Policiers attaqués à Poissy : « On ne peut pas répondre en les frappant, alors on leur tire dessus au mortier (…) c’est chez nous »

Élisabeth Lévy : “Chère Défenseure des droits, on ne change pas la loi parce que certains ne la respectent pas”

Claire Hédon

Claire Hédon souhaite instaurer des zones sans contrôle dans certains quartiers. Simplement sur le présupposé racisme dans la police qui s’adonnerait à des prénommés “contrôles au faciès“. Sauf que les contrôles sont faits pour une bonne raison et qu’on ne change pas la loi sous le seul prétexte que certains ne la respectent pas. Alors supprimons cette institution à laquelle on confère trop d’importance.

« Les policiers sont partout chez eux dans la République. Il est hors de question qu’une voiture de police n’aille plus dans un quartier (…). » Avec ces deux phrases prononcées hier soir au commissariat de Poissy, Gérald Darmanin a définitivement enterré la proposition de la Défenseure des droits.

En effet, enivrée par ses bons sentiments, Claire Hédon, ex-journaliste et ex-humanitaire – ce qui la qualifie certainement pour se mêler du travail de la police -, avait eu cette idée totalement délirante : puisque les contrôles d’identité chagrinent les jeunes qui se sentent discriminés, et bien il n’y a qu’à créer des zones sans contrôle qui permettraient d’estimer la part de responsabilité de ces contrôles dans la délinquance. Oui, vous avez bien entendu : Madame Hédon expliquait vendredi matin que c’était la police qui créait de la délinquance. Peut-être les policiers devraient-ils faire repentance ? Et par ailleurs, je trouve insupportable de payer des impôts. Pourrait-on les supprimer ?

Cette proposition a suscité un tollé.

L’idée de créer par le droit des zones de non-droit a en effet fait bondir les policiers. À part Aurélien Taché, il ne s’est pas trouvé grand monde pour défendre la défenseure. Il faut dire que quelques heures après cette déclaration, des policiers étaient agressés à Poissy aux cris de “Tuez-les”. D’où la visite de Darmanin. Il est donc probable que cette visite n’aura aucune suite. Mais cela pose le problème de cette bizarre institution que le Défenseur des droits qui est souvent traitée par les médias comme une juridiction qu’elle n’est absolument pas. Elle n’a aucune légitimité. Nous avons une justice pour sanctionner les délinquants et éventuellement les policiers qui enfreignent la loi (pour ceux-là, il y en a même deux, si l’on compte l’IGPN, la police des polices). Idéologiquement, elle se pose en défenseur des droits des voyous de pourrir la vie des gens. C’est l’officialisation de la politique de l’excuse.

On me dira qu’un Noir ou un Arabe a 20 fois plus de chances d’être contrôlé.

D’abord, j’aimerais savoir d’où sortent ces statistiques. Ensuite, si les Français de la diversité sont plus contrôlés, c’est pour deux raisons évidentes :

    Ils sont souvent majoritaires dans les quartiers difficiles
    Ils sont surreprésentés dans la délinquance, incarnant l’un des exemples de la crise de l’intégration. C’est à cette crise-là qu’il faut s’attaquer. Mais la solution n’est certainement pas de les traiter en victimes. On ne change pas la loi parce que des gens ne la respectent pas.

Alors, comme première mesure simple et de salubrité publique, je suggère de supprimer dans les plus brefs délais cette institution anti-républicaine.

Texte repris du site Sud Radio

Vidéo de Loopsider sur Michel Zecler : vérification des faits

Michel Zecler

L’affaire Michel Zecler, puisque c’est ainsi qu’on l’appelle, est emblématique des méthodes employées par la chaîne « Loopsider » où écrit David Perrotin qui traite de sujets d’actualité selon des angles bien spécifiques. Perrotin a depuis été engagé par Médiapart.

L’affaire est montée en trois actes, trois vidéos « choc » afin de révéler ce que David Perrotin considère être des violences policières.

Le premier montage ne montre d’abord que de petits extraits de la vidéo d’intervention des policiers avec des assertions qui se révèlent toutes fausses : démonstration avec 4 mensonges et des témoignages comportant 4 affirmations sujettes à caution.

Pour mieux comprendre sur quoi portent ces mensonges, il convient de rappeler tout d’abord les faits attestés par la totalité des vidéos actuellement disponibles sur cet évènement mais aussi les quelques points sur lesquels les témoignages des policiers et de Michel Zecler sont concordants.

Les faits : une interpellation dans la rue pour non port du masque qui se transforme en rébellion

Michel Zecler, producteur de rap déjà condamné à de la prison et amateur de paroles incitant au meurtre de policiers, est interpellé devant ses studios pour non port de masque. Alors qu’il tente de se soustraire à l’interpellation qui survient devant chez lui, il ouvre sa porte en entraînant dans les locaux le policier qui le ceinturait déjà. Deux autres policiers arrivent en renfort et tentent d’extraire Michel Zecler de l’entrée de ses studios. Celui-ci se rebelle et fait obstacle à son extraction. Pendant 1’30, Michel Zecler résiste à son extraction et passe un bras derrière la porte d’entrée pour empêcher les policiers de le maîtriser et de l’extraire. Pour essayer de parvenir à maîtriser le prévenu, un des policiers ferme la porte. Pendant de longues minutes, les policiers, porte fermée, tentent encore de maîtriser Michel Zecler, qui empêche les policiers de rouvrir la porte pour l’extraire. Des coups finissent par être portés par les policiers à Michel Zecler, qui s’accroche aux rambardes latérales, pour tenter de le faire lâcher prise et l’extraire.

À partir de ce moment, Michel Zecler, toujours en rébellion, parvient à ouvrir un moment une seconde porte, située face à la porte d’entrée, qui donne accès à une cave où se trouvent une dizaine de rappeurs. Ces derniers, appelés à la rescousse par Michel Zecler, remontent les escaliers et tentent de forcer la porte pour s’en prendre aux policiers. Les policiers pour leur part, ont appelé du renfort à la radio depuis plusieurs minutes. La dizaine de rappeurs du sous-sol finit par forcer la porte et, en surgissant agressivement au rez-de-chaussée, provoquent la fuite des policiers, 6 minutes après le début de la tentative d’interpellation. Dans la rue, les renforts de police sont arrivés et les policiers sont désormais au nombre d’une trentaine pour faire face à cette rébellion d’une douzaine d’individus. Ils tentent d’ouvrir la porte qui a été refermée par Michel Zecler et ses complices. Ce dernier, aidé par les rappeurs, fait obstacle à l’entrée des policiers. Finalement, un lacrymogène est jeté dans l’entrée pour obliger les prévenus à sortir : la porte s’ouvre et les policiers peuvent investir les lieux : Michel Zecler et l’ensemble des rappeurs qui lui ont prêté main forte sont extraits sans violence de la part des policiers. Dans la rue, Michel Zecler refuse de se mettre au sol, malgré les injonctions des policiers : des coups à main nue lui sont portés par un policier pour le faire obtempérer. La tension est fortement montée chez les policiers qui pouvaient suspecter la détention d’armes ou de produits illégaux dans ces locaux. De fait, de la drogue sera retrouvée le lendemain dans le bureau du producteur de rap, après la perquisition.

L’affaire Michel Zecler, puisque c’est ainsi qu’on l’appelle, est emblématique des méthodes employées par la chaîne « Loopsider » où écrit David Perrotin qui traite de sujets d’actualité selon des angles bien spécifiques. Perrotin a depuis été engagé par Médiapart.

L’affaire est montée en trois actes, trois vidéos « choc » afin de révéler ce que David Perrotin considère être des violences policières.

Le premier montage ne montre d’abord que de petits extraits de la vidéo d’intervention des policiers avec des assertions qui se révèlent toutes fausses : démonstration avec 4 mensonges et des témoignages comportant 4 affirmations sujettes à caution.

Pour mieux comprendre sur quoi portent ces mensonges, il convient de rappeler tout d’abord les faits attestés par la totalité des vidéos actuellement disponibles sur cet évènement mais aussi les quelques points sur lesquels les témoignages des policiers et de Michel Zecler sont concordants.

Les faits : une interpellation dans la rue pour non port du masque qui se transforme en rébellion

Michel Zecler, producteur de rap déjà condamné à de la prison et amateur de paroles incitant au meurtre de policiers, est interpellé devant ses studios pour non port de masque. Alors qu’il tente de se soustraire à l’interpellation qui survient devant chez lui, il ouvre sa porte en entraînant dans les locaux le policier qui le ceinturait déjà. Deux autres policiers arrivent en renfort et tentent d’extraire Michel Zecler de l’entrée de ses studios. Celui-ci se rebelle et fait obstacle à son extraction. Pendant 1’30, Michel Zecler résiste à son extraction et passe un bras derrière la porte d’entrée pour empêcher les policiers de le maîtriser et de l’extraire. Pour essayer de parvenir à maîtriser le prévenu, un des policiers ferme la porte. Pendant de longues minutes, les policiers, porte fermée, tentent encore de maîtriser Michel Zecler, qui empêche les policiers de rouvrir la porte pour l’extraire. Des coups finissent par être portés par les policiers à Michel Zecler, qui s’accroche aux rambardes latérales, pour tenter de le faire lâcher prise et l’extraire.

À partir de ce moment, Michel Zecler, toujours en rébellion, parvient à ouvrir un moment une seconde porte, située face à la porte d’entrée, qui donne accès à une cave où se trouvent une dizaine de rappeurs. Ces derniers, appelés à la rescousse par Michel Zecler, remontent les escaliers et tentent de forcer la porte pour s’en prendre aux policiers. Les policiers pour leur part, ont appelé du renfort à la radio depuis plusieurs minutes. La dizaine de rappeurs du sous-sol finit par forcer la porte et, en surgissant agressivement au rez-de-chaussée, provoquent la fuite des policiers, 6 minutes après le début de la tentative d’interpellation. Dans la rue, les renforts de police sont arrivés et les policiers sont désormais au nombre d’une trentaine pour faire face à cette rébellion d’une douzaine d’individus. Ils tentent d’ouvrir la porte qui a été refermée par Michel Zecler et ses complices. Ce dernier, aidé par les rappeurs, fait obstacle à l’entrée des policiers. Finalement, un lacrymogène est jeté dans l’entrée pour obliger les prévenus à sortir : la porte s’ouvre et les policiers peuvent investir les lieux : Michel Zecler et l’ensemble des rappeurs qui lui ont prêté main forte sont extraits sans violence de la part des policiers. Dans la rue, Michel Zecler refuse de se mettre au sol, malgré les injonctions des policiers : des coups à main nue lui sont portés par un policier pour le faire obtempérer. La tension est fortement montée chez les policiers qui pouvaient suspecter la détention d’armes ou de produits illégaux dans ces locaux. De fait, de la drogue sera retrouvée le lendemain dans le bureau du producteur de rap, après la perquisition.

Les 4 mensonges formulés par David Perrotin dans ses commentaires

1er mensonge : « 20 minutes, 20 minutes d’un tabassage en règle d’une violence inouïe » affirme David Perrotin.
Dans sa deuxième vidéo, Loopsider finira par avouer que la bande originale ne dure que 13 minutes (qu’ils passeront en accéléré pour donner l’impression de gestes plus violents chez les policiers). Sur ces 13 minutes la durée totale des coups portés est de 18 secondes en réalité (13 secondes sur la version accélérée), et les policiers ne sont présents que pendant 6 minutes 30 au contact de la prétendue victime. Le compte est donc bien loin des « 20 minutes de tabassage » assénées par David Perrotin. Sur les photographies que Michel Zecler prend de lui-même après son interpellation, ce dernier ne présente pas l’apparence de quelqu’un ayant reçu des coups sur le visage, mais celle d’une personne blessée sur le cuir chevelu et qui s’est volontairement abstenue de se nettoyer le visage avant de se prendre en photo. La blessure au tendon d’Achille alléguée dans des vidéos ultérieures par David Perrotin a vraisemblablement été occasionnée lorsque l’intéressé tentait de bloquer avec son pied la porte menant au sous-sol, comme on le voit clairement dans la vidéo, et non par des coups.

2ème mensonge : « Roué de coups par des policiers simplement parce qu’il ne portait pas son masque ».
Dans la deuxième vidéo, il apparaît clairement que les policiers tentent tout d’abord d’interpeller sans faire usage de la force Michel Zecler qui refuse de ressortir de chez lui. Ce dernier n’est donc plus en situation d’infraction pour non port du masque mais en situation de rébellion. Les policiers attendront de longues minutes avant de porter les premiers coups, Michel Zecler s’étant en partie réfugié derrière sa porte pour empêcher son interpellation. Ils ne parviennent pas à maitriser Michel Zecler et les coups qu’ils finissent par porter le sont principalement sur les membres du suspect afin de l’empêcher de faire obstacle à son extraction.

3ème mensonge : « il [le producteur] ne sait pas que les trois policiers en question sont sortis de leur voiture pour le suivre jusque devant les locaux. »
Lorsque le producteur pénètre dans ses locaux il est aisé de voir qu’un policier tente déjà de le ceinturer et se fait entrainer à l’intérieur du local, par la différence de masse corporelle. Les policiers l’ont donc suivi jusque devant chez lui, et l’y ont interpellé, avant que le premier policier soit emporté à l’intérieur de ses locaux, comme l’ont affirmé les fonctionnaires de police dans leur procès-verbal.

4ème mensonge : « Sans dire un mot les policiers pénètrent de manière totalement illégale dans ses studios ».
L’entrée des policiers dans le local est légale. En effet le producteur est en infraction sur la voie publique (non-port de masque) et tente manifestement de se soustraire à l’interpellation qui a commencé dans l’espace public. Juridiquement, les policiers ont un droit de poursuite immédiat face à un individu pris en flagrant délit.

Pour lire la suite, c’est ici !

Lynchage de Zecler : derrière le récit officiel, par Ivan Rioufol

Le récit officiel, repris par les médias, dit ceci : parce qu’il est noir, le producteur de rap, Michel Zecler, a été lynché par des policiers blancs dans le XVII e arrondissement de Paris, le 21 novembre. La scène principale, filmée par la caméra de surveillance d’une entrée d’immeuble, dit les faits. La victime assure aussi avoir été traitée de “sale nègre”. Hier, quatre policiers ont été mis en examen. Deux d’entre eux ont été placés en détention provisoire. Est-il permis néanmoins d’apporter des précisions ? Ce point semble risqué, au vu du consentement de la presse à s’en tenir à la version établie. Remarquons pourtant que les fonctionnaires ont été présentés dimanche, par le procureur de la République Rémy Heitz, comme ayant “des bons, voire des très bons états de service“.

Si ceux-ci admettent les coups, ils les expliquent par la rébellion de Zecler. Soupçonné de transporter de la drogue dans son sac à dos, il a tenté d’échapper aux policiers en pénétrant dans son studio d’enregistrement. Ceux-ci contestent les propos racistes mais reconnaissent avoir eu peur. Sur LCI, Patrice Rebeiro, secrétaire général Synergie-Officiers, a présenté Zecler ainsi : “L’ homme est connu pour vol à mains armées, association de malfaiteurs, a déjà fait de la prison et a des antécédents judiciaires très lourds.”

Rappeler ces éléments n’excuse pas la brutalité des policiers. Cette violence, non professionnelle, est fautive. Elle répond cependant, plus gravement, à la perte d’autorité des forces de l’ordre. C’est parce que Zecler, physiquement imposant, refuse d’obtempérer et se débat que l’interpellation dégénère. Or cette contestation de la force publique semble admise, y compris par la hiérarchie policière et le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Ce dernier s’est précipité, une fois de plus, pour accabler ses troupes, comme il l’avait fait récemment quand elles avaient dû déloger, sans gants blancs ni dentelles, des clandestins venus occuper la place de la République. A cette lâcheté d’Etat s’ajoute une lecture racialiste des situations conflictuelles.

Noir, Zecler a été immédiatement promu, par les esprits paresseux et les “mutins de Panurge” (Philippe Muray), comme le symbole d’un racisme systémique au cœur de la police, elle-même gangrénée par la suprématie blanche. Samedi, à Paris, ce sont des policiers blancs qui ont été lynchés à leur tour par des black blocks, ces nouveaux fascistes, au cours d’une Marche des libertés cornaquée par l’extrême gauche. Tout à son objectif de déstabiliser l’Etat en désarmant sa police, la gauche perdue voit l’affaire Zecler comme une aubaine. Mais pourquoi l’accompagner dans sa grossière “récup” ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 30 novembre 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Loi de sécurité globale : Attention Danger !

libertés publiques

Une fois étant loin d’être coutume, il nous faut le temps de nous placer un instant dans le camp de la gauche radicale, ou plus largement dans le camp de ceux qui s’inquiètent des dérives autoritaires de l’Etat. Dans le viseur de cette proposition de loi des députés LREM Alice Thourot et Jean-Michel Fauvergues, ce dernier étant l’ancien patron du RAID, les différentes dispositions visant à entraver le travail des journalistes mais surtout augmenter la capacité répressive d’un gouvernement aux abois. La disposition qui fait le plus débat concerne l’article 24 du texte.

Ce dernier vise à pénaliser l’usage « malveillant » d’images des forces de l’ordre. Selon l’article 24, la diffusion « du visage ou tout autre élément d’identification » d’un policier ou d’un gendarme en intervention lorsque celle-ci a pour but de porter « atteinte à son intégrité physique ou psychique », sera punie d’un an de prison et d’une amende de 45 000 euros. Une disposition qui mobilise particulièrement la presse, en effet qui peut juger de l’intention de la personne qui filme ? Qui se prononcera sur l’intention de porter atteinte à l’intégrité psychique du policier ?

Que penser de policiers, remparts de la République dont il faut protéger la psyché d’actes aussi terribles que des photos ? Que penser de Gerald Darmanin invoquant le drame de Magnanville alors même que des données personnelles de milliers de policiers ont été piratées quelques mois auparavant et que ces derniers donnent leurs coordonnées à chaque changement de cartes grises depuis que l’Etat a délégué cela au privé ? Un privé toujours plus présent puisque cette loi prévoit de donner à des agents de sécurité privés des prérogatives de policiers nationaux ? Que penser d’un Etat qui sous-traite ses essentielles missions régaliennes au privé ? Que penser d’un Etat qui oublie la Justice, saborde l’Education et privatise la police mais qui va s’inquiéter de ce que vous mangez, comment vous vous chauffez et quel véhicule vous utilisez ?

Signalons au passage que de telles dispositions existent déjà dans la loi. En effet, il y a deux ans, une militante antifa connue sous le pseudo de « Marie Acab-Land » a été condamnée à dix sept mois de prison ferme pour avoir photographié les visages de policiers et les avoir jetés en pâture sur le web. Si de telles protections existent déjà, pourquoi ne pas les utiliser au lieu d’inventer de nouveaux arsenaux aux objectifs douteux ?

Outre le fait d’assister encore une fois à une débauche de mots creux de la part d’une majorité et d’un gouvernement trouvant plus commode de faire du battage autour d’une énième loi plutôt que d’avoir le courage de faire appliquer celle qui existe déjà ; on assiste également à une démonstration par A+B qu’on nous prend, nous citoyens, pour des jambons. En pleine crise sanitaire dont les conséquences s’avèrent intensément plus dramatiques que l’épidémie elle-même, en pleine crise de représentation politique, sociale, sécuritaire, judiciaire et j’en passe, le gouvernement resserre encore la vis de nos libertés publiques. Espérons que ce soit enfin celle de trop.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 18 novembre 2020

Michel Zecler, victime ou voyou ?

Michel Zecler

On a beau être habitué à voir les forces de l’ordre traînées quotidiennement dans la boue par les grands médias, on aura quand même rarement assisté à un tel lynchage. Journalistes, bobos du showbiz, associations, élus de tous bords, membres du gouvernement, présidence de la République, magistrats, hiérarchie policière et même certains syndicats de police : avant même que la vérité soit faite sur l’intervention dite « musclée » de la police le 21 novembre dernier dans le local du « producteur noir » Michel Zecler, tous y seront allés de leur « condamnation », en des termes souvent d’une grande violence. Une espèce d’hystérie collective antiflic au cours de laquelle, bien sûr, tous se seront bien gardés d’évoquer le profil de la prétendue « victime ». A commencer par Macron lui-même qui, de façon pitoyable, est allé jusqu’à téléphoner à Zecler pour « prendre de ses nouvelles » et lui manifester sa sympathie !

Le moins que l’on puisse dire est que ce Michel Zecler, unanimement présenté par les grands médias comme « un homme tranquille », « courtois » et « pacifique », a un passé judiciaire et un entourage des plus sulfureux. Issu d’un quartier ethnique de Bagneux, l’homme a d’abord des « antécédents judiciaires très lourds » de stupéfiants, de vols à main armée, d’outrages et d’association de malfaiteurs qui l’ont conduit en prison, comme il l’a d’ailleurs lui-même reconnu sur le plateau de « Touche pas à mon poste ». D’autre part, aujourd’hui à la tête du label de rap « Black Gold Studios », ce vieux complice de Diam’s, la rappeuse convertie à l’islam qui déversait à longueur de chansons sa bile sur notre pays, a produit – entre autres – en 2016 « L’âge d’or du rap français », une tournée dans toute la France réunissant Ministère A.M.E.R., Akhenaton, Ménélik, Stomy Bugsy, Assassin, Kery James ou encore Stomy Bugsy. Bref, que du « beau monde » s’étant régulièrement illustré ces dernières années par des chansons aux paroles antiflics et anti-Français allant même, pour certaines, jusqu’à l’appel au meurtre !

Le caractère scandaleux de cette affaire ne s’arrête pas là. Pendant tout le week-end, en effet, ceux-ci se seront efforcés par tous les moyens, et notamment en nous passant en boucle les fameuses images filmées par les amis du producteur, de nous démontrer la prétendue culpabilité des quatre policiers mis en examen dans cette affaire, dont deux ont été écroués dans la nuit de dimanche à lundi. L’affaire serait bien plus complexe que ce l’on cherche à nous faire croire. C’est ainsi qu’invité sur LCI, Patrice Ribeiro, de Synergie-Officiers, a rapporté que les fonctionnaires, ayant repéré que Zecler était sans masque, se sont approchés de lui pour le contrôler et, ce faisant, « se sont aperçus que cet individu avait une énorme sacoche avec une odeur de stupéfiants très forte ». Sacoche retrouvée depuis et qui contenait effectivement de la résine de cannabis. Par ailleurs, les agents mis en cause, qui avaient pour seul objectif de faire sortir Zecler du local où il s’était réfugié pour échapper à leur contrôle, se sont heurtés à « une rébellion caractérisée » au cours de laquelle l’individu n’a pas hésité à les frapper, blessant même l’un d’entre eux passage.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 30 novembre 2020

L’émoi fait loi – Castaner : l’impardonnable forfaiture, par Etienne Defay

La mesure est comble et la lâcheté du ministre de l’Intérieur commence à devenir non dissimulable. Après le magnifique « soupçon avéré » de racisme concernant les policiers, l’inimitable premier flic de France a annoncé que les manifestations de soutien à George Floyd et Adama Traoré seraient autorisées. Une décision qui va à l’encontre de tout principe législatif. « L’émotion est supérieure au droit dans ces cas-là. »

On invitera le lecteur à méditer cette phrase. Car elle est une synthèse parfaite. Comme le rappelle avec ironie la journaliste du Figaro Eugénie Bastié : « Castaner vient de trouver l’épitaphe de la civilisation occidentale. » En effet, c’est beau, c’est propre, c’est presque du Philippe Muray dénonçant la société festiviste basée sur l’injonction permanente de la fête et de l’émotion. Muray ? Pas seulement. Car il y a aussi du Houellebecq chez Castaner. Il faut pour cela se reporter à l’avant-dernière publication de l’écrivain, Soumission. « Castaner ploie les deux genoux au sol » dénonce l’éditorialiste Guillaume Bigot sur Boulevard Voltaire.

L’émotion supplante le droit… Dira-il cela à ceux qui n’ont pas pu enterrer leurs proches à cause des restrictions de liberté liées à l’épidémie ? Soutiendra-il cela face aux éborgnés, aux mutilés, aux laissés pour compte de la mondialisation ? Ils ne sont rien, me répondrez-vous. Ceux-là qui ont la dignité de crever en silence, qu’ils soient retraités, paysans, policiers, infirmiers, militaires ou ouvriers, ne pourront prétendre à cette supériorité de l’émotion. Pour eux, ce sera la loi appliquée avec un zèle des plus iniques.

Parallèlement, LREM demande à tous les citoyens de respecter 8 min 47 de silence ce mardi à 18 heures en l’honneur de George Floyd. Ce même soir, les Insoumis Jean-Luc Mélenchon et Adrien Quatennens s’agenouillaient place de la République avec les manifestants conviés par SOS Racisme. Il ne manquait plus que cela à vrai dire, les Insoumis qui ne méritent plus leur préfixe depuis longtemps et LREM sont donc en lice pour une compétition victimaire dont le pactole sera électoral à n’en pas douter. Tout le cynisme, le mépris politique et la haine de soi poussés à une sorte de paroxysme…

Pour les policiers, la coupe est pleine. Pris dans une tornade créée par la haine communautarisée, le mépris des bourgeois blancs flagellant leurs privilèges et lâchés par leur chef, nos forces de l’ordre accusent le coup. Un coup d’autant plus violent qu’il ne vient pas de l’ennemi en face mais d’un coup dans le dos porté par un chef qui aurait dû se trouver devant eux.

Castaner n’évoquera pas les suicides de policiers, les blessés, les mutilés, les tués, les internés. Castaner n’aura pas de mot pour ceux assassinés par le terrorisme. Castaner a, au nom d’une émotion supérieure au droit, trahi ses hommes et déshonoré une République qui à force d’être souillée finira par ressembler à ceux qui la violent. Pour la première fois, cher lecteur, le dégoût nous prend à la gorge.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 10 juin 2020

Olivier Marchal soutient la police et tacle Omar Sy : “Tous ces artistes qui chient sur les flics, j’ai pas envie de les défendre”

La Police est-elle raciste ? Une comédie médiatique en 6 actes

Les journalistes français des médias de grand chemin ne font pas exception à leurs confrères d’outre-Atlantique : quand un sujet semble « populaire », ils s’en emparent de façon mimétique comme un banc de poisson. Après la mort d’un Noir à Minneapolis lors d’une interpellation policière, la tentative d’importation en France des tension raciales présentes aux États-Unis et de mise en accusation de la police est une vraie réussite. La bienveillante couverture médiatique du mouvement mené par des militants communautaristes et d’extrême gauche a permis à ce dernier de gagner en ampleur. Retour sur une comédie en 6 actes.

Acte 1 : la mort de George Floyd

La mort le 25 mai d’un Afro-américain appelé George Floyd lors d’une interpellation à Minneapolis aux Etats-Unis est un événement malheureux, comme tout décès. Ce qui aurait pu rester un fait divers a pourtant été l’élément déclencheur d’un mouvement international de protestation contre les violences policières et le « racisme anti-noir ». Le fait que l’interpellation ait été filmée y est pour beaucoup : voilà de quoi attirer l’attention des téléspectateurs. Les chaines d’information en continu ont rapidement passé les images en boucle, jusqu’à provoquer une colère complètement décontextualisée.

La large information faite au sujet des précédents violents du policier ayant interpellé George Floyd est venue alourdir le dossier à charge. Un dossier alimenté par la mise en avant, à l’image du Parisien, d’autres mauvais traitements dont ont été victimes des afro-américains.

Saisissant l’occasion au bond, des militants communautaristes, décoloniaux et antifas américains ne se sont pas limités à accuser un policier qui aurait dû être révoqué depuis longtemps. C’est selon eux l’institution policière voire la société dans son ensemble qui doivent être remises en cause.

Les médias de grand chemin ont repris à leur compte cette version des faits au-delà des espérances de ses promoteurs. Signe d’un emballement médiatique, ils ont à de rares exceptions près passé sous silence tout ce qui pouvait affadir le statut de victime de George Floyd comme son lourd passé de délinquant et ses multiples condamnation révélées par le Daily Mail ou le fait que le policier ayant interpellé George Floyd était accompagné par deux collègues issus des minorités ethniques. On n’a pas trouvé davantage dans les médias de grand chemin une mise en perspective sur le racisme systémique de la Police américaine contre les afro-américains qui n’est selon plusieurs études pas démontré, comme souligné lors de l’émission I‑Media sur TV Libertés même s’il existe des brebis galeuses en son sein.

Les militants communautaristes et d’extrême gauche se sont néanmoins empressés d’exploiter cette affaire en organisant de nombreuses manifestations aux États-Unis et en Europe de l’ouest, au cours desquelles les violences ont été très fréquentes.

Acte 2 : la réactivation du mouvement de soutien à Adama Traoré en France

C’est dans ce contexte, avec une intelligence certaine de la situation, que la famille d’Adama Traoré, un jeune délinquant décédé en 2016 lors d’une interpellation, décide de faire connaitre le résultat d’une contre-expertise médicale à charge contre la Police. Valeurs actuelles soulignait déjà en 2016 que leur avocat avait organisé avec talent un campagne d’honorabilité de la famille Traoré avec le soutien actif de nombreux médias, en dépit des démêlés judiciaires de certains de ses membres soulignés notamment par Boulevard Voltaire. Les recettes semblent toujours éprouvées en 2020 selon Louis de Raguenel avec une nébuleuse communautariste et d’ultra gauche à obtenir vengeance et à soulever les banlieues. En 2017, c’était le New York Times qui avait raccroché la mort d’Adama Traoré au mouvement Black lives matter. C’était déjà aussi « haro sur les flics ».

« Une nouvelle contre-expertise met en cause les gendarmes » selon Le Monde le 2 juin. « Quatre jours après la révélation d’une expertise médicale exonérant la responsabilité des militaires dans le décès d’Adama Traoré, les conclusions d’une nouvelle contre-expertise indépendante, réalisée à la demande des parties civiles, viennent la contredire ».

Ces éléments de langage ont été repris par l’ensemble des médias de grand chemin, sans plus de recherches sur ce qui différencie une expertise mandatée par le pouvoir judiciaire d’une « expertise indépendante ». Aucun média de grand chemin n’a en effet souligné que l’on ne s’improvise pas expert judiciaire, une fonction dont l’intéressé doit satisfaire à des conditions de technicité et d’indépendance très strictes, ni que l’expert judiciaire nommé par le Juge n’intervient pas pour défendre les intérêts du demandeur, son rôle se limitant à apporter au Juge des éléments nécessaires à l’instruction technique du dossier. Le Figaro et Valeurs actuelles sont bien seuls quand il modèrent les conclusions de l’expertise libre mandatée par la famille Traoré « chargeant » la Police. Qu’importe puisque cette expertise, la sixième, apporte de l’eau au moulin à un irrésistible mouvement « anti raciste » contre les « violences policières ».

Acte 3 : des manifestations en France largement médiatisées

Alors que le gouvernement continue d’interdire les rassemblements de plus de 10 personnes, et alors qu’il a su demander aux forces de l’ordre de réprimer les manifestations de gilets jaunes avec une rare violence causant éborgnements et autres blessures, plusieurs manifestations non autorisées contre le racisme de la Police ont été organisées en France à partir du début du mois de juin. La couverture médiatique de ces manifestations a été plus que bienveillante.

« On a en marre de cette chape de plomb sur les violences policières » titre L’Obs le 2 juin. Pour Le Monde, c’est « justice pour Adama » le 3 juin. « Une impressionnante manifestation contre les violences policières à Paris » selon France Info le 4 juin. Tout est à l’avenant.

En France comme aux États-Unis, les manifestations ont souvent été émaillées de violences, à Rouen, Paris, Lille, Toulouse, etc. sans que celles-ci aient un grand retentissement dans les médias. Des violences et des accusations caricaturales qui n’ont pas empêché de nombreuses vedettes de show biz d’apporter leur soutien à la famille Traoré, comme le souligne Closer. Des stars accablées du sanglot de l’homme blanc comme signe (involontaire ?) d’allégeance à l’ordre diversitaire marqué par les luttes communautaristes.

On aura noté que quand les médias de grand chemin relatent les violences commises contre les forces de l’ordre lors de ces manifestations, il s’agit exclusivement d’« incidents », alors que quand la Police intervient, il s’agit toujours de violences, comme si celle-ci détenait le monopole de la mise en accusation… C’est dans ce contexte que les médias de grand chemin ont interpellé l’opinion publique avec une question obsédante.

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Des policiers répondent à Camélia Jordana, par Charlotte d’Ornellas

Sur le plateau de Laurent Ruquier, la chanteuse Camélia Jordana a accusé les flics de « massacrer » des gens en raison de leur couleur de peau. Côté police, l’accusation passe mal.

« Qu’est-ce que vous voulez répondre à de telles inepties ? » Au premier abord, la réponse des policiers est assez unanime à l’évocation des récents propos tenus par Camélia Jordana sur le plateau de Laurent Ruquier. Certains craignent de ne « pas rester polis très longtemps », la majorité est surtout « affligée ». Samedi dernier, invitée sur le plateau de l’émission On n’est pas couché, la chanteuse s’illustrait par une rhétorique indigéniste anti-flic assez caractéristique. Alors qu’elle évoque les violences commises par certains policiers, la jeune femme tient à préciser qu’elle ne parle pas des manifestants en tous genres mais « des hommes et des femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue et qui se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau ». Sur le plateau, aucune autre réaction que celle de l’écrivain Philippe Besson qui tente alors timidement de rappeler que le rôle des policiers est d’abord de protéger la population. Mais Camélia Jordana insiste : « il y a des milliers de personnes qui ne se sentent pas en sécurité face à un flic. Et j’en fais partie. Aujourd’hui j’ai les cheveux défrisés; quand j’ai les cheveux frisés, je ne me sens pas en sécurité face à un flic en France. »

Catéchisme indigéniste

Rien de très surprenant dans la bouche de cette jeune femme déjà connue pour ses exagérations sur le sujet, dans ses clips ou des tribunes publiées ou relayées. « On connaît ce discours par coeur désormais, il est utilisé par tout un courant indigéniste sans limite. Mais le plus grave, c’est qu’il soit pris au sérieux et repris quasiment sans nuances par des hommes politiques et des journalistes », développe un jeune flic de banlieue. Lui tient quand même à rappeler l’évidence : « face à des minorités qui alimentent les trafics et la violence dans les banlieues, beaucoup de gens sont heureux d’avoir encore une présence policière. Et ces gens sont majoritairement noirs et arabes eux aussi ! » Ailleurs dans le département de la Seine Saint Denis, une policière s’amuse presque du « ridicule » des propos. Elle est elle-même mate de peau, et arbore une fière chevelure bouclée : « faut-il vous dire que je n’ai pas spécialement peur de la police ? » s’amuse-t-elle, précisant n’avoir pas grand chose de plus à dire devant « tant de calomnie et de bêtise ».

Lorsqu’il a entendu les propos de la chanteuse pour la première fois, Mathieu était justement entrain de patrouiller avec ses collègues de la BAC. Il est comme tous les policiers, « conscient que certains peuvent déconner », mais reste bouche-bée devant « une telle connerie ». L’agacement cède vite la place à la sidération : « j’espère que cette petite bourgeoise sera fidèle à ses principes le jour où elle se sentira en danger, et qu’elle n’appellera donc pas la police… je ne voudrais pas qu’elle ait peur en nous voyant arriver ! » Un collègue complète : « si elle doit un jour composer le 17, elle comprendra qu’il existe des policiers ou des gendarmes, toutes couleurs de peau confondues, qui sont capables de mettre en jeu leur intégrité physique et même leur vie pour lui venir en aide, sept jours sur sept, et 24h sur 24. »

Abattement et colère des fonctionnaires de police

Mais chez certains fonctionnaires, les accusations commencent à peser très lourd sur le moral. D’abord pour une raison évoquée par plusieurs d’entre eux : « le mot massacrer a un sens. Et si cette jeune femme veut l’utiliser, qu’elle se souvienne que ces dernières années, nous avons plusieurs de nos collègues qui ont été massacrés simplement parce qu’ils étaient flics. Chez eux, à la préfecture, sur les Champs-Élysées, devant Charlie Hebdo… »

La colère est profonde, notamment chez ceux qui essuient régulièrement des violences dans ces quartiers difficiles, et qui tentent pourtant de poursuivre le travail pour le reste de la population. « Qu’elle vienne dans ces cités avec ses cheveux et sa robe, elle verra que ce n’est pas la police qu’elle aura le plus à craindre », entame l’un d’entre eux, passablement exaspéré.

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Alain Bauer : « Si les policiers sont des méchants, pourquoi les médecins et les pompiers sont-ils aussi attaqués ? »

27/05/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Revenant sur la polémique lancée par Camélia Jordana qui s’en prenait au racisme des forces de l’ordre, Alain Bauer a posé cette question simple : « Si les policiers sont des méchants, pourquoi les médecins et les pompiers sont-ils aussi attaqués ? ».

Voici un extrait de son intervention sur Paris première.


Camélia Jordana promeut la haine du flic, par Ivan Rioufol

Les minorités plaintives, qui se disent victimes de la “haine” française, ont trouvé en Camélia Jordana leur incendiaire tranquille. Samedi, sur France 2, la chanteuse a déclaré : “Il y a des milliers de personnes qui ne se sentent pas en sécurité face à un flic, et j’en fais partie (…) Je parle des hommes et des femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue et qui se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau. C’est un fait !”. Dominique Sopo, président de SOS Racisme, a estimé que la jeune femme, petite fille d’un couple d’Algériens militants du FLN durant la guerre d’Algérie, “a tenu à dénoncer une réalité“. Sopo a précisé son propos dans un tweet : “Quand des noirs et des arabes demandent justice en dénonçant le racisme, le racisme s’abat sur eux“.

Quand les racistes beuglent contre les noirs et les arabes, il faut les écouter car, vous comprenez, ils sont en “insécurité culturelle””. Le député ex-LREM, Aurélien Taché, a également soutenu l’outrance de Camélia Jordana assimilant la police, composée également de noirs et d’arabes, à une force nazifiée. Aux Etats-Unis, c’est le candidat démocrate, Joe Biden, qui a estimé qu’un noir “n’est pas noir” s’il vote Donald Trump. Cet engrenage conflictuel et néoraciste, alimenté par des descendants d’indépendantistes algériens ayant pourtant rejoint la France, ou par des idéologues d’un “antiracisme” excluant les blancs, indigne peu les “progressistes”. Ceux-ci préfèrent, en tout, dénoncer la “réacosphère” ou de la “fachosphère”, ces lieux où la parole circule encore librement.

Je pourrais, il est vrai, ne pas relever les propos de la péronnelle. Ce n’est pas la première fois que le show biz, consommateur de pensées toutes faites, dit des âneries. Mais c’est parce que ce type de réflexion se répand et trouve ses défenseurs jusqu’à l’Assemblée nationale qu’il serait temps de s’inquiéter de l’impunité de ces fauteurs de guerre civile. Quand Camélia Jordana parle ainsi, elle porte la parole d’une contre-société. Celle-ci voit dans la police une force illégitime car étrangère, dès qu’un flic pénètre dans les territoires perdus par la République. La “partition” décrite par François Hollande, ou le “séparatisme” nommé ainsi par Emmanuel Macron, sont une même bombe à retardement. Or des minorités militantes tentent de l’amorcer dans l’apathie médiatique.

Sur le plateau, samedi, les appels induits à la résistance contre la France n’ont pas reçu de contradictions. Personne ne s’est levé pour dénoncer, non plus, le racisme des antiracistes. C’est ainsi qu’en Grande-Bretagne le scandale d’un réseau de proxénètes pakistanais ayant exploité des jeunes filles a été longtemps occulté, en dépit des alertes du journaliste Tommy Robinson, lâché de tous car jugé trop à droite (voir mes blogs de 2018). La ministre de l’Intérieur britannique, Priti Patel, vient de reconnaître, selon Valeurs Actuelles : “Ce qui est arrivé à ces enfants restera (…) sur la conscience de notre pays“. Camélia Jordana, se comportant comme en pays conquis, veut débattre avec Christophe Castaner pour lui dire son fait. Une explication avec un juge serait sûrement plus utile.

Ivan Rioufol

Texte daté du 25 mai 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Confinement, violences, haine anti-flics : Comment les banlieues font leur loi

Attaques islamistes en France – L’autre virus

Lundi, vers 17 heures, un homme dans une BMW a délibérément foncé à très vive allure sur des policiers en train de procéder à des contrôles d’attestation de sortie dérogatoire. Avec son véhicule, il a percuté deux policiers dont un à moto.
Sur les images prises par des passants, l’état des véhicules dont les pare-chocs sont en pièces montre un impact extrêmement violent. Deux fonctionnaires sont gravement blessés. L’un d’eux aux jambes et au bassin, sans pronostic vital engagé, et son collègue a un traumatisme crânien sévère et une plaie sanglante au visage.

L’homme a été interpellé sur-le-champ. Il s’appelle Youssef T., né à Lunéville, dans l’est de la France. Dans la soirée, il a été conduit, escorté par la BRI, chez lui, pour une longue perquisition. Selon nos informations, il se serait montré coopératif et n’a rien caché du caractère volontaire de ses actes.

Selon le ministère de l’Intérieur, « ses motivations sont encore floues ». On se demande bien pour qui. Parce que, selon les éléments divulgués par l’AFP, pas besoin de la pythie de Delphes pour se faire une idée. L’assaillant avait en sa possession une lettre d’allégeance à l’Etat islamique, dans laquelle il explicite son intention de « mourir martyr ». Il aurait regardé, avant sa tentative d’assassinat, des vidéos de Gaza et relatives à la cause palestinienne. Dans ces conditions, on ne comprend guère pourquoi le parquet national antiterroriste n’a pas encore été saisi mais « reste en phase d’évaluation ». Peut-être est-ce pour ne pas risquer la colère des musulmans en cette période de ramadan propice aux émeutes. Ensuite, la justice s’interroge sur son profil psychologique. De deux choses l’une : s’il est possible de prouver que cet homme était réellement déséquilibré, l’islam sera hors de cause, naturellement, mais d’un autre côté cela commencerait à faire une proportion critique d’adeptes fous qui croient suivre une même religion. Périlleux, donc.

Comme toujours, la couverture par la presse est tellement prévisible qu’elle en devient risible. Dans Le Parisien, on peut lire que « les voisins de l’assaillant, interrogés, décrivent un garçon “sans histoires, gentil et serviable”, qui ne se mêlait pas aux jeunes qui se retrouvent le soir au pied de l’immeuble ». Le terroriste sanglant qui aide les vieilles dames à traverser, devenu un lieu commun.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux profils comportant des drapeaux algériens et palestiniens se sont réjouis de voir couler le sang d’un policier français, comme autant d’exemples de la partition annoncée par François Hollande, qui, si elle n’a pas encore eu (totalement) lieu géographiquement, a eu lieu, il y a longtemps, dans les cœurs. Les appels à la violence contre la police, en ce qu’elle incarne la France, étaient nombreux depuis le début du confinement et se sont multipliés avec le ramadan. Les responsables politiques, les artistes, ou les personnalités publiques qui se sont fait le relais de cette haine par idéologie, sens du profit ou soumission, sont responsables du sang de ce policier, et demain peut-être du nôtre.

Benoît Busonier

Article paru dans Présent daté du 28 avril 2020

Attaque islamiste contre deux policiers à Colombes : le coronavirus n’est pas le seul danger en France, l’aurait-on oublié ?

véhicule de police

Il paraît que le symptôme pathognomonique du covid19 est la perte du goût et de l’odorat. On constate, de toute évidence, que cet étrange virus fait perdre aussi l’ouïe et la vue. Comme si tous les Français avaient la tête plongée dans un bain de liquide hydroalcoolique. Aucune autre actualité ne les atteint. La tuerie de Romans-sur-Isère est passée pour ainsi dire inaperçue. Les émeutes en banlieues n’ont fait l’objet que de quelques entrefilets dans les journaux. Il est donc peu probable que les deux motards de la police nationale intentionnellement renversés, à l’arrêt, à Colombes lundi après-midi — l’un d’eux est gravement blessé et en coma artificiel – émeuvent les foules.

Pourtant il en va de la sécurité des Français comme de leur santé : le coronavirus semble faire le ménage plus rien d’autre ne semble exister, les urgentistes s’étonnent de voir leurs salles d’attente vides, comme si toute autre pathologie avait disparu. Mais ceux-ci savent bien que ce n’est qu’une illusion : les infarctus n’ont pas obligeamment tiré leur révérence pour céder le pas à la pandémie, ils sont simplement passés à l’arrière-plan, écrasés, occultés. À trop se palper, s’ausculter, s’étudier pour traquer les symptômes du coronavirus, on minimise les autres. Mais ils sont bien là, pourtant, et continuant de progresser dans l’ombre sans être inquiétés, se vengeront. Les médecins craignent ce rebond.

Les pathologies sociales sont comme les autres : terrorisme et islamisme ne se sont pas évaporés. Voire, ont gentiment et surtout tranquillement prospéré.

Youssef T., l’homme de 29 ans arrêté, a déclaré, selon les informations du Parisien, avoir agi « pour l’État islamique », et après « avoir regardé une vidéo sur la Palestine ». Une lettre et un couteau ont été retrouvés dans sa voiture. Sans doute aussi était-il un peu stressé par le confinement ? Personne n’a encore osé, mais il ne faut jamais dire jamais.

Qui a suivi l’actualité sent monter, depuis quelques jours, une hostilité « anti-flics » palpable. Envoyés au carton comme ils sont, sans masque ni autre forme de protection, pour faire respecter ce confinement – dont l’une des insignes conséquences et des déranger les petits commerces parallèles, déclenchant l’ire de certains quartiers -, ils ne sont pas applaudis à 20 heures, comme le personnel soignant. Pour eux c’est double-peine : en danger et détestés. Et même menacés, insultés, caillassés. Bien sûr, ils ne sont pas parfaits, de récentes verbalisations point finaudes dans le cadre du confinement viennent de le rappeler. Sans doute, certains d’entre eux peuvent même avoir des mots choquants ou injurieux, comme ce « bicot » que l’on peut entendre sur une vidéo postée par l’activiste Taha Bouhafs, et qui a donné lieu à une condamnation immédiate de Christophe Castaner assortie d’une saisine de L’IGPN. Aucune chance, pour eux, que quiconque tente d’avancer l’excuse du confinement mal vécu. Et pourtant, après gilets jaunes et réforme des retraites, on pourrait aisément imaginer que ce nouveau sale boulot qui leur tombe dessus les rende passablement tendus…

En attendant, personne ne s’est inquiété d’avoir vu enfler, la semaine passée, avec les événements de Villeneuve-la-Garenne, le #MortAuxPorcs – guère plus sympathique que “bicot”, on en conviendra – qui leur était destiné. Et personne ne semble aujourd’hui se sentir responsable ni coupable d’avoir fait monter, bien visible sur les réseaux sociaux, une mayonnaise délétère qui aujourd’hui tourne au vinaigre.

Gabrielle Cluzel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Banlieues : au diable la tiédeur – Confinez-moi ça !

Depuis l’accident ayant causé une fracture ouverte à un multirécidiviste à Villeneuve-la-Garenne, les banlieues s’embrasent à nouveau. Le feu ultra communicant touche une liste non négligeable de communes dans le 92 et le 93. Montreuil, Aulnay-sous-Bois, Villeneuve-la-Garenne, Nanterre, Gennevilliers, Asnières, Meudon, Clichy, Rueil-Malmaison, Saint-Denis, Clichy-sous-Bois, Drancy, Neuilly-sur-Marne, Montreuil, La Courneuve, Bobigny, Bondy, Villepinte, Fontenay-sous-Bois, Orly, Champigny, Boissy-Saint-Léger… Toute la litanie des cloaques, pardon des territoires perdus de la République, pardon à nouveau, des territoires en reconquête républicaine comme le dirait Christophe Castaner, se dévide sous les yeux impuissants des policiers, hallucinés des patriotes, sous le regard veule des politiques et biaisé des journalistes.

Alors que notre pays traverse la plus importante crise depuis la Seconde Guerre mondiale, alors que tous font preuve d’abnégation héroïque pour la surmonter, que nos personnels soignants en première ligne tombent comme des mouches, l’insupportable cohorte de sauterelles s’abat dans les champs de nos renoncements.

En première ligne, les politiques. Elus locaux compromis avec la racaille par électoralisme, maires compromissionnaires qui pour assurer la paix sociale, délèguent leurs pouvoirs régaliens à des grands frères de cité qui sont occasionnellement dealers ou corrompus. Ministres aux vaines rodomontades, accrochés à la menace d’un karcher qu’ils promettaient et que plus personne n’attend jusqu’au préfet de police Lallement qui roulait des mécaniques devant des familles parisiennes en vacances ou qui sortait les blindés devant une poignée de Gilets jaunes mais qui s’aplatit devant la racaille comme écrasé sous le poids de sa casquette.

En seconde ligne les journalistes, triste cortège de faux-semblants et de vrais couards. Tel France Inter titrant sur le terroriste de Romans-sur-Isère qu’il « supportait mal le confinement » et inventant du même coup le « terroriste claustrophobe », l’heure était à la diminution et à l’excuse : un commissariat flambe à Strasbourg ? « Tensions » pour France Bleue, jusqu’aux planqués de Rue 89 qui nous expliquaient benoîtement que « non, mais ce n’était pas le commissariat qui était visé mais bien le bâtiment limitrophe » alors que tous les documents relatifs à cette attaque démontrent le contraire. La cause de ces émeutes ? La faim pour un élu local repris en boucle par la majorité de nos médias.

Quand le sujet n’est pas tout bonnement écarté ou nié par la plupart des journalistes, il est minoré, amendé, excusé, osons le dire, absous. Comme un dommage collatéral inévitable, comme si leur sacro sainte république était habituée à avoir la tunique couverte d’accrocs et son indigence étalée sur la place publique plus sûrement qu’une lèpre.

Et que serait ce triste panthéon sans les habituels gauchistes de salon et d’amphis bourgeois ? Ces tristes révolutionnaires qui canonisent la racaille et la population des banlieues quand elle sert leurs rêves de cerisiers qui fleurissent ? Tous ces bourgeois confits dans les duplex germanopratins qui ne voient la banlieue que comme une source d’expériences sociologiques ? Osent-ils en sortir et prendre le parti des forces de l’ordre, ils seront traités de bounty, de nègres de maison ou de traîtres. Les Abdoulaye Kant, Linda Kebbab, Noam Anouar sont hais par ces idéologues ratés parce qu’ils ont osé s’extraire de leurs quartiers pour croire en autre chose que la victimisation qu’on leur proposait. Cette crise sanitaire est le dernier avertissement. Au diable les tièdes, il est temps de réagir tant que cela demeure encore possible.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 22 avril 2020