ses opposants d’hier. Le 24 avril, le vote communautaire peut devenir le faiseur de roi. Il est encore temps d’éviter cette défaite française.

Ivan Rioufol

Texte daté du 11 avril 2022 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Jérôme Rivière – « Le second tour sera une forme de référendum : pour ou contre Macron »

Jérôme Rivière

14/04/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Jérôme Rivière, Porte-parole d’Eric Zemmour, vice-président de Reconquête et député européen était l’invité du Grand Matin Sud Radio. Il a réagit aux résultats du premier tour de l’élection présidentielle.


Présidentielle, un danger nommé Macron – Sa recette pour le second tour : Provocations, mensonges et refus de débattre

Marion Maréchal : « La réélection d’Emmanuel Macron serait un grand mal pour la France »

Marion Maréchal

13/04/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Au soir du premier tour de l’élection présidentielle, Marion Maréchal répondait aux questions de Boulevard Voltaire.

Son appel à voter pour Marine Le Pen est sans ambiguïté car, dit-elle, « la réélection d’Emmanuel Macron serait un grand mal pour la France sur tous les plans : sur le plan de la dette, sur le plan économique, sur le plan identitaire, migratoire… »


Présidentielle 2022 : comment Marine Le Pen prépare son entre-deux tours

Zemmour : la désillusion !

zemmour

7 %, c’est, en début de soirée de ce 10 avril, le score d’Éric Zemmour à l’élection présidentielle 2022. Perdant, donc. La déception se lisait sur les visages et des larmes ont coulé chez les militants Reconquête rassemblés au Palais de la Mutualité à Paris, ce dimanche soir. À l’annonce des résultats, des cris se sont fait entendre. Les mines déconfites des cadres de la campagne laissaient présager une rude sanction.

Devant un second tour Macron-Le Pen à l’avantage du premier, les réactions ont été diverses. « C’est l’enfer, je pars en week-end dans 15 jours et tant pis pour le vote ! » s’agace un militant déçu par l’élimination au premier tour et le score, déception supplémentaire. Derrière le trio de tête Macron-Le Pen-Mélenchon, c’est la carte politique du pays qui a été lourdement modifiée. Le bloc mondialiste, le bloc islamo-gauchiste et le bloc populiste. Difficile pour l’union des droites d’exister dans cette configuration, force est de constater que le miracle n’a effectivement pas eu lieu.

Pourtant, la peine est en réalité adoucie par la présence de Marine Le Pen au second tour. La candidate RN prolonge le combat politique de ces militants qui partagent avec elle la lutte contre l’immigration illégale et une opposition frontale à la politique d’Emmanuel Macron. Adoucie aussi par l’explosion de la candidature Pécresse qui, encore une fois, à l’heure ou nous écrivons, termine sous la barre symbolique des 5 %, ce qui l’empêchera de se faire rembourser sa campagne électorale. À une crise politique, les LR vont sans doute ajouter une crise économique : « Je ne te dis pas que ce n’est pas injuste, je te dis juste que ça soulage », grince un cadre de la campagne.

Pour autant, la déception s’est quelque peu atténuée lorsque Zemmour est monté sur scène. Copieusement applaudi, l’ex-candidat à l’élection présidentielle a longuement remercié ses soutiens et affirmé que le combat des idées était gagné. Loin des calculs, Éric Zemmour a appelé d’ores et déjà à voter pour Marine Le Pen, fustigeant ceux qui auraient voulu monnayer ce soutien. « Ce n’est pas ma conception », balaye-t-il. Mais pouvait-il négocier ? En réalité, il est à craindre pour le camp Zemmour que c’est vers l’électorat de Jean-Luc Mélenchon que Marine Le Pen va tourner le regard. Capitalisant sur le rejet anti-Macron et sur un discours d’ouverture. Même si le leader de La France insoumise a martelé qu’aucune voix ne devait aller à Marine Le Pen, cette dernière sait qu’une réserve électorale y demeure. Parviendra-t-elle à convaincre les zemmouristes tout en séduisant LFI ? Dans tous les cas, le parti d’Éric Zemmour a engrangé, en quelques mois, plus de 120.000 adhérents et construit le premier parti de France en adhérents. Qu’en feront-ils ? Et, surtout, que veut Éric Zemmour ? Se lancer aux élections législatives avec 7 % des voix, malgré 120.000 militants, n’est pas une sinécure. Le monstrueux décalage entre son poids dans le débat et son résultat dans les urnes en est une preuve cruelle.

Marc Eynaud

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Marine Le Pen au second tour : dans les coulisses de la victoire

Marine le pen

Il est près de 19 heures, ce dimanche soir 10 avril, lorsqu’une voiture banalisée sort du périphérique parisien par la porte de Vincennes. À ses trousses, une vingtaine de motos à deux passagers hérissés de perches et de caméras. Marine Le Pen se dirige vers le parc floral où elle a organisé sa soirée électorale.

Lors de ces soirées, il y a des ambiances de veille de défaite. À une heure des résultats, ce n’est pas le cas, ce soir, sous le dôme qui bruisse de conversations. Présente parmi les convives, la sœur de Marine Le Pen, Marie-Caroline, se défend de tout pronostic : « Je ne pense rien, mais Macron ne devrait pas sortir très bien, ou alors c’est désespérant », confie-t-elle à Boulevard Voltaire. Un militant glisse à quelques journalistes assemblés autour de lui : « Je suis vraiment très confiant. » Une candidate locale des Yvelines assure que des militants LR sont venus spontanément lui proposer leurs services pour le deuxième tour. « Ce que j’ai le plus entendu, c’est le tout sauf Macron », dit-elle.

Un vaste écran surmonte la scène sur laquelle Marine Le Pen viendra prononcer son discours. Divisé en quatre, il diffuse quatre chaînes. En face, une estrade où s’entassent des dizaines de journalistes. Au fond, des buffets généreux.

Il est 19 h 55. Un mouvement de foule emporte vers le grand écran, ensemble comme un flot impérieux, les militants munis de drapeaux et les journalistes reconnaissables à leur étiquette presse et à leurs calepins ou caméras. À l’écran, Anne-Claire Coudray, sur TF1, promet le résultat dans deux minutes, puis une minute. Une « Marseillaise » retentit, chantée à gorge déployée, suivie de slogans : « On va gagner ! » Enfin, la salle entonne le décompte des secondes : 10, 9, 8, 7… Une clameur de joie accompagne le résultat. Marine Le Pen affrontera Emmanuel Macron au second tour des élections présidentielles de 2022. On s’embrasse, on se congratule. On entend une jeune militante confier à deux amis : « C’est la plus belle soirée de ma vie. »

Désormais, ces militants sont assaillis par les journalistes. Valérie Pécresse, que le camp Zemmour avait surnommée Madame 20 h 02 parce qu’il prévoyait qu’elle appellerait à voter pour le président de la République deux minutes après les résultats, se fait huer lorsqu’elle invite en effet ses électeurs à choisir le camp Macron. Lorsque Bardella lui succède à l’écran, il reçoit au contraire une ovation nourrie. Les « On va gagner » et « Marine Présidente reprennent de plus belle ». Un jeune militant du Nord explique : « Ça fait du bien, dit-il. On s’est défoncés, on a tracté, on a fait des marchés, on a tout fait. » Il rend hommage à la candidate. Il y croit. Une salve d’applaudissements accueille Éric Ciotti qui explique qu’à titre personnel, il ne votera pas pour Emmanuel Macron. Même traitement de faveur pour Marion Maréchal qui appelle à voter Le Pen. Le président de la République est hué, comme Valérie Pécresse. Il est 20 h 30. « Macron a pris les voix de Pécresse, explique un militant. Il nous reste quinze jours de campagne pour parler du bilan, des affaires, de McKinsey, des conflits d’intérêts. Marine Le Pen a de l’expérience. » La candidate va faire appel à tous ceux qui n’ont pas voté Macron.

Soudain, une bousculade manque de faire tomber les militants et les journalistes : Marine Le Pen, entourée de gardes du corps, quitte la salle en serrant des mains et en embrassant des connaissances.

Discret, le conseiller spécial de Marine Le Pen, Philippe Olivier, explique à Boulevard Voltaire que ce ne sera pas simple, pour Macron : « Cela se passe comme nous l’avions prévu. Les retraites vont servir d’épouvantail, explique-t-il. Et le camp national part avec un capital de 35 % des voix au premier tour : c’est considérable. » Il additionne les voix de Le Pen, Zemmour, Dupont-Aignan et Jean Lassalle. Et doute de l’efficacité du report des voix de Mélenchon. « Un électeur de gauche radicale ne votera pas pour Macron : il y a une porosité avec nous, certains sont passés dans notre camp avant de basculer chez Mélenchon, ils vont revenir. » Enfin, il sent le camp Macron « fébrile » et voit aboutir sa stratégie de long terme du peuple contre les élites.

Il est près de 21 heures, Zemmour apparaît à l’écran et appelle à voter Le Pen sous une salve d’applaudissements.

À l’autre bout de la salle, Jean-Lin Lacapelle, député européen RN, souligne que la présence de Zemmour dans la course prive Le Pen d’une pole position au premier tour et montre à quel point le clivage patriotes contre mondialistes a broyé la candidate LR. Il voit en faveur de Marine un projet plein d’espoir, une candidate crédible et proche du peuple, apte à résister à l’entreprise de diabolisation qui va repartir comme jamais. Résistera-t-elle, lui demande-t-on ? Il répond par une question : « Résistera-t-il ? » Le Président est, pour lui aussi, « très fébrile, très agressif, à la limite de l’insulte, il n’est pas prêt ».

De son côté, Le Pen va marteler ses thèmes : le pouvoir d’achat, le social, l’identité, le régalien.

La bataille pour la France n’est pas finie. Il reste quinze jours de campagne pour battre Emmanuel Macron qui a fait tant de mal. L’essentiel des militants est parti lorsque les chaînes d’information commencent à évoquer l’éventualité d’une qualification de Mélenchon au deuxième tour aux dépens de Marine Le Pen…

Marc Baudriller

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Éric Zemmour contre les sondages : la surprise est-elle possible ?, par Clément Martin (Les Identitaires)

Éric Zemmour

Après un départ de campagne fulgurant, la campagne du candidat de Reconquête ! a subi une baisse importante dans les sondages depuis l’invasion russe de l’Ukraine. À l’approche du premier tour, les soutiens d’Éric Zemmour déclarent avec ferveur que ces enquêtes sont fausses et que l’énergie et la mobilisation de ses militants sont un indicateur plus pertinent des chances de leur candidat de passer le premier tour, et, peut-être, de remporter l’élection. Un point s’impose.

Les sondages, industrie du mensonge ?

À droite, le discours anti-sondage est devenu habituel : on reproche à ceux-ci d’être des indicateurs biaisés (voire carrément truqués) à la solde des pouvoirs en place, conçus pour démoraliser l’opposition et manipuler les électeurs, afin de les ramener dans le sérail du statuquo.

Il est nécessaire d’apporter quelques précisions.

D’une part, si l’on compare les estimations des sondages pour la présidentielle de 2017, on s’aperçoit qu’à mesure que l’échéance approche, la précision sondagière augmente. L’enquête réalisée par l’Ifop réalisée 6 jours avant le premier tour avait donné des estimations des votes pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen situées à seulement 1 point de pourcentage d’écart des résultats effectifs[1]. C’est un exemple parmi d’autres, qui tend à montrer que, s’ils ne sont pas des instruments magiques, les sondages demeurent capables de produire des estimations relativement précises. Cela ne signifie pas que la surprise n’est pas possible, mais simplement qu’il est nécessaire de garder la tête froide afin de ne pas entretenir de faux espoirs quant au succès d’un candidat, pour se retrouver démoralisé au lendemain du scrutin.

D’autre part, les accusations de manipulation des sondages reposent moins sur des preuves que sur les désirs des électeurs de droite de voir la gauche et le centre s’effondrer et le camp patriote triompher. Il est nécessaire, si l’on veut produire des analyses pertinentes, de sortir des postures d’impuissance et d’accusation perpétuelle de manipulation. La technique des sondages est évidemment imparfaite et donne lieu à un nombre important de critiques légitimes. Pour autant, il n’y a pas de grande manipulation de masse à l’œuvre. La faiblesse des sondages réside dans leur difficulté à proposer des prédictions dans des circonstances inhabituelles. En effet, afin de proposer une estimation dans le futur (par exemple sur le taux d’abstention), les données sont interprétées au diapason des élections précédentes, ce qui implique que si une élection est bien plus inhabituelle (par ses candidats ou ses enjeux, par exemple) que les précédentes, alors il devient hasardeux pour les instituts de proposer une estimation juste.

La qualité et la quantité

De nombreux militants sont séduits par l’idée que le nombre colossal d’adhésions à Reconquête ! et la participation massive aux meetings d’Éric Zemmour sont des preuves que les sondages sous-estiment la mobilisation pour le candidat populiste – ainsi, on compte sur le raz-de-marée d’un « vote caché » qui se révèlerait dès le premier tour. Il est vrai que le phénomène de sous-déclaration des intentions de vote des électeurs de la droite nationale pour leur candidat est un phénomène documenté depuis longtemps. Par conséquent, il est possible que l’on assiste à une sous-estimation du score d’Éric Zemmour au premier tour (de 10 points, c’est cependant peu probable).

Pour autant, la mobilisation importante des meetings et le nombre d’adhérents à Reconquête ! ne sont pas vraiment des indicateurs d’un mouvement de masse gigantesque. La France est un pays qui subit une dépolitisation tendancielle depuis longtemps : l’ère des partis de masse est achevée depuis plusieurs décennies (quel que soit le bord politique considéré, par ailleurs). Cela ne veut pas dire que la ferveur authentique qui caractérise la dynamique zemmourienne n’existe pas, mais seulement qu’elle est bien plus un signe qualitatif que quantitatif de la mobilisation de ses électeurs : la majorité des Français ne sont pas encartés dans un parti politique et leur « volatilité électorale » est connue. La continuité familiale du vote est de moins en moins constatée, alors que l’abstention est galopante. Dans ce contexte, l’énergie remarquable de la campagne Zemmour ne doit pas être comprise comme l’indication d’un tsunami électoral mais plutôt comme le marqueur d’une fraction politique de la population qui fait le choix de la repolitisation et de la mobilisation. Et cela n’est pas dérisoire.

Quel que soit le résultat des élections, il y a fort à parier que Reconquête ! (ses militants et ses cadres) constituera un renouveau vital pour la droite française et le centre de gravité d’une opposition de droite plus nécessaire que jamais. C’est la raison pour laquelle le soutien au seul candidat identitaire de cette campagne demeure crucial et que la mobilisation électorale pour le 10 avril prochain est un impératif pour tous les identitaires de France.

[1] https://www.bfmtv.com/politique/elections/presidentielle/ce-que-disaient-les-sondages-a-l-entame-de-la-derniere-semaine-de-campagne-lors-des-presidentielles-passees_AN-202204040255.html

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

[Entretien] Philippe de Villiers : « Cinq ans de plus avec Emmanuel Macron, c’est la fin de la France ! »

Philippe de Villiers

08/04/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Depuis des mois, il soutient sans relâche la candidature d’Éric Zemmour. Il ne s’était pas exprimé dans un média depuis des semaines. À quelques jours du premier tour, Philippe de Villiers a accordé un entretien-fleuve à Boulevard Voltaire : avec la verve et l’érudition qu’on lui connaît, il y est question d’Emmanuel Macron, « qui veut dissoudre la France dans l’Afrique et dans l’Europe » et qui est « d’une habileté féroce », et surtout d’Éric Zemmour qui, selon lui, « restera dans l’Histoire » parce qu’« il incarne une incroyable percée conceptuelle » et qu’il est « en acier trempé ». Le vote Zemmour est le vote « instinct de survie », le « vote vital » : avec lui Président, affirme-t-il, la France ne mourra pas.

Entretien mené par Gabrielle Cluzel et Marc Baudriller
Tournage et réalisation : Jean Bexon, Hervé Grandchamp


“Macron sera battu” – Entretien avec Jean-Marie Le Pen

Jean-Marie Le Pen

De la Russie, de l’Ukraine et des élections…
Jean-Marie Le Pen a reçu Présent au terme d’une journée passée à répondre à des journalistes, de presse ou de télévision. Mais il est dans une grande forme, prêt à commenter l’actualité.

— Quel est votre avis sur l’actuelle guerre en Ukraine ?

— La situation est assez dangereuse, car elle conduit les pays occidentaux à entrer en voie conflictuelle avec la Russie, qu’ils devraient au contraire considérer comme un allié et un membre de ce que j’appelle « le bloc boréal », constitué des pays de l’ouest de l’Europe et de la Russie – le plus grand pays du monde, avec seulement 144 millions d’habitants, hélas !

— Qui a intérêt à pousser au conflit ?

— Je pense que ce sont les Américains. Ils se méfient de la constitution possible d’une « entente boréale », justement. On ne les voit pas, mais on les sent très présents dans toutes les actions qui sont menées par les opposants à la Russie. L’incontinence verbale de Biden est très grave. La course au réarmement augmente les risques, dans une situation internationale déjà inquiétante.

— Le rôle que joue Biden n’est-il pas dangereux ?

— C’est un pitre !

— Pensez-vous que les médias, en France, donnent une information objective ?

— Non. En tous les cas les médias que je regarde, comme la plupart de mes compatriotes, qui sont les médias télévisuels, en particulier les chaînes d’information continue. Leur partialité est absolument éclatante. Il n’y a pas le moindre souci d’objectivité.

— Comment expliquez-vous que la guerre au Donbass (plus de 15 000 morts depuis 2014) n’ait jamais fait parler d’elle ?

— Jamais. C’est un exemple, parce que tout est présenté comme si la Russie avait décidé, il y a quelques semaines, de faire la guerre à l’Ukraine, alors qu’en fait cette guerre en Ukraine dure déjà depuis des années, et que les deux républiques de Lougansk et de Donetsk sont elles-mêmes attaquées. Je suis frappé par le fait, qui est étonnant du point de vue polémologique, que la Russie n’obtienne pas de succès plus décisifs. A mon avis, elle fait ce qu’il faut pour tuer le moins de civils possible, puisqu’elle considère – je crois que c’est vrai – que c’est une nation sœur. Le fait qu’on ne prenne pas la ville de Marioupol prouve dans l’action militaire une retenue qui n’est pas celle de leur faiblesse, mais celle de leur détermination de faire le moins de dégâts possible, ce qui n’est pas simple quand on fait la guerre.

— Vous souvenez-vous de la phrase de François Brigneau, qui précisait que s’il n’était pas anticommuniste depuis 1917, c’était parce qu’il était né en 1919 ? Avec un écart de dix ans, on peut dire la même chose de vous. Vous avez désormais une position vis-à-vis de la Russie que vous n’aviez pas vis-à-vis de l’URSS ?

— Bien sûr ! Mon opposition à la Russie soviétique, c’est qu’elle était soviétique. Mais je ne suis pas, et loin de là, un ennemi de la Russie, un russophobe. Je serais même plutôt russophile. En revanche, durant la guerre froide, j’avais une position atlantiste que je n’ai plus. Les équilibres ont changé. N’oublions pas non plus que nous sommes menacés par la déferlante démographique mondiale. C’est une folie que de risquer de pousser la Russie à se rapprocher de la Chine.

— Nous ne dépendrons plus du gaz russe, mais désormais du gaz américain. Qu’y gagnons-nous ?

— D’autant qu’il est loin, le gaz américain ! Il n’est pas encore extrait. Tout ça me paraît fallacieux. Je considère que les conséquences économiques qui sont liées à cette situation sont tout à fait anormales, et risquent d’être ruineuses pour nos pays européens. Ce qui est extraordinaire, c’est de voir l’unanimité des pays européens quand il s’agit de faire des sottises…

— Le sentiment antirusse n’envahit-il pas la France, actuellement ?

— Cela, c’est sous l’impulsion du lobby américain. La France a toujours été assez russophile. La logique devrait contribuer, j’y reviens, à la création du bloc boréal.

— Actuellement, on s’en éloigne…

— On s’en écarte. Mais ce n’est pas ressenti par le peuple français, je ne crois pas.

— Comment considérez-vous l’attitude du président Macron dans cette affaire ?

— Vous connaissez la formule « Ces faits nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs. » C’est le cas de Macron. Il fait semblant d’être un décideur, alors qu’en fait il est un suiveur.

— Le président Macron arrive au bout de son premier quinquennat. Quel en est à vos yeux le bilan ?

— C’est un bilan fort médiocre, compte tenu des atouts qui étaient les siens : une majorité solide, un pouvoir récent. Il n’a pas su en profiter.

Je crois qu’il va être battu. Il va y avoir un phénomène moins pro-Marine qu’anti-Macron. Certains voteront pour faire battre Macron. Marine a fait une campagne plus modérée, laissant à Zemmour le soin de rompre les lances et d’attirer sur lui les foudres de la diabolisation.

Personnellement, j’ai trouvé que le message de Zemmour était tout à fait acceptable, mais certainement sa forme a écarté de lui un certain nombre d’électeurs. Il n’a rien dit de très extraordinaire. Il faut dire qu’il n’a pas le gabarit présidentiel, même s’il a beaucoup progressé. Mais on va s’apercevoir que le fait de tenir des meetings fabuleux ne fait pas un courant politique. On peut avoir de la sympathie pour plusieurs candidats et avoir fait son choix de vote. Je peux avoir de la sympathie pour Zemmour et pour Marine Le Pen, mais moi je vote Marine Le Pen. Seulement, il faut surtout ne rien faire, ne rien dire contre Zemmour, qui soit de nature à créer une hostilité au deuxième tour, c’est l’évidence.

— Quels commentaires sur les événements en Corse ?

— Les indépendantistes, disent-ils, appartiennent à la Corse, mais la Corse n’appartient pas aux indépendantistes. Comme la Bretagne ou la Provence, elle appartient à la France. Il y aura toujours des gens pour s’appuyer sur les particularismes pour essayer de fonder une force centrifuge. Je n’ai pas d’inquiétude sur le loyalisme des Corses à l’égard de la France.

— Auriez-vous imaginé une dérive « sociétale », pour employer un mot à la mode, aussi importante (wokisme, cancel culture, PMA pour toutes, théorie du genre etc.) ?

— Tout cela reste très superficiel, et ne touche pas profondément le peuple français. Cela reste l’écume… Pour moi, c’est un phénomène artificiel et sans importance réelle sur l’évolution sociologique. Cela ne mord que sur la rive gauche – et encore, pas toute.

Propos recueillis par Anne Le Pape

Article paru dans Présent daté du 7 avril 2022

L’érosion du vote Macron s’accélère – Grave malaise à l’Élysée

Macron

Depuis plusieurs semaines, il se passe quelque chose du côté de la macronie, Quoi, exactement ? Une grosse fatigue du candidat ? Une lassitude des électeurs par rapport au « en même temps », à ces coups de barre à gauche et à droite qui ne satisfont personne et agacent tout le monde ? Un bilan du quinquennat dérisoire, voire catastrophique ? Les sondages comme les réactions de l’homme de la rue laissent deviner un puissant vote de rejet.

Il y a d’abord la malchance : dommage que l’affaire McKinsey tombe au moment décisif de la campagne électorale, dommage que notre pouvoir d’achat s’effondre, dommage que l’inflation soit annoncée à 4,4 %, soit le plus fort taux de ces 35 dernières années, dommage que la délinquance ne baisse pas et que l’immigration ne soit toujours pas maîtrisée, dommage que la gesticulation présidentielle n’ait pas évité l’agression de l’Ukraine, alors même que la France présidait le Conseil de l’Union européenne, dommage que l’on déterre ses « erreurs » dans l’affaire Alstom, et dans l’affaire Ghosn…

La chance est un facteur important dans la réussite d’un président, comme dans celle d’un chef d’entreprise. Macron n’en a pas manqué, en cinq ans, mais le voici prisonnier d’une spirale de l’échec. On l’a vu encore avec son rassemblement de La Défense, sa seule réunion électorale : une salle partiellement vide, ce qui reflète une motivation altérée de ses partisans. On l’a vu avec ses terribles lapsus, comme sa condamnation de la légitime défense et ses diatribes outrancières contre « l’extrême droite », contre le « nationalisme », alors même que le monde entier est invité à se mobiliser en faveur du nationalisme ukrainien.

Comme un avion qui se met en vrille, Macron est désormais trop près du sol, c’est-à-dire trop près de l’échéance de dimanche, pour réussir un atterrissage correct.

Un extraordinaire signal pour le second tour

Les premières alertes sont venues d’un Edouard Philippe, par exemple. Puis les sondages ont commencé à enregistrer ce qui n’était jusqu’alors qu’un sentiment diffus, celui d’un quinquennat pour rien, en tout cas pour rien de bien, rien de révolutionnaire au bon sens du terme. Au début du mois de mars, alors que s’ouvrait la campagne officielle, Macron flirtait avec les 30 % de voix au premier tour. Mais depuis lors il n’a cessé de baisser, et les derniers sondages (celui de Paris Match, par exemple) le placent à 27 %, tandis que Marine Le Pen est annoncée à 23 %. 4 points d’écart, ce n’est pas rien. En principe ces chiffres n’annoncent nullement une suprématie de la candidate du RN au soir du premier tour, ni la défaite de Macron le 24 avril. Mais une autre lecture de ces chiffres est possible : celle qui tient compte des dynamiques des deux candidats. Le vote Macron s’érode, les votes Le Pen et Mélenchon progressent. Si Macron recule encore de deux points, et si Marine Le Pen progresse symétriquement, les courbes s’inverseront. Une telle inversion constituerait un extraordinaire signal pour le second tour.

Bien entendu le réveil des abstentionnistes peut théoriquement remettre en cause ces sondages prometteurs. Mais ce que l’on sait déjà, c’est que l’abstentionnisme concerne tout particulièrement les classes d’âge les plus jeunes, et les catégories socio-professionnelles en difficulté. Autrement dit un abstentionnisme qui diminuerait le vote Le Pen, alors que les électeurs de Macron se trouvent dans les catégories les plus aisées, et chez les retraités, celles où l’on vote en rangs serrés. Les sondeurs ont tenu compte de cette sociologie électorale pour définir les scores des candidats. Une éventuelle augmentation – même marginale – des votants peut donc créer la surprise dans la surprise.

Tribune reprise de Présent

Comment le Système aseptise la campagne présidentielle, par Ivan Rioufol

Cette campagne présidentielle, aseptisée par le pouvoir, est une mascarade de plus dans un quinquennat de faux-semblants. La France, ouverte aux quatre vents, se libanise, s’endette, s’appauvrit. Mais ces désastres ne sont toujours pas débattus. A dix jours du premier tour, la France officielle continue de ronronner, avec les encouragements d’un président-candidat devenu expert en évitements. Alors qu’un choix de civilisation est à faire entre mondialistes et souverainistes, déracinés et enracinés, progressistes et populistes (ces mots différents désignant la même alternative), le Système se fait prioritairement l’écho du réchauffement climatique, du chèque énergie, de la ristourne pour les carburants, du sort des « mamans solos », des prothèses auditives, etc. Les violences urbaines récurrentes (à Sevran dernièrement) ne viennent pas troubler le somnambulisme ambiant.

Le thème du pouvoir d’achat sert de prétexte à une addition de mesures techniques et dépolitisées qui excluent toute réflexion sur une vision de la France de demain. Les mécanismes de la diversion et du déni sont si bien rodés que personne ne semble vouloir s’arrêter sur les maux dont souffre la nation. C’est ainsi que l’immigration de masse, qui devrait être un des enjeux de cette présidentielle, continue d’être reléguée parmi les sujets sulfureux. Les médias enferment dans l‘extrémisme, et donc la relégation, ceux qui assurent avec raison qu’il est minuit moins cinq.

Il faut lire l’entretien donné au Figaro, le 25 mars, par Pierre Brochand, ancien ambassadeur, ancien directeur général de la DGSE. Il explique : « Je tiens le type d’immigration que nous subissons depuis un demi-siècle pour un événement hors catégorie, sans précédent dans notre histoire. Et très honnêtement, j’avoue ne pas comprendre comment des esprits libres et éclairés peuvent encore sous-estimer sa gravité. » Et Brochand énumère les effets de cette immigration impensée : « Volume massif de flux, vocation de peuplement, absence de régulation politique et économique, majorité de civilisation extra-européenne et musulmane, esprit de revanche postcolonial, réticence à la mixité, préférence pour l’endogamie, cristallisation en diasporas, taux de fécondité supérieur à celui du peuple d’accueil et surtout – innovation inouïe – évolution non convergente au fil des générations ».

Au bout du compte, c’est la paix civile qui est menacée. Or il est stupéfiant d’observer l’empressement du Système en place, soutenu par la plupart des médias, à vouloir parler des plus petites choses pour éviter d’avoir à chasser l’éléphant du salon. Parce que Nicolas Dupont-Aignan estimait, mardi sur RTL, que les élections « étaient truquées de A à Z », il s’est fait traiter de « populiste » par la journaliste Alba Ventura. Ainsi fonctionne ce monde clos, qui sermonne avec les mêmes mots le malappris. Stop ou encore ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 30 mars 2022 et repris du blog d’Ivan Rioufol