Aude Mirkovic : « La loi et le décret sur le passe sanitaire sont contraires au droit international »

Aude Mirkovic

Cosignataire de la tribune « Pourquoi le passe sanitaire est illégal, malgré la décision du Conseil constitutionnel » publiée dans Marianne, Aude Mirkovic rappelle que la légalité du passe est mise en cause du fait des atteintes aux libertés fondamentales et de ses nombreuses incohérences. Sa reconduction au-delà du 15 novembre le serait donc encore plus.

« Pourquoi le passe sanitaire est-il illégal malgré la décision du Conseil constitutionnel ? » Tel est le titre de la tribune que vous avez cosignée pour l’hebdomadaire Marianne. Pourquoi est-il illégal ?

Le Conseil constitutionnel est une institution assez politique, avant d’être juridique, il vérifie la conformité des lois à la Constitution. Il s’est penché sur le passe sanitaire au regard de la Constitution. Cela laisse donc maintenant la possibilité, aux juges, d’apprécier la conformité de la loi au droit international. L’objectif de cette tribune est d’expliquer en quoi la loi du 5 août et le décret qui a suivi sont contraires au droit international. Les conventions internationales ratifiées par la France et le droit de l’Union européenne ont une valeur supérieure à la loi française. Par conséquent, à l’occasion d’un procès, si une personne qui s’est fait refuser l’accès à un TGV invoque cet argument, le premier juge venu pourrait apprécier la conformité de la loi au droit international.

Malgré quelques situations exceptionnelles, le Conseil d’État a largement validé le texte.

Le Conseil d’État a donné un avis. En effet, le passe sanitaire porte des atteintes à plusieurs libertés fondamentales protégées par des textes internationaux, comme la Convention européenne des droits de l’homme et la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. En premier lieu, la liberté d’aller et venir, le droit à la vie privée, l’accès aux loisirs, etc.

La vie en société suppose de mettre des limites à des libertés fondamentales, mais le droit international dit que ces limites ne sont justifiées que si elles poursuivent un objectif légitime et si elles sont nécessaires et proportionnées pour atteindre ces objectifs.

Le Conseil d’État a donné quelques éléments de discernement pour pouvoir apprécier dans quelle mesure le passe sanitaire pourrait être une atteinte proportionnée aux libertés dans l’objectif de santé publique. Le passe est illégal car il ne peut pas avoir pour effet de remettre en cause l’accès à des biens et services de première nécessité. Plusieurs tribunaux administratifs ont, d’ailleurs, suspendu des arrêtés préfectoraux. De plus, le Conseil d’État a mis comme condition, pour que le passe soit légal et ne crée pas d’atteinte disproportionnée aux libertés, le fait qu’il n’y ait pas de différence de traitement sans justification objective. Les nombreuses incohérences que l’on trouve dans la loi et dans le décret d’application révèlent que la mesure n’est pas justifiée. Le passe est exigé pour prendre le TGV mais pas pour le TER, c’est une décision politique et non sanitaire.

Le passe est nécessaire pour fréquenter les cafés et restaurants, y compris en terrasse, mais on n’en a pas besoin dans le cadre de la restauration collective. Qu’est-ce qui justifie une telle différence de traitement ? Rien du tout ! Ces incohérences créent des inégalités.

Le ministre des Solidarités et de la Santé et Olivier Véran a déclaré que le passe sanitaire pouvait être reconduit au-delà du 15 novembre. Comment peut-on imposer l’arrêt de ce dispositif polémique ?

Il faudrait que le Parlement refuse de le reconduire. D’un point de vue juridique, on a de nombreux éléments : les circonstances exceptionnelles et les mesures d’exception, par définition, n’ont pas vocation à durer. Elles sont justifiées à un moment précis, mais elles n’ont pas vocation à être reconduites éternellement. Aujourd’hui, la légalité du dispositif est largement en cause, et donc sa reconduction l’est encore plus. Si, dès aujourd’hui, les mesures sont illégales, on ne voit pas comment elles seraient reconduites. De nombreux recours ont été déposés et il y aura une multitude de contentieux quand les salariés auront leur contrat suspendu. Nous espérons que les juges feront respecter le droit.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Et si le passe était totalement illégal ?, par Francis Bergeron

pass sanitaire

La politique de Macron pour contrer le virus repose sur le passe sanitaire, un moyen d’éviter la notion de vaccin obligatoire. Car sans vaccin, pas de passe, et sans passe, plus de déplacements, de vie sociale, et bientôt plus de travail. Mais si le passe sanitaire était déclaré illégal, c’est tout le dispositif qui s’effondrerait. Un collectif d’avocats y travaille, avec quelques chances de succès.

Le Conseil constitutionnel s’est prononcé : le passe sanitaire respecte la Constitution. Quant au Conseil d’Etat, il a mis l’accent sur la notion de proportionnalité. Si les règles édictées sont proportionnées aux risques, si elles ne font pas obstacle à l’accès aux biens de première nécessité, si elles ne créent pas des discriminations abusives entre les titulaires d’un passe et les autres, tout est bien.

Feu vert du Conseil constitutionnel et feu vert du Conseil d’Etat : la route semblait dégagée. Mais le gouvernement a crié victoire un peu trop tôt. Le dispositif global pourrait bien être annulé. Il est déjà suspendu par endroits.

Le tribunal administratif de Versailles a en effet donné un coup de semonce en suspendant un arrêté préfectoral qui avait interdit aux non-titulaires du passe une liste de centres commerciaux. Cette suspension repose sur le fait que les non-titulaires de passe n’auraient plus accès aux biens de première nécessité qui se trouvent, avec d’autres biens, dans ces centres commerciaux et grandes surfaces : une authentique discrimination. Mais le tribunal pointe aussi des mesures disproportionnées : les agents de contrôle doivent vérifier les identités des titulaires de passes, leur date de naissance, leur passé médical au regard d’une contamination antérieure. Les contrôles concernent aussi bien un trajet en train qu’une séance de cinéma ou un café pris dans un bistrot. C’est disproportionné, a jugé le tribunal administratif.

Ces atteintes à la liberté peuvent aussi se révéler incohérentes : le passe est par exemple nécessaire pour emprunter un TGV, mais pas un TER. La personne sans passe sanitaire qui se rend de Paris à Agen sera en infraction jusqu’à Bordeaux, puis en règle. Comme si le virus ne voyageait qu’en trains à grande vitesse.

Incohérence et discrimination

Cette aberration répond en fait à un problème pratique : les TER sont surtout empruntés par des personnes se rendant au bureau, à l’université etc. (comme le métro à Paris). Tandis que les trajets de longue distance sont en principe moins fréquents, rarement quotidiens. C’est médical ? Non. C’est du droit ? Non. Donc c’est illégal.

De même, et à peu près pour les mêmes raisons, le passe sanitaire n’est réclamé que dans les restaurants, pas dans les cantines ni dans les restaurants de routiers. Là aussi il s’agit de ne pas gêner les activités professionnelles. Mais les non vaccinés qui prennent leur repas dans des restaurants, avec des titres- restaurants fournis par l’employeur, y sont désormais interdits. Une incohérence de plus.

Last but not least, l’interdiction faite aux familles non vaccinées de rendre visite à un parent à l’hôpital ou en EHPAD viole la Convention européenne des droits de l’homme.

Parmi les membres du collectif, on relève les noms de Françoise Besson, Aude Mirkovic, Bruno Le Griel, Benoît de La Passe etc. Le gouvernement a fait appel des annulations des arrêtés préfectoraux, mais de nombreuses autres procédures sont engagées partout en France, par des entreprises comme des particuliers.

p class= »relecture » style= »text-align: right; »>Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 1er septembre 2021

Passe sanitaire, crédit social à la chinoise… Thales au cœur de la société de surveillance

Thalès

Mais en quoi le Great Reset a-t-il vraiment besoin du passe sanitaire pour se mettre en place ? Cette question dont on pressent l’importance grandissante depuis plusieurs semaines, et qui s’impose aujourd’hui comme la charnière explicative des politiques publiques, donne lieu à de nombreuses supputations. Il ne suffit en effet pas d’écouter les discours de la caste appelant tous à une ségrégation contre les non-vaccinés pour comprendre l’intention fondamentale de cette innovation. C’est en plongeant dans l’un des blogs de l’entreprise transnationale française Thalès que l’on comprend la stratégie d’ensemble qui se met en place, et les étapes qui suivront.

Peut-être vous êtes-vous demandé, comme moi, quelle mouche avait brutalement piqué Emmanuel Macron le 12 juillet lorsqu’il a annoncé la mise en place d’un passe sanitaire restreint dès le mois d’août. Il est encore trop tôt pour avoir toutes les réponses aux questions qui peuvent se poser, notamment sur le poids exact de l’industrie pharmaceutique dans les décisions politiques (on pense ici aux disparitions étonnantes de certains chefs d’Etat hostiles à la vaccination, qui laissent à penser que des méthodes de persuasion parfois assez violentes sont utilisées dans le milieu… l’Histoire éclaircira ces affaires).

Les langues commencent toutefois à se délier dans les milieux industriels, et ce qu’on apprend ne manque pas d’intérêt.

Thalès au cœur du passe sanitaire

C’est en allant sur le blog de l’entreprise Thales (en anglais) qu’on comprend dans quelle cohérence d’ensemble s’inscrit cette première étape du capitalisme de surveillance qui s’appelle le passe sanitaire. Thales entend en effet proposer une solution globale d’identité numérique et nous expose avec une forme de naïveté comment ce projet va se décliner.

Thalès écrit donc :

So-called digital ‘vaccination passports’ will play a key role in enabling citizens to access all manner of services and will act as a precursor to the rollout of mobile digital IDs.
(Les passeports vaccinaux joueront un rôle-clé dans la capacité des citoyens à accéder à toutes sortes de services et agiront comme des précurseurs au passage vers l’identité numérique sur téléphone portable).

Le passe sanitaire est donc un “précurseur” ! L’anticipation d’un système généralisé où l’identité ne sera plus établie par un document officiel “autonome” comme une carte d’identité, mais bien par un “portefeuille” numérique conservé sur un cloud et une application dont l’archivage échappera à l’utilisateur.

Autrement dit, il s’agit de nous habituer à changer de mode d’établissement de notre identité.

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Mathieu Slama : « Le mouvement anti-passe sanitaire est peut-être notre dernier rempart face à l’autoritarisme »

pass sanitaire

Mathieu Slama, essayiste, analyste politique et enseignant au Celsa [École des hautes études en sciences de l’information et de la communication], analyse les fondements du mouvement anti-passe sanitaire.

Que ce gouvernement est prévisible ! Depuis l’émergence d’un front de contestation du passe sanitaire, le voici qui reproduit, à l’identique, la stratégie employée contre les gilets jaunes. Cette stratégie est simple : il s’agit de diviser, de diaboliser et d’hystériser, le tout dans un mépris de classe à peine voilé. Par la grâce de cet exercice de manipulation typiquement macroniste, voici les anti-passe sanitaires réduits à des antivax obscurantistes et complotistes.

Pire, selon les mots du porte-parole Gabriel Attal, les anti-passe appartiennent à une « frange capricieuse et défaitiste, très minoritaire, qui se satisferait bien de rester dans le chaos et l’inactivité ». On ne saurait être plus insultant et méprisant. Et comme ce fut le cas pour les gilets jaunes, le moindre dérapage violent, même ultra-minoritaire, est instrumentalisé et utilisé contre le mouvement dans son ensemble.

Mouvement de plus en plus populaire

Construire une figure de bouc émissaire pour disqualifier un mouvement de révolte et remobiliser son électorat en vue de l’élection présidentielle de 2022 : cette stratégie est vieille comme le monde. Mais elle est dangereuse, parce qu’elle agit comme l’huile sur le feu et parce qu’elle vient remplir les rangs de tous ceux qui, désormais, manifestent le samedi contre le « passe de la honte ».

Ces manifestations sont difficiles à saisir, tant elles sont disparates politiquement, sociologiquement et culturellement. Il y a manifestement, dans cet « acte II » des gilets jaunes qui ne dit pas son nom, quelque chose qui va au-delà du mouvement qui a enflammé la France fin 2018. Il y a aussi un début de soutien populaire qui devrait inquiéter le gouvernement : d’après un récent sondage, 51 % des Français « comprennent les revendications » des manifestants anti-passe, et 40 % d’entre eux les « soutiennent ». Quant à leur ampleur, le ministère de l’Intérieur dénombrait environ 200 000 manifestants dans toute la France. Sachant qu’il faut vraisemblablement doubler ces chiffres et qu’on est en plein été, il faut s’attendre à ce que le mouvement prenne une autre dimension à la rentrée.

La popularité grandissante du mouvement et les revendications que l’on peut entendre dans les cortèges montrent bien qu’on n’a pas affaire à un simple regroupement d’antivax complotistes. Il y a là quelque chose de bien plus profond et de bien plus fondamental. La question du vaccin est secondaire. Évidemment, les antivax sont de la partie, et certains manifestants expriment leurs inquiétudes vis-à-vis du vaccin et de ses effets secondaires, vis-à-vis de la technologie utilisée et de ses contre-indications. Quoi qu’on pense du bien-fondé de ces inquiétudes, ne faut-il pas, d’abord, essayer de les comprendre et d’y répondre non pas par le mépris ou la haine mais par la science et le dialogue ? Mais encore une fois, le véritable enjeu de ce mouvement n’est pas là.

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« Hypocrisie », « déception », « indigne » : les opposants politiques au passe sanitaire éreintent le Conseil Constitutionnel

Peut-on être licencié pour absence de passe sanitaire ? – Un point de droit majeur

licenciement pass sanitaire

La gestion chaotique de la crise sanitaire n’a pas fini de faire des vagues, et les déclarations contradictoires de la majorité ont largement contribué à radicaliser les positions. Le projet de loi prévoyait la possibilité de licencier des salariés non munis de passe sanitaire. Le Sénat a retiré cette disposition de la loi. La ministre du Travail Elisabeth Borne a alors expliqué, comme par représailles, que le licenciement restait néanmoins possible au titre du « droit commun ». Mais que dit le « droit commun » ?

Il dit – ou plus exactement c’est la jurisprudence qui le dit – que le licenciement pour un tel motif est quasiment impossible. Car si le droit commun autorisait de fait le licenciement pour absence de passe sanitaire, il autoriserait a fortiori le licenciement pour absence maladie. Or il est interdit de licencier pour maladie, sauf en cas de maladie de longue durée, avec désorganisation grave de l’entreprise et nécessité impérative de remplacement définitif, preuves à l’appui. Une situation très rare.

Formellement la ministre du Travail a certes raison quand elle dit qu’« il ne faut pas laisser croire aux salariés qu’il ne peut pas y avoir de licenciement ». Mais qu’est-ce qu’une désorganisation grave ? Ce serait par exemple un salarié qui serait malade un jour sur deux. Transposé au cas qui nous intéresse, ce serait donc un salarié qui aurait un passe sanitaire un jour sur deux. Situation tout à fait impossible ! Le droit commun, ce pourrait être aussi le cas d’un salarié en très longue absence, occupant un poste clé dans l’entreprise, et ne pouvant être remplacé que par une embauche définitive.

Ayant soudain réalisé qu’inviter les employeurs à s’abriter derrière le droit commun pour s’autoriser à licencier des personnes sans passe sanitaire était une énorme boulette, la ministre a alors mis en garde ces mêmes employeurs, dans Les Echos du 29 juillet : la loi sur l’extension du passe sanitaire ne devait pas avoir pour conséquence d’entraîner des licenciements massifs, a-t-elle tenu à préciser. Autrement dit le droit commun autoriserait certes les licenciements pour absence de passe sanitaire, mais il ne faut pas que les entreprises licencient massivement ceux de leurs salariés qui n’auraient pas ce passe. Voilà un discours qui n’a guère de rapport avec le droit. Car si le refus du passe sanitaire est lui-même massif, sur quels critères seraient choisis ceux qui seraient licenciés ? Ces errements juridiques ministériels ne facilitent pas la sérénité du débat actuel.

Argument fallacieux du gouvernement

Fort marrie d’avoir été désavouée par les parlementaires sur ce point, la majorité explique par ailleurs que son projet de loi, s’il avait été adopté, aurait certes autorisé les licenciements pour absence de passe sanitaire, mais aurait assuré en contrepartie des protections aux salariés, car les licenciements n’auraient pu intervenir qu’après un délai de deux mois.

Cet argument est fallacieux : dans les faits, la protection des salariés sans passe aurait été par exemple bien inférieure à celle d’un salarié mis en prison. Quand un salarié se retrouve par exemple en prison (ou – autre cas – empêché de regagner son pays en temps et en heure du fait d’une force majeure), son contrat de travail est alors suspendu, le salarié cesse d’être payé. Toutefois l’employeur ne peut rompre le contrat que si l’emprisonnement (ou la force majeure) est de longue durée. Or on peut supposer que la crise sanitaire sera limitée dans le temps et en tout état de cause espérer que la dictature sanitaire finisse un jour. Précisément, le texte voté par les députés ne proroge que jusqu’au 15 novembre le régime transitoire de sortie progressive de l’état d’urgence.

En conséquence, contrairement à ce qu’ont soutenu certains juristes en appui à la ministre du Travail, il ne serait pas possible, dans les faits, de licencier une personne au seul motif qu’elle se retrouve inapte au travail par absence de passe sanitaire, alors même que la sortie de l’Etat d’urgence est prévue au 15 novembre.

Il y a déjà de quoi décourager les opposants au passe

Ce qui est vrai, en revanche, c’est qu’une suspension du contrat de travail pourrait découler de l’absence de passe sanitaire, du moins pour les postes exposés. Et cette absence ne donnerait pas lieu à maintien de rémunération, sauf bonne volonté de l’entreprise, à la différence, par exemple, de la maladie dont les règles de maintien de salaire sont codifiées. Il y a donc déjà de quoi décourager les opposants au passe sanitaire !

Mais licencier un salarié pour ce seul motif constituerait en tout état de cause une réponse totalement disproportionnée au problème éventuellement posé par cette situation, et cet acte serait donc condamnable par les prud’hommes. Si le Conseil constitutionnel retoquait la loi, tout ce débat anxiogène, qui justifie à lui seul de descendre dans la rue, serait pour le coup obsolète. Ce qui serait sans doute la meilleure solution. A défaut, les esprits ne sont pas près de se calmer.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 3 août 2021

Retour sur les manifestations anti-passe obligatoire

manif pass sanitaire

Pas de congé pour les défenseurs de la liberté : samedi, plusieurs centaines de milliers voire un million de Français ont à nouveau défilé contre l’instauration du passe sanitaire. Tantôt silencieux, tantôt méprisant, le gouvernement a créé malgré lui un mouvement qui est parti pour durer…

La journée du 31 juillet 2021 fera date. Non, les Français n’ont pas – pour l’heure ! – renversé la tyrannie sanitaire, mais ils ont démontré qu’ils allaient lutter jusqu’au bout pour la liberté.

De Paris à Marseille, de Strasbourg à Vannes, en passant par Boulogne-sur-Mer, Amiens, Rouen, Saumur ou Pau, le « passe sanitaire » ne passe pas. 184 manifestations ont ainsi été organisées dans tout le pays, réunissant des centaines de milliers de personnes, voire davantage ! Si le chiffre de 204 090 de la police a été repris par les médias mainstream, rebaptisés par les manifestants « médias des milliardaires » sur les réseaux sociaux, il semble en effet que le chiffre réel soit bien plus élevé.

Comme aux grandes heures des Gilets jaunes, ces rassemblements ont momentanément brisé les barrières et rassemblé les Français. Des militants patriotes côtoyaient des sympathisants de gauche, lecteurs de Présent et de Charlie Hebdo marchaient côte à côte, tandis que de nombreuses familles battaient le pavé pour la première fois, pancartes à la main. A Nice, ce sont les pompiers qui ouvraient le cortège.

Des arrestations

Les opposants au passe sanitaire ne sont ni des fous, ni des égoïstes ni « une frange capricieuse et défaitiste », comme les qualifiait encore le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal le 18 juillet dernier, lors du premier week-end de mobilisation. Pour eux, l’heure est grave et la tension était palpable. Des affrontements entre policiers et manifestants ont eu lieu à Paris, Nantes et Toulouse, entraînant une vingtaine d’arrestations.

Les attaques et intimidations répétées du gouvernement contre une partie de la population n’ont pas éteint l’incendie, mais ont au contraire provoqué un véritable brasier que rien ne saurait éteindre, si ce n’est une improbable volte-face. Rappelons que le 4 décembre 2020, le président de la République déclarait au média Brut qu’il devrait peut-être « faire des choses dures » durant les derniers mois de son mandat « parce que les circonstances l’exigeront », et que cela rendrait impossible le fait qu’il soit candidat à sa réélection. Le passe sanitaire semble correspondre à un tel cas de figure.

Le locataire de l’Elysée, peut-être aussi inquiet qu’au mois de décembre 2018, lorsque les Gilets jaunes étaient à ses portes, n’était toutefois pas chez lui samedi après-midi, préférant le fort de Brégançon. Le président est en vacances mais les Français devraient vraisemblablement poursuivre les actions de contestation, ces prochaines semaines, en plein mois d’août. Du jamais vu !

Si le gouvernement est la cible principale des foules, les grands médias ne sont pas en reste. A Belfort, les locaux de la radio France Bleu ont été ciblés, les manifestants accusant les journalistes d’être « des collabos ». Le traitement médiatique de cette journée de contestation leur donne raison.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 2 août 2021

Thibault Mercier : «Le passe sanitaire pourrait signer la fin de notre conception de la liberté en Occident»

pass sanitaire

Alors que le passe sanitaire a été validé par le Parlement, le Défenseur des droits et la CNIL alertent contre une remise en question de nos libertés. Si l’avocat Thibault Mercier considère ces mises en garde nécessaires, il estime que c’est de l’outil même dont il faut discuter.

FIGAROVOX. – Alors que le passe sanitaire a été validé par le Parlement, le Défenseur des droits et la CNIL mettent en garde à propos des «transformations profondes pour l’exercice de droits et libertés qui sont au fondement de notre pacte social et républicain ». Partagez-vous ces inquiétudes ?

Thibault MERCIER. – Il est bon de rappeler que le Défenseur des droits a alerté sur les nombreux risques de dérives de ce passe sanitaire. En revanche, on peut regretter qu’il en valide le principe puisque c’est l’outil même qu’il aurait fallu remettre en question.

En effet, avec ce passe sanitaire généralisé aux actes de la vie quotidienne, nous rentrons dans une société où la liberté devient l’exception et cède sa place à la restriction généralisée, laquelle se voit justifiée par la recherche de sécurité et le principe de précaution. Comme l’écrivait le sociologue allemand Ulrich Beck, cette société du risque zéro «a tendance à générer un totalitarisme légitime de la prévention qui, sous couvert d’empêcher que ne se produise le pire, finit par créer (…), les conditions d’apparition de ce qui est encore pire». Et c’est ce à quoi nous assistons avec la mise en place de ce passe sanitaire. Car sous couvert de protéger le droit à la santé (et quelle santé !), on crée un outil qui fait qu’un citoyen n’est désormais libre de jouir de l’ensemble de ses droits et libertés que s’il est en mesure de produire la preuve de sa bonne santé dans l’espace publique. En outre, par cette révolution copernicienne, l’individu est désormais vu d’abord comme un danger potentiel pour son concitoyen (un “super contaminateur”), ce qui vient créer un sentiment de méfiance généralisée et briser la confiance et les liens d’amitié nécessaires à toute vie en société.

Nous en voyons d’ailleurs déjà les effets délétères sur notre société: le représentant de la Fédération Nationale des Cinémas Français indiquait en ce sens vendredi dernier en audience devant le Conseil d’État que les employés des cinémas se faisaient désormais régulièrement insulter par les clients soit par excès, soit par manque de zèle, dans la vérification du passe sanitaire.

Le gouvernement met en avant que cet outil est acceptable car temporaire (il devrait prendre fin le 15 novembre) et nécessaire au vu de la situation épidémique. L’expérience très récente nous incite pourtant à penser le contraire et il y a fort à parier que cet outil de régulation sociale sera renouvelé aussi régulièrement que l’état d’urgence sanitaire l’a été.

Cet outil de contrôle social pourrait signer la fin de notre conception de la liberté en Occident et constitue de surcroît un dangereux précédent: quelle sera la prochaine étape ?

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I-Média – Passe sanitaire : face à la révolte, les manipulations des médias

i-média pass sanitaire

23/07/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Passe sanitaire : face à la révolte, les manipulations des médias.

Une mobilisation très importante a eu lieu samedi dernier contre le passe sanitaire imposé aux Français par Emmanuel Macron. Les médias ont tout fait pour minimiser et diaboliser ce mouvement populaire.


Manifestation contre le passe sanitaire: une manif de droite? – A la rencontre des opposants au passe sanitaire

Laurent Obertone – Passe-sanitaire, vaccins : La révolte contre Macron [vidéo]

20/07/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Emmanuel Macron a décidé de fracturer les Français. L’annonce de la mise en place du passe-sanitaire met le feu au pays. Après deux ans de crise sanitaire gérée de manière catastrophique, entre mensonges, conflits d’intérêts et irresponsabilité politique, le président de la République, pourtant garant de la cohésion de la nation, impose son choix arbitraire et infondé de l’unique stratégie vaccinale. Chaque individu se résumera désormais à sa situation médicale, au mépris du secret qui lui était réservée, contenue dans un QR Code à présenter comme un laisser-passer gage de « bonne docilité ».

Alors que le pays accuse une criminalité et une délinquance impunie, le président de la République a décidé de faire peser la répression sur les citoyens qui veulent encore disposer d’eux-mêmes, de leur corps, et être souverain.

Face à cette décision inédite qui engendrera une séparation entre les citoyens et créera de fait une ségrégation pour les personnes non-vaccinées, les Français vont-ils se lever ? Peuvent-ils faire reculer le gouvernement ? La Police va-t-elle suivre les ordres ?

Laurent Obertone est journaliste et écrivain. Au fil de ses ouvrages (dont beaucoup sont disponibles sur la boutique officielle de TVLibertés), il dresse des scenarii catastrophes. Avait-il prévu celui-là ? Croit-il en la détermination des Français à s’élever face à cette tentative de contrôle social et sanitaire?


I-Média – Passe sanitaire : la propagande médiatique au service de la dictature

i-média pass sanitaire

strong>16/07/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Malgré des déclarations contraires ces dernières semaines, Emmanuel Macron a imposé le passe sanitaire aux Français.

Un discours autoritaire d’une rare violence qui fait basculer le pays dans une dictature de moins en moins molle avec, bien entendu, le soutien des médias.


Le passe sanitaire français, le temps d’un été, suscite toujours l’indignation

pass sanitaire

08/06/2021 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
D’abord rejeté par l’Assemblée nationale suite à la fronde du MODEM, puis adopté lors d’un second vote, le 12 mai dernier, le projet de loi dit « de sortie de crise sanitaire » instaure à compter du 9 juin prochain un passe sanitaire temporaire qui devra prendre fin le 30 septembre 2021. Il se concrétisera par la délivrance d’un QRcode, via l’application TousAntiCovid, si l’on peut justifier d’un vaccin, d’un test PCR négatif de moins de 48 h, ou d’un certificat de rétablissement du COVID. Faute de quoi, des restrictions de liberté s’appliqueront pour l’accès à des espaces de rassemblement de plus de 1000 personnes.

Certains élus comme Martine Wonner, médecin psychiatre et députée du Bas Rhin, doutent de la cohérence du dispositif et rappellent que la vaccination ne garantit ni l’immunité, ni la non-contagiosité.

Mais l’on vient d’apprendre que le Royaume-Uni renonce au passe sanitaire

Le gouvernement britannique a finalement décidé que l’accès aux stades, festivals, colloques ne sera pas subordonné à la présentation d’un passe sanitaire. Alors que les restrictions sont progressivement levées en Grande-Bretagne et que le taux de vaccination explose, le passe vaccinal envisagé en février dernier va être définitivement abandonné. L’une des raisons avancées est la difficulté à prendre en compte les nombreuses contre-indications au vaccin, l’incertitude sur le bien-fondé de la vaccination des jeunes et surtout l’atteinte à une liberté fondamentale. Le NHS (National Health Service) a cependant développé une application apportant la preuve d’une non-contamination, pour les personnes souhaitant voyager à l’étranger.
Et en France, l’opposition au passeport sanitaire ne désarme pas !

Des centaines de personnes se rassemblent chaque samedi, devant le ministère de la Santé, à l’appel de Florian Philippot, fondateur du Mouvement des Patriotes. Samedi dernier, la parole a été donnée à l’avocat Fabrice Di Vizio. Il a fait savoir qu’il déposera demain mardi, une plainte auprès de la Cour de Justice de l’Union Européenne à propos de la campagne de vaccination des adolescents qui, selon lui, viole la réglementation communautaire. Il a critiqué l’utilisation massive des vaccins dans le but d’atteindre l’immunité collective, ce qui n’est autre qu’un essai clinique déguisé, mené à grande échelle. « Que dira-t-on si l’on découvre dans quelques années, des cas de stérilité en masse ou des cancers en grand nombre », a-t-il lancé. Il déplore que la santé soit devenue un bien de consommation comme un autre, et regrette que l’Agence européenne du médicament reçoive des fonds importants de la part des laboratoires pharmaceutiques.