Google poursuivi en justice en Pologne pour cause de censure idéologique

Dans un communiqué publié le 8 novembre 2019 sur son site, l’organisation polonaise d’avocats et juristes pro-vie et pro-famille Instytut Ordo Iuris indique avoir entamé une action en justice contre le géant américain Google.

Dans cette affaire, les avocats de cette ONG connue pour son efficacité et son activisme en Pologne et à l’étranger, auprès des instances internationales (ONU, CEDH, CJUE, etc.), représentent le rédacteur en chef d’un hebdomadaire conservateur prestigieux, Do Rzeczy. Cinquième hebdomadaire d’actualité sur le marché polonais en termes de ventes, Do Rzeczy est souvent classé premier ou deuxième en termes d’influence, c’est-à-dire en nombre de fois où ses articles sont cités dans les autres médias polonais.

Censure sur YouTube

La plainte de l’Institut Ordo Iuris contre Google concerne tout particulièrement des émissions de la télévision Internet wSensie.tv auxquelles participaient Paweł Lisicki, le rédacteur en chef de Do Rzeczy. Le service YouTube, qui appartient à Google et sur lequel wSensie.tv diffuse ses émissions, a en effet supprimé à deux reprises cet été des épisodes de l’émission Wierzę (« Je crois »), présentée sur le site de la télévision Internet comme étant une émission catholique et dans lesquelles Paweł Lisicki discutait avec le journaliste Marek Myśko de l’enseignement de l’Église en ce qui concerne l’homosexualité. Paweł Lisicki est un journaliste, commentateur, essayiste et écrivain conservateur reconnu en Pologne et très souvent invité sur les plateaux de télévision. Auteur de nombreux livres et féru de théologie et d’histoire, c’est un spécialiste de l’histoire de l’Église.

Ainsi que le rappelle Ordo Iuris dans son communiqué informant des poursuites engagées contre Google, la censure qui a frappé cette émission sur YouTube n’est malheureusement pas un cas isolé. Et l’organisation de citer une homélie de l’archevêque de Cracovie comparant le totalitarisme LGBT au totalitarisme communisme, qui avait été mise en ligne par la radio catholique Radio Maryja, ainsi que les paroles de journalistes conservateurs et « autres contenus à caractère pro-famille, chrétien et conservateur », et les chaînes YouTube de certaines télévisions Internet de droite.

Au début du mois d’août, YouTube avait par exemple bloqué la chaîne wRealu24 malgré (ou à cause de ?) ses quelque 400 000 abonnés après que cette chaîne aux vues conservatrices et patriotiques se fut fait une spécialité de couvrir en direct les « marches des égalités » LGBT très nombreuses cette année en Pologne, mais avec souvent les mêmes visages de militants transportés en autocars d’une ville à l’autre. Certes, le reporter de wRealu24 y posait souvent des questions qui avaient le don de gêner ou agacer les manifestants, et il lui fallait parfois exhiber sa carte de presse pour obtenir la protection de la police, mais il agissait toujours sans agressivité et en restant courtois à tout moment, contrairement à certains de ses interlocuteurs.

Autres censures des GAFA

Dans son numéro du 12-18 août, l’hebdomadaire Do Rzeczy avait réagi à la censure qui venait de frapper son rédacteur en chef par un dossier sur la manière dont les géants américains de l’Internet Google, Facebook et Amazon pratiquent la censure idéologique contre les chaînes conservatrices, nationalistes, catholiques ou pro-vie. Outre la suppression ou le blocage des comptes ou des contenus, on pouvait y lire comment, par exemple, Google coupe les sites de droite de leur financement par la publicité. Parmi d’autres, le rédacteur de l’hebdomadaire libéral-conservateur Najwyższy Czas (« Il est grand temps »), Tomas Sommer expliquait ainsi dans ce numéro de Do Rzeczy comment, sans avertissement, les publicités Google cessaient d’apparaître sur leur site, les privant des revenus correspondants, ce qui était suivi au bout d’un certain temps par l’appel d’un employé de Google, qui ne se présentait que par son prénom et qui n’était jamais le même, pour informer qu’il n’y aurait plus de publicité sur le site tant que celui-ci présenterait des contenus « non conformes aux valeurs de Google ». Impossible en revanche de savoir quels contenus précis étaient supposés enfreindre ces valeurs. Dans la pratique, cependant, il semblerait que, en Pologne comme ailleurs, toute critique de l’idéologie et de la militance LGBT, de l’immigration ou de l’avortement et tout contenu à caractère patriotique est susceptible d’être classé « discours de haine » par Google et consorts, au contraire des discours agressivement anti-chrétiens et anti-droite qui suscitent rarement des réactions des géants du Net quand ils sont dénoncés.

Pour ce qui est des émissions de la télévision Internet wSensie.pl à l’origine de l’action en justice d’Ordo Iuris, les passages de la Bible et les documents de l’Église cités par Paweł Lisicki avaient visiblement été jugés par les employés de Google comme incitant à la haine. Après la suppression des deux émissions incriminées, c’est la chaîne wSensie.pl elle-même qui avait été bloquée pour 3 mois sur YouTube. Google était toutefois revenu sur cette décision après l’intervention d’Ordo Iuris, mais les avocats de l’ONG polonaise exigeaient également des excuses publiques, à publier sur un quart de la surface de la page d’accueil du site YouTube.com, envers les deux journalistes de l’émission qui s’étaient estimés diffamés par le motif « de discours de haine » évoqué pour justifier la censure qui les avaient frappés. Ordo Iuris demandait encore que Google s’engage par écrit à mettre fin à ces pratiques que l’organisation polonaise considère comme illégale à la lumière des lois polonaises sur la liberté expression. La direction de Google n’ayant pas daigné réagir, la justice polonaise va donc se saisir du dossier.

Censures des géants américains

Parallèlement, l’Institut Ordo Iuris a préparé un projet de loi accompagné d’une pétition dans le but de mieux défendre en Pologne la liberté d’expression sur Internet. Cette action est soutenue par plusieurs journalistes et polémistes qui ont été victimes de la censure des géants américains du Net et elle est également soutenue par le centre de surveillance de la liberté de la presse de l’association des journalistes polonais (Stowarzyszenie Dziennikarzy Polskich, SDP).

Dans son communiqué, Ordo Iuris informe aussi être en train d’analyser d’autres « affaires liées à la censure idéologique » pratiquée par Google et les médias sociaux. Des affaires qui pourraient déboucher sur de nouvelles actions en justice.

Article repris du site OJIM

George Soros étend son influence en Pologne

Comme nous le signalions le 2 février 2019, George Soros était en lice, de manière indirecte, pour le rachat des stations de radio du groupe polonais Eurozet : Radio Zet, Chillizet, Antyradio, Meloradio et Radio Plus ainsi qu’un studio de production de radio et de télévision. Ce groupe avait été racheté par le tchèque Daniel Kretinsky via Czech Media Invest au Français Lagardère au printemps 2018 pour être mis en vente par le nouveau propriétaire seulement quelques mois après.

Compétition autour d’Eurozet

Plusieurs acheteurs potentiels s’étaient présentés, mais c’est finalement le groupe Agora qui va acquérir 100% d’Eurozet. Le fonds d’investissement sorosien Media Development Investment Fund (MDIF) est propriétaire depuis 2016 de 11% des parts d’Agora dont les principaux médias sont aujourd’hui le journal quotidien Gazeta Wyborcza et la radio Tok FM, deux médias activement engagés contre le PiS depuis une quinzaine d’années notamment en raison de leur profil idéologique clairement libéral-libertaire. Agora est aussi déjà propriétaire, entre autres actifs, de plusieurs radios locales et d’un réseau de salles de cinémas.

Soros/MDIF investissent

On apprenait le 20 février 2019 qu’un contrat avait été signé en vertu duquel Czech Media Invest s’engageait à vendre 40 % des parts du groupe Eurozet à la société Agora et 60 % des parts à la société tchèque SFS Ventures dont l’actionnaire minoritaire (avec 24 % des parts) est la société américaine Salvatorska Ventures LCC appartenant aussi au fonds sorosien MDIF. Le contrat prévoit qu’Agora pourra racheter dans un délai d’un à trois ans les 60 % de SFS Ventures, devenant ainsi actionnaire unique. Le coût de la première tranche d’actions (40 %) est de 130 millions de zlotys (environ 30 millions d’euros), dont 75 millions sont financés par un crédit bancaire.

Avec 11 % des parts du groupe Agora, le fonds MDIF n’a que 8 % des voix, mais cette nouvelle opération impliquant une autre société où MDIF est présente montre que, en plus de financer une nébuleuse d’ONG, George Soros soutient, par l’intermédiaire de ses fonds d’investissement, le développement en Europe centrale de médias à même de promouvoir ses idées. Le groupe Agora a annoncé l’année dernière son intention d’accroître son chiffres d’affaires annuel d’un demi-milliard de zlotys d’ici à 2022 pour atteindre 1,6 milliard (370 millions d’euros).

Tour de passe passe avec Gazeta Wyborcza

À l’origine, la société Agora avait été créée en 1989 dans l’appartement du célèbre cinéaste Andrzej Wajda pour permettre à Adam Michnik de prendre le contrôle du journal de Solidarność Gazeta Wyborcza (dont Adam Michnik est encore aujourd’hui le rédacteur en chef). Ce journal avait lui-même été créé après l’accord de la Table ronde avec les communistes en prévision des élections semi-libres de 1989. « Ce qui a joué un rôle essentiel, c’est quand Adam Michnik s’est vu confier le premier journal légal de l’opposition, Gazeta Wyborcza, et le tour qu’il a joué en faisant de ce journal la propriété d’une société privée. Du coup, Gazeta Wyborcza est devenue indépendante de la direction de Solidarité et du Comité civique. Tout le monde pensait que ce serait le journal du syndicat ou du Comité civique, ou des deux à la fois. Il n’est venu à l’esprit de personne, ce qui s’est révélé extrêmement naïf, que ce serait la société privée de quelques personnes liées aux milieux de l’ancienne opposition interne du système [communiste] qui y défendraient uniquement leurs propres idées. », expliquait Jarosław Kaczyński, l’actuel chef du PiS, dans le livre-interview « Czas na zmiany » publié en 1993.

En investissant dans le groupe Agora et en soutenant son développement avec le rachat du groupe Eurozet, George Soros n’en est pas à ses premiers pas en Pologne. Dès 1988, il créait, avec l’accord d’un régime communiste en train de préparer sa sortie, la Fondation Batory qu’il continue de financer par l’intermédiaire de l’Open Society Foundations (OSF) et qui est très engagée aujourd’hui, comme les médias du groupe Agora, contre le PiS et en faveur de l’idéologie libérale-libertaire, notamment des revendications du lobby LGBT ainsi que de l’accueil des « migrants ».

Texte repris du site de l’OJIM

La Pologne versera des pensions de retraites aux mères de 4 enfants ou plus, par Olivier Bault

Nouveau programme pro-famille « Mama 4+ » : à partir de mars prochain, en vertu d’une loi annoncée par le PiS l’année dernière et désormais adoptée puis ratifiée il y a quelques jours par le président Duda, les mères de 4 enfants ou plus (ou les pères ayant eux-mêmes élevé 4 enfants ou plus après le décès de la mère ou l’abandon des enfants par leur mère) auront droit, si elle n’ont pas cotisé du tout ou suffisamment longtemps, à la pension de retraite minimale en Pologne, qui sera de 1100 zlotys/mois après sa revalorisation cette année.

Cette nouvelle mesure pro-famille a pour but d’encourager les naissances et de réduire la pauvreté des mères de familles nombreuses.

Si le taux de fécondité est repassé de 1,32 enfants par femme à 1,45 entre 2015-17, il y a eu à nouveau une baisse des naissances en 2018 : 388000 naissance contre 403000 en 2017. Cela n’est pas forcément dû à un échec du programme de cotisations familiales « Rodzina 500+ » introduites par le PiS. En effet, vu le vieillissement de la population polonaise et le fait qu’il y a de moins en moins de femmes en âge de procréer, même une hausse du nombre d’enfants par femme en âge de procréer (taux de fécondité) ne suffit pas à inverser la baisse des naissances. Elle ne peut que ralentir, voire à terme stopper cette baisse, tandis que le nombre de décès continue d’augmenter (avec 414000 décès l’année dernière, la Pologne a eu le plus grand nombre de morts en un an depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale).

La Hongrie a le même problème puisque sa population, malgré les politiques natalistes très généreuses pour les familles conduites depuis le début de la décennie, continue de voir sa population se réduire et le nombre de nouvelles naissances baisser légèrement.

Mais c’est aussi un problème culturel. En Pologne, les familles catholiques pratiquantes ont en moyenne plus d’enfants que les autres. La baisse du nombre d’enfants est donc aussi la conséquence logique de la baisse de la pratique religieuse (environ 38% de catholiques pratiquants réguliers aujourd’hui contre près de 50% au début du siècle).

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 20 février 2019

Médias en Europe de l’est : George Soros veut racheter des stations de radio en Pologne

Dans le grand jeu de dominos des médias, nous vous avions présenté le rachat discret mais constant par des intérêts américains étroitement liés à la CIA d’une bonne partie des médias dans les Balkans. En même temps, le Tchèque Daniel Kretinsky rachetait une partie des parts de Mathieu Pigasse dans le groupe Le Monde, l’hebdomadaire Marianne et certains actifs du groupe Lagardère dont des radios en Pologne. Ce sont ces dernières qui pourraient changer de mains.

Cinq stations de radios en vente

Le groupe polonais Eurozet, propriétaire de plusieurs stations de radio (Radio Zet, Chillizet, Antyradio, Meloradio et Radio Plus) ainsi que d’un studio de production de radio et de télévision, avait été racheté par le Tchèque Czech Media Invest au Français Lagardère au printemps 2018, dans le cadre d’une transaction qui englobait encore des stations de radio en Tchéquie, en Slovaquie et en Roumanie. Le groupe tchèque de Daniel Křetínský n’aura attendu que quelques mois pour mettre en vente son acquisition polonaise. Le gouvernement polonais espérait que cette vente serait l’occasion de « repoloniser » un peu les médias polonais, qui sont aujourd’hui majoritairement entre des mains étrangères, mais il n’est pas sûr que ce soit le cas.

Quatre acheteurs potentiels dont Soros

Trois acheteurs potentiels sont polonais. D’abord l’homme d’affaires Zbigniew Jakubas. Puis le groupe médiatique PMPG Polskie Media, propriétaire des hebdomadaires Do Rzeczy (libéral-conservateur) et Wprost (à la ligne éditoriale plus difficile à définir). Et enfin le groupe médiatique Fratria, propriétaire de plusieurs sites d’informations (dont le très populaire wPolityce.pl), de deux hebdomadaires (Sieci et ABC) et d’une télévision émettant sur Internet et sur le câble (wPolsce.pl) – des médias conservateurs ouvertement favorables au PiS. Mais depuis le 25 janvier 2019, un autre concurrent est en lice, plus inquiétant pour le gouvernement de Mateusz Morawiecki alors que les médias qui lui sont hostiles dominent déjà assez largement dans le paysage médiatique polonais.

Ce concurrent, c’est George Soros par l’intermédiaire de la société tchèque SFS Ventures dont l’actionnaire minoritaire (avec 24 % des parts) est la société américaine Salvatorska Ventures LCC appartenant au fonds d’investissement sorosien Media Development Investment Fund (MDIF). MDIF avait déjà acquis en 2016 un peu plus de 11 % des parts du groupe médiatique polonais Agora propriétaire, entre autres médias, de la radio Tok FM et du quotidien Gazeta Wyborcza, deux médias libéraux-libertaires férocement anti-PiS et mis en difficulté après le retrait par le gouvernement de Beata Szydło (Pis) du soutien massif dont ils bénéficiaient (notamment Gazeta Wyborcza) de la part des gouvernements de Donald Tusk puis d’Ewa Kopacz, principalement sous forme de publicités et d’abonnements des administrations.

Soros et le soutien de la Commission Européenne

Aujourd’hui SFS Ventures propose de racheter le groupe polonais Eurozet en partenariat avec Agora, qui acquerrait 40 % des parts contre 60 % pour SFS Ventures. De cette manière, le fonds d’investissement dans les médias de George Soros, présent dans le capital des deux sociétés, étendrait son influence en Pologne, ce qui n’est bien entendu pas du goût du gouvernement du PiS déjà attaqué par les nombreuses ONG de la nébuleuse sorosienne. Ajoutons aussi que le journal Gazeta Wyborcza bénéficie désormais pour attaquer le PiS (qu’il soit dans l’opposition ou au gouvernement) d’un soutien financier de la Commission européenne, elle-même en très bon rapport avec Soros, grâce à des articles payés par Euractiv.

À l’inverse, le groupe Fratria aurait bénéficié, selon Gazeta Wyborcza qui se réfère à une information de Wirtualnemedia.pl, pour financer le rachat d’Eurozet, d’un crédit de 51 millions d’euros de la part de la banque publique Pekao SA, un crédit que le journal met sur le compte du soutien du PiS.

C’est toutefois à Czech Media Invest de Daniel Kretinsky que reviendra le dernier mot, sans doute en faisant monter les enchères.

Influence étrangère ou capitaux polonais ?

Plusieurs représentants du parti au pouvoir ont exprimé leur avis négatif sur la tentative de George Soros d’accroître son influence dans les médias polonais. Pour la présidente de la commission de la Diète en charge de la culture et des médias, la vente d’Eurozet à Agora et à SFS Ventures sera un coup porté au pluralisme des médias en Pologne et est dangereuse pour le marché des médias et le débat public. Selon la porte-parole du PiS, le parti « Droit et Justice et Jarosław Kaczyński considèrent que l’État doit tout faire pour que les spéculateurs boursiers n’accroissent pas leur influence sur le marché des médias ». L’objectif de la Pologne est au contraire « d’accroître la part des capitaux polonais et de défendre le pluralisme ».

Un secrétaire d’État du ministère de la Culture et du Patrimoine national a toutefois expliqué que le gouvernement polonais ne dispose pas d’instruments lui permettant de s’opposer à l’expansion de George Soros dans les médias. Il avait été question d’une loi de déconcentration des médias, mais le projet a pour le moment été abandonné, sans doute pour éviter d’ouvrir un nouveau conflit avec Bruxelles. Le sujet reviendra probablement sur le devant de la scène si le PiS parvient à reconduire sa majorité au parlement aux élections législatives de l’automne prochain. En attendant, seule l’autorité de la concurrence et des consommateurs (UOKiK) pourrait intervenir contre l’offre sorosienne, mais uniquement si ce rachat d’Eurozet par les sociétés dont son fonds MDIF est actionnaire conduirait à une situation de domination excessive sur le marché, ce qui n’est apparemment pas le cas. Le budget de la fondation Soros Open Society était d’un milliard de dollars en 2018 comme nous vous le disions ici. Le budget 2019 ne devrait pas être inférieur, de quoi faire quelques emplettes en Pologne et ailleurs.

Article repris du site de l’OJIM

Pologne : des militants patriotes interrompent la première marche des fiertés à Czestochowa

10/07/2018 – EUROPE (NOVOpress)
La première marche LGBT à se dérouler dans la ville polonaise de Czestochowa a été interrompue par des contre-manifestations organisées par des militants nationalistes, conservateurs et catholiques, malgré la présence de la police qui a ensuite séparé les deux rassemblements.


Le retrait du droit de vote de la Pologne dans l’Union Européenne

21/12/2017 – EUROPE (NOVOpress)
L’Union Européenne a annoncé mercredi qu’elle avait déclenché une procédure inédite contre la Pologne, qui pourrait aller jusqu’à priver le pays de ses droits de vote au sein de l’Union Européenne. Cette procédure fait suite à la réforme controversée qui a été approuvée par le Sénat polonais en fin de semaine dernière.

Cette réforme vise en particulier à instaurer un contrôle politique plus étroit sur l’institution judiciaire. La Commission Européenne a hier conclu à la présence « d’un risque de violation grave de l’Etat de droit ».
Cependant, d’éventuelles sanctions comme le retrait du droit de vote ne pourront intervenir que si Varsovie n’effectue pas de changements dans un délais de trois mois. Puis elle nécessite un vote à l’unanimité des pays européen.

Or, la Hongrie de Viktor Orban, contre laquelle une procédure similaire n’est d’ailleurs pas exclue, a déjà annoncé qu’elle se rangera dans le camp de la Pologne. Le nouveau Premier ministre polonais a annoncé sa venue à Bruxelles le 9 janvier prochain afin d’améliorer l’image de la Pologne et de défendre ces réformes. C’est en tout cas la preuve qu’un rapport de force politique nouveau est en train d’émerger, au coeur même de la machine européenne.


Chrétiens et migrations : pour Monseigneur Sarah, la Pologne montre le chemin – par François Teutsch

Discernement dans la charité, fermeté dans la vérité, justice et lucidité. De quoi convaincre ceux qui critiquent l’Église.

Comment aborder la question des migrations sous un angle chrétien, en se gardant des écueils de l’angélisme ou de la dureté de cœur ? La question migratoire est, qu’on le veuille ou non, une réalité quotidienne, et l’ignorer est passablement suicidaire. Se couvrir les yeux pour ne pas avoir à s’engager est une forme de lâcheté aussi méprisable qu’irresponsable.

Le clergé français adopte, sur ce sujet, une attitude majoritairement irénique. En répétant à temps et à contretemps que l’immigré doit être accueilli sans réserve, en refusant tout autre débat sur l’islam autre que le sempiternel dialogue interreligieux, il se coupe des préoccupations de la population en général, et des fidèles catholiques en particulier, qui comprennent bien, eux, que la situation actuelle est intenable, quel que soit l’angle sous lequel on la regarde.

Le pape François a souvent surpris, en tenant des propos que certains ont applaudis à deux mains, mais qui ont profondément choqué les autres. Ce faisant, il provoque un malaise dont il serait insensé d’ignorer la cause et les conséquences. Un jour prêchant l’ouverture totale des frontières, un autre rappelant la doctrine traditionnelle de l’Église, le pape argentin donne l’impression – à tort, peut être – de ne pas comprendre la réalité européenne, puisque c’est bien de l’Europe qu’il s’agit quand on évoque les flux migratoires massifs.

Le cardinal Robert Sarah, considéré comme un conservateur au sein de la Curie, n’a pas sa langue dans sa poche. Guinéen, archevêque de Conakry, nul ne peut lui faire de procès en racisme, en colonialisme ou en méconnaissance de la situation subsaharienne. Africain de l’Ouest, il a une riche expérience de la cohabitation entre chrétiens et musulmans. Et la leçon qu’il a donnée aux Polonais sur ce sujet a l’immense mérite de la clarté, de la nuance et de la charité dans la fermeté.

Lors d’une conférence prononcée le 22 octobre à Varsovie, invité par le mouvement Europa Christi, le cardinal a commencé par dénoncer la cause du phénomène : « Ainsi la Pologne montre-t-elle le chemin lorsqu’elle refuse de se plier automatiquement à certaines injonctions portées par la mondialisation libérale. Telle est la logique des flux migratoires que certains voudraient aujourd’hui lui imposer. »

Voilà pour la dénonciation d’un système qui nie l’identité de chaque nation au profit d’une vision purement individualiste de la personne. Les papes n’ont jamais rien dit d’autre. Puis vient la question de l’accueil : « Tout migrant est certes un être humain à respecter dans ses droits, mais les droits humains ne sont jamais déconnectés des devoirs correspondants. » Et pan ! pour les agneaux bêlants qui dédouanent le réfugié de toute responsabilité envers le pays d’accueil.

« Le migrant, surtout s’il est d’une autre culture et religion et qu’il participe à un considérable mouvement de population, n’est pas un absolu relativisant le droit naturel et le bien commun des peuples. Chaque homme a d’abord le droit de rester vivre dans son pays. »

Voici des propos fermes et équilibrés. Nul rejet du migrant, nulle contemplation béate d’un phénomène de masse qui met en péril l’équilibre des sociétés européennes. Et le prélat de conclure : « Il s’agit de coopérer ardemment au développement intégral des peuples touchés par la guerre, la corruption et les injustices de la mondialisation. Et non pas d’encourager le déracinement des individus et l’appauvrissement des peuples. »

Tout est dit. Discernement dans la charité, fermeté dans la vérité, justice et lucidité. De quoi convaincre ceux qui critiquent l’Église que celle-ci sait tenir un discours conforme à sa vocation. Que ceux qui ont des oreilles entendent…

François Teutsch

Source : Boulevard Voltaire Chrétiens et migrations : pour Monseigneur Sarah, la Pologne montre le chemin

Pologne : une foule immense de patriotes polonais dans les rues de Varsovie

Pologne Marche Indépendance 2017

La Marche de l’Indépendance organisée par les nationalistes chaque 11 novembre à Varsovie dérange de plus en plus. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer l’incroyable quantité de fake news produites par les grands médias à son sujet. Deux exemples de mensonges particulièrement grossiers, parmi bien d’autres. Le journal Le Monde expliquait dans un article publié lundi : « À l’unisson, les manifestants ont scandé des slogans appelant à la violence et à la xénophobie, tels que : « La Pologne pure, la Pologne blanche. » Le Washington Post publiait quant à lui la photo d’une banderole appelant à prier « pour un holocauste islamique », en prétendant qu’une telle inscription avait été brandie samedi à Varsovie. Il s’agissait en fait d’une banderole déployée il y a deux ans sur un pont de la ville de Poznań et cela n’avait rien à voir avec la grande marche patriotique organisée par les nationalistes à Varsovie. Quant à la clameur « à l’unisson » citée par Le Monde, c’est une invention qui devrait valoir au Monde une pastille rouge dans son propre Décodex.

Si cette Marche de l’Indépendance dérange, c’est qu’il s’agit de la plus grosse manifestation patriotique en Europe, et qu’elle attire chaque année une centaine de milliers de patriotes. Pire encore pour les médias libertaires, le mot d’ordre de cette année était : « Nous voulons Dieu. »

Autre outrage à la bien-pensance, alors que ce sont des mouvements nationalistes qui organisent la manifestation, la plupart des participants sont des patriotes qui ne sont absolument pas liés à ces nationalistes et qui ne partagent pas leurs convictions, mais qui partagent leur attachement pour la patrie et leur foi catholique.

Point de cordon sanitaire pour enfermer les nationalistes en Pologne, car contrairement à ce qu’en disent de nombreux médias qui évoquent une marche « fasciste » ou « néonazie », les nationalistes polonais sont des nationalistes chrétiens qui rejettent tous les totalitarismes : fasciste, national-socialiste, communiste, LGBTiste…

Pire encore pour la gauche libertaire, y compris polonaise, depuis l’arrivée au pouvoir du PiS en 2015, la Marche de l’Indépendance est protégée par la police contre les attaques des antifas et l’on n’assiste plus aux provocations policières qui étaient, selon toute probabilité, organisées par le gouvernement précédent. Le président du comité organisateur de la Marche de l’Indépendance le reconnaît d’ailleurs lui-même : beaucoup des manifestants sont des sympathisants du PiS et non pas du mouvement nationaliste.

On voit en effet à cette marche beaucoup de jeunes, mais aussi des personnes âgées et des familles, et encore des prêtres en soutane, etc. C’est une foule variée qui participe à cet événement patriotique qui vient d’en bas, et qui doit son succès, selon les représentants de la droite du gouvernement que nous avons pu interroger avec l’équipe de TVLibertés et du Visegrád Post envoyée pour couvrir l’événement, au fait que ce genre de commémorations avait été négligé par les gouvernements successifs et que l’on assiste en Pologne à un renouveau du patriotisme et de l’intérêt pour l’histoire et la tradition du pays, en particulier au sein de la jeune génération qui vote, précisons-le, massivement à droite.

Olivier Bault
correspondant de Présent en Pologne

Article paru dans Présent daté du 15 novembre 2017

Après la mort d’un de ses ressortissants près de Calais, la Pologne répond à Macron – par Olivier Bault

L’État français ne se contente pas de faillir à ses devoirs vis-à-vis de ses propres citoyens, il viole aussi gravement ses obligations européennes.

Après la mort, mardi, du chauffeur d’une camionnette immatriculée en Pologne à cause d’un barrage d’immigrants clandestins sur l’A16 près de Calais, le gouvernement polonais a rappelé la France à ses obligations européennes. Un des piliers de l’Union européenne, c’est la libre circulation des personnes et des marchandises. En refusant d’imposer la loi de la République dans la région de Calais et à assurer le passage libre et en toute sécurité entre son territoire et la Grande-Bretagne, l’État français ne se contente pas de faillir à ses devoirs vis-à-vis de ses propres citoyens, il viole aussi gravement ses obligations européennes, et il le fait en toute conscience depuis plusieurs années.

Dans ces conditions, l’interview d’Emmanuel Macron publiée mercredi dans huit journaux européens, dont Le Figaro et le journal polonais Gazeta Wyborcza, est tombée au plus mauvais moment. C’est en effet plutôt culotté pour le Président d’un pays incapable d’assurer la libre circulation sur son territoire de rappeler les pays d’Europe centrale et orientale, même si c’est sans les nommer, à leurs obligations vis-à-vis de l’Union européenne, les accusant de traiter l’Union européenne comme un supermarché.

Pire encore : quand Macron parle d’une montée des démocraties illibérales et d’une réémergence de régimes autoritaires en Europe, les Polonais et les Hongrois se savent désignés. Pourtant, s’il est un endroit où la démocratie et les libertés individuelles ne sont plus garanties en Europe, c’est bien sur l’autoroute A16 comme dans le voisinage calaisien des camps sauvages d’immigrants clandestins.

Comme d’autres en Europe, cela fait longtemps que les chauffeurs polonais se plaignaient de l’insécurité qui règne dans la région de Calais. Certains transporteurs routiers ont même renoncé à livrer des marchandises en Grande-Bretagne et en Irlande à cause de cette situation d’anarchie. À cause du laxisme français face aux immigrants clandestins, le Marché unique européen et l’Europe sans frontières est une fiction pour ces destinations. Et n’évoquons même pas le prestige de la France à l’étranger, qui en prend un sacré coup !

Après la mort d’un de ses compatriotes sur l’autoroute A16 près de Calais, le ministre de l’Intérieur polonais Mariusz Błaszczak a écrit à son homologue français, le socialiste Gérard Collomb, pour exiger que la France garantisse réellement la sécurité des personnes qui voyagent en direction de la Grande-Bretagne. Il a aussi proposé des renforts polonais pour assurer la sécurité du passage. Des gardes-frontières polonais sont déjà présents aux frontières entre la Hongrie et la Serbie, entre la Bulgarie et la Turquie et entre la Macédoine et la Grèce, a rappelé Mariusz Błaszczak, et ils pourraient venir seconder les forces de l’ordre françaises visiblement dépassées par la situation. « C’est comme cela que nous faisons preuve de solidarité », a expliqué le ministre polonais en se référant aux accusations de manque de solidarité européenne formulées à l’encontre des pays qui refusent la relocalisation des immigrants clandestins, « pas en reproduisant les erreurs commises par l’Europe il y a plusieurs dizaines d’années, ou par l’Allemagne en 2015, quand les frontières ont été ouvertes aux émigrants du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. »

Olivier Bault

Texte repris du site Boulevard Voltaire

Fracture Est/Ouest dans l’Union européenne sur l’immigration

Chard Immigration UE

Pour Viktor Orbán, il est clair que la résolution votée le 17 mai par le Parlement européen (393 voix pour, 221 contre et 64 abstentions) pour demander le déclenchement de l’article 7 contre son pays est principalement motivée par son refus des quotas d’immigrants clandestins. L’article 7, qui peut priver un pays membre de ses droits en cas de violation des principes fondamentaux de l’UE, nécessitera toutefois l’unanimité de tous les autres gouvernements. La Pologne a déjà promis qu’elle s’y opposerait.

Le 16, c’était le commissaire européen chargé des Affaires intérieures, le Grec Dimitris Avramopoulos, qui menaçait de sanctions la Pologne, la Hongrie et l’Autriche pour n’avoir encore accueilli aucun immigrant clandestin dans le cadre du fameux système de relocalisation. Le 18, les députés au Parlement européen demandaient l’accélération de la relocalisation des immigrants clandestins. Hormis Nadine Morano, tous les députés LR français ont voté pour, démontrant ainsi qu’en dépit du programme de François Fillon pour la présidentielle, ils continuent de soutenir l’immigration de masse.

Dans leur résolution de mercredi contre la Hongrie, les députés européens demandaient d’ailleurs entre autres choses « l’abrogation, par le gouvernement hongrois, des lois restreignant les règles pour les demandeurs d’asile et les organisations non gouvernementales ». Ces lois, alliées à la double clôture frontalière édifiée à grands frais par la Hongrie, permettent justement à Budapest de lutter efficacement, pour le plus grand bien de tous les Européens, contre l’immigration illégale, ce qu’Athènes et Rome refusent de faire.

On le sait, la tâche des pays chargés de surveiller les frontières extérieures de l’UE a été rendue particulièrement ardue par la chancelière allemande Angela Merkel qui a ouvert en grand les portes de l’Allemagne en 2015. C’est justement la raison pour laquelle le Polonais Jarosław Kaczyński a répondu lundi aux eurocrates que c’est l’Allemagne, et non la Pologne, qui doit en supporter les conséquences aujourd’hui.

A l’opposé de la Pologne, de la Hongrie et de la plupart des pays d’Europe centrale et orientale, Autriche comprise, qui demandent une politique à l’australienne pour stopper l’immigration illégale, le nouveau président français a promis ce week-end au Premier ministre italien Paolo Gentiloni que Paris allait désormais faire preuve d’une plus grande solidarité avec Rome dans l’accueil des « migrants ». Une solidarité qui ne peut qu’inciter toujours plus de « migrants » à tenter leur chance.

Olivier Bault

Article et dessin de Chard parus dans Présent daté du 24 mai 2017

Quotas de « migrants » : l’ultimatum de la Commission européenne à l’Autriche, la Hongrie et la Pologne

22/05/2017 – EUROPE (NOVOpress)
Mardi dernier, la Commission européenne a annoncé qu’elle engagerait une procédure contre l’Autriche, la Hongrie et la Pologne pour violation des traités si ces pays ne commencent pas à accueillir leur quota de « migrants » d’ici à la fin juin.

Ces trois pays n’ont encore accepté aucun de ces clandestins arrivés en Italie et en Grèce dans le cadre du système de redistribution adopté à la majorité en conseil des ministres de l’UE en septembre 2015.

La Hongrie et la Slovaquie, soutenues par la Pologne, contestent cette décision de 2015 devant la Cour de Justice de l’UE.

La Pologne soumise au chantage par l’Union européenne sur les vagues migratoires

19/05/2017 – EUROPE (NOVOpress)
Dans le cas cadre du programme de l’Union européenne pour la réinstallation des réfugiés, le commissaire européen aux Migrations des affaires intérieures Dimitris Avramopoulos a menacé la Pologne et la Hongrie de sanctions si elles ne recevaient pas d’ici juin des réfugiés venant d’Italie et de Grèce.

La première ministre polonaise Szidlo a fait savoir, il y a deux jours qu’elle considérait cette politique migratoire comme un chantage. Elle a bien indiqué que le groupe Visegrad réunissant la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie et la République tchèque, s’était opposé à la politique de quotas fixée par L’Union européenne.

Nous n’accepterons pas l’imposition à la Pologne et à d’autres pays des quotas obligatoires de réfugiés.

Elle a également ajouté que les autorités polonaises étaient prêtes à fournir une aide humanitaire là où elle était nécessaire et a rappelé sa participation constante aux efforts humanitaires internationaux et sa collaboration avec les organisations non gouvernementales pour l’aide dans le traitement des victimes des guerres africaines et du Moyen Orient.

Marek Jurek : « Les Polonais ont décidé de rompre avec le système libéral »

Marek Jurek Système libéral

28/03/2017 – POLOGNE (NOVOpress) : Ancien président de l’Assemblée nationale polonaise (2005-2007), Marek Jurek, actuel député au Parlement européen, l’affirme au micro de TV Libertés : « Les Polonais ont décidé de rompre avec le système libéral. » Celui qui siège dans le groupe ECR (Conservateurs et Réformistes européens), avec les députés du PiS polonais et les conservateurs britanniques, dirige le PR (Prawica Rzeczypospolitej, Droite de la République), une formation conservatrice très attachée aux valeurs du catholicisme. Cette formation est parfois associée au parti dirigeant PiS. C’était notamment le cas lors des élections européennes de 2014.

Il répond aux questions de Nicolas de Lamberterie sur l’actualité de la Pologne (réformes du PiS, question de l’avortement, avenir du groupe de Visegrád, questions migratoires) et de l’Union européenne.

Marine Le Pen, attaquée jusqu’en Pologne par la presse

25/03/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
La désinformation n’est pas une exception française ! En effet, l’OJIM (Observatoire des Journalistes de l’Information Médiatique) a récemment décelé un joli bobard dans la presse polonaise.

Eh oui, même le quotidien Rzeczpospolita (« République ») ne rechigne pas à mentir, tant que cela va dans le « bon » sens

En effet, dans sa Une, le quotidien national polonais écrit, je cite : « L’image d’une Pologne qui cherche à affaiblir l’Union européenne est aujourd’hui si répandue à l’Ouest que Marine Le Pen, candidate à la présidence de la République française, propose au leader du PiS une alliance pour démonter la Communauté européenne si elle gagne les élections en mai ».

Cependant, la candidate du Front National n’a jamais prononcé un tel discours

Heureusement, la vérité triomphe parfois ! Le discours auquel fait référence le quotidien a été enregistré. En réalité, voici ce qu’a dit Marine Le Pen : « Si demain je suis présidente de la République française, je pense que je pourrai avoir un débat avec M. Orbán sur ce qui nous apparaît inadmissible, insupportable dans la manière dont l’Union européenne agit aujourd’hui, et c’est pareil pour M. Kaczynski ». On est loin du démantèlement promis par le quotidien.
Suite à ces propos, M Kaczynski, chef du PiS, parti conservateur Droit et Justice, avait été interrogé par des journalistes sur les dires, déformés, de Marine Le Pen. Le Polonais avait alors démenti la propagande selon laquelle son parti défendrait un Polexit.

Pourquoi ce journal réputé sérieux prend il le risque de perdre toute crédibilité ?

En 2010, le Premier ministre polonais avait fait taire cette presse d’opposition qui attaquait un peu trop son gouvernement : rachat des parts du journal par un ami et remplacement du rédacteur en chef… Voilà un bel exemple d’un journalisme ni libre ni d’investigation, mais bien d’un instrument de propagande politique.

Face au Grand Remplacement, les politiques natalistes polonaise et hongroise

Chard Natalité

31/03/2016 – VARSOVIE (NOVOpress avec PrésentA compter du 1er avril, les familles polonaises vont percevoir une allocation de 500 zlotys (environ 120 euros) par enfant, à partir du deuxième enfant, sans condition de revenu. Depuis la chute du communisme en 1989-1990, c’est la première fois que la Pologne met en place des allocations familiales. Le but déclaré est d’encourager les Polonais à faire plus d’enfants. Cette allocation sera également versée à partir du premier enfant aux familles dans lesquelles le revenu par tête est inférieur à 800 zlotys (ou à 1200 zlotys en cas d’enfant handicapé). Il s’agissait d’une mesure phare du programme électoral du PiS, qui a gagné les élections législatives le 25 octobre dernier. Car les Polonaises ont un taux de fécondité de 1,3 enfant par femme et différentes études ont montré que les contraintes financières sont un obstacle majeur à partir du deuxième enfant. 

En Pologne, le salaire moyen net de charges et d’impôt sur le revenu est de seulement 2800 zlotys (environ 670 euros), et un quart des familles avec quatre enfants ou plus vivent dans une extrême pauvreté. Du coup, certains juges retiraient la garde d’enfants à leurs parents pour cause de conditions de vie jugées insuffisantes. Grâce à une nouvelle loi votée en mars, ils ne pourront plus le faire.

La Pologne suit ainsi la voie prise par la Hongrie en 2010 avec l’arrivée du Fidesz au pouvoir. Viktor Orban avait alors fait adopter plusieurs mesures de soutien aux familles, avec des allègements fiscaux dont l’importance s’accroît en proportion du nombre d’enfants, indépendamment du niveau de revenus. La Hongrie a aussi mis en place de nombreuses aides financières et matérielles, ainsi que des prêts préférentiels pour l’accès au logement des familles avec trois enfants ou plus. Les premiers effets se font déjà sentir : le taux de fécondité est remonté de 1,23 enfant par femme en 2011 à 1,44 en 2014 (chiffres Eurostat).

« Une communauté qui ne peut se maintenir biologiquement est vouée à la disparition. L’immigration n’est pas une réponse. C’est un piège, un bluff. Nous devons reconnaître les politiques familiales motivées par la démographie comme essentielles et légitimes », expliquait Viktor Orban en octobre 2013 dans un discours prononcé à Londres devant le think-tank de politique étrangère Chatham House.

Olivier Bault

Texte paru dans Présent n° 8579 daté du 2 avril 2016

« Viol islamique de l’Europe » : la couverture politiquement incorrecte d’un magazine polonais

Source : OJIM

La couverture de l’hebdomadaire polonais wSieci paru le 15 février dernier en a fait bondir plus d’un : une femme blanche et blonde vêtue d’un drapeau européen en guise de robe, avec des mains basanées, probablement nord-africaines ou moyen-orientales, l’attrapant par les cheveux, les poignets, les hanches et le décolleté.

En titre : « Viol islamique de l’Europe » avec, en sous-titre, « Notre rapport : ce que les médias et les élites bruxelloises cachent aux citoyens de l’Union ». Cette couverture renvoie à deux articles : « L’enfer de l’Europe », d’Aleksandra Rybińska, et « L’Europe veut-elle se suicider ? », de Bronisław Wildstein. Il s’agit de deux journalistes conservateurs, aux vues plutôt proches du parti Droit et Justice (PiS) de Kaczyński, actuellement au pouvoir, qui publient régulièrement dans cette revue conservatrice et globalement plutôt favorable au PiS. wSieci (un nom qui signifie « Dans le réseau », écrit en un seul mot) est un hebdomadaire jeune, qui a fait son apparition en 2012. En décembre 2015, il s’est vendu en moyenne à plus de 84 000 exemplaires, ce qui en fait le quatrième hebdomadaire d’actualité en Pologne (le numéro 1 des hebdomadaires d’actualité s’est vendu le même mois à 142000 exemplaires en moyenne). Il a été créé par un groupe de journalistes conservateurs qui ont aussi développé un des plus grands sites d’information de droite en Pologne : wPolityce.pl. Cet hebdomadaire est un habitué des couvertures « chocs » ou « polémiques ».

Lire la suite« Viol islamique de l’Europe » : la couverture politiquement incorrecte d’un magazine polonais

Europe centrale : durcissement des mesures contre l’immigration

17/02/2016 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Alors que la Commission européenne prévoit l’arrivée d’au moins 3 millions d’immigrés supplémentaires dans l’Union européenne, d’ici 2017, les pays d’Europe centrale se montrent de plus en plus réticents à l’idée d’en accueillir chez eux.

Dernièrement, l’Autriche s’est ajoutée à la liste…
Hier, le ministre de l’Intérieur autrichien conservateur, Johanna Mikl-Leitner, a, en effet, annoncé le rétablissement des contrôles aux frontières avec la Slovénie, la Hongrie et l’Italie ainsi que l’instauration de diverses mesures. Parmi ces dernières, la mise en place de grillages dans le but d’endiguer l’arrivée de clandestins. Toutefois, pour le moment, il est difficile de dire si ces annonces relèvent d’un coup de communication ou d’une volonté politique de mettre fin à l’immigration.

Les pays du groupe de Visegrád se montrent quant à eux de plus en plus offensifs…
Ils envisagent, en effet, de fermer leurs frontières dans les Balkans. Le groupe de Visegrád regroupe 4 pays, la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie. Lundi, ses dirigeants se sont réunis, à Prague, pour notamment examiner la crise migratoire. La Bulgarie et la Macédoine étaient également invitées pour la première fois à cette rencontre. La réunion avait pour but d’appuyer une fermeture des frontières dans les Balkans pour afin de bloquer l’arrivée de clandestins venant de Grèce en direction vers l’Allemagne ou la Suède. Viktor Orbán a annoncé que la Hongrie était prête « à fournir des gardes-frontières et d’autres ressources humaines et matérielles aux pays qui seraient prêts à bâtir une deuxième ligne de défense au sud de la Hongrie ».

Conférence sur la sécurité à Munich ou chronique de l’impuissance occidentale

16/02/2016 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)
Fondée, en 1963, afin de permettre à des ministres, à des députés ou encore à de hauts responsables militaires d’échanger sur les problèmes de politique étrangère et de défense auxquels les États-Unis et l’Europe sont confrontés, la conférence de Munich sur la sécurité a eu lieu le WE dernier.

Le début de la conférence a été marqué par une signature d’un accord sur la situation syrienne entre le secrétaire d’État américain John Kerry et le ministre des Affaires étrangères russes Sergueï Lavrov.
Tout à fait, mais il faut être prudent sur l’application de l’accord : il ne s’agit nullement d’un cessez-le-feu, mais plus d’une cessation des hostilités. En effet, le caractère définitif de l’arrêt du conflit n’est pas prévu par l’accord. Selon le texte, cet arrêt des combats interviendra après confirmation par le gouvernement syrien et l’opposition ; une perspective qualifiée par beaucoup d’ambitieuse.

Les chances de réussites de cet accord ne paraissent donc pas très élevées…
D’autant plus que même les signataires n’y croient pas vraiment. Côté américain on craint l’inaction russe. Côté russe on dénonce les divergences de discours entre le Pentagone et le département d’État. M. Lavrov a conclu « Tout cela veut dire que les États-Unis ne vont pas cesser leurs frappes aériennes, mais que la Russie doit arrêter les siennes. C’est malheureux, mais ça signifie que cet accord de Munich sera impossible à réaliser, et ce sera la faute des Américains ».

L’autre sujet de tension a été les propos de Manuel Valls sur l’accueil des migrants
En effet, celui-ci a indiqué que la France ne pourrait pas accueillir plus de 30 000 demandeurs d’asile. Sur le fond, les propos du Premier ministre n’ont pas surpris : les Allemands savent que la France ne veut pas accueillir plus de réfugiés, mais la forme est jugée inconvenante par l’entourage d’Angela Merkel.

Peut-on donc dire que tout a divisé lors de cette conférence ?
Tout sauf le constat clinique : nous n’avons jamais été aussi peu en sécurité.

Pour aller plus loin, peut-on dire que la Russie et les États-Unis sont dans une seconde guerre froide ?
En effet, James Clapper, le patron du renseignement américain, a déclaré qu’il était possible que les États-Unis et la Russie retrouvent une guerre froide. Il considère que la Russie a développé un projet de missiles croisière en violation du traité des forces nucléaires. Tout comme pendant la guerre froide, les États-Unis se servent de l’OTAN et de théâtres extérieurs pour intervenir indirectement. À ce titre, on peut rappeler que les ministres de la Défense de l’OTAN ont annoncé que l’OTAN allait renforcer sa présence militaire en Europe de l’Est afin de minimiser le risque d’une nouvelle annexion par la Russie.