Politique. Vers une coalition des vaincus autour de Macron, par Pierre Boisguilbert

Macron

On sait maintenant ce que le président Macron veut dire quand il parle de « partis républicains de gouvernement ». Pour lui, il s’agit des partis qui ont été désavoués par leurs électeurs.

Le mépris de Macron

Cela inclut donc sa propre formation et ses alliés, les vaincus du PS et ceux des LR avec peut-être au passage quelques communistes qui ne peuvent pas avoir de groupe parlementaire et quelques écologistes pour faire joli. Sont donc exclus les deux partis qui ont remporté les élections en progressant en nombre de suffrages et d’élus.

Pas d’insoumis, pas de RN.

Macron, si pointilleux sur le résultat de la présidentielle qui donne la légitimité suprême, préfère donc Hidalgo, moins de 2 %, et Pécresse, moins de 5 %, plutôt que Le Pen et Mélenchon, à plus de 40. On ne peut être plus clair sur la volonté de ne pas tenir compte du vote des Français.

C’est donc Élisabeth Borne reconduite dans la durée avec une mission d’élargissement de la majorité qui va devoir rallier les défaits aux vaincus. Elle n’aura sans doute pas de mal à trouver quelques républicains prêts à sauver la France pour une petite voiture avec chauffeur et fanion. Copé est candidat, Estrosi et Muselier aussi, il y en aura d’autres. Il y aura Ménard qui a entamé depuis quelques mois un « en marche » vers En Marche assez spectaculaire au niveau des renoncements multiples au vote de ses propres électeurs.
À gauche, ce sera plus difficile. Car il y a la peur de Mélenchon. Le communiste y serait bien allé, mais il hésite. Les écolos, eux, n’ont peur de rien, même plus de la réouverture des centrales à charbon ; donc, faute de sauver la planète, ils pourraient contribuer à sauver la minorité présidentielle.

Hystérie sociétale

Quant à Renaissance, elle a trouvé un moyen d’être majoritaire. Faire entrer dans la Constitution le droit à l’avortement. La formation macroniste a surfé sur l’hystérique indignation médiatique après l’interdiction aux USA de l’avortement au niveau fédéral, donnant la liberté de légiférer sur le sujet à chaque État fédéré. Le problème en France ne se pose pas et la Constitution n’est pas faite pour ça. L’initiative a peu de chance d’aller au bout et ça ne changerait rien. Mais peu importe, cela montre qu’il y a une majorité en France, c’est la majorité sociétale. Elle peut aller parfois presque à l’unanimité avec le RN. Le plus souvent cependant, c’est une majorité qui va de Macron à Mélenchon. Dans un contexte de crise politique, et peut-être sociale, le gouvernement va être tenté de détourner l’attention sur tout ce qui touche à la vie privée et sexuelle des Français. C’est un vrai danger pour ceux qui sont défavorables à un endoctrinement Netflix de la jeunesse et à la discrimination de ceux qui ne sont pas soumis aux minorités.

La tentation de Macron va être grande de faire du sociétal plutôt que du social et du politique. Il lui faudra cependant passer le cap du nouveau gouvernement et du vote de confiance ou plutôt du rejet d’une motion de censure. Comme les insoumis et consorts ne veulent pas du vote RN, Élisabeth Borne a peu de soucis à se faire. Son nouveau gouvernement pourra prendre la mer, avec cependant dès le départ un côté canots de sauvetage du Titanic. Le radeau des désavoués aura du mal dès le premier récif.

Tribune reprise de Polémia

Percée du RN aux législatives : l’effet Stade de France ?, par Pierre Boisguilbert

stade de france

Sur les plateaux personne n’en a parlé. C’est pourtant, avec la détestation de Macron, un élément majeur du succès du RN. Le déni de réalité, la négation de l’état du pays – la preuve par le Stade de France –, est revenu comme un boomerang dans la face du système.

Le front anti-Macron plutôt que « républicain »

C’est la victoire électorale du principe de réalité contre l’idéologie médiatique. Certes, cela n’explique pas tout et le mouvement national a bien des questions à se poser et à poser.
Ce qui est sûr, c’est que la fascination des médias sur Mélenchon a permis aux candidats RN de passer sous les radars de la diabolisation.
Ce qui est certain, c’est que le seul barrage qui a fonctionné est le barrage anti-Macron. Des électeurs de la NUPES ont voté pour ceux du RN, et vice versa.

Mélenchon ne sera pas Premier ministre et, absent du Parlement, son influence va décroitre et son parti en subir les conséquences.
Le RN aura à sa tête sa candidate à la présidentielle qui, arrivée seconde en mai, arrive encore seconde au Parlement en juin.
Il y a donc une justice électorale. Les Français qui ont voté RN sont cette fois représentés. Personne ne s’en plaindra.

La force du populisme

La question que l’on peut se poser c’est : Marine Le Pen a-t-elle eu raison contre tous ? Le principe de réalité mérite d’y réfléchir.
L’échec de Zemmour est confirmé. Pour le moment, il est marginalisé. Il faut constater que sa base électorale d’une France très pointue sur l’histoire et l’identité n’est pas suffisante. Ce courant identitaire « canal historique » ne peut percer qu’avec l’appoint du populisme de droite. Le jeu n’est pas fermé et la thématique de l’union des droites avec les résultats des Républicains reste un chemin potentiel d’avenir.

Macron humilié à l’international

Quand on lit les réactions de la presse internationale ce qui ressort, c’est l’affaiblissement considérable d’un président face à une France ingouvernable ou immobilisée.
Entre la perte de la majorité absolue pour les soutiens d’Emmanuel Macron et la percée de la gauche et du RN, de nombreux titres de presse européens s’interrogent sur l’avenir politique de la France.

Le journal suisse Le Temps met en avant « une gifle électorale qui risque de paralyser la France ». « Le quinquennat qui s’ouvre va être très compliqué », prévient dans le quotidien Gilles Ivaldi, chercheur en sciences politiques. « La polarisation qui sort des urnes forme trois camps qui s’affrontent et que tout oppose. L’Europe, l’économie, l’immigration, la sécurité, ils ne sont d’accord sur rien ».

Le quotidien belge Le Soir voit dans le scrutin de dimanche « un résultat français inquiétant pour l’Europe ». « Voilà Emmanuel Macron sans majorité absolue, face à une Assemblée nationale qui a le mérite, au moins, de symboliser les énormes fractures du pays », écrit le journal.

« Gouverner la France va être un casse-tête », abonde Il Corriere della Sera, entre une gauche « ressuscitée » par le « charisme et les accès de folie » de Jean-Luc Mélenchon qui devient toutefois « une gauche plus de lutte que de gouvernement », et le Rassemblement national, « qui a trouvé un allié inattendu en Emmanuel Macron, lequel a eu tellement peur de l’avancée de la NUPES qu’il a rompu avec la tradition du “barrage républicain” ».

Toujours en Italie, La Stampa voit, elle, en Emmanuel Macron un président « estropié », « paralysé », « pris en otage entre les extrêmes ».

Outre-Atlantique, le constat est également sévère contre le chef de l’Etat français. Le Washington Post voit ainsi dans le résultat « un camouflet politique » contre Emmanuel Macron qui pourrait compliquer son leadership à l’heure où l’Europe fait face aux défis profonds déclenchés par la guerre en Ukraine.

C’est aussi la perte d’influence européenne et internationale de Macron qui ressort. C’est un point essentiel dans le contexte du conflit en Ukraine. On peut imaginer le sourire en coin du président Poutine devant le résultat des élections législatives françaises. Le donneur de leçons aux Français et au monde a été morniflé par son propre peuple.

Cette élection marque une sanction nette pour les donneurs de leçons. Les donneurs de leçons médiatiques sont eux aussi sonnés. Ils n’ont rien compris et n’ont rien vu venir, aidés par des sondeurs pour le moins dépassés.

On pouvait espérer une autre configuration finale, mais il ne faut pas bouder son plaisir et rendre à Marine ce qui revient à Marine… et au Stade de France !

Tribune reprise de Polémia

Fiasco du Stade de France. Les mensonges de Darmanin, la honte de la France, par Pierre Boisguilbert

stade de france

Le fiasco total de l’organisation de la finale de Ligue des Champions au Stade de France à Saint-Denis a durablement marqué les esprits en France… mais aussi à l’étranger ! Et, comme d’habitude, les autorités françaises accusent tout le monde… sauf les véritables responsables, c’est-à-dire les personnes ayant géré l’organisation ainsi que les racailles de cité. Retour sur ces événements avec un texte plein d’humour de Pierre Boisguilbert.

De Saint-Pétersbourg à Saint-Denis, la faute à la Russie ?

On se demande pourquoi Darmanin se donne tant de mal. La honte du stade de France n’a qu’un responsable : Vladimir Poutine et sa politique impérialiste agressive. La finale de la ligue des champions Liverpool, Real Madrid devait en effet initialement se tenir à Saint-Pétersbourg. Heureusement, Emmanuel Macron a proposé le Stade de France.

L’endroit respirant la démocratie et la diversité s’est imposé grâce à un forcing français important. Certains en effet doutaient de la possibilité de la France d’organiser cette manifestation en 3 mois. Mais au pays des droits de l’homme rien d’impossible. On en a vu le résultat. C’est donc la faute à Poutine… mais aussi à ces méchants anglais !

Darmanin en veut aux Anglais

Darmanin n’en démord pas ! Ce sont eux, avec des dizaines de milliers de faux billets, qui ont provoqué le chaos. Qui a fabriqué les faux billets ? Combien y en a-t-il eu vraiment ?

Quant aux supporters de Liverpool, si loin de l’image du hooligan aviné, ils se sont comportés avec un flegme qui n’a pas été celui, hélas, de toutes nos forces de l’ordre. L’essentiel est bien sûr de minimiser le rôle des hordes de racailles de banlieue venues dépouiller, massacrer et parfois dénuder les visiteurs. Certains ont même pu se filmer ayant passé les barrages des stadiers contrairement à ceux qui avaient payé des billets même faux. Quant à ceux avec vrais billets, pas un mot… salauds d’anglais. Que font-ils encore en coupe d’Europe après le Brexit ?

En Espagne, la stupéfaction

Le calendrier a voulu que je sois à Madrid pour cette finale. Rien de ce qui est montré en France n’arrive à la hauteur du dégout des images des télés étrangères aussi bien espagnoles que britanniques. Là, pas de langue de bois. Les groupes ayant créé le chaos en s’abattant en nuées de prédateurs sur les supporters sont nommés. Et l’état de la France face à cette population est souligné avec cruauté, mais réalisme.

Comment se fait-il que cela ne se passe que chez nous ? C’est la bonne question. Dans les rues de Madrid, qui respirent l’Espagne, une foule immense, sportive toujours, patriotique souvent. Il n’y a plus que chez nous où en ne se sent plus en France. À Madrid, beaucoup de musulmans, notamment britanniques, mais très peu de femmes voilées, la plupart d’ailleurs au bras de français.

Madrid reste Madrid mais Paris qui devait toujours être Paris ne l’est plus et, comme le dirait Thierry Henry, qui sait de quoi il parle, Saint-Denis n’est pas Paris.

Ethnomasochisme partout

Il ne faudrait pas croire pourtant que l’Espagne échappe à l’idéologie dominante. Il suffit de regarder les journaux télévisés. À chaque bulletin, la valorisation des minorités sexuelles et la lutte contre la violence faite aux femmes… la ligne éditoriale est la même.

Je me suis rendu entre autres dans un petit musée magnifique, le musée des Amériques, qui raconte la découverte et la colonisation du nouveau monde. Dans le petit parc, une statue d’un conquistador. La statut est taguée par des slogans décoloniaux. Le musée, peu fréquenté, survivra-t-il à la repentance occidentale ? On peut en douter.

Reste le foot, sport dont, dans certains pays, l’objectif n’est pas uniquement d’en faire un instrument de propagande de créolisation de l’Europe.
Encore une fois c’est en France que c’est le pire. CQFD.

Tribune reprise de Polemia

Pap Ndiaye, Kylian Mbappé… Macron promeut son « peuple nouveau »

Macron

Mélenchon rêve d’une France créolisée, Macron la prépare.
Tribune signée Pierre Boisguilbert.

Un peuple nouveau ?

« Ce peuple nouveau, différent d’il y a cinq ans, a confié à un président nouveau un mandat nouveau. »

Cette déclaration du président après sa reconduction avait pour le moins étonné.
On avait écarté, bien sûr, une validation par le président de la thèse du grand remplacement. Tout de même, il y a « peuple nouveau »… À quoi pensait Macron ?

Macron, affirme Zemmour, prépare tout simplement la route pour Mélenchon, pour la France de demain, la France de Mélenchon.

Il est vrai qu’il instaure pour le moins dans l’opinion une acceptation de la « créolisation » de la société.
La créolisation, c’est quand un mélange de cultures donne « la création d’une entité culturelle nouvelle et inattendue (…). C’est un processus historique doublé d’un processus anthropologique. » La créolisation pour ses adeptes n’a en effet pas vocation à être une politique. Elle désigne à l’inverse une utopie réalisable et un processus inarrêtable. Elle veut révolutionner les imaginaires et de se protéger contre les réflexes identitaires.

Le problème c’est que les créoles sont, à l’origine, aux Antilles, des « békés », descendants des colons venus s’établir sur l’île au début du XVIIIe siècle. Ayant initialement bâti leur fortune et leur pouvoir sur la production et le commerce du sucre dans le cadre d’un système esclavagiste de plantation, ils ont su conserver leur cohésion et leur position d’élite économique et sociale. Alors qu’à la Réunion le mot a une signification différente et plus pluriethnique. Mais ce n’est certes pas la société dont rêve les islamo-gauchistes. Il faut se méfier des mots, même si on voit bien ce que veut dire pour la France le terme créolisation pour Mélenchon. C’est l’acceptation d’une société multiculturelle et, pour certains, multiraciale et multireligieuse. Le contraire du modèle français, la négation en tous cas de racines fondamentales.

Pap Ndiaye, symbole de la fuite en avant de Macron

La nomination au ministère de l’éducation nationale de Pap Ndiaye explique bien ce que sera le deuxième et dernier mandat de Macron. Ne pouvant plus être réélu, il a les mains libres, il ne lui est donc plus indispensable de faire croire qu’il adore le Puy du Fou. C’est pourquoi il ne consulte plus De Villiers mais conseille Mbappé. Le président a renoncé à l’assimilation, il a même renoncé à l’intégration.
La laïcité à la française ce n’est pas son truc et le départ de Blanquer en marque sans doute la fin historique. Il faut s’attendre à une dose de discrimination positive dans tous les rouages de la société en commençant par l’école.

Comme on a acheté la paix sociale dans certains territoires abandonnés par la république, on va acheter la paix scolaire avec l’intrusion de l’indigiénisme et du woke.
On peut donc objectivement redouter, au regard de ses prises de positions passées – mais assez récentes –, que ce ministre va achever la déconstruction du roman national pour la remplacer par une école de l’idéologie à l’américaine de culpabilisation de l’homme blanc. L’immigré va devenir la référence de notre histoire.
On peut donc craindre le pire pour le Français canal historique et l’éducation de ses enfants.

Macron a choisi la couleur de son nouveau mandat. Face au danger qui menace notre mémoire, si les craintes se réalisent, car il faut juger sur pièce, il faudra passer à la résistance. On peut simplement espérer que le pire n’arrivera pas, que le ministre sera à la hauteur de sa tache et du rôle objectif de l’école, mais il faut s’y préparer. Ce qui est certain, c’est la volonté du président d’aller dans le sens des minorités, données comme exemple au vieux peuple des gaulois réfractaires et pourtant si faciles à soumettre.

Mbappé, footballeur instrument du politique

Les médias insistent sur le fait que Macron a joué un grand rôle dans la décision de Mbappé de rester au PSG. Mbappé qui reste grâce au président, sa cote va monter et pas seulement dans les quartiers.
Quant à l’excellent joueur, promu le premier du monde, il est présenté comme un patriote qui veut rendre à la France ce qu’elle lui a donné. Sarkozy, qui décidément se mêle de tout, aurait également donné son avis. Un exemple donc pour la jeunesse de France et surtout comme toujours pour celle des quartiers.

Et qu’on n’aille pas parler de gros sous, non. Mbappé, géré par sa famille (ce qui n’étonne personne), ne décide qu’en fonction de critères sportifs et aussi d’amour de la France. Quand il parle, il a l’air sincère mesuré et même intelligent, mais il est bien sûr, quels que soient ses talents et ses convictions, politiquement instrumentalisé.

Tout va donc pour le mieux, de l’école au stade dans la meilleure des républiques macronienne. Quant à ceux qui continuent à idolâtrer Napoléon en admirant aussi Toussaint Louverture, qu’ils se fassent une raison… Leur pays, son histoire et eux même doivent s’adapter au nouveau peuple français élu par le nouveau président.

Tribune reprise de Polémia

Nouveau premier féministre : quand la flagornerie dépasse les « bornes »

Élisabeth Borne

La réaction de l’idéologie médiatique à la nomination d’Élisabeth Borne au poste de Premier ministre a été sans surprise. On a eu droit à une course au titre de champion du monde de la flagornerie, toutes cartes de presse confondues.

Victoire féministe ?

Enfin, après plus de 30 ans, une femme : on entendait que ça. Et comme on veut que ce soit bien une victoire féministe contre le patriarcat politicien, on parle de « Première ministre ». La soumission aux idées passe une fois de plus par la soumission à la sémantique. Édith Cresson sortie des oubliettes a fustigé la misogynie des politiques dont, bien sûr, elle a été victime. Ce qui n’est pas tout à fait faux. Mais personne, bien sûr, n’a osé lui dire que son échec explique aussi son départ rapide et que, considérée comme une « fausse bonne idée », elle a participé par son exemple raté à cette si longue attente. Les féministes militants avec carte de presse n’ont pas fait en trente ans un formidable forcing dans le sens d’une féminisation de Matignon. Ils se rattrapent et en rajoutent pour être dans l’air du temps. On ne peut pas dire que Mme Borne ait été entravée dans sa carrière par son sexe. En 1987, elle rejoint le ministère de l’Équipement pour ensuite intégrer la direction régionale de l’équipement en Île-de-France deux ans plus tard. Dans les années 1990, elle tient différents postes de conseillère, d’abord pour le ministère de l’Éducation nationale, puis pour les transports en tant que conseillère technique. Au début des années 2000, elle occupe le poste de directrice de la stratégie pour la SNCF et, cinq ans plus tard, celui de directrice des concessions pour Eiffage. Directrice générale de l’urbanisme pour la mairie de Paris, puis préfet de la région Poitou-Charentes, elle passe un an au ministère de l’Écologie, en tant que directrice du cabinet de Ségolène Royal. Élisabeth Borne est nommée le 17 mai 2017, sous la présidence d’Emmanuel Macron, ministre chargé des Transports, auprès de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire.

Le 16 juillet 2019, elle est nommée ministre de la Transition écologique et solidaire, à la suite du départ de François de Rugy.

Le 6 juillet 2020, elle est nommée ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion dans le gouvernement de Jean Castex.

Au lendemain de la nomination d’Élisabeth Borne à Matignon, la recherche de symboles est lancée. Outre le choix d’une femme pour diriger le gouvernement, c’est l’ascension d’une fille de résistant juif, rescapé des camps de la mort, qui est aussi soulignée. Celle d’une enfant de la classe moyenne aussi, pupille de la Nation, qui a connu les difficultés financières et qui, grâce à la méritocratie républicaine, est sortie diplômée de Polytechnique. Beaucoup saluent la nomination à Matignon d’une femme issue « de la gauche » et attachée aux questions écologiques ; l’opposition de gauche comme de droite crie à l’imposture. Un choix par défaut : elle est déjà surnommée « plan B ». La méchanceté n’a pas de sexe. Elle va bénéficier d’un état de grâce médiatique mais pas politique.

Brutalité

Invité de RTL au lendemain de la nomination d’Élisabeth Borne à Matignon, Éric Zemmour « salue l’arrivée du nouveau Premier ministre » mais le président du parti Reconquête ! refuse de féminiser la fonction, car « c’est moche », selon lui. « À l’oreille, le français pour moi doit d’abord être beau. Donc, oui, c’est le Premier ministre. Je salue l’arrivée du nouveau Premier ministre », a-t-il affirmé. Alors que la gauche redoute une politique économique de droite impulsée par le nouveau chef du gouvernement, Éric Zemmour a pour sa part considéré qu’il était désormais « le seul opposant de droite à ce Premier ministre de gauche et à cette politique de gauche ». Une nouvelle pique à l’endroit de Marine Le Pen, qu’il accuse de « passer son temps à draguer la gauche ».

Cette dernière n’a pas été tendre pour une femme de gauche accusée de saccage social. Il faut dire que Marine n’a aucune précaution à prendre car, en tant que femme, elle n’a jamais été épargnée. Les médias n’ont pas hésité à allumer des bûchers pour brûler la sorcière. L’antifascisme permettant sans doute d’être misogyne tout en restant dans le camp du bien. « En nommant Élisabeth Borne comme Premier ministre, Emmanuel Macron démontre son incapacité à rassembler et la volonté de poursuivre sa politique de mépris, de déconstruction de l’État, de saccage social, de racket fiscal et de laxisme », a réagi la finaliste de la présidentielle sur les réseaux sociaux. La finaliste de la présidentielle faisant notamment allusion à la réforme de l’assurance chômage durant le précédent quinquennat.

Mais il n’y a pas que la méchante extrême droite politique qui dit du mal de la nouvelle promue. Pour Mélenchon, pas de cache-sexe aux responsabilités politiques. Elle est même « l’une des figures les plus dures de la maltraitance sociale macroniste ». « Une nouvelle saison de maltraitance sociale et écologique commence. Élisabeth Borne incarne la continuité de la politique du président de la République », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

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Elon Musk rachète Twitter : une bonne nouvelle pour la liberté d’expression ?

Elon Musk

Quand Le Monde s’étouffe, la liberté d’expression respire mieux. C’est pourquoi, en étant très prudent sur l’avenir du « Twitter gouvernance Musk », on peut se réjouir de certaines réactions à ce rachat. La démocratie enfermiste de la liberté de pensée est en transe. C’est bon signe. L’homme le plus riche de la planète, suivi par 83 millions de personnes, compte bien bousculer le petit oiseau bleu qu’il a racheté 46 milliards de dollars.
Une tribune signée Pierre Boisguilbert.

Twitter est quand même le réseau social qui a banni, au nom de la lutte contre la haine, un président élu puis un candidat ayant approché les 80 millions de suffrages aux USA. Le Net, un temps espace de liberté, était en train de se transformer en bras armé de l’idéologie dominante. Que veut donc ce Musk qui fait si peur au Monde ? Le milliardaire veut faire du réseau social « une arène ouverte pour la liberté d’expression » en libéralisant ses règles de modération. Le sénateur républicain Jim Jordan, par exemple, a salué « le retour de la liberté d’expression » sur la plate-forme, tandis que la sénatrice du Tennessee, Marsha Blackburn, connue pour ses positions conservatrices, a déclaré qu’il s’agissait d’un « grand jour pour être conservateur sur Twitter » et qu’il était « temps que Twitter devienne ce qu’il est censé être : une plate-forme numérique ouverte à toutes les opinions ». Et le journal français qui fut de référence de préciser son inquiétude : « On s’inquiète de ce culte d’une liberté d’expression absolue défendue par le nouveau patron de Twitter, à rebours des efforts menés depuis plusieurs années par la plate-forme pour améliorer la modération des contenus haineux. » La sénatrice démocrate Elizabeth Warren a immédiatement mis en garde contre un « accord dangereux pour notre démocratie ». Dans l’Union européenne, le commissaire responsable du marché intérieur, Thierry Breton, a prévenu que le réseau social « devrait s’adapter totalement aux règles européennes », tandis que le secrétaire d’État chargé de la transition numérique en France, Cédric O, a tenu à rappeler que « le Digital Services Act – et donc l’obligation de lutter contre la désinformation, la haine en ligne, etc. – s’applique[rait] quelle que soit l’idéologie » du propriétaire de Twitter.

Ce qui est sûr, c’est que la censure du bien autoproclamé et du politiquement correct insupporte le milliardaire. Sur son compte Twitter, M. Musk a longuement détaillé sa défiance et sa réprobation vis-à-vis des médias traditionnels, caressant même l’idée de créer un service de notation des médias et des journalistes. Il est vrai qu’il est à contre-courant très souvent. Il a dénoncé avec force un « virus woke » ou la politique sanitaire de la pandémie de Covid-19 – dont il qualifiait la panique en découlant de « stupide » ;

Il est contre l’idéologie enfermiste au nom du bien, c’est son côté libertarien. C’est de plus une réussite blanche avec des racines en Afrique du Sud, on comprend l’hostilité quasi génétique de la planète woke. Son grand-père maternel, Joshua Haldeman (1902-1974) vécut en Afrique du Sud une existence d’aventurier, reliant Alger au Cap en voiture ou explorant une mythique citée perdue dans le désert du Kalahari. Elon Musk, qui émigra de son Afrique du Sud natale en Amérique du Nord en 1989, est de la même veine : cet ingénieur de génie aux convictions libertariennes trouve que les États-Unis deviennent trop progressistes. Le courant libertarien fait directement écho à un libéralisme radical ainsi qu’à une liberté totale et absolue d’expression.

Si le milliardaire Elon Musk avait déjà affiché une certaine sympathie pour le mouvement conservateur, en découlent des passerelles avec une orientation politique en direction des valeurs défendues par l’ancien président Donald Trump, notamment en ce qui concerne la liberté d’expression. Bien qu’il se soit longtemps revendiqué comme démocrate, Elon Musk avait déjà affiché son soutien à l’ancien président sur Twitter. Après l’assaut du capitole à Washington, qui avait enflammé les réseaux, les comptes Twitter, Facebook et Instagram de l’ancien président des États-Unis avaient été suspendus pour une durée indéterminée. De nombreux messages considérés comme « incitant à la haine » avaient également été supprimés des réseaux. C’est peut-être ce qui a motivé Musk. On comprend la crainte des réseaux actuellement dominants vis-à-vis du rachat de la plate-forme par un libertarien comme Elon Musk.

Le retour d’une liberté d’expression absolue ferait donc les affaires des clans pro-Trump, particulièrement actifs sur les réseaux sociaux, analysent les médias mainstream. Marianne redoute même le retour d’opinions racistes autorisées aux USA. Elon Musk affirme, lui, vouloir « la fin du bannissement permanent de certains utilisateurs ». Il découvre une vérité, la liberté d’expression est faite pour ceux qui ne pensent pas comme les autres, la majorité ou le pouvoir. Il était urgent de le rappeler, c’est ce que fait Elon Musk : « J’espère que même mes pires détracteurs resteront sur Twitter, parce que c’est ce que signifie la liberté d’expression. »

Tribune reprise de Polémia

Médias : de la peur sanitaire à la terreur nucléaire

covid medias peur

La ligne éditoriale des médias est depuis toujours anxiogène. Avec l’épidémie de Covid on pensait avoir atteint un sommet, et puis la guerre en Ukraine est survenue. Découvrez ctte tribune signée Pierre Boisguilbert.

D’une peur à l’autre

On est passé de la peur sanitaire à la terreur nucléaire. On notera que l’épidémie qui menaçait l’humanité a quitté l’information télévisée. Pour connaître les chiffres qui tournaient quotidiennement en boucle il y a si peu, il faut aller les chercher. Plus aucun spécialiste des virus sur les plateaux. Ils ont été remplacés par des stratèges de salon. Cela évite aux virologues de venir s’excuser de leurs fausses prédictions apocalyptiques. On attend avec impatience une chasse aux fake news et aux analyses aussi erronées que péremptoires. Mais les médias ne tirant leçon de rien recommencent avec les Gabelin de l’impossible qui ont remplacé les Diafoirus de la Covid. La ligne éditoriale est la même. Il s’agit de faire peur et toujours pour la bonne cause et donc pour une vérité unique. Poutine est capable de tout car c’est devenu un dictateur fou. On ne peut pas dire que nos médias aident à la désescalade. Qu’ils soutiennent les Ukrainiens face à l’offensive russe est une chose, qu’ils le fassent sans aucun esprit critique en est une autre. Le soutien au président ukrainien est rationnel, reprendre comme vérité absolue tout ce qu’il dit en est une autre.

Vers une guerre nucléaire ?

Volodymyr Zelensky voudrait que l’OTAN entre en guerre contre la Russie pour sauver l’Ukraine. Il fait tout ce qu’il peut pour galvaniser son peuple, il le fait avec talent et dans une optique jusqu’au-boutiste. L’OTAN l’a désavoué sur l’exclusion aérienne. L’organisation se présente comme une organisation défensive qui ne peut intervenir au-delà d’une agression contre un de ses membres. Qui rappelle que l’OTAN a fait à guerre à la Serbie pour le Kosovo sans aucun lien avec sa charte ? Et puis le président ukrainien a paniqué le monde, soutenu par nos médias, en affirmant que Poutine était prêt à déclencher un terrorisme nucléaire contre le monde civilisé. L’armée russe s’est emparée vendredi 4 mars de la plus grande centrale nucléaire d’Europe, Zaporijia, dans le sud-est de l’Ukraine. On a dit que les Russes avaient bombardé la centrale et on comprenait que c’était pour la faire exploser et provoquer un Tchernobyl en bien pire. Heureusement, ce n’était pas le cas. Cette thèse a été contestée par quelques spécialistes, mais aucunement par les journalistes qui n’ont cessé de faire de la surenchère apocalyptique. Et pourtant cela aurait mérité plus de retenue. Le but du contrôle du nucléaire est bien sûr de priver l’Ukraine de son potentiel énergétique. Comment penser que Poutine veuille provoquer une catastrophe nucléaire qui frapperait d’abord son armée sur place et plus la Russie que l’Europe de l’Ouest ? Sur une perspective aussi grave il convient de ne pas se laisser emporter par l’indignation et l’émotion, c’est le moins qu’on puisse attendre des journalistes. Mais, dans cette guerre en Ukraine, l’idéologie médiatique considère Poutine comme le nouvel Hitler qu’il faut arrêter avant qu’il ne soit trop tard. L’information est sous la domination de l’émotion et les souffrances individuelles occultent les raisonnements rationnels fondés sur la géographie et l’histoire.

Le pire est à venir et pas seulement sur le plan militaire.

Texte repris du site Polémia

Valérie Pécresse s’écrase au zénith

Valérie Pécresse

Chassez le non-naturel, il revient au galop. C’est la grande leçon du meeting complètement raté de Valérie Pécresse au Zénith. Une analyse signée par Pierre Boisguilbert.

La fusée qui devait remettre sa campagne en orbite a explosé dès le départ. Il n’y a jamais eu de deuxième étage. On était finalement, comme de nombreux militants dans la salle, gêné pour elle. Elle a chanté faux tout au long d’une interminable partition qu’elle était, par nature, incapable d’interpréter. Le compositeur s’est trompé d’interprète. C’était du Bécassine parodiant du Déroulède. Le problème de la forme rejoint le fond. Si elle est aussi mauvaise, c’est qu’on l’oblige à déclamer des convictions qu’elle ne partage pas. Alors elle force la voix pour convaincre. Tout est à contretemps, les slogans des jeunes chauffeurs de salle qu’elle reçoit presque avec surprise, les applaudissements suscités qui ne viennent pas et donnent des blancs terribles. Les phrases n’ont pas de fin, restent en l’air et l’effet s’écrase au sol.

Pécresse n’est pas une oratrice. Ceux qui dirigent sa campagne auraient dû le savoir et lui éviter ce chemin de croix. Cela donne raison à Rachida Dati qui a qualifié Patrick Stefanini, l’homme-orchestre du concert raté, de « loser » Et pourtant elle était au premier rang et lui a même donné la bise. Elle a dû regretter amèrement d’être venue. Nadine Morano était catastrophée et Sarkozy devant sa télé a dû se féliciter de son assourdissant silence. Ciotti dont la thématique a été privilégiée a souffert le lendemain sur BFMTV pour défendre la prestation de celle qui ne pense pas comme lui et parle donc si mal de ses idées. Pécresse devrait se concentrer sur les plateaux télé et les débats, où elle a de la repartie et où elle est souvent bonne et parfois convaincante. Sa limite, c’est le meeting et le besoin de sincérité publique.

Sur le fond, cependant, les médias n’auront retenu qu’une chose, son allusion au grand remplacement. On lui a reproché immédiatement de faire du Zemmour, bien sûr, de s’aligner sur le « complotisme » d’extrême droite. Elle s’en défend et affirme avoir toujours dit la même chose sur une hypothèse qu’elle veut éviter. Elle accuse alors les journalistes d’avoir une mémoire de bigorneau. Comme quoi elle est meilleure dans l’exercice de l’entretien. Cependant, c’est pathétique, celle qui a démontré avoir le charisme d’une huître s’en prend aux mémoires de bigorneau des journalistes. Drôle de plateau de fruits de mer.

En regardant ce meeting catastrophique, une formule assassine m’est revenue. Elle était de Jean-Claude Brialy, lors d’un Festival du cinéma de Cannes. C’était à la sortie d’un film raté aux prétentions d’épopée américaine. Il avait déclaré : « C’est Autant en emporte le vent… sans le vent. »

Autant en emporte le meeting de Valérie Pécresse.

Tribune reprise de Polémia

Parrainages : suffrage restreint contre suffrage universel

suffrage vote

Notre démocratie est fondée sur le suffrage universel. C’est pourquoi le président de la République, après avoir été longtemps élu par les membres du Parlement, est élu au suffrage universel. Mais il y a une limite, ce sont les parrainages. C’est-à-dire que le candidat, avant d’affronter le suffrage du peuple, doit être adoubé par des élus.
Une tribune signée Pierre Boisguilbert.

La plupart de ces élus sont des maires. Il s’agit d’imposer un filtre pour éviter des candidatures fantaisistes. Mais la réforme imposant aux maires de se déclarer publiquement a tout changé. Le système est manipulé pour écarter les candidatures gênantes pour ses représentants. On voit bien que la pression et les menaces sont devenues monnaie courante. Les maires ont deux craintes : être taxés d’extrême droite et devenir infréquentables politiquement, se voir refuser des financements indispensables pour leur commune. Comme une petite musique du Parrain dans les parrainages. Que le système soit absurde est une chose, qu’il soit une méthode d’impeachment en est une autre. Quand on apprend qu’Anne Hidalgo au-dessous de 5 % dans les sondages a 3 000 signatures et que Marine Le Pen, Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon, 40 % des électeurs, ont du mal à dépasser les 300 promesses qui ne sont pas encore des engagements, on voit bien la gravité du problème.

Avant le plafond de verre, le plafond des maires. Ceux qui tiennent les clés du champ de courses, ce sont certaines écuries. Celle du président sortant, bien sûr, avec un parti fantôme et des élus pléthoriques mais qui en fait n’existent que par lui. Celles des anciens grands partis à la dérive, qui jouent leur survie, comme Les Républicains et les socialistes. S’il n’y avait ni Marine ni Éric ni Jean-Luc, la présidentielle perdrait cependant toute légitimité dans le respect de la légalité. Le pays réel serait exclu comme jamais.

Face au danger d’une crise de système et donc de régime, les médias jouent le plus souvent les vierges effarouchées. Ce ne serait pas bien, mais finalement pas scandaleux. En effet le système est en place depuis longtemps et n’a jamais vraiment empêché les candidatures multiples ; et pas question, bien sûr, de changer les règles en cours de partie. Deuxième argument : les candidats qui n’y arrisent pas n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes, c’est qu’ils ne sont pas capables ou pas convaincants. Sous-entendu, ils sont jugés pas assez démocratiques contrairement à nous. C’est ce que suggère, sur un ton où le mépris le dispute à la haine, Anne Hidalgo dont la candidature est un naufrage annoncé pour le PS. Par charité c’est à elle que les maires devraient refuser leur signature pour lui éviter et éviter au PS la chute finale.

La solution est de changer le système et de le mixer ou de le remplacer. Par exemple, avec un nombre significatif de citoyens devant soutenir une candidature, on retourne à l’universel contre le censitaire de rente électorale.

Pour certains c’est un faux débat, tout le monde aura les signatures pour des intérêts divergents. Cependant Macron n’a pas intérêt à une candidature Zemmour qui favoriserait Pécresse alors que Pécresse a intérêt à cette candidature qui pénaliserait Marine Le Pen. On le voit, le parrainage est une sorte de IVe République maintenue avant la Ve. Avant la vraie campagne en rase campagne, la recherche de parrainages est le cheminement obligé dans marécage politicien du monde d’avant, qui subsiste autour de partis dépassés et vermoulus. Mais ces partis, comme le chien du proverbe arabe, « perdent leurs poils, mais pas leurs vices ».

Tribune reprise de Polémia

Non-vaccinés : la minorité que l’on peut discriminer

masque covid

Le gouvernement a annoncé vouloir transformer le passe sanitaire en passe vaccinal. Un acte de guerre contre une partie de la population française.
Une tribune de Pierre Boisguilbert

Bouc émissaires

La prochaine étape sera sans doute de leur accrocher des clochettes, comme aux lépreux du Moyen-Âge. Comme il n’arrive pas à maitriser l’épidémie covidienne, il en désigne les responsables. La transformation du passe sanitaire en passe vaccinal en apporte la preuve. Les non-vaccinés vont devenir des sous-citoyens privés de presque toutes les libertés. La vaccination devient donc obligatoire dans une démarche parlementaire de remarquable hypocrisie démocratique. Mais ce qui est le plus remarquable, c’est la désignation d’un bouc émissaire. Les non-vaccinés sont désignés aux Français comme les seuls responsables des privations de liberté de fin d’année et des engorgements de l’hôpital. Hier, l’hôpital était fait pour soigner les malades, aujourd’hui les malades et même ceux qui ne le sont pas doivent sauver l’hôpital. Cherchez l’erreur.

On stigmatise donc auprès de l’immense majorité des Français — les vaccinés —, les coupables — les non-vaccinés. Cette politique est non seulement odieuse, mais elle est surtout en totale contradiction avec « leurs » valeurs. Nous sommes dans la république qui, par la lutte morale et obligatoire contre toutes les discriminations, impose la dictature de toutes les minorités sur l’immense majorité. Il existe pourtant une minorité qui n’est pas admirable et n’a droit à aucune protection. Dont acte.

Anne Hidalgo, qui pense que les musulmans sont traités dans la France de 2021 comme les juifs des années 30, va-t-elle faire des comparaisons avec la discrimination par la loi des non-vaccinés ? Toutes les minorités sont protégées surtout raciales et sexuelles mais une minorité va être persécutée, les non-vaccinés. Cherchez l’erreur.

Créer une caste d’intouchables

Le vaccin semble le seul moyen d’éviter des formes graves de la Covid et de ses variants africains et indien. Qui ne voit que, si on leur donne des noms de lettres grecques, c’est pour éviter d’en stigmatiser l’origine géographique et ethnique ? Mais, justement, en Inde que se passe-t-il ? Les chiffres sont vraiment étonnants. Depuis fin novembre, l’Inde enregistre moins de 10 000 nouvelles infections au coronavirus par jour — dernièrement, la moyenne sur sept jours était de 8 500. D’après plusieurs études, la majorité des 1,4 milliard d’habitants du pays a déjà développé des anticorps contre le coronavirus.

Cité par Le Figaro, le virologue Jacob John, professeur émérite au Christian Medical College de Vellore, dans le Dekkan, est convaincu que « l’Inde est le premier pays au monde à avoir vaincu la pandémie et à être passé en « phase endémique ». « Cette phase est atteinte lorsque les nouvelles infections se stabilisent à un faible niveau », explique Jacob John. Et c’est précisément dans cette situation que se trouve l’Inde actuellement. D’un point de vue allemand, cette évolution a des allures de miracle. Car il y a encore six mois, l’Inde comptait pour un nouveau cas de coronavirus sur trois dans le monde. Virage incompréhensible… comme l’apparition et la disparition des épidémies dans l’histoire de l’humanité.

Mais alors, en pleine « vague » indienne, en attendant la sud-africaine est-il bien raisonnable, alors que l’épidémie parait partir partout sauf en Occident — bizarre, diraient les complotistes —, de créer chez nous, dans la patrie des droits de l’homme, une caste à mépriser, une catégorie d’intouchables ?

Tribune reprise de Polémia

Blake et Mortimer contre la subversion « woke »

Blake et Mortimer woke

Le Dernier Espadon est le titre du nouvel album de Blake et Mortimer. Dans toutes les suites, parfois très inégales, des aventures des héros d’Edgar P. Jacobs, c’est sans doute le plus réussi. Il renoue volontairement dans le titre avec les premiers albums Le Secret de l’Espadon. C’est l’album BD qu’il faut offrir à Noël à ses enfants et amis, car c’est le meilleur contrepoison aux subversions « woke » et « cancel ».
Voici une tribune de Pierre Boisguilbert.

Plus Britanniques que les deux héros, un militaire et un scientifique, tu meurs. Heureusement, ils sont immortels, mais pas intemporels. Les fans s’étonnaient presque de ne pas les voir aux obsèques du prince Philip le samedi 17 avril, au château de Windsor, qui étaient aussi celles du génie rituel occidental. Ils vivent dans un monde « des après-guerres » où l’Occident et plus particulièrement la Grande-Bretagne restent les phares du monde civilisé. Après-guerres, car dans cette extraordinaire fiction, dans la foulée de l’effondrement du nazisme, une puissance asiatique, qui n’est pas la Chine mais un Tibet fantasmé, déclenche un conflit mondial pour profiter de l’affaiblissement des vainqueurs. Un monde où le Tibet a pris le relais de l’Allemagne nazie pour conquérir les cinq continents. On est peu après la Seconde Guerre mondiale, en 1946, et, dans les colonnes du Journal de Tintin, le chroniqueur de Radio Lhassa exulte : « Bombay n’est plus que ruines et désolation !… Rome, la Ville éternelle, n’est plus qu’un souvenir… Paris, la Ville Lumière, gît sur le sol, broyée !… Londres, l’orgueilleuse métropole, achève de se consumer !… La flotte américaine du Pacifique est au fond de l’océan tandis que nos parachutistes hissent nos couleurs sur les gratte-ciel du Nouveau Monde ! La terre est entre nos mains ! Nous sommes les maîtres du monde ! » Des missiles, fabriqués dans les usines souterraines de l’Himalaya, s’abattent partout sur la planète. Et des troupes aéroportées, pleines de soldats asiatiques, s’emparent du monde entier qui passe sous le joug de l’Empire jaune. Ce monde dirigé par un sinistre Basam Damdu est tout droit sorti de l’imagination d’Edgar P. Jacobs amené à devenir l’une des principales figures de la bande dessinée belge, grâce au succès du Secret de l’Espadon

Heureusement, le professeur Mortimer aidé du capitaine Blake construit l’Espadon qui va permettre de vitrifier l’Empire jaune.

Dans Le Dernier Espadon, ce sont des irréductibles nazis qui vont tenter avec la complicité de membres de l’IRA d’éradiquer la famille royale à Buckingham Palace. L’histoire vraie – complot contre la famille royale – et les liens entre le Reich et l’IRA se mélangent harmonieusement avec la fiction dans la cohérence d’un passé où le conflit qui n’a jamais existé ne gêne en rien la cohérence de la chronologie des événements.

Blake et Mortimer continuent à faire vivre au présent un monde qui n’est plus et dont on veut effacer l’histoire, celui non pas du privilège mais du fardeau de l’homme blanc, sans discrimination ni racisme, bien au contraire, dans ces histoires. Cet album contrairement à d’autres ne sacrifie rien à l’air du temps ; cela est dû aux auteurs, dont Jean Van Hamme qui est aussi l’inventeur de Thorgal, ce Viking atlante venu des étoiles et qui permet de redécouvrir la culture et la légende des seigneurs des mers du Nord.

Dans Blake et Mortimer, il y a de plus un extraordinaire méchant, le colonel Olrik, âme damnée de l’empereur Basam Damdu. Un très méchant, très attachant, qui de Pyramides en Marque jaune est de tous les complots contre la GB, toujours vaincu et toujours revenant. Un méchant tellement fascinant qu’Hubert Védrine, l’ancien ministre des Affaires étrangères, lui a consacré une biographie. Passionné depuis sa plus tendre enfance par la bande dessinée classique et plus particulièrement par les aventures de Blake et Mortimer, Hubert Védrine, quatorze ans passés à l’Élysée, cinq ans ministre des Affaires étrangères, a toujours été fasciné par le personnage d’Olrik. Jusqu’à en imaginer cette biographie avec la complicité de son fils Laurent, journaliste, lui aussi passionné de bande dessinée.

Plus qu’une bande dessinée, une vision de l’histoire du monde d’avant la repentance obligatoire, quand les enfants de Kipling assumaient encore leurs responsabilités mondiales et historiques. Tant qu’il y aura des Blake et Mortimer vendus à des centaines de milliers d’exemplaires et des Olrik pour les combattre mais aussi les accompagner, tout n’est peut-être pas perdu dans le combat de l’imaginaire devenu ô combien essentiel.

Tribune reprise de Polémia

Le CSA en plein délire totalitaire contre Éric Zemmour

C’est officiel depuis ce 13 septembre au matin, Éric Zemmour ne participera plus à l’émission Face à l’info dont il était la figure de proue pendant deux années. Après avoir connu un succès d’audience et d’estime considérable, il est privé de cette émission par une décision incroyablement liberticide du CSA qui a décidé de tout faire pour l’empêcher de s’exprimer publiquement d’ici sa probable annonce de candidature. Retour sur cette décision alarmante avec Pierre Boisguilbert.

Ils n’ont pas trouvé le vaccin anti-Zemmour. Le taux de transmission du virus des vérités est très important. La contamination est en croissance exponentielle. Cette drôle d’épidémie produit de plus de nombreux anticorps, mais contre le discours officiel. C’est pourquoi le système menacé dans sa doxa n’a qu’une solution, il faut confiner le soldat Zemmour. Ils pensaient que la justice s’en chargerait. Mais, pour le moment les résultats ne sont pas à la hauteur. Le pouvoir a donc eu recours à un « machin » médiatique, le Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA). On doutait de son indépendance, on est maintenant convaincu de sa soumission.

Le CSA aux ordres

Le CSA demande aux médias de décompter les interventions de Zemmour de son temps de parole de la campagne présidentielle. Une forfaiture qui est une imbécillité, qui s’est déjà retournée contre ses auteurs et leurs inspirateurs. Zemmour est un éditorialiste et un polémiste ; l’empêcher de s’exprimer, c’est l’empêcher de travailler. Si demain il est candidat, ce serait une autre affaire mais pour le moment ce n’est pas le cas et sont donc appliquées à un non-candidat les règles réservées aux candidats. On attend avec impatience une décision décomptant du temps de Macron les éditoriaux en sa faveur dans les médias : rien qu’avec BFM TV, il n’aurait plus droit avant le vote à la parole !

Le CSA est critiqué, prudemment par Christine Kelly, ancien membre du Conseil mais, animatrice des chroniques zemmouriennes, elle passe certainement une mauvaise période. Le Conseil a aussi été étrillé par Françoise Laborde, ancien membre également du « machin », dans une démonstration aussi implacable que courageuse. On sait qu’elle est à l’opposé des idées du chroniqueur ce qui rend son réquisitoire encore plus convaincant : « Quelle honte ! Depuis quand le CSA censure les journalistes ? Ce CSA qui n’a jamais fait preuve du moindre courage, se discrédite définitivement… C’est une dérive très grave. ‘Je ne partage pas vos idées mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez les exprimer.’ »

Hugo ou Lamartine ?

L’audience d’Éric Zemmour est forte et son discours porte. Il est limité cependant à ceux qui veulent l’écouter sur CNews. Or, le CSA lui donne une visibilité nationale et fait son jeu. Ce serait suspect si on ne connaissait pas la puissance la haine idéologique des bien-pensants autoproclamés à l’égard de ceux qui ne pensent pas comme eux et surtout qui le disent. La force de Zemmour tient en une formule : « Il dit tout haut ce que Marine Le Pen n’ose même plus penser tout bas. ». Il faut donc limiter au maximum sa liberté d’expression. Car si le virus de la France Française se propage et que Zemmour passe dans les sondages les 10 %, cela pourrait tout changer. Il peut vouloir aussi se présenter uniquement pour témoigner et porter ses idées au plus haut niveau du débat politique français, la présidentielle. S’il le fait, il manifestera un courage moral très rare, car rien ne lui sera épargné.

La justice n’a pas dit son dernier mot, on traquera ses homards et ses costumes, le financement de ses soutiens, des relations sexuelles fantasmées ou inventées. Il prendra le risque de tout perdre son statut médiatique mais aussi sa vie privée, sa famille souffrira. Un suicide, lui disent certains de ses amis. Les suicides sont souvent glorieux mais presque toujours inutiles. Que reste-t-il au Japon de celui de Mishima et, en France, de celui plus récent de Dominique Venner ? Il aurait été plus utile en continuant son combat intellectuel, même désespéré. Faut-il être Hugo ou Lamartine ?

Seul Zemmour pourra apporter sa réponse et son choix, quel qu’il soit, sera honorable.

Pierre Boisguilbert

Tribune reprise de Polémia

Macron : Roland-Garros devrait être son Fouquet’s

Macron

Macron est le président des bobos. Le président des riches et des privilégiés. La preuve en a été apportée une nouvelle fois à Roland-Garros.
Le stade Chatrier a retenti des premiers « Macron président » de la campagne, accompagnés de « merci Macron » et parfois même du plus complice « merci Manu ». On se comprend entre nous non ?

L’accord présidentiel

« On partira pas, on partira pas » chantaient, peu avant la délivrance, les 5 000 spectateurs de la demi-finale entre Novak Djokovic et Rafael Nadal.
Juste après le gain du troisième set la bonne nouvelle a été annoncée au micro : « Madame, Monsieur, en accord avec les autorités nationales, le match ira à son terme en votre présence. »
Le speaker a dû s’y reprendre à deux fois pour bien se faire comprendre, et ensuite, ce fut dans les tribunes pendant les trois minutes suivantes, des chants, des danses, une Marseillaise et puis des « merci Manu ! »

On sait en effet que le président de la République en personne a donné son accord aux organisateurs du tournoi pour cette entorse aux règles sanitaires. Pourtant, il faisait du touche-touche avec Biden en Cornouailles, mais rien de ce qui concerne son pays à lui ne le laisse indifférent.

« Je voudrais remercier l’Élysée et Matignon de nous permettre d’aller au bout de ce suspense incroyable, de ce match de légende » a déclaré dans la foulée Gilles Moretton, le président de la Fédération française de tennis, au micro de France Télévisions. Cela ne sera sans doute pas décompté du temps de parole du président et pourtant cela devrait l’être.

Lacrymogène aux Invalides

Et en même temps, comme le dit le président, aux Invalides, quelques centaines de jeunes faisant la fête sans respecter le couvre feu ni les règles sanitaires étaient dispersés au gaz lacrymogène par la police qui a tout de même autre chose à faire.
Selon des images diffusées sur les réseaux sociaux, des groupes de jeunes en liesse avaient envahi l’esplanade, dansant, criant, la plupart sans masque et sans remercier, les ingrats, Macron.
Alma et Emma, âgées de 19 et 18 ans, venues de Colombes (Hauts-de-Seine), étaient de leur côté venues « traîner aux Invalides » dans le VIIe arrondissement de Paris, parce qu’à cette période de l’année, « c’est souvent la même chose ». « On a vu qu’il y avait de l’ambiance. Au final, ça n’a pas duré longtemps, à 23h, ils nous ont dispersés, direct. On a réussi à ne pas se faire ‘gazer’ mais on a vu des gens pris dans des nuages de lacrymos », a relaté à l’AFP Alma.

Deux pays

Elles auraient mieux fait d’aller à Roland-Garros car là-bas, pas de couvre-feu, pas d’évacuations et pas de gaz lacrymogène.

La France de Macron est celle des privilégiés de Roland-Garros, mais aussi de tous ceux qui veulent le devenir et ça fait du monde. Sa décision montre que le couvre-feu ne sert finalement à rien sauf à emmerder le peuple vulgaire et devrait être ce que le diner du Fouquet’s a été pour Sarkozy : un marqueur indélébile et destructeur.

Il n’en sera sans doute rien.

On voit bien monter dans le pays la stratégie du « Merci manu ». Le voilà l’homme jeune et moderne qui a vaincu la pandémie et a délivré les français comme De Gaulle de l’enfermement de l’ennemi. Il a gagné la guerre. Il est le seul à pouvoir, après avoir vaincu le virus, exorciser les forces sataniques qui veulent infester la république et la démocratie.

Macron président, Roland-Garros a voté. Il est en train de renverser la tendance, aidé par la gifle. Dans ce set du tournoi présidentiel, Macron a peut-être gagné un tie-break alors que sa balle aurait dû mourir dans le filet. Le match est plus facile quand on est toujours au service, sauf bien sur à cumuler les fautes comme celle de Roland-Garros… à condition que le public s’en rende compte et siffle. Tous ne sont pas à Roland-Garros, Macron aurait peut-être dû y penser…

Pierre Boisguilbert

Tribune reprise de Polémia

Benzema chez les Bleus : le « vert » est dans le fruit

Karim Benzema

Le retour de Karim Benzema en équipe de France de football est très commenté par les médias et les observateurs sportifs. Pierre Boisguilbert, chroniqueur régulier de Polémia a voulu aborder ce sujet sportif… et politique !

Karim Benzema est de retour en équipe nationale française pour l’Euro. Cette décision très inattendue du sélectionneur Didier Deschamps a été saluée comme un événement formidable et positif par la presse, et pas seulement sportive. On remarquera que le Franco-algérien n’a pas remercié Deschamps : il a remercié Dieu. C’est au moins clair, il va rajouter encore un peu plus de vert, couleur de l’islam, dans le bleu de notre « onze ».

« Mon cœur est en Algérie »

Didier Deschamps prend un risque : ce retour va certainement provoquer des changements de stratégie de jeu et va exacerber certaines rivalités et vanités.
L’autre danger, c’est pour l’état d’esprit. Car certaines déclarations de Benzema sont gênantes. L’homme qui refuse de chanter La Marseillaise affirme que s’il a fait sa carrière, son « cœur est en Algérie ».
Un homme bien dans la lignée indigéniste, qui accusait l’entraineur de l’avoir écarté en cédant à la « pression d’une France raciste ». C’était diffamatoire mais, aujourd’hui, Deschamps n’aurait-il pas cédé a des pressions plus réelles et plus forte imposée par les idéologies victimaires dominantes ?

Karim Benzema avait été évincé de l’équipe nationale suite à l’affaire de la sextape de son coéquipier en sélection Mathieu Valbuena. Une affaire qui aurait donné lieu à une tentative de chantage et donc d’extorsion de fonds. Karim Benzema, qui sera jugé en octobre, réintègre ainsi les Bleus après six ans d’absence et de multiples controverses.
Retournement d’autant plus étonnant que le sélectionneur national semblait éternellement fâché avec le buteur du Real Madrid. On verra bien le résultat du retour de ce très bon joueur sur le terrain, mais peu exemplaire pour les jeunes et résolument situé dans la ligne racialiste du Guadeloupéen Lilian Thuram — dont Deschamps, de façon aussi inattendue, a aussi sélectionné le fils.

« L’ethnicisation » du foot

En 2016, lorsque le joueur formé à Lyon n’est pas repris pour l’Euro de football, il déclare au journal espagnol Marca : « Deschamps a cédé sous la pression d’une partie raciste de la France. »
Réaction de Nicolas Sarkozy, qui n’est alors plus président, au micro de RTL : « Je trouve tout ça désolant pour le sport, pour la fête qu’est l’Euro, pour le football qui est ainsi politisé… C’est le résultat d’un communautarisme militant, encouragé par ce gouvernement depuis quatre ans. Le gouvernement et notamment François Hollande, a joué avec les communautarismes, a poussé les Français les uns contre les autres. »

En 2016, François Hollande, alors à l’Élysée, s’épanche dans le livre de confidences Un président ne devrait pas dire ça. Il admet que « moralement, ce n’est pas un exemple, Benzema » et regrette la « communautarisation » la « segmentation », « l’ethnicisation” de l’équipe de France de football.

Tout cela n’a fait que s’aggraver dans notre société archipélisée.

Emmanuel Macron déclare quant à lui : « J’ai perçu cette affaire comme devant être traitée au bon endroit par les bonnes personnes. Je suis président de la République, pas sélectionneur de l’équipe de France. J’adore le football […] mais à la fin, celui qui est en charge de choisir son équipe, c’est Didier Deschamps, ce qui n’enlève rien aux qualités de Karim Benzema qui rayonne dans le championnat espagnol depuis plusieurs années. Mais il y a un cadre et des règles. Et le sélectionneur sait que même un joueur très talentueux, si ça ne prend pas avec le collectif, cela peut tout désagréger.»

A-t-il changé d avis ? Le « en même temps » lui permet d’avoir des sincérités et des analyses successives et opposées.
Benzema rentrera-t- il dans le cadre et les règles en respectant le collectif et l’esprit d’une équipe nationale française ?
Attendons les prochains buts, ou les prochains cartons rouges, sur le terrain.

Pierre Boisguilbert

Tribune reprise de Polémia

Laïcité et jeunesse : l’islamisation des esprits

Le sondage commandé par la LICRA à l’IFOP auprès des lycéens montre l’opinion des jeunes à un moment donné sur les problèmes liés à la laïcité, mais aussi et surtout souligne une évidente évolution.

Touche pas à mon prophète !

Nous sommes en train de glisser de la génération « Touche pas à mon pote » à la génération « Touche pas à leur prophète ». Ce n’est pas encore vraiment cela et il y a encore une cassure entre les jeunes musulmans et les autres, mais le mouvement est en cours. La fracture est par contre avérée entre la nouvelle génération et les ainés.

L’enseignement laïc est en train de perdre la guerre molle qu’elle mène contre l’acceptation du communautarisme, essentiellement musulman. Dans un système éducatif où l’on a du mal à enseigner le raisonnement rationnel, la laïcité parait une notion dont la complexité et la spécificité française est de plus en plus mal comprise. Notre jeunesse est trop américanisée pour se sentir laïque. Pour nos lycéens, la laïcité doit se contenter de traiter à égalité toutes les religions. Les racines chrétiennes de la France n’entrent jamais en jeu, même chez les catholiques. Notre jeunesse est poreuse au discours de victimisation et croit davantage, finalement, à l’islamophobie qu’à l’islamo-gauchisme. C’est sans doute le plus inquiétant.

Clivage dans la population

Et ce sentiment sur la laïcité n’est pas l’apanage des musulmans (81 %) : il est également partagé par beaucoup d’élèves scolarisés en zone d’éducation prioritaire (55 %), en lycée professionnel (43 % en bac pro) ou se percevant vus par les autres comme « non blancs » (64 %). L’islamisation des esprits fonctionne à plein dans les quartiers difficiles ou limitrophes. Il y a en fait une assimilation progressive au communautarisme musulman. Le droit au blasphème lui-même est quasiment criminalisé. Plus de la moitié (52 %) de l’opinion lycéenne récuse ce droit pourtant acquis depuis plus d’un siècle (1881).

Cette question du droit au blasphème met surtout en lumière le clivage existant sur ce sujet entre les musulmans et le reste de cette jeunesse scolarisée dans le second degré. En effet, si les jeunes musulmans s’opposent massivement (à 78 %) au droit d’outrager une religion — tout comme les personnes perçues comme « non blanches » (à 65 %) ou habitant dans les banlieues populaires (à 60 %) — , ce n’est le cas que d’une minorité de catholiques (45 %), d’élèves sans religion (47 %) ou non scolarisés en REP (44 %).

La débâcle de l’école républicaine

Le recul de l’éducation républicaine tourne à la débâcle sur la question du voile qu’on croyait pourtant réglée. Pour la première fois, une enquête montre que les lycéens sont majoritairement favorables au port de tenues religieuses dans les lycées publics. Le port de signes religieux ostensibles (voile, kippa…) dans les établissements scolaires publics est désormais soutenu par plus d’un lycéen sur deux (52 %), soit une proportion deux fois plus grande que dans la population adulte (25 %). Cette adhésion à l’expression religieuse des élèves dans l’espace scolaire semble en hausse si on se fie aux données de l’enquête (2006-2009) qui montrait qu’il y a une quinzaine d’années, cette idée était encore majoritairement rejetée (à 58 %) par les élèves de 14-16 ans. Et ce hiatus entre les lycéens et le reste de la population se retrouve dans le net soutien des premiers au port de tenues religieuses par des parents accompagnateurs : à 57 %, contre 26 % chez l’ensemble des Français.

Il y a bien une distance encore entre les musulmans et les autres. Mais ceux qui nous expliquent à longueur de journées que, grâce à l’éducation républicaine, le fossé peut se réduire sont en échecs. Tout au contraire, c’est la minorité religieuse qui, en se victimisant, impose ses codes de pensées ou les rend inattaquables voire incritiquables. Cette minorité est en passe de gagner dans nos lycées la bataille culturelle mais, pour elle, la culture se résume à un dogme religieux.

Pierre Boisguilbert

Tribune reprise de Polémia

Covid-19 : vaccination et contamination médiatique

vaccins covid

Les médias sont indignés. Les Français sont de plus en plus réticents à la vaccination. Mais les médias en sont justement les principaux responsables. Il ne s’agit pas ici de rentrer dans le débat pro ou anti vaccin, mais de constater le rôle des médias dans l’évolution de l’opinion. 15 % de convaincus et 15 % d’irréductibles réfractaires. Et une immense majorité qui hésite. Or, le vaccin a été traité — comme tout le reste — par les médias sur le mode anxiogène car il s’agit de faire de l’audience, plus que d’informer objectivement.

Journalistes ou influenceurs ?

Ainsi, à l’approche de la vaccination, se sont multipliées d’interminables mises en garde. Sur la rapidité de conception du vaccin, le manque de recul, son efficacité et le risque d’effets secondaires inconnus mais forcément tapis dans l’ombre. Comment ne pas déstabiliser le téléspectateur qui, pour nos informateurs se voulant avant tout influenceurs, ne sera jamais ni adulte ni vacciné ? Et la preuve est évidente : nous ne sommes pas vaccinés, enfin pas tous, contre la contamination médiatique. Il n’est pas encore prêt, le vaccin contre la manipulation de l’opinion qui pourrait déboucher sur une immunité collective !

Pour autant, il est évident que la santé des Français n’est qu’un moyen d’assurer la santé économique des chaines télés en continu en prolongeant à l’infini le confinement de l’intelligence et de l’esprit critique. Sur le Covid-19, il faudra un jour juger le rôle des médias dans notre soumission à l’épidémie et à ceux qui l’ont si mal gérée et en sont finalement si fiers.

Comment ne pas se rendre compte que les médias ont sélectionnés leurs spécialistes, toujours les mêmes qui se multiplient sur les plateaux plus vite que le virus mutant ? Comment ne pas s’étonner que l’on nous dise tous les jours ce que l’on doit faire ou ne pas faire et que ces leçons de civisme sanitaire soient rabâchées à longueurs de journées dans les mêmes termes par des donneurs de leçons avec carte de presse ? Comme ci la carte de presse garantissait l’omniscience et la crédibilité !

L’inquiétude est réelle. On ne fait plus confiance aux politiques ni aux médecins. Les journalistes font l’objet d’une défiance générale peut-être encore plus forte. Et pourtant, ils continuent à peser sur l’opinion. On peut même dire que l’épidémie leur a rendu une influence qu’ils étaient en train de perdre. Ils n’ont aucun intérêt idéologique à la fin de l’épidémie. Ils n’aiment donc pas le vaccin… Ce qui ne les empêche d’ailleurs pas de sermonner et de culpabiliser ceux qui les écoutent et n’en veulent pas.

Faire confiance à son libre-arbitre

Pro ou anti-vaccin, soyez-le donc en fonction de vos idées et de votre esprit critique. Sans vous laisser effrayer ou convaincre par des gens dont la directive première est de faire de l’audience et donc de s’assurer un public captif par la peur.

La vaccination reste donc en question pour certains, mais la contamination médiatique du libre-arbitre vaccin ou non continue.

Pierre Boisguilbert

Tribune reprise de Polémia

Joe Biden : la revanche de la médiocratie américaine

L’issue de l’élection présidentielle américaine est encore incertaine même si Joe Biden a été proclamé vainqueur par les médias américains. Dans l’attente du dénouement de cette pièce de théâtre à rebondissements, Pierre Boisguilbert revient sur ce que signifierait l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche.

Les médias en roue libre

Le soulagement a été à la hauteur de la peur : immense. Le fait que la victoire électorale de Joe Biden a été annoncée par les médias audiovisuels dominants, suivis avec réticence par Fox News, n’est pas une surprise, mais tout était dans le ton. Aux USA mais aussi au pays de Descartes. Donald Trump s’est vite retrouvé accablé de propos méprisants, sinon haineux. La victoire de Biden, c’est la revanche des médias et de l’idéologie cosmopolite mondialiste. L’homme qui n’existait pas est brusquement devenu le président que le monde attendait. Il faut dire qu’ils ont eut la trouille. Les premiers résultats des votes physiques ont contredit totalement les sondeurs et les prédictions Trump allait gagner. Il faut voir alors comment ceux qui n’avaient rien vu, expliquaient ce qui se passait. Et puis comme Trump l’avait prévu et redouté, les votes par correspondance ont inversé la tendance. Il y aura toujours pour les électeurs du président sortant, une suspicion de bourrage des urnes.

L’accession de Biden à la Maison-Blanche, il faut bien voir ce que cela signifie. Le rap va terrasser la musique country. Les minorités qui haïssent l’Amérique des pères fondateurs européens vont être renforcées. Les activistes antiracistes noirs, racistes anti-blancs, vont pouvoir continuer à détruire le passé en démolissant des statues. La discrimination positive en faveur des minorités sexuelles va augmenter et la théorie du genre s’étendre. On voit bien l’Amérique qui danse dans les rues des villes et celle qui fait le gros dos. Biden pourra-t-il être le président de tous les Américains sans se laisser déborder par ceux qui ne sont pas endormis et pour qui la guerre civile et la guerre des sexes n’est jamais achevée ? On peut en douter.

Kamala calife à la place du calife

Les médias ont fait à 90 % campagne contre Trump, ce qui montre qu’ils sont les ennemis résolus d’une conception nationale de l’histoire américaine. Mais ils ont fait plus. En censurant une intervention en direct du président élu, ils ont perpétré un putsch médiatique. Cet interventionnisme illégal devrait à lui seul invalider le scrutin. Les médias n’ont pas seulement fait le président, ils ont pris le pouvoir. L’Amérique est entrée dans la démocratie de la censure. Il faut, de Twitter er à CNN en passant par Face Book, faire taire ceux qui ne pensent pas comme les gourous médiatiques du cosmopolitisme. C’était déjà vrai pendant la présidence de Trump et pas seulement outre Atlantique, mais c’est confirmé par une intervention directe, en plein dépouillement des votes.

Le pire, c’est que tout ça est bien sûr présenté comme une victoire de la démocratie, cette démocratie américaine qui a flétri la Chine, l’Iran ou la Russie pas assez démocratiques à ses yeux. Les Américains donnent, comme les Français, des leçons permanentes de démocratie élective. On comprend que cela fasse encore plus sourire qu’hier à Moscou ou à Pékin. Mais l’Europe est retombée en admiration devant le modèle américain. On voit déjà que le modèle, d’ailleurs, ce n’est pas Biden, le très vieux mâle blanc, mais la vice-présidente Kamala Harris, métisse de noir et d’indien de l’Inde et mariée à un israélite. Certains la voient première femme noire — mais, curieusement, jamais indienne — décrochant la présidence américaine. Le rêve absolu : un Obama en jupons aimant les transgenres. Déjà nos journalistes, incapables de retenue et d’esprit critique, dégoulinants de satisfaction partisane, envisagent le meilleur scénario : Biden éliminé car trop fatigué, mort peut être, et Kamala calife à la place du calife.

Pierre Boisguilbert

Texte repris du site Polémia

Islamisme. Pour sauver la France, la nécessité d’une législation d’exception

Petit à petit, l’idée fait son chemin. On parle trop de république face à l’islamisation et pas assez de la France. La république, c’est bien sûr la France, mais ce n’en est qu’une composante, au même titre que la monarchie et le christianisme qui l’ont précédée dans l’histoire, sans oublier les racines gréco-romaines. Les islamistes radicaux ne sont pas des séparatistes, ils veulent transformer notre patrie historique en terre musulmane. La laïcité est pour eux un point de détail de l’identité française. C’est cette identité leur véritable ennemie.

Un État de droit qui ne protège rien

La question qui se pose est donc simple : notre république, dans son état de droit actuel, peut elle protéger la France ? On peut en douter.

Le discours politique du pouvoir se veut ferme, il y a eu un tournant.
Mais on le voit, les idiots utiles du « pas d’amalgame » pour culpabiliser ceux qui réagissent n’ont pas renoncé.
Plus l’émotion va retomber, plus la culture de la compromission reviendra en force. Elle va s’appuyer sur la lecture par la justice de notre état de droit. Les mosquées fermées seront rouvertes et les expulsions vont se perdre dans les méandres du pointillisme administratif. Si on veut protéger la France en sauvant les valeurs républicaines, il va falloir changer notre état de droit. Il est devenu indispensable d’encadrer une justice qui a toujours le dernier mot face aux politiques. Notre république des juges doit redevenir une république de la nation française.

Législation d’exception

Cela passe par une législation d’exception durcissant notre état de droit en supprimant les échappatoires juridiques pour nos ennemis. Cette législation devrait être approuvée par référendum.
En République, c’est le peuple français qui doit avoir le dernier mot. C’est sa vie et son avenir historique qui sont en jeu, cela vaut bien un référendum pour donner à l’État les moyens de lutter contre les criminels de l’intérieur — à la condition expresse évidemment de ne pas profiter de ces lois coercitives et ciblées pour lancer une chasse aux sorcières contre les mal-pensants déplaisant au Nouvel Ordre mondial, à l’Empire arc-en-ciel comme dirait Martin Peltier.
Il faut isoler les djihadistes et autres salafistes présents sur notre sol du reste du pays, empêcher les autres d’accéder au territoire national et décourager les complicités idéologiques de toutes natures. Jean Michel Blanquer a désigné d’une façon pour une fois claire l’islamogauchisme qui imprègne une certaine ultra gauche et l’écologie politique. Pour lui, il existe aujourd’hui en France une forme de « complicité intellectuelle du terrorisme ». « Notre société a été beaucoup trop perméable à des courants de pensées, à des acteurs », a déploré le ministre de l’Éducation nationale le 22 octobre sur Europe 1. Il a notamment cité l’UNEF. Le syndicat étudiant a, selon lui, « cédé à ce type de choses ». Il a également pointé du doigt la responsabilité de La France Insoumise. « Vous avez dans leurs rangs des gens qui sont tout simplement de ce courant-là, et qui s’affichent comme tels », a-t-il dénoncé, ciblant le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Mi-octobre à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin en avait déjà fait le reproche à LFI. « Je ne m’explique pas qu’un parti comme le vôtre, qui a dénoncé pendant longtemps l’opium du peuple, soit désormais lié avec un islamogauchisme qui détruit la République », avait-il déclaré. Pour Jean-Michel Blanquer, cette mouvance « favorise une idéologie qui ensuite, de loin en loin, mène évidemment au pire ». Il reconnait que l’islamisation de l’école est une réalité : « C’est un phénomène de société. » On est loin de comportements marginaux, dont acte.

Les terroristes se moquent de la laïcité

Mais gare au referendum de l’inutile pour enfoncer des portes ouvertes ! Des responsables de droite réclament de changer la loi fondamentale. Eric Ciotti veut par référendum « mettre au cœur de notre République une laïcité exigeante », le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand (ex-LR) souhaite aussi consulter les Français afin de « consacrer le principe de laïcité au même niveau que l’égalité, la liberté, la fraternité ». Les sénateurs socialistes jugent que « nul besoin de modifier la Constitution pour y inscrire ce qu’elle dit déjà, c’est-à-dire que les lois de la République s’appliquent à tous ». Le gouvernement planche lui-même sur un projet de loi contre les séparatismes, qui doit être présenté le 9 décembre en Conseil des ministres et pourrait être renforcé après la décapitation de l’enseignant Samuel Paty.

Les terroristes au nom d’Allah se moquent de la laïcité et des lois de la république. Cela ne les concerne pas. Il faut donc des lois qui les désignent, les concernent et en fasse les cibles claires d’une répression aussi impitoyable que légale.

Réaffirmer la laïcité ne suffit plus : il faut changer l’état de droit, même provisoirement, de la république pour protéger ce qui fait « France ».

Pierre Boisguilbert

Texte repris du site Polémia