Le pouvoir d’achat, tube politique de l’été

pouvoir achat

Le tube politique de l’été c’est le pouvoir d’achat ; à ne pas confondre avec le pouvoir d’Aïcha comme disait l’humoriste Smaïn, dans l’un de ses sketchs. Le pouvoir d’achat voilà la préoccupation majeure des Français depuis l’élection présidentielle. C’est du moins ce que nous disent en boucle les instituts de sondage, les médias et les politiques, trop contents d’évacuer les sujets qui fâchent, notamment l’insécurité, le grand remplacement, l’OTAN ou le grand déclassement français. Avec la guerre en Ukraine, le pouvoir d’achat a donc permis de formater les élections présidentielle et législatives dans le sens souhaité par le Système.
Une tribune signée Michel Geoffroy,.

Pouvoir d’achat : de qui se moque-t-on ?

Emmanuel Macron a fait campagne sans programme mais avec un chéquier : des problèmes ? Hop, voilà des millions ! Les autres candidats ont promis eux aussi de sortir leurs chéquiers.

Et voilà qu’un gouvernement sans majorité s’empresse de présenter un projet de loi sur le pouvoir d’achat qui contiendrait 20 Mds de mesures.

Mme Borne ne peut faire autrement , il est vrai : pour survivre politiquement il lui faut faire du consensuel. Alors elle promet une « indemnité carburant », une aide alimentaire, une augmentation des pensions, des fonctionnaires, des prestations sociales, un relèvement des bourses, une baisse des cotisations sociales des indépendants, la fin de la redevance de l’audiovisuel, de moindres hausses de loyer, une augmentation de la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat ….

Qui dit mieux ? Finalement le pouvoir d’achat c’est facile : il n’y a qu’à promettre. Le Bloc Populaire sera content.

Mais de qui se moque-t-on ? Des Français bien sûr.

Comment financer ces promesses ?

D’abord comment ces promesses et ces annonces sont-elles financées, en admettant qu’il ne s’agisse pas du simple recyclage de mesures déjà actées, une pratique habituelle des gouvernements, consistant à faire du neuf avec du vieux ?

Durant la campagne présidentielle, Eric Zemmour avait pourtant averti : méfiez-vous de ceux qui promettent de vous verser des chèques, car c’est votre argent en réalité qui les financera ! Car l’argent magique n’existe pas.

Nous y sommes.

Car s’il s’agit bien en effet de dépenses nouvelles pour le budget de l’État, les comptes sociaux ou les établissements publics, alors il faudra les financer soit en réduisant d’autres prestations, soit en augmentant les prélèvements publics. Comme la France est déjà le premier pays de l’OCDE pour le poids de l’impôt, les contribuables potentiels apprécieront.

Soit on financera en augmentant une nouvelle fois la dette publique qui atteint déjà 2900 Mds € -un détail bien sûr-ou par création monétaire, comme le fait si bien la BCE, puisque la valeur de l’euro est au plus bas depuis 20 ans.

En d’autres termes l’impôt, les taxes, la CSG ou l’inflation auront tôt fait d’effacer les effets mirifiques du projet de loi sur le pouvoir d’achat que nos parlementaires vont certainement voter avec entrain.

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Folies fiscalistes, par Jean-Gilles Malliarakis

piketty

On a commencé ce 18 juillet à l’Assemblée nationale un débat sur le projet de loi gouvernemental supposé compenser, par 20 milliards d’aides ciblées, les pertes de « pouvoir d’achat » résultant de la hausse des prix. Les travaux parlementaires seront une fois de plus perturbés par l’avalanche des quelque 1 100 amendements déposés en 48 heures.

Dans la pratique cependant, il est à peu près clair que personne n’ose envisager vraiment de remettre en cause ni la revalorisation à hauteur de 4 % des retraites et des minima sociaux ou celle de 3,5 % sur les aides au logement, quand les chiffrages officiels reconnaissent une dérive des prix d’au moins 5 %, ni même le triplement de la fameuse « prime Macron ». En revanche, un autre débat suivra, qui le conditionne, autour du budget rectificatif supposé « financer » toutes ces générosités compensatrices. Or, l’article 40 de la constitution interdit en principe, aux députés, toute proposition de dépense nouvelle qui ne serait pas couverte par une recette correspondante : sur ce principe, le gouvernement s’assoit en général allègrement puisque depuis quelque 50 ans aucune loi de finances n’est équilibrée en France.

Car dans le même temps, la coupure de la ristourne de 18 centimes sur le carburant en octobre, la fin du bouclier tarifaire à l’horizon 2023 illustrent le passage systématique à ce que le gouvernement évoque désormais comme des « aides ciblées » en réponse à la flambée des prix de l’énergie et la baisse du pouvoir d’achat.

Ceci veut dire que, sous prétexte de venir en aide à 8 millions d’habitants de l’Hexagone, on s’apprête une fois de plus à faire payer les classes moyennes, cet ensemble de catégories les plus diverses englobant les 2/3 des Français.

À cet égard Véronique Louwagie, députée de l’Orne, hélas peu connue du grand public, interrogée par Louis de La Houplière ce 13 juillet dans Valeurs Actuelles, répondait à la question fondamentale : « Bruno Le Maire a confirmé une politique d’aides ciblées à partir de janvier 2023, le gouvernement verserait alors une aide économique en fonction du revenu des ménages. Est-ce judicieux ? »

Face aux absurdités du pouvoir technocratique si bien représenté par Bruno Le Maire, – toujours si péremptoire – elle dénonce notamment le phénomène bien connu de l’impôt cumulatif sur l’impôt la TVA qui s’applique sur toutes les taxes parafiscales qui existent au niveau de l’électricité, du carburant et du gaz. Elle affirme par conséquent : « la seule réponse durable que nous proposons c’est d’aller vers des diminutions de taxes de manière générale ».

Une voix et un discours que l’on n’entend pas assez. Dans notre pays l’augmentation du pouvoir d’achat, qui suppose une augmentation de la productivité, passe d’abord par une réduction des prélèvements obligatoires. Et par conséquent une réduction des dépenses démagogiques.

On ne s’étonnera pas qu’opposé à cette doctrine de bon, faux-économiste « à la française », en tête des manipulateurs des statistiques se retrouve un Piketty. Dans un nouveau livre à la gloire de l’Égalité il répartit nos compatriotes en trois catégories : une moitié théorique des 50 % de « pauvres », une minorité de 10 % de « riches », les « classes moyennes » étant ramenées à 40 %. Un tel découpage, totalement arbitraire, ne repose sur rien, dans un pays par exemple, où 60 % des citoyens sont propriétaires de leur logement. Mais il a une fonction politique et psychologique : celle de justifier les hausses d’impôts, sachant que, depuis Hollande, 57 % des électeurs ne payent pas l’impôt sur le revenu mais sont supposés décider de son montant.

La réalité finale fait qu’en dehors même de cet impôt sur le revenu, tout le monde en France paye trop d’impôts, sous des formes diverses. La matière la plus imposée est finalement le travail, du fait de la sécurité sociale monopoliste dont le budget dépasse, depuis la réforme constitutionnelle Juppé-Chirac de 1996, celui de l’État.

Depuis 10 ans maintenant j’ai proposé qu’un débat se déroule effectivement, franchement et pourquoi pas courtoisement, entre le livre rouge de Piketty, qui se conclut par « place au débat », et s’intitule « pour une révolution fiscale ». Ma modeste réponse prit la forme d’un petit livre bleu « pour une libération fiscale ».

Je présumais, certes, que cet auteur à succès, enfermé dans les certitudes du sectarisme de gauche ne répondrait pas au modeste exercice de style d’un adversaire de droite.

Le glorieux Piketty a, depuis, publié un autre livre, pratiquant l’intimidation par le nombre de ses 970 pages, « le Capital au XXIe siècle » dont l’ambition est annoncée dans le titre lui-même… reprendre le « chef-d’œuvre », Das Kapital, que Marx lui-même a mis 30 ans à ne pas écrire et que son ami Engels achèvera artificiellement après sa mort

Son livre est tellement gros que, commercialisé à des dizaines de milliers d’exemplaires, aucun insomniaque ne peut prétendre l’avoir lu jusqu’au bout. Quelques économistes américains se sont employés courageusement à en relever toutes les impostures méthodiques, peine perdue.

Ses oracles continuent d’inspirer hélas dans notre pays les délires fiscalistes qui le ruinent.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Pouvoir d’achat : la grande arnaque ? – Par Jean-Yves Le Gallou

« Demain on rase gratis » : la vieille devise des politiciens de la IIIe et IVe République est redevenue d’actualité. Les deux derniers mois de la campagne présidentielle ont été consacrés au thème du pouvoir d’achat. Et l’une des premières lois du nouveau quinquennat va porter sur ce sujet.

Et l’argent, vous le trouvez où ?

On peut comprendre les préoccupations des Français dont les revenus du travail sont rongés par les prix de l’essence ou érodés par l’inflation. On sera moins indulgent pour les hommes politiques qui ont camouflé les réalités et pour les médias qui se sont méthodiquement gardés de poser la seule question sérieuse : et l’argent, vous le trouvez où ?

Avec une dette de 2900 milliards (115% du PIB) et un déficit annuel du commerce extérieur de 100 milliards, la question se pose effectivement : quand les Français produisent 100, ils dépensent 104. Qui peut croire que cela durera éternellement. ?

Oui, la question du pouvoir d’achat se pose mais encore faut-il s’interroger sur les déterminants de l’effondrement français.

Des charges croissantes pour les ménages provoquées par les politiques publiques

Regardons d’abord ce qui pèse sur les dépenses des ménages.

Il y a d’abord le prix de l’énergie : gaz, essence, électricité. Leur hausse ont des causes politiques : l’embargo sur le gaz russe d’un côté, les politiques de « transition énergétique » de l’autre, le sacrifice du nucléaire, le coût de l’éolien et du solaire, l’ouverture à la concurrence du marché européen de l’électricité. Vous voulez sanctionner les Russes et « sauver la planète » ? Bravo, vous êtes une belle âme, mais cessez de déplorer la hausse du prix à la pompe ou du coût du chauffage.

Il y a ensuite le prix des voitures – dont la possession reste indispensable pour tous ceux qui n’habitent pas en centre-ville – qui augmente fortement sous l’effet des règlementations, sécuritaires hier, climatiques aujourd’hui. Il faut bien payer les batteries fabriquées en Chine des voitures électriques…

Il y aussi le prix des logements : là aussi les règlementations (sécurité, énergie, accès handicapés) pèsent sur les coûts des constructions et des travaux.

Pour le logement, il y a une autre variable à prendre en compte, les conséquences mécaniques de l’immigration : des logements HLM aidés et des logements dont les prix baissent dans les quartiers de l’immigration qui s’étendent avec l’arrivée de 400 000 étrangers supplémentaires chaque année. Avec comme résultat la hausse des prix de l’immobilier dans les quartiers paisibles et où les enfants peuvent suivre « une scolarité plus sereine » comme dirait Pap Ndiaye.

Il y a aussi le coût de l’école qui n’est plus gratuite pour ceux qui veulent préserver leurs enfants de ses défaillances. Et qui se voient contraints de recourir aux écoles payantes, sous contrats (voire hors contrat), ou bien de choisir un logement cher pour s’adapter aux contraintes de la carte scolaire ou encore de payer des répétiteurs pour que les enfants apprennent à la maison ce que l’école enseigne de plus en plus mal.

N’oublions pas non les questions de sécurité : les salaires des 200 000 employés de la sécurité privée (près de 10 milliards, 85% d’hommes généralement issus de l’immigration) pèsent sur les charges d’exploitation des entreprises qui les répercutent sur leurs clients.

Les recettes du travail subissent la concurrence mondiale

Quant aux recettes du travail elles sont triplement pénalisées.

D’abord par le libre-échange mondial qui a mis en concurrence les salariés français avec les salariés du monde entier. D’où les délocalisations. D’où la désindustrialisation. D’où les poches de chômage. D’où les pressions à la baisse sur les salaires.

Ensuite par les « délocalisations à domicile », entendez l’immigration sans contrôle, régulière ou clandestine, tirant à la baisse les salaires de l’aide à la personne, de la restauration, du BTP, de la logistique. Et dire comme depuis un demi-siècle que les « immigrés font le travail que les Français ne veulent pas faire » mérite d’être doublement précisé :

– parmi ceux qui refuseraient les emplois, il y a bien des Français de souche mais aussi des étrangers et des français issus de l’immigration dont le taux de chômage est souvent trois fois supérieur au taux moyen ;
– en l’absence d’une main d’œuvre abondante et précaire venue d’ailleurs, les conditions de travail seraient améliorées et les salaires moins chiches : cela s’appelle la loi du marché…

Enfin le coût de l’État-providence augmente les charges des entreprises et diminue le salaire net versé aux travailleurs.

Or si on cumule salaire tiré à la baisse par la concurrence mondiale, poids des charges et des impôts pour financer la redistribution, coût des déplacements pour aller travailler, le revenu d’un travailleur pauvre n’est guère différent de celui d’un assisté. C’est évidemment un problème majeur.

Dommage que ces questions aient été littéralement évacués des débats électoraux.
Est-il possible qu’ils reviennent à l’Assemblée nationale à travers les groupes d’opposition, non pas la NUPES, ces pompiers incendiaires, mais LR ou le RN ?

Tribune reprise de Polémia

Pouvoir d’achat en berne, austérité promise par Macron… Qu’attendent donc les Français pour exprimer leur colère ?

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Alors que la hausse des prix des carburants (qui avait suscité jadis la mobilisation des Gilets jaunes) atteint aujourd’hui des records, que notre pouvoir d’achat ne cesse de s’effondrer sous l’effet (entre autres) de l’explosion des cours des matières premières, et qu’un nombre toujours plus important de nos compatriotes, même en se serrant la ceinture, ne parviennent plus à boucler leurs fins de mois, le président-candidat Macron, manifestant une fois de plus son mépris pour nos concitoyens et son indifférence devant les souffrances du « petit peuple » de France, lui promet à présent, en cas de réélection, la mise en œuvre d’un énième programme d’austérité, incluant notamment l’élévation de l’âge minimum de départ à la retraite à 65 ans. Mais où sont donc passés les Gilets jaunes ? Doit-on croire ces sondages trafiqués qui affirment que plus de 33 % des électeurs sont prêts à voter dès le premier tour pour celui qui les a confinés pendant des mois et les a saignés à blanc ? Ou peut-on espérer voir enfin les Français descendre dans la rue pour faire entendre leur colère à quelques semaines d’une présidentielle qui tourne de plus en plus à l’élection Potemkine ?

Quand le litre d’essence frôle des 3 euros

Jeudi soir, les prix des carburants à la pompe avaient encore gagné quelques centimes supplémentaires partout en France, allant même jusqu’à frôler, dans certaines stations-service de la région parisienne, les trois euros le litre ! Selon le site internet carbu.com, au terme de cette énième journée consécutive de flambée des prix, le litre de gazole coûtait ainsi en moyenne, en France, 2,172 euros, celui de sans-plomb 95 quelque 2,070 euros, et celui de sans-plomb 98 pas moins de 2,155 euros. Ce qui représentait, en une semaine, une hausse respectivement de 30 centimes (+ 16 %), 18,6 centimes (+ 9,90 %) et 18,6 centimes (+ 9,40 %). De manière assez symbolique, le gazole était devenu plus cher que l’essence, situation que nous n’avions plus connue depuis 2019, lorsque notre pays était en pleine crise des Gilets jaunes. Et cependant, on chercherait en vain, aujourd’hui, des ronds-points occupés en France… Pourtant, quand les prix des carburants, du gaz, ou encore de l’électricité s’emballent, c’est l’Etat qui, grâce à une taxation record, est le tout premier à se gaver !

Bientôt, la retraite à 65 ans

Cette passivité, voire cette soumission populaire est d’autant plus consternante que, du côté de l’exécutif, on se moque ouvertement des plaintes justifiées des « Gaulois réfractaires », et l’on n’entend nullement renoncer aux politiques d’austérité qui frappent tous les domaines de notre pays, à l’exception bien sûr de l’immigration-invasion et de la « ré-Education nationale ». Témoin : l’une de ses toutes premières promesses de campagne qu’aura exposée le candidat Macron n’aura été autre que la fameuse réforme de retraites, mise sous le boisseau le temps de la crise de Covid, mais à laquelle les Français n’échapperont pas s’ils le réélisent. C’est ainsi que, invité jeudi sur RTL, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, a confirmé la ferme intention du président sortant de porter l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans. Une réforme qui, a-t-il précisé, sera « prioritaire », et dont la mise en œuvre s’échelonnera sur près de dix ans, avec quatre mois de cotisation supplémentaires pour chaque génération.

Macron veut éviter toute « arrogance »

Reste une autre raison, sans doute plus justifiée encore, d’infliger une bonne leçon à « Jupiter » et de l’expédier définitivement en avril prochain dans les poubelles de l’Histoire : son insupportable mégalomanie, qui l’a encore poussé mercredi soir, devant les parlementaires et les pontes de la Macronie réunis à Paris, à inciter ses soutiens à faire preuve, à l’égard de ses adversaires, de… « bienveillance ». En effet, bien que grisé par des sondages (pourtant souvent trompeurs) qui le donnent gagnant dans tous les cas de figure, et plein de lui-même en se voyant attribuer plus de 33 % des intentions de vote au premier tour, l’orgueilleux Macron entend éviter… « toute arrogance ». Comme si son quinquennat cauchemardesque, l’un des pires que nous ayons eus à subir depuis le début de la Ve, pouvait lui en donner la possibilité. Macron, comme il l’a encore affirmé mercredi, veut faire preuve d’« humilité » ? Alors efforçons-nous de lui apprendre le sens de cette vertu le 10 avril !

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 11 mars 2022

La guerre en Ukraine va coûter cher aux Français – Gaz, pétrole, métaux, agriculture…

agriculture

Si Vladimir Poutine se gausse autant du renforcement des sanctions contre la Russie annoncé jeudi par les Occidentaux, c’est d’abord, bien sûr, parce que le Kremlin a depuis longtemps déjà anticipé celles-ci, notamment en se tournant vers d’autres partenaires économiques. Mais aussi parce qu’il est parfaitement conscient qu’à ce petit jeu, les Européens ont en réalité davantage à perdre qu’à gagner. En effet, destinées surtout à cacher l’incroyable incapacité de l’UE, de l’OTAN et de l’ONU à s’opposer concrètement à l’expansionnisme de l’ogre moscovite, ces sanctions, non seulement auront leur pendant du côté russe, mais affecteront en outre gravement, par répercussion, les économies de tous les pays membres de l’UE. A commencer, hélas, par la nôtre.

Vers une nouvelle explosion des prix de l’énergie

Réaction russe significative : alors que le chancelier Scholz annonçait mardi la suspension de la mise en service du fameux gazoduc Nord Stream 2 reliant la Russie à l’Allemagne, l’ancien président russe Medvedev s’empressait de lui répondre avec ironie : « Bienvenue dans un monde nouveau, où les Européens vont bientôt payer 2 000 euros pour 1 000 m3 de gaz… » Rappelons en effet que la Russie, qui est le premier exportateur mondial de gaz, est également le premier fournisseur des pays européens. Aussi, avec la guerre en Ukraine, et une pénurie n’étant pas à exclure, une nouvelle flambée des prix du gaz est d’ores et déjà actée. Y compris en France, où le gaz russe ne représente pourtant que 17 % de nos importations (nos premiers fournisseurs étant la Norvège et l’Algérie). Et Barbara Pompili a eu beau assurer mercredi que la France disposait de stocks stratégiques suffisants, les prix ont déjà commencé à s’emballer, pénalisant ainsi lourdement nos entreprises. Une flambée des prix qui touche également le pétrole, dont la Russie, avec 10 % de la production mondiale, est le troisième plus gros pays exportateur. Mais aussi certains métaux tels que l’aluminium, dont le pays de Poutine est l’un des plus gros producteurs mondiaux.

L’agriculture française s’inquiète

Autre secteur de notre économie qui pourrait bien faire gravement les frais du conflit : celui de l’agriculture, où l’on s’inquiète moins des conséquences de la guerre sur les exportations directes vers la Russie (peu importantes et limitées à quelques secteurs) que de l’envolée des prix des matières premières agricoles. Une envolée qui a déjà commencé puisque, immédiatement après les premiers bombardements russes, les prix des céréales atteignaient déjà des niveaux record. Il faut en effet rappeler que, en envahissant comme il l’a fait l’Ukraine, Poutine a mis la main sur le « grenier à blé » de l’Europe. Si la France, elle-même exportatrice de blé, ne risque pas vraiment de rupture d’approvisionnement, la filière de l’élevage, en revanche, s’est dite « très inquiète », car le conflit aura inévitablement des répercussions sur la production agroalimentaire. Notamment en raison de l’explosion des prix des engrais, dont la Russie est parmi les plus grands exportateurs du monde.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 25 février 2022

Jérôme Fourquet sur le pouvoir d’achat, devenu très important, « car dans notre société désidéologisée, l’acte de consommation revêt une dimension statutaire plus forte qu’hier. Je suis ce que je consomme »

De l’écrasement du pouvoir d’achat, par Jean-Gilles Malliarakis

En 20 ans, le SMIC horaire brut, applicable à des semaines de 35 heures, soit 151 heures par mois est passé de 6,31 à 10,03 soit un multiplicateur de 1,58, nettement supérieur, quand même, à celui du point d’indice de la fonction publique. Car, de son côté, l’indice 100 des fonctionnaires représentait 5 623 euros valeur février 2017 contre 32 998 francs en 1998 soit 5 036 euros : un multiplicateur de 1,12. À l’inverse, on peut citer l’exemple du timbre-poste. Sous coût vient, lui, d’augmenter de 10 % soit pour une lettre prioritaire 1,05 euro contre 0,46 euro 20 ans plus tôt : le multiplicateur est un des plus élevé à 2,3. Pour un service déclinant.

Bien plus, la question lancinante du logement accapare entre 30 et 40 % du budget de nos compatriotes. Elle joue un rôle non négligeable dans les difficultés des jeunes ménages, dans la paupérisation des classes moyennes et dans les inquiétudes grandissantes du peuple français. Or, on l’occulte trop souvent, et l’INSEE la sous-estime[1] dans ses pondérations d’indice.

Ainsi, ce 7 janvier, en milieu de journée, le quotidien Le Monde pouvait titrer, sur ce que ses rédacteurs appellent la hausse inattendue des prix de l’immobilier[2]. À l’enquêtrice, Laurent Vimont, PDG de Century 21, est obligé d’en expliquer l’une des causes, la plus évidente : « l’appétit d’achat immobilier est toujours encouragé par le niveau très bas des taux d’intérêt, parfois même négatif, puisqu’au-dessous de l’inflation. »

De la sorte, le prêt à taux zéro, invention contre-nature se voulant sans doute sociale, se retourne contre l’objectif auquel il était censé répondre.

Les vraies données de ce que nous appelons inflation retracent l’érosion monétaire. Or, trop nombreux sont les analystes et les décideurs qui confondent cette donnée avec l’augmentation de la quantité de monnaie, cause véritable de la hausse des prix.

L’irrationnel, l’émotionnel et le ressenti risquent de fausser encore plus la désignation des responsabilités, et par conséquent d’empêcher le rétablissement du libre jeu de l’économie.

Étrangement, dans le procès fait trop sommairement aux institutions communautaires, certes bancales et critiquables, et par conséquent améliorables, de l’Union européenne, appellation elle-même bien grise, la politique de l’une d’entre elle semble échapper à ce dénigrement : celle de la banque centrale de Francfort.

C’est pourtant bien la ligne directrice de Trichet d’abord, de modération des salaires, combinée, à partir de la crise de 2008, aux choix de Mario Draghi qui ont abouti à la distorsion artificielle des prix.

Celle-ci s’est trouvée alourdie par le monstrueux tribut social, institutionnalisé par la réforme Juppé de 1996. Elle a écrasé le pouvoir d’achat disponible : le niveau de vie des Français moyens a été pris désormais en sandwich – entre d’une part les prix contraints et/ou administrés, avec un très gros pourcentage d’immobilier inflationniste, et les charges d’une part, – et des gains stagnants d’autre part. La très lente évolution, voire la chute, des rémunérations des classes moyennes, aussi bien celles des fonctionnaires modestes que celles des travailleurs indépendants, a engendré la réalité de la vie chère. L’euro, en lui-même ne constitue pas la cause centrale.

À cette erreur de conception s’ajoute un préjugé de plus en plus répandu depuis 20 ans. Interrogez par exemple autour de vous à propos du prix de la baguette de pain dite parisienne. Sans même se préoccuper de l’évolution de sa qualité et de son poids, combien coûtait-elle au moment du passage à la monnaie unique. Comme son prix ordinaire chez les boulangers de beaucoup de grandes villes tourne autour de 1 euro

On vous répondra bien souvent qu’elle valait un franc, ce qui se révèle doublement inexact. En fait, en 1998, au prix moyen que l’on qualifiera d’officiel, elle valait 4,05 francs soit 0,62 euro. Cette valeur est passée en moyenne[3] à 0,87 euro : un multiplicateur de 1,4.

L’impression générale demeure, à l’inverse des faits, que l’euro aurait détruit le bon équilibre naturel des prix, autrefois maintenu, pensent les bonnes gens, par une d’administration vigilante dont il conviendrait, affirment les pseudo-économistes de l’absurde, de rétablir l’intervention.

Un tel sentiment pervertit une large part de l’opinion publique jusque dans ses intentions de vote du printemps prochain, où on ne manquera pas d’entendre accuser « l’Europe » de porter les responsabilités de la vie chère. Pour les statisticiens, comme pour un certain nombre d’esprits faux, tel Giscard en son temps, mais aussi pour les fondateurs de l’euro à l’époque où Delors sévissait à la présidence de la Commission européenne, la monnaie ne peut être considéré que comme un instrument de mesure.

Et les conséquences de cette vision réductrice déteint sur la plupart des journalistes et commentateurs agréés. Quand les aveugles conduisent les paralytiques on risque fort de courir à la catastrophe.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

[1] Cet organisme, monopolistique dans son principe, créé en 1946, joue, à vrai dire, un rôle central dans la désinformation technocratique qui entoure le sujet.
[2] Cocassement le chapeau a évolué au fil des heures. Initialement, on pouvait lire que « le retournement attendu n’a pas eu lieu » pour devenir à 12 h 45 « contrairement aux prévisions, les prix continuent de grimper. » Ces imperceptibles nuances manipulatrices sont accompagnées d’une illustration renvoyant au 16e arrondissement de Paris, citadelle supposée de la bourgeoisie rentière. Pourtant, s’agissant de Paris, qui n’est pas la France les bobos spéculent, quant à eux sur des quartiers plus branchés devenus clairement plus chers.
[3] Pendant la même période, une grande quantité d’offres différenciées s’est développée, notamment dans les supermarchés, avec des variantes selon qu’il s’agit d’une baguette dite de tradition, appellation ne remontant en fait qu’au passage d’Alain Madelin, etc.

Entretien avec Alain de Benoist : « Cette droite qui veut défendre la nation, mais qui ne se soucie pas du peuple »

Source : Boulevard Voltaire

BV : François Hollande a récemment présenté son « plan de la dernière chance » pour lutter contre le chômage. Mais en son temps, François Mitterrand avait déjà dit qu’en ce domaine, « on a tout essayé ». Le chômage de masse serait-il une fatalité ?
AdB : Ce que François Hollande veut faire baisser, ce n’est pas le chômage, mais les chiffres du chômage. D’où son programme de formation des jeunes, qui vise avant tout à dégonfler les statistiques.
Pour le reste, alors que la politique libérale de l’offre ne marche manifestement pas et que, sans la dépense publique, la France serait déjà tombée dans la dépression, tout ce qu’il propose, ce sont les recettes libérales habituelles : cadeaux supplémentaires aux entreprises, réduction de l’investissement public, diminution de la protection sociale et des indemnités de chômage, etc. Comme l’écrit Dominique Jamet, « même dans leurs rêves les plus fous, M. Gattaz et le MEDEF, qui le demandaient depuis toujours, n’en espéraient pas tant ».

Le gouvernement n’a toujours pas compris que les entreprises n’embauchent que lorsqu’elles sont assurées de pouvoir vendre, et qu’elles ne vendent pas quand la politique d’austérité condamne le pouvoir d’achat à stagner ou à diminuer. « Travailler plus pour gagner plus », disait déjà Sarkozy, en oubliant que si on travaille plus, on augmente du même coup la quantité de l’offre de travail.
Or, comme en période de chômage la demande est inférieure à l’offre et n’augmente pas, la seule conséquence est l’effondrement du salaire. On reconnaît là l’influence d’Emmanuel Macron, que je considère comme le ministre le plus nocif et le plus dangereux de ce gouvernement – l’« expression politique de la domination bourgeoise », comme dit Patrick Buisson.

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Les hausses d’impôts font diminuer le pouvoir d’achat des Français

Les hausses d’impôts réduisent le pouvoir d’achat des Français

29/03/2013 – 10h00
PARIS (NOVOpress via Bulletin de réinformation) – Le ministre de l’Economie et des finances, Pierre Moscovici (photo), a lancé avant-hier la traditionnelle campagne d’impôt sur le revenu. Entendez : la campagne de déclarations des revenus par les contribuables. Or c’est ce jour‑là que l’INSEE a choisi pour publier les statistiques économiques de l’année 2012.

Une publication qui tombe mal pour le ministre des Finances…

L’INSEE constate en effet que le pouvoir d’achat des Français s’est détérioré, à cause des hausses d’impôts ! C’est tout d’abord la première fois depuis 1984 que le pouvoir d’achat des ménages recule : même pendant la crise, il avait continué à progresser. Or, en 2012, il a baissé de 0,4% — une baisse qui s’est révélée particulièrement forte en fin d’année.

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