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Pompiers Soldats du Feu

Les soldats du feu n’en peuvent plus !, par Bernard Latour, ancien officier de gendarmerie

Les soldats du feu sont de plus en plus victimes d’agressions. Ce ne sont pas les derniers chiffres de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) publiés ce mercredi qui contredisent cette affirmation.

En 2016, un total de 2 280 sapeurs-pompiers ont déclaré avoir été victimes d’une agression en intervention, un chiffre en hausse de 17,6 % par rapport à 2015. Ces 2 280 agressions ont donné lieu à 1 613 journées d’arrêt de travail, un nombre là encore en hausse (+ 36,1 %) par rapport à l’année 2015 où les 1 939 agressions avaient signifié 1 185 journées d’ITT. Ces violences, conséquentes les années précédentes, avaient augmenté de 35 % durant la période 2007-2011.

Présent Soldats du FeuCes chiffres corroborent les incidents survenus ces quinze derniers jours :

– Dans un quartier dit « sensible » de Nîmes, dans le Gard, une ambulance, envoyée pour un feu de scooter, est accueillie par des jets de pierres, parpaings et cocktails Molotov. L’un de ceux-ci a failli enflammer l’habitacle du véhicule avec trois pompiers à son bord. Dans ce même département une autre agression a touché les sapeurs-pompiers d’Alès. Un homme passablement énervé, alors que l’on tentait de le calmer, a asséné un violent coup de poing au visage d’un secouriste qui a été légèrement blessé. À la suite de ces nombreux problèmes le mouvement de protestation de ceux qui luttent contre l’incendie a pris de l’ampleur. Deux cents pompiers nîmois en grève illimitée ont manifesté leur colère le 23 octobre au matin dans les rues de la cité romaine. Après s’être rassemblés devant l’hôtel du département, ils ont bloqué, à la gare SNCF, le TGV Lille-Europe et ont perturbé la circulation à la sortie de l’A 9 : Nîmes-Ouest.

– À Vénissieux, les nuits du 24 octobre et d’Halloween furent particulièrement agitées. Les pompiers de Feyzin tombèrent dans un guet-apens : poubelles disposées en arc de cercle sur la chaussée pour bloquer l’accès, barrières de chantiers installées pour empêcher le demi-tour, et attaques avec des cailloux et des cocktails Molotov. À la suite de ces incidents, 300 pompiers, à l’appel des syndicats, manifesteront à Lyon début novembre pour dénoncer les violences subies régulièrement en intervention. Parti de la caserne Rochat, dans le 7e arrondissement, le cortège rejoindra la préfecture du Rhône où une délégation sera reçue.

– À Toulouse et dans la périphérie, les pompiers font face à une recrudescence des insultes et des agressions physiques. Pris de plus en plus pour cible, ils ont été pour la première fois visés par un cocktail incendiaire.

– Aux mêmes dates d’autres agressions de ce type étaient recensées, notamment à Nieuil (Charente), Saint-Denis (région parisienne) et Grenoble (Isère).

Un ministère de l’Intérieur plutôt discret

Face à ce phénomène alarmant, que dit le gouvernement ? Prend-il la mesure de la dangerosité de ces actions ?

Absolument pas, le ministère de l’Intérieur continue à surfer sur un volcan, dénonçant simplement des actes d’« une bêtise sans nom » qui « doivent être punis très sévèrement. » Mais pas un mot sur les lieux symptomatiques où se passent ces attaques. 

Alors posons-nous la question : pourquoi les pompiers sont aujourd’hui les premiers visés dans ces banlieues à risque ?

Nous sommes dans des zones où le lien social a été coupé, des trublions souvent déscolarisés y végètent livrés à eux-mêmes, ils sont alors pris en main par des chefs de bandes qui leur promettent argent et drogue et les plongent un peu plus dans le ressentiment du pays qui les a accueillis. Plus ils sont jeunes, plus il est facile de les circonvenir. 

Les deux ferments diffusés par ces clans sont l’appât du gain et la haine de l’État.

Pour ces bandes, à part les barbus, aucune personne ni aucune institution n’a d’autorité à leurs yeux. Confondant respect et crainte, ils revendiquent haut et fort le droit d’être « respectés » par tous ceux qui sont supposés disposer d’une autorité sociale ou institutionnelle, par les adultes, les enseignants, les policiers, et bien évidemment les pompiers. 

Un casque n’est pas une arme

Ces derniers sont d’autant plus vulnérables que, portant l’uniforme et gradés, ils ne sont pas armés. Ils n’ont, sauf à Paris et Marseille, aucune formation militaire ou policière. Sauf cas de légitime défense, ils ne peuvent se protéger. De plus, pour ces provocateurs, s’en prendre aux soldats du feu c’est dicter aux habitants des cités leur attitude, interdiction leur étant faite d’assister ces services pourtant aptes à secourir les populations. Une manière de leur montrer que les seules autorités qui règnent dans ces zones de non-droit sont intra-muros.

L’ambition de ces gangs in fine est de substituer une administration autochtone, parfois islamiste, à celle de l’État. Leur intention : promouvoir de véritables ghettos avec frontière et points de passages obligés, un moyen de contrôler les rues et de faire la loi dans le sens premier du terme.

D’ailleurs les pompiers ne s’y trompent pas quand ils rapportent que : 

« Il y a trois ans, pour la première fois, on n’a pas pu terminer notre intervention et prendre en charge une mamie qui faisait un malaise. Notre véhicule a été arrêté par des “sauvageons” qui nous ont agressés et molestés. C’est la famille qui a dû transporter la dame à l’hôpital. » 

Ou qu’ils avouent : 

« Avant, on était un peu dirigé par les habitants du quartier pour nous indiquer les adresses. C’était pratiquement un accompagnement. Aujourd’hui c’est l’omerta et brutalement au coin d’une rue nous attend un vrai traquenard. »

Les réponses existent

La situation est grave et les solutions, comme d’habitude, se logent d’abord au sommet de l’État. Tant que la fermeté ne sera pas de mise, tant que la nouvelle donne appliquée ne sera pas la tolérance zéro, ces attaques perdureront et même se multiplieront.

Pourtant des moyens pour les contrer existent mais ne sont pas mis en œuvre :

– L’anonymisation des plaintes permet d’interdire toute représaille contre les professionnels du feu, leurs biens ou leurs familles.

– Une meilleure coordination entre pompiers et police avec, au besoin, dans les zones spécifiques, une mixité des moyens lors des interventions.

– Les appels téléphoniques qui doivent être non seulement enregistrés mais aussi confirmés nominalement et localisés avant toute opération. 

– L’utilisation de GoPro (au moins sur les véhicules), comme leurs homologues policiers. Ces mini-caméras fixes filment et enregistrent les interventions dites sensibles pour pouvoir par la suite identifier leurs auteurs.

– Chaque zone urbaine doit avoir un correspondant répertorié (exemple : le gardien d’immeuble) qui, appelé par téléphone, va confirmer la nécessité de l’intervention, guider les secouristes et assurer un début de « dialogue » avec les « jeunes » par des traductions en langue vernaculaire.

– Dans les quartiers les plus difficiles, des plans de retrait doivent être préparés à l’avance et fournis aux équipages pour permettre aux secours de se dégager lorsque la situation dégénère (possible utilisation de fumigènes).

– Enfin il faut que la justice soit particulièrement répressive en appliquant strictement la loi mentionnée : « Dans le cas d’une personne dépositaire de l’autorité publique (agent de police, magistrat, sapeur-pompier, gardien assermenté d’immeubles, etc.) les agresseurs encourent des peines aggravées par le statut des victimes : trois ans de prison et 45 000 euros d’amende. »

Mais les autorités judiciaires appliquent-elles véritablement cette loi ?

On peut en douter pour certains quand on voit le cas de René, pompier volontaire à Saint-André, dont la plainte a été classée sans suite par le parquet du tribunal de grande instance de Lille alors qu’il avait été violemment passé à tabac lors d’une intervention en novembre 2016 (21 jours d’arrêt de travail).

En conclusion, les solutions exposées ci-dessus ne sont pas ou peu appliquées tout simplement parce que la volonté du politique est défaillante. Les autorités ont trop peur qu’un énième incident, même réduit aux pompiers, ne s’embrase, débouchant sur une émeute type 2005.

La seule issue actuellement pour les soldats du feu est de profiter de la prochaine attaque contre leurs personnes pour déclencher un mouvement d’ampleur nationale (grève, manifestation, occupations) touchant toutes les grandes agglomérations françaises. En effet de telles agitations obligeraient le gouvernement à concéder de vraies mesures à la fois protectrices pour le personnel et astreignantes pour les malfrats.

Bernard Latour
Ancien officier de gendarmerie, le « centurion » Bernard Latour est un expert reconnu dans les questions de sécurité et les affaires criminelles

Texte paru dans Présent daté du 17 novembre 2017

Pompiers Montréal

A Montréal, trop de pompiers blancs

Fin novembre, l’Association des pompiers de Montréal lançait un cri d’alarme en apprenant les coupures infligées par l’administration Coderre [Denis Coderre est maire de Montréal] au Service incendie de la ville, coupures qui affecteront inévitablement l’efficacité du service. Cette semaine, l’administration Coderre s’est finalement occupée du cas des pompiers : pas pour régler les problèmes criants de manque d’effectifs et de ressources, mais pour parler diversité, ou plutôt de manque de diversité.

La ville, qui se targue de n’avoir engagé au cours des dernières années que 30 % d’hommes blancs sans handicap pour combler ses postes de professionnels et cols blancs, juge la situation des pompiers problématique. Seulement 2,4 % des pompiers seraient issus d’une minorité visible et au total il n’y aurait que 1,3 % de femmes. Pour une ville dont 31,4 % des professionnels scientifiques sont issus des minorités, il s’agit évidemment d’une situation qui mérite correctif.

Le « Plan d’action pour la diversité en emploi » mis en place il y a de cela quelques années – un plan de « discrimination positive » –, semble fonctionner pour divers types d’emplois, mais pas pour les pompiers dont les critères d’embauche sont encore trop liés à la qualité et aux compétences. Si n’importe qui peut devenir un fonctionnaire de la Ville de Montréal, devenir un pompier est une autre paire de manches. Aucun plan concret pour favoriser le grand remplacement des pompiers n’a été déposé pour l’instant, mais la ville aimerait qu’ils suivent l’exemple de la Société des transports de Montréal qui a vu le nombre de minorités passer de 7 % en 2007 à 17 % en 2017.

Le directeur adjoint de l’Institut de protection contre les incendies du Québec, Luc Turgeon, a quant à lui tenu à commenter en certifiant qu’il n’y aurait aucune « discrimination positive » pour l’entrée à l’Institut ou au niveau de l’obtention des diplômes, seule la compétence continuera de primer.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 23 décembre 2016

Brétigny : les vols et insultes racistes anti-Blancs prennent de l’ampleur

Brétigny : les vols et insultes racistes anti-Blancs prennent de l’ampleur

26/07/2013 – 09h30
BRETIGNY-SUR-ORGE (NOVOpress) –
Chaque jour qui passe vient contredire les tentatives de Manuel Valls cherchant à minimiser les actes de pillage liés la tragédie de Brétigny-sur-Orge. En milieu de semaine, le ministre de l’Intérieur restait vague en déclarant : « Il y a eu sans doute des vols »… Or, le Point.fr révèle « que quatre demandes de recherche et d’identification d’auteur de vol simple “dans un lieu affecté à un transport de voyageurs” lors de l’accident du 12 juillet en gare de Brétigny-sur-Orge ont été transmises aux commissariats de l’Essonne ».

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Sarkozy au Congrès national des sapeurs-pompiers : les caillassages n'étaient pas à l'ordre du jour

Sarkozy au Congrès national des sapeurs-pompiers : les caillassages n’étaient pas à l’ordre du jour [vidéo]

25/09/2011 – 15h30
NANTES (NOVOpress Breizh) – Visite éclair de Nicolas Sarkozy, hier matin, au Congrès national des sapeurs- pompiers qui se tenait à Nantes. Des soldats du feu qui s’interrogent sur leur statut et l’évolution de leurs missions dans un contexte de plus en plus difficile.
Mais les caillassages n’étaient pas à l’ordre du jour.

Après avoir rendu un hommage appuyé à ceux qui ont fait « du dévouement, du courage et du danger » leur destin, le président de la République, qui vient de nommer le colonel Richard Vignon préfet délégué à la sécurité en Lorraine, a confirmé qu’il continuerait à nommer des sapeurs-pompiers aux postes de préfets ou sous-préfets, afin que « leur expérience puisse être utilisée par l’Etat ».

Le chef de l’Etat s’est également félicité de l’adoption, le 20 juillet dernier, d’une loi qui donne un statut aux 200.000 pompiers volontaires. Le recrutement de ces derniers, qui représentent 80 % de l’effectif du corps des pompiers et qui réalisent déjà 64 % des interventions, s’avère en effet de plus en plus difficile : la fonction – mal indemnisée – est souvent peu compatible avec une activité professionnelle.

La volonté du Gouvernement est pourtant de privilégier, pour des raisons budgétaires, le volontariat au détriment de la professionnalisation . « La sauvegarde de notre modèle passe par l’accroissement du volontariat » a rappelé Claude Guéant devant les congressistes. Un point de vue partagé par le socialiste Claudy Lebreton, président du conseil général des Côtes d’Armor et président de l’assemblée des Départements de France, qui s’est déclaré partisan de la réduction de la masse salariale dans les services d’incendie et de secours « car les Départements sont étranglés financièrement ». Un étranglement accentué, dans le cas des Côtes d’Armor, par le recours imprudent à des emprunts toxiques.

Nicolas Sarkozy a conclu son intervention en proposant la mise en place d’un « nouvel outil opérationnel pour avertir les populations » en cas de catastrophe notamment grâce aux téléphones portables.

La question récurrente des agressions dont sont victimes les sapeurs-pompiers depuis des années (cf. vidéo) lors de leurs interventions dans les quartiers dits « sensibles » n’a par contre pas été abordée par le chef de l’Etat. Peu avare de compliments (« votre engagement est une école de bravoure et d’humanité »), il a préféré éviter d’aborder ce dossier. Il est vrai que, dans le domaine de la sécurité, les promesses de « karcher » du candidat Sarkozy ont semble-t-il fait long feu.