La Slovénie autorise le mariage homosexuel contre la volonté populaire

Slovénie

La Slovénie vient de légaliser le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels. « Une nouvelle fois, la petite Slovénie fait preuve d’un progressisme rare au sein des « ex-pays de l’Est » », écrit Le Monde, apparemment admiratif. Les mouvements LGBT locaux saluent « une victoire complète », obtenue « après de longs efforts de la société civile ». Mais ne peut-on pas y voir, plutôt, une défaite de la démocratie ? En effet, les citoyens slovènes avaient rejeté par trois référendums le mariage homosexuel. La souveraineté du peuple, dans une démocratie, ne serait-elle qu’une illusion ?

C’est la Cour constitutionnelle qui, le 8 juillet 2022, a pris cette décision historique, estimant que l’interdiction de se marier et d’adopter faite aux couples homosexuels constituait « une discrimination inadmissible à l’encontre des couples de même sexe ». Elle a donné six mois au Parlement slovène pour s’y conformer. On peut voir dans cette injonction une nouvelle illustration du « gouvernement des juges » que critiquait Éric Zemmour, lors de la campagne présidentielle. Alors que le peuple est censé faire la loi, directement ou par l’intermédiaire de ses représentants, y aurait-il une instance supérieure qui définirait les « droits fondamentaux » ?

Certes, il peut paraître de prime abord rassurant que les « droits fondamentaux » soient protégés : mais quels sont ces droits ? La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, à laquelle fait référence le préambule de la Constitution française, est elle-même soumise à des interprétations qui la relativisent. Ainsi, les libertés d’opinion et d’expression subissent des restrictions. Et qui peut affirmer que l’admission des citoyens aux « places et emplois publics » se fonde toujours sur leur « capacité » et « sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents » ? La « discrimination positive » et le « copinage » tendent à remplacer ces critères. Il peut même arriver que le droit de tous les citoyens de « concourir personnellement, ou par leurs représentants » à l’expression de la « volonté générale » soit bafoué. On se souvient comment, en France, au mépris de la volonté populaire, le résultat du référendum du 29 mai 2005 fut jeté aux oubliettes par le gouvernement de l’époque. Voyez, aujourd’hui, comment les macronistes se plaignent de n’avoir à l’Assemblée nationale qu’une majorité relative, ce qui les empêche, comme le disait Marisol Touraine au Président réélu, d’avoir « les mains libres » et de pouvoir « faire tout ce [qu’il veut] ». C’est à croire que la démocratie se moque de la démocratie !

Dans le domaine sociétal comme dans le domaine éthique, on ne peut mettre en avant des certitudes incontestables. Quand on on envisage d’inscrire le droit à l’avortement dans la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ou que la majorité et la gauche préconisent de l’inscrire dans la Constitution pour le sacraliser, on se demande jusqu’où pourrait aller ce dogmatisme idéologique. Simone Veil avait pourtant déclaré que « l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour les situations sans issue » : on mesure à quel point sa loi a été dénaturée. Non seulement on ne prend pas des mesures pour limiter les IVG, mais on va jusqu’à s’attaquer aux associations qui proposent des solutions pour accompagner les femmes en détresse.

Le concept d’État de droit s’oppose théoriquement à la notion de pouvoir arbitraire, mais il est progressivement dévoyé au point qu’il dénature la démocratie qu’il est censé défendre. Quand les dirigeants d’un pays font fi de la souveraineté du peuple, ils nient l’essence même de la démocratie.

Philippe Kerlouan

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Mi-Ganelon mi-Tartuffe, Gérald Darmanin reste égal à lui-même

Darmanin

Ne trouvez-vous pas que le surnom de Ganelon irait comme un gant à Gérald Darmanin ? N’est-il pas l’archétype du félon ? En tout cas, son parcours politique témoigne de sa capacité à retourner sa veste en fonction de ses intérêts. Mais sa personnalité est si variée qu’on ne peut l’associer à un seul personnage littéraire. Les élections législatives n’ayant pas donné le résultat espéré par la majorité présidentielle, le voilà contraint d’en tirer les leçons et, par la même occasion, de faire la leçon à la Macronie. Ses propos de circonstance ne peuvent convaincre que ses fans, les autres y verront une marque d’hypocrisie.

Dans un entretien au journal Le Monde, Gérald Darmanin estime que les macronistes doivent « corriger » certains « comportements ». Certes, ils incarneraient le camp de la « raison » et de la « technique », ce qui laisse entendre que les autres courants politiques sont incapables de proposer des mesures rationnelles et efficaces, mais cela ne suffit pas : « Nous devons parler aux tripes des Français », ajoute-t-il, précisant son propos : « N’être que dans l’émotion, c’est démagogique. Mais n’être que dans la rationalité, c’est parfois être éloigné de ce qui fait le principal de la politique, c’est-à-dire les gens. »

Pour être proche des « gens », il faut « plus de bistrots, moins de visio ». Les Français « ont réélu le président de la République et ils ont voulu une Assemblée nationale qui le soutienne, mais avec la culture du compromis ». Il faut donc discuter avec les oppositions, « montrer à l’opinion que le gouvernement a entendu avec humilité le résultat des urnes ». Pas question, cependant, de « faire des alliances avec le RN et LFI », qui « divisent et exploitent les peurs ». Il choisit son opposition : « Nous devons trouver un compromis avec les partis de gouvernement. » Seuls sont fréquentables les partis, ou ce qu’il en reste, dont les troupes se sont déjà largement ralliées à Macron. Autant dire que les compromis, s’il y en a, seront réduits à la portion congrue.

Ces propos révèlent, s’il en était besoin, que Darmanin pratique la direction d’intention chère aux casuistes et que cette contrition est bien hypocrite. Il n’est aucunement question de changer de cap, mais simplement de donner le change. On exhibe sa volonté de dialogue, mais on se fiche éperdument, dans les sphères du pouvoir, de ce que pensent la majorité des Français. On en devine les objectifs : si jamais il y a blocage, ce ne sera pas la faute du gouvernement, mais celle de ses opposants qui ont refusé la main si généreusement tendue.

Notre jeune ministre de l’Intérieur est content de lui. Après le fiasco du Stade de France, il minimise ses erreurs. « On a loupé quelque chose, c’est évident », reconnaît-il, mais il en a aussitôt tiré les conséquences en triplant « les effectifs des BAC et de sécurité publique, à Saint-Denis, lors de grands événements ». Il montre ses muscles en déclarant vouloir « permettre l’expulsion de tout étranger reconnu coupable d’un acte grave par la justice, quelle que soit sa condition de présence sur le territoire national », n’expliquant pas pourquoi rien n’a été fait dans ce sens pendant le mandat précédent.

Gérald Darmanin se dit résolu à accomplir son devoir. On pressent qu’il ne refuserait pas de prendre la place d’Élisabeth Borne, si jamais le gouvernement devait être plus largement remanié. Il jure ses grands dieux qu’il ne songe pas à se positionner pour prendre, en 2027, la succession de Macron. Ce Ganelon de la politique, mêlé de Tartuffe et de Matamore, a déjà l’arrogance et le cynisme de son maître : sans doute n’hésiterait-il pas à le trahir, si d’aventure le vent tournait.

Philippe Kerlouan

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Guerre en Ukraine : il y a donc réfugiés et réfugiés, reconnaît Christophe Barbier

Christophe Barbier

Il est encore trop tôt pour analyser, avec discernement et sans céder à l’émotion, toutes les causes de l’invasion des troupes russes en Ukraine. Il est non moins difficile d’en prévoir tous les effets. On peut cependant assurer que la crise ukrainienne aura sur la France deux conséquences prochaines. Sur le plan politique, elle va dénaturer la campagne électorale, qui fera l’impasse sur le bilan du Président sortant. Sur le plan migratoire, on peut présumer que la France accueillera bientôt des réfugiés ukrainiens.

Emmanuel Macron a déclaré que « la France, comme tous les autres pays européens, prendra sa part pour assister la population ukrainienne, mais aussi pour accueillir des réfugiés venus de ce pays ». Marine Le Pen a de son côté assuré, sur BFM TV, qu’il fallait, « bien sûr, accueillir les réfugiés qui fuient l’Ukraine », ajoutant qu’« on est là au cœur de la Convention de Genève ». Le journal Libération a sauté sur l’occasion pour souligner, comme pour la prendre en défaut, les contradictions de la candidate d’un parti qui avait, en août dernier, lancé une pétition pour dire « non à l’accueil massif de réfugiés afghans ». Il fait semblant de ne pas comprendre.

Christophe Barbier, dans sa chronique matinale sur BFM TV, a involontairement pris la défense de Marine Le Pen, qui pourrait reprendre mot pour mot son argumentation. Évoquant l’éventualité d’une arrivée importante en France de réfugiés ukrainiens, il a rappelé qu’ils étaient des « Européens de culture », une population « très proche, très voisine », que « cette situation ne va pas s’éterniser durant des années » et que la plupart d’entre eux retourneraient dans leur patrie à la fin des hostilités. Des paroles de bon sens qui, dans la bouche de Marine Le Pen ou d’Éric Zemmour, seraient considérées comme discriminatoires.

Il faut pourtant se rendre à cette évidence : entre les réfugiés afghans ou, plus généralement, les réfugiés de culture musulmane et les réfugiés ukrainiens, il y a une différence de nature. L’Ukraine est un pays très majoritairement chrétien, de tradition orthodoxe, bien éloigné de l’islam. Elle est proche de nous par sa civilisation et sa culture. Tout laisse à penser que les réfugiés ukrainiens d’aujourd’hui, comme ceux d’hier, contrairement à une partie des immigrés issus de pays islamiques, n’exporteront pas une culture étrangère, voire hostile à la nôtre, et ne poseront aucun problème d’intégration ni d’assimilation.

Cette différence essentielle ne semble guère être comprise par des esprits qui, au nom d’un universalisme perverti, refusent de prendre en compte les différences civilisationnelles qui peuvent nuire à la cohésion sociale et à l’unité d’un pays, quand elles ne tendent pas à s’imposer. Il existe, chez ces apôtres de la bien-pensance, qui sont aussi les chantres de la pensée unique, une préférence irraisonnable pour tout ce qui est le plus étranger à notre culture. On l’a vu avec les chrétiens d’Orient, dont les persécutions semblent les laisser indifférents alors qu’ils ouvrent facilement les bras à la religion qui les persécute.

Certains peuples s’assimilent en France mieux que d’autres. Le reconnaître n’est pas une marque de discrimination mais de discernement. Le mot de Saint-Exupéry, « Celui qui diffère de moi, loin de me léser, m’enrichit », ne peut s’appliquer pleinement qu’entre peuples de cultures voisines, qui s’enrichissent mutuellement de leurs particularités. Nier cette évidence, c’est faire preuve d’un aveuglement coupable ou prendre un malin plaisir à voir progressivement s’éteindre notre civilisation.

Philippe Kerlouan

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Baisse des expulsions, accélération de l’immigration : que fait Macron ?

macron pass sanitaire

Moins de liberté pour les Français, plus de liberté pour les immigrés clandestins : telle semble être la devise d’Emmanuel Macron. La crise sanitaire a des conséquences paradoxales : des mesures de plus en plus contraignantes à l’égard de nos compatriotes, mais une indulgence coupable à l’égard des étrangers en situation irrégulière.

Le Figaro, s’appuyant sur un rapport de la CIMADE et d’autres associations d’aide aux migrants, souligne que, durant cette année de Covid, les placement en rétention d’illégaux en vue de les renvoyer dans leur pays d’origine ont été divisés par deux.

Au mois de juin, Macron a bien demandé aux ministres concernés « d’activer de manière volontariste les dispositifs en vigueur » pour les expulsions, laissant, selon son habitude, retomber sur ses subalternes la responsabilité des défaillances de sa politique ; mais force est de constater, selon les chiffres de la CIMADE, que, pour l’année 2020, sur la seule Métropole, les enfermements sont passés de 24.149 à 13.011 (-46 %). Comme le rapporte Le Figaro, « jamais il n’y a eu autant d’illégaux en France et jamais les expulsions n’ont été aussi faibless ».

L’opposition LR, qui fait, un peu tardivement, de l’immigration son cheval de bataille, s’inquiète et redoute qu’après ce ralentissement des expulsions, la machine ne reste grippée – à supposer que le gouvernement veuille vraiment la relancer. La droite, qui a longtemps été au pouvoir sans agir efficacement, n’est sans doute pas la mieux placée pour tirer la sonnette d’alarme, mais la situation qu’elle dénonce, à la suite du Rassemblement national et de quelques personnalités lucides, n’en est pas moins réelle.

Un paradoxe manifeste entre discours et passage à l’acte

Guillaume Larrivé, député de l’Yonne, estime le nombre de clandestins à « plus d’un demi-million ». Il rappelle que « les procédures d’éloignement ne sont toujours pas à la hauteur de l’explosion de l’immigration illégale ». Brice Hortefeux, ministre de l’Immigration sous le mandat de Nicolas Sarkozy, va encore plus loin. Il estime que « ces chiffres de la rétention sont en trompe-l’œil et ne doivent pas masquer une réalité : le ralentissement du Covid entraînera l’accélération des migrations ». L’habitude devenant une seconde nature, le laxisme produira un appel d’air pour la venue de nouveaux clandestins.

Selon François-Noël Buffet, président de la commission des lois du Sénat, « le problème reste la très grande faiblesse des réadmissions et donc de l’accord des pays d’origine pour accueillir leurs ressortissants ». Il avait proposé de conditionner l’octroi de visas par la France à l’obtention de laissez-passer consulaires et d’inscrire cette disposition dans la loi, mais le gouvernement s’y est opposé. Comme le conclut l’article du Figaro dans un euphémisme, il y a un « hiatus » entre « la fermeté affichée par les autorités et la réalité de la politique migratoire française ».

Cette politique migratoire est à l’image du chef de l’État : quand un sujet le gêne, il est apparemment ferme dans ses déclarations, mais fluctuant, tiède, voire pleutre dans ses actes. Il n’a pas la volonté de s’attaquer à ce problème, qui contrevient à sa vision multiculturaliste du monde. Il considère la France comme un simple espace économique, ne croit ni à sa culture ni à ses racines judéo-chrétiennes. Il n’a cure de l’identité de la France, de sa survie même, si ce n’est en période électorale. L’immigration n’est pour Macron un problème que si elle peut nuire à sa réélection.

Philippe Kerlouan

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Immigration : l’Europe s’apprête à verser 3 milliards d’euros à la Turquie

Erdoğan peut se frotter les mains : à l’occasion du sommet qui débute ce jeudi, à Bruxelles, l’Union européenne s’apprête à renouveler avec la Turquie l’accord migratoire de 2016 et à débourser des fonds considérables.
Pas moins de trois milliards d’euros entre 2022 et 2024, qui viendront s’ajouter aux 535 millions déjà octroyés en 2021. Théoriquement, pour que des ONG prennent en charge les réfugiés à l’intérieur de ses frontières. Si l’on en croit Le Figaro du 24 juin, le vice-président de la Commission chargé des questions migratoires a toutefois admis qu’« une partie de cet argent pourrait aussi aller à l’État turc ».

L’Union européenne se veut rassurante : les États membres ne devront pas mettre la main au portefeuille, puisque la Commission est suffisamment riche en début de mandat. Il faut dire que certains Parlements auraient pu faire des difficultés pour débloquer des fonds supplémentaires. Les instances européennes, une fois de plus, trouvent tout naturel de prendre des décisions sans consulter les peuples ni leurs représentants et de tout décider entre chefs d’État ou dans une Commission non élue. Sans compter que les réserves dans lesquelles on va puiser proviennent de la poche des contribuables.

On a ainsi trouvé le moyen de passer outre l’opposition éventuelle de pays qui verraient ce financement d’un mauvais œil. Cette manœuvre dissimule, au demeurant, des arrière-pensées électorales. L’Allemagne s’inquiète qu’on ne donne pas cette garantie aux Turcs : Angela Merkel ne veut pas déplaire à la nombreuse communauté issue de Turquie et ne souhaite pas voir renaître le problème turc avant les élections de septembre. Quant à Macron, à l’approche de 2022, il n’a pas envie de susciter une polémique supplémentaire. Un diplomate a confié au Figaro cette réflexion cynique : « On fait miroiter à la Turquie un montant qui sera débloqué plus tard, elle garde les frontières fermées et les leaders peuvent souffler pendant l’été. »

En faisant un pas vers Ankara, l’Union européenne prétend apprivoiser Erdoğan, tout en restant sur ses gardes. Elle espère qu’il lui rendra la pareille et fera des efforts sur la question de Chypre et du respect des droits de l’homme. Qui sait ? La Turquie acceptera peut-être même de « contribuer positivement au règlement des crises régionales » en Irak, Libye, Syrie, Azerbaïdjan et au Haut-Karabakh. On peut toujours rêver. À croire que l’Union européenne vit dans le monde des Bisounours. Faut-il être naïf… ou irresponsable ! Dire que certains rêvent encore de voir la Turquie entrer dans l’Union européenne…

Erdoğan, contrairement à plusieurs dirigeants européens (Macron en tête), n’a pas mis au rebut la souveraineté de son pays et recherche, avant tout, ce qu’il estime être l’intérêt de son pays. Il sait adoucir ses positions ou les durcir en fonction des circonstances et de ses intérêts, de ce qui lui est utile ou néfaste. Pour l’heure, il prend un visage accommodant, il a même renoncé à exercer son chantage sur l’immigration. Mais il est à parier, lorsque l’Europe sera endormie et aura baissé la garde, qu’il se montrera de nouveau menaçant. Les dirigeants européens devraient relire La Fontaine et se méfier de Raminagrobis.

Philippe Kerlouan

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Un ministre algérien traite la France d’« ennemi traditionnel » : Macron ne bronche pas

Algérie

Tandis qu’Emmanuel Macron fait copaincopain avec son homologue Abdelmadjid Tebboune, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale algérien, El Hachemi Djaâboub, a qualifié la France d’« ennemi traditionnel et éternel ». Cette gentillesse, envoyée alors que Jean Castex et trois autres ministres devaient se rendre en Algérie dimanche, a, sans doute, influé sur la décision d’annuler cette visite. Mais elle traduit aussi le double jeu des dirigeants algériens, qui présentent la France comme un repoussoir pour occulter leurs carences dans la gestion de leur pays.

Matignon annonce, dans un communiqué, que cette rencontre, programmée pour soutenir la coopération bilatérale, est « reportée à une date ultérieure ». Non pour protester contre le propos du ministre algérien mais, selon le communiqué officiel, pour tenir compte du « contexte sanitaire » et d’un commun accord. Des médias algériens, comme la chaîne privée Ennabar, semblent plus proches de la vérité quand il précisent que « la visite a été reportée à la demande de la partie algérienne, en raison de ses réserves sur la délégation qui ne correspond pas à l’importance de l’événement ».

Si l’on comprend bien, ce ne serait pas l’Algérie qui aurait offensé la France mais la France qui aurait offensé l’Algérie. Certes, le nombre de ministres français, initialement fixé à huit, s’est progressivement rétréci comme peau de chagrin : finalement, seuls Le Drian et Le Maire devaient accompagner le Premier ministre. Les dirigeants algériens sont peut-être susceptibles, mais ils usent de cette susceptibilité pour exiger toujours davantage.

Pourtant, Macron en tête, nos dirigeants ont déjà donné beaucoup de gages pour tenter d’obtenir les bonnes grâces de l’Algérie : qualifier la colonisation de « crime contre l’humanité » constitue le summum de l’indécence, mais on pourrait y ajouter les hommages rendus à des complices du FLN, l’opprobre lancé contre l’armée française ou encore le rapport de Benjamin Stora, se comportant plus en militant qu’en historien, qui fait la part belle à l’Algérie.

Ils continuent de croire que la repentance est une vertu alors qu’elle incite l’Algérie à redoubler ses exigences. Leur pusillanimité devant cette affront est une nouvelle forme de renoncement. Sans compter que la victimisation alimente la haine d’une partie de la population d’origine immigrée qui y voit une bonne raison de ne pas s’intégrer et de rejeter toute assimilation. On lui a mis dans l’esprit qu’elle avait été exploitée par les colonisateurs : c’est à son tour de les coloniser.

Sans doute existe-t-il, parmi les dirigeants algériens, des personnes prêtes à coopérer avec la France, de manière constructive et dans l’intérêt des deux pays. Mais la plupart d’entre eux ne pensent qu’à conserver le pouvoir tout en tirant, sans contreparties, le maximum de profit de la France. Il est temps que le gouvernement soutienne, s’il y en a, les partisans d’une coopération sincère et rompe avec la mauvaise habitude de se soumettre.

La France a apporté à l’Algérie un développement économique et social qu’elle n’aurait sans doute jamais connu sans elle et que ses dirigeants ont dilapidé. C’est peut-être cette vérité que le gouvernement algérien a le plus de mal à digérer. Mais le plus coupable, c’est Macron, parce qu’il la méconnaît et, ce faisant, trahit l’Histoire de la France.

Philippe Kerlouan

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Assassinat d’un professeur : l’impuissance de nos dirigeants face à l’islamisme

L’assassinat barbare d’un professeur d’histoire, coupable d’avoir voulu expliquer à ses élèves l’importance de la liberté d’expression, est l’aboutissement extrême des menaces et des pressions régulièrement exercées dans les établissements scolaires par des familles qui font passer la loi de leur religion avant la loi de la nation.
Il est aussi la conséquence d’un laxisme trop fréquent, qui refuse de reconnaître la réalité : la volonté des islamistes d’imposer progressivement leurs conceptions politico-religieuses, incompatibles avec les valeurs de notre culture.

Faut-il rappeler que l’objectif de l’école est théoriquement d’instruire les élèves, en leur transmettant des savoirs objectifs et rationnels ? De leur apprendre à acquérir un jugement critique et à construire leur liberté de pensée ? Force est de constater que des professeurs de toutes disciplines subissent les pressions d’une minorité pour les faire renoncer à aborder des périodes de l’Histoire, des écrivains, des théories scientifiques, ou à effectuer avec tous les élèves certaines activités. Les enseignants seront-ils contraints, pour ne pas se mettre en danger, de céder au chantage exercé contre eux ou de s’autocensurer pour éviter des représailles, qui peuvent aller jusqu’à la décapitation ? Ce serait faire le jeu des ennemis de la France et renoncer à leur mission.

Force est de déplorer que les autorités publiques ne donnent pas toujours l’exemple de la fermeté devant ces comportements intolérables, que les professeurs de bonne volonté ne sont pas suffisamment soutenus par leur hiérarchie, plus soucieuse de donner l’illusion de la sérénité dans les établissements scolaires que de lutter contre ces dérives. Sans compter la crainte de se faire accuser de pratiquer des amalgames ou, pire, la complaisance idéologique pour l’islamo-gauchisme. Nos gouvernants vont défendre en paroles la liberté d’expression, décréter un hommage national, mais les actes suivront-ils ? S’ils agissent, seront-ils sans arrière-pensées, tant ils sont imprégnés de la pensée unique et du politiquement correct ?

Le gouvernement, à commencer par le président de la République et le ministre de l’Éducation nationale, devraient prendre des mesures efficaces pour combattre ces intrusions de l’islamisme. Malheureusement, si l’on ne peut douter de la sincérité de Jean-Michel Blanquer, qui a toujours montré son attachement au respect de la laïcité, les hésitations constantes d’Emmanuel Macron à nommer les choses, son opportunisme, l’influence de la gauche de sa majorité qui récuse la lucidité de ceux qui soulignent, depuis des années, l’impérialisme de l’islamisme, laissent le champ libre aux ennemis de la France.

Après un faux-semblant d’union nationale, les démons de l’angélisme ou de la connivence se réveilleront pour accuser les dénonciateurs de l’islamisme d’attiser les haines. On fermera les yeux sur l’entreprise conquérante d’une religion qui n’a jamais admis l’apostasie. On trouvera aux pires criminels des excuses économiques et sociales, on cédera encore du terrain. L’esprit munichois de capitulation n’a pas fini d’exercer ses ravages si nos dirigeants restent aveugles et ne prennent pas ce problème à bras-le-corps. Mais que peut-on attendre du pouvoir actuel ? Est-il capable d’audace et de pugnacité pour s’opposer à l’islamisme ?

Sans une prise de conscience salutaire, sans un sursaut de la nation, le roman de Michel Houellebecq, Soumission, risque fort de devenir bientôt l’avenir de la France. « Ils ne passeront pas », a promis Emmanuel Macron. Hélas, ils sont déjà passés !

Philippe Kerlouan

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Lampedusa saturée de migrants : son maire en appelle à la grève générale !

Le centre d’accueil d’urgence de Lampedusa, qui abrite déjà 1.160 migrants, a atteint son seuil de saturation. Dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 août, près de 370 nouveaux migrants ont débarqué sur l’île, auxquels il faut ajouter une cinquantaine de personnes, principalement des femmes et des enfants, secourus en Méditerranée par le navire Louise-Michel. Le maire de Lampedusa, Totò Martello, n’en peut plus : pour faire réagir le gouvernement italien, il vient d’en appeler à la grève générale.

L’édile de cette petite île, située à 200 kilomètres au sud de la Sicile, constate que le gouvernement central garde le silence, comme s’il oubliait que Lampedusa fait partie du territoire italien. Il réclame une politique de transfert des migrants vers d’autres territoires de la péninsule et l’établissement de blocus maritimes. Le président de la région avait déjà – vainement – tiré le signal d’alarme en publiant une ordonnance de transfert des migrants de ses centres d’accueil ; il dénonçait, notamment, des conditions d’hygiène intolérables avec l’épidémie de Covid-19. Les migrants continuent donc d’affluer, avec la complicité des passeurs.

Totò Martello s’étonne qu’un vieux bateau de pêche, transportant près de 370 migrants, ait pu débarquer sans encombres ses passagers : « Si un bateau de pêche de cette taille avec des centaines de personnes arrive ici et que personne ne le remarque, cela signifie qu’il n’y a pas de contrôles en Méditerranée. Mais que font les navires militaires ? » interroge-t-il. Le gouvernement aurait-il peur de faire preuve de fermeté, comme avait tenté de le faire Matteo Salvini ? Il faut dire qu’on est sensible, en Italie comme en France, au chantage idéologique qui vous fait passer pour un facho dès que vous mettez en cause l’arrivée massive de migrants.

Outre les partisans d’un accueil sans limites, au nom de principes humanitaires dévoyés, il y a ceux qui souhaiteraient que les migrants soient plus équitablement répartis dans l’Union européenne. Mais, dans les deux cas, ils n’apportent pas de solution au problème de l’immigration qu’ils contribuent, par leur passivité ou leur connivence, à encourager. Tout comme le politiquement correct a tendance, en matière de délinquance, à se soucier plus de leurs auteurs que de leurs victimes, ces généreux bien-pensants se soucient plus des immigrés que des populations qui subissent les conséquences de leur afflux.

Qui ne voit qu’exception faite des véritables réfugiés politiques – qui sont loin d’être les plus nombreux –, la majorité des migrants sont des migrants économiques qui croient trouver en Europe de meilleures conditions de vie ? Qui ne voit qu’on ne peut offrir du travail – généralement peu rémunéré – qu’à une minorité de ces étrangers, que les autres sont laissés à eux-mêmes ou reçoivent des allocations qui coûtent cher au budget des États ? Sans compter que beaucoup gardent leur culture et sont rebelles à toute intégration.

La seule attitude digne de l’Europe consisterait en une politique volontariste de maîtrise des flux migratoires : en apportant une aide économique contrôlée aux pays qui en ont besoin, en luttant efficacement contre les passeurs et tous ceux qui trouvent de bonnes raisons d’alimenter l’immigration. Apparemment, sauf quelques rares exceptions, elle n’en prend pas le chemin, à commencer par la France. Par irresponsabilité ou pour se donner bonne conscience, par lâcheté ou par intérêt, nos dirigeants laissent faire. Mais croient-ils seulement à la France ? Dans ces conditions, l’appel du maire de Lampedusa, tout symbolique qu’il est, est un coup de semonce qu’il serait bon d’entendre.

Philippe Kerlouan

Tribune reprise de Boulevard Voltaire