Le libéralisme contre les peuples – Intervention d’Alain de Benoist lors du colloque de l’Institut Iliade

Alain de Benoist

Intervention d’Alain de Benoist, prononcée lors du VIIIème colloque annuel de l’Institut Iliade, samedi 29 mai 2021.

« Le libéralisme contre les peuples ». Cette expression peut s’envisager de deux façons différentes. Il y a d’un côté la théorie libérale, l’idéologie libérale, dont l’une des caractéristiques est en effet de nier l’existence des peuples. Il y a d’autre part la pratique. Elle s’exerce par l’intermédiaire d’un système, le système capitaliste, qui est à mes yeux indissociable du libéralisme en tant que doctrine ou idéologie, puisqu’il peut se définir comme un dispositif général d’arraisonnement du monde tendant à asseoir le primat de la valeur marchande sur toutes les autres, lequel implique précisément la généralisation du modèle anthropologique libéral, qui est celui de l’« homme économique », de l’Homo œconomicus. C’est la raison pour laquelle parler du libéralisme tout en ignorant le capitalisme revient à parler dans le vide.

Pourquoi la théorie libérale nie-t-elle l’existence des peuples ? Parce qu’elle repose sur un socle anthropologique à la fois « économiste » et individualiste. Historiquement parlant, la modernité libérale correspond au moment où la société n’est plus posée comme première, mais où c’est l’individu qui est posé comme précédant le tout social, lequel n’est plus dès lors qu’un simple agrégat de volontés individuelles. Considéré de manière abstraite comme un être fondamentalement indépendant de ses semblables, totalement propriétaire de lui-même, qui n’est tenu par aucune appartenance se situant en amont de lui-même, l’homme est parallèlement redéfini comme un agent qui cherche en permanence à maximiser son meilleur intérêt, adoptant ainsi le comportement du négociant au marché. Ce tournant sans précédent est précisément le fait du libéralisme, dont l’apparition coïncide avec la montée de la classe bourgeoise au sein des sociétés occidentales.

Fondamentalement, le libéralisme pense le monde à l’échelle de l’individu. Pour les penseurs libéraux, l’homme, loin d’être constitué comme tel par ses liens avec les autres, doit être pensé comme un individu délié de toute appartenance constitutive, c’est-à-dire en dehors de tout contexte culturel ou social-historique. La liberté, posée comme un droit inaliénable, est réduite à la liberté individuelle conçue elle-même comme affranchissement vis-à-vis de tout ce qui excède l’individu. On considère, de même, que la souveraineté ne doit pas s’étendre au-delà de l’individu ou s’exercer au-dessus de lui, ce qui délégitime la notion de souveraineté nationale ou de souveraineté populaire. L’idée générale est que l’homme est avant tout ce qu’il a librement choisi d’être, qu’il est entièrement maître de ses choix et qu’il doit être laissé libre de se construire lui-même, non à partir d’un déjà-là, mais à partir de rien. Cette idée entraîne évidemment l’indifférence vis-à-vis des différentes conceptions du bien. Comme le dit fort justement Pierre Manent, le libéralisme est d’abord le renoncement à penser la vie humaine selon son bien ou selon sa fin. Le résultat est la disparition de toute idée de bien commun.

Dans cette optique, les peuples ne sont que de simples agrégats d’individus, ce qui veut dire qu’ils n’ont aucune caractéristique propre en tant que peuples, leur permettant de se distinguer des autres peuples. Il en va de même des communautés, des nations et des cultures. « La France n’est qu’un agrégat d’êtres humains », affirme ainsi l’économiste libéral Bertrand Lemennicier. « La société n’existe pas » (« There is no society »), déclarait Margaret Thatcher. La société n’est plus en fait que le produit contingent des volontés individuelles, un simple assemblage d’individus cherchant tous à défendre et à satisfaire leurs intérêts particuliers. Une telle société n’a plus à être gouvernée, mais gérée comme auxiliaire du marché. On n’est pas très loin du vieux rêve saint-simonien visant à remplacer le gouvernement des hommes par l’administration des choses.

Le libéralisme, de ce point de vue, est directement antagoniste de l’affirmation des identités collectives. Une identité collective ne saurait en effet s’analyser de manière réductionniste, comme la simple somme des caractéristiques que possèdent des individus rassemblés au sein d’une collectivité donnée. Elle requiert que les membres de cette collectivité aient la claire conscience que leur appartenance englobe ou excède leur être individuel, c’est-à-dire que leur identité commune résulte d’un effet de composition. Elle implique aussi de reconnaître qu’il existe, au sein d’un ensemble donné, des propriétés émergentes distinctes des caractéristiques des individus singuliers qui le composent. Or, le libéralisme nie l’existence de ces propriétés émergentes – celles qui font qu’une forêt est plus qu’une addition d’arbres, un peuple plus qu’une somme d’individus.

Voyons maintenant ce qu’il en est du côté du capitalisme. Disons d’abord que la plus grande erreur que l’on pourrait faire serait de n’y voir qu’un système économique. Le capitalisme n’est pas d’abord un système économique, mais un « fait social total » (Marcel Mauss), d’où découle la forme fétichisée que prennent les rapports sociaux dans les sociétés libérales. Il est donc vain de chercher à en apprécier la valeur au regard de son « efficacité » réelle ou supposée. Le système capitaliste est sans conteste supérieurement efficace pour produire des marchandises, mais l’efficacité n’est pas une fin en soi. Elle ne qualifie jamais que les moyens mis en œuvre pour atteindre une fin, sans rien nous dire de la valeur de cette fin. Les marchandises rapportent de l’argent, qui permet de produire plus de marchandises, lesquelles permettent de créer plus d’argent. La plus-value ainsi dégagée permet la transformation de l’argent en capital, et la suraccumulation du capital permet à l’argent de s’augmenter perpétuellement de lui-même. Mais le capital est d’abord un rapport social, qui met en forme un imaginaire spécifique et implique des façons de vivre mais aussi de concevoir le monde.

L’essence du capitalisme, c’est l’illimitation, le « toujours plus », la négation des limites et des frontières, la négation de la mesure, et d’abord de la mesure humaine. Sa caractéristique fondamentale, c’est son orientation vers une accumulation sans fin au double sens du terme : processus qui ne s’arrête jamais et qui n’a d’autre finalité que la valorisation du capital. C’est cette illimitation dans la visée comme dans la pratique qui fait du capitalisme un système reposant sur la démesure (hybris), la négation de toute limite.

L’abolition des frontières est nécessaire au libre-échange et au principe du « laissez faire, laissez passer ». Le capitalisme libéral exige en effet que tout ce qui peut faire obstacle à l’échange marchand soit progressivement éradiqué. Il exige la libre circulation des hommes, des marchandises et des capitaux. C’est l’une des raisons pour lesquelles il n’a rien à objecter à l’immigration, l’autre raison étant qu’il ne conçoit le peuplement des territoires qu’en termes d’individus : un million d’extra-Européens qui viennent s’installer en Europe, c’est simplement un million d’individus qui viennent en rejoindre des millions d’autres. S’y ajoute le principe de la liberté individuelle, la seule que reconnaissent les théoriciens libéraux : tout homme doit se voir reconnaître le droit de se déplacer à sa guise (étant entendu, comme le dit Hayek, que la liberté économique prime sur la liberté politique). « L’immigration, lisait-on récemment sur un site libéral, reste une expression de la liberté individuelle qu’il s’agit de sauvegarder » (Contrepoints, 23 avril 2020) !

Dans tout ce système, l’argent occupe évidemment une place centrale. Dans Le Capital, Marx écrit à juste titre que « l’argent est la marchandise qui a pour caractère l’aliénation absolue, parce qu’il est le produit de l’aliénation universelle de toutes les autres marchandises ». Il ajoute que « le mouvement du capital n’a ni fin ni mesure, puisque la valorisation de la valeur n’existe que par la circulation de l’argent considéré comme capital ». Georg Simmel a de son côté bien montré que la nature intrinsèque de l’économie fondée sur l’argent est d’écarter la question des fins au profit de celles des moyens. En tant qu’équivalent universel, l’argent est ce qui permet de tout évaluer, de tout quantifier à l’aide d’une mesure unique, la valeur étant systématiquement rabattue sur le prix. En créant une perspective à partir de laquelle les choses les plus différentes peuvent être évaluées par un nombre, la monnaie les rend en quelque sorte égales : elle ramène toutes les qualités qui les distinguent à une simple logique du plus et du moins. Or, toute quantité, quelle qu’elle soit, peut toujours être augmentée d’une unité. A tout nombre il est toujours possible d’ajouter un chiffre, en sorte que le mieux s’y confond automatiquement avec le plus. Et ce dont on peut avoir toujours plus, on n’en a bien sûr jamais assez…

La société libérale est donc à la fois une société des individus et une société de marché, où la raison économique se subordonne toutes les relations sociales, et dont elle fait le lieu de la concurrence généralisée, de la guerre de tous contre tous, où tout un chacun veut maximiser son intérêt propre aux dépens de celui d’autrui. Le règne du capitalisme se traduit finalement par une clôture du sens qui n’a pratiquement pas de précédent dans l’histoire. Cette clôture du sens, dont on voit aujourd’hui les effets, contribue puissamment à la montée du nihilisme. En conclusion, je dirai donc que la restauration du commun et du bien commun est le programme qui s’offre aujourd’hui à tous les antilibéraux si l’on veut sortir d’un monde où rien n’a plus de valeur, mais où tout a un prix.

Pour lire la suite, c’est ici !

Le colloque de l’Institut Iliade aura lieu le samedi 29 mai prochain à la Maison de la Chimie à Paris

colloque de l’Institut Iliade

12/05/2021 – FRANCE (NOVOpress)
« 2021 : au-delà du marché, l’économie au service des peuples. » Voici le titre du prochain colloque de l’Institut Iliade qui s’est donné pour mission de rechercher des voies alternatives au libéralisme, de façon à remettre l’économie au service des peuples, du politique et de projets civilisationnels.

De 10h jusqu’à 19h, des interventions se succéderont, présentées par de nombreux orateurs, dont Jean-Yves le Gallou, François Bousquet ou encore Marion Maréchal en tant que directrice de l’ISSEP.

En raison des contraintes gouvernementales, la salle est réduite avec une jauge et le nombre de places limité. Si vous souhaitez participer, il vous faudra donc acheter un billet en amont, alors n’hésitez pas à réserver dès maintenant sur le site internet de l’Institut Iliade.

Pour s’inscrire : https://www.weezevent.com/l-economie-au-service-des-peuples

L’Union européenne reste une Cité interdite, par Ivan Rioufol

La photo va faire le bonheur des magazines. L’Allemande Ursula von der Leyen et la Française Christine Lagarde sont dans l’air du temps, parité et féminisme obligent. La première, ministre de la Défense, a été choisie mardi par les dirigeants des pays européens pour présider la Commission européenne. La seconde, directrice du FMI, a été proposée pour présider la Banque centrale européenne. Toutes deux succèderont à deux hommes : Jean-Claude Juncker et Mario Draghi. Il n’en faut pas plus pour satisfaire un monde médiatique plus soucieux d’apparence que de contenu. Il est vrai que la personnalité de Mme Lagarde, aux ambitions présidentielles enfouies, peut se prêter aux éloges. Il n’en est pas de même pour Mme der Leyen.

Outre qu’elle s’est montrée, disent les spécialistes de la Défense, un médiocre ministre, sa conception postnationale de futurs “Etats-Unis d’Europe” va être comprise comme une provocation par ceux qui attendent de l’UE qu’elle s’ouvre aux inquiétudes des gens. C’est la vision d’Emmanuel Macron d’une Europe souveraine, telle que le président l’avait défendue dans son discours de la Sorbonne en 2018, qu’incarnera la future présidente de la Commission, également favorable à une Europe de la défense. “Je suis convaincue que l’armée des Européens verra bientôt le jour”, a-t-elle déclaré récemment.

Toutefois, derrière la photo reste le spectacle affligeant auquel l’Europe s’est prêtée ces derniers jours. Elle a laissé voir un monde clos, réglant ses comptes et distribuant les postes en petits comités, loin des regards extérieurs.

Macron a reconnu lui-même, lundi, “la très mauvaise image” donnée par ces bisbilles incompréhensibles au non-initié. Néanmoins, le chef de l’Etat a lui-même participé à la pétaudière, en tentant d’imposer ses choix initiaux et de faire éclater en vain le PPE, vainqueur des élections. En fait, l’Union a tout fait pour se caricaturer en Cité interdite, avec ses mandarins sourds aux aspirations des citoyens laissés hors les murs.

L’avantageux duo féminin est factice. L’image moderne dissimule une UE archaïque, toujours en froid avec la démocratie, le peuple, les souverainetés nationales. Ce sont les processus de décisions de l’UE, confisqués par une élite hors-sol et trop souvent arrogante, qui sont à réformer en urgence. Au risque de voir la vague populiste, qui conteste la construction à marche forcée d’une Europe oublieuse des nations, s’amplifier encore davantage.

Ivan Rioufol

Texte daté du 3 juillet 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

La révolte des peuples contre les utopies

Rien n’attise davantage la révolte des peuples que le mépris qu’ils reçoivent des “élites” contestées. Plutôt que de tenter de comprendre les raisons de leurs disgrâces, les représentants des démocraties malades s’entêtent à ne rien entendre des critiques. Ils accusent les contestataires de tenir des “discours de haine”. Cette rengaine est reprise cette semaine pour stigmatiser les électeurs brésiliens de Jair Bolsonaro : l’ancien militaire a récolté 55,2% des suffrages, face à une gauche en déroute morale. Le refrain s’entend aussi chez les européistes quand ils parlent des nouveaux élus qui, de l’Italie à la Pologne en passant par la Hongrie, défendent les intérêts de leurs concitoyens. En France, Emmanuel Macron n’est pas le dernier à caricaturer ces dirigeants “populistes”, qu’il assimile aux années 30. Il les voit comme “des esprits fous qui mentent à leur peuple”.

Évoquant l’autre jour les “nationalistes” français, il a appelé à “les combattre sur le terrain”. Ainsi parle le président de tous les Français, aveuglé par ses détestations partisanes. Oui, les discours de haine sont chez ceux qui les dénoncent.

Parce que Bolsonaro n’a pas brillé par la subtilité de ses répliques passées, le voilà avec la presse à ses basques : un bon signe pour lui. Ses détracteurs s’attardent sur les plus vulgaires de ses déclarations. Mais ils évitent de s’interroger sur la responsabilité des ex-présidents Lula da Silva et Dilma Rousseff : deux figures de la gauche radicale brésilienne qui avaient reçu l’onction du clergé médiatique international. Depuis, Dilma a été destituée en avril 2016 pour maquillage de comptes publics. En avril 2018, Lula a été mis en prison pour 12 ans, pour corruption. Ils laissent une économie en déficit et une insécurité invraisemblable : le Brésil compte sept meurtres par heure !

L’élection de Bolsonaro est le rejet du “progressisme” et de ses utopies foireuses. Ceux qui crient à la dictature refusent le verdict des urnes. L’histoire qui s’écrit privilégie les discours “antisystème” et les affranchis du politiquement correct. Bolsonaro s’inscrit dans cette vague, dévastatrice pour les faussaires.

Les peuples en colère n’ont pas fini de faire blêmir, y compris en France, ceux qui ont abusé de leur confiance ou qui s’autopromeuvent en guide inspiré.

Ivan Rioufol

Texte daté du 1er novembre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Hubert Védrine : « Les élites doivent écouter les demandes d’identité, de souveraineté et de sécurité des peuples »

15/10/2018 – FRANCE (NOVOpress)
« Les élites doivent écouter les demandes d’identité, de souveraineté et de sécurité des peuples » c’est ce que déclare l’ancien ministre socialiste de Affaires étrangères de Lionel Jospin dans un long entretien accordé au journal « Les Echos ».

Est-ce un signe que les valeurs portées par un vent d’Est commencent à parvenir aux oreilles de nos dirigeants fussent-ils socialistes ?

Encore faut-il que ses recommandations puissent être suivies par les « élites » auto proclamées qui dirigent actuellement la France et plus généralement l’Europe.

La mémoire de vos ancêtres dans votre ADN ?

La mémoire de vos ancêtres dans votre ADN ?

02/06/2014 – via Radio Canada – Existerait-il une forme de mémoire génétique qui se transmet d’une génération à l’autre ? Les résultats d’une recherche réalisée aux États-Unis sur un modèle animal laissent à penser que les comportements peuvent être influencés par des émotions ressenties lors de situations vécues par des générations précédentes, et qui seraient transmises par ce qui peut être décrit comme une mémoire génétique.

Les expériences menées par le Dr Brian Dias et ses collègues de l’Université Emory tendent à montrer qu’un événement traumatique affecte l’ADN dans le sperme et modifie le cerveau et le comportement des générations suivantes.

Dans leurs travaux, les chercheurs ont constaté que des souris entraînées à éviter une odeur transmettaient leurs aversions jusqu’à leurs « petits-enfants » .

Ces résultats, publiés dans la revue Nature Neuroscience, pourraient avoir d’importantes retombées dans le traitement de phobies ou de l’anxiété.

Les rongeurs étaient entraînés à craindre une odeur similaire à celle des cerisiers. Les chercheurs ont ensuite observé les changements survenus à l’intérieur des spermatozoïdes. Ils ont découvert qu’une partie de l’ADN impliquée dans la sensibilité de l’odorat aux cerises était plus active dans le sperme des souris.

Ainsi, les rejetons et leurs petits étaient par la suite très sensibles à cette odeur et l’évitaient, et ce, malgré le fait qu’ils n’aient jamais vécu d’expériences traumatisantes qui étaient liées à cette odeur. Certains changements dans la structure cérébrale ont également été observés.

« Les expériences d’un parent, même avant la conception, influencent fortement la structure et la fonction du système nerveux des générations futures. »

Cette découverte montre donc l’existence d’une hérédité épigénétique transgénérationnelle, affirment les chercheurs.

Crédit photo : pavaranda via SXC (cc)

Contre le « Système à tuer les peuples et à créer du chaos » – par Gérald Pichon

Contre le « Système à tuer les peuples et à créer du chaos » - par Gérald Pichon

06/07/2013 – 10h00
PARIS (NOVOpress)  Ayant décidé de « jeter un pavé dans la vitrine du système », Gérald Pichon, l’auteur de « Sale Blanc », s’insurge contre les récupérations politiciennes de la haine anti-blanche, dernier tabou que les médias ne peuvent plus taire. Une levée d’un tabou pourtant utilisée par certains pour continuer à incriminer les nôtres…

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Aux sources des consciences et cultures politiques – Par Hervé Juvin [vidéo]

Aux sources des consciences et cultures politiques - Par Hervé Juvin [vidéo]

Qu’est-ce qui fait advenir la culture politique à une nation ou à un pays ? Le culte de la conformité actuelle, le respect des institutions de papier et même un certain nominalisme conduit à poser très peu souvent la question.

A partir du moment où des institutions sont données, on considère que la réalité de la politique suit. Dites “démocratie”, et l’ensemble de la vie politique d’un pays semble en découler. Ce n’est pourtant absolument pas le cas dans la réalité. Il est alors intéressant d’examiner pays par pays, pour chaque peuple, ce qui a fait advenir la conscience politique.
Ce qui se passe actuellement pourrait être une manœuvre stratégique pouvant se traduire par une nouvelle étape de la colonisation du monde.

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Feu la démocratie, la « post-démocratie » est bien là – Par Michel Geoffroy

Feu la démocratie, la « post-démocratie » est bien là - Par Michel Geoffroy

Nous ne vivons plus en démocratie mais en « post-démocratie » : tyrannie du droit, fin de la souveraineté, dénaturation de la citoyenneté, régime oligarchique et dictature des minorités s’imposent aux peuples et contre les peuples…

Les Français vivent en « post-démocratie » , comme de plus en plus d’Européens, d’ailleurs. La « post-démocratie » emprunte les mots de la démocratie : on parle toujours d’élections, de Parlement et de République française. Mais la « post-démocratie » prend le contrepied de la démocratie car elle programme la disparition de la souveraineté du peuple au profit d’un système oligarchique, qui vise à l’instauration d’un gouvernement mondial utopique.

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« Sauver les démocraties en Europe » : la pensée du président tchèque Vaclav Klaus

« Sauver les démocraties en Europe » : la pensée du président tchèque Vaclav Klaus

Les dirigeants politiques européens sont dans l’ensemble d’une grande médiocrité intellectuelle et morale. Président de la République tchèque depuis 2003, Vaclav Klaus est l’exception qui confirme la règle. Homme d’Etat courageux, Vaclav Klaus combat le politiquement correct. Attaché à la spiritualité européenne, Vaclav Klaus ne la confond pas avec l’Union européenne dont il dénonce l’ingénierie sociale. Intellectuel brillant, le président tchèque développe la pensée d’un libéral traditionaliste dans son dernier ouvrage : Sauver les démocraties en Europe qu’Abbon présente aux lecteurs de Polémia.
Polémia

Sauver les démocraties en Europe, tel est le titre sous lequel les Editions François-Xavier de Guibert offrent au lecteur français la chance de prendre connaissance de la pensée de Vaclav Klaus, à travers la présentation de 26 textes traduits en français – articles ou discours adressés, entre 2003 et 2011, soit à ses compatriotes, soit aux instances européennes, soit à des publics allemand, anglais ou américain.

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L’Union européenne : la prison des peuples européens – Par Michel Geoffroy

L'Union européenne : la prison des peuples européens - Par Michel Geoffroy

L’Union européenne était autrefois un espoir pour les jeunes Européens. Mais cet espoir reposait sur un malentendu.

Pour beaucoup d’Européens il s’agissait du rêve d’un continent unifié, « de l’Atlantique à l’Oural », libéré du communisme comme de l’atlantisme, débarrassé des querelles nationales, mais aussi indépendant et prospère : une Europe solidaire et puissante, ouverte sur le monde. Au moment du lancement de l’euro, certains y croyaient encore.

Mais ce rêve a fait long feu. L’idée européenne a tourné au cauchemar. La construction européenne que promeut l’oligarchie, consiste justement à déconstruire la puissance et l’identité des Européens : l’Union européenne se construit désormais contre les Européens. Ceux ci n’auront bientôt plus d’alternative que la révolte.

Le cauchemar européen

Car la chute du communisme soviétique, qui était une bonne nouvelle en soi, n’a pas fait avancer l’Europe dans le sens de la puissance et de l’indépendance. Au contraire, l’idée européenne a régressé.

L’atlantisme s’est renforcé : l’Europe n’est plus conçue que comme un espace libre-échangiste, aux frontières floues et qui ne se définirait que par une adhésion à ses prétendues  valeurs, auxquelles tous les peuples pourraient donc finir par se rattacher, au moins sur le pourtour de la méditerranée. Dans cette Europe là, la préférence communautaire qui figurait à l’origine du marché commun, est devenue un délit.

L’Union européenne, grenouille qui veut devenir bœuf à 27, à 28 ou au-delà , est restée un nain politique, une soft power  dans l’orbite du grand frère américain et cela, conformément aux intérêts de ce dernier.

Contrairement à ce que prétend la propagande de l’oligarchie, l’Union européenne ne protège plus personne, sinon les riches et les allogènes.

Il n’y a pas de défense européenne, on se remet en tout à l’OTAN, c’est-à-dire à une organisation dirigée par les Etats-Unis. L’alignement atlantiste de la France conduit par Nicolas Sarkozy et la réduction continue des budgets militaires sur le continent, ont détruit tout espoir de construire une Europe indépendante tant au plan diplomatique que militaire.

Les Yankees ont gagné !

Les frontières de l’union, économiques ou autres, sont des passoires qui ne nous protègent pas. L’euro surévalué nuit à la croissance et à l’emploi des Européens ; en outre, il ne peut survivre qu’en limitant toujours plus la souveraineté budgétaire et financière des Etats, voire la souveraineté politique comme l’a montré la façon dont la gouvernance européenne veut traiter la question des dettes souveraines des Etats membres.

Les Européens minoritaires en Europe ?

Rome n’est plus dans Rome. A Bruxelles, épicentre du cauchemar européen, 30% de la population est désormais musulmane : tout un symbole !

Les flux migratoires à destination de l’Europe occidentale et de la France en particulier ne cessent pas et sont en train d’initier un mouvement de changement de population.

Toute tentative, même modeste, de réguler plus fortement les entrées, se heurte aux décisions des juges européens et aux pressions continues du patronat et des associations. L’immigration n’est donc nullement choisie, mais en réalité imposée aux peuples européens, qui doivent au surplus se plier de plus en plus aux mœurs exotiques des nouveaux arrivants.

Car l’oligarchie nous explique maintenant que pour ne pas heurter la sensibilité de leurs hôtes si généreux, il faut que les Européens mettent en veilleuse leurs convictions : par exemple ne plus fêter Noël (on dit « bonne fin d’année » en novlangue), ne pas décorer de sapins, ne pas manger de porc, accepter les femmes voilées, les crimes d’honneur, les mosquées et les lieux de prière, ne pas caricaturer Mahomet etc. Bref renier notre histoire et nos origines chrétiennes, qui ne figurent d’ailleurs plus dans les valeurs de l’union européenne.

Il suffit de se promener dans les rues de nos villes pour se rendre compte que l’immigration, notamment africaine, s’installe partout. Or plus le nombre de personnes d’origine immigrée augmente, plus elles ont tendance à se regrouper en communautés : c’est une loi de la nature. L’assimilation fonctionne donc en proportion inverse du nombre de personnes à assimiler.

La constitution de communautés d’origine étrangère est lourde de conséquences pour la paix civile comme le démontrent d’ores et déjà les émeutes ethniques que les pays européens connaissent tour à tour et qui se ressemblent toutes dans leur déroulement puisque leur cause est identique.

Avec sa politique migratoire démente, l’oligarchie de l’Union européenne a donc recréé en Europe un problème des minorités qui avait pourtant déjà empoisonné la première moitié de notre XXe siècle et qui avait par deux fois conduit à la guerre. Comme si cela ne suffisait pas, l’oligarchie y a ajouté au surplus un problème religieux –celui de l’Islam- et un problème noir.

La prison des peuples européens

L’Union européenne ressemble chaque jour un peu plus à l’Empire autrichien vieillissant, que l’on surnommait la prison des peuples : une juxtaposition de communautés et de « minorités » rivales, imbriquées les unes dans les autres, sous la domination d’une administration tatillonne et d’une aristocratie cosmopolite. Mais l’Empire autrichien a duré plusieurs siècles. Le machin de Bruxelles, comme disait avec mépris le général De Gaulle, n’aura sûrement pas cette longévité !

Car l’Union européenne se présente aujourd’hui aux peuples européens sous le seul visage du fardeau et de la contrainte : toujours plus de règles, de normes, de jugements, de prélèvements, de sanctions, de boycottages contre les gouvernements, les peuples et les nations, et toujours plus de privilèges pour les allogènes.

Ainsi cette Europe s’est construite en passant outre à la volonté des peuples européens, en foulant aux pieds cette démocratie que l’on se targue pourtant d’incarner et que l’on a voulu imposer par les armes aux Libyens et sans doute demain aux Syriens. Son fondateur, le Français Jean Monnet ne s’est d’ailleurs jamais présenté à une seule élection.

Quand un pays vote mal, on le fait revoter : comme en Irlande. Quand les peuples refusent de ratifier la constitution européenne, on leur impose le traité de Lisbonne via les parlements. Quand un premier ministre grec envisage de soumettre à référendum le plan de rigueur imposé par la zone euro, on menace de lui supprimer toute aide économique. Quand le gouvernement hongrois issu des urnes révise les pouvoirs de la banque centrale, on le menace de sanctions.

L’Union européenne est une construction oligarchique qui tient les peuples européens en suspicion. Comme le déclarait significativement un ministre du nouveau gouvernement italien, « le populisme est l’un des principaux ennemis aujourd’hui en Europe » (Les Echos du 9 janvier 2012) ; ennemi, vous avez bien lu : cette oligarchie considère son propre peuple comme un ennemi !

Le moulag

L’Union européenne est un tyran mou, mais ombrageux, d’autant plus redoutable qu’il est sans visage. Nous vivons dans une sorte de goulag mou, sans barbelés, avec des supermarchés et des chômeurs. Mais nous sommes aussi soumis à une police de la pensée, chaque jour plus intolérante.

Ce n’est plus un ectoplasme comme dans les années 60 : c’est malheureusement devenu une métastase, qui risque de tuer l’Europe.

Car les prétendues valeurs européennes sont en réalité mortelles pour ceux qui y croient.

Ainsi ces valeurs nous recommandent d’accueillir toujours plus d’immigrés, d’ouvrir toutes grandes nos frontières aux marchandises et aux hommes étrangers. Elles nous imposent de ne discriminer personne, sauf les Européens ! On a découvert à propos de la Hongrie que l’indépendance de la Banque centrale était aussi une valeur : la finance libre et les Européens asservis aux impôts et aux dettes : voilà le vrai programme de l’oligarchie!

L’Union européenne n’offre en outre qu’une seule option : se soumettre à ses diktats ou bien se trouver exclu, sanctionné, ou privé de ses droits de vote (comme dans les futurs traités européens souhaités par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy en cas de dérive budgétaire), mais sans avoir le droit de se retirer… Hier les Autrichiens étaient coupables de déviance politique pour avoir introduit au gouvernement le FPÖ ; puis les grecs ont été coupables de déviance budgétaire. Aujourd’hui on diabolise les Hongrois coupables sur les deux plans. A qui le tour demain ?

Tant que la prospérité était tant bien que mal assurée, on pouvait le tolérer. Mais à l’heure de la récession, le caractère insupportable de la contrainte européenne apparaît de plus en plus.

De la récession à la sécession ?

La situation de l’Europe n’est pas sans rappeler malheureusement celle qui a conduit à la guerre civile américaine au XIXe siècle.

Derrière le pathos de l’antiesclavagisme, cette guerre civile a en effet opposé les Etats du Sud –c’est-à-dire pour l’essentiel les Etats fondateurs des Etats-Unis qui étaient libres, échangistes car dénués d’industrie– aux Etats du Nord qui étaient protectionnistes et industriels. Les Etats du Nord entendaient imposer leurs tarifs douaniers au Sud agricole qui était importateur net, et cela, tout en lui déniant le droit de se retirer de l’Union. Une situation intenable pour les sudistes (qualifiés de rebelles par les Etats du Nord) qui n’avaient alors plus d’autre choix que la sécession, et bientôt celui de défendre leurs droits par les armes.

Comme au temps d’Abraham Lincoln aujourd’hui en Europe un front sépare de plus en plus profondément les libre-échangistes de ceux qui veulent protéger leur économie, leurs emplois, leur identité et leur culture. Ces derniers sont aussi des rebelles -on dit  populistes  de nos jours- aux yeux de l’oligarchie libre-échangiste et des entreprises transnationales.

Comme au temps d’Abraham Lincoln, l’Union européenne est devenue un carcan : elle ne conçoit pas qu’on puisse souhaiter la quitter pour retrouver sa souveraineté.

Comme au temps d’Abraham Lincoln, l’immigration a pris la place de l’esclavage pour servir de justification morale aux intérêts économiques les plus sordides. Elle pourrait aussi servir demain de prétexte à des mesures violentes à l’encontre des peuples rebelles. N’a-t-on pas fait la guerre à la Serbie pour lui imposer la partition ethnique du Kosovo, au mépris de tous les principes du droit européen ?

Comme au temps d’Abraham Lincoln, enfin, les peuples n’ont plus que leur courage et leur détermination à opposer à ceux qui violent leurs droits.

Michel Geoffroy

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

Peuples en danger : les Pygmées du Congo se révoltent

Peuples en danger : les pygmées du Congo se révoltent


11/08/11 – 11h30
PARIS (NOVOpress)
– Les Pygmées du Congo, peuple menacé d’extinction, se plaignent d’être traités en véritables esclaves par la majorité bantoue. Face à cette exploitation, ils réclament l’application effective d’une loi censée les protéger.

“Nous avons été pendant longtemps maltraités par nos voisins bantous. Nous sommes des oubliés”, assure ainsi Parfait Dihoukamba, du Réseau national des peuples autochtones du Congo (Renapc).

Une situation confirmée par les autorités locales elles-mêmes qui reconnaissent la misère frappant les pygmées.

“Dans le nord Congo, ils sont considérés comme des esclaves. Quand on arrive au sud, à quelques exceptions près, la situation est la même”, dit Valentin Mavoungou, directeur général des droits de l’homme et des libertés fondamentales au ministère de la Justice.

Aujourd’hui, les pygmées ne représentent plus que 2% de la population congolaise estimée à 3,6 millions d’habitants.

Rétablir les frontières pour le bonheur des peuples

Rétablir les frontières pour le bonheur des peuples

[box class=”info”] Article repris du site Zentropa[/box]

La frontière. A ce seul mot, on frémit. On pâlit même. La frontière, c’est l’enfermement, la séparation, l’exclusion!

Inutile de le nier, la frontière a mauvaise presse. Et cela n’a rien d’étonnant puisque sa disparition totale de la surface de planète est l’une des conditions sine qua non de l’accomplissement final du règne de la marchandise. Le «village global » n’est rien d’autre que le nom poétique du « supermarché global », horizon rêvé du système capitaliste.

Car la frontière, en réalité, n’est pas ce qui « exclut », c’est ce qui différencie ; ce n’est pas ce qui « rejette » mais ce qui distingue ; ce n’est pas ce qui « isole » mais ce qui régule ; ce n’est pas ce qui « enferme » mais ce qui organise.

Or la marchandise ne tolère que l’uniforme et le dérégulé.

Une frontière est une porte. Fermée, ouverte, entrouverte, gardée, libre… elle intègre diverses « possibilités » qui sont autant de garde-fous à la fluidité incontrôlable du marché. Comme cette cloison qui nous sépare de l’appartement contigu, la frontière nous protège et assure notre indépendance sans jamais nous empêcher d’échanger, de débattre ou de nous lier avec notre voisin.

Le sans-frontièrisme utopique de trop d’anticapitalistes en fait aujourd’hui les alliés objectifs de cette « société ouverte » (improprement nommée d’ailleurs puisque rien ne peut être « ouvert » quand il n’existe plus d’extérieur, plus de différence entre ici et ailleurs…), sans borne, limite ni régulation qui est l’espace rêvé de développement du totalitarisme marchand, comme l’avait d’ailleurs bien compris Jean Jaurès, lorsque par exemple il écrivait au Congrès de la Paix de Lausanne : « “Je n’ai jamais été un partisan bien vif des idées et des principes du cosmopolitisme. Ils ont quelque chose de trop vague, de trop idéal, malgré certains côtés brillants et spéciaux, je crois que leur effet le plus certain est d’effacer ou de trop amoindrir l’amour de la Patrie et le devoir de la responsabilité civique.”

Car il n’existe pas, il ne peut pas exister, de « libre circulation absolue des hommes » qui n’induise pas la même libre circulation pour les marchandises, les capitaux, les appétits financiers et les trafics de tous ordres. L’abaissement des frontières, ce n’est pas la fraternité universelle et l’enrichissement culturel réciproque, c’est la délocalisation et le dumping social. Quand les rêves, si beaux et généreux soient –ils, tournent immanquablement au cauchemar quand ils sont transposés dans le réel, il convient de rompre avec eux, sous peine de voir son aveuglement se muer en complicité. Le néo-esclavagisme contemporain se goinfre quotidiennement d’idiots utiles au cœur généreux et au poing levé défilant pour la régularisation des clandestins et l’ouverture des frontières, employant ainsi toute leur belle énergie militante à fournir au Capital une main d’œuvre bon marché, corvéable à l’envie et exerçant une pression à la baisse sur les salaires locaux.

Droit des peuples à disposer d’eux mêmes, à vivre sur leur sol selon leurs lois et leurs traditions, dans la dignité et la paix, droit de vivre et travailler au pays, droit à l’autonomie et à l’indépendance, voilà quels sont quelques uns des principes à opposer à la frénésie uniformisatrice du capital marchand et non une naïve et faussement festive promotion du chaos ethnico-culturel produit par des flux migratoires gigantesques qui baladent la misère du monde sur l’ensemble le globe au grès des besoins des Thénardiers de la finance internationale !

La charité mal comprise et mal appliquée mène toujours aux plus grandes catastrophes, surtout quand elle se nourrit de motivations pas toujours aussi nettes et pures que les discours pourraient laisser paraître. Il y a en effet dans le sans-frontiérisme contemporain et son corollaire « immigrationniste » d’indiscutables relents de mauvaise conscience post-colonial, étrangement mêlé d’un néo-paternalisme doublé d’un occidentalo-centrisme qui ne disent pas leur nom. Pour les promoteurs de ces tendances, en effet, point de salut hors de l’occident ! Il faut faire venir à nous, « élever » jusqu’à notre merveilleux modèle, ces peuples du sud, victimes perpétuelles, accablés par l’histoire autant que par la géographie, et dont la rédemption ne peut passer que par une installation sous nos latitudes, à l’ombre d’une grande surface et d’une enseigne de restauration rapide. Laissez-venir à nous les petits enfants africains ! Qu’ils peuplent nos arrières-cuisines de restaurants, nos chantiers de BTP, qu’ils gardent nos entrées de discothèques, ramassent nos poubelles ou qu’ils sombrent dans la drogue, la violence et la délinquance… Peu importe, ils seront toujours mieux ici que chez eux, puisque ici c’est le paradis « civilisé » !

Réglons donc la facture de ce passé colonial qui a tant de mal à passer par un contrat d’apprentissage de 6 mois payé à 80% du smic !

L’occident étant l’eldorado et la société de consommation l’horizon indépassable de l’humanité, il convient donc – c’est un devoir quasi religieux ! – de s’ouvrir au maximum pour faire bénéficier de tous nos bienfaits la planète entière qui ne saurait trouver de voie de salut sans être guidé par nous, « nous » s’exprimant généralement par la plume d’un éditorialiste de Libé ou la voix d’une actrice milliardaire mais « impliquée ».

Il est d’ailleurs « signifiant », comme disent les psychanalystes, de noter que les plus farouches contempteurs de l’idée de frontière se recrutent dans les catégories sociales les plus élevées, les castes aisées qui sont les principales bénéficiaires du règne marchand, cette « hyper-classe » qui confond son nomadisme de luxe, sa dromomanie aseptisée faite de voyages en first class, d’hôtels de charme, de cocktails et de visites de musées, avec l’arrachement et la déculturation, ponctués de drames sans nom, parsemés de cadavres, que représentent les migrations imposées.