Crise ukrainienne : entretien exclusif avec Andriy Voloshyn, chef adjoint des relations internationales pour Svoboda

Crise ukrainienne : entretien exclusif avec Andriy Voloshyn, chef adjoint des relations internationales pour Svoboda

06/02/2014 -11h30
KIEV (NOVOpress) –
Alors que les médias occidentaux soutiennent ouvertement les opposants ukrainiens, depuis quelques temps ils manifestent une certaine gêne quant à la présence plus active des militants “nationalistes” de Svoboda parmi les manifestants. Se fixant une mission de réinformation, Novopress a rencontré Andriy Voloshyn, chef adjoint des relations internationales pour Svoboda. Entretien traduit de l’anglais.


Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre mouvement ?

Andriy Voloshyn, chef adjoint des relations internationales pour Svoboda
Andriy Voloshyn, chef adjoint des relations internationales pour Svoboda

Premièrement merci beaucoup pour l’attention que vous portez à l’Ukraine.

Je suis un des responsables des relations extérieures pour le parti Svoboda – L’Union de tous les Ukrainiens fondé en 1991. Lors des élections de 2012, ce parti a rassemblé 10,44% des suffrages et gagné 37 sièges.

Vous pouvez en savoir plus sur notre histoire, notre programme politique et notre actualité sur la page en anglais de notre site : http://en.svoboda.org.ua

Svoboda est le seul parti qui a réussi a remporté un succès à la fois national et local. Pour être bref, je dirais que nous avons toutes les chances d’arriver au pouvoir durant les prochaines années.

Je suis par ailleurs membre du Club traditionaliste ukrainien qui a été créé à Kiev durant l’été 2009. Il s’agit d’une organisation métapolitique de la Nouvelle Droite.

Nos objectifs principaux sont :

1) L’étude la recherche et l’analyse des traditions ukrainiennes et des traditions d’autres nations.
2) L’étude la recherche et l’analyse de l’impact des traditions dans les sociétés modernes.
3) L’étude de l’héritage occidentale et slave et plus particulièrement les héritages qui ont été oubliés.
4) Participer au dialogue interculturel en fournissant des informations non-biaisée sur l’Ukraine
5) La création et la consolidation d’une nouvelle élite ukrainienne (politique, culturelle, économique et scientifique) qui a une vision du monde traditionaliste.

Depuis 2009, le club a organisé beaucoup d’événements, actuellement nous nous concentrons plus sur la géopolitique et devenons progressivement un think tank.

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Gérard Depardieu : « Que Dieu bénisse l’âme de Vladimir Poutine »

Gérard Depardieu : « Que Dieu bénisse l’âme de Vladimir Poutine »

02/07/2013 – 08h00
MOSCOU (NOVOpress) – Dans le cadre du festival de film de Moscou, Gérard Depardieu a de nouveau fait l’éloge de Vladimir Poutine : « Je suis très fier d’être ici. J’ai sauté sur l’occasion pour accepter ce passeport. On ne peut pas changer de nationalité, mais on peut choisir un Etat, une vie, une liberté et une démocratie comme je l’entends », a déclaré l’inoubliable interprète de « Cyrano de Bergerac » en présentant le film de clôture « Raspoutine », dont il joue le rôle-titre.

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Vladimir Poutine réhabilite les héros du travail

Vladimir Poutine réhabilite les héros du travail

03/05/2013 – 10h00
MOSCOU (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) – Pour la première fois depuis la chute de l’Union Soviétique, cinq citoyens russes, dont un mineur de Sibérie, se sont vus attribuer le titre de héros du travail. Cette récompense (ci-dessus) en vigueur sous le régime communiste était attribuée aux ouvriers les plus méritants.

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Russie : le Kremlin veut réglementer l’usage de Twitter dans les institutions publiques

Russie : le Kremlin veut réglementer l'usage de Twitter dans les institutions publiques

08/11/12 – 17h00
MOSCOU (NOVOpress)
– Le Kremlin a décidé de préparer un décret visant à limiter l’usage du service de micro-blogging Twitter aujourd’hui extrêmement à la mode, notamment dans le domaine politique.

Pour expliciter cette volonté, le Kremlin affirme que l’usage intensif de Twitter dérange et détourne le travail des employés de l’administration ainsi que du personnel politique. Cette tendance a été notamment illustrée par deux gouverneurs régionaux, Nikita Belikhet Sergey Prokhodkho, surpris en train de lancer des messages Twitter au beau milieu d’une conférence d’Etat.

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“La nouvelle grande Russie. De l’effondrement de l’URSS au retour de Vladimir Poutine” – De Xavier Moreau

“La nouvelle grande Russie. De l’effondrement de l’URSS au retour de Vladimir Poutine” – De Xavier Moreau

Philippe Conrad présente “La nouvelle grande Russie. De l’effondrement de l’URSS au retour de Vladimir Poutine”, de Xavier Moreau (Ellipses, 2012).

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ONG politiques en Russie à financement étranger, la loi est signée : “agents de l’étranger”

Poutine : ONG politiques en Russie à financement étranger, la loi est signée

25/07/2012 – 18h50
MOSCOU (NOVOpress) –
Le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine a signé samedi la loi qui donne aux organisations non gouvernementales qui ont des activités politiques en Russie et ont un financement étranger, le statut d’“agent de l’étranger”.

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L’affaire Litvinenko – Medias mensonges ? Par Alexandre Latsa

L’affaire Litvinenko - Medias mensonges ? Par Alexandre Latsa

Le 23 novembre 2006, un “ancien agent des services secrets russes” décède à Londres. Ce décès a agité le monde médiatique pendant des années.Alexandre Litvinenko, ex-lieutenant colonel du FSB (le service de contre-espionnage de Russie) était né le 4 décembre 1962. Il fut un temps chargé de la lutte contre la mafia en Russie, puis il a quitté la Russie après avoir affirmé en 1998 lors d’une conférence de presse qu’il aurait reçu l’ordre d’assassiner le milliardaire russe Boris Berezovksi. Boris Berezovsky n’est pas un inconnu en Russie. Cet homme d’affaires et politique russe est l’un des oligarques les plus célèbres, puisque via ses entrées dans le cercle de l’ancien président russe Boris Eltsine, BAB (Boris Abramovitch Berezovsky) était devenu l’un des premiers milliardaires de la Russie post communiste. C’est lui qui avait contribué politiquement au lancement de la carrière politique de Vladimir Poutine. Pourtant le nouveau président russe ne tarde pas à faire enquêter sur les affaires de Boris Berezovskyen Russie, notamment sa participation à la privatisation de la compagnie aérienne russe Aeroflot. Poursuivi pour fraude et évasion fiscale par le Parquet russe, il s’exile à Londres en octobre 2001.

Presque au même moment (octobre 2001) Alexandre Litvinenko s’envole lui aussi pour la Grande Bretagne (via la Turquie) ou il obtient également l’asile politique, grâce à l’aide logistique d’un homme d’affaire russe du nom d’Alex Goldfrap, proche de Berezovsky. Litvinenko se met à écrire notamment pour le site séparatiste ChechenPress mais soutient également Boris Berezovsky dans ses offensives médiatiques contre le nouveau régime russe de Vladimir Poutine. En 2006, Alexandre Litvinenko devient citoyen Britannique. Son hospitalisation, puis sa mort fin 2006, fera grand bruit. Non seulement l’homme a été empoisonné au Polonium 210 (une substance radioactive), mais cet empoisonnement survient après qu’il ait accusé le FSB d’être a l’origine des attentats de 1999 pour justifier l’intervention en Tchétchénie.

La mort de Litvinenko a entrainé une campagne médiatique sans précédent contre le régime de Vladimir Poutine. Une image est restée : cette photo d’Alexandre Litvinenko sur son lit d’hôpital a fait le tour du monde et elle a choqué les opinions occidentales. L’offensive médiatique a également mis en valeur le fait que cet assassinat d’un ex-agent des services secrets russes avait des relents de guerre froide, ce qui démontrait l’offensive de la dangereuse et nouvelle Russie de Vladimir Poutine. Tout aussi rapidement, un accusé est désigné: Alexandre Lougovoi. Celui-ci a rapidement réfuté les accusations qui le visaient, mais pourtant, quand il a été candidat à la députation en 2007 pour le parti nationaliste LDPR, la presse occidentale a crié à la provocation. Enfin cette affaire a aussi permis à nombre de personnalités russes en exil de mettre en valeur médiatiquement leur statut de “réfugiés résistants” face au nouveau pouvoir russe.

Voilà pour la version officielle médiatisée.

Mais curieusement, le mainstream médiatique, surtout en Angleterre, a manqué d’enthousiasme pour révéler et analyser certains développements (notamment récents) de cette affaire. Il y a de nouveaux témoignages, de nouveaux faits qui font douter de la version officielle. Par exemple, le fait que Litvinenko était depuis 1994 un proche de Berezovski, pour lequel il travaillait de façon officieuse, bien que cela soit illégal et incompatible avec ses fonctions officielles à cette époque.

Ou encore sur les liens d’Alex Goldfarb, spécialiste en physique nucléaire, ancien employé de Georges Soros, puis depuis 2001 directeur d’une ONG, basée a New-York, financée par Boris Berezovsi et qui s’est fortement impliqué dans le soutien aux ONGs dans les pays Baltes ou encore aux révolutions de couleur, notamment en Ukraine en 2004. Cette association a en outre également financé l’obtention de l’asile politique du leader indépendantiste Tchétchène Akhmed Zakayev.

Au-delà de la version médiatisée de cette affaire, en Russie et en Angleterre, les investigations continuent, pour découvrir la vérité. Récemment (24 avril 2012) le député Alexandre Lougovoi a passé des tests au détecteur de mensonges via une société anglaise qui en a tiré comme conclusion sa non culpabilité dans l’affaire de l’empoisonnement d’Alexandre Litvinenko (voir ici). Celui-ci suspecte désormais ouvertement l’ONG suscitée de permettre moyennant finances l’obtention du statut de refugié politique en Angleterre. Curieusement l’annonce de cette non culpabilité évidente d’Alexandre Lougovoi a été totalement exclue du Main-Stream britannique.

Récemment un nouveau témoin est apparu dans l’histoire avec d’intéressantes révélations. Nikita Chekulin, l’ancien directeur dans les années 2000 de l’institut de recherche pour l’utilisation et la conversion des matériaux explosifs (Росконверсвзрывцентр). Mis à l’écart car son institut fut suspecté de vente illicite d’explosifs, Nikita Chekulin fut providentiellement contacté à cette époque par Boris Berezovski qui lui permit d’obtenir le statut de refugié politique en Angleterre. En échange de quoi il lui fut demandé de parler à une conférence organisée à Londres devant divers médias, conférence durant laquelle fut notamment annoncé, via l’aide du spécialiste russe en explosifs Nikita Chekulin, que les attentats de 1999 avaient été organisés par le FSB. Celui-ci accepta, pour affirmer plus tard que le texte de sa déclaration avait été rédigé par … Alex Goldfrap.

La veuve d’Alexandre Litvinenko a fait une prestation très surprenante dans le Talk-Show de Charlie Rose, affirmant que son mari n’avait non seulement jamais été un espion russe mais qu’il travaillait pour les services secrets britanniques. Cela car Boris Berezovski aurait à une époque cessé de le financer et qu’Alexandre Litvinenko se serait retrouvé sans revenus, trahi par celui en qui il croyait le plus. Pourquoi les medias occidentaux n’ont jamais cessé de définir Alexandre Litvinenko comme un espion russe?

Le père d’Alexandre Litvinenko lui aussi est revenu sur ses premières déclarations. Apprenant que son fils avait travaillé pour les services secrets anglais, il affirme désormais que celui-ci était un traitre et que s’il l’avait su, il n’aurait jamais accusé Vladimir Poutine. Veillant son fils le jour de sa mort, il affirme également qu’aucune lettre posthume n’était dans sa chambre d’hôpital et que la fameuse lettre “J’accuse Poutine” de son fils était un faux, probablement écrit par Boris Berezovski ou Alex Goldfrap.

Nikita Chekulin tout comme le père d’Alexandre Litvinenko semblent du reste sérieusement suspecter les opposants russes en exil d’être liés a la mort d’Alexandre Litvinenko. Pourquoi? Peut être parce que celui-ci avait organisé la visite d’un mystérieux Kazakh qui aurait soit disant menacé la vie de Berezovski en Angleterre, lui permettant ainsi d’obtenir son statut de refugié politique. Lorsque Boris Berezovski cessa de le financer, Alexandre Litvinenko s’apprêtait à rentrer a Moscou, pouvant à tout moment révéler tous ces secrets.

Enfin on à beaucoup parlé récemment de manipulations d’images et de créations d’émotions. Cette photo d’Alexandre Litvinenko sur son lit de mort et sans cheveux avait fait le tour du monde et marqué pour longtemps les opinions occidentales.

Pourtant d’après le père d’Alexandre Litvinenko, l’entourage de son fils lui a volontairement rasé les cheveux sur son lit de mort pour que la photo soit plus choquante. Qui croire ? Une chose est certaine, l’affaire Litvinenko n’a sans doute pas fini de livrer de nouvelles révélations…

Alexandre Latsa

[box class=”info”] Source : DISSONANCE, Un autre regard sur la Russie. En français, en russe.
L’article original a été publié sur Ria-Novosti. [/box]

Vladimir Poutine annonce un réarmement massif de la Russie

Vladimir Poutine annonce un réarmement massif de la Russie

20/02/12 – 14h30
MOSCOU (NOVOpress) —
Le Premier ministre et candidat à la présidentielle russe, Vladimir Poutine, a annoncé un réarmement”sans précédent” de la Russie.

Pour Vladimir Poutine, ce réarmement a été notamment rendu inévitable par l’attitude et la politique des États-Unis et de l’Otan, notamment sur la question du bouclier anti-missiles.

Selon le premier ministre, vingt-trois mille milliards de roubles (soit 590 milliards d’euros) vont être consacrés aux objectifs de réarmement dans les 10 prochaines années.

Outre le renforcement de la défense et de la souveraineté du pays, cette relance du complexe militaro-industriel devrait également devenir une locomotive pour le développement des secteurs les plus divers de l’économie nationale russe.

Crédit photo : mashleymorgan via Flickr (cc)

Dépeuplement de la Russie : réaction de Vladimir Poutine

Dépeuplement de la Russie : réaction de Vladimir Poutine

14/02/2012 – 18h20
MOSCOU (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) – Près de 40 % des ressources naturelles mondiales se trouvent sur le territoire de notre pays. Sa population n’atteint que 2 % du nombre d’habitants de la planète. Le sens de cette situation est évident. Si nous ne réalisons pas un projet à grande échelle et à long terme de développement démographique visant à accroître le potentiel humain en mettant en valeur nos territoires, notre pays risque de devenir un ‘espace vide” dont le sort sera décidé par d’autres que nous”, a déclaré Vladimir Poutine dans un article publié lundi par le quotidien Komsomolskaïa pravda.

Vladimir Poutine a rappelé qu’actuellement, la Russie comptait 143 millions d’habitants et que, selon les estimations d’experts, sa population chuterait à 107 millions d’ici 2050 en l’absence de nouvelles mesures.

Selon lui, il convient de soutenir les familles nombreuses et améliorer la politique d’immigration.

Crédit photo : DR

Une nouvelle opposition “Made in Russia” – Par Alexandre Latsa

Une nouvelle opposition "Made in Russia" - Par Alexandre Latsa

Les élections présidentielles approchent, et la politique intérieure russe est un thème qui est revenu de façon assez récurrente au sein des analyses et tribunes récentes de RIA-Novosti. C’est aussi l’un des thèmes les plus discutés sur l’internet russe, surtout depuis décembre 2011. Récemment Maria Selina se demandait si une nouvelle vague d’émigration aurait lieu et elle en déduisait très adroitement que les manifestations de décembre 2011 pourraient théoriquement rassembler le cortège de ceux qui, rejetant le système politique russe, pourraient choisir de faire leurs bagages. Mes lecteurs le savent, j’ai couvert les manifestations de décembre et publié des photos et des textes qui ont donné lieu à des débats enflammés sur le sujet. Bien sur la position d’étranger qui commente la scène politique russe n’est pas très confortable, mais néanmoins un regard extérieur et comparatif a parfois son intérêt.

Lors de discussions sur Facebook, Marina (une jeune franco-russe d’une 30aine d’années, trilingue, étudiante en MBA) a résumé les raisons pour lesquelles elle était descendue dans la rue pour protester contre le régime. Elle m’a écrit: ” la scène politique en Russie est bloquée car le parti de Poutine ne laisse pas de possibilités de développement à d’autres partis “. Marina souhaite “l’apparition de nouveaux partis, forts et jeunes et ne plus vivre avec un seul parti dominant comme Russie-Unie”. Elle dénonce aussi le “multipartisme de façade” qui règne en Russie car pour elle “les partis d’opposition sont des vieux partis dirigés par des esprits soviétiques, pour lesquels les gens votent sans conviction, seulement afin de ne pas voter pour Russie-Unie”.

Cette revendication m’a entrainé dans une foule de réflexions et je ne peux m’empêcher en tant qu’étranger de tenter une comparaison avec la France. Que constatons-nous en France ? Certes une alternance existe depuis quelques décennies entre deux courants, représentés par les deux partis dominants. Mais ces deux vieux partis de centre droit (UMP) et de centre gauche (PS) présentent ils réellement des différences idéologiques fondamentales face aux contraignantes exigences supranationales de Bruxelles? Est-ce qu’on peut rêver en France, comme Marina en Russie, de “l’apparition de nouveaux partis, forts et jeunes” ? Est-ce cela “une scène politique non bloquée”? Pouvoir voter non pour un mais pour deux partis qui ne savent pas gérer l’économie française, qui ont presque le même programme et les mains totalement liées par 30 ans de mauvaise gestion préalable, qui est de leur fait? Ont-ils la moindre marge de manœuvre face aux déficits abyssaux qu’ils ont créés ? En France, des partis considérés comme plus ou moins anti système comme le Front national ou le Parti de Gauche sont tenus à l’écart de la gouvernance par de subtils mécanismes politiques. Par conséquent les représentations à l’assemblée ne sont pas non plus totalement proportionnelles, ni justes. En France aussi on choisit au premier tour et on élimine au second, cela veut dire qu’au final on ne vote pas forcement pour un parti mais contre un parti. C’est ce qu’a écrit Marina pour la Russie : “Le vote pour certains partis est principalement un vote contre Russie-Unie”. Ce rêve d’une opposition digne de ce nom est intéressant. Le but d’une opposition est de porter une politique alternative à celle en vigueur.

Une opposition nouvelle et crédible en Russie devrait d’abord être identifiable, surtout quand à la teneur de son projet pour le pays, démontrer une aptitude à exercer le pouvoir, s’imposer par des élections,  et pas seulement s’opposer au pouvoir via des déclarations et des manifestations de rues.  La difficulté de s’opposer constructivement à Vladimir Poutine, d’après Viktor Loupan, est que “ce dernier est à la fois de gauche, de droite, patriote, libéral, nationaliste et mondialiste. Pour s’opposer ne serait-ce qu’à une position centriste, il faut une solide culture politique et une plateforme idéologique inébranlable. Pour devenir une véritable force politique, il faut du temps et de la patience. (…) Regardez : Mitterrand commença à s’opposer à de Gaulle en 1958 et ne parvint au pouvoir qu’en 1981”.

Je ne suis pas seul à penser que les hommes et femmes politiques doivent avant tout défendre les intérêts nationaux et les citoyens de leurs pays. Je n’ai pas non plus de partis qui me satisfassent dans mon pays, la France, mais pour autant je ne sais pas ce que je penserais (et ce que penseraient mes concitoyens) si des immixtions étrangères palpables étaient constatées dans le processus politique et électoral du pays comme c’est le cas en Russie. Comme le rappelait la journaliste du courrier de Russie Clémence Laroque, le nouveau visage de la diplomatie américaine en Russie s’appelle Mike MacFaul . Ce nouvel Ambassadeur a toujours affiché ses positions en faveur d’un rétablissement des relations russo-américaines après l’ère Bush, mais il est également “considéré comme un spécialiste des révolutions de couleur”. Doit-on voir un lien avec les manifestations de décembre dernier et celle de février prochain? Ou avec les accusations de financement d’opposants actifs (Nemtsov ou Navalny) par des ONGs  américaines? Ou plutôt un lien avec cette bien curieuse invitation des représentants de l’opposition russe à l’ambassade américaine de Moscou le 17 janvier dernier, soit seulement 3 jours après la nomination de cet ambassadeur en Russie ?

Peut-on imaginer par exemple en France le Front National être reçu par l’ambassadeur de Russie pour se plaindre de ne pas avoir de députés? Ou Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche) être reçu par l’ambassadeur  de Chine après avoir organisé des manifestations à Paris? Que penseraient les citoyens et électeurs français? J’ai publié récemment une tribune à propos de ce projet “national-démocrate” qui cherche à rassembler les deux courants que sont le courant libéral et le courant nationaliste modéré, et qui pourrait avoir émergé des manifestations de décembre dernier. Pour l’analyste russe Dimitri Olchansky les manifestations ont en effet traduit l’opposition d’un pan minoritaire de la société (qualifié de “population européenne”) avec le pan majoritaire de la société (qualifié de “population archaïque”). Pour lui, cette opposition devrait entraîner l’émergence d’une idéologie nationaliste dominante, avec tous les risques que cela comprend. Pour lui Russie-Unie serait donc aujourd’hui une sorte de valve de sécurité, dont la tache principale serait de garder le pouvoir et de déverrouiller progressivement certains blocages psychologiques de la société russe, en accompagnant une subtile libéralisation du système. Ainsi, Dimitri Olchansky conclut:” plus longtemps Poutine conservera le pouvoir, plus on aura de chances de voir la société russe évoluer de façon paisible et harmonieuse. Les nationalistes finiront de toute façon par prendre le pouvoir, c’est inévitable. Mais plus tard ce jour arrivera, plus ils seront civilisés”.

Pour ceux qui rêvent de la disparition du pouvoir de Russie-Unie, la seule solution crédible serait sans doute l’apparition d’une opposition non déstabilisante pour le pays, bien sur compétente, mais et surtout “Made in Russia”. Certainement pas une opposition issue du passé ni une opposition financée par l’étranger. Mais une telle opposition peut elle éclore à quelques semaines des élections présidentielles?  La scène politique russe est plus passionnante que jamais.

Alexandre Latsa

* Alexandre Latsa est un journaliste français qui vit en Russie et anime le site DISSONANCE, destiné à donner un “autre regard sur la Russie”. Il collabore également avec l’Institut de Relations Internationales et Stratégique (IRIS), l’institut Eurasia-Riviesta, et participe à diverses autres publications.

[box class=”info”] Source : Dissonance. [/box]

Photo : Le quartier des affaires de Moskva-City, en pleine expansion. Crédit photo : Dmitry A. Mottl via Wikipédia, licence CC.

Le peuple russe largement favorable à un durcissement des lois migratoires

Le peuple russe largement favorable à un durcissement des lois migratoires

02/02/2012 – 16h30
MOSCOU (NOVOpress)
– Une très large majorité des Russes soutient les initiatives présentées par Vladimir Poutine concernant un durcissement de la politique migratoire du pays.

Selon un sondage du centre d’étude de l’opinion publique, plus de 70% des personnes interrogées prônent un durcissement de la politique d’immigration.

On arrive même à près de 80% lorsqu’il s’agit de valider l’idée de prévenir l’apparition d’enclaves ethniques fermées échappant à la loi en vigueur.

Une proposition qui pourrait faire réfléchir les responsables français à l’heure où ce genre de zones se multiplie sur le territoire national.

75% des russes interrogés seraient également favorables à un durcissement des règles d’enregistrement des travailleurs migrants et réclament des sanctions exemplaires pour leur violation.

L’idée d’obliger les citoyens étrangers voulant devenir ou rester résidents en Russie à passer des examens de langue, de littérature, d’histoire et de droit russes est de son côté soutenu par un peu moins de 70% des sondés.

Crédit photo : paulafunnel via Flickr, licence (cc)

[Tribune libre] Réflexions sur les manifestations en Russie – Par Alexandre Latsa

Réflexions sur les manifestations en Russie - Par Alexandre Latsa

L’année 2011 se termine et avec elle un mois de décembre placé sous le signe des manifestations politiques. Rappelons les faits: suite aux élections du 04 décembre 2012 qui ont entraîné une baisse de Russie Unie et une forte hausse des partis nationalistes ou de gauche, des fraudes électorales ont été dénoncées. Ces fraudes auraient permis au parti au pouvoir et disposant de la ressource administrative, de gonfler son score et de fausser les résultats. Pourtant, près de deux semaines après les élections, alors que des enquêtes sont en cours suite aux plaintes déposées, le nombre de fraudes recensées dans le pays y compris Moscou ne semble pas avoir faussé notablement le scrutin, dont les résultats sont conformes aux nombreux sondages et estimations d’avant et d’après vote.

Revenons aux manifestations: Le 10 décembre 2011, un grand meeting unitaire d’opposition avait lieu à Moscou, rassemblant 30 à 40.000 personnes. J’ai déjà décrit la relative incohérence politique de cette manifestation qui rassemblait côte à côte des membres de la jeunesse dorée Moscovite, des nationalistes radicaux, des antifascistes, ainsi que des libéraux et des communistes. Souhaiter le départ à la retraite de Vladimir Poutine n’est pas un programme politique, et quand à la tenue de nouvelles élections, on se demande en quoi elle concerne des dizaines de sous-groupuscules politiques non candidats à la représentation nationale.

Le 17 décembre le parti d’opposition libérale Iabloko a rassemblé quelques 1.500 partisans, alors que le meme jour qu’un millier de sympathisants du mouvement eurasien et du syndicat des citoyens russes (Профсоюз Граждан России) se réunissaient pour dénoncer les manipulations oranges et rappeler la nécessité d’un état fort. Le lendemain, le 18 décembre, ce sont près de 3.500 militants du parti Communiste qui se sont réunis. Le 10 décembre, lors de la grosse manifestation dopposition, l’un des leaders de l’opposition liberale, Mikhaïl Kassianov, avait affirmé que “Si aujourd’hui nous sommes 100.000, cela pourrait être 1.000.000 demain”. Celui ci a appelé à un printemps politique en Russie, un discours étrangement similaire à celui de l’excessif républicain John Mc Cain ces dernières semaines. Pour autant aucune marée humaine n’a déferlé dans les villes du pays, au grand dam de nombre de commentateurs occidentaux qui annonçaient déjà l’Armageddon en Russie, et c’est seulement une neige abondante qui a recouvert le pays le 24 décembre, jour de la manifestation unitaire.

Cette journée du 24 décembre n’aura finalement été un succès qu’a Moscou. En province, dans les autres villes de Russie, la mobilisation aura faibli par rapport aux rassemblements du 10 décembre. A Vladivostok, la manifestation a réuni 150 personnes, contre 450 le 10 décembre. A Novossibirsk 800 personnes ont défilé contre 3.000 le 10 décembre. A Tcheliabinsk dans l’Oural, les manifestants étaient moins de 500 contre 1.000 le 10 décembre, à Iekaterinbourg 800 personnes ont manifesté contre 1.000 le 10 décembre dernier. A Oufa, 200 manifestants se sont rassemblés, soit autant que le 10 décembre. Enfin 500 personnes ont défilé à Krasnoïarsk contre 700 le 10 décembre. Notons qu’à Saint-Pétersbourg, haut lieu de la contestation et bastion libéral en Russie, de 3 a 4.000 personnes ont défilé, contre près de 10.000 le 10 décembre dernier. (Sources : Ria-Novosti et Ridus.ru).

Dans la capitale le 24 décembre, 3 meetings différents ont eu lieu. 2.000 nationalistes du parti nationaliste Libéral-Démocrate de Vladimir Jirinovski, et 3.000 sympathisants du politologue Sergueï Kurginyan ont manifesté séparément pour répondre à la “peste orange”. Enfin et surtout dans ce qui est sans doute le plus gros meeting d’opposition de l’année, avenue Sakharov (photo), ce sont 40 à 50.000 personnes qui se sont rassemblées. La manifestation de Moscou s’est déroulée sans incidents notables, si ce n’est à la fin du meeting, quand des radicaux d’extrême droite ont tenté de monter sur la tribune en force, alors même que le leader ultra nationaliste Vladimir Tor (dirigeant du mouvement NazDems) avait pris la parole quelques minutes auparavant. On peut du reste se demander pourquoi les nombreux journalistes occidentaux présents n’ont pas relevé le fait que plusieurs milliers de jeunes nationalistes radicaux sifflaient ou criaient “russophobe” en direction de certains orateurs de diverses confessions et scandaient des slogans tels que: “les russes ethniques de l’avant”, ou “donnez la parole aux russes ethniques”. Un deux poids deux mesures pour le moins surprenant.

Dans le pays et donc surtout à Moscou, les rassemblements du 24 décembre ont tourné à la cacophonie politique totale. Les meetings ont de nouveau rassemblé toutes les composantes politiques les plus improbables, des nationalistes radicaux aux antifascistes, en passant par les libéraux, les staliniens, les activistes gays et lesbiennes ou quelques stars du Show Business russe. Plus surprenant, toujours lors de la manifestation de Moscou, la présence du milliardaire Prokhorov et de l’ancien ministre des finances Aleksei Koudrine, pourtant proche de Vladimir Poutine. Aleksei Koudrine a d’ailleurs pris la parole, ajoutant à la cacophonie ambiante et déclenchant un record de sifflements du public. Pour la première fois un député d’opposition très connu a mis le doigt sur cette désunion systémique de la soi disant opposition, en quittant la manifestation avant même de prendre la parole. Même son de cloche pour l’analyste politique Vitali Ivanov, pour qui l’opposition à Vladimir Poutine est une nébuleuse qui mène des conversations de cuisine.

La prochaine grande journée de manifestation devrait avoir lieu en févier, c’est à dire pendant le mois précédant l’élection présidentielle du 4 mars 2012. Pour autant, on imagine difficilement comment Vladimir Poutine ne serait pas réélu et tout d’abord au vu de la situation économique que connaît le pays. La croissance du PIB devrait frôler les 4,5% en 2011 et sans doute autant en 2012. Le taux de chômage est descendu à 6,3%, la dette du pays est faible, inférieure a 10% du PIB, et les réserves de change sont d’environ 500 milliards de Dollars. L’inflation est à la baisse, estimée pour cette année à 6,5% soit son plus faible niveau depuis 20 ans. La Russie est aujourd’hui la 10ieme économie du monde en produit intérieur brut nominal et la 6eme économie mondiale à parité de pouvoir d’achat. Selon les analyses du centre de recherche britannique CBER la Russie devrait être la 4ieme économie de la planète aux environ 2020.

Il est donc très difficile d’imaginer comment la personne jugée directement responsable de ce redressement économique par la majorité des citoyens pourrait ne pas être réélue. Bien sur il est plausible que la vague de mécontentement se reflète dans les scores de la présidentielle de mars 2012, et que Vladimir Poutine ne soit pas élu au premier tour avec 71% des voix, comme en 2004, ou avec 72% des voix, comme Dimitri Medvedev en 2008, dans une Russie en totale euphorie économique. Celui ci devra probablement envisager un score plus proche de celui de mars 2000 (Vladimir Poutine avait obtenu 52% des voix) voire se préparer à un second tour. Si tel est était le cas, il y affronterait probablement le candidat du parti communiste, Guennadi Ziouganov. Un choix cornélien pour les occidentaux, mais qui refléterait parfaitement la tendance électorale initiée par les dernières élections législatives russes qui ont vu les partis de gauche augmenter fortement leur poids électoral.

Alexandre Latsa

 

* Alexandre Latsa est un journaliste français qui vit en Russie et anime le site DISSONANCE, destiné à donner un “autre regard sur la Russie”. Il collabore également avec l’Institut de Relations Internationales et Stratégique (IRIS), l’institut Eurasia-Riviesta, et participe à diverses autres publications.

[box class=”info”] Source : RIA Novosti. [/box]

Crédit photo : Bogomolov.PL, licence CC.

Vladimir Poutine et l’Europe

Vladimir Poutine- Crédit Presidential Press and Information Office, CC - partie

30/12/2011 – 08h00
PARIS (NOVOpress) –
Le premier ministre russe, Vladimir Poutine,  a qualifié de “projet paneuropéen” la construction du gazoduc South Stream devant acheminer le gaz russe vers l’Europe par le fond de la mer Noire. Il a par ailleurs remercié selon le journal Ria Novosti, lors d’une rencontre avec le ministre turc de l’Energie et des Ressources naturelles, Taner Yildiz, les autorités turques pour avoir donné leur accord à la construction d’une partie du gazoduc South Stream dans sa zone économique exclusive. Le projet South Stream associe le russe Gazprom, l’italien Eni, le français EDF et l’allemand BASF.

Un projet qui a vu le jour grâce à l’action, et ce au grand dam des Etats-Unis, de l’ancien premier ministre italien, Silvio Berlusconi. Dans un rapport “Eurasian Energy Security“, rédigé par Jeffrey Mankoff, spécialiste de la question auprès du think-tank mondialiste “Council of Foreign Relations“, Silvio Berlusconi était considéré comme un allié peu sûr des Etats-Unis et un acteur majeur du rapprochement entre l’Union Européenne et la Russie.

Protection des animaux : Brigitte Bardot remercie Vladimir Poutine

24/12/2011- 16h00
MOSCOU (Novopress) – Brigitte Bardot vient d’écrire personnellement au premier ministre russe Vladimir Poutine afin de lui faire part de sa grande satisfaction après le vote par la Douma, l’assemblée russe, d’une loi interdisant le commerce des peaux de phoques du Groenland. Cette loi, passée inaperçue dans la presse en général, a été dévoilée par le Fonds International pour la protection des animaux (IFAW). Elle a été votée le 17 octobre dernier

Après avoir remercié Vladimir Poutine pour “ce plus beau des cadeaux de Noël”, la militante contre la maltraitance des animaux et également contre les abattages rituels a écrit : “Mon Premier ministre préféré, je vous souhaite le meilleur pour les mois et les années qui viennent (…) Merci infiniment d’avoir toujours été attentif à mes suppliques, je regrette de ne pas bénéficier d’un pareil soutien dans mon propre pays qui est scandaleusement rétrograde lorsque s’agit de défendre les animaux”.

En 2009, la Russie avait déjà mis un terme à la chasse aux phoques du Groenland sur son territoire. Une nouvelle victoire pour Brigitte Bardot, qui consacre son quotidien à la défense et au respect des animaux . Nous la retrouverons d’ailleurs très prochainement en exclusivité sur Novopress.

Poutine : « J’ai parfois l’impression que les Etats-Unis n’ont pas besoin d’alliés, mais de vassaux.”

Vladimir Poutine- Crédit Presidential Press and Information Office, CC - partie

16/12/2011 – 17h30
MOSCOU (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) –
Lors de sa séance annuelle de questions-réponses avec la population, le premier ministre russe Vladimir Poutine a donné sa vision des Etats-Unis : « J’ai parfois l’impression que les Etats-Unis n’ont pas besoin d’alliés, mais de vassaux. Mais nous comptons poursuivre notre dialogue avec les Etats-Unis, parce que je vois des changements aux Etats-Unis. La société américaine n’a plus envie d’être le gendarme du monde ».

Avant d’enfoncer le clou sur cette politique de gendarme du monde menée par les Etats-Unis, je cite : « Quelqu’un a-t-il demandé conseil aux alliés sur les mesures à prendre en Afghanistan? Pas du tout. On a porté une frappe avant d’inviter tout le monde en disant “qui n’est pas avec nous est contre nous”. Est-ce une véritable alliance ? Non ».

En août dernier, Vladimir Poutine avait attaqué le dollar, accusant les Etats-Unis de « parasiter l’économie mondiale grâce au monopole du dollar ».

Crédit photo : Presidential Press and Information Office, licence CC.

Russie : Vladimir Poutine accuse les Etats-Unis de financer la contestation

Russie : Vladimir Poutine accuse les Etats-Unis de financer la contestation

09/12/11 – 11h30
MOSCOU (NOVOpress)
– Alors que la remise en cause des résultats des élections législatives enfle en Occident, le Premier ministre russe Valdimir Poutine a contre-attaqué, hier ,en accusant la diplomatie américaine d’encourager « le chaos » en finançant la contestation pour déstabiliser la russie.

Première visée, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, qui, en critiquant sévèrement lundi le déroulement des législatives russes, aurait « donné le la pour certains activistes à l’intérieur du pays ».

Vladimir Poutine a également dénoncé le versement de « centaines de millions de dollars » de fonds étrangers, « dans les activités politiques de notre pays ».

Le Premier ministre a évoqué les précédents des « révolutions de couleurs » ayant agité plusieurs ex-républiques soviétiques, et derrière lesquelles se dissimulaient la main et l’argent du département d’Etat américain et des intérêts occidentaux.

«Mais le peuple russe ne veut pas d’une telle évolution et ne se laissera pas manipuler par l’étranger », a conclu Vladimir Poutine.

[box class=”info”]Crédit photo : paulafunnel/Flickr sous licence Creative Common[/box]

Les élections russes ou le rejet de l’Occident – Par Xavier Moreau

Les élections russes ou le rejet de l’Occident - Par Xavier Moreau

Les élections législatives marquent à n’en pas douter, un ancrage définitif de la Russie dans un modèle de développement démocratique autonome, éloigné des influences occidentales.

La baisse de Russie Unie était prévisible tant le résultat de 2007 fut exceptionnel, avec plus de 60% des voix. Le parti au pouvoir conserve une confortable avance sur ses rivaux. L’importance de ces élections n’est pas dans cette baisse de Russie Unie, qui n’empêchera pas, de toute façon, Vladimir Poutine de gouverner pendant son prochain mandat. Ce qui compte avant tout, c’est le rejet massif de l’influence occidentale par le peuple russe. Les moyens engagés par les ONG américaines l’auront été en pure perte. Même à Moscou, le parti Yabloko, considéré comme le plus libéral, recueille à peine 10%. La nouvelle classe moyenne russe ou les milieux populaires, lorsqu’ils n’ont pas voté Russie unie (49,7%), ont voté communiste (KPRF : 19,15%), Russie Juste (parti proche de Russie Unie : 13,16%) ou pour les ultra-nationalistes de Vladimir Jirinowski (LDPR : 11,7%). Au total, plus de 90% du corps électoral russe rejette l’influence occidentale.

La Russie semble définitivement guérie de son engouement pour le modèle occidental du début des années 90. Le modèle consumériste, si visible à Moscou, n’est pas venu à bout de l’âme russe. Les trois millions de fidèles qui ont défilé devant la ceinture de la Vierge dans toute la Russie, attendant pendant des heures, la nuit et dans le froid sont là pour en témoigner. Les Russes, soutenus en cela par leurs élites reconstruisent leur identité autour du christianisme, ce qui est également une rupture nette avec l’Occident où la laïcité militante est devenue religion d’État.

Absence de partis pro-occidentaux à la Douma, reconstruction de l’identité russe autour du christianisme, piété populaire, refus de l’affrontement civilisationnel, interdiction du prosélytisme homosexuel, c’est le modèle européiste au complet qui est rejeté par le peuple russe et ses élites dirigeantes. Paradoxalement, c’est un modèle de développement qui pourrait inspirer les sociétés européennes enfoncées dans une crise autant économique que morale.

Xavier Moreau

[box class=”info”] Source : Realpolitik.tv. [/box]

Photo : la Douma. Crédit photo : moacirpdsp, licence CC.