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Chard Hongrie réfugiés

La Hongrie ouvre ses portes aux réfugiés… d’Europe occidentale

Dans son discours annuel à la nation hongroise, vendredi, le premier ministre Viktor Orban s’est dit prêt à accueillir « les vrais réfugiés : Allemands, Hollandais, Français et Italiens, politiciens et journalistes terrorisés, tous ceux qui veulent retrouver ici en Hongrie l’Europe qu’ils ont perdue dans leur patrie ». Une note d’humour, sans doute, mais qui pourrait bientôt devenir réalité à cause de cette « très curieuse coalition de passeurs, militants des droits de l’homme et élites politiques européennes » qui, comme le dénonçait Orban dans le même discours se sont entendus pour « amener délibérément des millions de migrants en Europe ». Mais, a-t-il encore clamé, les peuples se soulèvent : vote pour le Brexit, victoire de Donald Trump, éjection du gouvernement italien, tels étaient les exemples cités par le chef du gouvernement hongrois.

Une révolte des peuples causée par l’imposition de la « société ouverte » de l’empire Soros, nommément accusé dans le discours de Viktor Orban, et par le remplacement de la « démocratie du débat » par une « démocratie du politiquement correct ». Et, a-t-il encore expliqué à ses concitoyens, si les habitants des pays dominés par l’idéologie libérale-libertaire résistent, « ils sont inondés par des millions de migrants qui ont une religion et des habitudes différentes ». Oui, c’est bien le Grand Remplacement à l’œuvre dans les sociétés occidentales que dénonce le courageux leader hongrois, à propos de la stratégie adoptée par les élites libérales-libertaires face à ceux qui, en Europe, « ne veulent pas se libérer de leurs racines chrétiennes et de leurs sentiments patriotiques ».

Pour Viktor Orban, les « seigneurs de la politique mondialiste » n’ont en effet pas abandonné leur lutte, et si des élections ne sont pas gagnées par les libéraux, ils proclament que le pays concerné n’est plus une démocratie, ils proclament que « le peuple est un danger pour la démocratie ». Le Hongrois en sait quelque chose, lui dont le gouvernement est régulièrement accusé depuis 2010 par les élites médiatiques européennes d’avoir mis en place une « démocrature », sorte de régime à mi-chemin entre une démocratie et une dictature. Et pourtant, s’est encore moqué Orban, ce sont « ceux qui exprimaient des craintes hystériques pour la liberté de la presse » qui exigent aujourd’hui que des restrictions soient imposées sur les médias et sur internet.

Olivier Bault

Article et dessin de Chard parus
dans Présent daté du 16 février 2017