Manifestation des policiers – Les points sur les i… et sur les j, par Jean-Gilles Malliarakis

Manifestation des policiers

Enfin, on va pouvoir parler d’autre chose que des restrictions sanitaires sans éprouver le sentiment de prêcher dans le désert.

Or, la tentative assez grossière, pour ne pas dire grotesque, d’un Darmanin tendant à récupérer la mobilisation syndicale des policiers ce 19 mai, ne doit pas nous impressionner. Le pouvoir, et la classe politique, se trouvent interpellés désormais de façon massive sinon radicale, sur la question de l’insécurité. Associée aux deux autres “i” lancinants qui pourrissent notre société française, l’islamisme et l’immigration, cette question semble appelée à produire les résultats prévisibles aux élections locales de juin.

Que 2 ou 3 présidences régionales échappent dès cet été à la bien-pensance constituerait un avertissement salubre. Et si des remèdes effectifs ne sont pas apportés au malaise de l’ensemble des forces de l’ordre, policiers, gendarmes, fonctionnaires de la pénitentiaire et jusqu’aux pompiers, il ne faudra pas s’étonner si les présidentielles de 2022 se présentent sous un jour complètement inédit. Le coup d’État que le cloaque redoute ne viendrait pas, dès lors, des armes, mais tout simplement des urnes.

Or à la question des trois “i”, cités plus haut, s’ajoute la question “j” comme “justice”, sans laquelle aucune solution n’a de sens. À quoi servent des lois que l’on n’applique pas ? Le pouvoir que l’on appelle exécutif, d’abord ne les exécute pas. De son côté, notre administration ubuesque nous encombre de textes réglementaires paralysant le pays. En même temps elle-même demeure paralysée pendant des mois et des années, au contraire, quand il s’agit de publier les décrets d’application sans lesquels la loi reste lettre morte. Et bien sûr, la magistrature syndiquée entrave à son tour la doctrine pénale, déjà incertaine, d’une chancellerie déjà faisandée.

Or, quels que soient les reproches qu’encourt légitimement un Dupond-Moretti, quelque maladroites que puissent se confirmer, l’une après l’autre, ses interventions, quelque méritoires qu’adviennent demain les sanctions politiques, et notamment le désaveu que ne devront pas manquer de lui infliger les électeurs du Pas-de-Calais, il serait trop facile d’en faire, comme dans l’Ancien Testament, le seul bouc émissaire chargés de tous les péchés d’Israël.

Le mal vient, une fois de plus, bien évidemment de beaucoup plus loin. L’étendue des responsabilités doit très ferment être dénoncée de manière beaucoup plus large.

Il y a plus d’un demi-siècle, qu’un Georges Pompidou, que personne ne pouvait accuser de laxisme, et encore moins d’inculture, pouvait se permettre, sur ce sujet, de citer le royaliste Chateaubriand. Celui-ci observait en son temps que “la liberté qui capitule et le pouvoir qui se dégrade n’obtient point merci de ses ennemis.”[1]

Et le même défunt président osait ajouter, à juste titre selon ma modeste expérience : “je ne crois franchement pas que nos prisons soient pleines d’innocents“.

À cette époque montait en puissance le mouvement maoïste français qui allait prendre le nom de Gauche prolétarienne. Admirateurs de la soi-disant Grande révolution culturelle prolétarienne lancée en mai et août 1966 par Mao Tsé-toung, ses militants avaient rompu violemment avec le PCF, jugé “révisionniste”, et ils avaient participé activement à la crise française de 1968. Leur organisation première l’UJCml faisant partie des 11 mouvements dissous le 12 juin. Mais à la différence des autres, qui se reconstituèrent très vite sous une façade légaliste, ils adoptèrent une ligne systématiquement violente. “On a raison de séquestrer les patrons” imprimait leur journal La Cause du Peuple.Ils agissaient en fidèles disciples de Mao qui avait théorisé l’exercice de la Terreur par les “masses”. Il s’exprime ainsi par exemple dans un texte trop méconnu et pourtant si précis “à propos des excès”. Sans aucune ambiguïté le Grand Timonier, dont le portrait immense orne toujours la place Tian An-men au centre de Pékin, justifie tous les crimes commis par la “justice du peuple” qui a toujours raison, à l’encontre des très méchants propriétaires fonciers…

Parmi leurs exploits nos maoïstes français pilleront en mai 1970 la fameuse épicerie Fauchon, et cherchant se présenter tels de modernes Robin des Bois, ils distribueront une partie de leur larcin sur les marchés de banlieue.

Deux d’entre eux furent arrêtés : l’un des deux, placé sous mandat de dépôt à la salle Cusco de l’Hôtel-Dieu, avait été pris à partie par les passants et reconnu par un ouvrier des cuisines comme l’ayant frappé d’une barre de fer. Il fut remis en liberté.

La seconde, une étudiante en sociologie de 20 ans, devint une accusée vedette. Elle revendiquait hautement son action et fut jugée très vite. L’action avait été commise le 8 mai. Le 19 mai, elle était condamnée en première instance à 13 mois de prison et 3 000 francs d’amende. Hurlements dans les chaumières de gauche, du journal protestant Réforme (“un jugement scandaleux”) au Nouvel Observateur (“une justice de classe”). La Cour d’appel de Paris statuera le 14 juin en seconde instance et accorda le sursis c’est-à-dire la liberté à cette jeune maoïste, voleuse “expropriatrice”, activiste devenue “martyre”, victime de l’oppression et du capitalisme. Entre-temps, on lui avait accordé le régime spécial auquel seuls avaient droit, en principe, les condamnés de la Cour de sûreté de l’État, créée en 1963 pour juger les défenseurs de l’Algérie française. Le 15 juin, elle était libre.

Autrement dit, le pouvoir judiciaire, réputé conservateur et répressif, avait craqué devant les plus provocateurs et les plus violents des gauchistes. Et cela dure depuis un demi-siècle. Les admirateurs de la dictature maoïste se présentent en défenseurs des opprimés, des détenus comme des immigrés.

Or, depuis 1970, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts de la Seine, devant le Quai des Orfèvres comme devant le vieux Palais de justice. Le fleuve a suivi le sens unique que l’on cherche à nous présenter pour celui de l’histoire. Et l’on compte désormais en France plus de criminels en liberté que d’enfants de chœur en détention. C’est pour cela que même la Grande Muette est tentée de ne plus l’être. On peut espérer que le peuple parlera à sa place, et le plus tôt sera le mieux.

[1] cf. conférence de presse du 2 juillet 1970

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Près de 75% des policiers actifs auraient l’intention de voter pour le parti de Marine Le Pen, selon une récente étude effectuée par le CEVIPOF

Les sourds et la muette – Des Gilets jaunes en uniforme?

Macron militaires

Il flotte un petit air de Gilets jaunes dans les casernes.

On dira que le pouvoir l’a bien cherché. Après la publication de la première tribune, celle des généraux en retraite qui s’alarmaient du délitement de la France, la macronie s’est répandue en criailleries hors de propos, dénonçant factieux, putschistes et autres séditieux. Rejoignant en cela le chœur des vierges de gauche qui, entre deux assassinats de policiers, entendaient des bruits de bottes. Quant à la ministre des Armées, droite dans les siennes, elle a réagi en parfait petit chef, promettant sanctions et tracasseries à des vieux de la vieille qui, deuxième section ou pas, ont quitté l’armée d’active. Il aurait peut-être suffi d’un mot présidentiel, laissant entendre que, malgré tout, le message était passé et qu’on entendait en haut lieu les inquiétudes de ces fidèles serviteurs de l’État, pour désamorcer la suite.

À l’armée, le respect des anciens n’est pas seulement un slogan compassionnel destiné à montrer sa bonté. Le mépris et les sarcasmes déversés sur des hommes qui, quoi qu’on pense d’eux, ont accepté (par contrat) de risquer leur peau pour nous et pour pas un rond, semblent en avoir énervé plus d’un dans les popotes et mess. D’où la tribune numéro deux, signée par des militaires d’active placé sous le patronage du couplet des enfants de La Marseillaise – qui commence par « Nous entrerons dans la carrière quand nos aînés n’y seront plus » et se termine par « nous aurons le sublime orgueil de les venger ou de les suivre ». Les signataires font les deux à la fois pour leurs anciens, plantant au passage une sacrée épine dans le pied de l’exécutif.

Il est assez curieux de leur reprocher leur anonymat quand on se pâme devant le moindre « lanceur d’alerte » dénonçant les turpitudes de son entreprise, de son institution ou de son patron, qu’on s’émerveille devant metoo et sa cohorte de mains dans la culotte de ma sœur alléguées tout aussi anonymement et sans preuve. L’ami Geoffroy Lejeune, patron de Valeurs actuelles, garantit que les signataires initiaux sont effectivement des soldats d’active (et bien entendu je le crois, mais j’ignore quelle proportion des 163 137 signataires enregistrés lundi à 17 heures ils représentent). On voit mal comment ils parleraient ouvertement puisque cela leur est interdit, et cela vaut pour tous les fonctionnaires astreints à un devoir de réserve. Personne ne s’indigne parce que le Watergate a été déclenché et mené de bout en bout par un officier de renseignement. Gorge profonde a transgressé toutes les règles de son institution, sans doute parce qu’il pensait que l’intérêt supérieur du pays l’exigeait.

Cette tribune s’adresse personnellement au président de la République, aux ministres, parlementaires et officiers généraux. Le « délitement » a cédé la place à la « déchéance ». Et cette déchéance, écrivent-ils, « précède l’effondrement ». Il y est question des « camarades qui ont offert leur peau pour détruire l’islamisme auquel vous faites des concessions sur notre sol ». De leur expérience dans Sentinelle, ils tirent un portrait douloureux de notre pays : « Nous voyons la violence dans nos villes et villages. Nous voyons le communautarisme s’installer dans l’espace public, dans le débat public. Nous voyons la haine de la France et de son histoire devenir la norme. » Aussi, ils en sont certains : « la guerre civile couve en France et vous le savez parfaitement ». En réalité, personne ne peut savoir parfaitement qu’une guerre civile couve. J’ignore quant à moi si cette phrase relève de la lucidité du désespoir ou d’un pessimisme excessif. Que la France soit traversée par de multiples fractures, il faudrait avoir été en hibernation depuis dix ans pour l’ignorer. Sommes-nous pour autant proches de la guerre civile, j’ai du mal à le croire mais peut-être devrai-je reconnaître dans un futur proche que j’étais une somnambule. On laissera chacun se faire son idée, laquelle varie d’ailleurs au gré de l’actualité et de l’humeur.

En attendant, contrairement à mon cher William Goldnadel, et en dépit et de l’admiration que m’inspirent ceux qui choisissent le métier des armes, je ne signerai pas ce texte des deux mains, ni d’aucune d’ailleurs.

Inutile de jouer à se faire peur, il ne contient nul appel à la sédition. « Oui, si une guerre civile éclate, l’armée maintiendra l’ordre sur son propre sol, parce qu’on le lui demandera », peut-on encore y lire. Ce qui signifie qu’elle n’interviendra pas si on ne le lui demande pas.

Le problème n’est pas que le constat soit éventuellement exagéré mais qu’il traduise une opinion politique. Peu importe que celle-ci soit ou non pertinente (et en l’occurrence elle l’est au moins en partie), elle rompt avec une tradition démocratique bien établie : la neutralité politique de l’armée. Certes, de Gaulle fait de la politique, dès 1934 quand il publie Vers l’armée de métier, et surtout en 1940. D’abord, pas le moindre de Gaulle à l’horizon. Ensuite, en 1940, la légalité républicaine s’était effondrée. Nous n’en sommes pas là.

On peut penser tout le mal qu’on veut du président de la République et de ses lubies déconstructrices, mais il est élu, ce qui signifie que, comme dirait Mélenchon, sa personne est sacrée. Et il est le chef des armées. Le boulot des militaires, c’est de lui obéir, à moins que sa forfaiture ait été établie et/ou leur intervention requise dans les conditions prévues par la Constitution. En parlant de « fourberie », de « lâcheté » et de « perversion » à propos des autorités politiques et de leur propre hiérarchie, les signataires transgressent la règle première de leur institution, celle qui fait sa force : la discipline, le respect du chef. Tous les soldats veulent que l’État qu’ils servent soit fort et ils ont raison. Le risque est qu’en contestant frontalement ceux qui le dirigent, ils contribuent encore à son affaiblissement.

Reste à savoir si nos gouvernants sont capables de répondre autrement que par des sanctions, des invectives et des tout ça c’est rien que de la racaille d’extrême droite. Si leur seule réaction est de lancer une chasse aux sorcières pour démasquer les contrevenants, elle ne fera que mobiliser autour de leurs camarades de nombreux militaires qui, aujourd’hui, se tiennent à l’écart de cette agitation. Dans la foulée, les policiers, qui en ont gros sur la patate et on les comprend, pourraient eux aussi vouloir interpeller leurs chefs. Et puis, pourquoi pas les Préfets qui, eux aussi, sont aux premières loges pour assister à ce qui se passe, qu’on le nomme délitement, déchéance ou ensauvagement. Autrement dit, si le pouvoir répond par la répression et le raidissement idéologique, il pourrait bien encourager une nouvelle forme de protestation au sein même de l’appareil régalien de l’État. Tous ces fonctionnaires astreints au devoir de réserve ne peuvent pas se mettre en grève et ceux qui ont le droit de manifester comme les policiers savent que cela ne sert pas à grand-chose. En revanche, ils peuvent ouvrir leur gueule – et vu le raffut provoqué par deux tribunes, la méthode risque de faire des émules.

S’il ne veut pas se retrouver confronté à des Gilets jaunes en uniforme, le pouvoir doit jouer fin, désapprouver sans doute, quoiqu’avec modération, mais en montrant qu’il comprend l’angoisse de disparition que nous sommes beaucoup à éprouver. En attendant, ne nous y trompons pas : ce que nous devons craindre, ce n’est pas une intervention intempestive des militaires ou des policiers, c’est qu’arrive un jour où ils refuseront d’intervenir.

Elisabeth Lévy

Tribune reprise de Causeur

[vidéo] I-Média – Délitement : militaires et policiers brisent l’omerta

i-média militaires policiers

14/05/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Militaires, gendarmes, policiers… Ils ont tous multiplié les appels à sauver la France ces derniers jours. Les médias et les politiciens de gauche, affolés, tentent de diaboliser ces lanceurs d’alerte.

Mais il se pourrait bien que la libération de la parole à laquelle nous assistons soit massive.


Le tueur d’Éric Masson arrêté – Le vrai coupable s’appelle Macron

Macron

Quand un chef d’Etat met en cause les violences policières dans un entretien sur des réseaux sociaux suivis par des adolescents ou de tout jeunes gens (le média en ligne Brut, le 5 décembre dernier), quand ce même président, sur le même réseau en ligne, dénonce les contrôles au faciès et les discriminations, quand le même président, un an auparavant, au salon de la BD d’Angoulême, posait à côté du dessinateur Jul qui tenait un t-shirt attaquant la police, il ne faut pas s’étonner qu’un garçon de 19 ans, Ayoub A., multirécidiviste mais toujours traité avec une extrême indulgence, trouve normal d’abattre un policier. Il est clair pour des garçons de cet âge que les policiers appartiennent au camp des salauds. C’est le président qui le dit ou qui le laisse entendre. Ce sont ses profs qui l’assurent, peut-être, ce sont les médias qui le rabâchent en boucle.

Un garçon de 19 ans n’est pas capable de faire la distinction entre des propos outranciers de polémique politique et la vérité. Le résultat est là : ce jeune voyou a assassiné un policier comme on abat un chien enragé. Sans se poser de questions.

Ceci est tellement vrai que lundi des tags sont apparus (à Lyon, notamment) se félicitant de cet assassinat : « Balle dans le front pour Eric Masson. Prochaine cible BST [les brigades spéciales de terrain] du 8ème ».

Mais, rappelez-vous : des inscriptions ou des propos semblables, il y en a eu après l’assassinat d’Arnaud Beltrame, notamment dans les rangs de LFI, comme on en a lu sur les réseaux sociaux en soutien à Merah après ses crimes toulousains, y compris ce froid assassinat d’une petite fille de 7 ans.

Tout ceci est une suite logique, au fond : Macron a lâché sa police. Pire que cela, il l’a montrée du doigt, il a donné les mots qui la désignent comme dangereuse et punissable.

Consommation trop forte de drogue ?

Pour l’heure, quatre personnes ont été arrêtées dimanche soir : le tueur présumé et sa sœur, à qui appartiendrait la voiture utilisée pour la fuite en Espagne, le chauffeur du véhicule, âgé d’une cinquantaine d’années, et un autre jeune, de 20 ans.

Avec un bon avocat, genre Dupond-Moretti, capable de terroriser les jurés comme il croit pouvoir terroriser Marine Le Pen dans les Hauts-de-France, le jeune assassin présumé peut s’en tirer par la reconnaissance d’un état de délire morbide dû à la surconsommation de drogue. Il y a eu des précédents…

Celui que l’enquête semble désigner comme l’assassin explique pour l’heure qu’il était chez sa mère au moment des faits. Et son avocat ajoute qu’il n’a pas « le profil d’un tel délinquant » (délinquant ? Le mot est un peu léger !). Pourtant, ce même avocat sait que son (très fidèle) client a déjà été condamné pour violences et pour trafic de drogue. Beau palmarès, tout de même, à 19 ans !

Les policiers, eux, s’expriment avec une grande virulence : « Nous sommes devenus des cibles dans cette société », constate le secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale. « La lutte contre la délinquance met le policier dans une position de danger, voire met sa vie en danger. » Un comble, dans une société de droit, une société que l’on nous présente comme dé-mo-cra-tique.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 11 mai 2021

Pourquoi la France est un volcan, par Ivan Rioufol

La France est un volcan prêt à se réveiller. La colère n’est pas seulement chez les policiers et les militaires, qui ne prennent plus de gants pour l’exprimer. La colère est au cœur de ceux qui constatent les démissions quotidiennes de l’Etat bavard, confronté à la montée des violences et des insécurités. Certes, samedi, Emmanuel Macron a admis : « C’est une réalité de dire qu’il y a de la violence dans notre société et qu’elle enfle (…) Il nous faut continuer d’avancer pour que la réponse pénale soit au rendez-vous de la réalité de la société et de son évolution ». Mais que valent ces mots quand le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, choisit dès ce week-end de quitter son poste pour aller mener campagne contre Marine Le Pen dans les Haut-de-France, pour les régionales ? Il suffit, pour illustrer le décalage entre les « élites » et la vie des gens, d’observer ce ministre de la Justice, empli de suffisance et de mots gras.

Il semble n’avoir rien entendu du message des foules venues l’autre jour, place du Trocadéro à Paris et ailleurs en France, pour réclamer « justice » dans l’assassinat Sarah Halimi. Il semble ne rien mesurer non plus des désordres publics causés par le laxisme de l’institution. Dupond-Moretti ne trouve, en effet, rien de plus urgent que de se montrer devant des caméras pour insulter « Marine Le Peste », dénoncer la « haine que propage le RN » et qualifier lui-même sa présidente d’ « ennemie que j’exècre ! ». Cette violence verbale laisse voir une pensée frustre.

Cette classe politique, qui se caricature dans l’arrogance et le nombrilisme, n’est pas à la hauteur de la situation que connaît le pays. La décence devrait amener les responsables à s’interroger sur les faillites d’un système qui produit tant de désastres. Les socialistes ont, de ce point de vue, le bon goût de faire profil bas, ce lundi, à l’occasion de l’anniversaire de la victoire de François Mitterrand, le 10 mai 1981. Ils sont pour beaucoup – mais la droite n’a pas été en reste – dans l’affaiblissement de la nation. Et cette situation est parfaitement décrite par la deuxième lettre ouverte aux dirigeants, publiée hier soir sur le site de Valeurs Actuelles, signée cette fois par des militaires d’active. Dès ce lundi j’ai apporté, avec des milliers d’autres, mon soutien à ce texte qui refuse de se plier aux intimidations. La force du document, qui met en garde conte un « effondrement » et une « guerre civile », tient à son réalisme factuel.

Cette alerte militaire s’ajoute aux exaspérations des policiers qui prennent l’opinion à témoin. Outre une forte mobilisation populaire, dimanche à Avignon après le meurtre d’Eric Masson par un trafiquant de drogue, la « marche citoyenne » du mercredi 19 mai s’annonce importante. Les policiers et les militaires, conspués et ridiculisés par les ennemis intérieurs et leurs collaborateurs, sauront-ils réveiller les consciences ? Il est temps, pour les indignés, de se faire entendre.

Ivan Rioufol

Texte daté du 10 mai 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Michel Thooris : “Cette hécatombe chez les policiers n’est plus acceptable, on les envoie au carton et derrière la justice ne fait rien !”

Michel Thooris

Le 5 mai, un policier a été abattu par un dealer lors l’un d’un contrôle anti stupéfiant à Avignon (Vaucluse). Réaction de Michel Thooris qui dénonce le laxisme judiciaire et politique qui fait des policiers luttant contre les trafics de stupéfiant de “la chair à canon”.

Un de vos collègues a été tué dans l’exercice de ses fonctions. Il intervenait sur un trafic de drogue. Le dealer l’a abattu de deux balles. On serait tenté de dire, un mort de plus dans la police…

Le pire c’est que le collègue est mort pour rien. Même si cette opération de police avait été menée jusqu’à son terme avec l’interpellation de ces dealers, la justice de Dupond-Moretti leur aurait accordé toute sa clémence. Malheureusement, le gouvernement fait croire aux Français qu’il lutte contre le trafic de stupéfiants. On se retrouve avec un collègue au tapis. Honnêtement, cela commence à faire beaucoup. Je vous rappelle qu’il y a douze jours, notre collègue s’est fait égorger par un islamiste à Rambouillet. En à peine deux semaines, nous avons deux collègues au tapis. Cette situation n’est évidemment plus acceptable.

On ne va pas revenir sur la nature du métier de policier qui est dangereux. Ils sont en première ligne face au banditisme et à la délinquance. Assistons-nous à un taux de mortalité extrêmement élevé dans la police en lien avec la criminalité ?

C’est une évidence. Jamais depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, nous n’avons subi autant de perte en si peu de temps. Soit de collègues tombés sous des actions terroristes ou sous des actions de criminalités de droit commun. Nous demandons des mesures fortes. Nous sommes dans une situation de crise. Il faut que le président de la République déclare l’état d’urgence et reprenne le contrôle de notre sécurité sur le territoire national. En revanche, si on renonce à faire de la sécurité, alors dans ces cas-là, il ne faut plus exposer nos collègues, les laisser en attente dans les services et les laisser intervenir que sur les appels du 17.

Je vous rappelle que notre organisation syndicale France police, policiers en colère demande depuis des années une réforme de la légitime défense. Les pouvoirs publics ne nous répondent pas sur ces questions-là. Aujourd’hui, nous n’avons absolument plus les moyens juridiques d’intervenir face à une criminalité et un risque terroriste qui a atteint un niveau inacceptable.

C’est de ces trafics de drogues que découlent la délinquance et l’insécurité. Gérald Darmanin en a fait son cheval de bataille sur le papier. Cette lutte se mène-t-elle avec la police ?

C’est du vent. Dans la mesure où, de toute façon, on peut faire toutes les interpellations que l’on veut et démanteler tous les trafics que l’on veut, la justice ne fait rien. Les dealers nous rient à la figure. Nous sommes donc dans une situation de pure communication politique. On envoie les policiers au carton dans les quartiers en leur disant de déranger le trafic de stupéfiants. Bilan, soit nos collègues se font blesser ou tuer, soit ils doivent interpeller de manière musclée et ensuite ils se retrouvent mis en examen pour des violences illégitimes ou racistes. C’est donc le serpent qui se mord la queue. Si vous voulez vous attaquer correctement au trafic de stupéfiants, cela ne peut passer que par une réponse pénale et ce n’est pas un problème de police.

On s’attend à ce que l’on nous explique que si le collègue est décédé, c’est parce que la police fait son travail et dérange les trafiquants. Tout ceci est inacceptable. Nos collègues ne peuvent pas servir de chair à canon pour une communication politique. Si on veut s’attaquer au trafic de stupéfiants, il faut que Dupond-Moretti prenne la porte du ministère de la Justice et que l’on mette dans ce ministère, un ministre qui a une véritable option sécuritaire. J’invite le gouvernement français à s’inspirer ce que fait Jair Bolsonaro au Brésil et monsieur Rodriguo aux Philippines. Ces chefs d’État de grandes démocraties ont donné carte blanche à la police pour enrayer le trafic de stupéfiants. Les résultats policiers sont spectaculaires. Évidemment, c’est avec des dealers blessés, tués et incarcérés. Dans ces sociétés-là, cela ne pose aucun problème à la population qui se réjouit de voir les forces de police reprendre le contrôle de la sécurité. En France, lorsque vous avez un dealer blessé sur une interpellation, les médias nous tombent dessus en nous disant que nous sommes racistes.

Il y a évidemment un problème de société et de politique qui n’est pas en capacité d’assumer la politique qu’ils vendent aux Français. Lorsqu’on les écoute, ils sont en guerre contre le terrorisme, contre le trafic de stupéfiants et contre le virus. Si on fait le bilan, la guerre est menée avec des bougies et des larmes. Je suis désolé, mais cette politique-là n’est plus acceptable aujourd’hui. On ne va pas ramasser un collègue au tapis par semaine. On veut qu’il y ait un électrochoc au niveau politique.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Policiers attaqués à Poissy : « On ne peut pas répondre en les frappant, alors on leur tire dessus au mortier (…) c’est chez nous »

Élisabeth Lévy : “Chère Défenseure des droits, on ne change pas la loi parce que certains ne la respectent pas”

Claire Hédon

Claire Hédon souhaite instaurer des zones sans contrôle dans certains quartiers. Simplement sur le présupposé racisme dans la police qui s’adonnerait à des prénommés “contrôles au faciès“. Sauf que les contrôles sont faits pour une bonne raison et qu’on ne change pas la loi sous le seul prétexte que certains ne la respectent pas. Alors supprimons cette institution à laquelle on confère trop d’importance.

« Les policiers sont partout chez eux dans la République. Il est hors de question qu’une voiture de police n’aille plus dans un quartier (…). » Avec ces deux phrases prononcées hier soir au commissariat de Poissy, Gérald Darmanin a définitivement enterré la proposition de la Défenseure des droits.

En effet, enivrée par ses bons sentiments, Claire Hédon, ex-journaliste et ex-humanitaire – ce qui la qualifie certainement pour se mêler du travail de la police -, avait eu cette idée totalement délirante : puisque les contrôles d’identité chagrinent les jeunes qui se sentent discriminés, et bien il n’y a qu’à créer des zones sans contrôle qui permettraient d’estimer la part de responsabilité de ces contrôles dans la délinquance. Oui, vous avez bien entendu : Madame Hédon expliquait vendredi matin que c’était la police qui créait de la délinquance. Peut-être les policiers devraient-ils faire repentance ? Et par ailleurs, je trouve insupportable de payer des impôts. Pourrait-on les supprimer ?

Cette proposition a suscité un tollé.

L’idée de créer par le droit des zones de non-droit a en effet fait bondir les policiers. À part Aurélien Taché, il ne s’est pas trouvé grand monde pour défendre la défenseure. Il faut dire que quelques heures après cette déclaration, des policiers étaient agressés à Poissy aux cris de “Tuez-les”. D’où la visite de Darmanin. Il est donc probable que cette visite n’aura aucune suite. Mais cela pose le problème de cette bizarre institution que le Défenseur des droits qui est souvent traitée par les médias comme une juridiction qu’elle n’est absolument pas. Elle n’a aucune légitimité. Nous avons une justice pour sanctionner les délinquants et éventuellement les policiers qui enfreignent la loi (pour ceux-là, il y en a même deux, si l’on compte l’IGPN, la police des polices). Idéologiquement, elle se pose en défenseur des droits des voyous de pourrir la vie des gens. C’est l’officialisation de la politique de l’excuse.

On me dira qu’un Noir ou un Arabe a 20 fois plus de chances d’être contrôlé.

D’abord, j’aimerais savoir d’où sortent ces statistiques. Ensuite, si les Français de la diversité sont plus contrôlés, c’est pour deux raisons évidentes :

    Ils sont souvent majoritaires dans les quartiers difficiles
    Ils sont surreprésentés dans la délinquance, incarnant l’un des exemples de la crise de l’intégration. C’est à cette crise-là qu’il faut s’attaquer. Mais la solution n’est certainement pas de les traiter en victimes. On ne change pas la loi parce que des gens ne la respectent pas.

Alors, comme première mesure simple et de salubrité publique, je suggère de supprimer dans les plus brefs délais cette institution anti-républicaine.

Texte repris du site Sud Radio

Vidéo de Loopsider sur Michel Zecler : vérification des faits

Michel Zecler

L’affaire Michel Zecler, puisque c’est ainsi qu’on l’appelle, est emblématique des méthodes employées par la chaîne « Loopsider » où écrit David Perrotin qui traite de sujets d’actualité selon des angles bien spécifiques. Perrotin a depuis été engagé par Médiapart.

L’affaire est montée en trois actes, trois vidéos « choc » afin de révéler ce que David Perrotin considère être des violences policières.

Le premier montage ne montre d’abord que de petits extraits de la vidéo d’intervention des policiers avec des assertions qui se révèlent toutes fausses : démonstration avec 4 mensonges et des témoignages comportant 4 affirmations sujettes à caution.

Pour mieux comprendre sur quoi portent ces mensonges, il convient de rappeler tout d’abord les faits attestés par la totalité des vidéos actuellement disponibles sur cet évènement mais aussi les quelques points sur lesquels les témoignages des policiers et de Michel Zecler sont concordants.

Les faits : une interpellation dans la rue pour non port du masque qui se transforme en rébellion

Michel Zecler, producteur de rap déjà condamné à de la prison et amateur de paroles incitant au meurtre de policiers, est interpellé devant ses studios pour non port de masque. Alors qu’il tente de se soustraire à l’interpellation qui survient devant chez lui, il ouvre sa porte en entraînant dans les locaux le policier qui le ceinturait déjà. Deux autres policiers arrivent en renfort et tentent d’extraire Michel Zecler de l’entrée de ses studios. Celui-ci se rebelle et fait obstacle à son extraction. Pendant 1’30, Michel Zecler résiste à son extraction et passe un bras derrière la porte d’entrée pour empêcher les policiers de le maîtriser et de l’extraire. Pour essayer de parvenir à maîtriser le prévenu, un des policiers ferme la porte. Pendant de longues minutes, les policiers, porte fermée, tentent encore de maîtriser Michel Zecler, qui empêche les policiers de rouvrir la porte pour l’extraire. Des coups finissent par être portés par les policiers à Michel Zecler, qui s’accroche aux rambardes latérales, pour tenter de le faire lâcher prise et l’extraire.

À partir de ce moment, Michel Zecler, toujours en rébellion, parvient à ouvrir un moment une seconde porte, située face à la porte d’entrée, qui donne accès à une cave où se trouvent une dizaine de rappeurs. Ces derniers, appelés à la rescousse par Michel Zecler, remontent les escaliers et tentent de forcer la porte pour s’en prendre aux policiers. Les policiers pour leur part, ont appelé du renfort à la radio depuis plusieurs minutes. La dizaine de rappeurs du sous-sol finit par forcer la porte et, en surgissant agressivement au rez-de-chaussée, provoquent la fuite des policiers, 6 minutes après le début de la tentative d’interpellation. Dans la rue, les renforts de police sont arrivés et les policiers sont désormais au nombre d’une trentaine pour faire face à cette rébellion d’une douzaine d’individus. Ils tentent d’ouvrir la porte qui a été refermée par Michel Zecler et ses complices. Ce dernier, aidé par les rappeurs, fait obstacle à l’entrée des policiers. Finalement, un lacrymogène est jeté dans l’entrée pour obliger les prévenus à sortir : la porte s’ouvre et les policiers peuvent investir les lieux : Michel Zecler et l’ensemble des rappeurs qui lui ont prêté main forte sont extraits sans violence de la part des policiers. Dans la rue, Michel Zecler refuse de se mettre au sol, malgré les injonctions des policiers : des coups à main nue lui sont portés par un policier pour le faire obtempérer. La tension est fortement montée chez les policiers qui pouvaient suspecter la détention d’armes ou de produits illégaux dans ces locaux. De fait, de la drogue sera retrouvée le lendemain dans le bureau du producteur de rap, après la perquisition.

L’affaire Michel Zecler, puisque c’est ainsi qu’on l’appelle, est emblématique des méthodes employées par la chaîne « Loopsider » où écrit David Perrotin qui traite de sujets d’actualité selon des angles bien spécifiques. Perrotin a depuis été engagé par Médiapart.

L’affaire est montée en trois actes, trois vidéos « choc » afin de révéler ce que David Perrotin considère être des violences policières.

Le premier montage ne montre d’abord que de petits extraits de la vidéo d’intervention des policiers avec des assertions qui se révèlent toutes fausses : démonstration avec 4 mensonges et des témoignages comportant 4 affirmations sujettes à caution.

Pour mieux comprendre sur quoi portent ces mensonges, il convient de rappeler tout d’abord les faits attestés par la totalité des vidéos actuellement disponibles sur cet évènement mais aussi les quelques points sur lesquels les témoignages des policiers et de Michel Zecler sont concordants.

Les faits : une interpellation dans la rue pour non port du masque qui se transforme en rébellion

Michel Zecler, producteur de rap déjà condamné à de la prison et amateur de paroles incitant au meurtre de policiers, est interpellé devant ses studios pour non port de masque. Alors qu’il tente de se soustraire à l’interpellation qui survient devant chez lui, il ouvre sa porte en entraînant dans les locaux le policier qui le ceinturait déjà. Deux autres policiers arrivent en renfort et tentent d’extraire Michel Zecler de l’entrée de ses studios. Celui-ci se rebelle et fait obstacle à son extraction. Pendant 1’30, Michel Zecler résiste à son extraction et passe un bras derrière la porte d’entrée pour empêcher les policiers de le maîtriser et de l’extraire. Pour essayer de parvenir à maîtriser le prévenu, un des policiers ferme la porte. Pendant de longues minutes, les policiers, porte fermée, tentent encore de maîtriser Michel Zecler, qui empêche les policiers de rouvrir la porte pour l’extraire. Des coups finissent par être portés par les policiers à Michel Zecler, qui s’accroche aux rambardes latérales, pour tenter de le faire lâcher prise et l’extraire.

À partir de ce moment, Michel Zecler, toujours en rébellion, parvient à ouvrir un moment une seconde porte, située face à la porte d’entrée, qui donne accès à une cave où se trouvent une dizaine de rappeurs. Ces derniers, appelés à la rescousse par Michel Zecler, remontent les escaliers et tentent de forcer la porte pour s’en prendre aux policiers. Les policiers pour leur part, ont appelé du renfort à la radio depuis plusieurs minutes. La dizaine de rappeurs du sous-sol finit par forcer la porte et, en surgissant agressivement au rez-de-chaussée, provoquent la fuite des policiers, 6 minutes après le début de la tentative d’interpellation. Dans la rue, les renforts de police sont arrivés et les policiers sont désormais au nombre d’une trentaine pour faire face à cette rébellion d’une douzaine d’individus. Ils tentent d’ouvrir la porte qui a été refermée par Michel Zecler et ses complices. Ce dernier, aidé par les rappeurs, fait obstacle à l’entrée des policiers. Finalement, un lacrymogène est jeté dans l’entrée pour obliger les prévenus à sortir : la porte s’ouvre et les policiers peuvent investir les lieux : Michel Zecler et l’ensemble des rappeurs qui lui ont prêté main forte sont extraits sans violence de la part des policiers. Dans la rue, Michel Zecler refuse de se mettre au sol, malgré les injonctions des policiers : des coups à main nue lui sont portés par un policier pour le faire obtempérer. La tension est fortement montée chez les policiers qui pouvaient suspecter la détention d’armes ou de produits illégaux dans ces locaux. De fait, de la drogue sera retrouvée le lendemain dans le bureau du producteur de rap, après la perquisition.

Les 4 mensonges formulés par David Perrotin dans ses commentaires

1er mensonge : « 20 minutes, 20 minutes d’un tabassage en règle d’une violence inouïe » affirme David Perrotin.
Dans sa deuxième vidéo, Loopsider finira par avouer que la bande originale ne dure que 13 minutes (qu’ils passeront en accéléré pour donner l’impression de gestes plus violents chez les policiers). Sur ces 13 minutes la durée totale des coups portés est de 18 secondes en réalité (13 secondes sur la version accélérée), et les policiers ne sont présents que pendant 6 minutes 30 au contact de la prétendue victime. Le compte est donc bien loin des « 20 minutes de tabassage » assénées par David Perrotin. Sur les photographies que Michel Zecler prend de lui-même après son interpellation, ce dernier ne présente pas l’apparence de quelqu’un ayant reçu des coups sur le visage, mais celle d’une personne blessée sur le cuir chevelu et qui s’est volontairement abstenue de se nettoyer le visage avant de se prendre en photo. La blessure au tendon d’Achille alléguée dans des vidéos ultérieures par David Perrotin a vraisemblablement été occasionnée lorsque l’intéressé tentait de bloquer avec son pied la porte menant au sous-sol, comme on le voit clairement dans la vidéo, et non par des coups.

2ème mensonge : « Roué de coups par des policiers simplement parce qu’il ne portait pas son masque ».
Dans la deuxième vidéo, il apparaît clairement que les policiers tentent tout d’abord d’interpeller sans faire usage de la force Michel Zecler qui refuse de ressortir de chez lui. Ce dernier n’est donc plus en situation d’infraction pour non port du masque mais en situation de rébellion. Les policiers attendront de longues minutes avant de porter les premiers coups, Michel Zecler s’étant en partie réfugié derrière sa porte pour empêcher son interpellation. Ils ne parviennent pas à maitriser Michel Zecler et les coups qu’ils finissent par porter le sont principalement sur les membres du suspect afin de l’empêcher de faire obstacle à son extraction.

3ème mensonge : « il [le producteur] ne sait pas que les trois policiers en question sont sortis de leur voiture pour le suivre jusque devant les locaux. »
Lorsque le producteur pénètre dans ses locaux il est aisé de voir qu’un policier tente déjà de le ceinturer et se fait entrainer à l’intérieur du local, par la différence de masse corporelle. Les policiers l’ont donc suivi jusque devant chez lui, et l’y ont interpellé, avant que le premier policier soit emporté à l’intérieur de ses locaux, comme l’ont affirmé les fonctionnaires de police dans leur procès-verbal.

4ème mensonge : « Sans dire un mot les policiers pénètrent de manière totalement illégale dans ses studios ».
L’entrée des policiers dans le local est légale. En effet le producteur est en infraction sur la voie publique (non-port de masque) et tente manifestement de se soustraire à l’interpellation qui a commencé dans l’espace public. Juridiquement, les policiers ont un droit de poursuite immédiat face à un individu pris en flagrant délit.

Pour lire la suite, c’est ici !

Lynchage de Zecler : derrière le récit officiel, par Ivan Rioufol

Le récit officiel, repris par les médias, dit ceci : parce qu’il est noir, le producteur de rap, Michel Zecler, a été lynché par des policiers blancs dans le XVII e arrondissement de Paris, le 21 novembre. La scène principale, filmée par la caméra de surveillance d’une entrée d’immeuble, dit les faits. La victime assure aussi avoir été traitée de “sale nègre”. Hier, quatre policiers ont été mis en examen. Deux d’entre eux ont été placés en détention provisoire. Est-il permis néanmoins d’apporter des précisions ? Ce point semble risqué, au vu du consentement de la presse à s’en tenir à la version établie. Remarquons pourtant que les fonctionnaires ont été présentés dimanche, par le procureur de la République Rémy Heitz, comme ayant “des bons, voire des très bons états de service“.

Si ceux-ci admettent les coups, ils les expliquent par la rébellion de Zecler. Soupçonné de transporter de la drogue dans son sac à dos, il a tenté d’échapper aux policiers en pénétrant dans son studio d’enregistrement. Ceux-ci contestent les propos racistes mais reconnaissent avoir eu peur. Sur LCI, Patrice Rebeiro, secrétaire général Synergie-Officiers, a présenté Zecler ainsi : “L’ homme est connu pour vol à mains armées, association de malfaiteurs, a déjà fait de la prison et a des antécédents judiciaires très lourds.”

Rappeler ces éléments n’excuse pas la brutalité des policiers. Cette violence, non professionnelle, est fautive. Elle répond cependant, plus gravement, à la perte d’autorité des forces de l’ordre. C’est parce que Zecler, physiquement imposant, refuse d’obtempérer et se débat que l’interpellation dégénère. Or cette contestation de la force publique semble admise, y compris par la hiérarchie policière et le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Ce dernier s’est précipité, une fois de plus, pour accabler ses troupes, comme il l’avait fait récemment quand elles avaient dû déloger, sans gants blancs ni dentelles, des clandestins venus occuper la place de la République. A cette lâcheté d’Etat s’ajoute une lecture racialiste des situations conflictuelles.

Noir, Zecler a été immédiatement promu, par les esprits paresseux et les “mutins de Panurge” (Philippe Muray), comme le symbole d’un racisme systémique au cœur de la police, elle-même gangrénée par la suprématie blanche. Samedi, à Paris, ce sont des policiers blancs qui ont été lynchés à leur tour par des black blocks, ces nouveaux fascistes, au cours d’une Marche des libertés cornaquée par l’extrême gauche. Tout à son objectif de déstabiliser l’Etat en désarmant sa police, la gauche perdue voit l’affaire Zecler comme une aubaine. Mais pourquoi l’accompagner dans sa grossière “récup” ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 30 novembre 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Loi de sécurité globale : Attention Danger !

libertés publiques

Une fois étant loin d’être coutume, il nous faut le temps de nous placer un instant dans le camp de la gauche radicale, ou plus largement dans le camp de ceux qui s’inquiètent des dérives autoritaires de l’Etat. Dans le viseur de cette proposition de loi des députés LREM Alice Thourot et Jean-Michel Fauvergues, ce dernier étant l’ancien patron du RAID, les différentes dispositions visant à entraver le travail des journalistes mais surtout augmenter la capacité répressive d’un gouvernement aux abois. La disposition qui fait le plus débat concerne l’article 24 du texte.

Ce dernier vise à pénaliser l’usage « malveillant » d’images des forces de l’ordre. Selon l’article 24, la diffusion « du visage ou tout autre élément d’identification » d’un policier ou d’un gendarme en intervention lorsque celle-ci a pour but de porter « atteinte à son intégrité physique ou psychique », sera punie d’un an de prison et d’une amende de 45 000 euros. Une disposition qui mobilise particulièrement la presse, en effet qui peut juger de l’intention de la personne qui filme ? Qui se prononcera sur l’intention de porter atteinte à l’intégrité psychique du policier ?

Que penser de policiers, remparts de la République dont il faut protéger la psyché d’actes aussi terribles que des photos ? Que penser de Gerald Darmanin invoquant le drame de Magnanville alors même que des données personnelles de milliers de policiers ont été piratées quelques mois auparavant et que ces derniers donnent leurs coordonnées à chaque changement de cartes grises depuis que l’Etat a délégué cela au privé ? Un privé toujours plus présent puisque cette loi prévoit de donner à des agents de sécurité privés des prérogatives de policiers nationaux ? Que penser d’un Etat qui sous-traite ses essentielles missions régaliennes au privé ? Que penser d’un Etat qui oublie la Justice, saborde l’Education et privatise la police mais qui va s’inquiéter de ce que vous mangez, comment vous vous chauffez et quel véhicule vous utilisez ?

Signalons au passage que de telles dispositions existent déjà dans la loi. En effet, il y a deux ans, une militante antifa connue sous le pseudo de « Marie Acab-Land » a été condamnée à dix sept mois de prison ferme pour avoir photographié les visages de policiers et les avoir jetés en pâture sur le web. Si de telles protections existent déjà, pourquoi ne pas les utiliser au lieu d’inventer de nouveaux arsenaux aux objectifs douteux ?

Outre le fait d’assister encore une fois à une débauche de mots creux de la part d’une majorité et d’un gouvernement trouvant plus commode de faire du battage autour d’une énième loi plutôt que d’avoir le courage de faire appliquer celle qui existe déjà ; on assiste également à une démonstration par A+B qu’on nous prend, nous citoyens, pour des jambons. En pleine crise sanitaire dont les conséquences s’avèrent intensément plus dramatiques que l’épidémie elle-même, en pleine crise de représentation politique, sociale, sécuritaire, judiciaire et j’en passe, le gouvernement resserre encore la vis de nos libertés publiques. Espérons que ce soit enfin celle de trop.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 18 novembre 2020

Michel Zecler, victime ou voyou ?

Michel Zecler

On a beau être habitué à voir les forces de l’ordre traînées quotidiennement dans la boue par les grands médias, on aura quand même rarement assisté à un tel lynchage. Journalistes, bobos du showbiz, associations, élus de tous bords, membres du gouvernement, présidence de la République, magistrats, hiérarchie policière et même certains syndicats de police : avant même que la vérité soit faite sur l’intervention dite « musclée » de la police le 21 novembre dernier dans le local du « producteur noir » Michel Zecler, tous y seront allés de leur « condamnation », en des termes souvent d’une grande violence. Une espèce d’hystérie collective antiflic au cours de laquelle, bien sûr, tous se seront bien gardés d’évoquer le profil de la prétendue « victime ». A commencer par Macron lui-même qui, de façon pitoyable, est allé jusqu’à téléphoner à Zecler pour « prendre de ses nouvelles » et lui manifester sa sympathie !

Le moins que l’on puisse dire est que ce Michel Zecler, unanimement présenté par les grands médias comme « un homme tranquille », « courtois » et « pacifique », a un passé judiciaire et un entourage des plus sulfureux. Issu d’un quartier ethnique de Bagneux, l’homme a d’abord des « antécédents judiciaires très lourds » de stupéfiants, de vols à main armée, d’outrages et d’association de malfaiteurs qui l’ont conduit en prison, comme il l’a d’ailleurs lui-même reconnu sur le plateau de « Touche pas à mon poste ». D’autre part, aujourd’hui à la tête du label de rap « Black Gold Studios », ce vieux complice de Diam’s, la rappeuse convertie à l’islam qui déversait à longueur de chansons sa bile sur notre pays, a produit – entre autres – en 2016 « L’âge d’or du rap français », une tournée dans toute la France réunissant Ministère A.M.E.R., Akhenaton, Ménélik, Stomy Bugsy, Assassin, Kery James ou encore Stomy Bugsy. Bref, que du « beau monde » s’étant régulièrement illustré ces dernières années par des chansons aux paroles antiflics et anti-Français allant même, pour certaines, jusqu’à l’appel au meurtre !

Le caractère scandaleux de cette affaire ne s’arrête pas là. Pendant tout le week-end, en effet, ceux-ci se seront efforcés par tous les moyens, et notamment en nous passant en boucle les fameuses images filmées par les amis du producteur, de nous démontrer la prétendue culpabilité des quatre policiers mis en examen dans cette affaire, dont deux ont été écroués dans la nuit de dimanche à lundi. L’affaire serait bien plus complexe que ce l’on cherche à nous faire croire. C’est ainsi qu’invité sur LCI, Patrice Ribeiro, de Synergie-Officiers, a rapporté que les fonctionnaires, ayant repéré que Zecler était sans masque, se sont approchés de lui pour le contrôler et, ce faisant, « se sont aperçus que cet individu avait une énorme sacoche avec une odeur de stupéfiants très forte ». Sacoche retrouvée depuis et qui contenait effectivement de la résine de cannabis. Par ailleurs, les agents mis en cause, qui avaient pour seul objectif de faire sortir Zecler du local où il s’était réfugié pour échapper à leur contrôle, se sont heurtés à « une rébellion caractérisée » au cours de laquelle l’individu n’a pas hésité à les frapper, blessant même l’un d’entre eux passage.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 30 novembre 2020

L’émoi fait loi – Castaner : l’impardonnable forfaiture, par Etienne Defay

La mesure est comble et la lâcheté du ministre de l’Intérieur commence à devenir non dissimulable. Après le magnifique « soupçon avéré » de racisme concernant les policiers, l’inimitable premier flic de France a annoncé que les manifestations de soutien à George Floyd et Adama Traoré seraient autorisées. Une décision qui va à l’encontre de tout principe législatif. « L’émotion est supérieure au droit dans ces cas-là. »

On invitera le lecteur à méditer cette phrase. Car elle est une synthèse parfaite. Comme le rappelle avec ironie la journaliste du Figaro Eugénie Bastié : « Castaner vient de trouver l’épitaphe de la civilisation occidentale. » En effet, c’est beau, c’est propre, c’est presque du Philippe Muray dénonçant la société festiviste basée sur l’injonction permanente de la fête et de l’émotion. Muray ? Pas seulement. Car il y a aussi du Houellebecq chez Castaner. Il faut pour cela se reporter à l’avant-dernière publication de l’écrivain, Soumission. « Castaner ploie les deux genoux au sol » dénonce l’éditorialiste Guillaume Bigot sur Boulevard Voltaire.

L’émotion supplante le droit… Dira-il cela à ceux qui n’ont pas pu enterrer leurs proches à cause des restrictions de liberté liées à l’épidémie ? Soutiendra-il cela face aux éborgnés, aux mutilés, aux laissés pour compte de la mondialisation ? Ils ne sont rien, me répondrez-vous. Ceux-là qui ont la dignité de crever en silence, qu’ils soient retraités, paysans, policiers, infirmiers, militaires ou ouvriers, ne pourront prétendre à cette supériorité de l’émotion. Pour eux, ce sera la loi appliquée avec un zèle des plus iniques.

Parallèlement, LREM demande à tous les citoyens de respecter 8 min 47 de silence ce mardi à 18 heures en l’honneur de George Floyd. Ce même soir, les Insoumis Jean-Luc Mélenchon et Adrien Quatennens s’agenouillaient place de la République avec les manifestants conviés par SOS Racisme. Il ne manquait plus que cela à vrai dire, les Insoumis qui ne méritent plus leur préfixe depuis longtemps et LREM sont donc en lice pour une compétition victimaire dont le pactole sera électoral à n’en pas douter. Tout le cynisme, le mépris politique et la haine de soi poussés à une sorte de paroxysme…

Pour les policiers, la coupe est pleine. Pris dans une tornade créée par la haine communautarisée, le mépris des bourgeois blancs flagellant leurs privilèges et lâchés par leur chef, nos forces de l’ordre accusent le coup. Un coup d’autant plus violent qu’il ne vient pas de l’ennemi en face mais d’un coup dans le dos porté par un chef qui aurait dû se trouver devant eux.

Castaner n’évoquera pas les suicides de policiers, les blessés, les mutilés, les tués, les internés. Castaner n’aura pas de mot pour ceux assassinés par le terrorisme. Castaner a, au nom d’une émotion supérieure au droit, trahi ses hommes et déshonoré une République qui à force d’être souillée finira par ressembler à ceux qui la violent. Pour la première fois, cher lecteur, le dégoût nous prend à la gorge.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 10 juin 2020

Olivier Marchal soutient la police et tacle Omar Sy : “Tous ces artistes qui chient sur les flics, j’ai pas envie de les défendre”

La Police est-elle raciste ? Une comédie médiatique en 6 actes

Les journalistes français des médias de grand chemin ne font pas exception à leurs confrères d’outre-Atlantique : quand un sujet semble « populaire », ils s’en emparent de façon mimétique comme un banc de poisson. Après la mort d’un Noir à Minneapolis lors d’une interpellation policière, la tentative d’importation en France des tension raciales présentes aux États-Unis et de mise en accusation de la police est une vraie réussite. La bienveillante couverture médiatique du mouvement mené par des militants communautaristes et d’extrême gauche a permis à ce dernier de gagner en ampleur. Retour sur une comédie en 6 actes.

Acte 1 : la mort de George Floyd

La mort le 25 mai d’un Afro-américain appelé George Floyd lors d’une interpellation à Minneapolis aux Etats-Unis est un événement malheureux, comme tout décès. Ce qui aurait pu rester un fait divers a pourtant été l’élément déclencheur d’un mouvement international de protestation contre les violences policières et le « racisme anti-noir ». Le fait que l’interpellation ait été filmée y est pour beaucoup : voilà de quoi attirer l’attention des téléspectateurs. Les chaines d’information en continu ont rapidement passé les images en boucle, jusqu’à provoquer une colère complètement décontextualisée.

La large information faite au sujet des précédents violents du policier ayant interpellé George Floyd est venue alourdir le dossier à charge. Un dossier alimenté par la mise en avant, à l’image du Parisien, d’autres mauvais traitements dont ont été victimes des afro-américains.

Saisissant l’occasion au bond, des militants communautaristes, décoloniaux et antifas américains ne se sont pas limités à accuser un policier qui aurait dû être révoqué depuis longtemps. C’est selon eux l’institution policière voire la société dans son ensemble qui doivent être remises en cause.

Les médias de grand chemin ont repris à leur compte cette version des faits au-delà des espérances de ses promoteurs. Signe d’un emballement médiatique, ils ont à de rares exceptions près passé sous silence tout ce qui pouvait affadir le statut de victime de George Floyd comme son lourd passé de délinquant et ses multiples condamnation révélées par le Daily Mail ou le fait que le policier ayant interpellé George Floyd était accompagné par deux collègues issus des minorités ethniques. On n’a pas trouvé davantage dans les médias de grand chemin une mise en perspective sur le racisme systémique de la Police américaine contre les afro-américains qui n’est selon plusieurs études pas démontré, comme souligné lors de l’émission I‑Media sur TV Libertés même s’il existe des brebis galeuses en son sein.

Les militants communautaristes et d’extrême gauche se sont néanmoins empressés d’exploiter cette affaire en organisant de nombreuses manifestations aux États-Unis et en Europe de l’ouest, au cours desquelles les violences ont été très fréquentes.

Acte 2 : la réactivation du mouvement de soutien à Adama Traoré en France

C’est dans ce contexte, avec une intelligence certaine de la situation, que la famille d’Adama Traoré, un jeune délinquant décédé en 2016 lors d’une interpellation, décide de faire connaitre le résultat d’une contre-expertise médicale à charge contre la Police. Valeurs actuelles soulignait déjà en 2016 que leur avocat avait organisé avec talent un campagne d’honorabilité de la famille Traoré avec le soutien actif de nombreux médias, en dépit des démêlés judiciaires de certains de ses membres soulignés notamment par Boulevard Voltaire. Les recettes semblent toujours éprouvées en 2020 selon Louis de Raguenel avec une nébuleuse communautariste et d’ultra gauche à obtenir vengeance et à soulever les banlieues. En 2017, c’était le New York Times qui avait raccroché la mort d’Adama Traoré au mouvement Black lives matter. C’était déjà aussi « haro sur les flics ».

« Une nouvelle contre-expertise met en cause les gendarmes » selon Le Monde le 2 juin. « Quatre jours après la révélation d’une expertise médicale exonérant la responsabilité des militaires dans le décès d’Adama Traoré, les conclusions d’une nouvelle contre-expertise indépendante, réalisée à la demande des parties civiles, viennent la contredire ».

Ces éléments de langage ont été repris par l’ensemble des médias de grand chemin, sans plus de recherches sur ce qui différencie une expertise mandatée par le pouvoir judiciaire d’une « expertise indépendante ». Aucun média de grand chemin n’a en effet souligné que l’on ne s’improvise pas expert judiciaire, une fonction dont l’intéressé doit satisfaire à des conditions de technicité et d’indépendance très strictes, ni que l’expert judiciaire nommé par le Juge n’intervient pas pour défendre les intérêts du demandeur, son rôle se limitant à apporter au Juge des éléments nécessaires à l’instruction technique du dossier. Le Figaro et Valeurs actuelles sont bien seuls quand il modèrent les conclusions de l’expertise libre mandatée par la famille Traoré « chargeant » la Police. Qu’importe puisque cette expertise, la sixième, apporte de l’eau au moulin à un irrésistible mouvement « anti raciste » contre les « violences policières ».

Acte 3 : des manifestations en France largement médiatisées

Alors que le gouvernement continue d’interdire les rassemblements de plus de 10 personnes, et alors qu’il a su demander aux forces de l’ordre de réprimer les manifestations de gilets jaunes avec une rare violence causant éborgnements et autres blessures, plusieurs manifestations non autorisées contre le racisme de la Police ont été organisées en France à partir du début du mois de juin. La couverture médiatique de ces manifestations a été plus que bienveillante.

« On a en marre de cette chape de plomb sur les violences policières » titre L’Obs le 2 juin. Pour Le Monde, c’est « justice pour Adama » le 3 juin. « Une impressionnante manifestation contre les violences policières à Paris » selon France Info le 4 juin. Tout est à l’avenant.

En France comme aux États-Unis, les manifestations ont souvent été émaillées de violences, à Rouen, Paris, Lille, Toulouse, etc. sans que celles-ci aient un grand retentissement dans les médias. Des violences et des accusations caricaturales qui n’ont pas empêché de nombreuses vedettes de show biz d’apporter leur soutien à la famille Traoré, comme le souligne Closer. Des stars accablées du sanglot de l’homme blanc comme signe (involontaire ?) d’allégeance à l’ordre diversitaire marqué par les luttes communautaristes.

On aura noté que quand les médias de grand chemin relatent les violences commises contre les forces de l’ordre lors de ces manifestations, il s’agit exclusivement d’« incidents », alors que quand la Police intervient, il s’agit toujours de violences, comme si celle-ci détenait le monopole de la mise en accusation… C’est dans ce contexte que les médias de grand chemin ont interpellé l’opinion publique avec une question obsédante.

Pour lire la suite, c’est ici !

Des policiers répondent à Camélia Jordana, par Charlotte d’Ornellas

Sur le plateau de Laurent Ruquier, la chanteuse Camélia Jordana a accusé les flics de « massacrer » des gens en raison de leur couleur de peau. Côté police, l’accusation passe mal.

« Qu’est-ce que vous voulez répondre à de telles inepties ? » Au premier abord, la réponse des policiers est assez unanime à l’évocation des récents propos tenus par Camélia Jordana sur le plateau de Laurent Ruquier. Certains craignent de ne « pas rester polis très longtemps », la majorité est surtout « affligée ». Samedi dernier, invitée sur le plateau de l’émission On n’est pas couché, la chanteuse s’illustrait par une rhétorique indigéniste anti-flic assez caractéristique. Alors qu’elle évoque les violences commises par certains policiers, la jeune femme tient à préciser qu’elle ne parle pas des manifestants en tous genres mais « des hommes et des femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue et qui se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau ». Sur le plateau, aucune autre réaction que celle de l’écrivain Philippe Besson qui tente alors timidement de rappeler que le rôle des policiers est d’abord de protéger la population. Mais Camélia Jordana insiste : « il y a des milliers de personnes qui ne se sentent pas en sécurité face à un flic. Et j’en fais partie. Aujourd’hui j’ai les cheveux défrisés; quand j’ai les cheveux frisés, je ne me sens pas en sécurité face à un flic en France. »

Catéchisme indigéniste

Rien de très surprenant dans la bouche de cette jeune femme déjà connue pour ses exagérations sur le sujet, dans ses clips ou des tribunes publiées ou relayées. « On connaît ce discours par coeur désormais, il est utilisé par tout un courant indigéniste sans limite. Mais le plus grave, c’est qu’il soit pris au sérieux et repris quasiment sans nuances par des hommes politiques et des journalistes », développe un jeune flic de banlieue. Lui tient quand même à rappeler l’évidence : « face à des minorités qui alimentent les trafics et la violence dans les banlieues, beaucoup de gens sont heureux d’avoir encore une présence policière. Et ces gens sont majoritairement noirs et arabes eux aussi ! » Ailleurs dans le département de la Seine Saint Denis, une policière s’amuse presque du « ridicule » des propos. Elle est elle-même mate de peau, et arbore une fière chevelure bouclée : « faut-il vous dire que je n’ai pas spécialement peur de la police ? » s’amuse-t-elle, précisant n’avoir pas grand chose de plus à dire devant « tant de calomnie et de bêtise ».

Lorsqu’il a entendu les propos de la chanteuse pour la première fois, Mathieu était justement entrain de patrouiller avec ses collègues de la BAC. Il est comme tous les policiers, « conscient que certains peuvent déconner », mais reste bouche-bée devant « une telle connerie ». L’agacement cède vite la place à la sidération : « j’espère que cette petite bourgeoise sera fidèle à ses principes le jour où elle se sentira en danger, et qu’elle n’appellera donc pas la police… je ne voudrais pas qu’elle ait peur en nous voyant arriver ! » Un collègue complète : « si elle doit un jour composer le 17, elle comprendra qu’il existe des policiers ou des gendarmes, toutes couleurs de peau confondues, qui sont capables de mettre en jeu leur intégrité physique et même leur vie pour lui venir en aide, sept jours sur sept, et 24h sur 24. »

Abattement et colère des fonctionnaires de police

Mais chez certains fonctionnaires, les accusations commencent à peser très lourd sur le moral. D’abord pour une raison évoquée par plusieurs d’entre eux : « le mot massacrer a un sens. Et si cette jeune femme veut l’utiliser, qu’elle se souvienne que ces dernières années, nous avons plusieurs de nos collègues qui ont été massacrés simplement parce qu’ils étaient flics. Chez eux, à la préfecture, sur les Champs-Élysées, devant Charlie Hebdo… »

La colère est profonde, notamment chez ceux qui essuient régulièrement des violences dans ces quartiers difficiles, et qui tentent pourtant de poursuivre le travail pour le reste de la population. « Qu’elle vienne dans ces cités avec ses cheveux et sa robe, elle verra que ce n’est pas la police qu’elle aura le plus à craindre », entame l’un d’entre eux, passablement exaspéré.

Pour lire la suite, c’est ici !