Sécurité/immigration : les statistiques que le député du Finistère Urvoas (PS) ne veut pas connaître

Sécurité/immigration : les statistiques que le député du Finistère Urvoas (PS) ne veut pas connaître

10/11/2011 – 12h30
QUIMPER (NOVObreizh) –
Sous la signature de Jean-Jacques Urvoas, député PS du Finistère et de « Marie Nadel » (pseudonyme d’un haut fonctionnaire de la police préférant garder l’anonymat), la fondation Terra Nova a présenté le 2 novembre dernier ses « 38 propositions pour changer la politique de sécurité ». Des propositions qui occultent délibérément la question de l’immigration.

« La sécurité s’installe comme une valeur de gauche », a affirmé Olivier Ferrand, le président de ce  think tank (in french « réservoir de pensée »)  proche du PS, lors d’une conférence de presse. Selon lui en effet « La gauche est légitime pour faire des propositions, la sécurité est l’affaire de la gauche ». 

Le projet – qui a bénéficié de l’apport du commissaire Lagarde, mis en examen dans l’affaire du Carlton de Lille –  prône une nouvelle organisation des forces de l’ordre, la limitation des polices municipales – selon Urvoas celles-ci doivent être « recentrées sur la tranquillité publique » en particulier en instituant des « médiateurs de rue » -, et la suppression de peines de prison pour les mineurs, « sauf en cas d’atteinte grave aux personnes ». « L’incarcération des mineurs est une hypocrisie », affirme en effet le secrétaire national à la sécurité du PS, pour qui leur « enfermement relève de la passivité » (sic).

Le rapport présenté par Terra Nova a par contre délibérément écarté la question de l’immigration. « Marie Nadel »  a dénoncé « l’amalgame » fait selon elle par la droite entre délinquance et immigration. Les statistiques ethniques étant interdites en France, Jean-Jacques Urvoas peut ainsi affirmer tranquillement : « Je ne connais pas de statistiques qui permettent de dire ça ».

Une position conforme à l’idéologie mondialiste* véhiculée par Terra Nova, qui conseille au PS l’abandon de la classe ouvrière pour se tourner vers les populations immigrées. Populations qu’il convient de ne surtout pas « stigmatiser » en évoquant la question qui fâche du rapport immigration /délinquance. Mais la réalité en matière de délinquance – quelle qu’elle soit d’ailleurs –  n’est, semble-t-il, pas la préoccupation première de M. Urvoas.

* Terra Nova est financée par de nombreuses multinationales, telles Areva, Cap Gémini, Microsof ,Euro RSCG, Publicis, Total,la SNCF, EDF, EADS etc.

[box class=”info”]Crédit photo : Sicilia Today sous licence Creative Common.[/box]

Jeunes immigrés : « Il y en a trop ! » affirme le président (PS) du Conseil général d’Ille-et-Vilaine

Jeunes immigrés : « Il y en a trop ! » affirme le président (PS) du Conseil général d’’Ille-et-Vilaine

31/10/2011 – 12h30
RENNES (NOVOpress Breizh) – « Il y a trop de mineurs étrangers en Ille-et-Vilaine ! ». C’est le cri d’alarme lancé vendredi dernier par Jean-Louis Tourenne (photo), président du conseil général d’Ille-et-Vilaine. Une prise de conscience étonnante de la part de ce hiérarque socialiste qui a toujours soutenu la politique de laisser-faire en matière d’immigration. Explications.

« De 5 en 2000, les mineurs isolés étrangers sont aujourd’hui plus de 335 en Ille-et-Vilaine. On sature. On ne peut plus les accueillir et j’en ai assez que les filières marchandes pensent que notre département est un marché lucratif » affirme Tourenne, qui précise « tous les mois, de dix à trente nouveaux jeunes étrangers, primo-arrivants, s’adressent à nos services. Lorsqu’ils arrivent, nous avons la responsabilité de ces mineurs. On ne peut plus assurer seul cette tâche. »

Aujourd’hui l’Ille-et-Vilaine est le troisième département français accueillant le plus de « jeunes » après Paris et la Seine-Saint-Denis. Selon les chiffres communiqués par le conseil général, 68 % de ces « jeunes » arrivent d’Afrique, en particulier d’Angola et du Congo, 6 % du Moyen-Orient, 21 % d’Asie, et 5 % d’Europe de l’Est. Les 37 places d’hébergement ouvertes spécifiquement pour ces jeunes immigrés sont toutes occupées, et les 12 places supplémentaires prévues pour le début de l’année prochaine s’avèrent déjà insuffisantes.

Cette arrivée massive serait due, selon J.-L. Tourenne, à la borne Eurodac installée à Rennes. Depuis janvier 2003, l’Union Européenne dispose en effet d’une base centrale d’empreintes digitales des demandeurs d’asile afin de vérifier qu’aucune demande n’a déjà été déposée ailleurs et de déterminer quel État membre doit examiner le dossier au fond. Ce système informatique, dénommé Eurodac, a pour but de comparer les empreintes digitales de trois catégories d’étrangers : les demandeurs d’asile, les étrangers appréhendés à l’occasion du franchissement irrégulier d’une frontière extérieure, et les étrangers se trouvant illégalement sur le territoire d’un Etat membre. Le fait que ce dispositif soit installé à Rennes ferait donc de la cité bretonne un passage obligé pour les jeunes immigrés. Un bug, en quelque sorte.

Se gardant bien de remettre en cause une politique d’immigration encouragée par le système mondialiste, le patron d’Ille-et-Vilaine se plaint seulement du coût de celle-ci pour la collectivité qu’il dirige : le Département dépense en effet 13 millions d’euros chaque année pour subvenir aux besoins des jeunes immigrés (1). « Il n’y a pas de raison que nous soyons les seuls contributeurs, affirme-t-il. L’immigration est une problématique nationale. Les frais d’accueil des migrants devraient être mieux répartis. »

En avril 2008, Jean-Louis Tourenne avait déjà convoqué la presse, mais c’était pour s’indigner du traitement réservé aux clandestins mineurs. « Quand je vois que l’on vient cueillir des jeunes dans la rue, devant leur collège, à la sortie du métro lors d’une visite scolaire… On va même jusqu’à les arrêter, placer en rétention et effectuer des tests osseux sur eux ! Je vous rappelle que je dispose de l’autorité parentale sur ces jeunes, pourtant on ne m’avertit pas, ou longtemps après… On est dans une chasse aux jeunes ». Un message manifestement reçu cinq sur cinq par les « jeunes » en question.

(1) M. Tourenne a eu moins de scrupules avec les élèves des écoles Diwan. En mai dernier, il décidait de supprimer la subvention «transport» (180 euros par an) accordée aux parents d’Ille-et-Vilaine souhaitant scolariser leurs enfants dans des collèges Diwan hors du département. Motif invoqué : « restrictions budgétaires »…

Crédit photo : Jean-Louis Tourenne, président du conseil général d’Ille-et-Vilaine. Pymouss44. Licence Creative Commons.

Bretagne : Aéroport de Notre-Dame-des-Landes, une étude remet en cause son opportunité économique

Bretagne : Aéroport de Notre-Dame-des-Landes, une étude remet en cause son opportunité économique

29/10/2011 – 10h00
NANTES (NOVOpress Breizh) – Nouvel épisode dans le feuilleton de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Commandé par des élus opposés à celui-ci, un rapport a été rendu public mercredi, mettant en cause l’opportunité économique du projet. De quoi relancer la polémique entre l’oligarchie socialiste locale et ses alliés d’Europe Écologie Les Verts (EELV).

Commandée par le CéDpa (Collectif des élu-e-s qui Doutent de la pertinence de l’aéroport) l’étude, réalisée par le cabinet néerlandais CE-Delft – auteur il y a quelques années d’un rapport ayant contribué à l’abandon de l’extension de l’aéroport d’Heathrow à Londres – reprend « point par point » le travail effectué il y a 5 ans par l’État pour le dossier d’enquête publique. Mais ses conclusions ne sont pas les mêmes.

Alors que les prévisions de l’Etat mettaient en avant, à un horizon de 25 ans, des bénéfices globaux pour la société d’environ 500 millions d’euros, le rapport établi par CE-Delft prévoit lui des pertes estimées entre 100 millions et 600 millions d’euros. « Un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes a été proposé parce que l’aéroport de Nantes Atlantique aurait été près d’atteindre sa capacité maximum (…) et nous avons trouvé qu’il pourrait se passer beaucoup de temps avant que la capacité maximum soit atteinte » affirme Jasper Faber, expert du cabinet hollandais.

Selon le cabinet hollandais, l’étude réalisée par l’État s’était en outre appuyée sur des prévisions de prix du pétrole très inférieures à la réalité actuelle ainsi que des évaluations de croissance économique très optimistes. Elle a aussi ignoré les éventuels dépassements des coûts de construction, le prix de la liaison tram-train et la prise en compte du problème de l’eau dans un secteur exposé au risque d’inondations. L’Etat n’a pas évoqué non plus la question de la démolition de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique.

« Le rapport de l’État était pipeauté, il faut se remettre autour d’une table et abroger la déclaration d’utilité publique du projet », a estimé le nouveau sénateur de Loire-Atlantique Ronan Dantec (EELV). Une prise de position qui n’a pas été appréciée par le patron des socialistes de la région.

Le sénateur Dantec : un "hypocrite", selon Jean-Marc Ayrault

Dans un entretien accordé à l’AFP, Jean-Marc Ayrault fait remarquer que « Ronan Dantec était très silencieux sur son opposition à l’aéroport jusqu’à son élection ». Dénonçant « l’hypocrisie des écologistes », le maire de Nantes ajoute : « Quand ils négocient des places sur les listes, ils n’ont pas d’état d’âme ». Ambiance.

Piqué au vif, le sénateur Dantec a répondu hier que la liste d’union des socialistes et des écologistes aux sénatoriales n’avait pas de position sur l’aéroport. « Yannick Vaugrenard, tête de liste, expliquait aux réunions publiques qu’au lendemain des élections les pro et anti aéroports continueraient à défendre leurs convictions » précise-t-il.

Il est vrai que depuis toujours socialistes et « écologistes » ont su taire leurs divergences à la veille des échéances électorales. L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est certes une question importante, mais pas au point d’envisager un divorce électoral. « Si Jean-Marc Ayrault avait préféré au moment des sénatoriales qu’il n’y ait pas d’accord entre les socialistes et les écologistes, le président du Sénat serait toujours Gérard Larcher, a rappelé Ronan Dantec, heureusement pour nous, Europe Écologie-Les Verts ont fait de la défaite de Sarkozy une priorité. » Tout est dit.

[box]Photo : Aéroport Nantes Atlantique. Crédit : Deepakp7 via Wikipedia. Domaine public.[/box]

Bretagne : Primaires socialistes, ne pas confondre sympathisants et militants

Bretagne : Primaires socialistes, ne pas confondre sympathisants et militants

A coup sûr, le Parti socialiste dispose en Bretagne d’une base solide. C’est ainsi depuis les années Mitterrand, qui virent le jeune PS remplacer le très fatigué MRP. Et si le père ou la mère votaient démocrate-chrétien, les enfants se mirent à voter socialiste. Idéologiquement parlant il n’y avait pas de grandes différences puisque, dans les deux cas, on trouvait la même teinture chrétienne. Un exemple parmi cent : dans sa jeunesse Jean-Marc Ayrault était permanent d’un mouvement catholique en Anjou. Aujourd’hui il est l’un des grands oligarques du PS, membre incontesté du cercle des éléphants.

Le 16 octobre 2011, pour le deuxième tour des primaires dites « citoyennes », 258.282 Bretonnes et Bretons se sont rendus aux urnes pour départager Hollande et Aubry. Si on ramène ce chiffre aux 3.240.868 inscrits affichés lors du deuxième tour des élections régionales du 21 mars 2010, cela donne un pourcentage de 7,96 pour l’ensemble de la Bretagne. Voilà un taux de participation impressionnant pour une affaire « privée ». Le meilleur score est obtenu par le PS dans les Côtes-d’Armor avec 8,61% (38.435 votants/446.308 inscrits). Puis vient la Loire-Atlantique avec 8,48% (77.036 votants/907.813 inscrits). En troisième position on trouve l’Ille-et-Vilaine avec 8% (54.151 votants/676.328 inscrits). Suit le Finistère avec 7,68% (51.403 votants/668.781 inscrits). Enfin le Morbihan avec 6,87% (37.247 votants/541.868 inscrits).

Notons que dans les cinq départements, François Hollande est arrivé nettement en tête : 58,9% dans le Morbihan, 58,6% dans les Côtes-d’Armor, 56,3% dans le Finistère, 55,9% en Loire-Atlantique et 53,48% en Ille-et-Vilaine. Pourtant, dans ce département, les hiérarques locaux, Edmond Hervé (« patron » de l’Ille-et-Vilaine), Daniel Delaveau (Maire de Rennes),Jean-Michel Boucheron (député de Rennes-sud) Marcel Rogement (député de Rennes-Nord) avaient appelé à voter pour Martine Aubry. Même à Rennes, le fief par excellence du sénateur Hervé qui a dirigé la ville pendant une trentaine d’années et qui bénéficie de l’estime générale, François Hollande fait la course en tête avec 51,33%. Il semble que les sympathisants ne suivent pas les consignes des « chefs » le petit doigt sur la couture du pantalon… ils ne réagissent pas comme les militants, personnages plus « obéissants ».

Le siège du PS, rue de Solférino à Paris

Les chiffres de participation pourraient contredire le discours officiel entendu ici et là. « Or la rénovation n’a été qu’une incantation jamais suivie d’effets et le PS est resté un parti d’élus, qui n’a pas réussi à élargir sa base militante », assure ainsi Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques à l’Université de Lille II (Le Monde, 28 juin 2011). Dominique Reynié, directeur général de la Fondation pour l’innovation politique, proche de l’UMP, se place sur la même ligne : « Le Parti socialiste est devenu un parti d’élus dont les électeurs n’appartiennent plus à la classe populaire » (Le Figaro, 8/9 octobre 2011).

Bien entendu il serait inexact de déclarer que le PS possède 258.282 élus en Bretagne… Ces femmes et ces hommes qui se sont déplacés appartiennent au noyau dur de l’électorat de gauche – les motivés. Des sympathisants capables de faire un effort dans les grands moments (aller voter aux primaires, assister à un meeting pendant la campagne présidentielle, signer une pétition…).

A partir de cette armée – 258.282 vaillants soldats en Bretagne – le PS pourrait ambitionner d’augmenter notablement le nombre de ses adhérents, donc à terme celui de ses cadres. Présenter aux prochaines élections municipales, une liste dans toutes les communes dont la population excède deux mille habitants semble un jeu d’enfants au vu de ces effectifs.

Mais il n’est pas certain que les dirigeants socialistes souhaitent recruter de gros bataillons. L’entre-soi apparaît nettement plus pratique, alors que l’adhérent fait souvent figure de personnage difficilement gérable.

Pour voter aux primaires ou pour remplir une salle lors de l’élection présidentielle, le sympathisant a son rôle à jouer ; on a besoin de lui. Mais dès qu’il s’agit d’effectuer un véritable travail politique, rien de remplace les « pros » – donc les élus – doit penser la rue de Solférino. Parions que la rue de La Boétie (UMP) pense la même chose.

Crédit photos : François Hollande en visite dans le quartier “sensible” de Rennes Le Blosne le 27 septembre dernier, Frennes (cc).
Siège du Parti Socialiste, Hegor, GNU Free Documentation License.

Les relations douteuses du député Urvoas

Les relations douteuses du député Urvoas

25/10/2011 – 15h00
QUIMPER (NOVOpress Breizh) – «Je ne sais rien de ce qui lui est reproché, cela m’indiffère assez». Interrogé par le Télégramme à propos de l’affaire de proxénétisme de Lille sur ses relations avec Jean-Christophe Lagarde, l’un des policiers mis en examen, Jean-Jacques Urvoas reconnait volontiers avoir travaillé avec lui mais préfère ignorer les rapports douteux qu’il entretenait avec DSK
.

« Je ne les ai jamais vus tous les deux ensemble, mais c’est bien Dominique Strauss-Kahn qui me l’a recommandé ».Le député socialiste du Finistère n’a pas caché, dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, qu’il a fait appel au sulfureux policier pour travailler sur les questions de sécurité. « Depuis un an, il participe aux réunions de travail de la fondation Terra Nova*, à l’Assemblée nationale. Pour moi, c’est quelqu’un de précieux, un policier de terrain, un homme de gauche et puis ce n’est pas un conceptuel mais un pragmatique. Quelqu’un de franc du collier (sic). »

Le « Monsieur Sécurité » du PS a confirmé au Télégramme ses liens avec Lagarde, précisant que ce dernier faisait également partie du groupe de travail qu’il avait créé sur la sécurité. « C’est DSK qui m’avait conseillé de le contacter en me disant que c’était un flic de gauche», reconnait J.J. Urvoas, «Je ne voyais le commissaire que pour des réunions. C’est un flic de terrain, c’est comme ça que je jauge son apport. Ce n’est pas un conceptuel mais un type au plus près de l’application de la loi, je n’ai jamais cherché à savoir ce qu’il faisait à Lille». Ce en quoi il a sans doute eu tort.

Jean-Christophe Lagarde, chef de la sûreté départementale du Nord et « homme de gauche », a en effet été mis en examen pour « proxénétisme aggravé en bande organisée et recel d’abus de biens sociaux » et placé sous contrôle judiciaire. Selon ce qui ressort de l’enquête, ce dernier et Jean-Claude Ménault, directeur départemental de la sécurité publique du Nord, se seraient notamment rendus à New-York à l’invitation de DSK, accompagnés de « secrétaires » – des prostituées fournies par Dominique Alderweireld, alias « Dédé la Saumure » (!) – officiellement pour parler « sécurité ». Le tout financé par David Roquet, patron d’une filiale d’Eiffage, égalemen mis en examen. Eiffage qui a remporté par ailleurs le marché de construction du Grand Stade de Lille. Une affaire qui ne fait que commencer.

Jean-Christophe Lagarde, “un type au plus près de l’application de la loi” ? On peut décidément s’interroger sur la clairvoyance du député Urvoas quant au choix de ses relations. Pour quelqu’un dont on parle – dans l’hypothèse d’une victoire de François Hollande – comme éventuel futur ministre de l’Intérieur, cela fait un peu désordre. C’est le moins que l’on puisse dire.

* Think tank mondialiste, la fondation Terra Nova s’est illustrée récemment en préconisant au PS d’abandonner la classe ouvrière – jugée irrécupérable – pour se tourner vers les populations immigrées…

Photo : Jean Jacques Urvoas (à gauche sur la photo), député, au congrès de Reims du PS. Crédit ; jyc1 via Flickr sous licence CC.

Ces gens de droite qui ont voté à la primaire socialiste

Ces gens de droite qui ont voté à la primaire socialiste

[box] Un article de Geoffroy Lejeune de Valeurs Actuelles analyse leurs motifs. Extraits :[/box]

Avec ses 6% obtenus au premier tour, Manuel Valls n’était pas un favori du scrutin. Mais depuis des années, son positionnement à droite de la gauche interpelle. Jean-François Copé n’a pas hésité à parler d’ « erreur de casting » le concernant, indiquant par là que le député-maire d’Evry aurait toute sa place à l’UMP. C’est donc sans mal que ce dernier a recueilli le suffrage de Jérôme (prénom modifié), séduit par ses positions sur la sécurité : « Il ose dire des choses que le PS ne dit pas au sujet de l’immigration et de la sécurité. Il est important de montrer que son discours est porteur. » […]

Le score d’Arnaud Montebourg au premier tour, aussi surprenant qu’inattendu, ne doit ainsi pas uniquement à son positionnement à gauche de la gauche. Le candidat de la « démondialisation » a profité du soutien de la droite de la droite, séduite par la proximité de ses positions avec celles de Marine le Pen, sur les conséquences néfastes du « capitalisme mondialisé ». Les identitaires se sont ainsi impliqués dans sa campagne en soutenant Arnaud Montebourg, mais aussi en l’appelant à aller plus loin à travers une démondialisation intégrale ne se couchant pas devant le politiquement correct. Les Identitaires ont estimé que « les partisans d’Arnaud Montebourg se situaient dans la proximité immédiate du projet de société identitaire sur le plan économique, à travers la mise en place d’un protectionnisme européen et la relocalisation de nos activités économiques. » […]

C’est aussi une volonté de peser dans le débat politique qui les a guidés : « Les Identitaires continuent d’être en première ligne, tant sur le plan des idées que dans l’action. » Influencer l’élection – jusqu’à la fausser ? – a pu aussi motiver ces militants, qui revendiquent fièrement d’avoir « une fois de plus joué leur rôle d’aiguillon dans ce scrutin. » Même raisonnement pour le mouvement de droite « Dextra », animé par un « principe d’action (…) qui lève certaines gènes qu’éprouveront tels ou tels lorsqu’on évoque ce genre de démarches fort éloignées des déplorations des ronchons de la droite la plus bête du monde. » […]

[box class=”info”] Source et article complet sur Valeurs Actuelles [/box]

Crédit photo : Parti Socialiste / Philippe Grangeaud / Solfé communications – image sous licence creative commons.

Primaires socialistes : le CRIF se réjouit de la victoire de François Hollande

Primaires socialistes: le CRIF se réjouit de la victoire de François Hollande

17/10/11 – 17h30
PARIS (NOVOpress)
– La communauté juive de France semble pleinement satisfaite de la victoire de François Hollande sur Martine Aubry.

En effet, le Conseil Représentatif des Institutions juives de France, le CRIF, a adressé ses chaleureuses félicitations à François Hollande pour sa brillante victoire lors des élections pour la primaire du Parti Socialiste.

Le CRIF souligne également qu’il connaît de longue date « le profond attachement de François Hollande au respect des individus dans leur diversité » et « espère qu’il fera valoir au cours de sa campagne présidentielle les sentiments d’amitié pour la communauté juive de France et de compréhension empathique vis-à-vis de l’Etat d’Israël qu’il a toujours manifestés jusqu’à maintenant. »

Des encouragements qui résonnent comme des conseils et malmènent quelque peu la position laïciste et anti-communautariste affichée par le candidat socialiste, tout comme ils peuvent laisser planer des doutes quant à l’objectivité de sa future politique étrangère.

Crédit photo : idf-photos via Flickr. Licence CC

Apologie de la démocratie directe dans le Rhône ou l’hypocrisie de la classe politique

Apologie de la démocratie directe dans le Rhône ou l’hypocrisie de la classe politique

13/10/2011 – 18h30
LYON (NOVOLyon) – Selon la fédération du Rhône du Parti socialiste, 70.000 personnes ont participé aux primaires socialistes dans le département. Ce nombre correspond à 7 % des électeurs inscrits sur les listes électorales.

Le peuple et ses représentants vus par KonkTrès justement, la fédération socialiste voit, dans cette mobilisation massive, un avènement de la démocratie directe. D’ailleurs, dès les premiers résultats, le charivari médiatique s’est mis en route. Tous les candidats socialistes se sont attribué ce succès, paradant sur les plateaux de télévision pour encenser cette « démocratie directe » parée de toutes les vertus. Pourtant, ce sont ces mêmes élus et candidats qui la condamnaient en 2009 et en 2010 lorsque les Suisses avaient « mal voté ». En novembre 2009, ils étaient nombreux à critiquer le processus de démocratie directe représenté par la votation suisse, lors du référendum sur l’interdiction des minarets. Des critiques similaires ont fusé en 2010, lorsque les Suisses ont récidivé en refusant le droit de vote des étrangers !

Là où la démocratie directe est considérée comme un acte citoyen lors d’élections internes à un parti, elle est vilipendée par la classe politique comme le pire des maux pour la société. Ainsi la démocratie directe fait peur. Il est donc nécessaire de rappeler aux élites politiques que la démocratie directe est la voix du peuple. Son résultat n’a pas à être interprété, transformé ou contourné* mais seulement accepté.

Attardons nous sur le cas du sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb. Pilier du Parti socialiste depuis plus de vingt ans, il a habitué les Lyonnais à… rien ! La démocratie directe n’existe pas, les Gones et les Fenottes ne sont jamais consultés sur les décisions importantes à prendre sur l’avenir de la capitale des Gaules. Et pourquoi leur demander puisqu’ils n’ont pas de velléité à faire entendre leurs voix ? La simple évocation du principe de subsidiarité, si cher à Charles Maurras et Proudhon, de parlements provinciaux, de démocratie directe et de référendum populaire n’évoquent plus rien à des citoyens habitués à ne rien dire et à subir.

D’ailleurs à quoi bon s’offusquer puisque les Lyonnais et les Français en règle général savent très bien que ce ne sont plus les hommes politiques qui décident pour eux.

Dans un extrait de son livre « Et si la France s’éveillait », le sénateur-maire de Lyon ne peut s’empêcher de nous révéler que le peuple et ses représentants ne dirigent plus la France. D’ailleurs, Gérard Collomb ne se plaint pas de cet état de fait, ne soyez pas naïfs, il s’en prend à Nicolas Sarkozy, car il continue de croire ou plutôt de nous faire croire que le peuple français décide pour lui-même.

Extraits de « Sarkozy, le plus hexagonal de nos présidents » :
[box]Urne électorale« En France, nos joutes politiques continuent à s’organiser comme si tout pouvait encore se décider dans le seul cadre hexagonal, comme si nous étions maîtres de tout, comme si l’économie et la société françaises n’étaient pas désormais totalement immergées dans un monde qui a vu se réduire à la fois le temps et l’espace, comme si nous pouvions encore décider et agir seuls. (…) Nous faisons croire qu’il nous est possible de mener à notre guise des politiques de relance, des politiques salariales, des politiques de protection sociale totalement déconnectées de celles de nos voisins, comme si nous n’étions pas liés par des interdépendances de plus en plus fortes. D’où ce raisonnement simpliste de la France seul maître à bord, qui est, pour nous, une tentation permanente. Cette fâcheuse tendance marque évidemment la politique de Nicolas Sarkozy, le plus hexagonal et le plus jacobin des présidents que nous ayons eus. Ma conviction est que Nicolas Sarkozy se perd, et la France avec lui, dans cette croyance en la toute-puissance de l’Etat-nation, mais que la gauche n’échappe pas davantage à cette illusion. »[/box]

En clair, le peuple ne décide plus de l’avenir de la France et les décisions ne se prennent plus dans l’isoloir. Avouons le, on s’en doutait un peu… Mais une question demeure : où se prennent les décisions si nous ne sommes plus « maîtres à bord » et que l’on ne décide « plus dans le seul cadre hexagonal » ? La réponse se fait attendre…

*comme cela a été fait pour le référendum pour le Traité de Lisbonne. Le non avait été majoritaire, mais M. Sarkozy a quand même ratifié le traité en détournant la constitution.

Promesse tenue : le PS a fait voter des immigrés !

Promesse tenue : le PS a fait voter des immigrés!

Au fait, parmi les 2,5 millions de votants à la primaire socialiste – officiellement intitulée « primaire citoyenne », dans cette logique qui voit la gauche s’attribuer le monopole de la « citoyenneté » –, combien y avait-il d’étrangers et de mineurs qui ne participeront pas à l’élection présidentielle ?

Le Parti socialiste avait en effet décrété que pouvaient voter « les citoyens étrangers membres du PS ou du MJS » (le Mouvement des jeunes socialistes, présidé par Laurianne Deniaud), ainsi que « les mineurs membres du PS ou du MJS », qu’ils soient ou non en âge de voter en avril prochain. En revanche, les étrangers non encartés au PS n’avaient pas, eux, le droit de voter… Faut pas déconner.

« Citoyen étranger »

Par sa formule de « citoyen étranger », le PS bafoue carrément la Constitution de la Ve République qui associe nationalité et citoyenneté. Selon la loi française, un citoyen est un « homme ou [une] femme âgé(e) de plus de 18 ans, né(e) de parents français ou étrangers naturalisés », qui, par définition et sauf décision de justice contraire, possède le droit de vote et celui d’être élu.

Parler de « citoyen » au sujet d’un ressortissant étranger relève de l’idéologie pure, de celle qui con duit à parler de « citoyen du monde » ou à vouloir instaurer le droit de vote pour les étrangers.

De fait, la composition du corps électoral de cette primaire confirme la pertinence de l’analyse du think tank de gauche Terra Nova, estimant que le PS cherche à remplacer la défection des « classes populaires » au profit des citoyens issus de l’immigration, voire des immigrés eux-mêmes.

Promesse tenue : le PS a fait voter des immigrés!

« La France de demain »

Au jour symbolique du 10 mai 2011, Terra Nova avait publié une étude sociologique très commentée : « Gauche: quelle majorité électorale pour 2012 ? ».

Notant le rétrécissement du « socle historique de la gauche », du fait de la contraction de la population ouvrière et du glissement à droite de celle-ci, les trois auteurs notaient l’apparition d’un nouvel électorat de gauche, désigné sous le nom de « La France de demain », à savoir « les minorités et les quartiers populaires »

« La France de la diversité, expliquaient- ils, est presque intégralement à gauche. L’auto-positionnement des individus révèle un alignement des Français d’origine immigrée, et plus encore de la deuxième génération, à gauche – de l’ordre de 80-20. On retrouve des scores de cette ampleur dans les bureaux de vote des quartiers populaires, et encore de 62-38 dans les zones urbaines sensibles. »

Telle est bien la tentation de la gauche en général et du Parti socialiste en particulier: puisque les prolos votent « populiste » ou tout simplement à droite – comme au deuxième tour de la présidentielle de 2007, où l’électorat ouvrier s’est porté à 50 % sur le candidat de droite, fait sans précédent dans l’histoire de la démocratie française –, il faut modifier le peuple et même le dissoudre, au sens propre, au sein d’un corps électoral élargi à tous ceux qui résident en France…

Si certains doutaient que le PS veuille véritablement accorder à son arrivée au pouvoir le droit de vote aux immigrés, la primaire vient de montrer que, dès qu’ils tiennent les urnes, c’est chose faite.

Antoine Vouillazère

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” de ce mercredi 12 octobre. En kiosque ou sur Internet.
Dessin d’Aramis dans le même numéro de Minute. [/box]