Pouvoir d’achat en berne, austérité promise par Macron… Qu’attendent donc les Français pour exprimer leur colère ?

macron pouvoir achat

Alors que la hausse des prix des carburants (qui avait suscité jadis la mobilisation des Gilets jaunes) atteint aujourd’hui des records, que notre pouvoir d’achat ne cesse de s’effondrer sous l’effet (entre autres) de l’explosion des cours des matières premières, et qu’un nombre toujours plus important de nos compatriotes, même en se serrant la ceinture, ne parviennent plus à boucler leurs fins de mois, le président-candidat Macron, manifestant une fois de plus son mépris pour nos concitoyens et son indifférence devant les souffrances du « petit peuple » de France, lui promet à présent, en cas de réélection, la mise en œuvre d’un énième programme d’austérité, incluant notamment l’élévation de l’âge minimum de départ à la retraite à 65 ans. Mais où sont donc passés les Gilets jaunes ? Doit-on croire ces sondages trafiqués qui affirment que plus de 33 % des électeurs sont prêts à voter dès le premier tour pour celui qui les a confinés pendant des mois et les a saignés à blanc ? Ou peut-on espérer voir enfin les Français descendre dans la rue pour faire entendre leur colère à quelques semaines d’une présidentielle qui tourne de plus en plus à l’élection Potemkine ?

Quand le litre d’essence frôle des 3 euros

Jeudi soir, les prix des carburants à la pompe avaient encore gagné quelques centimes supplémentaires partout en France, allant même jusqu’à frôler, dans certaines stations-service de la région parisienne, les trois euros le litre ! Selon le site internet carbu.com, au terme de cette énième journée consécutive de flambée des prix, le litre de gazole coûtait ainsi en moyenne, en France, 2,172 euros, celui de sans-plomb 95 quelque 2,070 euros, et celui de sans-plomb 98 pas moins de 2,155 euros. Ce qui représentait, en une semaine, une hausse respectivement de 30 centimes (+ 16 %), 18,6 centimes (+ 9,90 %) et 18,6 centimes (+ 9,40 %). De manière assez symbolique, le gazole était devenu plus cher que l’essence, situation que nous n’avions plus connue depuis 2019, lorsque notre pays était en pleine crise des Gilets jaunes. Et cependant, on chercherait en vain, aujourd’hui, des ronds-points occupés en France… Pourtant, quand les prix des carburants, du gaz, ou encore de l’électricité s’emballent, c’est l’Etat qui, grâce à une taxation record, est le tout premier à se gaver !

Bientôt, la retraite à 65 ans

Cette passivité, voire cette soumission populaire est d’autant plus consternante que, du côté de l’exécutif, on se moque ouvertement des plaintes justifiées des « Gaulois réfractaires », et l’on n’entend nullement renoncer aux politiques d’austérité qui frappent tous les domaines de notre pays, à l’exception bien sûr de l’immigration-invasion et de la « ré-Education nationale ». Témoin : l’une de ses toutes premières promesses de campagne qu’aura exposée le candidat Macron n’aura été autre que la fameuse réforme de retraites, mise sous le boisseau le temps de la crise de Covid, mais à laquelle les Français n’échapperont pas s’ils le réélisent. C’est ainsi que, invité jeudi sur RTL, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, a confirmé la ferme intention du président sortant de porter l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans. Une réforme qui, a-t-il précisé, sera « prioritaire », et dont la mise en œuvre s’échelonnera sur près de dix ans, avec quatre mois de cotisation supplémentaires pour chaque génération.

Macron veut éviter toute « arrogance »

Reste une autre raison, sans doute plus justifiée encore, d’infliger une bonne leçon à « Jupiter » et de l’expédier définitivement en avril prochain dans les poubelles de l’Histoire : son insupportable mégalomanie, qui l’a encore poussé mercredi soir, devant les parlementaires et les pontes de la Macronie réunis à Paris, à inciter ses soutiens à faire preuve, à l’égard de ses adversaires, de… « bienveillance ». En effet, bien que grisé par des sondages (pourtant souvent trompeurs) qui le donnent gagnant dans tous les cas de figure, et plein de lui-même en se voyant attribuer plus de 33 % des intentions de vote au premier tour, l’orgueilleux Macron entend éviter… « toute arrogance ». Comme si son quinquennat cauchemardesque, l’un des pires que nous ayons eus à subir depuis le début de la Ve, pouvait lui en donner la possibilité. Macron, comme il l’a encore affirmé mercredi, veut faire preuve d’« humilité » ? Alors efforçons-nous de lui apprendre le sens de cette vertu le 10 avril !

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 11 mars 2022

La guerre en Ukraine va coûter cher aux Français – Gaz, pétrole, métaux, agriculture…

agriculture

Si Vladimir Poutine se gausse autant du renforcement des sanctions contre la Russie annoncé jeudi par les Occidentaux, c’est d’abord, bien sûr, parce que le Kremlin a depuis longtemps déjà anticipé celles-ci, notamment en se tournant vers d’autres partenaires économiques. Mais aussi parce qu’il est parfaitement conscient qu’à ce petit jeu, les Européens ont en réalité davantage à perdre qu’à gagner. En effet, destinées surtout à cacher l’incroyable incapacité de l’UE, de l’OTAN et de l’ONU à s’opposer concrètement à l’expansionnisme de l’ogre moscovite, ces sanctions, non seulement auront leur pendant du côté russe, mais affecteront en outre gravement, par répercussion, les économies de tous les pays membres de l’UE. A commencer, hélas, par la nôtre.

Vers une nouvelle explosion des prix de l’énergie

Réaction russe significative : alors que le chancelier Scholz annonçait mardi la suspension de la mise en service du fameux gazoduc Nord Stream 2 reliant la Russie à l’Allemagne, l’ancien président russe Medvedev s’empressait de lui répondre avec ironie : « Bienvenue dans un monde nouveau, où les Européens vont bientôt payer 2 000 euros pour 1 000 m3 de gaz… » Rappelons en effet que la Russie, qui est le premier exportateur mondial de gaz, est également le premier fournisseur des pays européens. Aussi, avec la guerre en Ukraine, et une pénurie n’étant pas à exclure, une nouvelle flambée des prix du gaz est d’ores et déjà actée. Y compris en France, où le gaz russe ne représente pourtant que 17 % de nos importations (nos premiers fournisseurs étant la Norvège et l’Algérie). Et Barbara Pompili a eu beau assurer mercredi que la France disposait de stocks stratégiques suffisants, les prix ont déjà commencé à s’emballer, pénalisant ainsi lourdement nos entreprises. Une flambée des prix qui touche également le pétrole, dont la Russie, avec 10 % de la production mondiale, est le troisième plus gros pays exportateur. Mais aussi certains métaux tels que l’aluminium, dont le pays de Poutine est l’un des plus gros producteurs mondiaux.

L’agriculture française s’inquiète

Autre secteur de notre économie qui pourrait bien faire gravement les frais du conflit : celui de l’agriculture, où l’on s’inquiète moins des conséquences de la guerre sur les exportations directes vers la Russie (peu importantes et limitées à quelques secteurs) que de l’envolée des prix des matières premières agricoles. Une envolée qui a déjà commencé puisque, immédiatement après les premiers bombardements russes, les prix des céréales atteignaient déjà des niveaux record. Il faut en effet rappeler que, en envahissant comme il l’a fait l’Ukraine, Poutine a mis la main sur le « grenier à blé » de l’Europe. Si la France, elle-même exportatrice de blé, ne risque pas vraiment de rupture d’approvisionnement, la filière de l’élevage, en revanche, s’est dite « très inquiète », car le conflit aura inévitablement des répercussions sur la production agroalimentaire. Notamment en raison de l’explosion des prix des engrais, dont la Russie est parmi les plus grands exportateurs du monde.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 25 février 2022

Jérôme Fourquet sur le pouvoir d’achat, devenu très important, « car dans notre société désidéologisée, l’acte de consommation revêt une dimension statutaire plus forte qu’hier. Je suis ce que je consomme »

De l’écrasement du pouvoir d’achat, par Jean-Gilles Malliarakis

En 20 ans, le SMIC horaire brut, applicable à des semaines de 35 heures, soit 151 heures par mois est passé de 6,31 à 10,03 soit un multiplicateur de 1,58, nettement supérieur, quand même, à celui du point d’indice de la fonction publique. Car, de son côté, l’indice 100 des fonctionnaires représentait 5 623 euros valeur février 2017 contre 32 998 francs en 1998 soit 5 036 euros : un multiplicateur de 1,12. À l’inverse, on peut citer l’exemple du timbre-poste. Sous coût vient, lui, d’augmenter de 10 % soit pour une lettre prioritaire 1,05 euro contre 0,46 euro 20 ans plus tôt : le multiplicateur est un des plus élevé à 2,3. Pour un service déclinant.

Bien plus, la question lancinante du logement accapare entre 30 et 40 % du budget de nos compatriotes. Elle joue un rôle non négligeable dans les difficultés des jeunes ménages, dans la paupérisation des classes moyennes et dans les inquiétudes grandissantes du peuple français. Or, on l’occulte trop souvent, et l’INSEE la sous-estime[1] dans ses pondérations d’indice.

Ainsi, ce 7 janvier, en milieu de journée, le quotidien Le Monde pouvait titrer, sur ce que ses rédacteurs appellent la hausse inattendue des prix de l’immobilier[2]. À l’enquêtrice, Laurent Vimont, PDG de Century 21, est obligé d’en expliquer l’une des causes, la plus évidente : « l’appétit d’achat immobilier est toujours encouragé par le niveau très bas des taux d’intérêt, parfois même négatif, puisqu’au-dessous de l’inflation. »

De la sorte, le prêt à taux zéro, invention contre-nature se voulant sans doute sociale, se retourne contre l’objectif auquel il était censé répondre.

Les vraies données de ce que nous appelons inflation retracent l’érosion monétaire. Or, trop nombreux sont les analystes et les décideurs qui confondent cette donnée avec l’augmentation de la quantité de monnaie, cause véritable de la hausse des prix.

L’irrationnel, l’émotionnel et le ressenti risquent de fausser encore plus la désignation des responsabilités, et par conséquent d’empêcher le rétablissement du libre jeu de l’économie.

Étrangement, dans le procès fait trop sommairement aux institutions communautaires, certes bancales et critiquables, et par conséquent améliorables, de l’Union européenne, appellation elle-même bien grise, la politique de l’une d’entre elle semble échapper à ce dénigrement : celle de la banque centrale de Francfort.

C’est pourtant bien la ligne directrice de Trichet d’abord, de modération des salaires, combinée, à partir de la crise de 2008, aux choix de Mario Draghi qui ont abouti à la distorsion artificielle des prix.

Celle-ci s’est trouvée alourdie par le monstrueux tribut social, institutionnalisé par la réforme Juppé de 1996. Elle a écrasé le pouvoir d’achat disponible : le niveau de vie des Français moyens a été pris désormais en sandwich – entre d’une part les prix contraints et/ou administrés, avec un très gros pourcentage d’immobilier inflationniste, et les charges d’une part, – et des gains stagnants d’autre part. La très lente évolution, voire la chute, des rémunérations des classes moyennes, aussi bien celles des fonctionnaires modestes que celles des travailleurs indépendants, a engendré la réalité de la vie chère. L’euro, en lui-même ne constitue pas la cause centrale.

À cette erreur de conception s’ajoute un préjugé de plus en plus répandu depuis 20 ans. Interrogez par exemple autour de vous à propos du prix de la baguette de pain dite parisienne. Sans même se préoccuper de l’évolution de sa qualité et de son poids, combien coûtait-elle au moment du passage à la monnaie unique. Comme son prix ordinaire chez les boulangers de beaucoup de grandes villes tourne autour de 1 euro

On vous répondra bien souvent qu’elle valait un franc, ce qui se révèle doublement inexact. En fait, en 1998, au prix moyen que l’on qualifiera d’officiel, elle valait 4,05 francs soit 0,62 euro. Cette valeur est passée en moyenne[3] à 0,87 euro : un multiplicateur de 1,4.

L’impression générale demeure, à l’inverse des faits, que l’euro aurait détruit le bon équilibre naturel des prix, autrefois maintenu, pensent les bonnes gens, par une d’administration vigilante dont il conviendrait, affirment les pseudo-économistes de l’absurde, de rétablir l’intervention.

Un tel sentiment pervertit une large part de l’opinion publique jusque dans ses intentions de vote du printemps prochain, où on ne manquera pas d’entendre accuser « l’Europe » de porter les responsabilités de la vie chère. Pour les statisticiens, comme pour un certain nombre d’esprits faux, tel Giscard en son temps, mais aussi pour les fondateurs de l’euro à l’époque où Delors sévissait à la présidence de la Commission européenne, la monnaie ne peut être considéré que comme un instrument de mesure.

Et les conséquences de cette vision réductrice déteint sur la plupart des journalistes et commentateurs agréés. Quand les aveugles conduisent les paralytiques on risque fort de courir à la catastrophe.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

[1] Cet organisme, monopolistique dans son principe, créé en 1946, joue, à vrai dire, un rôle central dans la désinformation technocratique qui entoure le sujet.
[2] Cocassement le chapeau a évolué au fil des heures. Initialement, on pouvait lire que « le retournement attendu n’a pas eu lieu » pour devenir à 12 h 45 « contrairement aux prévisions, les prix continuent de grimper. » Ces imperceptibles nuances manipulatrices sont accompagnées d’une illustration renvoyant au 16e arrondissement de Paris, citadelle supposée de la bourgeoisie rentière. Pourtant, s’agissant de Paris, qui n’est pas la France les bobos spéculent, quant à eux sur des quartiers plus branchés devenus clairement plus chers.
[3] Pendant la même période, une grande quantité d’offres différenciées s’est développée, notamment dans les supermarchés, avec des variantes selon qu’il s’agit d’une baguette dite de tradition, appellation ne remontant en fait qu’au passage d’Alain Madelin, etc.

Entretien avec Alain de Benoist : « Cette droite qui veut défendre la nation, mais qui ne se soucie pas du peuple »

Source : Boulevard Voltaire

BV : François Hollande a récemment présenté son « plan de la dernière chance » pour lutter contre le chômage. Mais en son temps, François Mitterrand avait déjà dit qu’en ce domaine, « on a tout essayé ». Le chômage de masse serait-il une fatalité ?
AdB : Ce que François Hollande veut faire baisser, ce n’est pas le chômage, mais les chiffres du chômage. D’où son programme de formation des jeunes, qui vise avant tout à dégonfler les statistiques.
Pour le reste, alors que la politique libérale de l’offre ne marche manifestement pas et que, sans la dépense publique, la France serait déjà tombée dans la dépression, tout ce qu’il propose, ce sont les recettes libérales habituelles : cadeaux supplémentaires aux entreprises, réduction de l’investissement public, diminution de la protection sociale et des indemnités de chômage, etc. Comme l’écrit Dominique Jamet, « même dans leurs rêves les plus fous, M. Gattaz et le MEDEF, qui le demandaient depuis toujours, n’en espéraient pas tant ».

Le gouvernement n’a toujours pas compris que les entreprises n’embauchent que lorsqu’elles sont assurées de pouvoir vendre, et qu’elles ne vendent pas quand la politique d’austérité condamne le pouvoir d’achat à stagner ou à diminuer. « Travailler plus pour gagner plus », disait déjà Sarkozy, en oubliant que si on travaille plus, on augmente du même coup la quantité de l’offre de travail.
Or, comme en période de chômage la demande est inférieure à l’offre et n’augmente pas, la seule conséquence est l’effondrement du salaire. On reconnaît là l’influence d’Emmanuel Macron, que je considère comme le ministre le plus nocif et le plus dangereux de ce gouvernement – l’« expression politique de la domination bourgeoise », comme dit Patrick Buisson.

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Les hausses d’impôts font diminuer le pouvoir d’achat des Français

Les hausses d’impôts réduisent le pouvoir d’achat des Français

29/03/2013 – 10h00
PARIS (NOVOpress via Bulletin de réinformation) – Le ministre de l’Economie et des finances, Pierre Moscovici (photo), a lancé avant-hier la traditionnelle campagne d’impôt sur le revenu. Entendez : la campagne de déclarations des revenus par les contribuables. Or c’est ce jour‑là que l’INSEE a choisi pour publier les statistiques économiques de l’année 2012.

Une publication qui tombe mal pour le ministre des Finances…

L’INSEE constate en effet que le pouvoir d’achat des Français s’est détérioré, à cause des hausses d’impôts ! C’est tout d’abord la première fois depuis 1984 que le pouvoir d’achat des ménages recule : même pendant la crise, il avait continué à progresser. Or, en 2012, il a baissé de 0,4% — une baisse qui s’est révélée particulièrement forte en fin d’année.

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