Les 3 raisons de l’embrasement dans les banlieues, par Clément Martin (Les Identitaires)

Samedi 18 avril à Villeneuve-la-Garenne, un multirécidiviste percute une voiture de police banalisée et se blesse à la jambe. Aussitôt, des rumeurs de « bavure policière » et de « jambe coupée » envahissent les réseaux sociaux avant d’être rapidement infirmées, comme d’habitude…

Immédiatement, les racailles du quartier du délinquant attaquent la police et les affrontements tournent à l’émeute.

Le lendemain, d’autres quartiers de la région parisienne s’embrasent.

Le 20 avril, les violences urbaines font tâche d’huile. A Strasbourg, Lyon, Toulouse ou Rouen, des bandes de racailles brûlent des véhicules, lancent des projectiles sur la police et les pompiers et tentent d’incendier des commissariats.

Si la réponse étatique n’est pas à la hauteur, la situation pourrait rapidement dégénérer.

Depuis les émeutes de 2005, nous assistons pour la première fois à une contagion dans toute la France.

Pour quelles raisons ?

Le trafic de drogue en panne

Le confinement met à mal l’économie criminelle dans les banlieues. Les dealers rencontrent des difficultés à s’approvisionner à cause de la fermeture des frontières. Les consommateurs sortent moins de chez eux. « Les trafiquants sont donc sur les dents, et ils entendent faire passer un message fort pour se réapproprier le contrôle de certains quartiers et rassurer ainsi leurs clients. Leur but est d’éliminer toute présence policière dans ces zones afin de continuer à mener leurs activités sans être gênés dans leur business » (Le Figaro, 20/04/2020).

Le séparatisme se traduit dans les faits

Depuis le début de l’épidémie du Coronavirus, plus de 20 000 Français sont décédés. Mais comme tous les drames que nous vivons, l’union nationale ne concerne qu’un seul peuple : le nôtre. Incendie de Notre-Dame, mort de Johnny Hallyday, mobilisation des Gilets Jaunes, respect du confinement, attentats islamistes…à chaque fois que la France se réunit ou pleure ses morts, les banlieues immigrées affichent ostensiblement leur indifférence voire leur hostilité.

Nous vivons dans le même pays mais n’avons rien en commun. Nous ne partageons rien. Nous n’obéissons pas aux mêmes lois. Pour eux, le confinement, c’est « pour les blancs ». Ils ne veulent rien changer à leurs habitudes et se moquent de nos interdictions. Contexte sanitaire ou non, ils continuent de casser, de détruire et d’attaquer la police.

La haine de la France à son paroxysme

Ces émeutes n’ont rien à voir avec une quelconque « question sociale » comme le pense naïvement une partie de la gauche. Elles ne trouvent pas non plus leur origine dans de pseudos violences policières (l’affaire Théo devrait pourtant les inciter à la prudence…). Elles ne sont que l’expression d’une haine totale et absolue de notre pays et de ses institutions.

Ils nous haïssent. Cette vérité brute est toujours tue. Pourtant, il s’agit du moteur principal de leurs actions. Tant qu’on ne possède pas cette grille de lecture, on ne peut rien comprendre à ces événements.

Lors des manifestations des Gilets Jaunes, Christophe Castaner avait mobilisé les blindés de l’armée pour faire face aux émeutiers dans les rues de Paris. Qu’attend-il pour les envoyer en banlieue ?

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Les zones de non-droit en confinement décomplexé – Emeutes anti-flics à Villeneuve-la-Garenne et ailleurs, par Franck Deletraz

En se félicitant encore dimanche du « bon respect » des mesures de confinement en France, le Premier ministre s’est évidemment bien gardé d’évoquer la situation dans les zones de non-droit, où ledit confinement est systématiquement violé par les bandes ethniques, qui y voient même une occasion supplémentaire de « casser du flic ». C’est ainsi que samedi soir, après qu’un « jeune » a fait une chute à moto en tentant d’échapper à un contrôle routier, la patrouille de la BAC qui voulait le contrôler a manqué de peu de se faire lyncher par les voyous d’un quartier ethnique de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine).

A l’origine de ce nouveau week-end d’échauffourées, un scénario devenu, hélas, d’une banalité déconcertante. Vendredi soir, vers 22 heures, alors qu’un équipage de la BAC du 92 embarqué à bord d’une voiture banalisée patrouille avenue de Verdun, il voit arriver derrière lui à très vive allure un individu circulant sans casque sur une mini-moto non homologuée et donc interdite à la circulation. Le véhicule de police étant arrêté à un feu rouge, les policiers en uniforme sont alors descendus de ce dernier pour ordonner au conducteur de s’arrêter et procéder à un contrôle. Or, celui-ci, refusant d’obtempérer, a cherché à forcer le passage en passant sur la droite du véhicule de police et a percuté la portière dudit véhicule, entraînant ainsi sa chute et se fracturant le fémur en heurtant un poteau. Alors que les agents de la BAC lui prodiguaient immédiatement les premiers soins, ils allaient rapidement se retrouver encerclés par une cinquantaine de « jeunes » du quartier criant à la « bavure », les insultant copieusement et les menaçant de mort. C’est ainsi que sur les nombreuses vidéos mises en ligne à la suite de cet accident, on voit très nettement plusieurs « jeunes » provoquer les agents en les bousculant et les menacer en criant « vous allez le payer ! ». Des « jeunes » qui, au passage, allaient également ameuter leurs camarades en multipliant les appels sur les réseaux sociaux, faisant même croire aux internautes que l’accidenté avait… la jambe arrachée ! Ces appels à l’émeute, voire au meurtre, ont immanquablement entraîné des échauffourées dans la nuit de samedi à dimanche, les « jeunes » s’étant peu à peu ameutés pour caillasser les forces de l’ordre.

Notons que, parmi les quelque 150 000 messages anti-flics échangés ce soir-là sur les réseaux sociaux, devait notamment figurer celui du président de SOS Racisme Dominique Sopo, que l’on n’entend pourtant jamais protester quand des policiers ou des pompiers sont pris dans des guets-apens, évoquant de façon mensongère une course-poursuite et réclamant que « toute la lumière [soit] faite » sur cette affaire. Ou encore la réaction de la militante antiraciste Assa Traoré, du Comité Adama, estimant que cet événement illustrait un « confinement [qui] se transforme en déchaînement de violences policières dans les quartiers populaires » !

Le motard a foncé délibérément sur l’agent

Pour tenter de mettre fin aux rumeurs circulant sur les réseaux sociaux et, hélas, reprises par certains grands médias, la préfecture de police a publié dimanche un communiqué officiel indiquant que, si les policiers avaient remarqué l’homme à mini-moto « une première fois en sens opposé », non seulement il n’y avait pas eu de course-poursuite mais qu’en outre le « jeune » avait délibérément foncé sur la voiture de police. En effet, a-t-elle indiqué, « voulant procéder à son contrôle, l’équipage a ouvert la portière avant droite pour sortir du véhicule. Le motard a foncé sur le chef de bord qui se trouvait en dehors du véhicule, il a percuté la portière et a fini sa course dans un poteau. » Une version d’ailleurs confirmée par certains témoins, ainsi que par un policier qui a expliqué dans Le Parisien que, « de toute évidence, [le motard] voulait l’éviter au dernier moment, mais n’a pas réussi ».

En même temps, on apprenait (sans grande surprise) que la pauvre « victime de bavure » était loin d’être un enfant de chœur : âgé de 30 ans, ce délinquant multirécidiviste aux « antécédents longs comme le bras », dont « violences, stups, agression sexuelle », était sous contrôle judiciaire depuis le 16 mars pour « menaces de mort et doit être jugé en juillet » ! Enfin, le parquet annonçait l’ouverture d’une première enquête pour des faits de « rodéo urbain » et de « mise en danger d’autrui » à l’encontre de ce délinquant, afin de déterminer les circonstances exactes de l’accident, et d’une deuxième enquête visant cette fois les auteurs des outrages et des menaces de mort perpétrés samedi soir à l’encontre des policiers de la BAC. De son côté, Me Gas, avocat de ce délinquant d’origine maghrébine, annonçait son intention de déposer ce lundi deux plaintes pour « blessures avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique » : la première auprès du parquet de Nanterre et la seconde auprès de l’IGPN. Bref, la situation reste très tendue à Villeneuve-la-Garenne, où il a fallu déployer un important dispositif policier et où des heurts ont encore eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi, au cours de laquelle du mobilier urbain et plusieurs voitures ont été incendiés.

Une guérilla anti-flics qui touche tous les quartiers ethniques

Une guérilla anti-flics qui, rappelons-le, est très loin de se limiter aux Hauts-de-Seine. Depuis le début du confinement, en effet, c’est dans l’ensemble des zones de non-droit présentes sur le sol français que se multiplient les guets-apens et autres émeutes anti-police (voir Présent daté du 24 mars). Si la Seine-Saint-Denis et ses cités abandonnées à l’immigration et à l’islam occupent bien sûr une place de choix dans ces incidents, les Yvelines tendent de plus en plus à lui faire concurrence et il n’est quasiment pas un jour qui s’écoule sans que les bandes ethniques s’attaquent aux policiers à Trappes, Mantes-la-Jolie, Sartrouville, Chanteloup-les-Vignes, ou encore aux Mureaux. La situation est devenue à ce point catastrophique qu’il y a quelques jours, Steve Pozar, délégué UNSA Police, appelait l’Etat à mettre en œuvre « tous les moyens […] pour faire cesser ces actes qui, malheureusement, ont tendance à se reproduire de plus en plus fréquemment dans les Yvelines ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 20 avril 2020

A Villeneuve-la-Garenne, Gennevilliers, Aulnay-sous-Bois… ces racailles qui ont bravé les règles du confinement pour saccager les rues et s’en prendre aux policiers

Attestation de sortie numérique – Encore un revirement du gouvernement

Elle est un peu à l’image de la manière dont notre gouvernement gère la crise du coronavirus depuis ses débuts : d’abord autorisée puis jugée non valable, l’attestation de sortie numérique est finalement légale depuis lundi matin. Retour sur ce nouveau revirement de l’exécutif, qui s’explique sans doute davantage par son incapacité à doter les forces de l’ordre de masques et de protections que par une réelle volonté d’assouplir le dispositif.

Une gestion au jour le jour

C’était le 16 mars dernier. Apportant quelques précisions pratiques après l’annonce par le président de la mise en place du confinement dans notre pays, Castaner indiquait que les personnes autorisées à sortir devraient être en mesure de présenter l’attestation de sortie dérogatoire imprimée ou, pour celles ne disposant pas d’imprimante, une version manuscrite sur papier libre, ou de présenter le fameux justificatif sur téléphone. Or, deux jours plus tard, le gouvernement faisait marche arrière : prétextant un risque de collecte de données personnelles par des sites frauduleux, le ministère de l’Intérieur n’autorisait finalement que les attestations imprimées et celles rédigées sur papier libre. Cependant, après trois semaines de confinement, nouveau revirement : l’attestation numérique redevient valable…

Une valse-hésitation qui n’est pas sans rappeler celle que nous avons connue avec les masques, dont le gouvernement, après nous avoir d’abord répété qu’ils étaient inutiles, envisage maintenant de rendre leur port obligatoire ! Un projet qu’il aura bien du mal à concrétiser, quand on sait qu’il est déjà incapable de fournir des masques aux personnels soignants et autres forces de l’ordre chargées de contrôler lesdites attestations. Sans doute faut-il voir d’ailleurs dans cette soudaine mise à la disposition des Français d’une attestation numérique la volonté du gouvernement d’apaiser la colère qui agite depuis des semaines les forces de l’ordre, plus que le désir d’apporter, comme l’a affirmé Castaner, « un peu de souplesse » au dispositif.

Une réponse à la colère des policiers

Quoi qu’il en soit, cette attestation numérique présente effectivement un certain nombre d’avantages. Outre le fait qu’elle évite de multiplier les impressions pour les gens amenés à sortir souvent, elle permet aux policiers de respecter les mesures barrières lors des contrôles et d’éviter la manipulation de documents éventuellement contaminés. Pour vous la procurer, il vous suffit de vous rendre sur le site du ministère de l’Intérieur, de cliquer sur « générer » une attestation, et de renseigner le formulaire qui vous est soumis. Après quoi, vous cliquez sur le bouton « Générer mon attestation », et un fichier PDF est alors automatiquement enregistré dans votre téléphone. En cas de contrôle par les policiers, il vous suffira de présenter votre smartphone avec l’attestation téléchargée.

Celle-ci disposant d’un QR Code, les policiers scanneront ce symbole carré avec un appareil équipé de l’application CovidReader, et auront alors accès aux informations contenues dans votre attestation directement sur leur terminal. Un dispositif certes pratique, mais qui suscite aussi l’inquiétude d’un certain nombre de nos compatriotes, qui craignent d’être ainsi surveillés. Cependant, à en croire les spécialistes du numérique, il n’y aurait pas de risque de fichage de vos données personnelles ou de vos déplacements. Ce qui constitue un défaut d’ailleurs pour l’association Gendarmes & Citoyens, qui, dans un communiqué publié dimanche, a regretté, non sans raison, que cette application ne croise pas les informations avec celles d’autres fichiers, et notamment avec celles contenues dans le fichier des personnes recherchées.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 7 avril 2020

[Vidéo] Saint-Denis : des policiers ont encore été la cible de tirs de mortiers d’individus ne respectant pas le confinement

« Le vrai problème des policiers, ce sont les quartiers, pas les manifestants » – Entretien avec Michel Thooris

Le syndicaliste policier Michel Thooris, ancien soutien de Philippe de Villiers et de Marine Le Pen, combat pour la sécurité et la défense de ses collègues.
Dans cet entretien, tout le monde y passe : les autres syndicats policiers, les violences dans les cités, les lois et les magistrats, les gilets jaunes et le maintien de l’ordre. Entretien avec un flic très remonté.

Pourquoi avoir créé votre syndicat policier France Police ?

Michel Thooris. Le syndicat est issu du mouvement d’octobre 2016 « Policiers en colère », cela faisait suite à une attaque contre des collègues policiers à Viry-Châtillon. Ce qui a motivé la création du syndicat ce sont les revendications du mouvement de 2016, le souhait de réformer les règles concernant la légitime défense et d’obtenir plus d’équipements dans la police. Pour obtenir des résultats, il fallait s’institutionnaliser car le mouvement dans la rue ne pouvait plus durer. Alors pour inscrire le dialogue dans le temps il fallait créer un syndicat et légaliser le dialogue dans le cadre du paritarisme.

France Police est aujourd’hui la cinquième force syndicale dans la Police, qu’est-ce qui vous différencie des autres syndicats ?

Les autres syndicats et spécifiquement les deux dominants, l’UNSA et Alliance, sont depuis longtemps dans le camp du gouvernement… Depuis des décennies ils permettent de faire passer des réformes mortifères. France Police est indépendant du pouvoir politique.

Appelez-vous à des actions symboliques contre la réforme des retraites comme l’UNSA et Alliance ?

Bien sûr. Les grèves symboliques prévues par la police sont légitimes. Il ne doit pas y avoir de divisions partisanes. Les raisons de notre colère sont nombreuses, la réforme des retraites qui arrive, le blocage du point d’indice, les problèmes de hiérarchie et de management. Je vous annonce le début d’un grand mouvement dans la police.

Approuvez-vous les déclarations du syndicat Alliance selon lequel le maintien de l’ordre est un devoir républicain pour les policiers ?

C’est un devoir républicain mais c’est aussi avant tout une obligation statutaire pour le policier. Nous n’avons pas le droit de grève. Nous ne pouvons donc pas déposer les casques et les boucliers. Même si en tant que syndicalistes nous combattons la politique d’Edouard Philippe, nous ne pouvons pas laisser des casseurs tout saccager.

Pour lire la suite, c’est ici !

Manifestation de policiers : « Ce n’est pas le boulot que je conseillerais à mes enfants »

03/10/2019 – FRANCE (NOVOpress)
A l’appel d’une large intersyndicale, des milliers de policiers ont défilé mercredi à Paris, entre la place de la Bastille et celle de la République, lors d’une manifestation baptisée « marche de la colère » sur fond de malaise de l’institution, de hausse des suicides, de manque de moyens et de réforme des retraites.

Mobilisés depuis dix mois notamment sur le mouvement des Gilets jaunes, la plupart des policiers présents dénonçaient également un rythme de travail trop soutenu. A noter qu’en début de manifestation, quelques gilets jaunes, dont Eric Drouet, se sont présentés en marge du cortège pour signifier leur désapprobation envers cette mobilisation policière.


Octobre noir : la colère cerne la macronie, par Francis Bergeron

Une semaine noire sans précédent se prépare

La semaine noire qui s’annonce est un événement totalement inédit. La convergence des mécontentements va se manifester dans la rue, pendant plusieurs jours. Il y a là comme la conclusion d’une pratique gouvernementale détestable, et une réponse au « en même temps » d’un système à bout de souffle après deux ans et demi à peine aux manettes.

Le 2 octobre, les policiers battront le pavé. C’est une manifestation à l’initiative d’une vingtaine d’organisations syndicales. Cette « marche nationale de la colère » est très inquiétante pour le pouvoir macronien : elle confirme le fossé qui s’est creusé entre la police et son ministre de tutelle, le malaise qui règne au sein de ce corps, constamment montré du doigt, mobilisé pour des actions répressives qui vont souvent à l’encontre de ce que pensent profondément les policiers.

Depuis quelques jours, les mouvements sociaux annoncés à partir du 5 octobre prennent de l’ampleur. Les syndicats de la SNCF et de la RATP annoncent une entrée dans la grève illimitée à cette date, pour protéger leurs avantages acquis. En principe, face à ce genre de revendication, la droite se range du côté du pouvoir, par réflexe de bon sens, et par détestation du désordre. Le samedi 5 octobre, les Français de droite pourraient toutefois se sentir parfaitement neutres dans cette confrontation, considérant que les manifestations syndicales vont sanctionner d’abord une méthode, en l’occurrence la méthode Delevoye. La réforme des retraites, qui a valu à Delevoye une promotion ministérielle, se révèle une réforme parfaitement socialiste, consistant à prendre dans la caisse des systèmes bien gérés (par exemple, les professions libérales) pour renflouer les régimes en perdition. Quant aux professions privilégiées, il n’en est pas moins utopique de croire que l’on peut rejouer la nuit du 4 Août, abolir ces privilèges, d’un simple coup de baguette magique. Il faut du temps, il faut un pouvoir fort et cohérent, bénéficiant d’un large soutien populaire, susceptible de faire pression par sa capacité de conviction. Et il faut par-dessus tout de la subtilité. Nous sommes loin du compte.

Une profonde évolution du corps social

D’autres professions, comme les infirmiers et tous les oubliés de la France des 35 heures et des quatre jeudis vont profiter de ce jour de colère sociale pour se faire entendre. Et les Gilets jaunes ? L’acte XLVII de mobilisation pourrait être extrêmement spectaculaire, dans ce contexte.

Le dimanche 6 octobre, nous aurons la grande manifestation de révolte de ceux qui ne se résignent pas à la marchandisation des corps, à l’évolution vers l’eugénisme. Il s’agit d’une révolte spirituelle, familiale, sans doute moins violente dans la forme, mais c’est certainement la plus profonde de toutes ces révoltes, car elle touche au plus intime de chacun d’entre nous. Elle sanctionne une profonde évolution du corps social. Les communautés chrétiennes, notamment, se sentent devenir étrangères dans leur propre pays, et elles résistent difficilement à la tentation d’un « repli identitaire », pour préserver leurs fondamentaux. Si la mode, dans les mots, est à l’intégration (des étrangers, des « réfugiés », etc.), nous assistons en fait à une désintégration de la société, dont les manifestations de début octobre ne constituent sans doute que des signes avant-coureurs.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 26 septembre 2019

Procès Dettinger, la république des deux poids deux mesures

Imperceptiblement, mais sûrement, le gouvernement Macron est en train de prendre une vilaine tournure. Le pouvoir macronien est en passe de devenir le plus répressif de toute la Ve République, aussi bien au niveau de la répression physique qu’au niveau pénal.

Déjà, en trois mois de troubles, 8 400 personnes ont été interpellées, 7 500 placées en garde à vue, 1 800 ont été condamnées, 1 300 sont passées en comparutions immédiates, et 316 ont été placées sous mandat de dépôt. Beau tableau de chasse. Certes, nous sommes dans un Etat de droit, aime-t-on à nous rappeler, mais les nombreux mutilés à vie ne sont pas une affabulation.

Dernier exemple de la répression judiciaire particulièrement sévère qui frappe ceux qui demandent à vivre décemment dans leur pays, et exemple également de la collusion entre politique et judiciaire, la peine d’un an de prison ferme infligée à l’ex-boxeur Christophe Dettinger, qui devra également verser 2 000 et 3 000 euros à ses « victimes » casquées et harnachées.

Selon sa déclaration : « On s’est fait gazer à bout portant. Quand je relève la tête, je vois des matraques, plusieurs gendarmes qui frappent des Gilets jaunes, bam-bam-bam. En face de moi, il y a une dame au sol, un gendarme lui met un coup de pied, il a la matraque levée, c’est là que c’est parti. Quand je vois une injustice, j’y vais, je peux pas faire autrement. » Une déclaration qu’il a ainsi complétée : « En voulant empêcher une injustice, j’en ai créé une autre. Quand je me revois frapper ce gendarme, j’ai honte. Je regrette tous mes gestes. » Des regrets que ne semble pas partager l’une de ses victimes : « La première personne à qui je mets des coups de matraque, déclara-t-elle au tribunal, c’est M. Dettinger. Avant, j’avais seulement fait usage de la gazeuse à main. »

Ce qui n’a pas plu à nos dirigeants dans cette affaire, c’est son aspect symbolique : un homme seul et non armé, qui a perdu patience, et qui prend le dessus sur des professionnels de la répression. Voilà qui est inacceptable.

Ce qui est acceptable en revanche, ou du moins légèrement condamnable, c’est l’attaque autrement plus grave perpétrée le 18 mai 2016 quai de Valmy contre deux policiers par des membres de l’extrême gauche. Leur véhicule avait été incendié alors qu’ils étaient à bord, on avait tenté de les empêcher d’en sortir, et on les avait attaqués à la barre de fer quand ils y parvinrent. Cette attaque préméditée avec intention de tuer avait été perpétrée en bande, une bande dont faisait partie Antonin Bernanos, arrière-petit-fils de l’écrivain. Le militant avait été condamné en septembre 2017 à cinq ans de prison, dont deux avec sursis ; libéré un an plus tard, il a participé à plusieurs manifestations des Gilets jaunes dans les rangs des antifas, et a été interpellé pour violences le 19 janvier dernier.

Xavier Darc

Article paru dans Présent daté du 15 février 2019

L’Affaire des Cagnottes, par Etienne Defay

Il aura fallu une volée de poings assénée sur un bouclier et sur un casque pour faire trembler les valeurs de la République. Il aura fallu un acte isolé lors de l’acte VIII pour susciter l’ire de Marianne.

Pour un bref rappel des évènements, une poignée de mobiles tentait de contenir quelques Gilets jaunes sur un pont parisien samedi dernier. Arrive Christophe Dettinger dit « Le gitan de l’Essonne », ancien champion de France de boxe. En une poignée de secondes, il force les gendarmes à se replier à coups d’arguments solidement assénés. Deux jours plus tard, le boxeur se rend au commissariat du IVe arrondissement de Paris non sans avoir posté préalablement une vidéo expliquant son geste.

Suite à cela, une cagnotte lancée sur le site Leetchi par des proches du boxeur a récolté plus de 100 000 euros en moins de 72 heures. Il n’en fallait pas plus pour susciter l’ire gouvernementale. Marlène Schiappa en tête qui a fustigé la tenue de cette cagnotte qui mettrait à mal pas moins que les valeurs de la République. A l’image des camions fous et des voitures tueuses, la cagnotte devient aujourd’hui contraire aux valeurs de la République. La secrétaire d’Etat à l’Egalité a ainsi demandé à ce que les donateurs de cette cagnotte soient identifiés… pour être sans doute punis. Quoiqu’il en soit, la cagnotte a été clôturée hier. Quand on sait que la fondatrice de Leetchi, Céline Lazorthes, est un soutien officiel de La République En Marche, on ne s’étonne plus de rien. Edouard Philippe voulait ficher les auteurs de violence en manif (un fichier qui existe déjà en passant), faudra-il ficher demain les donateurs de cagnottes ? A titre indicatif, celles ouvertes en soutien de Tarik Ramadan sont encore ouvertes…

Le criminologue Xavier Raufer rappelait hier sur Boulevard Voltaire que près de 19 millions de Français étaient fichés. Une bonne occasion de passer la barre des 20.

Comprenons-nous bien, il ne s’agit pas ici de défendre Christophe Dettinger, ni cautionner les violences dans les manifestations, il s’agit surtout d’attirer l’œil sur le deux poids deux mesures permanent qui est à l’œuvre dans ce pays. On se rappelle avec effarement de l’avalanche de critiques qui s’étaient abattues sur les forces de l’ordre au moment de l’affaire Théo, on se rappelle avec effarement la prise de position ouvertement pro-Théo d’Emmanuel Macron à l’époque des faits. On se rappelle avec effarement cette époque où nous étions bien peu nombreux à défendre les forces de l’ordre.

Forces de l’ordre bien protégées, puisque certains politiques à l’instar du président de la Région PACA, Renaud Muselier, ont ouvert en réaction une cagnotte pour les forces de l’ordre qui n’en demandaient pas temps. Ainsi, plutôt que de payer les millions d’heures supplémentaires en souffrance des policiers, on ouvre des cagnottes pour leur donner l’aumône.

Mais Christophe Dettinger n’est pas Théo Luhaka, aussi il ne mérite aucune compassion, à l’image des Gilets jaunes qui font l’objet d’un discours de fermeté jamais entendu concernant les banlieues de Seine-Saint-Denis ou d’ailleurs. Vous l’avez bien compris, le principal objectif n’est pas votre sécurité mais la viabilité d’un gouvernement aux abois dont le quinquennat est mort-né. « La République gouverne mal mais se défend bien », l’adage n’a jamais été autant d’actualité.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 09 janvier 2019

Les policiers appellent à la grève

Après les Gilets jaunes, les Gyros bleus. Ils n’en peuvent plus, ils sont usés, fatigués d’être sur tous les fronts – Gilets jaunes, lycéens, racailles, casseurs… – et d’être sollicités depuis plusieurs semaines. Ils en ont ras le bol des milliers d’heures supplémentaires impayées, du manque de moyens, de l’usure du matériel, des locaux vétustes. Ils veulent autre chose que des poignées de main en remerciement de leurs bons et loyaux services. « Ils », ce sont les policiers.

Devant l’indifférence de l’exécutif et de leur hiérarchie, et alors que le vote à l’Assemblée nationale du budget 2019 prévoit une baisse de 62 millions d’euros d’investissement dans la police nationale, le syndicat Alliance Police nationale a appelé, lundi, à une journée de mobilisation mercredi 19 décembre. Une journée morte dans les commissariats, pour protester contre leur précarisation et l’usure des forces vives, mais aussi et surtout contre ce budget 2019 revu à la baisse, qui « engendrera une fois de plus une dégradation de nos conditions de travail » et qui doit être définitivement ratifié cette semaine.

« Ne sortir que sur appel »

« En attendant un retour immédiat sur “investissement” », le syndicat de police appelle donc à des mouvements de blocage dans tous les commissariats de France et à une journée « sans » : « Les policiers sont conviés à rester dans les services et à ne répondre qu’aux appels d’urgence. »

Par ailleurs, dans un communiqué, le syndicat Alliance demande aux députés de « ne pas voter ce budget en l’état » et réclame qu’un « budget type “plan Marshall” soit présenté par le gouvernement ». Et de préciser que « ce budget doit prendre en considération un plan de modernisation tant sur le plan immobilier que sur le plan équipement. Ce budget doit aussi prendre en compte l’engagement sans faille des forces de sécurité, non seulement ces dernières semaines mais depuis plusieurs années ».

Mardi soir, les partenaires sociaux sont reçus par le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. Objectif du ministre : désamorcer la colère – justifiée – des policiers mobilisés non-stop à la suite du mouvement des Gilets jaunes, le tout sur fond de menace terroriste. Des policiers qui ne se contenteront pas d’une poignée de main et de belles paroles. Ils attendent du concret et « ne se laisseront pas endormir et ne succomberont aux chants des sirènes » jusqu’à l’obtention de leur dû.

De son côté, si le gouvernement ne répond pas d’ici là à leurs revendications, le syndicat national de police Unité SGP Police-FO appelle lui aussi les policiers à des manifestations sur leur temps de repos à partir de janvier 2019.

Après les Gilets jaunes, les Gyros bleus ? Ce mercredi sera-t-il l’Acte I de la colère des forces de l’ordre, et sera-t-il suivi d’autres actions s’ils ne sont pas entendus, comme l’a précisé le syndicat Alliance ? La balle – de « flashball » ? – est dans le camp du gouvernement.

Pierre Malpouge

Article paru dans Présent daté du 18 déembre 2018

Quand l’islamisation de la société impacte même… la PJ du 93

Entretien avec Michel Thooris : « Nous voulons une réforme de fond pour que les policiers accomplissent leur mission »

Ancien conseiller politique de Philippe de Villiers, ancien conseiller politique de Marine Le Pen pour la présidentielle de 2007, Michel Thooris est conseiller municipal RN à Carros (Alpes-Maritimes). Officier de police judiciaire, il est le secrétaire général du syndicat France Police qui fait campagne pour une réelle réforme des conditions de travail des policiers.

— Début décembre auront lieu les élections professionnelles. Quelles sont les forces en présence en matière de syndicats policiers ?

— On retrouve les éternels syndicats majoritaires qui sont, à nos yeux, les fossoyeurs de l’institution. Ces syndicats qui refusent d’« inquiéter » la population et de l’alerter sur l’état délétère de sa sécurité et celui de sa police. Or, à l’insécurité grandissante que chacun constate, s’ajoutent d’autres criminalités, en particulier celle de la drogue. Des cartels sans cesse plus puissants s’installent en France, qui corrompront bientôt la politique… Des magistrats s’en inquiètent comme nous. Mais le ministère de l’Intérieur préfère racketter les automobilistes contribuables et solvables.

Rien de nouveau, donc, à part notre organisation : France Police Policiers en colère. Nous continuons le mouvement de protestation né en octobre 2016 à la suite de l’immolation de nos collègues dans la commune de Viry-Châtillon. Il y a eu d’autres manifestations depuis, sporadiques, qui reprenaient des slogans que nous proposions déjà dans le cadre des élections professionnelles de 2014.

— Qu’espérez-vous pour votre syndicat ?

— Les accords de Bercy, en 2008, n’ont été appliqués qu’en 2014 par le ministère de l’Intérieur : ils permettent à des organisations comme la nôtre de se présenter, même si elles ne sont pas affiliées à une confédération. En 2014, nous avons récolté 3 500 voix dans des conditions difficiles, sans moyens financiers et en faisant campagne hors de nos heures de service – alors que les « grands » syndicats ont des armées de détachés permanents. Nous aurions dû toucher des fonds pour cette mandature, mais ceux-ci ont été donnés… aux syndicats majoritaires, à la botte de l’administration ! Le mouvement Policiers en colère fait l’objet de pressions et d’essais de noyautage de la part des syndicats majoritaires et du ministère de l’Intérieur. Avec ces élections professionnelles de 2018, France Police veut peser davantage dans les négociations.

— Quelles sont les revendications principales des policiers ?

— Pour nous, la rengaine qui consiste à dire « il faut des renforts d’effectifs » n’est pas à la hauteur des enjeux. Cela consisterait simplement à remplacer sur le terrain des collègues tués, agressés, mis en examen comme dans l’affaire Théo, pour que les nouveaux arrivants soient à leur tour tués, agressés, mis en examen… Nous voulons une réforme de fond pour que les policiers accomplissent leur mission en ayant les moyens de protéger leur intégrité physique et juridique. On nous a vendu une prétendue réforme de la légitime défense. Le texte a été récrit, est passé du code de procédure pénale au code de sécurité intérieure, mais les notions sont restées les mêmes : il y a toujours la proportionnalité, concept subjectif qui laisse l’interprétation au magistrat. En Israël, le jet d’un cocktail molotov sur des policiers place de fait ceux-ci en état de légitime défense : on est loin de cela en France où, si un policier tire sur un chauffard qui fonce vers un barrage routier, il y a enquête sur ce tir !

— Puisque Gérard Collomb a annoncé son prochain départ du ministère de l’Intérieur, quel début de bilan faites-vous de son action ?

— Il n’y a pas de bilan. Gérard Collomb a pris ce ministère pour capter de la lumière et faciliter sa réélection à la tête de la métropole de Lyon. Tous les ministres de l’Intérieur, ou presque, ont fait de même. Si Sarkozy n’avait pas tenu ses propos sur les racailles à Argenteuil en 2005, aurait-il été élu président de la République ? Les ministres de l’Intérieur se suivent et se ressemblent, sans réformer. Car toute réforme en faveur de la police verrait la gauche se mobiliser. Les seules réformes aboutissent à la destruction de nos conditions de travail et à la dégradation de la sécurité des Français. Les gouvernants s’en dédouanent en disant : nous ne faisons qu’appliquer ce que la Cour européenne des droits de l’homme exige. Or la CEDH empêche la police, notamment judiciaire, de mener à bien ses enquêtes.

— Par quelles décisions ?

— Sans être trop technique : on ne peut plus rémunérer les indics ni exercer de pression psychologique sur eux, les mis en cause ont des droits exorbitants par rapport aux droits qu’a la police. Voyez le cas des Français partis en Syrie commettre des exactions auprès de l’Etat islamique et qui rentrent en France : certains magistrats estiment qu’ils n’ont pas les éléments de preuve suffisants en ce qui concerne ces exactions. Or, quand un pédophile viole un enfant en Thaïlande et rentre en France, il est bien poursuivi en France pour un crime commis à l’étranger. La mauvaise foi des tribunaux est manifeste lorsqu’ils laissent ces Français revenus de Syrie sous simple contrôle judiciaire.

— Y a-t-il eu un impact de l’affaire Benalla sur le moral des policiers ?

— Non, je ne crois pas, car les policiers ont d’autres problèmes. Ce qui les a choqués, malgré tout, est de constater la différence de traitement. Ils peuvent se retrouver mis en cause par une saisine en ligne auprès de l’IGS, par un citoyen qui estime avoir été malmené, ce qui signifie pour eux auditions administratives et éventuellement suspension. Quand Benalla usurpe la fonction de policier et « joue à la police » dans une manifestation, ce qui est inadmissible, il n’est pas sanctionné ! Il ne fait d’ailleurs pas grand mal aux manifestants et l’on voit qu’il n’est pas un professionnel du maintien de l’ordre : il n’arrive pas à mettre au sol le gars qui se rebelle. L’affaire qui a véritablement marqué les policiers reste l’affaire Théo, véritable manipulation des associations et des médias pour salir la police. Yann Moix a accusé alors la police d’être raciste, agressive, d’être la plus violente d’Europe – sur quoi se basait-il pour dire cela ? C’est l’idéologie de la gauche, extrêmement corrosive. En réalité, des bavures et des dérapages, il n’y en a pas.

— Restons avec Yann Moix qui a parlé tout récemment des policiers qui ont peur, qui « chient dans leur froc ». Votre avis ?

— Les policiers, dans leur majorité, n’ont pas peur de prendre des coups en allant dans les cités. Leur plus grande peur est, à la suite d’une intervention, de se retrouver suspendu, mis en examen, incarcéré.

— C’est d’ailleurs toute la perversité des propos de Yann Moix, qui est le premier à vouloir que des policiers soient condamnés : il instille lui-même cette peur.

— Bien sûr. J’ajoute que dans l’affaire Benalla les gauchistes sont montés au créneau, non par respect pour la police, évidemment, mais par « sacralisation » du manifestant, intouchable à leurs yeux. Ce n’est évidemment pas notre position. Les gauchistes ne sont pas seuls en cause, voyez le maire d’Aulnay-sous-Bois Bruno Beschizza, ancien commandant de police, ancien syndicaliste policier, supposé « de droite » : il a pris fait et cause pour Théo ! Au mépris total de la présomption d’innocence de nos collègues. La finalité des forces subversives est de détruire notre nation, quoi de mieux pour cela que d’empêcher la police et l’appareil judiciaire de mener à bien leurs tâches ?

Propos recueillis par Samuel Martin

Article paru dans Présent daté du 1er octobre 2018

1300 policiers à l’assaut des zones de non-droit

L’annonce d’un prochain départ du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, intervient au moment précis où s’opère le premier déploiement d’un contingent de 1 300 policiers aguerris, qui vont être affectés à soixante zones que l’on n’ose appeler des zones de combat. Une véritable petite armée, donc, pour affronter ce qui est devenu une guérilla urbaine.

Sans aller jusqu’à regretter le politicien Collomb – qui tenait beaucoup de l’inspecteur Colombo, mais sans avoir à son actif le même pourcentage de réussite –, on ne peut que s’interroger sur l’annonce de son départ, formulée si tôt, alors que démarrent seulement les premières opérations de « reconquête ».

Les élections municipales sont prévues pour 2020, sans doute en mars. Et si Collomb se réoriente dès maintenant sur la ville de Lyon, c’est la certitude d’une vacance à la tête du ministère de l’Intérieur, quelle que soit la date effective de sa démission, et quelles que soient les qualités de son successeur. La reconquête des « quartiers difficiles », des « cités », fait partie de ces dossiers qui nécessitent une grande disponibilité, une autorité non contestée, du sang-froid, et un certain sens politique.

Aujourd’hui les voyous se sentent mieux protégés que les policiers. Les émeutes de Nantes, en juillet dernier, l’ont encore montré. Comme l’ont montré les saccages après la Coupe du monde de football. La reconquête doit d’abord s’opérer dans les têtes, à commencer par les têtes des policiers, ces derniers n’ayant plus aucune confiance dans les hautes sphères de leur hiérarchie.

Mardi, Gérard Collomb a solennisé, à la cité des Tarterêts, à Corbeil, la mise en place de « quartiers de reconquête républicaine » (QRR). Reconquête ? Mais quel sinistre aveu ! Cela signifie donc qu’actuellement ces territoires sont perdus, qu’ils sont occupés par l’ennemi. Et l’ennemi, ce sont les trafiquants de drogue, les islamistes, les mafias maghrébines ou d’Afrique subsaharienne, que rejoignent actuellement des milliers de clandestins.

De la sympathie pour les « républiques islamiques »

Mais pourquoi une reconquête « républicaine » ? Aucune reconquête royaliste n’est à l’ordre du jour, dans ces quartiers. Serait-ce pour éviter de parler de reconquête française ?

Car l’Etat islamique se veut aussi républicain que nos républicains. Les trafiquants de drogue ne remettent pas en cause la République. On peut même dire qu’ils sont parfaitement indifférents à la forme de nos institutions, même s’ils regardent avec sympathie du côté des… « républiques islamiques » africaines.

Collomb a reconnu qu’un « contre-modèle social » était désormais implanté dans ces quartiers. Cette injection massive de policiers sur les soixante principales zones de non-droit montre pour l’heure une prise de conscience de la dimension quasiment militaire de cette « reconquête ».

C’est une véritable petite guerre qui se prépare. Et en ce sens, l’emploi du mot reconquête n’est pas innocent. Même si l’on sait que la vraie victoire ou la défaite ne se jouera pas sur le terrain, mais à Paris, dans les arcanes ministériels, dans les médias.

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

Alexandre Langlois : « Il faut a priori que les policiers apprennent à grimper aux immeubles pour être reçus à l’Élysée »

Alexandre Langlois, Secrétaire Général du syndicat de police VIGI, revient sur les émeutes qui ont embrasé des quartiers à Nantes et sur le passif très lourd du délinquant tué.

Il évoque les réactions relativement mesurées des médias et des politiques, mais déplore celles du ministre de l’Intérieur et du président de la République Emmanuel Macron.

Le quartier du Breil, à Nantes, connaît sa deuxième nuit d’émeute suite à la mort d’Aboubakar. En savez-vous un peu plus sur ce qui s’est passé ?

Nous n’avons pas d’autres nouvelles. Le gouvernement avait promis, depuis plusieurs années, que les policiers seraient équipés de caméras piétons. Malheureusement, nous sommes toujours en attente de ce matériel. Ce type de matériel éviterait que la parole des policiers soit remise en doute et permettrait de savoir exactement ce qu’il s’est passé.
Mes collègues de la PJ sont en train de faire le tour des réseaux sociaux et des riverains pour trouver des vidéos plus ou moins bien cadrées et chronométrées suivant l’angle de vue et la durée. Le manque d’équipement et de vision politique nous amène à cette situation.
Je tiens à souligner que la police de sécurité du quotidien a prévu 10.000 caméras pour les policiers et gendarmes, d’ici fin 2019. Cela représente 5 % des effectifs. Le monde de demain ne sera donc pas encore très satisfaisant.

L’affaire Théo a sans doute servi un peu de leçon, car les réactions politiques ont été un peu plus nuancées et prudentes sur le sujet. L’opprobre n’a pas été jeté sur les policiers de manière automatique.

Cela a peut-être servi de leçon aux personnels politiques. Trois prises de position nous intéressent plus particulièrement, car elles sont institutionnelles.
Le Premier ministre était sur Nantes pour un déplacement. Il a fait l’effort de venir et de s’intéresser au sujet en disant qu’il soutenait les forces de l’ordre. Nous n’avons pas bien compris pourquoi il était allé voir la famille de la victime, mais c’est une autre question.
D’autre part, le ministre de l’Intérieur condamne une fois de plus avec une grande fermeté. C’est ce qu’il fait à chaque nouveau fait divers. Il condamne avec fermeté. Mais jamais rien n’est fait derrière. Il parle du décès d’un automobiliste suite à un contrôle de police. C’est politiquement correct. Nous préférerions qu’il parle d’un délinquant mort en tentant d’échapper à la police qui a agi dans le cadre du Code de la sécurité intérieure ou de la légitime défense. La présentation du même fait n’est pas du tout identique. Nous attendons davantage du ministre de l’Intérieur.
La palme revient à notre président de la République. Il a déclaré que ce n’était pas son rôle d’écumer ces choses-là. Il agit sur le long terme. Il faut a priori que les policiers apprennent à grimper aux immeubles pour être reçus à l’Élysée…
Tous les autres partis politiques font leur beurre sur le sujet, mais nous ne sommes pas jetés en pâture comme pour Théo.

Aboubakar était natif d’Île-de-France. Il se trouvait à Nantes pour voir de la famille.
Il était placé sous mandat d’arrêt. C’est un délinquant bien connu des services de police avec un passif assez lourd. Aurait-il dû être en prison ?

Son mandat d’arrêt était daté du 15 juin 2017. Depuis cette date, les services de police et de gendarmerie avaient pour mission, s’ils le trouvaient, de l’envoyer en prison.
Cela fait donc plus d’un an. Il était originaire de Garges-lès-Gonesse, en région parisienne. Il était à Nantes pour échapper aux poursuites dont il faisait l’objet. En étant à Nantes chez sa famille, il se camouflait.

Pour l’instant, les émeutes sont circonscrites à Nantes. Craignez-vous que ce phénomène se propage dans d’autres villes et dans d’autres quartiers sensibles ?

Il y a un risque que cela se produise à Garges-lès-Gonesse. Une marche blanche est organisée. Nous savons que ce genre de manifestation peut toujours déborder.
Tant que l’on encouragera les personnes en leur disant qu’ils peuvent prendre la défense d’une pauvre victime innocente, ça ne peut que conduire à un embrasement.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire