Comment réagir en cas d’attaque terroriste ? Le message désarmant de l’État

05/12/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Voilà qui semble une bonne idée a priori : le gouvernement diffuse une affiche expliquant comment réagir en cas d’attaque terroriste. Les trois points de base de la survie : fuir, se cacher, se battre ? Non, pour l’État, il ne faut pas se battre.

Le b-a-ba de la survie en cas d’attaque terroriste ou assimilée, tel qu’enseigné par tous les professionnels de la sécurité est clair :
1/Fuir : s’éloigner du danger est évidemment la meilleure option de survie
2/Se cacher : dans l’impossibilité de fuir, se cacher derrière des éléments « durs », se barricader.
Dans les deux cas, prévenir les forces de l’ordre dès que possible.
3/se battre : en dernier recours et en dernier recours seulement, il faut se battre, si possible en groupe et en utilisant toutes armes improvisées à portée de main.

Pas besoin d’aller sur des sites survivalistes et mytho en diable pour trouver ces conseils de bon sens. Le site de l’Obs, « bien sous tous rapports », nous les livre, avec quelques autres conseils utiles.

Mais l’État a peur des citoyens qui l’ont pas peur, c’est ce qui ressort en filigrane de la campagne de communication (affiches, page internet…) lancée pour expliquer à la population comment réagir en cas d’attaque terroriste.
Les conseils prodigués s’arrêtent en effet au point 2, « se cacher », remplaçant « combattre » par « alerter ».
Bien sûr, alerter les forces de l’ordre et leur obéir quand elles sont présentes est le bon sens même ; mais ne même pas expliquer à la population qu’en dernier recours elle doit combattre pour sa survie est très révélateur du contrôle social accru qui s’exerce à l’encontre des citoyens. Ce sont eux les premiers visés par les lois renseignement, le contrôle accru des armes légales et les mesures d’exception.
Décidément, le pouvoir préfère les moutons. À nous de ne pas nous laisser tondre.

Charles Dewotine

Ps : les messages américains visant le même but (éduquer la population aux bons comportements face à une attaque) n’oublient pas le 3e point : combattre.


État d’urgence : Vers un coup d’État républicain en France ?

Source : Boulevard Voltaire
L’annonce par Manuel Valls d’une possible prolongation de l’État d’urgence en France sur plusieurs mois amène quelques réflexions que les Français attentifs feraient bien de prendre en compte.

L’annonce par Manuel Valls d’une possible prolongation de l’État d’urgence en France sur plusieurs mois amène quelques réflexions que les Français attentifs feraient bien de prendre en compte :
Avant les élections régionales, il était question d’agir vite contre les islamistes, ce qui a entraîné des centaines de perquisitions, dont beaucoup d’inutiles, voire arbitraires. L’effet d’annonce, l’envie de montrer dans les journaux que quelques « barbus » sont menottés, ça fait de l’audience, et ça vous remonte une cote de confiance à 50 %.

Dans le concret, le Bataclan peut se rejouer demain, les frontières sont toujours des passoires, et l’islam radical a une armée de postulants au martyr, partout en Europe.

Lire la suiteÉtat d’urgence : Vers un coup d’État républicain en France ?

Valls : Vers l’état d’urgence permanent ?

03/12/2015 – FRANCE (NOVOpress)

Le Premier ministre a déclaré sur Europe 1 que l’état d’urgence décrété dans la foulée des attentats pourrait être prolongé au-delà du 26 février 2016.
Il a précisé qu’« Il ne faut pas écarter cette possibilité bien évidemment, en fonction de la menace, et il faudra agir avec beaucoup de responsabilité ».
De plus, le projet de loi visant à inscrire l’état d’urgence dans la constitution avance. Il vise à en faciliter l’emploi et à couper court aux contestations juridiques de cet état d’exception.
Un avant-projet de loi transmis cette semaine au Conseil d’État inscrirait dans la Constitution un dispositif permettant d’instaurer un état d’urgence « pendant une durée maximale de six mois » et pourrait être présenté en conseil des ministres le 23 décembre. Dans le même temps, le parlement se pose en garant des libertés publiques en instaurant une commission de contrôle parlementaire de l’état d’urgence.

La question de la sortie est également abordée : afin de ne pas voir s’égayer dans la nature toutes les personnes surveillées, une forme d’état d’urgence transitoire est envisagée. Sans nouvelles perquisitions administratives, ni assignations à résidence, mais avec des pouvoirs de police qui resteront valides pendant un temps. « L’idée est d’introduire des périodes de sortie progressive selon les situations », note-t-on à Matignon. Derrière la réforme constitutionnelle, c’est tout un appareil législatif qui est en préparation, allant dans le sens d’une plus grande latitude donnée à l’administration policière de mener des actions sans contrôle à priori du parquet.

Parmi elles, la possibilité de saisie par la police de tout objet ou document lors d’une perquisition administrative, sans contrôle du procureur, une mesure peu spectaculaire mais politiquement significative. Tout comme les perquisitions de nuit, la création d’un délit d’obstruction de la perquisition administrative, l’interconnexion globale de tous les fichiers, notamment ceux de la sécurité sociale, très complets, l’élargissement des possibilités de vidéosurveillance dans les lieux publics, l’assouplissement du régime de la légitime défense pour les policiers ou encore l’installation systématique de GPS sur les voitures de location, l’injonction faite aux opérateurs téléphoniques de conserver les fadettes pendant deux ans, contre un aujourd’hui, la garde à vue en matière terroriste portée de six à huit jours, l’utilisation des IMSI-Catchers, ces valisettes antenne-relais siphonnant dans un périmètre donné toutes données téléphoniques sans autorisation judiciaire.


Après les attentats de Paris, les musulmans s’organisent face aux perquisitions

Le CCIF ne veut pas s'associer aux campagnes contre l'Etat islamique

03/12/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Alors que se multiplient les perquisitions liées à l’état d’urgence, le collectif contre l’islamophobie (CCIF) diffuse un guide pour permettre aux musulmans d’y faire face. L’objectif est bien évidemment de jouer sur la victimisation même si certaines mosquées ont du fermer leurs portes, ces dernières semaines, à cause notamment des discours radicaux qui y étaient tenus.

Les membres du CCIF ne sont pas les seuls à protester contre les perquisitions menées ces derniers jours. Tariq Ramadan, accusé par beaucoup d’un double langage (notamment au sujet des attentats de Charlie Hebdo), s’est, lui, fendu d’un post Facebook doté d’une photo affichant « je suis perquisitionnable » et accompagné du commentaire : « Je ne suis ni Charlie, ni Paris… »…