Hommage à la France des sans-grade : celle qui n’intéresse pas BHL et les autres…, par Philippe Bilger

Ils sont nombreux, ceux qui n’ont pas droit aux pétitions et aux tribunes, aux communiqués et aux soutiens artistiques, à l’honneur d’un article dans Le Monde ou à la solidarité dans Mediapart !

Ils sont nombreux, ceux dont on ne parle jamais parce qu’ils n’ont pas les infortunes rentables.

Il y a une France ordinaire, pas seulement celle des gilets jaunes, qui, jour après jour, est victime de délits, de crimes, de transgressions de toutes sortes. Une France modeste, parfois même misérable. Des femmes, des hommes, de tous âges et de toutes conditions, qui sont violés, volés, cambriolés, frappés, agressés, dépouillés. Il y a des commerçants qui n’en peuvent plus et finissent par ne plus compter le nombre de fois où ils ont été attaqués et spoliés. Avant, tragiquement, parfois, de se révolter et d’user d’une légitime défense qui ne les empêchera pas, confrontés à certains juges, d’être incarcérés.

Il y a une France banale, discrète, qu’aucun signe particulier ne distingue.

Ce n’est pas l’antisémitisme ou le racisme qui ont été le ressort du crime. Donc, on n’en a pas, ou peu, parlé.

Ce n’est pas un féminicide et Muriel Robin s’en désintéresse.

Il n’y a pas eu de film sur les violences et elles n’ont pas été commises dans les cités. Le président de la République n’a pas été « bouleversé » et n’en a eu cure.

Le terrorisme islamiste n’a pas tué et l’effroi collectif, les bougies, les défilés et les discours solennels sont donc inutiles.

L’honorable Durand, l’estimable Abdallah et le touriste Pei ont, chacun à leur tour, connu ce qu’il a été convenu d’appeler la douce France. Les deux premiers sauront que ce pays n’est plus le même et le dernier rejoindra la Chine, étrangement heureux d’être le citoyen d’une nation où il y a moins de libertés mais plus de sécurité.

La police n’est célébrée qu’au lendemain des attentats et on la laisse au quotidien, avec une gestion de l’ordre souvent erratique, faire comme elle peut. Hors de question, évidemment, de pouvoir lire ou entendre une grande voix pour venir à son secours sur le plan démocratique.

Il y a une France tristement usuelle, aux travaux et aux jours sans éclat, qui a peur, qui craint pour ses biens, son intégrité, sa vie, qui tente le moins mal possible d’assumer sa condition, mais quand elle est atteinte, blessée, souillée, même torturée, j’ai beau tendre l’oreille et consulter les médias, il n’y a rien qui vienne déplorer ce qu’elle subit. Pas d’acteur, aucun chanteur, pas le moindre BHL, encore moins le plus petit Plenel, évidemment pas Mélenchon ni Taubira. Juste Marine Le Pen, mais on a décidé que cela ajoutait à l’ignominie du crime !

Je rends hommage aux obscurs, aux sans-grade, à mes concitoyens effacés, aux destins niés, aux malheureux relégués, aux victimes anonymes.

À tous ceux qui n’auront jamais droit, dans leur malheur créé par une malfaisance aux multiples visages, à la considération symbolique et à la compassion de ceux qui ont l’indignation et la médiatisation fragmentaires, orientées, hémiplégiques.

Je n’aime pas la minorité française de la lumière qui tient pour rien ou oublie la majorité de l’ombre.

Philippe Bilger

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

PMA et écologisme, pour oublier le peuple, par Ivan Rioufol

Ils disent : respectons la nature et ses limites ! Les macroniens ne jurent plus que par l’écologisme, ce mondialisme qu’ils croient plus présentable. Mais les mêmes s’enflamment pour défendre la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes et les femmes seules. Transgresser la nature serait donc interdit… mais autorisé. La contradiction montre la fragilité de la conversion d’Emmanuel Macron à l’idéologie verte, cet universalisme de substitution. Les plus cohérents des écolos sont ceux qui, comme José Bové, refusent toute manipulation du vivant, qu’il soit végétal, animal ou humain.

Le projet de PMA pour toutes, examiné par les députés depuis mardi, viendra bouleverser la condition humaine. Celle-ci sera dégagée du fait qu’un enfant était jusqu’alors, sauf pour les couples hétérosexuels infertiles, le fruit d’une rencontre charnelle entre une femme et un homme. Désormais, la technique autorise l’homme-dieu à devenir son propre créateur. Dès lors, tout est envisageable. L’homme transgenre pourra même être mère. Bienvenue chez les apprentis sorciers.

Les minorités homosexuelles militantes, qui attendrissent les progressistes, sont en train de bouleverser la procréation au nom de l’égalitarisme et de leur bon plaisir. Elles arguent de leur douleur à ne pouvoir enfanter. Du coup, les lobbies en sont à justifier l’homme enceint. Ainsi, dans Libération, Cléo Carastro, historienne et anthropologue, a pu écrire mardi, dans la logique d’une PMA ouverte aux femmes devenues hommes (les “trans”) : “(…) C’est pour tou-te-s qu’il faut penser (la PMA pour toutes), pour les hommes et les femmes souhaitant engendrer (…) Deux hommes peuvent engendrer en mobilisant leurs seules forces procréatrices, et deux femmes le peuvent également (…).” Ces déconstructeurs ont perdu toute décence. Ils sont devenus mabouls. S’ébauche Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley : un univers totalitaire où les bébés fonctionnels sortent de laboratoires.

Rien n’est plus dangereux que les courbettes du pouvoir devant ces groupuscules despotiques et capricieux, qu’il prend pour l’air du temps.

Ivan Rioufol

Texte daté du 27 septembre 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

« L’identité d’un peuple, c’est sa génétique ! »

Qu’est-ce que l’identité européenne et qu’est-ce qu’en être un défenseur ? Voilà la question qui m’a été posée récemment et à laquelle je vais tenter de répondre du mieux que je peux dans les lignes suivantes.
Je suis un défenseur de l’identité européenne. C’est-à-dire que je combats pour la préservation des caractéristiques biologiques et culturelles de l’Europe et des Européens.
Être un identitaire européen, c’est aussi être amoureux des nations qui composent notre civilisation, dont la France évidemment. Cela ne veut pas dire que j’éprouve la moindre haine pour quiconque appartient à un autre espace civilisationnel que moi. Par contre, cela signifie que je considère que l’Europe, en tant que civilisation, doit être aimée et préservée.
Découvrez cette intéressante tribune de Nicolas Faure, publiée sur le site Polémia.

Claude Lévi-Strauss, en défense des identitaires

En 1971, Claude Lévi-Strauss donnait une conférence pour l’UNESCO sur le thème Race et culture.

Je ne suis jamais friand d’utiliser le patronage d’une personne inattaquable, en l’espèce par son aura universitaire et sa judéité, pour valider des propos de bon sens, diabolisés par les tenants du cosmopolitisme. Néanmoins, les propos tenus lors de cette conférence sont si limpides qu’ils méritent d’être largement partagés : la protection des particularismes d’une société implique une fermeture minimum aux sociétés extérieures.

« […] La lutte contre toutes les formes de discrimination participe de ce même mouvement qui entraîne l’humanité vers une civilisation mondiale, destructrice de ces vieux particularismes auxquels revient l’honneur d’avoir créé les valeurs esthétiques et spirituelles qui donnent son prix à la vie et que nous recueillons précieusement dans les bibliothèques et dans les musées parce que nous nous sentons de moins en moins certains d’être capables d’en produire d’aussi évidentes. »

« […] Il existe entre les sociétés humaines un certain optimum de diversité au-delà duquel elles ne sauraient aller […]. [Les cultures] ne s’ignorent pas, s’empruntent à l’occasion, mais pour ne pas périr, il faut que, sous d’autres rapports persiste entre elles une certaine imperméabilité. »

Aimer et défendre son identité n’est donc pas un crime. C’est une constante vitale dans toutes les sociétés, dans toutes les cultures.

Mais qu’est-ce que l’identité européenne ?

Un continent qui a forgé les Européens

La première chose qui vient en tête lorsqu’on évoque l’Europe, c’est le continent. Un espace géographique au sein duquel a eu lieu la rencontre entre un territoire particulier et un peuple.
Ce territoire, qui s’étend des fjords nordiques aux calanques méditerranéennes, des îles celtes aux plaines russes, est extraordinairement diversifié. Les paysages varient énormément, les types de climats également. La faune et la flore sont d’une richesse stupéfiante.
Le plus frappant en Europe, c’est sans doute qu’il y a peu d’endroits qui soient vierges de toute intervention humaine. Nos aïeux ont défriché, asséché, inondé, aménagé… Ils ont transformé ce continent autant qu’il les a modelés.
En effet, le territoire a aussi eu son influence, produisant au gré des variations environnementales et géographiques, des familles d’Européens bien distinctes malgré leur souche commune.

Mais l’Europe n’est pas qu’un continent. Mieux, l’espace géographique au sein duquel les Européens se sont développés n’est rien comparé aux Européens eux-mêmes. La vraie richesse, c’est le peuple européen lui-même !

Les gènes européens, trésor à préserver

Il est aujourd’hui impossible de nier l’existence d’une population européenne, distincte génétiquement des autres populations qui composent la mosaïque mondiale (Africains subsahariens, Arabes et Proche-orientaux, Asiatiques, etc.). Les travaux de tous les généticiens – de Cavalli-Sforza jusqu’à David Reich en passant par Evelyne Heyer – démontrent bien que l’identité européenne est une réalité génétique. Une étude récente démontre que les différences moyennes de taille, de masse corporelle et de propension à la schizophrénie entre Asiatiques, Européens et Africains sont significativement génétiques.

Il existe également un consensus sur le fait que les différences intellectuelles moyennes entre les populations humaines vivant dans un même environnement – par exemple l’Europe – sont significativement génétiques.

Evidemment, les Européens ne sont pas un ensemble génétique strictement homogène. Un Nordique est différent d’un Méditerranéen tandis qu’un Celte et un Slave seront eux-aussi éloignés génétiquement l’un de l’autre.
Reste que ces différences sont immensément moins grandes que celles avec les Africains subsahariens ou les Asiatiques.

Et c’est de cette prise de conscience d’une unité génétique que part tout combat identitaire. Puisque l’identité d’un peuple, c’est sa génétique !

Si vous mettez demain les Européens en Afrique subsaharienne ou sur une grande île déserte, ils mettront le temps qu’il faudra mais ils rebâtiront une autre Europe.
C’est exactement ce qu’il s’est passé aux Etats-Unis, en Afrique du Sud ou en Australie. Des Européens se sont installés dans des endroits, parfois hostiles, puis ont recréé une société performante. Une nouvelle Europe.

Les premières richesses à défendre pour tout identitaire conséquent, ce sont donc bien les gènes de son peuple !

Pour lire la suite, c’est ici !

Que manque-t-il aux partis et mouvements d’opposition face à Emmanuel Macron ?

20/09/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Gilets jaunes, France insoumise, Rassemblement national… pourquoi les nombreuses oppositions à Emmanuel Macron semblent-elles avoir du mal à devenir incontournables aux yeux de l’opinion ?
Dans « Le Non du peuple », deux essayistes – Gabriel Robin et Benjamin Demeslay – tentent de relever le défi. Leur solution ? Un « populisme innovant ». Qu’est-ce à dire ?

Ils s’en expliquent dans Parade-Riposte, une émission dirigée par Édouard Chanot.


Que sont les Français devenus ?, par Ivan Rioufol

Ivan Rioufol

Que reste-t-il de la galanterie, du respect de la femme, de ces marques d’un peuple éduqué ? Que sont, cher Rutebeuf, les Français devenus ? Depuis le début de l’année, 75 femmes ont été tuées par un mari, un amant, un ami. En riposte, le gouvernement va organiser, le 3 septembre, un “Grenelle des violences conjugales”. Mais la décadence se lit aussi aux insultes qui pleuvent sur les femmes dans les rues, aux mains aux fesses dans le métro ou le bus, aux viols parfois.

Samedi dernier, à Paris, 1 500 personnes se sont retrouvées, place de la République, pour alerter sur cette régression. Toutefois, qu’attendent les femmes qui protestent pour parler clair ? Celles-ci dénoncent un “féminicide”, pour faire comprendre que les tuées l’auraient été parce que femmes. Dans “homicide”, elles entendent “homme”, au lieu d’”humain”. Ces néoféministes imposent au meurtre un mobile – la haine de la femme par l’homme prédateur – qui exclut des sources plus complexes, sociales ou culturelles. Elles obscurcissent les causes.

La paupérisation, la déculturation, l’abêtissement expliquent l’effondrement des mœurs dans bien des familles, y compris bourgeoises. La banalisation de la drogue et de la pornographie contribue à l’ensauvagement des esprits faibles. Or le concept de “féminicide”, non reconnu par le droit mais repris par Emmanuel Macron, ne permet pas de saisir ces situations sociales. Et les protestataires se gardent également de nommer la responsabilité de la culture islamique dans les atteintes sexistes. C’est pourtant cette idéologie virile qui asservit les femmes des cités.

C’est le Coran qui avalise la polygamie, exige de l’épousée qu’elle soit vierge au mariage et de la femme qu’elle se soumette à son mari (“Elles [les femmes] sont votre champ de labour. Allez à votre champ comme vous l’entendez […]“.) C’est la sourate 4 verset 34 qui autorise l’homme à frapper son épouse : “Les hommes ont autorité sur les femmes (…). Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance (…) frappez-les (…)“. Or les féministes baissent les yeux devant cet islam rétrograde.

Réduire la question des violences faites aux femmes à une lutte des sexes, comme le font les fausses rebelles et les militantes de la PMA pour toutes, est un procédé qui occulte les réalités.

Ivan Rioufol

Texte daté du 3 juillet 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Le retour du peuple, communauté de lutte

Il n’y a pas si longtemps, Pierre Rosanvallon, dans Le peuple introuvable, posait la question de la représentation effective du peuple dans nos vieilles démocraties parlementaires. Les apôtres du libéralisme ayant proclamé le règne de l’individu-roi, la souveraineté du peuple – qui reste pourtant le fondement de la démocratie – se voyait sacrifiée au nom de la société de marché, la plus conforme au capitalisme tardif, de la séduction et du désir.
Et pourtant, le peule insaisissable, le peuple essentialisé et sanctifié par les idéologies de la modernité, revint au-devant de la scène politique, dans la rue avec les gilets jaunes, parfois de façon brutale, mais en tant que force de contestation incontournable.

Cette présence du peuple au réel, au quotidien, n’est plus une abstraction, mais l’évidence même du principe politique de la démocratie, une réalité agonale qui unifie le principe naturel Fichteien du « droit du sang » et la communauté de volonté Renanienne qui en appelle à « un plébiscite de tous les jours ».
C’est cette réalité, ce come back du peuple enraciné en tant que moteur de l’histoire, que l’hyperclasse globaliste s’efforce de nier et de réprimer. Alors que la démocratie parlementaire constituait, depuis deux siècles, l’horizon intouchable du bien politique, aujourd’hui elle semble trahie et toucher à son terme. Aujourd’hui, le divorce entre peuple et oligarchie globale gouvernante se gargarisant de ses discours, est bel et bien consommé, et les lignes de front seront à la fois sociales et communautaires.

Nous assistons de plus à l’émergence d’une conflictualité intra-étatique et non plus inter-étatique. Une conflictualité au sein de laquelle le peuple en tant que communauté de destin se définira à l’avenir, comme le souligne Charles Chaumont, par « l’histoire de ses luttes », une histoire qui reste à écrire…

En effet, Pour Charles Chaumont, contrairement au droit international classique, fondé sur la volonté des seuls gouvernants, le droit international contemporain se caractérise par l’irruption du peuple comme réalité historique dans la scène internationale. Une irruption qui introduit une véritable rupture critique dans la manière de penser l’ordre juridique international.
Deux siècles plus tard, on assiste à la convergence entre la « communauté de destin » de l’austro-marxiste Otto Bauer, qui permet d’opérer une articulation entre le peuple-en-soi et le peuple-nation, ce nouveau « bloc historique » Gramscien, porteur de transformation sociale. En effet, c’est la grande leçon de Gramsci qui avait bien vu les limites d’une telle conception anti-nationale et pour lequel l’expression de peuple-nation (« popolo-nazione ») s’insérait dans le cadre du bloc historique et d’hégémonie, tout en étant l’expression du sentiment national mise en perspective selon une stratégie sociale révolutionnaire stratégique inclusive et émancipatrice.

C’est bien cette rencontre entre la dimension « populaire-nationale » et la lutte sociale, qui échappe aux carcans des partis de la droite bourgeoise, ainsi qu’au monopole idéologique de l’antifascisme sansfrontiériste et internationaliste, qui fait la singularité d’un peule en lutte qui devient « fait social total ». En effet, la gauche antifasciste reste profondément réactionnaire, bourgeoise et anti-populaire, car prisonnière d’une approche anti-identitaire et a-nationale, elle n’a jamais su ancrer sa vision de « société des producteurs » dans une vaste communauté organique enracinée, dans le cadre d’une identité historique propre.

La même aporie est vérifiable chez le marxisme messianique historique qui transfère cette téléologie historique (« le sens de l’histoire ») de la nation vers le prolétariat international (ou plus exactement transnational) en oubliant que toute révolution sociale s’inscrit dans une culture nationale spécifique. C’est aussi la raison pour laquelle le capitalisme libéral contemporain, qui glorifie le marché transnational et le cosmopolitisme culturel a trouvé un allié privilégié dans le discours sans-frontiériste libéral-libertaire de gauche.

Depuis l’ordre international Wilsonnien qui, à la fin de première guerre mondiale, instrumentalisa le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes afin de décoloniser le monde et d’assurer le démantèlement des empires multiethniques, la notion de peuple comme « force créatrice » dans la dynamique du droit international fut peu à peu évacuée au profit de la volonté des seuls gouvernants, et du discours sociétal sur les droits de l’homme et sur le droit des minorités.
L’actuelle progression des mouvements populistes, le réveil des couches populaires et moyennes socialement marginalisées et déclassées de part l’Europe, démontrent que le peuple reste une force de contestation à la fois sociale et identitaire incontournable. Le principe des luttes de libération nationale de l’époque coloniale cède le pas au droit des peuples à témoigner d’eux-mêmes, le droit à l’auto-détermination se transformant en droit à l’auto-conservation et du droit à rester eux-mêmes à l’époque post-nationale et face à la logique marchande et uniformisante des Etats oligarchiques, satellisés par les instances supranationales et globalistes. Nul ne sait si ce phénomène général de clivage entre peuple et élites engendrera à long terme une possible inversion des jeux de puissance et des retournements qui peuvent, à terme, changer l’état de la société internationale.

Jure Georges Vujic

Article paru sur le site de Polémia

François-Xavier Bellamy : “Il y a un ressentiment des élites contre le peuple”

21/12/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Adjoint au maire de Versailles, essayiste, philosophe, François-Xavier Bellamy est revenu au micro de Boulevard Voltaire sur le Pacte de Marrakech et les Gilets Jaunes.
Autant de sujets qui mettent en lumière les thèses avancées par son dernier ouvrage “Demeure”.


Christophe Guilluy: « Les gilets jaunes demandent du respect, le pouvoir répond par l’insulte! »

Colère des gilets jaunes : de la fiscalité à l’identité ? – Thierry Dubois (Les Identitaires)

gilets jaunes

Samedi, le mouvement populaire des gilets jaunes a paralysé de façon spectaculaire une partie de la France grâce à une mobilisation massive : 287 000 manifestants dans plus de 2000 rassemblements d’après le ministère de l’Intérieur. Une démonstration de force, exprimant une colère qui ne semble pas prête de s’apaiser puisque le mouvement a repris dès lundi et annonce une manifestation d’ampleur à Paris samedi prochain.

La grogne de cette France périphérique est tournée vers la fiscalité écrasante dont elle est la cible. Toujours plus matraquées de taxes, les classes moyennes et populaires n’ont pas supporté une énième hausse des prix du carburant, qui s’ajoute aux impôts, aux radars, à l’écotaxe ou encore à la baisse de la vitesse autorisée sur les routes.

Les bobos et les pseudo-élites ne comprennent pas ce ressentiment qui explose enfin. Les gens de nulle part, les vainqueurs de la mondialisation, ceux qui « passent leurs vies dans les aéroports » selon les mots d’Eric Zemmour face à Jacques Attali, considèrent que les gens de quelque part, enracinés, ceux qui ont besoin de leur voiture, sont des « beaufs », des « ploucs » méprisables, qui ne comprennent pas les bienfaits du supposé progrès. Ils ignorent de quoi est faite la vie hors des grandes villes : près de 70 % des Parisiens se rendent au travail grâce aux transports en commun, mais seulement 7 % du reste des Français le peuvent.

Symbole de liberté individuelle, d’émancipation, et surtout nécessité hors des grands centres urbains, la voiture est essentielle au quotidien de la majorité des Français. Prétendant ne pas vouloir taxer le travail, le gouvernement Macron tape sur le carburant, indispensable pour pouvoir aller au boulot : c’est bien une taxe qui touche les travailleurs, les culpabilisant au passage, les accusant d’être de gros pollueurs quand l’empreinte carbone des porte-containers ou des avions essentiels à la mondialisation est bien plus importante. Cette hausse des prix touche aussi les familles, les retraités, forcés de faire toujours plus de route pour trouver un médecin, un centre commercial, une boulangerie ou un bar, de plus en plus rares à cause de la désertification des campagnes au profit des villes.

Mais que les observateurs ne s’y trompent pas ! Le mouvement des gilets jaunes est avant tout une révolte, plus ou moins consciente, contre l’immigration massive. Pourquoi ces hausses des taxes et des impôts, incessantes, si ce n’est pour payer les coûts toujours plus faramineux de l’immigration voulue par les bobos, ceux-là même qui vomissent la France périphérique, la France qui souffre, la France qui travaille et qu’on tond ?

Car il faut bien régler la facture : allocations familiales et chômage, les milliards engloutis par les multiples plans banlieues pour arroser les cités en oubliant les départements ruraux, plusieurs centaines de millions afin d’ouvrir des centres d’accueil pour les migrants clandestins, l’aide médicale d’État dont profitent les clandestins qui a coûté 1,1 milliard d’euros en 2015… La hausse du prix du carburants n’est que le dernier moyen trouvé par l’État de faire cracher au bassinet le peuple Français qui doit payer pour les nouveaux arrivants. Ceux qui travaillent toute leur vie passent après d’autres qui n’ont jamais rien fait.

Ces derniers, d’ailleurs, ne leur en sont même pas reconnaissants. Au pire ils détestent ceux qui subissent leur venue, au mieux ils sont totalement indifférents. Car la foule des manifestants de samedi n’est pas que jaune : elle est aussi presque uniformément blanche. Comme l’immense cortège pour l’enterrement de Johnny, ou les manifestations en mémoire des victimes du terrorisme islamique. Le mouvement des gilets jaunes illustre, une nouvelle fois, la fracture entre le peuple historique de France et celui qui le remplace, qui ne se sent pas concerné par ses problèmes, qui n’a rien à voir avec lui.

Les gilets jaunes le sentent. Soutenus par une large majorité du peuple français, plus des deux-tiers d’après plusieurs sondages Odoxa, ils font face à deux problèmes liés : l’immigration massive, et ceux qui l’imposent, c’est-à-dire les bobos qui se prennent pour des élites. Samedi, les manifestants ont tenté d’occuper l’Élysée ou les locaux de France Télévision. Dans le même temps, tout au long de la journée, ceux qui ne comprenaient pas les blocages et insultaient ou menaçaient, au point de provoquer des scènes de violence, étaient très majoritairement issus de l’immigration. Lundi matin, dans l’Eure, les gilets jaunes sont même allés bloquer l’entreprise Rayan-S, qui embauche des migrants plutôt que des Français.

Les révoltes contre Rome, les grandes jacqueries médiévales, la Révolution de 1789… de nombreux bouleversements majeurs ont commencé par la hausse des prix. Le mouvement des gilets jaunes camoufle mal un autre enjeu, bien plus important et qui pourrait vite en devenir le cœur : celui de l’identité.

Thierry Dubois

Texte repris du site de : Les Identitaires

La nouvelle révolution française, acte I, par Ivan Rioufol

gilets jaunes

Quand on cherche le peuple, on le trouve. Au sens propre comme au figuré. Emmanuel Macron aurait pu tenter de renouer avec les Oubliés, sur les terres desquels il était ces jours-ci. Mais il a choisi de se tenir à distance de la colère française lors de son “itinérance” autopromotionnelle sur les lieux de la Grande Guerre : des “gilets jaunes” ont été écartés des cortèges et des caméras. D’ailleurs, Macron a vu “ un peu tout et n’importe quoi ” dans ces frondes éparses. À l’issue de ses 1 000 kilomètres dans la ruralité, le président n’a apparemment rien saisi de l’attachement des gens à leur nation protectrice, malmenée par la mondialisation.

La célébration du centenaire du 11 Novembre, point d’orgue de la mise en scène d’une proximité présidentielle, a été l’occasion d’une pluie d’obus élyséens sur le “ nationalisme”. À entendre Macron, les citoyens qui n’adhéreraient pas à son idée de “souveraineté européenne”, qui efface les nations renaissantes, seraient des xénophobes et des fascistes en puissance. Mais ces canailles-là font masse. Le président a grand tort de les insulter et de s’en faire des ennemis.

Ce n’est pas seulement une révolte fiscale qui s’exprimera samedi, à l’appel des réseaux sociaux, sous le symbole du gilet jaune de la sécurité routière. Les taxes supplémentaires sur le carburant sont l’étincelle. Mais le terreau est depuis longtemps inflammable. Le gouvernement n’éteindra pas les braises avec ses derniers chèques compensatoires ou ses “superprimes” pour changer de voiture. Le chef de l’État n’est pas la seule cible de cette nouvelle révolution française, qui ouvre l’acte I d’un scénario improvisé.

L’égotisme de Macron n’a fait qu’exacerber les incompréhensions entre la France d’en haut et celle d’en bas. Le président n’a pas engagé la rupture avec l’ancien monde. La société civile, qu’il a prétendu représenter, ne se reconnaît pas dans cet homme soucieux de sa destinée. Une révolution démocratique, populaire, girondine se dessine. Déjà, les dirigeants ne dirigent plus vraiment. Ils vont devoir apprendre à écouter le peuple. La belle affaire !

Voilà ce qui arrive aux “ élites” quand elles diabolisent les “populistes” au lieu de les entendre dans ce qu’ils disent de raisonnable : le système technocratique est contesté par une révolte populaire enracinée.

Ivan Rioufol

Texte daté du 15 novembre 2018 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Gilets jaunes – 17 novembre : le cri d’une France qui ne veut pas mourir, par Guillaume de Thieulloy

Depuis quelques jours, un appel à multiplier les blocages le 17 novembre se répand sur les réseaux sociaux, pour protester contre la hausse du prix des carburants (liée notamment au racket fiscal du gouvernement).

J’ignore qui est derrière cet appel qui n’a pas été, à ma connaissance, revendiqué.

En revanche, je dis tout net que, personnellement, je soutiens cette mobilisation et espère qu’elle aura le plus grand succès possible – et qu’elle ne sera qu’une étape dans l’expression du ras-le-bol multiforme des Français.

C’est du populisme, me dira-t-on ? Oui, sans doute, et alors ? Bien sûr que je suis, dans cette affaire, du côté du populisme contre l’oligarchie qui piétine le peuple français !

Ce que je trouve très intéressant dans cette mobilisation réside précisément dans ce qui la fait regarder avec mépris par les « bien-pensants » : son caractère inorganisé et son caractère de réaction épidermique.

Que ce soit inorganisé est la meilleure chance que le 17 novembre soit l’occasion d’une convergence de toutes les colères.

En 2014, j’avais soutenu « Jour de colère », cette manifestation qui réunissait des Français extrêmement différents et porteurs de colères variées.

C’est la même logique de coalition des colères qui se révèle ici. Car, ne nous y trompons pas : ce n’est pas seulement la hausse des carburants et le racket fiscal qui sont en cause. C’est aussi l’impuissance organisée de l’État. C’est l’insécurité. C’est l’immigration massive.

Peut-être, d’ailleurs, le plus grave réside-t-il dans le décalage entre ce que l’État nous vole et ce qu’il en fait.

Quand ils apprennent, à quel­ques jours d’intervalle, que le prix moyen d’un litre de diesel est passé entre le 1er janvier et le 26 octobre 2018 de 1,39 à 1,51 euro, soit plus de 8,5 % de hausse en moins d’un an (et même pratiquement 40 % de hausse depuis le début de 2016), et que, dans plus de 300 villes, la nuit d’Halloween (fête d’importation, comme la plupart de ceux qui ont pris part aux « festivités » !) a été
le théâtre de scènes d’émeutes et de déprédations telles que la police était dépassée, les Français ont des raisons d’être en colère !

Ce qui est en cause, c’est aussi l’arrogance des petits marquis qui se croient au-dessus des lois pourrissant nos vies.

Le peuple français se réveille et c’est une excellente nouvelle.

Bien sûr, il y a fort à parier que ce mouvement soit caricaturé. Mais l’exaspération est telle que les caricatures, les menaces ou les appels au calme n’ont plus aucun impact. Il est significatif, d’ailleurs, que cet appel aux blocages soit soutenu par des politiciens aussi différents que Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen ou Nicolas Dupont-Aignan.

Ce mouvement du 17 novembre, c’est le cri de ras-le-bol des Français. Mais c’est aussi le sursaut d’une France qui ne veut pas mourir. D’une France qui refuse le sort que lui réserve cyniquement une oligarchie si manifestement anti-française. D’une France qui n’en peut plus d’assister à l’impuissance politique théorisée. D’une France qui veut reprendre en mains son destin politique confisqué par de prétendus experts et de prétendus représentants.

On dira sans doute : une coalition de colères ne fait pas un programme de gouvernement. Certes. Mais c’est une raison de plus de travailler à l’alliance des conservateurs et des populistes qui triomphe partout en Europe et que M. Macron a justement désignée comme son ennemie. Car, avec cette alliance, non seulement nous disposerions d’un programme, mais nous disposerions aussi des personnes capables de le mettre en œuvre (et qui manquent cruellement au mouvement populiste).

Guillaume de Thieulloy

Tribune reprise de les4verites.com

Génération Identitaire : stopper l’immigration, c’est possible !, par Caroline Parmentier

Les slogans sur fond de ciel bleu horizon devraient apparaître sur les murs de France et ça va nous faire du bien : « Stopper l’immigration, c’est possible ». « Défendre nos frontières, c’est possible ». « Protéger son peuple, c’est possible ». Génération Identitaire lance sa nouvelle campagne.

« Les opérations Defend Europe en Méditerranée et dans les Alpes ont été de véritables succès, explique Génération Identitaire. Nous avons fait reculer des gouvernements et avons déstabilisé des ONG pro-migrants : en exposant leur complicité avec les mafias de passeurs, leurs dons ont chuté enrayant leurs possibilités d’action. »

Avec cette campagne, l’association, dont les jeunes militants ont bloqué avec éclat le point de passage des clandestins au col de l’Echelle dans les Alpes en avril dernier, réclame maintenant des solutions politiques : « Nous avons prouvé qu’avec peu de moyens il était possible d’obtenir des résultats. Notre nouvelle campagne a pour but de montrer aux Français qu’avec une réelle volonté politique, les dangers que sont l’immigration massive, l’islamisation de notre pays ou l’insécurité peuvent être combattus efficacement. »

Des membres d’ONG qui sont eux-mêmes des passeurs

Le passeur tunisien Chamseddine Bourassine, chéri des médias, qui avait coordonné l’opération anti-Génération Identitaire (à bord du C-Star) en 2017, est aujourd’hui en prison. Chamseddine Bourassine, grand ami et sauveur de migrants depuis 2008, a été emprisonné pour ses activités illégales. Il a été interpellé par les autorités italiennes après l’arrestation en Grèce de plusieurs membres d’une ONG « sans-frontiériste » pour participation à un réseau criminel d’aide à l’immigration clandestine…

« En 2017, nous dénoncions la complicité objective des ONG avec les trafiquants d’êtres humains, commente Génération Identitaire, mais avec Bourassine, la réalité dépasse nos soupçons : des membres des ONG sont eux-mêmes des passeurs ! La radicalisation d’une partie de cette mouvance appelle une réaction forte de la part de l’Etat. »

Génération Identitaire réclame une loi similaire à celle votée en juin 2018 en Hongrie, criminalisant toute forme d’aide aux migrants.

Enfin qu’on se le dise, traiter Génération Identitaire de « nazis » c’est risquer de se retrouver devant le tribunal. Madjid Messaoudene, conseiller municipal Front de gauche à Saint-Denis (93) et Thomas Portes, porte-parole du Parti communiste du Tarn-et-Garonne, qui s’étaient répandus en ignominies sur Twitter, sont assignés en justice pour « injures publiques » et comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Paris le 20 septembre prochain.

« C’est de la diffamation, a prévenu Romain Espino. On ne se laissera pas faire. A chaque fois que nous serons attaqués nous répondrons par voie de justice. » Une condamnation serait « un très mauvais signal », anticipe Madjid Messaoudene.

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 7 septembre 2018

Chaque peuple porte une tradition…

Chaque peuple porte une tradition, un royaume intérieur, un murmure des temps anciens et du futur. La tradition est ce qui persévère et traverse le temps, ce qui reste immuable et qui toujours peut renaître en dépit des contours mouvants, des signes de reflux et de déclin.

Réponse naturelle au nihilisme, la tradition ne postule pas le retour à un passé mort. Elle ne plaide pas pour les quenouilles ou les calèches. Elle ne postule pas une théorie politique ou sociale. Elle est ce qui donne un sens à la vie et l’oriente. Elle porte en elle la conscience du supérieur et de l’inférieur, du spirituel et du matériel.

La tradition pérenne d’un peuple ne se confond pas avec les traditions, même si les coutumes portent parfois une part de l’authentique tradition. Celle-ci est l’expression la plus haute et quasi « divine » d’une grande communauté charnelle et historique. Elle est son être éternel. Elle lui donne ses principes, ses vérités permanentes, capables de traverser les fluctuations temporelles.

Elle plonge dans l’histoire, mais elle est au-delà et en deçà. Elle n’est pas antérieure par la chronologie. Le primordial n’est pas le primitif. Il s’appréhende dans la durée. La tradition est une strate profonde, une assise spirituelle, un cadeau des dieux. Pas plus que le langage, elle n’est une création volontaire.

Sans que nous le sachions, elle continue de vivre en nous. Comme un leitmotiv musical, elle est le thème conducteur. Elle est fondatrice. Elle est ce qu’il y a de plus ancien et de plus proche. Elle est la traduction d’une façon unique d’être des hommes et des femmes devant la vie, la mort, l’amour, le destin. Elle porte les principes qui transcendent la vie, les pensées et les actes.

Dominique Venner

Texte repris de dominiquevenner.fr

Résultat de l’élection présidentielle : Le peuple n’a pas encore assez souffert

Source : Boulevard Voltaire – “Le peuple n’a pas encore assez souffert”

Les Français, qui se croient un peuple politique, n’auront été qu’un troupeau manipulé.

Macron, dimanche soir, n’a pas été élu.

Il a été porté au pouvoir, nommé devrais-je dire, par la coalition et la collusion des puissances financières internationales, des médias qui leur appartiennent, des syndicats qu’ils ont su corrompre et d’un système politique à bout de souffle mais bien aidé par une justice sans honneur ni décence. Appelons cela les forces capitalistes dans ce que cette acception a de pire. Nous aurons vécu, à l’occasion de cette élection, un véritable coup d’État politico-médiatico-judiciaire.

Ce type de système politique a un nom, et la dictature de fait dans laquelle nous sommes entrés depuis l’adoption en Congrès du TCE, rejeté pourtant par référendum, sera de moins en moins soft. Les ordonnances nous feront même regretter le 49-3, moins sournois.

Les Français, qui se croient un peuple politique, n’auront été qu’un troupeau manipulé. Ce peuple, que l’on disait et que je croyais fier hier encore, s’est avachi sous les coups de boutoir de la pensée unique.

Nous sommes entrés dans le règne des imprécateurs.

Malgré les chômeurs et les pauvres, les SDF et les suicides des agriculteurs, les attentats, les morts et les blessés, et tant d’autres choses inacceptables, il n’a pas encore assez souffert pour se rebeller, mais ceux qui se croient encore à l’abri vont être, eux aussi, peu à peu touchés par la casse sociale que Macron leur réserve et vont rapidement déchanter : ça va commencer par la fin du CDI et ça se terminera avant la fin du mandat par la mort du SMIC. Nos oubliés d’aujourd’hui sont les abandonnés de demain.

Alors, seulement, ils se réveilleront ; espérons qu’il ne sera pas trop tard, parce que, pour moi, il reste encore un danger bien pire et que je redoute : la suppression, par un moyen ou un autre, de l’élection du Président au suffrage universel.

Le communautarisme prôné par Macron, la négation de la nation qu’il professe, l’abandon délibéré de notre culture, la mise en cause de nos arts, de nos traditions, de notre civilisation chrétienne, le dénigrement de nos inspirations philosophiques et politiques gréco-romaines, la repentance permanente qui lui fait courber l’échine devant le premier venu jusqu’à nous accuser collectivement de crime contre l’humanité (imprescriptible par définition) ne vont pas rester sans effet non plus. Les conséquences n’en seront pas seulement matérielles et, dans l’esprit des Français, cette nouvelle vision de notre pays va marquer les subconscients aussi sûrement que les roues des chariots l’ont fait sur la via Romana, en creusant des sillons à combler jusqu’au moment de devoir refaire la route.

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Vincent Coussedière : « Le retour des peuples dépasse les partis populistes »

18/03/2017 – EUROPE (NOVOpress)
Agrégé de philosophie, Vincent Coussedière a été révélé au grand public avec son premier livre Éloge du populisme.

Vincent Coussedière tient à distinguer le «retour du peuple» aux partis dits «populistes» :

Lorsque je parle du «retour du peuple», je n’identifie pas ce retour aux partis dits «populistes». En effet l’idée selon laquelle le «peuple» ferait son retour à travers un parti serait contradictoire. Le peuple n’est par définition pas un parti, aucun parti ne peut prétendre être le peuple, mais seulement une partie de celui-ci. Je ne cesse en effet de répéter depuis 2012 (Voir mon Éloge du populisme) que le «populisme du peuple» ne se confond avec aucun parti, mais doit plutôt s’interpréter comme la pression exercée par des peuples voulant conserver leur existence sur des systèmes partisans incapables de les protéger. Les peuples européens ont bien compris que ces mêmes partis étaient plutôt disposés à accélérer leur liquidation! Le «retour du peuple» s’exprime donc tout autant dans le vote pour des partis «populistes» que dans la désaffection à l’égard de systèmes partisans sur les ruines desquelles ces mêmes partis tentent de faire fortune, désaffection qui peut aussi se traduire par l’abstention ou par la volatilité du vote. Le «populisme du peuple» que je définis comme la réaction des peuples à leur décomposition ne se traduit donc pas forcément par l’adhésion aux partis «populistes». Ceux-ci ont certes une longueur d’avance sur les partis traditionnels mais rencontrent en même temps une méfiance de la part des peuples. Après tout ils sont aussi des «partis» et l’on se demande s’ils sont vraiment différents des autres… Il est donc sans doute encore trop tôt pour parler de «recomposition politique» comme vient de le montrer ce relatif échec de Wilders aux Pays Bas.


Manuel Valls réagit à l’impopularité de la réforme sur le droit du travail

07/03/2016 – POLITIQUE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Le Premier ministre a accordé aujourd’hui un entretien au Journal du Dimanche. Il s’est engagé à améliorer la loi en ce qui concerne le plafonnement des indemnités prud’homales et l’assouplissement des règles de licenciement économique. Ce sont en effet, les deux mesures les plus impopulaires, dont les syndicats ont demandé le retrait. Il a déclaré que : « Ces deux points feront, bien sûr, l’objet d’améliorations […], mais, ce qui serait terrible, c’est le statu quo ». En attendant, Manuel Valls a décalé de 2 semaines le passage de cette loi au conseil des ministres, le reportant au 24 mars.

Des réactions ont-elles eu lieu parmi l’opposition ?
Cette loi pourrait permettre d’argumenter contre le gouvernement de gauche, en 2017 : « Le changement, il ne viendra pas de la rue, il viendra des urnes » a déclaré Florian Philippot, député européen et numéro 2 du Front National. Cependant, il a prévenu : « Je n’irai pas manifester mercredi, nous laisserons la liberté à nos militants, électeurs et sympathisants d’y aller ou pas (…) Le changement, il ne viendra pas de la rue, il viendra des urnes, et on le verra probablement l’an prochain à l’occasion de la présidentielle et des législatives ».
La réforme du droit du travail ne serait qu’une application des directives de Bruxelles ?

Et Florian Philippot d’ajouter : « Mme El Khomri, elle ne sait pas très bien ce qu’il y a dans sa propre loi, il y a trois mois, elle ne savait pas ce qu’était un CDD (…) Je crois qu’elle est utilisée comme porte-parole, de manière assez cynique d’ailleurs, par le gouvernement et par François Hollande pour dérouler la feuille de route de Bruxelles, qui est d’une violence inouïe et qui ne va pas créer un seul emploi. Ce n’est pas en ayant un salarié Kleenex, ce n’est pas en gérant la pénurie, ce n’est pas en organisant la précarisation générale de la société française (…) qu’on va arranger les affaires de la France ».

Faillite des gauches

26/02/2016 – POLITIQUE (Présent 8555)

Tandis que notre pays s’enfonce dans la crise, que se creusent la dette et les déficits, que l’ombre noire du terrorisme islamique plane sur lui, les socialistes débattent âprement d’une question existentielle qui s’apparente à celle sur le sexe des anges : où est la vraie gauche ? « Nous représentons la gauche moderne », assure Martine Aubry parlant d’elle et des frondeurs, reprenant la formule de Manuel Valls qui l’appliquait à sa politique et fustigeait la « gauche passéiste ».
Réplique de l’édile lilloise : « Nous sommes la gauche progressiste. » Mélenchon explique que Martine Aubry ne fait que se rallier à ce qu’il a toujours dit, lui le porteur de la vraie croix socialiste. Ce jeu de ping-pong peut durer un moment encore, car dans cette querelle des anciens et des modernes, tout le monde veut être moderne.
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C’est la réforme du Code du travail, portée par Myriam El Khomri, qui a déclenché les hostilités et a contraint Mme Aubry à sortir de sa tranchée nordiste pour monter au front. Depuis, les vieux croyants du socialisme ne sont qu’imprécations, fulminations, condamnations, hurlant à la trahison des sublimes idéaux de la gauche. La vérité pourtant est que les socialistes ont depuis un moment déjà mis de l’eau libérale dans le vin rouge du socialisme, non par vertu, mais par nécessité, le projet du ministre du Travail aujourd’hui n’en est que la dernière manifestation.

Qui, chez les anciens comme les modernes du PS, donne toujours du socialisme la définition du dictionnaire : « l’appropriation collective des moyens de production » ? Qui fait toujours sienne la formule de Mitterrand en 1971 : « Celui qui n’accepte pas la rupture avec le capitalisme celui-là, je le dis, il ne peut pas être adhérent du Parti socialiste » ? En 1983, alors au pouvoir, il dut renoncer à ces billevesées pour éviter d’achever la ruine du pays par l’application du programme commun.
En 2002, loin de rompre avec le capitalisme, le gouvernement Jospin le restaura de 1997 à 2002, il fut le Premier ministre qui privatisa le plus. Rappelons que Martine Aubry et Jean-Luc Mélenchon y étaient ministres. La « trahison » vient de loin, les poulains de Hollande, Valls, Macron, El Khomri, s’inscrivent dans sa continuité en dépouillant le socialisme de ses dogmes exténués.

Mais cette faillite idéologique s’accompagne d’une autre, bien plus grave, dont Hollande est le syndic. Les socialistes ont trahi les ouvriers, les oubliés, les laissés-pour-compte de la société dont ils prétendaient être les défenseurs.
L’ancêtre du PS, c’était la SFIO : Socialistes français de l’internationale ouvrière. Il n’y a plus d’ouvriers au Parti socialiste, occupé par les bobos, les hauts fonctionnaires et les apparatchiks. Au point qu’en 2002 Pierre Mauroy, qui avait connu, dans le Nord, un socialisme ouvrier, dut lancer au candidat Jospin : « Ouvrier, ce n’est pas un gros mot ! »
Ces gens-là n’ont entendu parler du peuple que par ouï-dire. De Hollande à Mélenchon en passant par Aubry et Valls, ils sont pour les immigrés au détriment des travailleurs français dont ils ignorent la souffrance.
Et ils s’étonnent que ceux-là, leurs électeurs d’hier, se tournent vers le Front national, seul à les défendre.

Guy Rouvrais