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Salah Abdeslam : un état de droit qui se ridiculise ?, par Philippe Bilger

En suivant les débuts du procès correctionnel de Salah Abdeslam (SA) à Bruxelles, je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir une pensée malsaine et de formuler une indécente interrogation.

Et si l’état de droit dans sa pureté, et à l’égard de certains, n’était pas une magnifique absurdité ?

SA comparaît pour une tentative de meurtre dans un contexte terroriste et possession d’armes à feu le 15 mars 2016 à Forest. Il sera arrêté le 18 mars à Molenbeek après une fuite de quatre mois (Le Figaro).

Aussi bien à Paris qu’en Belgique, depuis, il se tait et refuse de répondre aux questions. C’est son droit.

Il va d’autant plus en user que cela compensera, pour lui, le fait que par défaillance technique de son arme il n’a pu participer à l’ignoble tuerie parisienne. Il faut qu’il se rachète !

L’énorme appareil aussi bien pénitentiaire que pour ses transferts et sa comparution qui a dû être mis en place, par crainte qu’il échappe à la Justice et prive tous ceux qui attendent son procès bruxellois avant celui de Paris (courant 2019) pour les attentats du mois de novembre 2015, fait de lui paradoxalement le détenu le plus surveillé de France mais aussi le plus protégé.

On a déjà le sentiment d’un trop-plein, d’une surabondance de moyens et de précautions. Quelle importance cela lui donne ! La frénésie médiatique sur lui, quelle sombre satisfaction !

On est haletant dans l’attente de ses premiers mots alors qu’à l’évidence il va poursuivre dans ce mutisme qui le place en position de force et ceux qui le jugent, en situation de totale infériorité. Il va persévérer dans une attitude qui lui permet de gouverner et qui fait de l’ensemble de l’univers judiciaire ses obligés. Après avoir tout de même prévenu que son silence ne le rend pas coupable et s’en être remis à Allah !

Avec quelle délicatesse on tente de le faire parler mais on n’a eu droit qu’à cette profession de foi et à cette observation tactique !

Je ne doute pas qu’on va exceller avec une démarche processuelle toute de qualité, d’urbanité et de patience et que lui-même, en son for intérieur, se félicitera d’un état de droit si généreusement octroyé, avec des garanties qui le dorlotent sans qu’il les ait véritablement demandées. Comme s’il était un prévenu lambda. Sincèrement désireux de ne pas retomber dans l’horreur terroriste. Accordé aujourd’hui avec nos principes démocratiques.

Alors qu’il est demeuré le même et que sa haine est entière face à notre tendresse démocratique unilatérale.

On va rétorquer que le respect absolu de l’état de droit est une leçon qu’on va lui donner. Je n’y crois pas une seconde. C’est seulement une bonne conscience pour ceux qui vont être appelés à statuer sur des crimes au plus haut de la gravité.

Est-on assez naïf pour prêter à SA des sentiments admiratifs face à notre masochisme républicain qui s’acharne à lui prodiguer des grâces quand lui probablement, si un cataclysme se produisait, n’aurait pour seule obsession que de reprendre les armes contre nous ?

L’état de droit est une ascèse, un tour de force, un miracle dans de telles circonstances.

Je le répète : une absurdité magnifique.

L’humanisme même le plus combatif n’a pas d’autre choix. Mais, par pitié, qu’on cesse de se vanter comme d’une force de ce qui révèle de notre part, pour SA, une profonde faiblesse.

A ses yeux on se ridiculise. Peut-on une bonne fois pour toutes décider si c’est vraiment notre honneur ?

Philippe Bilger

Texte repris du site Philippebilger.com

Les mots sont en résidence surveillée !, par Philippe Bilger

Les tabous se sont multipliés : la religion, le handicap, le combat féministe, l’identité sexuelle…

Le rire est prié de montrer patte blanche, de payer sa dîme au conjoncturellement et intermittent correct.

Tex, l’animateur de France 2, est limogé sur une blague douteuse, pas spécialement drôle mais concernant les femmes, sujet brûlant s’il en est un aujourd’hui, et il est pathétique d’entendre les piètres justifications par lesquelles on tente de valider ce coup de force.

JoeyStarr, dans l’émission de Laurent Ruquier, à sa manière singulière, pour traiter affectueusement un ami, le traite sans méchanceté de « tarlouze » et un signalement est fait au CSA par une association qui se sent blessée au nom des homosexuels.

C’est ridicule, mais c’est en France.

On éprouve un véritable saisissement quand on compare aujourd’hui, avec l’effrayante judiciarisation de la pensée et les censures éthiques et médiatiques qui prospèrent, avec hier et la liberté incroyable et heureuse dont jouissaient les humoristes.

Que ce soit par exemple Coluche plaisantant sur scène en 1979 sur le viol, ou Desproges sur scène en 1986 osant « Quand on me dit que si les Juifs allaient en si grand nombre à Auschwitz, c’est parce que c’était gratuit, je pouffe », ils auraient été, dans notre climat pudibond, poursuivis et condamnés, quelle qu’ait été, pour l’un comme pour l’autre, leur absence profonde de malignité.

Et il ne fait aucun doute que si le ministère public avait su faire preuve de retenue, une association avec volupté aurait pris la relève.

Les tabous se sont multipliés : la religion, le handicap, le combat féministe, l’identité sexuelle…

Pourquoi une telle dérive, une telle dégradation, une régression aussi considérable ?

Il me semble, d’abord, que des Conseils, des structures, des fonctions sont créés pour faire « bien » dans le paysage démocratique et qu’ensuite, on se demande pourquoi. Comme il convient de donner au moins l’illusion de leur utilité, on les sollicite pour tout et n’importe quoi et, à force, leur saisine relève d’un réflexe. Il y a de cela, dans le CSA et pour le Défenseur des droits.

Ensuite, notre société, dans certaines de ses manifestations artistiques, culturelles ou médiatiques, dans beaucoup de ses interventions, s’est imprégnée avec délice d’un parfum de vulgarité, d’une putridité paraît-il élégante, d’une provocation lourdement et bêtement transgressive et, par compensation, se dresse et s’indigne, pour la forme, face à de dérisoires atteintes au bon goût, à des expressions inadaptées ou indécentes. En tout cas sans commune mesure avec la substance délétère du fond.

Enfin, comme le langage est de plus en plus dévoyé dans sa qualité et la parole dans son exemplarité, le vocabulaire dans sa richesse et sa correction, pour faire contrepoids à ce déplorable et constant délitement, on est naturellement à l’affût de petitesses sans le moindre danger qui ne mériteraient même pas l’honneur d’une désapprobation, encore moins la menace d’une sanction.

Tex est chassé parce que beaucoup d’humoristes sont généralement pires que lui mais plus opportunistes, se gardant bien en ces temps prompts à la répression d’aborder un sulfureux plus périlleux que d’autres. Grâce à Tex, qui capitalise l’opprobre et qui s’en émeut avec justesse et vigueur, ses collègues seront tranquilles.

Je ne suis pas sûr que la victimisation forcenée de plusieurs groupes humains ou professionnels au sein de la société française, avec pour conséquence quasiment obligatoire leur recours au judiciaire ou leur aide au prurit associatif, représente une avancée.

Philippe Bilger

Texte repris du site Boulevard Voltaire

Philippe Bilger Union des droites

Affaire Urvoas-Solère : La Justice a ses naïfs !, par Philippe Bilger

Il y a le paysage officiel, ce que la Justice montre d’elle-même et qui, contrairement à ce que pensent des contempteurs compulsifs, n’est pas médiocre et mérite d’être expliqué et défendu.

Il y a, sur le plan des apparences qui – par l’entremise de médias qui ne seraient pas trop ignorants ou partiaux – sont offertes à la curiosité du citoyen, des avancées considérables. Non seulement par rapport à ce que j’ai pu connaître comme magistrat en quarante années de carrière mais au regard de la simple observation politique qui permet de distinguer un état de droit dévoyé sous la présidence de Nicolas Sarkozy et une normalité judiciaire favorisée par François Hollande et Christiane Taubira à l’égard de laquelle, pour l’essentiel, j’ai pourtant économisé mon indulgence.

Aussi surprenant que ce constat puisse apparaître pour beaucoup qui préfèrent leurs préjugés à une réalité qui les contredirait, nous n’avons pas pâti de 2012 à 2017, pas davantage avec les premiers mois d’Emmanuel Macron, d’une justice politique dans le mauvais sens du terme. Une indépendance du juge battue en brèche par un pouvoir ayant caporalisé les Parquets et les procureurs ! Cette vision serait totalement erronée et injuste.

Il y a une Justice qui dans sa transparence – limitée par le secret de l’enquête et de l’instruction – et avec son visage public n’est pas indigne de ce qu’une démocratie se doit d’exiger d’elle. Ce ne sont pas l’ineptie, le sommaire ou l’amateurisme de beaucoup de critiques qui me feront dévier de cette cohérence appuyée sur une certaine expérience.

Mais je ne suis pas naïf.

Derrière le paysage officiel, il y a les coulisses, l’officieux. Les cachotteries, les petits secrets.

Je ne fais pas seulement référence à ce qui vient de surgir et qui semble concerner l’ancien garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas – certains se déchaînent sans attendre – et le député Thierry Solère. Pour ce dernier qui a donné si volontiers des leçons de moralité politique à une droite qui a décidé, elle, de ne pas s’éparpiller, il y a comme une étrange ironie à relever qu’il y a l’éthique affichée et les accommodements personnels. J’apprécie que le délégué général de LREM ait immédiatement réagi et envisagé que Thierry Solère puisse être exclu de ce groupe si largement majoritaire (Le Figaro).

Quand on réfléchit aux statuts, aux structures, à la pureté des principes, on oublie – ou on feint d’oublier – cette triste évidence que de manière occulte il y aura toujours des circuits, des processus, des ententes, des complicités, des amitiés, des appartenances et des fraternités qui viendront sinon mettre à bas l’édifice ostensible, l’institution éclatante mais les éviter, les suspendre ou les négliger quelque temps. Il y a des exemples à foison dans l’histoire judiciaire.

Au risque de sembler trop pessimiste, je n’imagine pas un seul instant qu’une rectitude singulière et collective puisse être si globalement respectée qu’elle garantisse que derrière le monde officiel espéré irréprochable, il n’y ait pas une multitude d’ombres s’agitant sur un mode clandestin et à l’abri d’une imprudence à la Thierry Solère ayant gardé la preuve dans son portable.

Pourtant c’est cette certitude d’exemplarité absolue – de ceux qui sont en charge du pouvoir et de ceux qui viennent abusivement le solliciter – qui serait seule à entraîner la coïncidence de la superficialité, de ce qui est montré, avec le profond, ce qui est caché. Du discours et des pratiques à l’air libre avec les manoeuvres en catimini. Et donc la disparition de ce qui n’est plus acceptable.

Cette certitude, nous ne l’aurons jamais, parce que l’univers idéal où une éthique sans faille, une résistance roide et constante à tous les sentiments, à l’amitié, à la réciprocité des services, à l’appréciation indulgente des transgressions discrètes domineraient, sera toujours à mille lieues de notre monde si tragiquement, humainement imparfait.

Pourtant il convient, pour ne pas tomber dans un désespoir républicain, une sorte de cynisme à la “à quoi bon”, de se battre, fût-ce tout seul, contre les facilités de la souplesse morale et intellectuelle, en portant haut l’exigence de l’éthique personnelle et professionnelle (La Croix).

La Justice a ses naïfs mais il ne faut pas se moquer d’eux. Ils sont comme un aiguillon, un défi.

Article paru sur le site de Philippe Bilger

Lénine, l’inventeur du totalitarisme ? Stéphane Courtois répond à Philippe Bilger

30/11/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Stéphane Courtois, l’auteur du célèbre ouvrage intitulé “Livre noir du communisme” vient de publier un nouveau livre événement : “Lénine, l’inventeur du totalitarisme”.

Dans cette biographie consacrée au leader révolutionnaire, Stéphane Courtois montre que c’est bien Lénine qui a voulu la guerre civile, la terreur et la dictature du parti communiste érigé en parti unique.

Dans cette vidéo très intéressante, Philippe Bilger soumet à la question Stéphane Courtois.


Souffrons-nous de nos invisibles défaites ? La remarque de Renaud Camus fait réfléchir

Je ne sais pas si j’ai bien compris Renaud Camus mais en tout cas il a ouvert la porte à la réflexion.

Renaud Camus s’est interrogé ainsi : « Peut-être souffrons-nous cette fois de ne pas avoir connu de visible défaite ?«

Je ne sais pas si je vais interpréter cette pensée dans le sens souhaité par son auteur mais il me semble que j’ai le droit de l’analyser comme immédiatement j’ai été tenté de le faire.

Nous n’avons connu que trop de visibles défaites qui ne nous permettaient pas de nous leurrer, les désastres étant apparents, monstrueux, terrifiants, douloureux, tragiques. La Première et la Seconde Guerre mondiale, la collaboration, Vichy, les guerres coloniales, Điện Biên Phủ, l’Algérie, les massacres terroristes, autant de combats perdus, autant de millions de morts ou de victimes de proximité, autant d’ostensibles déroutes auxquelles même les indifférents par vocation ou par confort ne pouvaient échapper, tant elles bouchaient l’horizon, l’avenir.

Comme ces défaites étaient visibles, l’alternative était simple en pleine conscience : on se relevait pour un autre futur ou on les pressentait comme la manifestation d’un déclin fatal.

Mais que faire quand elles sont invisibles et que, même si on a la lucidité de les deviner dangereuses, silencieuses, incorporées à notre quotidienneté, grignotant subtilement notre savoir-vivre collectif, la douceur de l’appartenance, le réconfort de la familiarité, on est frappé d’impuissance ?

Parce que l’adversaire est partout et nulle part, le poison insidieux, les démissions naturelles, la lâcheté évidente et la chute irrésistible.

Parce que l’humanisme nous persuade qu’il convient de tout supporter et que nous serions de mauvais Français si nous nous rebellions contre ce qui nous est sans cesse présenté comme inéluctable.

Parce qu’on a le droit de pleurer les victimes du terrorisme et de pleurer sur elles mais le devoir de moins s’émouvoir sur toutes les autres, les criminels et les délinquants ordinaires faisant, eux, après tout, partie de notre monde.

Parce que les quartiers où la police n’entre plus ou est molestée ne nous concernent pas directement. Ce sont d’invisibles défaites qui nous offrent l’excuse facile d’une action qui serait, prétend-on, plus néfaste que le mal lui-même.

Parce que ne plus se sentir chez soi, dans une France qu’on ne reconnaît plus – une autre France, selon la belle expression de Georges Bensoussan -, trop composite, multiculturelle au goût de Mediapart, se percevoir comme dépossédé, sur le bord de la route, abandonné, contraint de renier sa propre histoire, ses racines chrétiennes, constitue d’invisibles délitements et des reculs si diffus, si intimes pour chacun qu’il serait vain de se croire assez audacieux pour leur résister, pour les réduire.

Parce que les maîtres que les élèves ne respectent plus, l’éducation qui se préoccupe plus des préjugés du genre à détruire que des fondamentaux à enseigner sont les signes impalpables d’une société qui ne se sent pas mourir – la bonne conscience fait de tout progressisme pervers, de toute libération abusive une chance ! – et, les défaites étant invisibles, l’absence de toute victoire est à peine remarquée !

Parce que la cigarette à l’écran est scandaleuse mais que la nudité obsessionnelle y a forcément droit de cité ! Mais j’oubliais : c’est de l’art !

Parce que la liberté d’expression, dans l’indifférence générale, prend l’eau mais qu’on se convainc que des polémiques absurdes et des indignations ridicules peuvent en tenir lieu.

Les invisibles défaites sont les pires qui, éloignées de nos yeux, ne nous agitent pas l’âme ni ne nous secouent l’esprit.

Ou qui nous crèvent les yeux mais, ne nous faisant pas de mal immédiatement, douloureusement, nous permettent de faire comme si elles n’existaient pas.

Je ne sais pas si j’ai bien compris Renaud Camus mais, en tout cas, il a ouvert la porte à la réflexion.

Philippe Bilger

Texte repris du site philippebilger.com

Philippe Bilger Union des droites

Philippe Bilger : « L’union des droites n’est pas un gros mot »

16/11/2017 – FRANCE (NOVOpress) : « L’union des droites : une aspiration criminelle ? » Tel est le titre que Philippe Bilger avait donné à son billet, écrit après qu’il eut participé, le 13 novembre, au Forum du Poche-Montparnasse animé par Christophe Barbier « au théâtre de Poche du délicieux et étincelant Philippe Tesson ». Si la soirée lui a plu, le débat ayant en partie porté sur la droite française, et particulièrement sur Laurent Wauquiez, qui n’a pas été ménagé, il a voulu apporter ce complément, fort intéressant, que nous reproduisons ci-dessous.

Bilger Union des droites« Je n’ai sans doute pas convaincu mais il m’a semblé, sur ce sujet, que la droite globalement entendue se laissait trop volontiers imposer par la pensée politique et médiatique de gauche ses limites, ses frontières, ses lignes jaunes et au fond jusqu’où elle avait le droit d’aller, la liberté de réfléchir et d’innover.

Au point d’en être elle-même déboussolée et de répugner à s’engager sur des territoires qui avaient été qualifiés d’interdits par ceux qui pourtant n’avaient aucune légitimité pour se mêler d’un projet qui ne les regardait pas.

Bien plus, à cause de ces diktats, la droite trouve en son propre sein des censeurs par avance de la moindre évolution, par exemple de la simple évocation d’une union des droites comme si cette aspiration seulement formulée était en elle-même scandaleuse et ne méritait même pas d’être examinée sur un plan intellectuel, politique, culturel et social.

Parce que concrétisée elle reviendrait à constituer un grand parti des droites avec un FN qui ne serait plus animé par l’obsession de faire extrémisme à part mais par le désir de s’arrimer à une structure classique de responsabilité et de liberté ? Par le fait que Sens Commun, le nouvel épouvantail que la droite doit à toute force détester puisqu’on le lui commande, n’y serait pas hostile ?

Sur le premier point, il est clair qu’après “l’épuration” historique heureusement opérée par Marine Le Pen au détriment de son père et la révélation médiatique de la faiblesse politique et économique de la présidente du FN, le noyau dur de ce dernier – son socle demeure inchangé et se situe toujours à peu près à 21% – n’est plus étranger à toute possibilité de rapprochement avec la droite de Laurent Wauquiez.

Sans compter que celui-ci a pour ambition d’attirer beaucoup d’électeurs du FN et que l’état de ce dernier ne rend pas absurde cette volonté.

Sur le second point, la droite devra-t-elle à perpétuité s’excuser de la vision qu’elle porte en la cachant sous la table démocratique, se flageller parce que l’identité d’un peuple et d’un pays est sa lancinante préoccupation et que l’islamisme, son grignotage au quotidien et ses crimes justifient ses angoisses, se repentir à cause des racines chrétiennes de la France et, plus généralement, accepter que tout ce qui fait sens, structure, cohérence, tradition et autorité soit avec désinvolture jeté dans les poubelles du temps ?

Derrière cette horreur trop partagée pourtant du seul concept – sans l’ombre d’une effectivité – de l’union des droites, je perçois que le christianisme invoqué, la religion chrétienne impliquée dans le bain du siècle et mêlée à la modernité pour en dénoncer les dérives ou la maintenir progrès véritable et qualité de civilisation représentent des adversaires qu’il convient de détester et que toute alliance qui les prendrait pour dénominateurs communs serait par elle-même malfaisante.

Je ne vois pas de meilleur – ou de pire – exemple qu’une analyse à charge de Sens Commun par Mediapart mentionnant avec des haut-le-coeur une phrase de Christophe Billan selon qui ” on ne peut être français si on n’est pas spirituellement ou culturellement chrétien”. Je n’aurais pas procédé à une telle assimilation même alternative mais il me semble que la répudiation systématique et provocatrice des racines chrétiennes de la France a pour rançon inévitable une surenchère dans l’autre sens.

En tout cas, en dépit des efforts de ce site qui a connu une période troublée avec la polémique liée à Tariq Ramadan – bien sûr il ne savait rien des horreurs imputées à cet étrange prêcheur et intellectuel mais les choix et les ciblages idéologiques à sens unique de Mediapart rendent celui-ci mal armé pour la lucidité et l’esprit critique pluralistes -, je continue à douter de l’apport démoniaque de Sens commun même si des personnalités que j’estime à droite pensent le contraire.

Marion Maréchal-Le Pen 2Il y a l’insupportable christianisme mais aussi Marion Maréchal Le Pen. Son absence et son silence sont tonitruants. Elle n’est pas apparemment présente dans ce débat mais avec Robert Ménard elle l’a rendu plausible, pertinent, de moins en moins sulfureux.

Elle est infiniment dangereuse pour tous les adversaires de cette union car elle représente un lien possible, fort, structuré, cohérent, avec une pensée conservatrice qui n’a pas peur de questionner tous les totems et tabous de notre Histoire, entre le FN de la tante sommairement partisan, pauvre sur le fond et une droite enfin sûre d’elle, donc ouverte.

Il a suffi à Billan de le laisser entendre allusivement pour qu’une tempête se lève : l’indignation étant proportionnée à la crainte de devoir admettre la pertinence à terme d’une telle évolution ! »

Texte repris du blog de Philippe Bilger, Justice au singulier

Rendez-Vous de Béziers

Durant trois jours, Robert Ménard fera de Béziers la capitale de la droite

05/04/2016 – BEZIERS (NOVOpress) : Robert Ménard l’avait annoncé, il l’a fait : la droite aura ses assises à Béziers du 27 au 29 mai 2016. Intitulées « Le Rendez-Vous de Béziers », ces trois journées sont surtitrées : « Pour ne pas attendre 2022 ! » Une référence à tous ceux qui pensent qu’on peut d’ores et déjà faire le deuil de la présidentielle 2017.

« Qu’est-ce que la droite ? Que veulent ceux qui s’en réclament ? Et, surtout, que ne veulent-ils plus ? Famille, identité, économie, Europe… nous aborderons tous les sujets et, surtout, vous aurez la parole, explique Robert Ménard. La parole pour envoyer un message à tous ceux qui briguent nos suffrages, pour leur dire : voici précisément les idées que vous devez défendre, les propositions sur lesquelles vous devrez vous engager. Voici le programme minimum de salut public pour le quinquennat à venir ! »

Un site dédié vient d’être mis en ligne. Il détaille l’organisation en tables rondes thématiques d’où sortiront « 50 mesures patriotes pour ne pas se tromper de droite » qui seront présentées le dimanche matin. Une quarantaine d’intervenants sont déjà annoncés et la liste n’est pas exhaustive, loin de là…

On y trouve déjà, entre autres, Denis Tillinac (qui introduira les débats), Charles Beigbeder, Arnaud Dassier, Christophe Geffroy, Claude Chollet, Elisabeth Lévy, Gilles-William Goldnadel, André Bercoff, Béatrice Bourges, Ludovine de la Rochère, Aude Mirkovic, Guillaume de Prémare, Frédéric Pons, Philippe Bilger, Xavier Raufer, Thibault de Montbrial, Jean-Paul Brighelli, Xavier Lemoine, Chantal Delsol, Alain de Benoist, Hervé Juvin, Bernard Lannes, Eugénie Bastié, etc.

La table ronde sur l’immigration devrait être particulièrement suivie : elle réunira en effet Jean-Yves Le Gallou, Renaud Camus, Ivan Rioufol et Jean-Paul Gourévitch !

Ce Rendez-Vous de Béziers se tiendra dans plusieurs lieux de la ville (Palais des congrès, Théâtre des franciscains, Théâtre municipal, Salle des abbés) et est organisé en partenariat avec Valeurs actuelles et Boulevard Voltaire.

Il reste à connaître la liste des hommes politiques qui feront le déplacement de Béziers. Elle est pour le moment tenue secrète…

Philippe Bilger : «Les hommes politiques seront-ils à la hauteur de la guerre contre l’islamisme ?»

28/03/2016 – FRANCE (NOVOpress)
Après les attentats qui ont ensanglanté Bruxelles, Philippe Bilger considère – dans une tribune publiée sur FigaroVox – qu’il faut sortir des polémiques stériles et des gémissements sur nos libertés prétendument en péril.

Pour le président de l’Institut de la parole, le risque est grand de voir le découragement s’emparer de ceux qui sont sensés nous protéger :

Il y a une guerre des esprits, des consciences et des volontés qu’il ne faudrait perdre à aucun prix. Pourtant la force implacable, pour l’instant, de ce mouvement international islamiste de tuerie, se rapporte à l’impression d’omnipotence qu’il donne, d’inéluctabilité meurtrière qu’il impose. Comme il veut, quand il veut. Il paraît, à sa convenance, agir ou réagir, prendre les devants ou se venger. Cette immense latitude est un poison qui stérilise: que faire contre cette hydre?

Les massacres classiques laissaient au moins l’espoir technique de leur prévention possible. Avec la multiplication de ces attentats suicide, le découragement saisit même les services les plus compétents et les mieux formés à cause de l’horrible liberté et puissance que procure à ces délirants l’aptitude à sacrifier leur propre vie pour une cause indigne.

Philippe Bilger réclame des actes plutôt que des paroles :

Ne répétons pas à tout bout de champ que le terrorisme sera vaincu car cet enthousiasme, trop souvent démenti, devient à la longue plus déprimant que créateur.


Le FN battu mais à quel prix ! – Par Philippe Bilger

14/12/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Dans une tribune publiée sur son blog, Philippe Bilger revient sur les résultats des élections régionales.

Voltaire, paraît-il, dans un propos souvent cité par les défenseurs de la liberté, soulignait qu’en désaccord avec son adversaire, il se battrait pourtant pour qu’il puisse s’exprimer autant que lui. Il n’aurait pas aimé la campagne des élections régionales entre les deux tours.

(…)

Si les résultats du second tour satisfont la multitude, dont je suis, qui désirait sa déconfiture politique, je continue à penser que le FN, dans l’espace républicain, a été maltraité et que notre République n’a pas été loin d’offrir une aussi piètre image du débat qu’en 2002.
A-t-on le droit d’affirmer une hostilité civique à l’encontre du FN et de se scandaliser du fait qu’il n’a pas été formellement appréhendé, médiatiquement et culturellement, comme l’équité l’aurait exigé ? L’esprit partisan doit-il gangrener tout ce qu’il touche ou bien pourra-t-on un jour espérer de la dignité et de la mesure plus que de l’invective ou de l’outrage ?
Le 13 novembre, Daech, le terrorisme islamiste ont massacré à Paris. Cette haine en vrai a été dévastatrice et elle a suscité enfin des réactions à sa mesure. La gauche aurait-elle appris, contre la mansuétude pénale ministérielle, la rigueur et le devoir pour une démocratie de s’armer contre tout ce qui la menace au quotidien et dans les crises de l’horreur ?
La campagne des élections régionales m’a fait songer à de la haine en blanc. Pas de quoi être fier pour notre pays !


Pour Philippe Bilger, “le diable ne s’habille plus en FN !”

07/02/2015 – PARIS (NOVOpress via Justice au singulier)
Magistrat honoraire et président de l’Institut de la parole, Philippe Bilger signe une tribune très intéressante sur la nouvelle place occupée par le Front National dans la vie politique française.

Le Front national serait en tête du premier tour de l’élection présidentielle, si elle avait lieu aujourd’hui, avec un score de 29 à 31 %. Dans un sondage récent, plus de la moitié des Français considèrent que le FN est un parti comme les autres (JDD). Sa candidate à l’élection législative partielle dans la quatrième circonscription du Doubs pour remplacer Pierre Moscovici devenu commissaire européen, obtient 32,60% des suffrages devant un socialiste à 28,85%, et l’UMP Charles Demouge, qui bénéficiait pourtant du soutien de l’UDI et de l’absence du MoDem, est éliminé avec 26,54% (lemonde.fr).

(…)

Malgré la résistance de Jean-Marie Le Pen qui voit dans la volonté de dédiabolisation du FN un désaveu pour son goût du soufre et des provocations douteuses, Marine Le Pen, en dépit de la présence encore de quelques traces extrêmes et scandaleuses, a réussi son pari : faire rentrer le FN dans le cercle des partis ordinaires.
Il l’était déjà sur le plan médiatique mais cette manière, cependant, de le traiter comme s’il était interdit se justifiait par le fait qu’il était le diable et qu’il n’avait droit à rien de plus qu’à une présence tolérée et à un questionnement surjoué.
Aujourd’hui, sauf à continuer de cultiver une indignation fantasmant sur le FN et en totale contradiction avec le sentiment populaire dominant et son électorat qui n’est pas composé de “cons” ou de “salauds” mais d’électeurs perdus et prêts à jouer ce parti comme une dernière carte, la dédiabolisation est opérée, acquise.

(…)

Le FN n’étant plus le diable, l’UMP aura plus de devoirs et de responsabilités qu’avant où l’invocation abstraite aux “valeurs” tenait lieu de tout.
D’autre part, il va convenir notamment de se pencher avec lucidité sur ce qui distingue profondément ces deux partis, afin de substituer à la répulsion artificielle une adhésion totale ou partielle réfléchie, un refus clairement explicité. En tout cas, plus du tout cet ostracisme intellectuel et civique qui exilait le FN pour échapper à l’évidence de sa proximité.


Les censeurs rêvent-ils d’une loi contre Éric Zemmour ?

11/10/2014 – PARIS (NOVOpress)

Philippe Bilger a décidé de réagir à la polémique que le passage d’Éric Zemmour dans l’émission “On n’est pas couché” a déclenchée. Il prend la défense de l’essayiste, au nom de la liberté d’expression.
La violence des attaques menées par les tenants du politiquement correct est telle que l’on en vient à se demander si certains “démocrates” ne rêvent pas d’une loi contre Éric Zemmour pour bâillonner le diseur de vérités.

La question sur la présence d’Éric Zemmour ou non renvoie en réalité à un procès bien plus profond. Non seulement il avait toute légitimité pour être présent, non seulement il permettait à ses interlocuteurs de montrer leur pugnacité lucide ou convenue, mais en plus il avait osé exprimer ce que lui avait envie de dire, avec force et sans détour, et pour cela il n’avait pas hésité à secouer le cocotier médiatique et le ronron qui impose de ne jamais aller trop loin dans l’analyse historique, sociale et politique. Il y a des limites à ne jamais franchir car les grands espaces font peur aux petits du cercle, qui s’adorent et se congratulent dans leur réserve. Dans tous les sens du terme. Les bousculades sont interdites et priorité doit tout de même être laissée à ceux qui portent la bonne parole.

(…)

Aurait-il fallu, pour plaire à ceux qui ont besoin, comme on respire, de poncifs généreux mais faux, soutenir que la grandeur de la France ne cessait de s’amplifier, que l’immigration était une formidable chance pour elle, que l’islamisation, si elle était constatée, constituait une avancée et non pas un risque pour la démocratie et qu’enfin, contre toute évidence, la délinquance baissait?


Crédit photo : Laurent Guedon via Flickr (cc).

Le maintien de Taubira à la justice : “une provocation judiciaire, un affront démocratique” (vidéo)

04/04/2014 – PARIS (NOVOPress via Bulletin de réinformation)
Hier sur RMC, l’ancien avocat général à la cour de Paris Philippe Bilger a dénoncé le « dogmatisme compassionnel » de Christiane Taubira, et « Son humanisme abstrait sans l’ombre d’une efficience ». L’avocat a brocardé « Une vision fantasmatique de l’avenir ».

« Le présent ne l’intéresse pas, parce que le présent imposerait une action modeste, pragmatique, non narcissique. Avec [Christiane Taubira], le Parti socialiste est ravi de voir la gauche pure dans un tabernacle ». Une gauche, qui « préfère le peuple rêvé au peuple réel, c’est plus facile à gérer ».
Et l’avocat d’enfoncer le clou : « Ceux qui l’ont portée aux nues depuis deux ans, occultent complètement son bilan ministériel nul. Le maintien de Christiane Taubira au gouvernement est une provocation judiciaire, un affront démocratique ».

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Philippe Bilger “soumet à la question” Robert Ménard [vidéo]

12/12/2013 – 09h00
PARIS (NOVOpress) – Philippe Bilger, ancien juge d’instruction, puis avocat général, maintenant à la retraite, défenseur de la  liberté d’expression, à réalisé une longue interview vidéo de Robert Ménard.

Dans cette interview Robert Ménard explique la cohérence de son cheminement de fondateur de Reporters Sans Frontières et à sa tête (1985-2008), ensuite journaliste et fondateur du site d’information Boulevard Voltaire (2012). Puis actuellement candidat à la mairie de Béziers avec le soutien, entre autres, de Debout la République, le parti de Nicolas Dupont-Aignan, et du Front national.

Robert Ménard répond également à des questions sur son parcours familial, en des termes émouvants.

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