Conflit russo-ukrainien : la liberté des peuples dans la configuration géopolitique mondiale

macron ukraine

Que faire, nous Européens ? Éternelle question, éternel dilemme, qui se pose aujourd’hui avec une acuité renforcée en Ukraine face à l’interventionnisme américain.
Une tribune signée Arnaud Guyot-Jeannin.

Depuis le déclenchement de la guerre le 24 février par Vladimir Poutine, il n’est de jours qui passent sans que les Français et les Européens se sentent impuissants à agir en faveur d’une paix négociée pouvant mettre fin au désastre d’une guerre européenne préjudiciable à tous les peuples. Pourtant, c’est ce que tout le monde souhaite, à commencer par les Ukrainiens et les Russes, malgré l’activisme belliciste de leurs minorités ultra-nationalistes respectives. Les logiques de domination nationalistes et impérialistes à l’échelle globale aboutissent à des rapports de force ne pouvant conduire qu’à une montée aux extrêmes où l’Ukraine et la Russie ont tout à perdre. Mais, où les États-Unis pensent qu’ils ont tout à gagner ! En effet, les desseins mondialistes d’une Amérique prédatrice et présidée par le vieux gâteux de la Maison Blanche, Joe Biden, ne sont plus à démontrer.

L’aboiement de l’Otan

Il faut être équitable. Après avoir condamné l’intervention russe en Ukraine, le pape François a déclaré au Corriere della Serra, le 3 mai 2022 : « C’est l’aboiement de l’Otan à la porte de la Russie qui a poussé le chef du Kremlin à mal réagir et à déclencher le conflit. » De son côté, Thierry Mariani, député européen du Rassemblement national, observe, à juste titre, dans les colonnes de Valeurs actuelles du 2 juin dernier : « Les Russes ne supportent plus d’être environnés de nations dont les élites, les diplomaties et les dirigeants sont biberonnés à un atlantisme belliqueux. Oui, les Russes pensent que le déversement massif et continu d’armements américains chez leurs voisins est un danger pour leur sécurité. Longtemps, la Russie a souhaité parvenir à un rapprochement avec l’Europe de l’Ouest et a travaillé en ce sens. Il est désormais à craindre que Moscou ne se soucie plus de nos nations, les jugeant inféodées aux États-Unis et désormais incapables d’indépendance sur la scène internationale. »

L’impuissance diplomatique de la France et de l’Europe dans ce conflit s’avère une réalité terrifiante. Néanmoins, il faut continuer d’appeler à la Pax Europa. Que faire d’autre ? On nous reprochera de ne pas être réalistes. Mais, avec Bernanos, nous savons que « le réalisme, c’est la bonne conscience des salauds ». Et puis, en matière de realpolitik, que proposent exactement les pro-ukraniens russophobes et les pro-russes qui méprisent les Ukrainiens ? Pas grand-chose, il faut bien le dire. Alors ? Alors, nous ne pouvons qu’appeler à cette paix européenne avec toutes les âmes et hommes de bonne volonté de la société politique et civile, qui savent bien que l’Occident américanocentré ne fera qu’encourager la poursuite de cette guerre pour affermir ses intérêts qui ne sont pas ceux de l’Ukraine, de la Russie, de la France et de l’Europe.

Thierry Mariani peut conclure ainsi sa tribune libre par ses mots de bon sens : « L’intérêt de la France n’est pas la victoire de la Russie ou de l’Ukraine dans le conflit qui les oppose. Notre intérêt, c’est le retour le plus rapide possible à la paix et à des relations normales avec la Russie. Cette évidence stratégique est aujourd’hui diabolisée par des esprits soucieux de vivre leur guerre d’Espagne par procuration. Cette évidence sera pourtant partagée par toujours plus de Français à mesure qu’ils subiront les effets économiques et sociaux catastrophiques de cette situation. D’ailleurs, les médias finiront peut-être par se lasser des exigences débordantes du président ukrainien. » De même que celles de Vladimir Poutine, bien que ce dernier représentera toujours, quoi qu’il fasse, la figure du Spectre dans le nouveau James Bond international qui se joue actuellement…

Tribune reprise de revue-elements.com

Europe : la guerre en Ukraine rebat les cartes

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La guerre en Ukraine n’en finit plus de provoquer des remous militaires et géopolitiques en Europe. Après le réarmement de l’Allemagne annoncé fin février, la France s’interroge sur la qualité de ses services de renseignement, l’Angleterre tente de faire pression sur ses anciens alliés tandis que la Suède songe à adhérer à l’Otan, ce qu’elle refusait catégoriquement jusqu’à présent. L’Europe est sens dessus dessous !

Responsable du fiasco ? Bouc émissaire ? Toujours est-il que le général Eric Vidaud, patron de la direction du renseignement militaire français depuis sept mois, a été limogé par l’état-major. C’est une information révélée mercredi par « une source interne au ministère des Armées », qui précise également que sa hiérarchie pointait du doigt son « manque de maîtrise des sujets ».

Le renseignement militaire français, contrairement à celui des Etats-Unis, ne croyait pas à l’hypothèse d’une invasion russe de l’Ukraine.

L’on pourra toutefois noter que le chef des armées, un certain Emmanuel Macron, s’est lui aussi lourdement trompé en étant l’idiot utile de Vladimir Poutine. La démarche diplomatique du président français était par ailleurs peu sérieuse, celui-ci ne ratant jamais une occasion d’apporter son soutien à l’Ukraine entre deux échanges avec le président russe.

L’Angleterre, elle aussi, semble agacée de voir les événements lui échapper. Son ancienne colonie, l’Inde, n’a en effet pas embrassé la ligne occidentale, ne votant pas la résolution de l’ONU exigeant le retrait des forces russes de l’Ukraine et n’adoptant pas la moindre sanction économique à son encontre.

Jeudi, Liz Truss, ministre britannique des Affaires étrangères, a effectué le voyage à New Delhi afin d’encourager un rapprochement entre les deux pays, promettant que cela stimulerait la sécurité dans la région et créerait des emplois. Si l’Inde collabore avec la Russie, tout comme la Chine, elle demeure rivale de son géant voisin communiste et ne peut se permettre de couper les ponts avec ses potentiels alliés occidentaux. Liz Truss et le Royaume-Uni l’ont bien compris.

L’Europe du Nord, future zone conflictuelle ?

Magdalena Andersson, Premier ministre suédois (ou Première ministre ? Je ne sais plus ce qu’on doit dire en bon français !), a déclaré mercredi lors d’un entretien télévisé qu’elle n’excluait « en aucune façon » l’adhésion de son pays à l’Otan, ajoutant qu’elle souhaitait que soit faite « une analyse approfondie des possibilités » mais aussi une analyse « des menaces et des risques ».

L’élargissement de l’Otan est en effet ce que redoute le Kremlin, qui n’hésite pas à menacer les prétendants se trouvant à proximité de son territoire, comme il l’a fait dès la fin février avec la Finlande. Or, la Suède et la Russie partagent une frontière maritime en mer Baltique.

C’est un brusque revirement pour la Suède, sa dirigeante ayant assuré au début de l’assaut russe qu’il était « crucial » que la ligne de la Suède dans sa politique de sécurité reste inchangée. Elle ajoutait le 8 mars qu’un rapprochement avec l’Otan déstabiliserait potentiellement la sécurité de l’Europe du Nord.

Les dirigeants européens, confrontés à une situation inédite depuis plusieurs décennies, naviguent à vue.

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 1er avril 2022

Bruno Mégret : « En Ukraine, à qui profite le crime ? »

Ukraine

Dans une enquête criminelle, il est toujours important de savoir à qui profite le crime. Si la réponse ne désigne pas nécessairement le coupable, elle permet néanmoins d’avoir une idée plus claire sur l’éventuelle responsabilité des différents protagonistes. Aussi, dans cette douloureuse guerre d’Ukraine, peut-il être intéressant de se poser cette question primordiale.

La Russie marginalisée

À cet égard, il apparaît déjà que la Russie qui a déclenché la guerre ne sera sans doute pas le principal bénéficiaire de cette malheureuse entreprise. D’ores et déjà, elle en subit le contrecoup sur le plan diplomatique. La Russie et ses dirigeants sont pour longtemps diabolisés et marginalisés, sinon dans le monde entier au moins dans le monde occidental où un profond fossé s’est durablement creusé entre elle et le reste de l’Europe. Si l’on ajoute à cela l’effet des sanctions économiques qui la frappent déjà, il n’est pas certain que les avantages que ses dirigeants comptent tirer de l’invasion de l’Ukraine suffisent à inverser le fléau de la balance. Certes, la Russie prend un gage et empêche de ce fait que l’Otan s’installe à ses frontières, ce qui constituait son but stratégique majeur. Mais pourra-t-elle durablement rester en Ukraine et n’a-t-elle pas créé dans ce pays traditionnellement partagé entre le monde slave et le monde occidental un sentiment national antirusse puissant qui fera tôt ou tard basculer cette nation du côté de l’Union européenne ?

L’Otan consolidée

Peut-on par ailleurs affirmer que les pays d’Europe occidentale ou que l’Union européenne en tant que tels sortiront renforcés de cette crise ? Certainement pas. Beaucoup des sanctions économiques prises dans l’urgence contre la Russie auront des contrecoups néfastes pour la France et les pays européens. Des pays européens qui ont été incapables par ailleurs d’empêcher cette guerre qu’ils prétendaient pourtant vouloir éviter par les vertus de la diplomatie. Force est de constater que les voyages et les communications téléphoniques innombrables entre les capitales européennes et le Kremlin n’ont rien pu empêcher. L’Europe a surtout révélé son impuissance et son incapacité à faire jouer un quelconque rapport de force sur la scène internationale. Certes, certains prétendent que cette crise va provoquer une prise de conscience de la réalité des rapports de force et qu’elle va donner naissance à une Europe de la défense, voire à une Europe puissance. Mais si un effort budgétaire important était entrepris pour les forces armées, ce serait pour placer ce potentiel supplémentaire sous le couvert de l’Otan, comme la plupart des pays l’envisagent actuellement. Et ce ne serait finalement qu’une augmentation de la contribution européenne à cette organisation. Augmentation réclamée depuis très longtemps déjà par les Américains.

L’imperium américain renforcé

Aussi, peut-on, me semble-t-il, affirmer que les principaux bénéficiaires de cette guerre seront les États-Unis d’Amérique. Leur adversaire russe est diabolisé, rejeté et isolé et donc définitivement coupé de l’Union européenne, ce qui évite la constitution d’un puissant pôle européen de l’Atlantique à l’Oural que les Américains ont toujours craint et rejeté. L’Otan qui est l’instrument de la domination américaine sur l’Europe sort par ailleurs renforcée de cette crise puisqu’elle apparaît comme un bouclier indispensable à de nombreux pays d’Europe orientale face à « l’impérialisme russe » et comme parapluie nucléaire essentiel à tous les États qui ne disposent pas de force de dissuasion. A l’évidence, cette guerre ukrainienne va servir les Américains en marginalisant leur ennemi russe et en renforçant leur imperium sur l’Europe.

Le piège de la guerre

On comprend mieux dans ces conditions pourquoi, contrairement aux Européens, les Américains ont refusé de faire la moindre concession aux Russes, ne cherchant nullement à trouver un accord diplomatique raisonnable pour empêcher la guerre. On comprend aussi pourquoi le président Biden a solennellement déclaré que les États-Unis n’enverraient aucun soldat américain mourir pour l’Ukraine. Ce qui a été dénoncé comme une erreur de débutant de la part du chef de l’État américain n’était en réalité que la dernière pièce du stratagème imaginé par l’État profond qui dirige les États-Unis. Un stratagème qui avait d’ailleurs déjà été employé par les mêmes Américains lorsqu’ils avaient incité Sadam Hussein à envahir le Koweït pour ensuite déclencher la première guerre d’Irak.

On peut imaginer que l’ancien officier du KGB qu’est Vladimir Poutine n’a pas été dupe de ces manœuvres américaines. Mais la volonté qui est la sienne de rendre à la Russie une part au moins de sa puissance impériale passée l’a sans doute amené à considérer que l’invasion de l’Ukraine était devenue possible et constituait une opportunité qu’il devait saisir en dépit des manœuvres américaines et des conséquences néfastes qui en résulteraient par ailleurs.

Ajoutons bien sûr que l’Ukraine paiera, quant à elle, le prix fort de cette guerre à la fois par les destructions, les blessés et les morts dont sera victime sa population mais aussi par le démembrement territorial qui va durablement déchirer le pays.

Tribune reprise de Polémia

Ukraine: le président Zelensky se dit prêt à un compromis sur les territoires séparatistes de l’Est et à ne plus insister sur une adhésion à L’OTAN

Débat : quelles sont les racines du conflit qui ensanglante l’Ukraine ?

Nikola Mirkovic ukraine

07/03/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Ce sont deux spécialistes très au fait des questions et des conflits de l’est de l’Europe. En exclusivité sur Boulevard Voltaire, Patrick Edery, le patron de tysol.fr, l’organe de presse francophone du syndicat polonais Solidarność, et l’humanitaire et essayiste Nikola Mirkovic, auteur du livre Le Martyre du Kosovo (France Empire, 2020), confrontent deux regards opposés sur le terrible conflit qui ensanglante l’Ukraine.

Quelles sont les responsabilités de la Russie de Poutine, de l’OTAN, de l’Union européenne ? Pour quels enjeux ? Un débat riche, dense, frontal, qui bouscule toutes les convictions, n’épargne personne et ouvre sur la complexité des origines de la tragédie ukrainienne. A voir pour comprendre et se faire une opinion.


Guerre tiède : Russie – Ukraine – OTAN : l’escalade verbale

Russie – Ukraine

Diplomates et médias du monde entier ont les yeux rivés sur la frontière ukraino-russe où se multiplient les mouvements de troupes de part et d’autre. Devenue l’enjeu d’un bras de fer entre le Kremlin et Washington, sous le paravent de l’Otan, la crise du Donbass va-t-elle aboutir à un nouveau conflit armé ? La plupart des observateurs pensent que cette extrémité sera évitée même si les jusqu’au-boutistes des deux camps continuent à souffler sur les braises. Une fois encore, l’Europe, divisée, apparaît comme la grande absente.

La rencontre du secrétaire d’Etat américain Antony Blinken avec le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov le 21 janvier à Genève n’a pas permis d’apaiser les tensions suscitées par la présence accrue de forces russes à la frontière avec l’Ukraine, dans le cadre d’un dispositif perçu par les Ukrainiens, les Américains et l’OTAN comme la préparation d’une invasion armée. Blinken a prévenu son homologue que, si l’Ukraine ne fait pas partie de l’OTAN, elle peut compter sur le soutien américain face à l’agression russe. Un soutien qui se traduit par une action diplomatique et par des menaces de sanctions contre la Russie, en plus de celles en vigueur depuis l’annexion de la Crimée en 2014 et l’intervention au Donbass, et aussi par la livraison d’armes de défense, tels les lance-missiles antichars portables Javelin, ou les 90 tonnes d’armes légères et de munitions livrées la semaine dernière. Des armes antichars NLAW ont également été livrées par le Royaume-Uni qui ne fournissait pas jusqu’ici d’armes létales à l’Ukraine, mais les avions de la RAF chargés du transport ont dû contourner l’espace aérien allemand, Berlin étant opposé à toute livraison d’armes à Kiev.

L’Allemagne a également refusé que soit envisagés l’exclusion de la Russie du système de paiements internationaux SWIFT et le renoncement au gazoduc Nord Stream 2, toujours en attente des autorisations de mise en service côté allemand, en cas d’attaque militaire russe contre l’Ukraine. L’amiral Kay-Achim Schönbach, commandant de la marine allemande, a dû démissionner après ses propos du 21 janvier selon lesquels l’Ukraine ne récupérerait jamais la Crimée et le président russe Vladimir Poutine ne demande que du respect qu’il « est facile de lui donner puisque probablement, il le mérite ». Des propos qui ont causé un incident diplomatique avec l’Ukraine.

La semaine dernière, Londres a affirmé savoir par ses services de renseignement que le Kremlin souhaitait installer un régime à sa botte à Kiev et a cité les noms des Ukrainiens qui étaient prévus pour remplacer le pouvoir démocratique actuellement en place. Les Américains et les Britanniques ont par ailleurs annoncé l’évacuation d’Ukraine des familles de leur personnel diplomatique dans la crainte d’un conflit armé. Lundi, Washington a mis en alerte 8 500 soldats qui peuvent être envoyés à tout moment en Europe pour renforcer le front oriental de l’OTAN. Un renforcement durable des forces de l’Alliance déployées dans les anciens pays satellites de la Russie soviétique aujourd’hui membres de l’OTAN fait partie de la panoplie de mesures de rétorsion annoncées comme probables en cas d’invasion de l’Ukraine par la Russie, alors que c’est déjà l’annexion de la Crimée qui avait conduit aux premiers déploiements permanents en violation du traité signé dans les années 1990 avec la Russie, au moment de l’adhésion de ces pays à l’Alliance atlantique. Mais l’annexion de la Crimée était elle-même une violation flagrante par la Russie du mémorandum de Budapest de 1994 signé avec les Américains, les Britanniques et les Ukrainiens quand Kiev avait accepté de remettre à la Russie l’arsenal nucléaire hérité de l’URSS.

Le scénario d’agression ouverte paraît malgré tout improbable, quoi qu’en disent les dirigeants occidentaux. Sans doute ces attroupements à la frontière s’inscrivent-ils en réalité dans la suite de l’assaut migratoire des derniers mois organisé par l’allié biélorusse de Poutine, dans le cadre d’une stratégie de tensions volontaires pour forcer l’Occident à négocier un engagement à ne pas étendre l’OTAN plus à l’est et à renoncer aux sanctions.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 25 janvier 2022

Ni tofu, ni burger – Au bal des trois grandes puissances, la France doit-elle vraiment s’inviter ?

Etats-Unis Chine

Le sommet de l’OTAN s’est terminé lundi 14 juin 2021. A son issue, l’OTAN a publié un communiqué pour le moins provocateur à l’égard de la Chine. Cette volonté de gonfler le torse et les muscles devant les Chinois à l’approche du centenaire du parti communiste et alors que les tensions se multiplient en mer de Chine méridionale, marquées par des survols de chasseurs chinois et américains ou une forte présence de navires de guerre de différents pays, est un effet d’optique. En réalité, ce sont les seuls Etats-Unis qui veulent ainsi affirmer leur puissance. Biden l’avait rappelé peu de temps après son élection, expliquant que le temps de l’affirmation de la puissance américaine dans le monde était de retour. Le communiqué vise ainsi avant tout à réaffirmer cette puissance face à la Chine, tout en impliquant les alliés des Etats-Unis, et singulièrement une Union européenne amenée à faire profil bas et à accepter de suivre la politique atlantiste. Les observateurs qui donnaient un prix Nobel de la paix à Obama, avant de constater qu’il ne mit pas un terme à l’interventionnisme guerrier des Etats-Unis, ou annonçait que le monde ne pourrait pas échapper à une troisième guerre mondiale à cause de Trump sont sans aucun doute bien marris. Les démocrates n’ont pas l’intention de tergiverser concernant le rôle de leadership qu’ils entendent exercer sur le monde, ce que Biden rappelait aussi peu après son élection.

Sans cette toile de fond, il est difficile de comprendre le communiqué d’une OTAN qui était un peu sorti des radars. Bien sûr, l’Union européenne est membre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord par le biais de divers pays, dont la France et l’Allemagne, mais dans le jeu géopolitique de la course à la puissance, celle qui est ancrée dans les enjeux d’aujourd’hui mais prépare ceux de demain, elle est surtout rattrapée par le réel : il n’y a que trois adversaires autour de la table, et ce sont les Etats-Unis, la Russie et la Chine. C’est aussi pourquoi les Etats-Unis font les gros yeux à une Chine et une Russie en phase de rapprochement.

La teneur du communiqué ne mâche pas ses mots. L’OTAN considère que la Chine représente dorénavant « un défi systémique » pour la stabilité du monde. Un milliard cinq cents millions d’êtres humains apprécieront une expression que l’on imagine tout droit venue des dossiers de Joe Biden. Ce qui inquiète l’OTAN ? Que la Chine développe rapidement son arsenal nucléaire (plus que les autres ?) et qu’elle « coopère militairement avec la Russie, en participant aux exercices russes dans la zone euro-atlantique » (plus que la France avec les Etats-Unis, au même endroit ?). La réaction de Pékin ne s’est pas fait attendre. La Chine accuse l’OTAN, et surtout les Etats-Unis, de s’engager de nouveau dans une logique de blocs, sans doute bien dangereuse pour la sécurité du monde.

L’Union européenne et en particulier la France ont-elles intérêt à être assujetties à la Chine ou aux Etats-Unis ? Aucun des deux, mon capitaine ! La France n’a qu’un seul intérêt véritable, le sien propre, pour paraphraser Carl Schmitt.

Pierre Xu

Article paru dans Présent daté du 16 juin 2021

Alain de Benoist : « L’OTAN n’est pas en état de mort cérébrale. C’est l’Europe qui l’est ! »

Alain de Benoist

Nous avons déjà eu l’occasion de parler de l’OTAN, organisation qui aurait dû logiquement être dissoute en même temps que le pacte de Varsovie, puisqu’elle avait été créée à seule fin de résister à l’Union soviétique, aujourd’hui disparue. Mais il n’en a rien été, puisqu’elle s’est muée en une vaste organisation de « défense globale » qui intervient désormais dans le monde entier. Quelles sont, aujourd’hui, ses priorités ?

Tout le monde le sait, ses ennemis désignés sont aujourd’hui la Fédération de Russie en premier lieu, la Chine en second. Le fait nouveau est qu’avec l’élection de Joseph (« Joe ») Robinette Biden, le parti de la guerre est de retour. Les États-Unis ont déjà recommencé à bombarder la Syrie, Poutine se fait traiter de « tueur » par Biden et de nouvelles sanctions viennent d’être adoptées contre la Chine. Parallèlement, une vaste offensive de propagande est en cours pour « cimenter la centralité du lien transatlantique », c’est-à-dire pour faire croire aux Européens que les ennemis des Américains sont nécessairement les leurs. On en revient au chantage à la protection de l’époque de la guerre froide : les Européens sont sommés de s’aligner sur les positions de Washington en échange de la protection américaine, et donc de faire allégeance au commandant suprême des forces alliées en Europe qui est, comme toujours, un général américain. En clair : protectorat contre vassalisation.

C’est aussi ce que dit la tribune publiée tout récemment dans le mensuel Capital, qui a été signée par plusieurs hauts gradés militaires. Le moins qu’on puisse dire est que ses signataires ne mâchent pas leurs mots, puisqu’ils disent que la souveraineté de la France est directement menacée par les projets de l’OTAN…

La lettre ouverte adressée à Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN, par les membres du Cercle de réflexion interarmées est en effet un véritable réquisitoire contre le projet « OTAN 2030 », qui définit les missions de l’Organisation pour les dix prochaines années. Ce projet est qualifié de « monument de paisible mauvaise foi », ce qui a le mérite d’être clair. Mais il faut aller plus loin si l’on veut comprendre ce qui est en jeu.

Le fait important est que la doctrine de l’OTAN n’a cessé d’évoluer, ces dernières années, vers l’intégration du combat nucléaire à toutes les étapes de la bataille. En 2008, l’OTAN avait déjà refusé de signer le Pacte européen de sécurité proposé par Moscou. En 2010, au sommet de Lisbonne, la défense anti-missiles balistiques américaine mise en place en Europe avait pris un caractère clairement dirigé contre « l’ennemi russe ». À partir de 2015, les premiers missiles antimissiles américains en packs de 24 lanceurs Mk 41, implantés tout autour de la Russie, n’ont plus été conçus comme permettant seulement des tirs défensifs, mais aussi des tirs offensifs. En 2019, les États-Unis ont déchiré le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) qui avait été signé en 1987 par Gorbatchev et Reagan. Tout récemment encore, un groupe de dix experts nommé par Stoltenberg s’est prononcé, dans son livre OTAN 2030: United for a New Era, pour le déploiement en Europe de nouveaux missiles nucléaires à moyenne portée équipés de bombes nucléaires B61-12. On en revient, ainsi, au concept de « bataille nucléaire de l’avant ». Cela signifie que le concept de frappe nucléaire tactique de théâtre est à nouveau scénarisé et que l’OTAN considère désormais l’Europe comme son futur champ de bataille, les États-Unis restant bien entendu seuls maîtres de l’engrenage vers l’option nucléaire.

En déclarant, il y a deux ans, que l’OTAN était « en état de mort cérébrale », Emmanuel Macron avait fait sensation, cette déclaration ayant été interprétée comme un appel lancé aux Européens pour qu’ils se dotent d’une défense commune qui leur soit propre. Apparemment, ça n’a pas été le cas.

Dans l’entretien auquel vous faites allusion, Macron disait aussi que « si nous acceptons que d’autres grandes puissances, y compris alliées, y compris amies, se mettent en situation de décider pour nous, notre diplomatie, notre sécurité, alors nous ne sommes plus souverains ». Le chef de l’État parlait d’or. Mais hélas ! il s’est contenté de jouer du pipeau, puisque le sursaut attendu n’a pas eu lieu. Quand, en 2009, Nicolas Sarkozy avait décidé de réintégrer la structure militaire de l’OTAN, il avait également claironné qu’il levait ainsi un obstacle à la mise en place d’une Défense européenne. C’était tout aussi illusoire. Ou tout aussi mensonger.

Plus significatif encore : après les déclarations de Donald Trump laissant planer le spectre d’un désengagement de Washington, on aurait pu penser que les Européens se seraient souciés plus sérieusement de pourvoir par eux-mêmes à leur sécurité. C’est le contraire qui s’est passé. Tous les gouvernements européens ont, au contraire, rivalisé en gestes d’allégeance dans l’espoir d’infléchir la position des États-Unis. Tous ont fait assaut de surenchère atlantiste sur des sujets comme la désignation de la Chine et de la Russie comme nouveaux ennemis communs, l’inclusion de l’espace parmi les théâtres d’opérations de l’OTAN ou l’accès des États-Unis aux programmes d’armement européens. La France elle-même s’est finalement alignée sur les positions américaines et ne fait plus entendre une voix originale sur aucun sujet. Si tel n’était pas le cas, elle commencerait par se désolidariser des sanctions contre la Russie et rétablirait ses relations diplomatiques avec la Syrie !

Une Défense européenne n’est pas près de voir le jour pour la simple raison que la majorité des États européens, à commencer par l’Allemagne, n’en veulent pas, non seulement parce qu’ils trouvent que cela coûte trop cher et qu’ils s’imaginent que les bons sentiments suffisent à régler les rapports de force, mais aussi parce qu’ils savent très bien qu’il est impossible de défendre l’Europe sans prendre la place de l’OTAN, dont c’est la chasse gardée. Comme le dit le général Vincent Desportes, « plus le parapluie américain est une chimère, plus les Européens s’y accrochent ». Alors que les États-Unis disposent d’un budget militaire de près 750 milliards de dollars (contre moins de 70 milliards pour la Russie), les budgets militaires de la plupart des pays européens sont indigents, ces mêmes pays préférant de surcroît acquérir des avions de guerre et des systèmes balistiques américains plutôt qu’européens pour complaire au complexe militaro-industriel américain.

Macron a eu grand tort de parler de « mort cérébrale » à propos de l’OTAN. L’OTAN n’est nullement en état de mort cérébrale. C’est l’Europe qui l’est, puisqu’elle refuse de se doter des moyens de la puissance. Le général Vincent Desportes le dit également sans ambages : « L’OTAN est une menace pour l’Europe », avant d’ajouter que « l’avenir de l’Europe est eurasiatique, pas euro-atlantique ». Une évidence que personne ne veut apparemment reconnaître. Le réveil sera terrible.

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Qui veut en finir avec notre souveraineté ?, par Franck Deletraz

A force de se rendre à Berlin comme il irait à Canossa et de signer, comme il l’a fait en janvier 2019 à Aix-la-Chapelle, des traités rognant sur notre souveraineté, Macron a ouvert la porte aux pires revendications et provocations allemandes. Ainsi, après l’incroyable toupet affiché par la présidente de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer, demandant en juillet dernier à ce que notre pays cède à l’UE son siège au Conseil de sécurité de l’ONU, c’est un autre proche de la chancelière Merkel, Johann Wadephul, vice-président du groupe parlementaire de la CDU, qui a osé proposer que la France place sa force de dissuasion nucléaire « sous un commandement commun de l’Union européenne ou de l’OTAN » !

Convoitise allemande

Interviewé en début de semaine par les journalistes du Tagesspiegel, le député Wadephul a en effet déclaré souhaiter que l’Allemagne « envisage une coopération avec la France en ce qui concerne les armes nucléaires ». En contrepartie de quoi, a-t-il précisé, « la France devrait être prête à placer sa force de dissuasion nucléaire sous un commandement commun de l’UE ou de l’OTAN ». La réalité, a-t-il expliqué, « est que nous avons besoin d’une dissuasion nucléaire. C’est dans l’intérêt allemand d’avoir une influence sur la stratégie qui nous protège. Il serait sage d’essayer de même avec la France ». Et Wadephul d’ajouter alors : « Le président Emmanuel Macron nous a plus d’une fois appelé à oser plus pour l’Europe. Il pourrait maintenant montrer qu’il est lui aussi prêt à cela. » Notons que Wadephul est loin d’être le seul, outre-Rhin, à défendre cette idée puisque, en février 2019 déjà, l’actuel président de la conférence de Munich sur la sécurité, Wolfgang Ischinger, avait plaidé en faveur d’une « européisation du potentiel nucléaire français ». Avec – tout de même – cette nuance de poids : le contrôle de cette « dissuasion partagée » resterait entre les mains du président français. On signalera également l’édition de dimanche de Die Welt, dont les journalistes, reprochant à Paris de refuser à l’Allemagne « un droit de regard pour l’utilisation des missiles nucléaires français », avaient le toupet d’écrire que « ce que la France n’est plus capable de réaliser, les Allemands doivent aider à le faire, sans bien sûr être sur un pied d’égalité »… Un comble, quand on sait que notre pays et notre armée portent (quasiment) à eux seuls, depuis des décennies, l’ensemble des opérations extérieures auxquelles nos prétendus « partenaires européens », et l’Allemagne en particulier, apportent, de loin, un vague soutien… moral !

Un peu de fermeté, M. Macron !

La vérité, c’est que nos voisins teutons, après avoir mis économiquement et diplomatiquement la main sur l’Europe faute d’une réelle opposition de la part de Paris, refusent de rester plus longtemps les nains militaires qu’ils sont depuis 1945. Ils souhaitent renouer avec la puissance, mais sur le dos de notre pays, à moindre coût, et aussi parce qu’ils n’en ont plus les moyens humains. A tel point que, en décembre 2018, Eberhart Zorn, alors chef d’état-major de la Bundeswehr, confiait au Funke Mediengruppe, que Berlin envisageait très sérieusement de faire appel à des ressortissants d’autres Etats membres de l’UE pour pallier son manque cruel de recrues… Reste, dans tout cela, la position de Macron, dont on peut craindre qu’il se laisse aller une fois de plus à quelques concessions en faveur de Berlin. Interrogé lundi par des journalistes alors qu’il était en déplacement à Varsovie, le président français, qui doit d’ailleurs s’exprimer sur la « stratégie de défense et de dissuasion » devant les stagiaires de l’Ecole de guerre ce vendredi, a rappelé que « sur la question nucléaire, il (lui appartient) de définir les intérêts vitaux (…). Mais je veux dire ici clairement qu’à mes yeux, les intérêts de nos partenaires européens sont toujours pris en compte ». Avant d’ajouter : « Je reviendrai précisément sur la doctrine mais aussi sur les procédures et modalités que je souhaite proposer sur ce sujet dans les prochains mois à nos partenaires. » Souhaitons qu’en ce domaine, au moins, il n’ouvre pas davantage la porte entrebaillée en 2006 par Chirac qui, à l’occasion d’un discours prononcé à l’Île-Longue, avait évoqué le principe de… « dissuasion concertée »

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 5 février 2020

Souvenons-nous du bombardement de la Serbie

02/04/2019 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Serguei Lavrov a fait une déclaration à l’occasion des vingt ans de l’agression de l’OTAN contre la Yougoslavie, il a rappelé les faits que vous trouverez en détail sur le site du Réseau Voltaire.

Le 24 mars 1999 l’OTAN a lancé les bombardements de la Yougoslavie souveraine et indépendante, qui ont duré pendant 78 jours. Ces bombardements ont tué environ deux mille civils dont au moins 89 enfants. La région autonome du Kosovo a été séparée par la force au motif de prévenir une prétendue catastrophe humanitaire.

Les Albanais du Kosovo ont commis des crimes horribles, notamment des enlèvements de Serbes pour le trafic des organes humains. Ces faits ont été présentés par le rapporteur de l’APCE Dick Marty en 2010. Un tribunal spécial sous l’égide de l’Union européenne instruit, mais n’a toujours avancé aucune accusation.

L’action de l’Alliance était illégitime car elle ne disposait d’aucun mandat de l’ONU et les États membres ayant participé à cette agression portent une responsabilité lourde.

Marchandages sur l’effort de défense, par Jean-Gilles Malliarakis

Les rencontres atlantiques de ces 11 et 12 juillet, entre Européens et Américains portent sur l’avenir de l’Otan. Peut-être convient-il de mieux situer le contentieux qu’elles s’apprêtent à gérer. Avant même de remonter aux premières années de l’Alliance et à ses principes historiques reportons-nous à 2014.

Le débat remonte en effet à cette année-là. Les pays limitrophes de la Russie avaient assisté, au printemps, à l’affaire de Crimée, puis au développement d’une guerre hybride que Moscou mène dans l’est de l’Ukraine en soutien aux séparatistes.

Les menaces de la Russie poutinienne ressenties dans l’Est européen vont au-delà de la question de frontières théoriquement sanctuarisées par les accords d’Helsinki de 1975. Elles portent sur l’unité, et même sur l’indépendance des pays issus en 1991 de l’Union soviétique. Et cela a conduit à légitimer la marche vers un impératif comptable accepté par tous les alliés.

Il a été situé à échéance de 10 ans, c’est-à-dire pour 2024, à hauteur de 2 % du Produit intérieur brut de chaque pays, à investir dans les moyens matériels de défense. 20 % de cet effort devra être consacré à l’acquisition de nouveaux équipements majeurs, comprenant les dépenses de recherche et développement.

On peut parfaitement s’interroger sur la pertinence de tels ratios statistiques.

En France, par exemple, l’opinion peut désormais paraître majoritairement, sinon unanimement, acquise à la préoccupation militaire. Or, les services de l’Otan en mesurent la concrétisation à seulement 1,81 % en termes de PIB. La Cour des comptes estime, au contraire, que le seuil de 2 % est atteint ou dépassé.

Tout dépend en effet, d’abord, d’une donnée quantitative fluctuante, celle de la richesse produite dans le pays ; et d’autre part une notion qualitative interroge quant à la nature des missions définies par les lois de finances.

Faudra-t-il ainsi incorporer ou non le symbolique projet de service national restreint que la présidence de la république entend instituer et dont l’impact sur la capacité opérationnelle du corps de bataille tendra, de toute évidence, vers zéro ?

Depuis 1960, aussi, la force nucléaire hexagonale a absorbé une part considérable du budget des armées : faut-il la comptabiliser dans le contexte de l’Otan ?

De telles questions font autant de digressions dans un débat où devraient primer celles de l’esprit de défense et de l’effort matériel qu’il suscite.

À y regarder de près, on se rend ainsi compte que seuls quelques gouvernements ont vraiment tenu l’engagement à hauteur de 2 % fixés en 2014. La Grande Bretagne, alliée indéfectible, et à certains égards cavalier du cheval américain, la Grèce dont la préoccupation stratégique est déterminée par la menace d’une Turquie juridiquement alliée mais militairement ennemie, restent hors concours avec respectivement 2,10 % et 2,27 %. Viennent ensuite de manière significative les pays voisins de la Russie : Estonie à 2,14 %, Lettonie à 2 %, Pologne 1,98 %, Lituanie 1,96 %, Roumanie 1,93 %, c’est-à-dire là où les peuples, légitimement et directement, se sentent menacés par la velléité russe affirmée par la maître du pouvoir, de reconstruire l’espace soviétique.

Ce beau résultat de la politique grimaçante de Vladimir Poutine et de ses exactions sanglantes contre la Géorgie en 2008 et contre l’Ukraine depuis 2014, de son ambition de parler comme l’URSS le faisait, d’égal à égal avec l’Occident, doit être mis en perspective avec la réalité d’un budget militaire russe, certes considérable en pourcentage de la richesse effectivement produite par l’économie de ce pays, mais 15 fois plus modeste que celui de l’Otan dont les 2/3 sont assumés par l’Amérique.

Ne perdons pas de vue la part des faux-semblants dans la présentation de cette négociation entre Eurocrates et bureaucrates atlantiques.

Les gros intérêts de l’industrie militaire des États-Unis sont dans de nombreuses circonstances une motivation aussi importante que la nécessaire défense du monde libre.

N’esquivons donc pas non plus la part de bluff dans les propos, et dans les raccourcis sur Twitter, du président Trump. Observons-le désireux de faire pression sur l’Allemagne. On se préoccupe en effet, désormais, après plus de 70 ans de statut punitif, de la faire contribuer plus durement. Rappelons enfin qu’après avoir tenté de resserrer les liens au sein de son propre bloc, l’homme de la Maison Blanche rencontrera le 16 juillet dans la bonne ville d’Helsinki, à défaut de pouvoir le faire à Yalta, son partenaire du Kremlin.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Où est en fait le fascisme ?, par l’universitaire serbe Milos Kovic

Otan fascisme Serbie

L’agression contre les pays voisins, des guerres sans fin, le démantèlement des Etats, des modifications des frontières par la violence ? Est-ce que cela vous rappelle Donald Trump et Nigel Farage ou plutôt leurs opposants politiques, les clans de Clinton et Bush, ou ceux de Tony Blair et de David Cameron ?

Dans les pays occidentaux, de plus en plus souvent, le public entend les mots « fascisme » et « fasciste ». Ces mots sont réservés à Donald Trump, Geert Wilders, Marine le Pen et d’autres « populistes de la droite ». En outre, l’utilisation de ces mots forts est justifiée par le fait que ces hommes politiques se réfèrent à des valeurs nationales, parce qu’ils demandent à ce que les immigrations de masse soient arrêtées dans leur pays, et aussi à cause des débordements xénophobes de leurs partisans.

Cependant, le fascisme est un terme dont le sens ne peut être déterminé d’une manière rapide et facile. Après tout, il en va de même pour toutes les idéologies politiques. Il n’y a pas de définition généralement acceptée du libéralisme, du socialisme et du conservatisme. Il est bien connu que le terme « fascisme » cache des mouvements très divers, comme les fascistes italiens, les nazis allemands ou les Ustashas croates. Tout cela, cependant, ne devrait pas nous troubler et nous empêcher de comprendre cet important phénomène historique.

C’est l’expérience historique qui pourrait nous aider dans cette tâche, plus que toute simplification politique ou bien une explication théorique. Il y a une caractéristique clé du fascisme qui est, intentionnellement ou non, trop souvent oubliée dans le tumulte général contre Donald Trump ou Marine le Pen. Néanmoins, on se souvient encore des fascistes pour leurs agressions contre d’autres pays souverains, les guerres sans fin, les démantèlements des Etats et les modifications des frontières par la violence. Louis XIV et Napoléon ont également commis des actes d’agression contre leurs voisins, ils ont mené des guerres continues, ils ont démantelé des pays et modifié des frontières. L’agression d’Hitler, cependant, a été suivie par la destruction massive des populations entières, comme les Juifs, les Tsiganes et les Serbes. On se souvient du fascisme en tant que tel surtout en Europe centrale, orientale et du Sud-Est.

L’agression contre les pays voisins, des guerres sans fin, le démantèlement des Etats, des modifications des frontières par la violence ? Est-ce que cela vous rappelle Donald Trump et Nigel Farage ou plutôt leurs opposants politiques, les clans de Clinton et Bush, ou ceux de Tony Blair et de David Cameron ? Devrions-nous vous rappeler les destructions de la Yougoslavie, de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Libye, de la Syrie, de l’encerclement de la Russie, de la Chine, de l’Iran ? Trump, au contraire, selon les déclarations publiées, préconise une diplomatie traditionnelle d’intérêts et des négociations entre les Etats souverains, comme celles largement connues depuis la Paix de Westphalie en 1648, ce qui est contraire aux croisades infinies au nom des «valeurs» assidûment menées par leurs adversaires libéraux.

Les destructions massives ethniquement motivées des populations entières ? Ces gens ont réussi à ce qui semblait être un idéal inaccessible pour Hitler et Pavelic : ils ont tué et expulsé la population serbe de la Croatie et des parties de la Bosnie-Herzégovine, du Kosovo et de Metohia.

Tout cela, bien sûr, a été mené par leurs collaborateurs locaux, comme c’est le cas avec les chrétiens en Irak ou en Syrie. Nous ne devons pas oublier l’hystérie antiserbe dans les médias qui a permis des crimes impunis et massifs contre les Serbes. Cette opération n’est comparable qu’avec ce que l’Europe nazie a fait aux Juifs.

Mark Mazower, professeur à l’Université de Columbia à New York, a déclaré dans son livre L’empire d’Hitler qu’Hitler et les nazis étaient inspirés par l’expérience coloniale des États libéraux, du Royaume-Uni et des États-Unis pour les crimes qu’ils commettaient en Europe de l’Est. Ils ont simplement fait aux Européens ce que les colonisateurs libéraux ont fait en Afrique et en Asie. Hitler admirait la clairvoyance et le manque de pitié des Britanniques en Inde, ainsi que la brutalité raciste américaine contre les Noirs et les Indiens. Il a déclaré ouvertement que les pays slaves, en particulier la Russie, seraient dans l’avenir, l’Inde de l’Europe allemande unie. Pendant la colonisation germanique des territoires slaves en Europe de l’Est, Hitler s’est inspiré de l’expérience des États-Unis. Des enclaves de « personnes racialement et civilement supérieures » dans la mer indienne, se sont progressivement liées, ont fusionné et pillé les terres des indigènes.

Selon Mazower, les tentatives de l’empire libéral visant à forcer les pays colonisés à adopter leur modernisation et leurs modèles culturels ne sont qu’un autre côté du racisme antique indestructible. Hitler, ainsi que Goebbels ont appelé à l’unification de l’Europe autour de l’Allemagne, afin de protéger et de défendre ses valeurs raciales et culturelles. Ce faisant, ils ont ouvertement affirmé que le but principal de l’union de l’Europe était la protection contre la Russie et la marche vers la Russie. La rhétorique de la défense contre l’Union soviétique a été utile dans le processus d’après-guerre d’unir l’Europe, où, comme le prouve Mazower, les anciens partisans d’Hitler ont assidûment travaillé comme des hauts fonctionnaires. La menace de la Russie a été une partie importante de la campagne des partisans de l’UE lors du référendum Brexit en Grande-Bretagne, ainsi que de la campagne de soutien d’Hillary Clinton lors des élections présidentielles aux États-Unis.

Some people will say that, after all, NATO liberals do not conquer the world in the name of race, but in the name of human rights. However, the bombs were dropped on Republika Srpska, Serbia, Iraq, Libya and Syria, along with the American and the British rock and roll, and not with the German military marches. It is, indeed, a beautiful consolation for millions of their victims.

Certaines personnes diront que, après tout, les libéraux de l’OTAN ne conquerront pas le monde au nom de la race, mais au nom des droits de l’homme. Cependant, les bombes ont été lancées sur la Republika Srpska, la Serbie, l’Irak, la Libye et la Syrie, avec le rock & roll américain et britannique, et non avec les marches militaires allemandes. C’est en effet une belle consolation pour des millions de victimes.

Milos Kovic

Universitaire serbe et historien, Milos Kovic est professeur adjoint au département d’histoire de la faculté de philosophie de Belgrade.

Texte paru dans le quotidien serbe Politika
et traduit par Svetlana Makosvic pour Polémia

Les algorithmes de la censure régiront bientôt votre information

10/05/2017 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Facebook, l’Otan et de nombreux titres de la grande presse profitent des élections pour travailler à un modèle de contrôle orwellien. Il s’agit de purger Internet de ce qu’ils prétendent être des fausses nouvelles ou « fake news » en novlangue angliciste. Le New York Times y consacre un article. Ces justiciers de l’extrême se sont réunis dans une coalition majoritairement financée par des géants privés américains tels que Google.

Il s’agit bien l’intelligence artificielle au service de la pensée unique

Tout à fait puisqu’il s’agit du développement d’un outil de haute technologie pour réduire automatiquement les avis que vous considérez comme nuisibles.
Le chouchou de ces héros de la bien pensance est le « fast checking » ou vérification rapide. Grâce à des algorithmes et des rames de données, ils déterminent la probabilité de fausseté de l’information, la localisent et automatiquement la suppriment.

Le mode de sélection favorisera la pensée unique

Peu de preuves seront nécessaires pour éliminer les informations dites déviantes. Ces algorithmes ne déterminent pas si l’information est fausse mais sa probabilité d’être fausse. Tout dépend donc des critères choisis…

Le responsable de Stratcom, le centre des communications stratégiques de l’OTAN, a ouvertement précisé que l’objectif n’est pas de supprimer uniquement des informations contradictoires, mais aussi les points de vue alternatifs avant qu’ils ne soient entendus. Il a pris pour exemple l’Ukraine : « Des acteurs étatiques ont tenté d’amplifier des points de vue spécifiques pour les intégrer dans l’opinion majoritaire ».

Cette censure qui pourrait devenir obligatoire

Selon le Times, ce mouvement de censure pourrait devenir obligatoire en Allemagne, sous peine de lourdes amendes. En France, Facebook a profité de la campagne présidentielle pour supprimer plus de 30 000 comptes en France et fait de même aux Pays Bas.

Le président syrien Assad reste méfiant à l’égard de Donald Trump

bachar-el-assad

17/11/2016 – SYRIE (NOVOpress) : Le président syrien Bachar el-Assad est prêt à coopérer avec Donald Trump mais il reste très méfiant. Interrogé mardi par la RTP, la télévision publique portugaise, il a estimé que l’élection de Donald Trump était certes « prometteuse », mais qu’il restait « dubitatif » : « S’il veut lutter contre le terrorisme, bien sûr, nous allons être alliés, des alliés naturels de la même manière que nous le sommes avec les Russes, les Iraniens et beaucoup d’autres pays qui veulent défaire le terrorisme. » Mais il n’en est par certain.

« Nos attentes ne sont pas immenses, a-t-il expliqué, parce que l’administration des États-Unis ne se limite pas au Président. Il y a différents pouvoirs au sein de cette administration, différents “lobbies“ qui influencent tout président. Nous devons donc attendre de voir […] Mais nous espérons toujours que les États-Unis ne sont pas partiaux, qu’ils respecteront le droit international, […] et bien sûr qu’ils arrêteront de soutenir les terroristes en Syrie. »

Questionné sur le rôle de la Turquie, le président syrien s’est montré intraitable à l’égard du président turc Erdogan :

« Vous parlez d’un homme malade. C’est un président mégalomaniaque. Il vit à l’époque ottomane, pas au temps présent. Il est déconnecté de la réalité. »

Et de rappeler que « les terroristes qui sont venus en Syrie l’ont fait à travers la Turquie avec le soutien de M. Erdogan ».

+600 % de clandestins en Grèce en janvier. Vers le renvoi en Turquie des « réfugiés » secourus en mer ?

29/02/2016 – EUROPE (NOVOpress)
Va-t-on enfin venir à des solutions de bon sens ? Des voix s’élèvent en Allemagne pour que les navires européens raccompagnent les naufragés ou « réfugiés » à leur point de départ plutôt qu’en Europe.

L’ampleur sans cesse croissante de l’invasion migratoire par mer — Plus de 100 000 clandestins ont déjà traversé la Méditerranée depuis le début 2016, soit plus que le total des six derniers mois de 2015 — devient alarmante, même pour les bonnes âmes. Le nombre de clandestins arrivant en Grèce en janvier est 600 % plus élevé qu’il y a 12 mois, selon Frontex. Des statistiques qui dessillent les yeux les mieux clos.

Les « réfugiés » secourus en Méditerranée par Frontex et l’OTAN sont systématiquement amenés sur les côtes européennes (principalement grecques), facilitant et encourageant d’autant la submersion migratoire. Pourtant, en Allemagne, certains réclament une reconduite en Turquie.
Ainsi, Hans-Peter Friedrich (CSU) a appelé Frontex à cesser d’emmener des migrants illégaux sur le territoire européen. Il a ajouté que le droit maritime international stipulait que les personnes secourues devaient être envoyées dans un endroit « sûr », et que cela pouvait être la Turquie, comme le stipulerait Frontex. Il a demandé à ce que la réglementation de l’UE, qui ne classe actuellement pas la Turquie parmi les destinations « sûres », soit modifiée le plus vite possible.
Une position appuyée par la ministre allemande de la Défense, Ursula Von der Leyen, qui considère aussi que la Turquie est un pays « sûr ». La ministre pense donc que les navires de l’OTAN devraient être autorisés à renvoyer des migrants en Turquie.

Pour autant, Frontex, dément avoir accordé ce statut de pays sûr à la Turquie.
Contrairement à de récentes déclarations, Frontex n’a jamais classé la Turquie dans les pays « sûrs », et ce n’est pas près de changer a rappelé Ewa Moncure, porte-parole de l’agence européenne de surveillance des frontières.

Naturellement, en plus des ces points juridiques, il faudra vaincre la résistance des associations et groupements immigrationnistes, qui n’ont pas manqué de monter au créneau. « Envoyer en Turquie des réfugiés secourus dans la mer Égée reviendrait à sonner le glas du droit d’asile », a par exemple déclaré Karl Kopp, de l’organisation d’aide humanitaire Pro Asyl.

Crédit photo : Kripos NCIS via Flickr (CC) = Overføring til « Peter Henry von Koss »

Conférence sur la sécurité à Munich ou chronique de l’impuissance occidentale

16/02/2016 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)
Fondée, en 1963, afin de permettre à des ministres, à des députés ou encore à de hauts responsables militaires d’échanger sur les problèmes de politique étrangère et de défense auxquels les États-Unis et l’Europe sont confrontés, la conférence de Munich sur la sécurité a eu lieu le WE dernier.

Le début de la conférence a été marqué par une signature d’un accord sur la situation syrienne entre le secrétaire d’État américain John Kerry et le ministre des Affaires étrangères russes Sergueï Lavrov.
Tout à fait, mais il faut être prudent sur l’application de l’accord : il ne s’agit nullement d’un cessez-le-feu, mais plus d’une cessation des hostilités. En effet, le caractère définitif de l’arrêt du conflit n’est pas prévu par l’accord. Selon le texte, cet arrêt des combats interviendra après confirmation par le gouvernement syrien et l’opposition ; une perspective qualifiée par beaucoup d’ambitieuse.

Les chances de réussites de cet accord ne paraissent donc pas très élevées…
D’autant plus que même les signataires n’y croient pas vraiment. Côté américain on craint l’inaction russe. Côté russe on dénonce les divergences de discours entre le Pentagone et le département d’État. M. Lavrov a conclu « Tout cela veut dire que les États-Unis ne vont pas cesser leurs frappes aériennes, mais que la Russie doit arrêter les siennes. C’est malheureux, mais ça signifie que cet accord de Munich sera impossible à réaliser, et ce sera la faute des Américains ».

L’autre sujet de tension a été les propos de Manuel Valls sur l’accueil des migrants
En effet, celui-ci a indiqué que la France ne pourrait pas accueillir plus de 30 000 demandeurs d’asile. Sur le fond, les propos du Premier ministre n’ont pas surpris : les Allemands savent que la France ne veut pas accueillir plus de réfugiés, mais la forme est jugée inconvenante par l’entourage d’Angela Merkel.

Peut-on donc dire que tout a divisé lors de cette conférence ?
Tout sauf le constat clinique : nous n’avons jamais été aussi peu en sécurité.

Pour aller plus loin, peut-on dire que la Russie et les États-Unis sont dans une seconde guerre froide ?
En effet, James Clapper, le patron du renseignement américain, a déclaré qu’il était possible que les États-Unis et la Russie retrouvent une guerre froide. Il considère que la Russie a développé un projet de missiles croisière en violation du traité des forces nucléaires. Tout comme pendant la guerre froide, les États-Unis se servent de l’OTAN et de théâtres extérieurs pour intervenir indirectement. À ce titre, on peut rappeler que les ministres de la Défense de l’OTAN ont annoncé que l’OTAN allait renforcer sa présence militaire en Europe de l’Est afin de minimiser le risque d’une nouvelle annexion par la Russie.

l’OTAN renforce influence aux abords de la frontière russe

11/02/2016 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Réunis hier à Bruxelles, les ministres de la Défense des 28 pays de l’OTAN ont décidé de renforcer encore la présence militaire en Europe de l’est et dans les pays baltes.

C’est l’annexion de la Crimée par la Russie et les tensions en Ukraine qui sont invoquées pour justifier ce déploiement militaire. Celui-ci serait défensif et dissuasif selon Michael Fallon qui déclare « Nous devons déployer des troupes et des navires pour prévenir toute agression ».
Les mesures qui seront prises devront permettre en cas de nécessité la réaction rapide de forces terrestres, aériennes et navales dans les régions menacées.

D’autres décisions de cet ordre sont prévues en juin (lors de la prochaine réunion des ministres de la Défense) et en juillet lors du sommet des chefs d’État et de gouvernement à Varsovie.

Quels sont les moyens mis en œuvre ?
Selon un principe de rotation, il s’agirait de prépositionner des forces dans les États baltes et en Pologne, et d’y installer des équipements militaires.

Les effectifs de la force de réaction rapide existante tripleraient, passant de 13 000 à 40 000 hommes. La création d’une force d’intervention encore plus réactive de 5 000 hommes dotée d’un appui aérien et naval est également prévue.
À terme, l’OTAN aura un millier de soldats dans chacun des six pays qu’elle entend protéger : Lituanie, Lettonie, Estonie, Pologne, Bulgarie et Roumanie.

Les USA très présents

Washington va quadrupler à hauteur de 3,4 milliards de dollars, les dépenses destinées à muscler la présence américaine en Europe. Ceci en y stationnant notamment des équipements de combat lourds (tanks, lance roquettes, etc.), en y doublant la rotation de ses troupes. 3 000 à 4 000 militaires seront présents toute l’année en Europe.

Comment cela est-il perçu par la Russie ?

Pour les Américains, ce déploiement reste dans le cadre de l’Acte fondateur sur les relations entre la Russie et l’OTAN de 1997. Moscou n’est pas du même avis et met régulièrement en garde contre le « stationnement permanent » de forces de combat à sa frontière qui serait contraire à l’Acte fondateur Otan-Russie, signé en 1997.
Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN doit rencontrer le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, vendredi à Munich.

Libye, le plan de la conquête

Source : mondialisation.ca (traduction d’un article paru dans Il Manifesto)

« L’année 2016 s’annonce très compliquée au niveau international, avec des tensions diffuses y compris chez nous. L’Italie est là et fera sa part, avec le professionnalisme de ses femmes et de ses hommes et avec l’engagement des alliés » : ainsi Matteo Renzi a-t-il communiqué aux inscrits du Pd la prochaine guerre à laquelle participera l’Italie, celle contre la Libye, cinq ans après la première.

« L’année 2016 s’annonce très compliquée au niveau international, avec des tensions diffuses y compris chez nous. L’Italie est là et fera sa part, avec le professionnalisme de ses femmes et de ses hommes et avec l’engagement des alliés » : ainsi Matteo Renzi a-t-il communiqué aux inscrits du Pd la prochaine guerre à laquelle participera l’Italie, celle contre la Libye, cinq ans après la première.

Le plan est en acte : des forces spéciales SAS — rapporte le Daily Mirror — sont déjà en Libye pour préparer l’arrivée d’environ 1000 soldats britanniques. L’opération — « dans un accord États-Unis, Grande-Bretagne, France et Italie » — impliquera 6000 soldats et marine étasuniens et européens avec l’objectif de « bloquer environ 5000 extrémistes islamistes, qui se sont emparés d’une douzaine des plus grands champs pétrolifères et, depuis le repère Isis de Syrte, se préparent à avancer jusqu’à la raffinerie de Marsa el Brega, la plus grande d’Afrique du Nord ».

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