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Jean-Pierre Chevènement : « La démission de M. Lussault est une bonne nouvelle »

29/09/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Dans un long entretien au Figarovox, Jean-Pierre Chevènement se félicite de la démission de Michel Lussault de la présidence du Conseil supérieur des programmes :

« Monsieur Lussault, il y a un an, s’était insurgé contre la possibilité d’enseigner le récit national, au risque disait-il de“désespérer Billancourt“, entendez les salles de professeurs dans les collèges et les lycées. J’avais eu alors l’occasion de lui faire observer que le récit national était nécessaire à la démocratie car il faut un “demos“ pour que la République puisse vivre. Et ce “demos“, c’est le sentiment d’appartenance collective qui nous réunit en tant que citoyens français. Nous sommes une nation de citoyens, mais nous ne sommes pas décidés à perdre la mémoire de ce que nous avons fait ensemble et de ce qui nous a faits. La démission de Monsieur Lussault est donc plutôt une bonne nouvelle pour la République. »

L’ancien ministre de l’Education nationale approuve également l’orientation prise par l’actuel ministre, Jean-Michel Blanquer :

« J’approuve fondamentalement l’orientation que cherche à donner Monsieur Blanquer au ministère de l’Éducation nationale. Il a mis le doigt sur l’essentiel, c’est-à-dire les inégalités qui se créent dès la petite enfance. On peut observer dès l’âge de cinq ou six ans une différence fondamentale entre un enfant qui ne bénéficie que d’un stock de 200 mots à côté de ses petits camarades qui eux, de par leur famille, en possèdent 2000. »

Jean-Pierre Chevènement ajoute :

« Je crois à “l’effet-maître“. C’est une politique réellement progressiste qui rompt avec le bla-bla pédagogiste. La réussite de cette politique suppose qu’on mette l’accent sur la mémorisation, sur l’acquisition du vocabulaire et sur le calcul mental. Cela suppose que les programmes soient clairement fixés. C’est, en dernier ressort, le rôle du ministre.

Blanquer

Démission du patron des programmes scolaires : merci Monsieur Blanquer !

Le responsable des programmes scolaires Michel Lussault claque la porte. Connu pour son laxisme et les désastreux « nouveaux programmes », il lâche la présidence du Conseil supérieur des programmes en accusant le ministre de l’Education nationale de vouloir détricoter les réformes précédentes et de céder aux « bas instincts d’une clientèle politique ».

Surnommé le « gentil idéologue » ou encore « le petit télégraphiste de Vallaud-Belkacem » (c’est elle qui l’avait nommé à ce poste en 2014), Michel Lussault a eu la lourde charge de présenter les nouveaux programmes scolaires, « version refondée du socle commun de connaissances », qui ont provoqué le tollé que l’on sait, avec l’abandon des humanités, la simplification à l’extrême de l’apprentissage de la langue et le nivellement toujours plus bas d’une formation déjà d’une grande faiblesse. Au menu, la suppression du latin et du grec, « la disparition de tout ce qui rappelle tant les racines chrétiennes de la France que le fait national » (selon l’historien Patrice Gueniffey dans Le Figaro) au profit notamment d’un enseignement de l’histoire de l’islam. Mais aussi l’introduction dans les programmes des classes primaires du « prédicat » remplaçant les notions élémentaires de grammaire.

Avec cette démission, la fronde enfle contre le ministre de l’Education du côté des syndicats enseignants : le SE-Unsa, qui couvre le primaire et le secondaire, estime qu’il s’agit d’une « mauvaise nouvelle pour l’école, mais peut-être d’un geste politique utile pour réussir à faire entendre que le débat scolaire prend une mauvaise direction en flattant les plus réactionnaires et en laissant croire que l’école se serait laissé aller au laxisme pédagogique ». Quelle idée en effet !

A noter la réaction du Snalc, syndicat d’enseignants minoritaire : « Lussault, bon débarras ! » et pointant de « gigantesques dysfonctionnements » lors de la fabrication des programmes du primaire et du collège.

Mais comme on pouvait s’y attendre, les annonces jugées conservatrices et les retours aux fondamentaux voulus par Blanquer ulcèrent la plupart des syndicats d’enseignants. Quand il annonçait mi-septembre dans L’Express être en faveur de la maîtrise des quatre opérations de calcul dès le CP-CE1 (au lieu d’apprendre la division en CE2), Michel Lussault s’en étonnait publiquement, affirmant ne pas avoir été prévenu et doutant de l’efficacité d’une telle réforme.

« Son départ ne me gêne pas du tout », commente Jean-Michel Blanquer avec une certaine satisfaction :

« Ce n’est pas un problème. Je suis dans un travail d’organisation de l’Education nationale pour que tous les enfants sachent lire, écrire, compter et respecter autrui à la sortie de l’école primaire. Si ça gêne M. Lussault, ce n’est vraiment pas grave qu’il s’en aille. »

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 28 septembre 2017