Les préférences étrangères du président Macron

Macron préférences étrangères

Elu en 2017 pour gouverner, Macron continue à communiquer. Une confusion qui explique le long entretien au média en ligne Brut, suivi d’échanges avec des jeunes sur le compte Snapchat du même média. Parmi les sujets abordés : l’immigration et le multiculturalisme.
Macron en a profité pour affirmer clairement sa vision de la France de demain : une France de la préférence étrangère.

Les exemples les plus éloquents ? « Ce que je veux faire, c’est pouvoir remettre l’enseignement de l’arabe : l’une des langues les plus parlées par ces jeunesses dans leur famille, pour éviter que ce soit détourné par d’autres mais aussi pour reconnaître cette part. » L’arabe a quatre millions de locuteurs en France. Pour Macron, « on a en quelque sorte refoulé les langues étrangères de celles et ceux issus d’autres pays ou qui appartenaient à des diasporas, c’est vraiment un processus de refoulement ». Il a même insisté : « Quand vous connaissez l’arabe ou que votre famille parle l’arabe en France, c’est une chance pour la France. Cela a quelque chose à apporter pour notre pays, pour connaître la littérature, l’enseigner à d’autres, pour pouvoir voyager, commercer, rendre le pays plus fort. On apprend tous des langues étrangères. » Considérer que l’arabe est « une chance pour la France », alors que beaucoup des attentats perpétrés sur le sol français l’ont justement été par de jeunes musulmans, les fameuses « chances pour la France », vieille expression qui a amplement démontré sa fausseté, ressemble à une provocation.

Le président a par ailleurs encouragé « la population et les universitaires à constituer une liste de 300 à 500 noms de personnalités historiques noires ou arabes d’ici mars 2021 afin de rebaptiser des noms de rues ou dresser de nouvelles statues », donnant ainsi quitus aux revendications des minorités ethniques, indigénistes et racistes noires. Un comité scientifique, une vingtaine de personnes de la gauche culturelle, a été constitué, proposant les premiers noms : le premier musulman à avoir intégré Polytechnique, par exemple. Lino Ventura aussi, qui ne semblait pourtant ni Noir ni Arabe. La proposition est d’ailleurs raciste : Macron n’évoque pas les Asiatiques, pas plus les bouddhistes.

Selon Brut, l’entretien avec le chef de l’Etat aurait été suivi par plus de sept millions de jeunes, tandis que sa retransmission sur les chaînes d’information aurait rassemblé six millions de personnes. Il y aurait eu « 100 millions » d’interactions sur Snapchat (messages éphémères). C’est à relativiser car les jeunes zappent. Parmi tous ces gens, combien sont allés sur Brut et sur Snapchat juste pour voir, avant de passer à autre chose ? Par ailleurs, sauf les proches de Macron, tant parmi les politiques que les médias, personne n’a été convaincu par cette intervention, ni dans la manière ni dans les propos tenus. Vendredi dernier, c’est Macron le démagogue qui parlait aux « jeunes ».

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 7 décembre 2020