Les lemmings votent Macron !

macron

Les lemmings sont de petits rongeurs du nord de l’Europe, qui ont l’habitude de se déplacer en masse et parfois de tomber dans l’eau, tous ensemble, pour s’y noyer. Mais, depuis dimanche dernier, on sait qu’en France aussi il y a des lemmings… mais de la pire espèce : l’espèce électorale.

Les lemmings abstentionnistes n’ont ni mains ni pattes

Les abstentionnistes constituent le premier groupe de lemmings électoraux français.

Depuis l’élection présidentielle de 2017, ils ont même proliféré en pourcentage du corps électoral : désormais ils représentent 25 % des électeurs inscrits pour le premier tour de l’élection, soit 12 824 149 lemmings exactement !

Comme leurs petits congénères à quatre pattes, on ne sait pas bien ce qui motive leur comportement.

Soit que le destin politique de la nation ne les concerne pas. Soit, que l’offre politique ne leur convienne pas ; mais comme il y avait déjà 12 candidats lors du premier tour de la présidentielle de 2022, on voit donc que ces lemmings ont l’odorat particulièrement délicat ! Soit qu’ils considèrent que les élections ne servent à rien.

Mais, ce faisant, les lemmings abstentionnistes du premier tour adoptent le comportement stupide des pacifistes qui, en refusant de porter les armes, laissent le champ libre à ceux qui en ont. Les lemmings abstentionnistes ont les mains – les pattes – pures : mais parce qu’ils n’ont ni mains ni pattes.

Les Grecs auraient méprisé ces prétendus citoyens qui refusent de s’engager et de se présenter au forum, et ils leur auraient retiré leur… citoyenneté !

Les lemmings macronphiles n’ont pas de tête

Viennent ensuite les lemmings qui ont voté pour Emmanuel Macron : 9 785 578 lemmings macronphiles exactement, soit 1 128 252 de plus qu’au premier tour de l’élection de 2017 ! Dans nos rues, on les reconnaît notamment au fait qu’ils continuent de porter un masque anti-covid ou qu’ils arborent les couleurs de l’Ukraine ou de la lutte contre le sida.

Le comportement électoral de ces lemmings est étonnant. En 2017, ils pouvaient encore invoquer leur manque d’expérience ou le caractère novateur de la candidature du « gendre idéal ». Mais cinq ans après ?

Manifestement, si les lemmings abstentionnistes n’ont ni mains ni pattes, les macronphiles, eux, n’ont pas de tête ! Car ils ne voient rien, n’entendent rien et ne sentent rien.

Ils n’ont rien vu du catastrophique quinquennat d’Emmanuel Macron. Ni l’explosion de l’insécurité, de l’immigration, des taxes, des prix, de la précarité, de la désindustrialisation. Ni le déclassement international de la France. Ni la répression des opposants. Ni les affaires.

Rien ! Ils n’ont rien vu, ils n’ont rien compris, ou alors tout cela ne compte pas à leurs yeux.

Tel le Zadig de Voltaire[1], les macronphiles trouvent en effet que tout va bien quand tout va mal.

Les macronphiles réduisent la politique à l’art du selfie

Un micro-trottoir réalisé par TV Libertés[2] le jour du seul meeting parisien d’Emmanuel Macron, d’avant le premier tour, laisse rêveur quant à ce qui motive les macronphiles : il est bon orateur, il représente bien la France, il est beau, il a bien géré la pandémie, etc.

Les lemmings macronphiles réduisent la politique à l’art du selfie ! Car ils ont quand même voté pour un candidat qui n’a pas fait campagne et qui n’a pas jugé utile de présenter un programme.

Bien sûr, il y a tous ceux qui ont bien compris qu’Emmanuel Macron était bon pour leurs affaires ou leur agenda comme ils disent. Mais ils ne sont pas 9,7 millions, loin de là !

La majorité des lemmings macronphiles votent donc par habitude, par peur du changement, ou parce qu’ils croient à la propagande et aux sondages.

Ils croient donc aussi à l’origine anthropique du changement climatique, aux vertus des vaccins de Pfizer, à la valeureuse démocratie ukrainienne, à l’immigration-chance-pour-la-France, bref à tout ce qui se dit sur BFM TV et dans la presse bien-pensante. Et bien sûr ils ont peur des extrêmes, comme on le leur inculque chaque jour, avec la haine de Poutine et la crainte de la Chine.

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Jean-Yves Le Gallou sur Marine Le Pen au 2nd tour : « Merci qui ? Merci Zemmour ! »

zemmour le pen

La politique c’est le monde du bruit et de la fureur. De l’injustice et de l’hétérotélie. Marine Le Pen a tempêté contre la candidature qu’elle jugeait concurrente d’Éric Zemmour. Et pourtant comme je l’écrivais le 27 mai 2021 : « pour Marine Le Pen l’atout chance pour accéder à l’Élysée serait une candidature Zemmour ! » car « on ratisse mieux à deux que tout seul ! » Et il est très clair au soir de ce premier tour que le total de voix rassemblées par Éric Zemmour et Marine Le Pen (environ 30,2 %) est supérieur à ce qu’avait obtenu seule la candidate du Rassemblement national en 2017 (21,3 %).

La candidature de Zemmour a présenté un triple avantage pour Marine Le Pen :

– Le candidat de Reconquête lui a servi de paratonnerre à la diabolisation (lui permettant même d’échapper au procès en « poutinisme »).
– Il a recentré le débat électoral sur deux fondamentaux désertés par le rassemblement national : l’immigration et la sécurité (lui permettant ainsi de baguenauder tranquillement sur le pouvoir d’achat).
– Il a convaincu des électeurs sociologiquement rétifs au populisme jugé démagogique de Marine Le Pen.

Marine Le Pen aborde donc le deuxième tour à partir d’un potentiel électoral beaucoup plus élevé qu’en 2017 et, pour la première fois dans l’histoire du Rassemblement national, avec une importante réserve de voix. D’autant que l’hostilité au sortant est forte dans l’opinion et qu’il est possible de surfer sur le « Tout sauf Macron ».

La victoire de Marine Le Pen est donc envisageable à quatre conditions :

– Qu’elle sache rassembler sans mépriser ni les conservateurs ni la droite ni les identitaires.
– Qu’elle tienne bon avec vigueur et dignité face à la formidable campagne de diabolisation qui s’annonce (alors que le bouclier en Kevlar/Zemmour aura disparu)
– Qu’elle se montre politiquement et techniquement à la hauteur en face de journalistes qui auront cessé d’être complaisants et d’un Emmanuel Macron plus combattif que jamais.
– Qu’elle soit en mesure de sécuriser la loyauté du scrutin dans les 60 000 bureaux de vote, en particulier dans les 5 000 bureaux de vote sensibles. Travail titanesque auquel son appareil est peu préparé.

Reste que Macron lui-même n’est pas complétement à l’abri d’une sortie de route…

Tribune reprise de Polémia

Nouveau succès écrasant de Viktor Orbán en Hongrie : pourquoi un tel résultat ?

Viktor Orbán

Dimanche 3 avril se tenaient des élections législatives en Hongrie. Pour la quatrième fois d’affilée, la formation politique de Viktor Orbán remporte une majorité des deux tiers au Parlement. Afin de comprendre ce triomphe inattendu, remettons brièvement le scrutin de dimanche en perspective.
Découvrez cette analyse de Thibaud Gibelin, essayiste, professeur invité au Mathias Corvinus Collegium, auteur de Pourquoi Viktor Orban joue et gagne – Résurgence de l’Europe centrale.

Du retour au pouvoir à 2018

– En 2010, le Fidesz revient au pouvoir après huit années calamiteuses aux affaires de la coalition libérale-socialiste, marquées par des scandales de corruption, des manifestations réprimées par la police (2006), et bien surtout le marasme économique et le recours à un prêt du FMI.
– En 2014, la majorité constitutionnelle des deux tiers est renouvelée de justesse selon la carte électorale et le mode de scrutin modifiés par les réformes constitutionnelles. Désormais, le Parlement hongrois compte 199 sièges : 106 pourvus par autant de circonscriptions et 93 acquis selon un scrutin de liste. Les électeurs votent donc deux fois, pour leur député local et pour la liste de leur choix. Les Hongrois du bassin des Carpates participent seulement au scrutin de liste.
– Même l’obtention de la majorité absolue n’était pas garantie, puisque la « révolution conservatrice » paraissait anachronique et révoltante aux yeux de très nombreux observateurs. Les Hongrois en jugèrent autrement.
– En 2018, l’incertitude est maximale la veille du scrutin. L’évènement majeur de la législature écoulée, la crise migratoire, rebat les cartes. Viktor Orbán a assumé une position forte, clivante et minoritaire sur le refus de l’immigration extra-européenne et des quotas. Privé de marge de manœuvre et pressé d’arriver au pouvoir, le parti d’extrême-droite Jobbik se dit prêt à gouverner avec l’opposition de gauche. Le Fidesz fait campagne avec la slogan trumpien « pour nous, c’est la Hongrie en premier », rejetant l’opposition comme autant de forces inféodées à « l’empire Soros ». La forte participation le jour de l’élection est interprétée par les observateurs occidentaux comme un sursaut démocratique pour chasser Viktor Orbán : c’est l’inverse qui se produit. Le Fidesz renouvelle sa majorité des deux tiers.

La situation en 2022

– Traumatisée par des échecs à répétition, l’opposition a décidé de se coaliser. Les diverses tendances de gauche et l’extrême-droite repentie choisissent à l’automne 2021 le conservateur indépendant Péter Márki-Zay pour mener une liste commune. Face aux scores cumulés de l’opposition, le Fidesz peut effectivement être mis en minorité. Le profil de Péter Márki-Zay, catholique et père de famille nombreuse, doit même séduire la base électorale du Fidesz.
– Une fois encore, rien ne se passe comme prévu. Les partis d’opposition ne veulent rien perdre de leurs prérogatives, la rédaction d’un programme commun s’avère une gageure, Márki-Zay passe pour un prête-nom à la fois sans autorité sur ses puissants soutiens et maladroit dans ses déclarations décousues et unilatérales. De plus, le Jobbik perd son identité politique dans cette coalition, ce qui offre une fenêtre de tir au jeune parti nationaliste Mi Hazank, qui a fait de la défense des libertés face à la « dictature covidique » un de ses chevaux de bataille.
– Les deux blocs reste au coude à coude jusqu’à mi-décembre, fluctuant avec une très faible amplitude entre 43 et 47%, les points restants vont aux indécis revendiqués et aux petites formations alternatives. Le Fidesz dégage depuis le début de l’année une mince mais constante avance. Quand Viktor Orbán s’impose comme champion de la paix face à la guerre russo-ukrainienne, il confirme son avantage. Mais ce n’est que dans les derniers jours que le Fidesz approche la barre des 50% selon certains sondages.
– L’opposition n’a pas cessé de rester très haut dans les intention de votes, entre 43% et 47%, un écart qui laissait toutefois présager la victoire du Fidesz. Enfin, les derniers jours, quelques études ont évalué l’opposition plus près des 40%.

Les résultats

– Dimanche vers 20h30, les premiers résultats partiels paraissent sur les chaînes de télévision. D’emblée le Fidesz semble assuré d’un triomphe, d’autant que les résultats des métropoles, où l’opposition concentre ses forces, ne sont pas encore dépouillés. Mais la tendance ne s’inverse pas. En ce qui concerne les circonscriptions, c’est un raz-de-marée. Si Budapest est acquis à l’opposition – à l’exception de deux circonscriptions périphériques – toutes les circonscriptions du pays élisent un député Fidesz, à l’exception de deux circonscriptions urbaines au sud du pays.
– Le Fidesz non seulement renouvelle sa majorité constitutionnelle des deux tiers, mais la renforce de deux sièges, passant de 133 à 135 députés. Autre record, la liste Fidesz remporte 53% des suffrages, très loin devant l’opposition coalisée (35%).
– L’autre évènement de ce scrutin concerne le parti nationaliste Mi Hazank, qui passe la barre des 5% et envoie 7 députés au Parlement.

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Projet présidentiel de Macron sur l’immigration : l’enfumage continue !

macron immigration

Emmanuel Macron a dévoilé le 17 mars son « projet présidentiel ». 23 jours avant le premier tour de l’élection présidentielle, il était plus que temps qu’il présente sa feuille de route pour son prochain quinquennat s’il venait à être réélu. Derrière les formules creuses employées, le manque de volonté de l’actuel président de la République de maîtriser l’immigration extra-européenne transparaît entre chaque ligne. Les Français se feront-ils enfumer une deuxième fois ?
Nous vous livrons ci-après une lecture critique de la partie du programme présidentiel 2022-2027 consacrée à l’immigration.
Une analyse de Paul Tormenen.

Un programme indigent

Un premier constat s’impose : les mesures figurant dans le « projet présidentiel » d’Emmanuel Macron en matière d’immigration sont particulièrement indigentes au regard de l’enjeu que ce sujet représente.
Les mesures présentées sont indigentes par leur nombre, six, ce qui traduit un manque d’ambition pour ce qui conditionne l’avenir du peuple français et de sa culture.
Ces mesures sont également indigentes par leur contenu : elles relèvent plus du catalogue de vagues engagements que d’un programme s’appuyant sur un diagnostic approfondi et détaillant les différents axes d’un plan d’action.

Emmanuel Macron pousse même la provocation jusqu’à reprendre certains engagements pris en 2017 et figurant dans son programme d’alors ! Des engagements qui sont bien évidemment restés lettre morte. Tous ces éléments montrent que l’immigration extra-européenne est pour le président jupitérien un phénomène subalterne qui ne nécessite que des régulations à la marge, afin d’apaiser une opinion publique particulièrement préoccupée à ce sujet.

Les différentes mesures du programme présidentiel dont nous faisons une lecture critique sont regroupées en deux thèmes : « Mieux maîtriser l’immigration » et « Droits et devoirs de l’intégration ».

I – « Mieux maîtriser l’immigration »

– « Aller au bout de la réforme de Schengen pour renforcer nos frontières européennes »

Constat – La réforme du Code frontières Schengen est un vieux serpent de mer que les présidents de la République française ressortent avant chaque élection.

Ainsi, en 2012, Nicolas Sarkozy déclarait que « les accords de Schengen ne permettent plus de répondre à la gravité de la situation. Ils doivent être révisés » (1). En 2016, François Hollande estimait que « nous devons tout faire avec l’Allemagne, avec l’Europe pour qu’il y ait un mécanisme de protection des frontières extérieures » (2). En 2019, à l’approche des élections européennes, Emmanuel Macron déclarait – déjà : « … je veux refonder Schengen, y compris jusqu’au changement des traités si besoin. On ne protège pas suffisamment nos frontières communes » (3). Plus récemment, le 2 février 2022, Emmanuel Macron annonçait sa volonté d’un « conseil Schengen », pour « reprendre en main le contrôle des frontières » (4).

Lors d’un discours prononcé le 4 février 2022 devant des ministres de l’Intérieur de différents pays européens, Emmanuel Macron précisait les grands axes de la réforme souhaitée :

– la création d’un pilotage de l’espace Schengen via un « conseil Schengen » ;
– la création d’un mécanisme de solidarité et d’intervention rapide en cas de crise aux frontières extérieures de l’Union ;
– l’approfondissement de la politique commune d’asile et de migration via le pacte asile et migration (5).

Commentaires – Les contreparties au démantèlement des frontières intérieures de l’espace Schengen sont précisément indiquées dans le code éponyme. « Les frontières extérieures ne peuvent être franchies qu’aux points de passage frontaliers et durant les heures d’ouverture fixées » (article 5 du chapitre I). Les ressortissants de pays tiers doivent en outre être munis des documents (titre de séjour, passeport avec visa, etc.) leur permettant d’entrer dans l’espace de libre circulation Schengen.

Inutile de dire que ces dispositions, comme de nombreuses autres, sont massivement et constamment foulées aux pieds. Faute de moyens humains, matériels et juridiques suffisants, l’agence de garde-frontières Frontex se trouve réduite à recenser chaque année un nombre toujours plus important de franchissements illégaux des frontières de l’Union européenne. Ils ont ainsi été estimés à plus de 200 000 en 2021 (6).

Les propositions d’E. Macron concernant l’espace Schengen sont dans le droit fil de celle de la Commission européenne : pilotage communautaire, mutualisation des moyens en cas de crise ou d’agression migratoire organisée par un pays tiers et répartition des clandestins entre pays européens (7).

La fermeté des formules employées est donc de façade : non seulement E. Macron se garde bien de prôner un endiguement ferme de l’immigration clandestine, il rejette toute remise en cause du principe de non-refoulement. Il souhaite en revanche organiser une répartition automatique et obligatoire entre pays membres de l’UE des clandestins arrivés en Europe, qui serait inscrite dans le pacte asile et migration en cours de négociation.

Se fixer comme objectif de protéger davantage les frontières extérieures de l’espace Schengen relève dans ces conditions de la supercherie, a fortiori quand le ballet des bateaux des passeurs et des O.N.G. qui croise en mer Méditerranée est incessant et que rien se sera fait pour y mettre un terme.

Pire, de récentes annonces et mesures vont dans un sens opposé à l’objectif défini. Elles aboutissent en effet à l’affaiblissement de la défense des frontières extérieures et intérieures de l’espace Schengen, sous la pression notamment de la Commission européenne :

– L’activité de l’agence de garde-côtes et garde-frontières Frontex est de plus en plus étroitement surveillée, tant par des « observateurs des droits fondamentaux » supplémentaires qu’elle a dû recruter que par l’Office européen anti-fraude (OLAF) (8). Cette surveillance vise à encadrer la pratique des refoulements des clandestins, afin de leur permettre de faire une demande d’asile aux frontières et de pénétrer sur le sol européen le temps de son instruction. Cela revient à permettre à tout clandestin de se prévaloir de ce droit pour entrer dans l’U.E.
– La possibilité pour les pays membres de l’espace Schengen de rétablir temporairement leurs contrôles aux frontières intérieures va être plus strictement encadrée, surveillée et réprimée le cas échéant.

Si, dans le passé, la France, comme d’autres pays de l’espace Schengen, a déjà utilisé cette disposition à plusieurs reprises pour des raisons de sécurité, ce sera désormais sous la surveillance étroite de bureaucrates communautaires. En effet, le 3 mars 2022, le Conseil de l’Union européenne a adopté une « orientation générale » visant à réformer le mécanisme d’évaluation et de contrôle des règles Schengen (9). Celle-ci aboutira à mettre en place une procédure accélérée « afin de constater un manquement grave [aux règles Schengen] et d’y remédier ». On ne doute pas que les sanctions tomberont contre les pays qui ne se conformeront pas aux recommandations de la Commission européenne.

Comme le disait à juste titre Philippe de Villiers le 2 février, « c’est la même litanie depuis 1995. Tous – Chirac, Sarkozy, Hollande –, ils ont prétendu réformer Schengen. À chaque fois, ils ont rajouté de nouveaux trous à la passoire. Foutaise ! » (10).

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Remigration des clandestins : mode d’emploi

remigration avion

La proposition d’Éric Zemmour de créer un ministère de la Remigration constitue un tournant dans cette campagne présidentielle. Le vote Zemmour est désormais le seul à être synonyme de fin de la présence des extra-européens indésirables sur le territoire français. Et cette remigration n’a rien d’un fantasme ou d’un drame. Il s’agit avant tout d’une politique normale et saine que quasiment tous les pays du monde mènent : l’expulsion des clandestins et des étrangers délinquants ou criminels. Après une première diffusion en octobre 2021 sous un titre légèrement différent, Polémia republie cet article de Paul Tormenen.

Les débats de l’élection présidentielle en 2022 (3)

Après un premier article consacré à la règle du non-refoulement et à son application dans différents pays européens puis un deuxième article sur les nombreuses carences de l’espace Schengen, c’est aux expulsions des étrangers en situation irrégulière que ce troisième article sur l’immigration en France est consacré aujourd’hui.
Si le futur président de la République trouvera dans ce domaine-là, comme dans tant d’autres, une situation catastrophique, il disposera de leviers pour y remédier, si tant est qu’il veuille rompre avec l’inertie imposée par le lobby immigrationniste qui tient le haut du pavé dans notre pays.

La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde…

La France est un pays particulièrement attractif pour les étrangers en situation irrégulière. Nos gouvernants semblent tout faire pour qu’il devienne le réceptacle de la misère du monde. Les nombreux signes de bienvenue qu’ils lancent à l’adresse des clandestins, détaillés notamment dans un article publié en juin 2020 sur le site de Polémia, en témoignent (1). Cette bienveillance a une traduction concrète tant dans le nombre de clandestins qui viennent en France que dans le nombre de ceux présents sur le territoire national.

Face à ce phénomène, la poussée du vote dit populiste, qui témoigne du rejet croissant de l’immigration, inquiète jusqu’à la Commission européenne. La commissaire européenne aux affaires intérieures enjoignait ainsi en novembre 2020 au gouvernement français d’accroître son effort pour expulser davantage de clandestins présents sur le territoire (2). C’est dans ce contexte que le gouvernement français, piteusement pointé du doigt, vient d’annoncer une réduction du nombre de visas délivrés aux ressortissants des pays du Maghreb. Ce levier pour contraindre les autorités de ces pays à accepter le retour forcé de leurs ressortissants n’est pourtant que l’un, parmi de nombreux autres, pouvant être utilisés pour tendre vers l’expulsion effective de tous les clandestins présents sur le territoire. Un objectif qu’une grande majorité de Français souhaitent voir atteint le plus rapidement possible.

Comme nous allons le voir, les autorités françaises sont loin de s’appuyer sur toutes les bonnes pratiques de nombre de nos voisins européens, qui sont beaucoup plus efficaces en la matière.

1. Le diagnostic
La France est un pays très attractif pour les étrangers en situation irrégulière

Plusieurs indicateurs témoignent de l’attractivité de la France pour les clandestins.

– Le nombre de bénéficiaires de l’aide médicale d’État a plus que doublé en 15 ans pour atteindre 368 890 en 2020 (3). En dépit des dizaines de milliers de régularisations effectuées chaque année, le nombre de bénéficiaires de l’AME croît de 1 000 par mois, sans compter les autres dispositifs médicaux dont bénéficient les clandestins (4).
– Alors qu’il n’y avait que 20 000 demandes d’asile effectuées en France en 1994, elles étaient plus de 154 600 en 2019 (5) (6). La France est devenue cette année-là le 2e pays en Europe à recevoir le plus de demandes d’asile. Si notre pays accorde de façon assez restrictive le bénéfice de la protection internationale (24,7 %, alors que la moyenne européenne est de 38 %), seule une infime proportion des étrangers en situation irrégulière – ce qui est le statut commun des déboutés de l’asile qui se maintiennent sur le territoire – est expulsée. Il est désormais connu bien au-delà des frontières nationales que les clandestins présents en France, après s’y être introduits notamment en faisant une demande d’asile, ont une très faible probabilité d’être forcés à retourner dans leurs pays.

Outre les déboutés de la demande d’asile qui ne repartent pas dans leurs pays, l’importance du nombre de clandestins extra-européens présents en France a d’autres explications :

– la porosité des frontières nationales ;
– le nombre important d’étrangers qui ne repartent pas dans leurs pays à l’expiration de leurs titres de séjour.

Des sorties du territoire de personnes en situation irrégulière qui stagnent

Alors que les chiffres de l’immigration montrent que de plus en plus d’extra-Européens s’installent légalement ou clandestinement en France (7), le nombre de personnes en situation irrégulière sortant du territoire n’augmente pas en proportion, loin de là.

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Épidémie d’« Allah Akbar » : faits divers ou hiver de la France ?

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À l’approche des élections qui auront lieu en avril et mai prochains, la guerre en Ukraine est omniprésente dans l’actualité médiatique. L’attention de l’opinion publique est ainsi largement détournée de la situation en France. Un sujet semble avoir plus particulièrement déserté les journaux d’information : les manifestations plus ou moins violentes de l’islamisme. Cela signifie-t-il pour autant que la situation va mieux sur ce front-là ? Nous livrons à votre sagacité quelques exemples pour en juger.

L’attentat à Rambouillet en 2021, dernier acte terroriste fortement médiatisé

Le 23 avril 2021, Stéphanie M., une fonctionnaire affectée au commissariat de police de Rambouillet, périssait sous les coups de couteau de Jamel G. Ce Tunisien, originaire de la même ville que le terroriste qui a tué 86 personnes en fonçant avec un camion dans la foule le 14 juillet 2016 à Nice, avait été régularisé en 2019. Cet attentat aux motivations islamistes est à ce jour le dernier qui ait eu un retentissement médiatique important.

Le citoyen ordinaire pourrait en conclure que sur ce plan-là – au moins – la situation s’est calmée. La lecture de la presse quotidienne régionale nous apprend malheureusement qu’il n’en est rien.

La longue litanie des « Allah Akbar »

Sur la période qui s’étend du 1er novembre 2021 au 16 mars 2022, plusieurs individus ont invoqué leur religion en criant lors de leurs méfaits « Allah Akbar ».

Le 1er novembre, à la gare Saint-Lazare à Paris, deux agents de sécurité contrôlent un usager. L’homme contrôlé s’énerve rapidement. Il sort un couteau et court vers les agents de sécurité, en criant « Allahu Akbar. La France est dirigée par l’État islamique ». Les deux agents utilisent leur arme de service pour arrêter l’assaut de l’individu qui est grièvement blessé (1).

À Villeurbanne, le 6 novembre, vers minuit, les forces de l’ordre sont appelées pour un vol de voiture en cours. En se rendant sur les lieux, les policiers se trouvent nez à nez avec le suspect qui essaie de voler la voiture banalisée de la police. L’individu, armé d’un couteau, se met à réciter des versets coraniques et à crier « Allah Akbar » lors de son arrestation (2).

Un jour plus tard, à Paris, la police tente d’interpeller un homme d’origine marocaine qui vient d’insulter des personnes noires. Dans sa fuite, l’individu crie à plusieurs reprises « Allah Akbar ». Il subtilise un couteau dans un restaurant avant d’être arrêté (3).

Le 8 novembre, à Cannes, un homme agresse au couteau des policiers à proximité du commissariat central. L’un d’entre eux est assez sévèrement blessé au thorax. L’agresseur de nationalité algérienne indique avoir agi « au nom du prophète » (4).

Le même jour, à Évry-Courcouronnes, un prévenu s’en prend à plusieurs policiers dans les couloirs du tribunal correctionnel avant de crier son appartenance à Daesh. En situation irrégulière sur le territoire français, le délinquant affirme lors de son procès avoir simplement prié et crié « Allah Akbar ». Il est condamné à une peine de huit mois de prison ferme (5).

Le 8 décembre, à Nanterre, des catholiques en procession sont pris à partie par une dizaine de personnes. Les fidèles catholiques sont insultés et menacés : « Kouffars, bande de p…, sur le Coran je vais t’égorger », etc. Une enquête des chefs de menaces de mort ou de crime et délit contre les personnes et violences en réunion est diligentée par le parquet de Nanterre (6).

À Marseille, le 22 décembre 2021, Asma B. tente de percuter volontairement plusieurs véhicules sur un col du massif des Calanques. Lors de son interpellation, la suspecte, voilée, crie « Allah Akbar » à plusieurs reprises (7).

Le 4 janvier 2022, à Cavaillon, un homme tire avec une arme à feu à plusieurs reprises sur une voiture en stationnement dans la cité Saint-Martin. Lors de sa fuite, il hurle « Allah Akbar » et menace une joggeuse avec son arme (8).

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Immigration : 5 ans de plus avec Macron ? 5 ans de trop pour la France !

macron immigration

Après avoir présenté le bilan quantitatif de l’immigration pendant le quinquennat d’Emmanuel Macron, le présent article est consacré au bilan des rares objectifs de régulation fixés par le président de la République en la matière au cours de son mandat. Le résultat est éloquent : aucun d’entre eux n’a été atteint, sauf celui, implicite, de permettre toujours plus d’immigration.
Une analyse signée Paul Tormenen, juriste et spécialiste des questions migratoires.

I – Les objectifs de régulation de l’immigration fixés par Emmanuel Macron

Une politique pro-immigration

Le programme du parti LREM lors de l’élection présidentielle de 2017 était assez laconique concernant l’immigration, comme s’il s’agissait d’éluder un enjeu de civilisation (1). Les engagements du candidat Macron en la matière étaient principalement les suivants :

– l’initiative visant à créer une force de 5 000 gardes-frontières européens ;
– l’examen des demandes d’asile en moins de six mois, un « accueil digne des réfugiés qui ont droit à la protection de la France […]. Les autres seront reconduits sans délai vers leur pays afin qu’ils ne deviennent pas des immigrés clandestins ».

Le 5 février 2019, E. Macron était beaucoup plus explicite lors d’un débat à Évry-Courcouronnes : « Nous sommes dans un monde d’immigration. Que ça nous plaise ou pas, on peut se voiler la face, mais les migrations sont là. Nous sommes dans un monde de migrations et je ne crois pas du tout aux gens qui font des murs. »

Tout au long de son quinquennat, le président de la République a précisé les orientations et les objectifs de la politique migratoire du gouvernement. Nous en faisons une recension non exhaustive.

« Réduire les délais de traitement des demandes d’asile »

Verbatim – Le programme du parti En Marche lors de l’élection présidentielle de 2017 contenait l’engagement de réduire le délai d’examen des demandes d’asile. La loi asile et immigration adoptée en septembre 2018 déclinait cet engagement en fixant un objectif de « réduire de onze à six mois la durée moyenne de traitement des demandes d’asile ». Des délais courts devaient permettre de bien accueillir les réfugiés et d’éloigner plus facilement les déboutés. À cette fin, d’importants moyens humains et financiers ont été alloués aux services de l’État chargés du premier enregistrement des demandes d’asile (2). L’organisme qui les instruit, l’OFPRA, a ainsi été autorisé à procéder à près de 200 recrutements pour la seule année 2020 (3).

Suite donnée – Les moyens supplémentaires accordés à l’OFPRA et à l’administration se sont accompagnés… d’une augmentation de la durée moyenne des procédures, qui est passée de huit mois en 2017 à 8,6 mois en 2021 (4). Il est vrai que dans l’intervalle, hormis un léger infléchissement en 2020, le nombre de demandes d’asile n’a fait qu’augmenter. C’est le toujours plus qui semble prévaloir en la matière : plus de moyens pour toujours plus de demandes.

« Mettre fin au détournement du droit d’asile »

Verbatim – En octobre 2019, le président Macron prenait un ton grave pour souligner devant le Conseil de l’Europe que le droit d’asile était amené à disparaître si aucune mesure n’était prise pour lutter contre son « contournement » voire son « détournement » (5).

Suite donnée – Un rapport parlementaire paru le 9 octobre 2020 fait le constat qu’« en moyenne 32 % des demandeurs d’asile en France ont déjà déposé un dossier dans un autre État membre de l’Union européenne et ne relèvent pas en principe de notre responsabilité ».

Le taux de protection, qui consiste à rapporter les décisions d’octroi d’une protection (statut de réfugié ou protection subsidiaire) à l’ensemble des décisions prises par l’OFPRA au cours de l’année est de 25,7 % en 2021, ce qui accrédite la thèse d’un détournement massif de l’asile par des migrants économiques (6).

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Médias : de la peur sanitaire à la terreur nucléaire

covid medias peur

La ligne éditoriale des médias est depuis toujours anxiogène. Avec l’épidémie de Covid on pensait avoir atteint un sommet, et puis la guerre en Ukraine est survenue. Découvrez ctte tribune signée Pierre Boisguilbert.

D’une peur à l’autre

On est passé de la peur sanitaire à la terreur nucléaire. On notera que l’épidémie qui menaçait l’humanité a quitté l’information télévisée. Pour connaître les chiffres qui tournaient quotidiennement en boucle il y a si peu, il faut aller les chercher. Plus aucun spécialiste des virus sur les plateaux. Ils ont été remplacés par des stratèges de salon. Cela évite aux virologues de venir s’excuser de leurs fausses prédictions apocalyptiques. On attend avec impatience une chasse aux fake news et aux analyses aussi erronées que péremptoires. Mais les médias ne tirant leçon de rien recommencent avec les Gabelin de l’impossible qui ont remplacé les Diafoirus de la Covid. La ligne éditoriale est la même. Il s’agit de faire peur et toujours pour la bonne cause et donc pour une vérité unique. Poutine est capable de tout car c’est devenu un dictateur fou. On ne peut pas dire que nos médias aident à la désescalade. Qu’ils soutiennent les Ukrainiens face à l’offensive russe est une chose, qu’ils le fassent sans aucun esprit critique en est une autre. Le soutien au président ukrainien est rationnel, reprendre comme vérité absolue tout ce qu’il dit en est une autre.

Vers une guerre nucléaire ?

Volodymyr Zelensky voudrait que l’OTAN entre en guerre contre la Russie pour sauver l’Ukraine. Il fait tout ce qu’il peut pour galvaniser son peuple, il le fait avec talent et dans une optique jusqu’au-boutiste. L’OTAN l’a désavoué sur l’exclusion aérienne. L’organisation se présente comme une organisation défensive qui ne peut intervenir au-delà d’une agression contre un de ses membres. Qui rappelle que l’OTAN a fait à guerre à la Serbie pour le Kosovo sans aucun lien avec sa charte ? Et puis le président ukrainien a paniqué le monde, soutenu par nos médias, en affirmant que Poutine était prêt à déclencher un terrorisme nucléaire contre le monde civilisé. L’armée russe s’est emparée vendredi 4 mars de la plus grande centrale nucléaire d’Europe, Zaporijia, dans le sud-est de l’Ukraine. On a dit que les Russes avaient bombardé la centrale et on comprenait que c’était pour la faire exploser et provoquer un Tchernobyl en bien pire. Heureusement, ce n’était pas le cas. Cette thèse a été contestée par quelques spécialistes, mais aucunement par les journalistes qui n’ont cessé de faire de la surenchère apocalyptique. Et pourtant cela aurait mérité plus de retenue. Le but du contrôle du nucléaire est bien sûr de priver l’Ukraine de son potentiel énergétique. Comment penser que Poutine veuille provoquer une catastrophe nucléaire qui frapperait d’abord son armée sur place et plus la Russie que l’Europe de l’Ouest ? Sur une perspective aussi grave il convient de ne pas se laisser emporter par l’indignation et l’émotion, c’est le moins qu’on puisse attendre des journalistes. Mais, dans cette guerre en Ukraine, l’idéologie médiatique considère Poutine comme le nouvel Hitler qu’il faut arrêter avant qu’il ne soit trop tard. L’information est sous la domination de l’émotion et les souffrances individuelles occultent les raisonnements rationnels fondés sur la géographie et l’histoire.

Le pire est à venir et pas seulement sur le plan militaire.

Texte repris du site Polémia

Bruno Mégret : « En Ukraine, à qui profite le crime ? »

Ukraine

Dans une enquête criminelle, il est toujours important de savoir à qui profite le crime. Si la réponse ne désigne pas nécessairement le coupable, elle permet néanmoins d’avoir une idée plus claire sur l’éventuelle responsabilité des différents protagonistes. Aussi, dans cette douloureuse guerre d’Ukraine, peut-il être intéressant de se poser cette question primordiale.

La Russie marginalisée

À cet égard, il apparaît déjà que la Russie qui a déclenché la guerre ne sera sans doute pas le principal bénéficiaire de cette malheureuse entreprise. D’ores et déjà, elle en subit le contrecoup sur le plan diplomatique. La Russie et ses dirigeants sont pour longtemps diabolisés et marginalisés, sinon dans le monde entier au moins dans le monde occidental où un profond fossé s’est durablement creusé entre elle et le reste de l’Europe. Si l’on ajoute à cela l’effet des sanctions économiques qui la frappent déjà, il n’est pas certain que les avantages que ses dirigeants comptent tirer de l’invasion de l’Ukraine suffisent à inverser le fléau de la balance. Certes, la Russie prend un gage et empêche de ce fait que l’Otan s’installe à ses frontières, ce qui constituait son but stratégique majeur. Mais pourra-t-elle durablement rester en Ukraine et n’a-t-elle pas créé dans ce pays traditionnellement partagé entre le monde slave et le monde occidental un sentiment national antirusse puissant qui fera tôt ou tard basculer cette nation du côté de l’Union européenne ?

L’Otan consolidée

Peut-on par ailleurs affirmer que les pays d’Europe occidentale ou que l’Union européenne en tant que tels sortiront renforcés de cette crise ? Certainement pas. Beaucoup des sanctions économiques prises dans l’urgence contre la Russie auront des contrecoups néfastes pour la France et les pays européens. Des pays européens qui ont été incapables par ailleurs d’empêcher cette guerre qu’ils prétendaient pourtant vouloir éviter par les vertus de la diplomatie. Force est de constater que les voyages et les communications téléphoniques innombrables entre les capitales européennes et le Kremlin n’ont rien pu empêcher. L’Europe a surtout révélé son impuissance et son incapacité à faire jouer un quelconque rapport de force sur la scène internationale. Certes, certains prétendent que cette crise va provoquer une prise de conscience de la réalité des rapports de force et qu’elle va donner naissance à une Europe de la défense, voire à une Europe puissance. Mais si un effort budgétaire important était entrepris pour les forces armées, ce serait pour placer ce potentiel supplémentaire sous le couvert de l’Otan, comme la plupart des pays l’envisagent actuellement. Et ce ne serait finalement qu’une augmentation de la contribution européenne à cette organisation. Augmentation réclamée depuis très longtemps déjà par les Américains.

L’imperium américain renforcé

Aussi, peut-on, me semble-t-il, affirmer que les principaux bénéficiaires de cette guerre seront les États-Unis d’Amérique. Leur adversaire russe est diabolisé, rejeté et isolé et donc définitivement coupé de l’Union européenne, ce qui évite la constitution d’un puissant pôle européen de l’Atlantique à l’Oural que les Américains ont toujours craint et rejeté. L’Otan qui est l’instrument de la domination américaine sur l’Europe sort par ailleurs renforcée de cette crise puisqu’elle apparaît comme un bouclier indispensable à de nombreux pays d’Europe orientale face à « l’impérialisme russe » et comme parapluie nucléaire essentiel à tous les États qui ne disposent pas de force de dissuasion. A l’évidence, cette guerre ukrainienne va servir les Américains en marginalisant leur ennemi russe et en renforçant leur imperium sur l’Europe.

Le piège de la guerre

On comprend mieux dans ces conditions pourquoi, contrairement aux Européens, les Américains ont refusé de faire la moindre concession aux Russes, ne cherchant nullement à trouver un accord diplomatique raisonnable pour empêcher la guerre. On comprend aussi pourquoi le président Biden a solennellement déclaré que les États-Unis n’enverraient aucun soldat américain mourir pour l’Ukraine. Ce qui a été dénoncé comme une erreur de débutant de la part du chef de l’État américain n’était en réalité que la dernière pièce du stratagème imaginé par l’État profond qui dirige les États-Unis. Un stratagème qui avait d’ailleurs déjà été employé par les mêmes Américains lorsqu’ils avaient incité Sadam Hussein à envahir le Koweït pour ensuite déclencher la première guerre d’Irak.

On peut imaginer que l’ancien officier du KGB qu’est Vladimir Poutine n’a pas été dupe de ces manœuvres américaines. Mais la volonté qui est la sienne de rendre à la Russie une part au moins de sa puissance impériale passée l’a sans doute amené à considérer que l’invasion de l’Ukraine était devenue possible et constituait une opportunité qu’il devait saisir en dépit des manœuvres américaines et des conséquences néfastes qui en résulteraient par ailleurs.

Ajoutons bien sûr que l’Ukraine paiera, quant à elle, le prix fort de cette guerre à la fois par les destructions, les blessés et les morts dont sera victime sa population mais aussi par le démembrement territorial qui va durablement déchirer le pays.

Tribune reprise de Polémia

Guerre en Ukraine : le vrai « Great Reset »

guerre en ukraine

On a beaucoup écrit sur le « Great Reset » ou Grand Reset et sa mise en œuvre covidienne, en particulier avec l’imposition d’un système de crédit social en Europe reposant sur la vaccination obligatoire. Et avec l’accélération de la numérisation de la vie économique et sociale, c’est-à-dire du traçage informatique de la population. Mais c’est en réalité la guerre en Ukraine qui va provoquer le vrai Grand Reset que souhaitait l’État profond : un reset à la fois stratégique, énergétique, atlantiste, autoritaire, européiste, migratoire et politicien. Pour le plus grand malheur de l’Europe et de la France.

Le Great Reset stratégique

La guerre en Ukraine, quelle qu’en soit l’origine[1] ou l’issue, aboutit d’abord à couper durablement la Russie de l’Europe. Ce que souhaitaient les États-Unis, comme l’avait très bien explicité en son temps Zbigniew Brzezinski[2].

Car cette coupure renvoie aux calendes grecques « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural », qui a toujours été le cauchemar des Anglo-Saxons car elle pouvait menacer leur thalassocratie.

Si en outre la guerre dure – puisque les Européens ont décidé, en toute irresponsabilité, de fournir des armes aux Ukrainiens au risque de nourrir une guerre civile durable pendant que les États-Unis affirment haut et fort ne pas vouloir intervenir ! –, l’Ukraine devient un foyer d’instabilité dans le heartland européen, affaiblissant tout le continent[3].

La guerre en Ukraine permet donc de parachever l’encerclement stratégique de la Russie et son isolement. Préalable nécessaire, dans l’esprit de l’État profond américain, à un conflit avec la Chine, l’autre puissance émergente.

Le Great Reset énergétique

Mais l’isolement de la Russie porte aussi en lui la précarisation énergétique et économique de toute l’Europe.

D’abord sa dépendance énergétique, car l’Europe risque à terme de se déconnecter du gaz et du pétrole russes. Sans oublier bien sûr les effets de la croisade des ONG écolos, aux financements opaques, contre le nucléaire européen !

Une dépendance énergétique qui profitera fatalement au gaz de schiste américain et aux ressources énergétiques des États musulmans sous contrôle des États-Unis. Elle deviendra donc un instrument de chantage aux mains de l’État profond.

Mais ensuite l’Europe pâtira, à la différence des États-Unis et de la Chine, des effets économiques et sociaux des sanctions qu’elle a prononcées dans son hystérie antirusse. L’Asie profitera du commerce que l’Europe ne fera plus en Russie ! Et si la France n’a quasiment aucune relation économique avec l’Ukraine, ce n’est pas le cas pour la Russie, ce qui affecte directement son agriculture et son industrie.

Le Great Reset atlantiste

La guerre en Ukraine remet en selle les partisans de l’alignement transatlantique de l’Europe et du « global Nato[4] » c’est-à-dire de l’extension permanente de l’OTAN, au moment où ils perdaient régulièrement du terrain, en particulier en France [5].

En effet, comme semble s’en réjouir le journal Le Figaro, la guerre en Ukraine « fait bouger les lignes[6] »… dans le sens souhaité par l’OTAN.

La guerre en Ukraine pousserait même la Finlande et la Suède, nous dit-on, à réfléchir à leur adhésion à l’OTAN pour « garantir leur sécurité ». Et la Suisse sort de sa neutralité pour s’associer aux sanctions « européennes ».

La propagande occidentale profite de la guerre en Ukraine pour diaboliser, avec une vigueur nouvelle, tous ceux qui refusent d’être embarqués dans la stratégie de l’OTAN, en les présentant comme « pro-Russes » ou des « soutiens de Poutine ». On allume déjà les bûchers médiatiques destinés à ces sectateurs du Mal.

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Guerre en Ukraine : quand Polémia analysait les manœuvres de l’oligarchie

poutine

La guerre a éclaté entre l’Ukraine et la Russie. Les forces armées russes ont envahi l’Ukraine et atteignent en cette matinée du 25 février la ville de Kiev. Toute guerre est évidemment tragique mais le déclenchement de celle-ci était prévisible. Michel Geoffroy, analyste que connaissent bien les lecteurs de Polémia, avait évoqué l’avancée de l’OTAN en Ukraine il y a un mois encore dans un article limpide : « La coronafolie nous aveugle sur les manœuvres de l’oligarchie ». Nous republions donc son article, qui traite de plusieurs sujets autres que celui de l’expansion de l’OTAN aux portes de la Russie. Sans juger du bien-fondé de l’attitude de Vladimir Poutine, force est de constater que son attaque aurait pu être prévue si les Occidentaux avaient été plus conscients des conséquences de leurs actes. Le fameux masque, symbole de cette folle période du Covid, ne couvrait pas seulement la bouche des « élites » occidentales, mais aussi les yeux.
Pour se déciller les yeux, place à la republication de l’article de Michel Geoffroy sur les manœuvres de l’oligarchie.

La coronafolie nous aveugle sur les manœuvres de l’oligarchie

L’avantage de la focalisation permanente sur la « pandémie » est bien sûr politicien pour Emmanuel Macron : elle permet de phagocyter l’élection présidentielle, en effaçant tout débat sur son déplorable bilan. Voire en essayant de modifier le processus électoral à son profit, sous prétexte de faire face à une nouvelle « contamination ». Mais plus encore, l’épidémie sert de divertissement à l’oligarchie, au sens propre du terme, pour nous faire oublier la politique de plus en plus dangereuse qu’elle conduit à nos dépens. La coronafolie nous aveugle.

Pendant qu’on nous parle d’épidémie, l’oligarchie continue en effet de programmer le chaos migratoire en Europe.
En 2021, l’agence Frontex a recensé 200 000 franchissements illégaux des frontières extérieures de l’Union européenne, soit une augmentation de 57 % par rapport à 2020. Encore ne s’agit-il que de chiffres officiels. En France, le nombre de mineurs non accompagnés a officiellement doublé en trois ans.

En d’autres termes, le changement de population qu’a programmé l’oligarchie en Europe s’accentue, avec la bénédiction des juges, du patronat, des ONG, des islamo-gauchistes et des gouvernements.
Et les violences au sein des sociétés multiculturelles et multiethniques que sont devenus les pays européens ne cessent plus, de même que les agressions contre les édifices ou symboles chrétiens. Certains chrétiens d’Orient nous le disent : cela a commencé comme cela chez eux aussi…
Mais cela réjouit les oligarques : car ce sont surtout les pauvres qui en sont victimes ! Et plus la population européenne vit dans la peur, plus elle se soumet.

Pendant qu’on nous parle d’Omicron, l’oligarchie poursuit ensuite en toute impunité sa tentative d’encerclement belliqueux des puissances émergentes

Aujourd’hui en Europe, après les révolutions de couleur, le projet affiché de l’OTAN est de s’étendre à l’Ukraine, malgré les mises en garde répétées de la Russie.

Car l’Ukraine dans l’OTAN, c’est non seulement la violation délibérée de la promesse faite à Gorbatchev par les États-Unis lors de la chute de l’URSS. Ce n’est pas seulement le refus obstiné de modifier une alliance qui ne se justifie plus. C’est surtout le remake, mais à l’envers, de la crise des missiles de Cuba : ce sont des bases américaines tout à côté de la Russie, des armes nucléaires de l’OTAN en mer Noire ou en mer d’Azov.

Mais pour nos médias et la plupart de nos politiciens, fidèles relais des positions du département d’État américain, c’est bien sûr la Russie qui menace l’Ukraine, pays fragile sinon factice porté à bout de bras et de dollars par les Occidentaux. Lesquels ne trouvent rien à redire non plus aux déclarations invraisemblables des « responsables » américains promettant en permanence une avalanche de sanctions illégales contre tous ceux qui déplaisent à l’oncle Sam.

Et pas une semaine de répit dans le bourrage de crânes – comme on disait pendant la guerre de 1914-1918 – contre les Russes, les Iraniens ou contre les Chinois !

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Valérie Pécresse s’écrase au zénith

Valérie Pécresse

Chassez le non-naturel, il revient au galop. C’est la grande leçon du meeting complètement raté de Valérie Pécresse au Zénith. Une analyse signée par Pierre Boisguilbert.

La fusée qui devait remettre sa campagne en orbite a explosé dès le départ. Il n’y a jamais eu de deuxième étage. On était finalement, comme de nombreux militants dans la salle, gêné pour elle. Elle a chanté faux tout au long d’une interminable partition qu’elle était, par nature, incapable d’interpréter. Le compositeur s’est trompé d’interprète. C’était du Bécassine parodiant du Déroulède. Le problème de la forme rejoint le fond. Si elle est aussi mauvaise, c’est qu’on l’oblige à déclamer des convictions qu’elle ne partage pas. Alors elle force la voix pour convaincre. Tout est à contretemps, les slogans des jeunes chauffeurs de salle qu’elle reçoit presque avec surprise, les applaudissements suscités qui ne viennent pas et donnent des blancs terribles. Les phrases n’ont pas de fin, restent en l’air et l’effet s’écrase au sol.

Pécresse n’est pas une oratrice. Ceux qui dirigent sa campagne auraient dû le savoir et lui éviter ce chemin de croix. Cela donne raison à Rachida Dati qui a qualifié Patrick Stefanini, l’homme-orchestre du concert raté, de « loser » Et pourtant elle était au premier rang et lui a même donné la bise. Elle a dû regretter amèrement d’être venue. Nadine Morano était catastrophée et Sarkozy devant sa télé a dû se féliciter de son assourdissant silence. Ciotti dont la thématique a été privilégiée a souffert le lendemain sur BFMTV pour défendre la prestation de celle qui ne pense pas comme lui et parle donc si mal de ses idées. Pécresse devrait se concentrer sur les plateaux télé et les débats, où elle a de la repartie et où elle est souvent bonne et parfois convaincante. Sa limite, c’est le meeting et le besoin de sincérité publique.

Sur le fond, cependant, les médias n’auront retenu qu’une chose, son allusion au grand remplacement. On lui a reproché immédiatement de faire du Zemmour, bien sûr, de s’aligner sur le « complotisme » d’extrême droite. Elle s’en défend et affirme avoir toujours dit la même chose sur une hypothèse qu’elle veut éviter. Elle accuse alors les journalistes d’avoir une mémoire de bigorneau. Comme quoi elle est meilleure dans l’exercice de l’entretien. Cependant, c’est pathétique, celle qui a démontré avoir le charisme d’une huître s’en prend aux mémoires de bigorneau des journalistes. Drôle de plateau de fruits de mer.

En regardant ce meeting catastrophique, une formule assassine m’est revenue. Elle était de Jean-Claude Brialy, lors d’un Festival du cinéma de Cannes. C’était à la sortie d’un film raté aux prétentions d’épopée américaine. Il avait déclaré : « C’est Autant en emporte le vent… sans le vent. »

Autant en emporte le meeting de Valérie Pécresse.

Tribune reprise de Polémia

Emmanuel Macron, victime ou responsable de la crise sanitaire ?

macron

Chez les défenseurs d’Emmanuel Macron, donc dans la France modérée comme écrit sans rire l’hebdomadaire Le Point[1], on entend une petite musique bien connue : le président de la république n’aurait pas eu de chance car il a été confronté à la pandémie du Covid, qui a bouleversé son quinquennat. Un discours qui rappelle ce que la gauche disait du quinquennat pour rien[2] de François Hollande : la crise économique mondiale avait « empêché » le président de la république de conduire une politique socialiste. Pas de chance donc. Ce discours semble factuel. Mais il inverse en réalité le sens de la causalité : car un bon politique n’est pas celui qui « affronte » des crises, mais bien celui qui les empêche d’advenir.
Découvrez cette tribune de Michel Geoffroy.

Les enquiquinements volent en escadrille

Le président Jacques Chirac aimait à dire que les enquiquinements volent en escadrille[3]. Mais c’est justement le propre des mauvais politiques que de les attirer et de les cumuler !
Et il faut bien dire que sur ce plan Emmanuel Macron a été à bonne école et que loin d’en avoir été victime, il a surtout provoqué par sa politique et plus encore par son attitude, les enquiquinements qui n’ont cessé de ponctuer son quinquennat et de plomber son bilan.
Affaire Benalla, révolte des Gilets Jaunes, manifestations contre la réforme (avortée) des retraites, manifestations contre l’obligation vaccinale et le passe sanitaire, manifestations pro-vie ou contre la PMA sans père, insécurité galopante, explosion de l’endettement etc…
Autant d’enquiquinements qui résultent bien de la politique conduite par le président de la république et sa « majorité » et qui n’ont rien, objectivement, d’extérieur à leur action.

Le Covid : fatalité, responsabilité ou opportunité ?

Ceux qui pensent que le Covid a perturbé le magnifique quinquennat de Jupiter oublient que l’on peut se demander si la politique suivie par le gouvernement français n’a pas au contraire contribué à accentuer la crise.

Par exemple il est manifeste que l’épidémie a révélé au grand jour la faillite de l’hôpital public en France, conséquence des politiques budgétaires restrictives mises en œuvre par les gouvernements successifs et que la présidence Macron n’a nullement inversées, bien au contraire, comme le montre la poursuite des suppressions d’emplois hospitaliers en pleine épidémie. Ce que la tentative -odieuse- d’en rendre responsable les non-vaccinés n’a pu cacher longtemps.

Le Covid a aussi mis en lumière la dangereuse dépendance européenne vis-à-vis de la Chine pour des produits de première nécessité et l’absence, chez nous, de stocks stratégiques. Il s’agit pas, là non plus, d’une malchance, mais bien de la conséquence directe des politiques libérales et des délocalisations mises en œuvre. Et des décisions ministérielles de réduire les stocks à minima pour « faire des économies ».

De même la décision éminemment politique de ne pas fermer les frontières, au prétexte que cela ne serait pas conforme aux « valeurs de l’Union Européenne » comme l’affirmait Emmanuel Macron n’a-t-elle pas aggravé la situation ? Nos ministres rappelaient que « le virus n’avait pas de passeport », pour ensuite imposer un confinement à toute la population, donc créer des … frontières intérieures partout !

On pourrait continuer l’énumération et s’interroger aussi par exemple sur le tout vaccinal choisi par nos gouvernants alors même que notre pays n’était pas capable de produire le moindre vaccin. Et qu’il est aujourd’hui admis que l’efficacité des « vaccins » qui nous ont été vendus et administrés de force n’a rien de durable ni de probant pour la majorité de la population, notamment la plus jeune.

A-t-il de la chance ?

Dans l’ancienne Chine, lorsque des catastrophes touchaient l’empire du Milieu, on disait justement que l’Empereur avait perdu le mandat du Ciel. En d’autres termes les catastrophes ou les crises n’étaient pas considérées comme extérieures à la personne du souverain ni au comportement des dirigeants. Si une catastrophe advenait cela signifiait qu’ils avaient dû commettre une faute vis-à-vis des ancêtres et des divinités. Ils en étaient donc non seulement responsables mais bien coupables.
Une telle vision des choses s’appliquait aussi dans l’Europe chrétienne, qui voyait dans les péchés et les offenses faites à Dieu, la véritable origine des malheurs qui touchaient le royaume. Et qui apparaissaient comme autant de punitions divines.
Et l’empereur Napoléon, pourtant homme des Lumières, quand on lui proposait un officier général à l’avancement demandait, dit-on : « A-t-il de la chance » ? L’expérience et le courage ne suffisaient pas à ses yeux. Encore fallait-il que le sort des armes ait été propice à l’impétrant.

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Bobards d’Or 2022. Lise Vogel (France Info) triomphe, Delphine Ernotte et Gilbert Deray récompensés

Bobards d’Or

Ce lundi 7 février avait lieu la cérémonie des Bobards d’Or qui récompense tous les ans les meilleurs bobards journalistiques de l’année ! Et, pour cette édition 2022, c’est une petite nouvelle qui remporte le premier prix, au nez et à la barbe d’une ancienne qui croyait bien voir sa ténacité récompensée… Avant un compte-rendu plus long ainsi que la rediffusion à venir de cet événement, retour rapide sur le podium de ces Bobards d’Or 2022.

Bobard de Bronze : Gilbert Deray

Avec son triple bobard en direct sur le service public, dans l’objectif affiché d’imposer la vaccination aux enfants, Gilbert Deray obtient une belle 3e place dans cette cérémonie relevée ! Bravo à lui pour cette performance !

Bobard d’Argent : Delphine Ernotte

La présidente de France Télévisions a été largement plébiscitée lors de cette cérémonie. Si elle n’arrive pas à ravir le premier prix, ce Bobard d’Argent vient récompenser de belle manière une grande carrière au service du politiquement correct !

Bobard d’Or : Lise Vogel

Lise Vogel, à peine arrivée chez les « fact-checkeurs » de France Info, a produit un superbe bobard en voulant nier la réalité du Grand Remplacement. Avec un bel aplomb, elle a ainsi utilisé contre la fameuse « fachosphère » les méthodes qu’elle l’accusait d’employer ! Un bobard en or massif qui permet à cette jeune journaliste d’entrer dans le milieu par la porte des grands ! Longue carrière à elle !

Merci à tous pour votre présence à cette cérémonie, rendez-vous très rapidement sur Polémia pour la rediffusion de cet événement exceptionnel.

Texte repris du site Polémia

Parrainages : suffrage restreint contre suffrage universel

suffrage vote

Notre démocratie est fondée sur le suffrage universel. C’est pourquoi le président de la République, après avoir été longtemps élu par les membres du Parlement, est élu au suffrage universel. Mais il y a une limite, ce sont les parrainages. C’est-à-dire que le candidat, avant d’affronter le suffrage du peuple, doit être adoubé par des élus.
Une tribune signée Pierre Boisguilbert.

La plupart de ces élus sont des maires. Il s’agit d’imposer un filtre pour éviter des candidatures fantaisistes. Mais la réforme imposant aux maires de se déclarer publiquement a tout changé. Le système est manipulé pour écarter les candidatures gênantes pour ses représentants. On voit bien que la pression et les menaces sont devenues monnaie courante. Les maires ont deux craintes : être taxés d’extrême droite et devenir infréquentables politiquement, se voir refuser des financements indispensables pour leur commune. Comme une petite musique du Parrain dans les parrainages. Que le système soit absurde est une chose, qu’il soit une méthode d’impeachment en est une autre. Quand on apprend qu’Anne Hidalgo au-dessous de 5 % dans les sondages a 3 000 signatures et que Marine Le Pen, Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon, 40 % des électeurs, ont du mal à dépasser les 300 promesses qui ne sont pas encore des engagements, on voit bien la gravité du problème.

Avant le plafond de verre, le plafond des maires. Ceux qui tiennent les clés du champ de courses, ce sont certaines écuries. Celle du président sortant, bien sûr, avec un parti fantôme et des élus pléthoriques mais qui en fait n’existent que par lui. Celles des anciens grands partis à la dérive, qui jouent leur survie, comme Les Républicains et les socialistes. S’il n’y avait ni Marine ni Éric ni Jean-Luc, la présidentielle perdrait cependant toute légitimité dans le respect de la légalité. Le pays réel serait exclu comme jamais.

Face au danger d’une crise de système et donc de régime, les médias jouent le plus souvent les vierges effarouchées. Ce ne serait pas bien, mais finalement pas scandaleux. En effet le système est en place depuis longtemps et n’a jamais vraiment empêché les candidatures multiples ; et pas question, bien sûr, de changer les règles en cours de partie. Deuxième argument : les candidats qui n’y arrisent pas n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes, c’est qu’ils ne sont pas capables ou pas convaincants. Sous-entendu, ils sont jugés pas assez démocratiques contrairement à nous. C’est ce que suggère, sur un ton où le mépris le dispute à la haine, Anne Hidalgo dont la candidature est un naufrage annoncé pour le PS. Par charité c’est à elle que les maires devraient refuser leur signature pour lui éviter et éviter au PS la chute finale.

La solution est de changer le système et de le mixer ou de le remplacer. Par exemple, avec un nombre significatif de citoyens devant soutenir une candidature, on retourne à l’universel contre le censitaire de rente électorale.

Pour certains c’est un faux débat, tout le monde aura les signatures pour des intérêts divergents. Cependant Macron n’a pas intérêt à une candidature Zemmour qui favoriserait Pécresse alors que Pécresse a intérêt à cette candidature qui pénaliserait Marine Le Pen. On le voit, le parrainage est une sorte de IVe République maintenue avant la Ve. Avant la vraie campagne en rase campagne, la recherche de parrainages est le cheminement obligé dans marécage politicien du monde d’avant, qui subsiste autour de partis dépassés et vermoulus. Mais ces partis, comme le chien du proverbe arabe, « perdent leurs poils, mais pas leurs vices ».

Tribune reprise de Polémia

En 2021, l’immigration clandestine vers l’UE en hausse de 57 % !

immigration migrants

Une déferlante : voilà comment on pourrait qualifier la vague d’immigration clandestine à destination des pays de l’Union européenne. En 2021, l’agence Frontex a recensé pas moins de 200 000 franchissements illégaux des frontières extérieures de l’Union européenne, soit une augmentation de 57 % par rapport à 2020.
Par Paul Tormenen, juriste et spécialiste des questions migratoires.

Les deux itinéraires les plus empruntés par les clandestins ont été la route de la Méditerranée centrale, avec 65 362 franchissements illégaux détectés (+ 83 % par rapport à 2020) et la route des Balkans occidentaux, où 60 540 passages clandestins ont été recensés (+ 125 %).
L’offensive migratoire lancée par la Biélorussie à la frontière avec la Pologne, la Lettonie et la Lituanie s’est traduite par 7 915 franchissements clandestins détectés, soit une augmentation de 1 069 % (!) par rapport à 2020.

Un recensement incomplet

Ces chiffres sont loin de recenser le nombre total de clandestins supplémentaires dans l’Union européenne en 2021. En effet, de nombreux extra-Européens arrivés légalement restent en Europe après l’expiration de leur titre de séjour ou de travail. L’absence de registre des entrées et des sorties du territoire européen ne permet pas d’avoir une connaissance précise du nombre d’extra-Européens arrivés dans l’année dans l’Union européenne qui y restent sans y être autorisés.

D’autre part, les mesures d’éloignement prononcées à l’encontre des demandeurs d’asile déboutés sont peu nombreuses à être exécutées. Cette situation contribue à augmenter le nombre d’étrangers en situation irrégulière présents en Europe. Ainsi, en 2020, seuls 70 200 étrangers sous le coup d’une obligation de quitter un pays européen sont partis de l’Union européenne sur les 396 400 décisions prononcées cette année-là.

L’agence Frontex reste très discrète sur les explications de l’augmentation du nombre de franchissements clandestins des frontières extérieures de l’Union européenne. Elle se contente tout au plus de souligner que la poussée de la pression migratoire doit avoir d’autres causes que la seule levée des restrictions à la mobilité.

Toujours plus de bateaux de passeurs et d’O.N.G. en mer Méditerranée

La reprise en 2021 de l’activité des passeurs et des O.N.G. en mer Méditerranée est sans nul doute l’une des explications possibles à cette augmentation de l’immigration clandestine à destination de l’Europe. Près d’une dizaine de bateaux d’O.N.G. croisent désormais en Méditerranée sous le pavillon d’un pays européen. Certains d’entre eux ont des moyens considérables et sont financés notamment par l’argent du contribuable français.

La progression de l’immigration clandestine à destination de l’Europe a également été favorisée par les entraves à l’action des douaniers de l’agence Frontex et des pays européens. En mai 2021, une O.N.G. No Border assignait Frontex devant la Cour de justice de l’Union européenne afin que l’agence cesse ses activités en mer Égée. Cette initiative n’est pas isolée : la commissaire européenne aux affaires intérieures Ylva Johansson a, à plusieurs reprises, demandé l’arrêt des refoulements aux frontières terrestres et en haute mer, tant au gouvernement grec, polonais qu’à l’agence Frontex. La Commission européenne a par ailleurs exigé que Frontex recrute un nombre supplémentaire d’« observateurs des droits fondamentaux » pour contrôler l’activité de ses gardes-côtes et gardes-frontières.

Les côtes africaines insuffisamment surveillées

Afin d’empêcher les départs clandestins, des pays européens et l’Union européenne ont conclu des accords de partenariat avec des pays d’Afrique du Nord. L’Union européenne a également conclu un accord de ce type avec la Turquie en 2016. Mais les moyens mis en œuvre n’empêchent pas les flux de migrants d’augmenter considérablement. Ils les limitent tout au plus, comme en Libye où 32 425 migrants auraient été interceptés en mer et ramenés dans ce pays en 2021, selon l’antenne libyenne de l’OIM.

Un potentiel d’immigration clandestine considérable

Le potentiel d’immigration clandestine à destination de l’Europe est considérable. Le nombre de migrants présents en Libye a été évalué par l’ONU à 670 000. Si, depuis cet automne, l’antenne libyenne de l’Organisation internationale pour les migrations a repris les rapatriements de clandestins présents en Libye dans leurs pays, ceux-ci sont peu nombreux et reposent sur le volontariat. Ils n’ont jusqu’à présent concerné tout au plus que quelques milliers de migrants.

Le chômage massif et l’absence de perspectives poussent de nombreux jeunes Maghrébins à prendre la route vers l’Europe. D’après le Haut-Commissariat aux réfugiés, les Tunisiens ont été en 2021 la nationalité la plus représentée parmi les clandestins arrivés par la mer en Italie. Les Algériens ont été les plus représentés parmi ceux arrivant illégalement en Espagne.

L’exemple de la Grèce montre pourtant que l’immigration clandestine n’est pas une fatalité. Mais sa maîtrise nécessite des mesures fermes et une volonté inflexible. Le ministre grec de l’immigration, Nótis Mitarákis, était très clair à ce sujet en août 2021 : « La Grèce n’acceptera pas d’être la porte d’entrée de l’immigration clandestine en Europe. » Quelques jours plus tard, le 27 août 2021, en dépit des critiques de l’Union européenne et de l’extrême gauche, une majorité de parlementaires grecs adoptaient une loi facilitant les refoulements des clandestins et encadrant strictement l’activité des O.N.G.

Selon l’Agean Boat Report, une O.N.G. norvégienne pro-migrants, 902 bateaux qui se dirigeaient vers les côtes grecques ont été redirigés vers la Turquie en 2021. Ces refoulements auraient concerné plus de 26 000 clandestins. Le résultat est là : alors que le nombre des arrivées clandestines en Grèce par la mer culminait à 856 700 en 2015, il n’a été que de 4 100 en 2021.

Tribune reprise de Polémia

Quand les sons et la musique permettent de contrôler les foules

son musique

Certaines découvertes technologiques ont des conséquences profondes (domestication du feu, agriculture, écriture, roue, métallurgie, poudre, imprimerie, …). Aujourd’hui elles se succèdent si rapidement que l’homme semble incapable d’en apprécier les impacts. Revenons sur les conséquences de quelques ruptures technologiques dans le domaine du son.

Le son a un caractère particulier et la science est, pour une fois, en accord avec toutes les cosmogonies pour reconnaître qu’un son est à l’origine du monde. Il faut attendre le XIXe siècle pour découvrir l’enregistrement et le début du XXe siècle pour celle de la TSF. En 1909, Marconi reçoit le prix Nobel de Physique avec l’Allemand Braun, il sera ensuite membre du Grand Conseil fasciste. Dans les années 1920, le fabricant italien Magneti Marelli est connu pour ses appareils d’amplification sonore. Ces innovations aggravent la rupture opérée par la 1re Guerre mondiale marquant la fin des kiosques à musique et des chanteurs de rue, la fin de la chanson de métier et de la chanson traditionnelle. Même si certaines pratiques vont perdurer, leur disparition est actée. C’est aussi l’arrivée du jazz, qui permet le déplacement du centre de gravité culturel “occidental”, de la vieille Europe vers les Etats-Unis. L’enregistrement va profondément transformer le rôle de la musique, tel qu’il fut pendant des millénaires. On passe d’une musique naturelle, vivante, entretenue par les communautés suivant leurs besoins et leurs compétences esthétiques, à une musique figée dans l’enregistrement, morte, sous le contrôle de l’industrie musicale et de la finance mondialisée. Les sociétés passent de la musique servant à l’entretien des liens collectifs, à une musique écoutée individuellement, ouvrant sur le conditionnement des populations. Les historiens abordent l’arrivée au pouvoir de mouvements totalitaires au début du 20e siècle dans leurs causes économiques et idéologiques, il faut reconsidérer le contexte technologique. Lénine disait : « le communisme, c’est les soviets plus l’électricité ». La TSF a donné pour la première fois à des chefs politiques, un moyen se faire entendre jusque dans l’intimité de la famille, cellule de base de la société. Cette rupture technologique est complétée par l’amplification rendant possible les rassemblements de masse. Les révolutionnaires échouent sur le Champ-de-Mars, faute de moyens technologiques pour se faire entendre, le NSDAP réussit parfaitement à Nuremberg grâce à l’amplification. L’amplification du son inaugure l’ère du contrôle des foules.

Musique vivante contre musique artificielle

L’enregistrement et la transmission du son ont profondément transformé le rôle de la musique. La chanson passée en boucle, antérieurement sur les radios, maintenant par n’importe quel support, est gravée dans les mémoires. N’importe quel “McDo” musical finit par s’imposer par cette méthode — ce qui était impossible avant l’enregistrement —, avec des effets similaires sur le cerveau que cette alimentation sur l’organisme, sans que personne ne s’en préoccupe. Alors que jusque-là les populations écoutaient et pratiquaient des musiques vivantes, la grande majorité des musiques écoutées actuellement sont des musiques mortes, figées dans l’enregistrement. Cette rupture est d’ordre civilisationnel. En effet, la musique est un outil d’harmonisation des communautés. On chante pour le plaisir, mais on a moins conscience que l’on chante pour se mettre en phase avec les autres. Ainsi l’écoute individuelle a des conséquences catastrophiques pour l’entretien des liens collectifs. Un seul exemple : la commercialisation du microsillon intervient à l’époque de la réforme liturgique de Vatican II et la relégation du grégorien, le plus ancien répertoire musical vivant de la civilisation européenne (de l’humanité ?). L’enregistrement a contribué à l’effacement de cette longue mémoire musicale et à la fracturation de la famille. Avec le microsillon, chacun peut écouter ce qu’il veut, opérant une rupture entre les générations là où la musique servait antérieurement de lien.

La musique, outil d’harmonisation des communautés

Les qualités acoustiques d’un enregistrement font illusion car elles sont bien souvent meilleures qu’une écoute en salle, troublée par les bruits parasites. Mais il faut avoir pratiqué, un tant soit peu la musique vivante pour apprécier la différence. La pratique d’un instrument en public oblige l’assistance au silence. Il s’établit alors des échanges entre les musiciens et le public et au sein du public. Ces échanges résultant de l’écoute de la musique entretiennent des liens collectifs et participent à l’harmonisation des communautés et donc de la société dans son ensemble. Inversement, l’enregistrement fige l’exécution dans une interprétation esthétiquement séduisante, mais sans relation possible avec ceux qui l’écoutent. Cette absence d’échanges enferme les individus dans un « onanisme culturel » stérile et corrosif pour les liens collectifs. La sonorisation artificielle détruit le rapport naturel, humain, à la musique. Ce phénomène est aggravé par l’amplification. Conçues et utilisées pendant des siècles pour la voix naturelle, les églises sont maintenant sonorisées. L’amplification crée un clivage entre celui qui tient le micro, l’autorité, et celui qui écoute sans pouvoir répondre puisqu’il n’a pas la puissance sonore. Pouvant faire illusion, la technique est largement utilisée dans le cadre politique, contribuant à la perte de crédibilité du personnel et des élus. Elle a contaminé tous les milieux professionnels, universitaires, judiciaires, religieux, etc., le micro devenant l’attribut de l’autorité. Alors que les manifestations revendicatives étaient animées de slogans scandés par les militants, l’amplification a couvert les voix de sa puissance au point que les organisateurs en arrivent à distribuer des bouchons d’oreille. Les militants, mais à travers eux le peuple tout entier, ne peuvent plus se faire entendre.

On peut aussi observer qu’au XIXe siècle l’urbanisation, conséquence de l’industrialisation, avait contribué, à l’effacement des répertoires traditionnels, incitant les grandes campagnes de collectes ouvertes par le Barzaz-Breizh de La Villemarqué puis les publications de recueils de chansons. Après la 1re GM, les scouts vont faire revivre ce répertoire dans leurs mouvements, mais ce sont surtout les Chantiers de jeunesse pendant la 2e GM qui vont l’enseigner auprès des nouvelles générations. Arrivé au début des années 70, le courant folk anglo-saxon, utilisant l’enregistrement et l’amplification plutôt que la pratique vivante, va contribuer à sa sclérose et à sa disparition. Actuellement, les militaires sont les tout derniers à entretenir un répertoire de chants de métier vivant.

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