« Mariage gay » dans l’UE : grosse pression du Parlement européen

Europe mariage gay

La régulation du mariage et de l’adoption n’entre pas dans les compétences de l’UE ? Qu’à cela ne tienne, c’est au nom du droit à la libre circulation et du principe de non-discrimination inscrits dans les traités que le Parlement européen exige, par une résolution adoptée le 13 septembre, que tous les Etats membres reconnaissent les « mariages » entre personnes de même sexe, « la reconnaissance, pour les parents transgenres, du genre qui est le leur en droit », ainsi que les certificats de naissance falsifiés par certains pays puisqu’ils font état de deux papas biologiques ou de deux mamans biologiques.

En ce qui concerne la reconnaissance des « mariages » contractés entre homosexuels dans certains pays, la Cour de justice de l’UE avait déjà ouvert la brèche en 2018 dans un arrêt contre la Roumanie, qui refusait de reconnaître à un Américain le statut de conjoint d’un citoyen roumain, ce qui lui aurait automatiquement donné le droit de résider dans tout pays de l’UE. Les deux hommes s’étaient « mariés » en 2010 au sens de la loi belge, mais pas au sens de la loi roumaine, et Bucarest refuse toujours de céder à la CJUE et de faire semblant de croire que deux hommes peuvent être mariés entre eux.

Dans sa « Résolution sur les droits des personnes LGBTIQ dans l’Union européenne » adoptée cette semaine, le Parlement européen demande donc à la Commission d’engager une procédure en manquement contre la Roumanie, pour forcer celle-ci à appliquer le jugement de 2018. Et puis pendant qu’il y est, il demande aussi à la Commission et au Conseil de sanctionner par tous les moyens à leur disposition la Pologne et la Hongrie, deux pays jugés structurellement homophobes (alors que les homosexuels y sont bien moins souvent victimes d’agression qu’en France, par exemple). Pour la Pologne, outre le refus du « mariage pour tous », sont à nouveau spécifiquement visées les collectivités locales qui ont adopté une charte pour les droits des familles ne mentionnant pas ce que le Parlement européen appelle dans sa résolution les « familles arc-en-ciel », en référence aux six couleurs du drapeau du lobby LGBT. Ces collectivités sont une nouvelle fois qualifiées par le Parlement européen de « zones sans LGBTI », ce qui bien sûr ne correspond aucunement à la réalité.

On notera que parmi les eurodéputés français les LR Geoffroy Didier, Nathalie Colin-Oesterlé et Agnès Evren ont voté en faveur de cette résolution ultra-progressiste tandis que François-Xavier Bellamy, Arnaud Danjean, Nadine Morano et Brice Hortefeux ont préféré s’abstenir, n’osant sans doute pas voter contre. Les députés RN ont voté contre, eux, tandis que le centre macronien, la gauche et l’extrême gauche votaient bien entendu pour.

A cette occasion, sur son compte Twitter et dans une interview pour le magazine homosexuel militant Têtu, l’activiste LGBT Clément Beaune, profitant de son poste de secrétaire d’Etat aux affaires européennes du gouvernement français, laisse clairement entendre que la présidence française du Conseil de l’UE sera mise à profit pour tenter d’imposer les droits LGBT et le droit à l’avortement aux récalcitrants. Voilà qui promet un premier semestre 2022 des plus harmonieux à Bruxelles.

Le Polonais Tomasz Rzymkowski, vice-ministre de l’Education, considère quant à lui le vote du PE comme « un effort pour pousser les pays d’Europe vers une sorte de guerre idéologique, une tentative de créer un homme nouveau, le néo-marxisme dans sa forme pure ».

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 17 septembre 2021

Manifestations contre la ségrégation vaccinale en Europe

pass sanitaire

La France est en tête de la ségrégation vaccinale en Europe et c’est là que les manifestations contre ce nouveau type d’apartheid sont les plus massives. Parmi les autres grands pays de l’UE, seule l’Italie a pour le moment suivi l’exemple de la France avec un passe sanitaire affublé de l’appellation anglaise « green pass » qui est nécessaire pour accéder à toutes sortes de services. Et c’est donc en Italie que des manifestations ont lieu le plus régulièrement pour protester contre cette ségrégation que les politiciens locaux n’arrivent pas non plus à justifier de manière logique et cohérente puisque les vaccins contre le Covid-19 ne sont pas tant supposés empêcher de contracter et transmettre le coronavirus chinois et ses variants mondiaux que de prévenir les formes graves de la maladie.

La Ligue de Salvini participant au gouvernement Draghi, c’est le parti Fratelli d’Italia de Meloni qui est le plus important instigateur de ces manifestations aux côtés de différents mouvements citoyens, même si des responsables de la Ligue y participent aussi. Le mouvement dure depuis le mois de juillet, quand ce « green pass » a été annoncé, et celui-ci étant entré en vigueur le 6 août, le samedi 7 août avaient lieu de nouvelles manifestations dans toute l’Italie pour défendre les libertés. Comme en France, certains manifestants comparent la ségrégation et le discours des politiques et des médias contre les non-vaccinés à l’ancienne rhétorique anti-juive. Toujours comme en France, ces comparaisons de type « point Godwin » sont le plus vigoureusement condamnées par la gauche qui souhaiterait en conserver le monopole. Si les manifestations sont nombreuses et fréquentes en Italie, elles n’ont toutefois pas un caractère massif puisqu’elles rassemblent généralement entre quelques centaines et quelques milliers de manifestants.

Dans le reste du monde

Le 24 juillet, d’importantes manifestations contre le passeport vaccinal et les restrictions sanitaires abusives avaient également lieu à Londres et à Dublin dans le cadre du Worldwide Rally for Freedom (Rassemblement mondial pour la liberté). Ce jour-là, des gens manifestaient pour les libertés, y compris pour la liberté de choix en matière de santé, au Royaume-Uni, en Irlande, en France, en Allemagne, en Grèce, en Lituanie, en Slovaquie, en Finlande, aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, au Japon, en Afrique du Sud et dans plusieurs autres pays. Le prochain mouvement mondial de manifestations est prévu pour le 18 septembre prochain dans plus de 200 villes du monde entier. Le 1er août, une manifestation avait à nouveau lieu à Berlin en dépit de son interdiction. En Allemagne, c’est le mouvement Querdenker (« penseurs latéraux »), créé pour l’occasion, qui est le principal instigateur d’un mouvement de protestation également soutenu par le parti de droite Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Plus à l’est, la Lituanie et la Slovaquie ont introduit des mesures de ségrégation vaccinale qui ont suscité un fort mouvement de contestation, avec en particulier de véritables émeutes devant le parlement lituanien à Vilnius le mardi 10 août dans la soirée. En Pologne, où les autorités parlent de plus en plus ouvertement de la possibilité d’adopter des mesures discriminatoires à l’égard des non-vaccinés, une grande manifestation préventive avait lieu à Katowice, la capitale de la région de Basse-Silésie, le samedi 7 août.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 16 août 2021

Italie : immigration illégale massive

immigration lampedusa

La pression migratoire ne faiblit pas au sud de l’Europe. Pire, elle augmente fortement. En Italie, le ministère de l’Intérieur a déjà recensé plus de 30 300 arrivées cette année, soit le double du nombre enregistré à la même époque l’année dernière. L’île de Lampedusa est une fois de plus submergée par les arrivées de Tunisiens sur des embarcations de toutes sortes, et les ONG sont à la manœuvre pour assurer la navette entre la Libye et l’Italie.

Dimanche, l’Ocean Viking, qui appartient à l’ONG française SOS Méditerranée, a débarqué 549 « migrants » au port de Pozzallo dans le sud de la Sicile. L’Ocean Viking est subventionné par un certain nombre de collectivités locales françaises, y compris par la ville de Paris. La veille, c’est le Sea-Watch 3 de l’ONG allemande Sea Watch qui débarquait près de 260 immigrants illégaux dans le port sicilien de Trapani, à l’ouest de l’île. Sur ces centaines de migrants, parions que d’ici quelques semaines à quelques mois beaucoup se trouveront sur le territoire français et une partie d’entre eux viendront très probablement alimenter les campements urbains qui pourrissent la vie des Parisiens. A propos de la dernière navette de l’Ocean Viking, l’édition sicilienne de la Gazzetta del Sud online nous apprend qu’elle a assuré le transport à 502 hommes dont 107 « mineurs » – principalement non accompagnés – et 47 femmes. Ils proviennent de 21 pays dont le Bangladesh (pour 107 d’entre eux), l’Egypte (72), le Mali (54), le Maroc (50) et l’Erythrée (49). Accessoirement, 30 de ces immigrants illégaux ont été testés positifs au coronavirus à leur arrivée.

“Urgence sanitaire” en Sicile

Quand le gouverneur de Sicile Nello Musumeci parlait il y a quelques jours d’« urgence sanitaire » à cause de l’arrivée massive de « migrants », le ministre de l’Intérieur italien rétorquait que ces « migrants », après une période de quarantaine, sont redistribués sur le territoire national et qu’il n’y avait donc pas urgence sanitaire en Sicile.

L’augmentation du nombre d’immigrants illégaux favorisée par la politique d’accueil du gouvernement Draghi et de son ministre de l’Intérieur Luciana Lamorgese contraint le chef de la Ligue Matteo Salvini à réagir, puisqu’il a choisi de participer à ce gouvernement d’union nationale censé redresser l’Italie après la pandémie de Covid-19. Répondant à Mme Lamorgese qui affiche son impuissance face aux arrivées. Salvini rappelle que, lorsqu’il occupait lui-même son poste de ministre de l’Intérieur, il avait réussi à réduire très fortement le nombre d’arrivées. Accessoirement, le nombre de noyades, qui est à nouveau en forte augmentation, avait lui aussi beaucoup baissé quand Salvini était ministre de l’Intérieur.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 11 août 2021

Wuhan : à l’origine de la pandémie ?

wuhan covid

Les membres républicains de la commission des Affaires étrangères à la Chambre des représentants ont publié le 1er août un avenant à un rapport de 2020 sur les origines de ce coronavirus SARS-CoV-2 échappé de Wuhan, en Chine, qui a déjà causé la mort de 4,25 millions de personnes dans le monde, selon l’OMS.

Selon ce rapport, il ne fait aucun doute que les origines de la pandémie de Covid-19 ont été l’occasion de « la plus grosse opération de dissimulation de tous les temps » de la part des autorités communistes chinoises, et l’épidémie aurait commencé à Wuhan non pas en décembre 2019, comme la Chine l’avait affirmé, mais entre fin août et début septembre 2019.

Mais l’enquête menée par les représentants républicains du Congrès, dont les résultats anticipent sur ceux de l’enquête demandée en mai, par le président Joe Biden, aux services de renseignement, ne se contente pas d’accuser la Chine communiste de mensonge et de dissimulation sur le sujet, comme l’ont déjà fait certains conseillers scientifiques de l’OMS, tel Jamie Metzl, membre du Comité consultatif de l’OMS début juin.

Un faisceau de preuves

Pour le représentant Michael McCaul, qui préside la commission républicaine, il existe une prépondérance de preuves pointant vers l’Institut de virologie de Wuhan en ce qui concerne l’origine de la pandémie. Les membres républicains de la Chambre des représentants veulent maintenant auditionner Peter Dasza, président de l’ONG américaine Health Alliance qui a toujours dénoncé comme complotiste la thèse d’une fuite du virus du laboratoire P4 chinois, dont la technologie avait été fournie par la France avant que la Chine ne mette fin à la collaboration avec les Français en 2017. Le docteur Daszak a été contraint début juin de se retirer de l’équipe de l’OMS enquêtant sur les origines de la pandémie en raison de ses liens avec le laboratoire chinois qu’il n’avait pas divulgués.

Le rapport publié par les républicains du Congrès dénonce également les mensonges de la directrice du Centre des maladies infectieuses émergentes de l’Institut de virologie de Wuhan au sujet des recherches menées dans son laboratoire, et il demande au Congrès des Etats-Unis de « sanctionner les scientifiques de l’Institut de virologie de Wuhan et les responsables du Parti communiste chinois qui ont participé à cette dissimulation ».

Un papier publié le 3 août par le Besa (Begin-Sadat Center for Strategic Studies), un institut de recherche et d’analyse israélien, pointe également du doigt les trop nombreuses coïncidences qui interdisent d’exclure la responsabilité du laboratoire de Wuhan dans la pandémie actuelle. Parmi les coïncidences énumérées dans une liste qui se veut non exhaustive, on trouve les manœuvres chinoises autour de ce laboratoire (investissement dans les systèmes de ventilation du laboratoire P4 juste avant le début de la pandémie, effacement de la base des données des virus de ce laboratoire en septembre 2019, remplacement du responsable du laboratoire P4 par un officier militaire spécialiste de la guerre biologique à l’automne 2019, etc.), mais aussi le fait que le SARS-CoV-2 était d’emblée étonnamment bien adapté à l’homme pour un virus censé provenir d’un animal.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 9 août 2021

« Migrants » en Italie – Retour à la case départ

« Variant Delta sur dix immigrants arrivés à Lampedusa : c’est très grave, surtout si l’on pense que, en moins d’une semaine, 2 500 ont débarqué. Depuis le début de l’année, nous comptons 17 698 arrivées d’immigrants, contre 5 637 il y a un an et 2 154 en 2019. Je compte avoir bientôt une réunion à ce sujet avec le premier ministre Draghi, cet été l’Italie a besoin de touristes qui paient, pas de bateaux de migrants. » Telle a été la réaction du chef de la Ligue Matteo Salvini il y a une semaine après l’annonce de la présence du variant Delta du coronavirus chinois chez dix « migrants » fraîchement débarqués.

Le nombre d’arrivées continue d’augmenter malgré les voyages du Premier ministre et de son ministre de l’Intérieur Luciana Lamorgese en Libye et en Tunisie en avril et en mai dernier, justement pour discuter, entre autres choses, de la façon de freiner les départs depuis les côtes de ces deux pays. Résultat : l’île de Lampedusa est à nouveau submergée alors qu’il n’y a plus de place sur les navires réquisitionnés pour la mise en quarantaine des nouveaux arrivants. Ils sont actuellement quelque 1 400 dans le centre d’accueil de l’île prévu pour un maximum de 200 personnes. Autant dire que les conditions sanitaires liées à l’épidémie de Covid-19 ne peuvent pas y être respectées. Le maire de Lampedusa, Totò Martello, demande à ce sujet une rencontre urgente avec Mario Draghi. « La météo estivale favorable encourage les migrants à s’embarquer pour ce dangereux voyage vers Lampedusa et l’Europe », a-t-il déclaré dans un entretien pour Arab News, « il arrive presque un bateau par heure et la situation va en empirant. »

Le 17 juin, un navire affrété par l’ONG franco-suisse Médecins sans frontières (MSF) est arrivé avec 410 immigrants illégaux à son bord dans le port sicilien d’Augusta. MSF participait auparavant aux missions de l’Ocean Viking de l’ONG française SOS Méditerranée mais a désormais son propre bateau pour faire la navette entre la Libye et l’Italie.

Toutes ces ONG immigrationnistes ne peuvent qu’être encouragées à intensifier leur action après la décision prise ce mois-ci par le tribunal de Raguse, également en Sicile, d’annuler l’amende et la confiscation du navire Eleonore de l’ONG allemande Mission Lifeline. La sanction avait frappé cette ONG en septembre 2019 en vertu des lois « décrets sécurité » voulues par Matteo Salvini. Même si Salvini lui-même n’était plus au gouvernement à ce moment-là, ces lois s’appliquaient encore et, en janvier 2020, la préfecture de Raguse avait infligé à l’homme d’affaires allemand Claus-Peter Reisch, propriétaire de l’Eleonore, une amende de 300 000 euros. Seulement, en octobre 2020, une nouvelle loi est entrée en vigueur sous le deuxième gouvernement Conte, et la justice italienne considère aujourd’hui que ses dispositions plus favorables aux contrevenants doivent s’appliquer de manière rétroactive. Les ONG savent donc désormais qu’elles ne risquent plus grand-chose en Italie.

C’est sans doute aussi pour cela qu’une majorité des 27 refuse obstinément tout plan européen de relocalisations obligatoires. Ainsi, au Conseil européen des 24 et 25 juin, il devrait uniquement être question d’un plan de l’UE pour freiner les départs au moyen de l’aide au développement, avec huit milliards d’euros prévus à cet effet. Rien de bien original, et ce plan n’aura comme d’habitude aucune efficacité puisque l’UE se refuse toujours à sanctionner financièrement et commercialement les pays d’origine qui refusent de reprendre leurs ressortissants.

En attendant, les « migrants » s’entassent donc à nouveau côté italien à Vintimille, à proximité de la frontière française.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 22 juin 2021

La Hongrie interdit la propagande LGBT à destination des mineurs

propagande LGBT

« Interdire de “promouvoir” l’homosexualité, comme si c’était une maladie, une menace, une idéologie… C’est dans l’UE aujourd’hui. Cette stigmatisation est une discrimination contraire aux valeurs qui nous lient, inscrites dans nos traités. » Voilà ce qu’écrivait à propos de la Hongrie le 15 juin, sur son compte Twitter officiel, Clément Beaune, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes du gouvernement Castex qui, en décembre dernier dans un entretien pour Têtu, avait dévoilé son homosexualité en annonçant son intention de s’engager dans la bataille pour les « droits LGBT » au niveau européen.

Je lui ai demandé le 16 juin, toujours sur Twitter : « L’homosexualité et sa promotion auprès des mineurs sont une valeur inscrite dans les traités européens ? Pouvez-vous nous dire à quel paragraphe, @Cbeaune ? » J’attends toujours sa réponse. D’autres journalistes, tel Patrick Edery du site Tysol.fr, lui ont posé la même question, mais, du côté de notre diffuseur gouvernemental patenté de « fake news », c’est silence radio.

Ce que critiquait de cette manière le secrétaire d’Etat français, en le faisant au nom de la France puisqu’il utilise son compte officiel, c’est la loi votée cette semaine au parlement hongrois pour lutter contre la pédophilie et pour protéger les enfants tout en préservant les droits des parents à décider de leur éducation. La promotion des modes de vie LGBT et des pratiques de « changement de sexe » sera désormais interdite dans les écoles hongroises et sur les supports à destination des mineurs, et les ONG qui voudront informer les mineurs sur ces sujets devront avoir fait l’objet d’un enregistrement préalable auprès des autorités.

En décembre, l’Assemblée nationale hongroise adoptait déjà un amendement à sa constitution pour protéger le droit des enfants à être identifiés à leur sexe biologique. Autrement dit, il n’est pas possible en Hongrie d’identifier un mineur sur ses papiers ou à l’état civil autrement que par son véritable sexe.

« Lorsqu’il s’agit de protéger nos enfants, il n’y a aucun doute : Nous avons une tolérance zéro pour les pédophiles et nous insistons également sur le fait que l’éducation des enfants en matière d’orientation sexuelle doit être protégée en tant que droit exclusif des parents », écrivait le 16 juin Zoltán Kovács, le porte-parole à l’international du gouvernement hongrois, en réponse aux critiques fusant des capitales européennes.

« Cette loi est contraire à tout ce que nous considérons comme nos valeurs européennes communes », avait ainsi assuré le ministre allemand des Affaires européennes, Michael Roth (SPD), qui est lui-même « marié » à un autre homme.

Face aux menaces de sanctions financières exprimées notamment par Helena Dalli, commissaire européenne à l’Egalité et travailliste maltaise connue pour son combat en faveur des revendications du lobby LGBT et de l’imposition de l’idéologie du genre, y compris dans son propre pays, le premier ministre hongrois Viktor Orbán a sagement fait remarquer dans un entretien publié le 18 juin par l’hebdomadaire croate Glas Koncila : « Nous payons un prix élevé pour la défense du modèle familial chrétien et pour le fait qu’ici, il n’y a pas de place pour la folie LGBT […]. Si nous ne payions pas ce prix et ne défendions pas nos intérêts, nous aurions peut-être une vie plus confortable, mais au final nous perdrions beaucoup plus. »

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 18 juin 2021

Le Maroc à l’assaut (migratoire) de l’Espagne

immigration ceuta espagne

Le Sultan d’Ankara fait des émules. Depuis lundi, c’est au tour du Royaume chérifien de se lancer à l’assaut d’un pays européen au moyen des masses de « migrants », comme l’avait fait la Turquie au printemps 2020. Cette fois, c’est l’Espagne qui est visée, et plus précisément Ceuta, ville espagnole (depuis l’incorporation à l’Espagne en 1580 du Portugal, auquel Ceuta appartenait après sa reconquête aux musulmans) située sur la côte de l’Afrique du Nord. Ceuta, comme Melilla, l’autre territoire espagnol (également depuis des siècles) en Afrique du Nord, est revendiquée par le Maroc, et c’est aussi dans ce contexte qu’est perçue en Espagne l’arrivée soudaine de milliers d’immigrants illégaux, pour beaucoup des Marocains, que les forces de sécurité marocaines ont soudainement décidé de laisser tenter leur chance. Parmi eux, de nombreux mineurs auxquels les policiers marocains auraient déclaré, selon les témoignages d’immigrants recueillis par la presse espagnole, que la frontière était ouverte et que personne côté marocain n’allait les empêcher d’y aller.

Entre lundi et mardi, ce sont environ 8 000 « migrants » qui ont contourné la clôture frontalière à la nage pour se rendre à Ceuta, c’est-à-dire en fait dans l’espace Schengen. Une stratégie marocaine qui rappelle aux Espagnols la Marche verte de 1975, quand des centaines de milliers de Marocains envahirent de la même manière le Sahara occidental à l’époque du roi Hassan II, père de l’actuel Commandeur des croyants Mohammed VI. Des appels de Marocains à une nouvelle Marche verte sur « la ville occupée de Ceuta » (une incongruité historique) se sont d’ailleurs multipliés sur les réseaux sociaux.

Une véritable invasion

C’est pourquoi l’on entend aujourd’hui le Premier ministre Pedro Sánchez mais aussi les chefs de l’opposition de droite Pablo Casado (PP) et Santiago Abascal (Vox) parler de la nécessité de défendre la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale de l’Espagne à Ceuta. Malgré l’attitude du Maroc, qui jusqu’à récemment collaborait avec les autorités espagnoles pour freiner le passage des « migrants », les expulsions « à chaud » continuent pour le moment de fonctionner. Sur les plus de 8 000 immigrants arrivés illégalement, la moitié environ avait déjà été expulsée vers le Maroc mercredi matin. C’est toutefois sous les sifflets et aux cris de « traître », « dégage » et « démission » que le Premier ministre Pedro Sánchez a été accueilli mardi par des groupes d’habitants à Ceuta. Car l’invasion que subit ce territoire est le fruit non seulement des déclarations pro-migrants de la gauche au pouvoir et de ses transferts d’immigrants illégaux arrivés au Canaries vers le continent (où on les laisse libres de circuler dans l’espace Schengen), mais aussi du soutien du parti d’extrême gauche Unidas Podemos, membre de la coalition gouvernementale, à l’indépendance du Sahara occidental et surtout de l’accueil en avril du leader du Front Polisario Brahim Gali. Brahim Gali est actuellement soigné dans un hôpital espagnol après une infection au COVID-19. Le 8 mai dernier, le gouvernement de Tanger avait prévenu qu’il tirerait « toutes les conséquences » de « la décision des autorités espagnoles de ne pas aviser leurs homologues marocains de la venue du chef des milices du Polisario », ce que Rabat estime être un « acte grave et contraire à l’esprit de partenariat et de bon voisinage ».

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 19 mai 2021

Une nouvelle incitation à l’immigration illégale imaginée par la Commission

immigration

Le 27 avril, la Commission européenne présentait sa proposition de stratégie pour renvoyer chez eux les immigrants illégaux qui n’ont pas droit à l’asile. Le Grec Margarítis Schinás, « vice-président de la Commission européenne chargé des Migrations et de la promotion du mode de vie européen », clamait fièrement sur Twitter : « L’Europe restera une destination d’asile pour ceux qui fuient les persécutions et la guerre. Toutefois, les personnes qui n’ont pas le droit de rester devront être renvoyées dans leur pays d’origine. Ne pas les renvoyer nuit à la crédibilité de notre système et nous empêche de protéger ceux qui en ont besoin. »

Faut-il y voir un revirement de Bruxelles sur les questions migratoires après des années d’immigrationnisme aveugle et de combat acharné contre les mesures efficaces prises par la Hongrie pour défendre sa portion de la frontière extérieure de l’espace Schengen ? Malheureusement, la réponse est non. Certes, la Commission prend acte du fait que les immigrants illégaux (pudiquement appelés « migrants », bien entendu) doivent être plus massivement renvoyés chez eux une fois déboutés du droit d’asile. Schinás a cité les chiffres de 2019 : pour un demi-million d’ordres de quitter leur pays d’accueil européen, seuls 142 000 seraient effectivement partis. Pour quelle destination ? Le Commissaire ne le précise pas, mais l’UE sans frontières permet toutes les suppositions.

Néanmoins, la Commission propose uniquement un système européen coordonné de « retour volontaire et de réintégration ». Les retours volontaires seraient, selon les pontes bruxellois, plus efficaces que les rapatriements forcés. Cette stratégie visant à inciter financièrement les « migrants » qui voudraient bien accepter de quitter le territoire sur lequel ils sont entrés illégalement et à les aider à se réintégrer dans leur pays d’origine s’inscrit dans le cadre du « pacte sur la migration et l’asile » en négociation depuis l’année dernière (voir « Nouveau pacte migratoire de l’UE avec solidarité obligatoire » dans Présent du 25 septembre 2020).

Pendant ce temps, la pression migratoire continue de croître à la faveur de ce laxisme européen qui ne semble pas près de vouloir se terminer et dont les Africains et Moyen-Orientaux sont très conscients. Le 27 avril, le navire Ocean Viking de l’ONG française SOS Méditerranée annonçait avoir récupéré 236 nouveaux « migrants » qui se trouvaient à bord de deux gros canots pneumatiques à 32 milles nautiques du rivage libyen. Le 29 avril aux Canaries, un bateau de la garde côtière espagnole arrivait au port de Los Cristianos, sur l’île de Tenerife, traînant derrière lui une embarcation contenant 24 corps sans vie et trois survivants qui ont dû être hospitalisés. Le week-end précédent, les autorités espagnoles avaient récupéré 123 « migrants » qui tentaient de contourner à la nage, par mauvais temps, la clôture entre le Maroc et l’enclave de Ceuta.

Il est clair que ce n’est pas la « stratégie de retour volontaire et de réintégration » de la Commission européenne qui va dissuader ces gens-là de mettre leurs jours en danger pour tenter de venir rejoindre ceux qui ont déjà réussi la traversée et que l’on ne renvoie que rarement chez eux.

Et même plus, cette stratégie ne peut que constituer une incitation supplémentaire, car le candidat à l’émigration aura l’assurance que, s’il ne réussit pas sa vie chez nous, on le paiera pour rentrer chez lui et s’y réinstaller. Dans tous les cas, à partir du moment où il met le pied sur le continent européen, il est gagnant.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 29 avril 2021

Migrants violeurs et franc-parler des dirigeants au Danemark

migrants danemark

Selon les données publiées par le Ministère de la Justice danois, les étrangers sont fortement surreprésentés parmi les personnes condamnées pour viol puisqu’ils comptaient pour 25 % du total environ l’année dernière. Le nombre d’accusations de viols et de condamnations pour viol a explosé au cours des 8 dernières années, passant de 417 plaintes et 132 condamnations en 2012 à 987 plaintes et 217 condamnations en 2020. 53 personnes sur 217 condamnées pour viols en 2020 n’avaient pas la nationalité danoise. Ces personnes étaient le plus souvent originaires de Syrie, de Turquie, de Palestine ou du Moyen-Orient. Officiellement, les immigrants ne constituent que 8 % de la population danoise, un chiffre qui ne tient pas compte des immigrés de deuxième génération nés au Danemark. Naser Khader, député du Parti populaire conservateur, suppose donc que le nombre de personnes condamnées pour viol ayant un lien direct avec l’immigration est bien plus élevé.

Le gouvernement danois ne semble pas prendre ces données à la légère. Pour le ministre de la justice Nick Hækkerrup, du Parti social-démocrate : « C’est avant tout un énorme problème pour notre communauté et pour notre société qu’il existe des groupes ayant un si grand impact en terme de criminalité. (…) Cela remet en cause notre cohésion et c’est pourquoi l’objectif de la politique du gouvernement est aussi d’expulser les étrangers sans nationalité danoise condamnés pour viol. »

Le premier ministre danois Mette Frederiksen a même annoncé la mise en place d’une politique qui doit amener le nombre de demandeurs d’asile à zéro. Depuis son arrivé au pouvoir en 2019, le Parti social-démocrate œuvre à réaliser sa promesse électorale de rapatrier les demandeurs d’asile et de limiter, peut-être même arrêter, les flux migratoires vers le Danemark.

Selon le ministre de la Justice :

« Les chiffres montrent clairement que nous avons un problème à caractère ethnique puisqu’un nombre comparativement élevé d’étrangers sont condamnés pour viol, tout comme nous avons un problème évident avec le fait que plus de la moitié des détenus dans les prisons et les centres de détention du pays sont des immigrés, des descendants d’immigrés ou des étrangers.»

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 23 avril 2021

Grande-Bretagne – Caricatures de Mahomet : un enseignant sous protection, par Olivier Bault

Caricatures de Mahomet

La semaine dernière en Angleterre, un jeune enseignant a été contraint de se cacher avec sa femme et ses quatre enfants et une école est repassée en mode d’enseignement à distance pour une histoire de « caricatures » de Mahomet montrée à des élèves dans le cadre d’un cours sur les religions, où il était question des limites de la liberté de la presse. Certes, dans une ville où plus de 40 % de la population est musulmane et a fortiori dans une école où près des trois quarts des élèves proviennent de familles où cette religion est professée, exhiber un de ces dessins humoristiques de Charlie Hebdo quelques mois après l’assassinat de Samuel Paty en France n’était sans doute pas la meilleure chose à faire, et la réaction prévisible à ce choix pédagogique met tout simplement en évidence le Grand Remplacement à l’œuvre dans cette région du West Yorkshire, dans le nord de l’Angleterre. Quelques dizaines de manifestants musulmans rassemblés devant les portes de l’établissement d’enseignement secondaire Batley Grammar School dans la ville de Batley auront suffi à faire suspendre l’enseignant et le cours concernés par la direction de l’école qui a en outre promis une enquête approfondie et a présenté ses plus plates excuses à la communauté musulmane.

Jeudi, une organisation caritative musulmane, Purpose of Life (But de la vie), a divulgué le nom de l’enseignant dont elle a présenté le cours comme insultant l’islam et comme étant une forme de terrorisme. Venant d’islamistes, c’est un appel au meurtre à peine voilé. Une autre ONG, la Free Speech Union (Union pour la liberté d’expression), a donc dénoncé cette association musulmane à l’autorité de tutelle des organisations caritatives pour mise en danger de la sécurité physique de l’enseignant. Après la divulgation du nom de l’enseignant, celui-ci a circulé sur les réseaux sociaux et de jeunes « Asiatiques » (comprendre : Pakistanais) ont été vus alors qu’ils regardaient par les fenêtres de sa maison vide.

Face à la dhimmitude des syndicats d’enseignants restés silencieux et des responsables politiques préférant critiquer l’enseignant, ce sont des élèves qui se sont chargés de lancer une pétition en ligne en soutien à leur professeur avec plusieurs dizaines de milliers de signatures recueillies en quelques jours. Ces élèves, qui exigent qu’on leur rende leur prof, ont expliqué dans leur pétition que celui-ci donnait un cours sur le racisme et le blasphème et les avait prévenus avant de leur montrer les images jugées blasphématoires par les musulmans. Une autre pétition opposée circule au sein de la communauté musulmane pour exiger le renvoi de l’enseignant.

Le député travailliste local avait lui aussi paru faire porter la responsabilité des événements à l’enseignant, avant de modérer ses propos sous la pression de la direction de son parti, après que le ministre de l’Education du cabinet fantôme du Labour eut condamné les tentatives d’intimidation contre les enseignants. Au gouvernement de Boris Johnson, le secrétaire d’Etat au Logement, aux Communautés et au Gouvernement local, Robert Jenrick, s’est dit très troublé par le fait qu’un enseignant puisse avoir à se cacher à cause du contenu de son cours et a condamné les manifestations devant l’école.

L’événement a relancé comme en France la discussion sur la frontière entre liberté d’expression, droit au blasphème et respect des minorités. L’attitude de l’école elle-même, fondée en 1612 par le révérend William Lee, n’incite toutefois pas à l’optimisme du point de vue de la liberté d’expression et elle reflète la triste réalité des changements démographiques liés à l’immigration de masse.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 29 mars 2021

Condamner Salvini pour le rendre inéligible, par Olivier Bault

Matteo Salvini

Les scandales qui ont éclaté l’année dernière au sein de la magistrature italienne ont montré combien celle-ci était politisée et abusait de ses pouvoirs pour mettre hors course les leaders de la droite. Dans le cas du bateau de la Garde côtière Diciotti auquel Salvini avait interdit en 2018 de débarquer son chargement d’immigrants illégaux tant que les partenaires européens de l’Italie ne se seraient pas engagés à les prendre en charge, le complot impliquant des membres du Conseil de la magistrature et le président du Tribunal des ministres de Palerme, chargé d’instruire le dossier, a été prouvé grâce à la mise sur écoute du téléphone d’un influent procureur, Luca Palamara, soupçonné de corruption (voir « Italie – Des magistrats au service de la gauche et de ses revendications » dans Présent du 3 juin 2020). Cependant, la coalition Ligue-M5S étant alors encore en place, le Sénat n’avait pas accepté de lever l’immunité du sénateur ministre de l’Intérieur. Mais, avec le changement de coalition, la gauche majoritaire au Sénat a ensuite levé l’immunité du sénateur Salvini dans deux affaires identiques survenues pendant l’été 2019 : celle du navire de la Garde côtière Gregoretti et celle du navire de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms (voir « Malgré les scandales, la gauche italienne judiciarise encore sa lutte contre Salvini » dans Présent du 4 août 2020).

Dans l’affaire du Gregoretti, qui datait de juillet 2019, le parquet a lui-même demandé le classement sans suite à l’issue des audiences préliminaires. Pour l’Open Arms, en revanche, le parquet de Palerme a demandé le 20 mars, à l’issue des audiences préliminaires, que l’ancien ministre de l’Intérieur soit traduit en justice. Dans le cas de l’Open Arms, Matteo Salvini avait refusé, pendant six jours d’août 2019, le débarquement des plus de 160 immigrants illégaux dont plusieurs « mineurs non accompagnés ». L’attitude du parquet de Palerme surprend, car l’Espagne, pays d’origine de l’ONG et de son bateau, avait alors proposé deux ports différents, dont un aux Baléares, et le commandant de l’Open Arms aurait eu plus vite fait de s’y rendre que de chercher à forcer un changement de la politique des ports fermés mise en place par le premier gouvernement Conte sous l’impulsion de Salvini.

La défense de Salvini met d’ailleurs en avant le fait que le ministre de l’Intérieur appliquait la politique du gouvernement Conte dont il faisait partie et, si responsabilité il y a, elle est collective. En outre, l’actuel ministre de l’Intérieur Luciana Lamorgese a elle-même mis en avant devant le juge la continuité de sa politique avec celle de son prédécesseur (ce qui laisse dubitatif au vu de l’explosion des chiffres de l’immigration), et elle a aussi affirmé que les bateaux d’ONG, quand ils ont secouru des « migrants » en mer au large de la Libye, ont l’habitude de rester sur place tant qu’ils ont encore de la place. Le 20 mars, la défense de Salvini a exhibé un courriel des autorités maltaises envoyé à l’Open Arms le 14 août 2020 pour justifier leur propre refus de laisser l’ONG débarquer ses « migrants ». Dans ce message, le centre de coordination des secours de La Valette reproche justement à l’Open Arms d’avoir « flâné » et dit textuellement : « Si vous vous étiez dirigés vers votre port d’origine, vous auriez déjà débarqué. » Ce qui est caractéristique, c’est que parmi les parties civiles qui se sont constituées pour traduire devant la justice italienne un ancien vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, il y a, outre les ONG, la ville de Barcelone, gouvernée par la maire pro-immigration d’extrême gauche Ada Colau, pour le motif que Barcelone finance Activa Open Arms.

Le juge doit décider le 17 avril si le procès aura lieu. Si c’est le cas, Matteo Salvini encourra 15 ans de prison pour « séquestration de personnes » et, même s’il écope de moins, il pourra être rendu inéligible. Et c’est bien là le but recherché par la gauche italienne.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 23 mars 2021

Les ONG immigrationnistes devant la justice italienne, par Olivier Bault

ONG Sea Watch

Libérée au début de l’été 2019 sur ordre d’un juge italien marqué à gauche, la militante allemande d’extrême gauche Carola Rackete, ancien capitaine du Sea-Watch 3 qui avait forcé le passage vers le port de Lampedusa avec son chargement de « migrants », fait aujourd’hui partie des signataires d’un appel en faveur de l’ONG italienne Mediterranea Saving Humans. Celle-ci fait l’objet d’une enquête du parquet de Raguse, en Sicile, à propos de la prise en charge rémunérée (pour un montant total estimé à 125 000 euros) le 11 septembre 2020, en vue de leur transfert vers l’Italie, de 27 candidats à l’immigration illégale en Europe qui avaient été récupérés par le navire-citerne danois Maersk Etienne. Les signataires de l’appel protestent contre « l’attaque politico-judiciaire » en cours contre les ONG comme Mediterranea Saving Humans.

Mais ce dont est accusée cette ONG italienne n’est rien à côté de l’acte d’accusation que prépare actuellement le parquet de Trapani, également en Sicile. Le rapport de l’enquête close début mars, après trois années d’investigations, compte 651 pages et vise trois ONG : l’ONG franco-suisse Médecins sans frontières, l’ONG britannique Save the Children et l’ONG allemande Jugend Rettet. Les journaux italiens ont dévoilé quelques détails du contenu du rapport, et le journal suisse Le Temps a publié un long article à ce sujet le 11 mars après avoir pu consulter ce document de 651 pages. Ce que ce rapport d’enquête contient est absolument accablant puisqu’il confirme l’ensemble des allégations dont nous avions fait état plusieurs fois dans Présent entre 2017 et 2019, et bien d’autres encore. Tout cela sur la base de témoignages, d’analyses des instruments et journaux de bord, de centaines de messages et écoutes téléphoniques ainsi que de nombreuses photos et vidéos où l’on voit clairement les équipages des navires de ces ONG collaborer activement avec les passeurs libyens pour la prise en charge au large des côtes libyennes des candidats à l’immigration illégale vers l’Europe.

Les 21 militants et responsables de ces ONG que le parquet italien a bien l’intention de traduire devant la justice sont des Italiens, Allemands, Espagnols, Français, Belges et Britanniques, et ils encourent des peines pouvant atteindre jusqu’à 20 ans de prison dans certains cas. Ils ont jusqu’au 22 mars pour répondre aux conclusions des enquêteurs, après quoi le procureur rédigera l’acte d’accusation.

Les accusations sont claires et portent sur douze opérations de « sauvetage » réalisées entre mars et octobre 2017, qui étaient au centre de l’enquête : pour le parquet italien, il ne fait plus aucun doute que les trois ONG avaient développé des relations avec les trafiquants opérant en Libye, souvent des membres de milices, pour être averties à l’avance des départs d’embarcations depuis la côte, et qu’elles ont agi de manière organisée pour « contourner le système de secours mis en place par les autorités italiennes ». Dans le cadre de leur coopération avec les passeurs, les équipages des navires des ONG les ont aussi plusieurs fois laissés récupérer leurs embarcations après le transfert des migrants. Un groupe WhatsApp appelé Humanitarian SAR permettait de s’échanger les coordonnées GPS pour les rendez-vous entre les passeurs et les ONG, pour les opérations de transbordement des migrants déguisées en opérations de secours.

Sur son site italien, MSF a réagi par un communiqué fustigeant « les nombreuses tentatives pour criminaliser les secours en mer ». Même son de cloche chez les Allemands de Jugend Rettet : « Sauver des vies n’est jamais un crime », affirment-ils dans leur communiqué. Certes, mais favoriser l’immigration illégale en travaillant avec les passeurs est au minimum un délit, et pas des moindres.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 18 mars 2021

Adoptons les gestes frontières – L’agence Frontex ne veut pas arrêter les « migrants »

frontières migrants

« Après la décision de la Cour de justice de l’UE [CJUE] de décembre qui demandait à la Hongrie d’arrêter les refoulements [d’immigrants clandestins] en Serbie, la suspension des opérations frontalières de Frontex en Hongrie est bienvenue », se réjouissait le 27 janvier Ylva Johansson, sociale-démocrate suédoise et commissaire européenne aux Affaires intérieures..

L’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures (Frontex) venait justement, par la voix de son porte-parole, de confirmer la suspension de ses activités en Hongrie. L’agence était sous le feu des critiques depuis plusieurs mois pour des accusations selon lesquelles ses fonctionnaires auraient participé à des refoulements « à chaud » d’immigrants pris en train de franchir illégalement la frontière entre la Turquie et la Grèce. Des accusations volontiers relayées par les grands médias et alimentées notamment par des ONG qui avaient dans le passé, dans les rapports annuels de Frontex, été elles-mêmes accusées de collaborer avec les passeurs.

Le 17 décembre dernier, la CJUE, qui avait été saisie par la Commission européenne, condamnait la Hongrie pour ses « zones de transit » où, jusqu’au printemps, les immigrants étaient retenus pendant la durée de leur procédure d’asile, avec uniquement la possibilité d’en sortir pour retourner en Serbie. La CJUE en avait alors profité pour réaffirmer son opposition de principe aux refoulements à chaud pratiqués par la Hongrie. Or celle-ci, depuis un jugement de la CJUE du 14 mai qui a interdit ces « zones de transit », n’accepte plus les demandes d’asile sur son territoire et refoule donc systématiquement les immigrants illégaux.

Curieusement, la même pratique des refoulements à chaud mise en œuvre depuis de nombreuses années en Espagne (à Ceuta et Melilla) et au printemps dernier en Grèce (en réaction à l’assaut migratoire organisé par la Turquie) n’a pas encore valu à ces pays une saisine de la CJUE par la Commission européenne. En outre, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) avait approuvé, en février 2020, les refoulements à chaud pratiqués par l’Espagne (une pratique également approuvée par la Cour constitutionnelle espagnole en novembre 2020) et avait validé, en décembre 2019, les zones de transit hongroises. La Commission européenne et la CJUE entendent visiblement aller plus loin que la CEDH dans le désarmement des Etats nationaux face au phénomène d’immigration illégale massive. La commissaire Ylva Johansson avait d’ailleurs critiqué les refoulements pratiques par la Grèce même si c’était en des termes plus mesurés qu’à l’égard de la Hongrie de Viktor Orbán.

Chris Borowski, le porte-parole de Frontex, a assuré que l’agence européenne ne retournerait pas en Hongrie tant que Budapest ne se serait pas conformé au jugement de la CJUE en matière de traitement des demandeurs d’asile. Autrement dit, tant que les immigrants illégaux n’auront pas la possibilité de faire une demande d’asile en Hongrie et de circuler librement dans l’espace Schengen en attendant la décision, Frontex ne reviendra pas. Mais dans ces conditions, Frontex ne sert à rien, et la Hongrie n’entend pas céder, sachant qu’elle peut toujours compter sur le soutien en matériel et en hommes de ses partenaires du groupe de Visegrád (V4). « La Hongrie ne cédera pas à la pression des forces pro-immigration. Elle continuera de défendre le peuple hongrois et les frontières de la Hongrie et de l’UE », a assuré Zoltán Kovács, le porte-parole hongrois pour les relations internationales.

L’ironie de la situation n’a pas échappé à Judit Varga, ministre de la Justice du gouvernement Orbán, qui a rappelé que la Serbie était un pays sûr et a déclaré : « Tandis que les pays européens se battent et ferment leurs frontières pour protéger leurs propres citoyens contre une pandémie inconnue jusqu’ici, ils attendent de la Hongrie qu’elle laisse tranquillement des foules de migrants envahir l’Europe ».

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 2 février 2021

Émeutes raciales et Grand Remplacement en Belgique

Black Lives Matter Belgique

Il y a une semaine à Bruxelles, le mercredi 13 janvier dans l’après-midi, une manifestation de quelques centaines de personnes, dont certaines se revendiquaient du mouvement Black Lives Matter, a dégénéré. A tel point que la police belge a dû interpeller près du quart de ces manifestants violents qui s’en sont même pris à la voiture du roi des Belges dont le convoi passait justement par là. Il y a eu de nombreuses dégradations et une policière a dû être hospitalisée après avoir été rouée de coups au sol par des manifestants venus exprimer leur colère après la mort d’Ibrahima B., un jeune Guinéen de 23 ans décédé d’une crise cardiaque samedi alors qu’il avait été arrêté par la police pour avoir fui un contrôle.

« Justice pour Ibrahima » est le cri de ralliement en Bruxelles, ce qui n’est pas sans rappeler le « Justice pour Adama » des racialistes et indigénistes français. Ce n’est pas un hasard, les mêmes causes produisant les mêmes effets : dans les deux pays, le Grand Remplacement est à l’œuvre, et les comportements qui étaient jugés jusqu’ici comme socialement inacceptables – frapper une femme, attaquer la voiture du roi pour exprimer sa colère… – deviennent monnaie courante avec l’apport des cultures allogènes.

Car, selon les données de la Direction générale statistique Statbel publiées le jour des émeutes bruxelloises, au 1er janvier 2020 la population du royaume de Belgique, forte de 11,5 millions d’âmes, ne comptait plus que 67,9 % de Belges d’origine belge contre 19,7 % de Belges d’origine étrangère et 12,4 % de non-Belges. Encore faut-il préciser que les personnes classées Belges d’origine étrangère ne sont que celles dont la première nationalité enregistrée était étrangère ou bien celles de nationalité belge mais avec un père et/ou une mère de nationalité étrangère. Les descendants d’immigrés après la deuxième génération sont donc comptés comme Belges de souche, fussent-ils de culture non belge et même extra-européenne.

Sur la base des mêmes critères, en 2010 les Belges d’origine belge représentaient encore 74,3 % de la population du royaume de Belgique contre 15,5 % pour les Belges d’origine étrangère et 10,2 % pour les non-Belges. C’est dire comme le Grand Remplacement se fait à marche forcée. Certes, une partie de ces Belges d’origine étrangère et non-Belges sont des Européens de souche à défaut d’être des Belges de souche, mais plus de la moitié (51,3 %, contre 47,6 % en 2010) proviennent de pays non membres de l’UE et le Maroc a désormais supplanté l’Italie comme premier pays d’origine des immigrés en Belgique. Après le Maroc et l’Italie, le top 6 compte encore, dans l’ordre, la France, les Pays-Bas, la Turquie et la Roumanie.

Dans la capitale, Bruxelles, les Belges sont largement minoritaires puisqu’ils ne représentent plus que 25,7 % de la population de la région Bruxelles-Capitale contre 39,1 % de Belges d’origine étrangère et 35,3 % de non-Belges.

Comme le souligne l’office belge de statistique pour expliquer la raison de cette publication, « la Belgique est un pays d’une grande diversité et cette diversité s’accroît ». L’insécurité aussi, d’ailleurs, et ce n’est pas non plus un hasard si Bruxelles, et notamment son quartier de Molenbeek-Saint-Jean, couramment appelé Molenbeek, fait concurrence à l’agglomération parisienne pour le titre de capitale européenne du terrorisme islamique.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 19 janvier 2021

Un cadeau de Noël pour leurs concitoyens ? Les députés allemands demandent plus de migrants !

migrants Allemagne

Lu sur Remix News, le site conservateur anglophone d’information sur l’Europe centrale : 243 députés du Bundestag ont signé une lettre pour demander l’accélération du transfert des immigrants illégaux en Allemagne depuis les camps grecs. La lettre a été signée par des représentants de tous les partis représentés au parlement allemand sauf l’Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Pour les signataires, le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer doit répondre aux appels des États fédérés et des municipalités qui se sont dits prêts à accueillir des « réfugiés » après que certains d’entre eux eurent incendié leur centre d’accueil à Lesbos puis à Samos. Des centres dont les installations neuves avaient coûté des millions d’euros. La presse allemande, quand elle parle de ces « réfugiés » à accueillir, oublie cependant généralement de rappeler ce fait. Elle oublie aussi de mentionner que cinq immigrants illégaux originaires d’Afghanistan ont déjà été inculpés par les autorités grecques pour ces incendies volontaires au moyen desquels ils espéraient justement forcer les autorités à les transférer sur le continent européen.

Une attitude que les députés allemands voudraient ainsi encourager en faisant venir toujours plus d’immigrants illégaux en Allemagne. On pourrait se dire que c’est leur affaire si cela n’accroissait pas la pression migratoire sur la Grèce et les pays des Balkans et s’ils ne mentionnaient pas aussi, dans leur lettre, la nécessité d’une « solidarité » européenne pour l’accueil des « migrants », c’est-à-dire en fait d’un système européen de redistribution des « migrants », le fameux système de relocalisation bloqué depuis 2015 par les pays du Groupe de Visegrád.

Les signataires de l’appel évoquent les violences subies par les « réfugiés » dans les camps, sans se soucier du fait que les auteurs des violences sont du nombre quand on fait venir des immigrants sans papier en Europe, et qu’ils font aussi des victimes parmi les Allemands et d’autres populations européennes vivant dans l’espace sans frontières de Schengen.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 24 décembre 2020

La Commission européenne et la CJUE veulent ouvrir les frontières de l’Europe

Le 17 décembre, la Cour de justice de l’UE (CJUE) condamnait une nouvelle fois la Hongrie à propos de ses centres de rétention pour demandeurs d’asile et de ses procédures d’asile. Cette nouvelle condamnation faisait écho à celle de mai dernier, quand la CJUE, saisie par un tribunal hongrois, jugeait contraires au droit européen les centres de rétention à la frontière avec la Serbie, qualifiés par Budapest de « zones de transit ». L’arrêt du 17 décembre est une réponse à une saisine par la Commission européenne qui se bat depuis la grande crise migratoire de 2015 contre les politiques strictes et efficaces de Viktor Orbán pour stopper l’immigration illégale.

Pour les juges de Luxembourg, les politiques hongroises violent plusieurs directives européennes : la directive « retour » qui interdit les refoulements « à chaud » à la frontière, la politique « accueil » qui limite fortement la possibilité de retenir les demandeurs d’asile dans des centres fermés et la directive « procédures » qui réglemente l’examen des demandes d’asile.

Après le jugement du printemps, la Hongrie avait fermé ses deux « zones de transit » mais avait aussi cessé d’accepter les demandes d’asile à la frontière et sur son territoire, faute de pouvoir maintenir les demandeurs d’asile dans des centres fermés en attendant l’examen de leur demande (voir « Merci la CJUE ! On ne pourra plus demander l’asile en Hongrie » dans Présent du 26 mai). Auparavant, les demandeurs d’asile étaient placés dans les zones de transit de Röszke et Tompa d’où ils ne pouvaient sortir avant l’examen de leur demande que s’ils décidaient de repartir en Serbie.

Mais la CJUE, dans son jugement du 17 décembre, « rejette l’argument de la Hongrie selon lequel la crise migratoire aurait justifié de déroger à certaines règles des directives “procédures” et “accueil”, en vue de maintenir l’ordre public et de sauvegarder la sécurité intérieure ». Si l’arrivée par les Balkans d’un million d’immigrants illégaux en quelques mois, dont plusieurs terroristes islamiques qui ont été identifiés comme tels ou ont participé à des attentats (attentats de Paris, de Bruxelles, etc.) après leur passage par la Hongrie, ne justifie pas de déroger à ces directives, qu’est-ce qui le permet aux yeux des juges de l’UE ? Rien, apparemment, et ils vont en cela beaucoup plus loin que leurs collègues de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui avait, elle, validé les zones de transit hongroises dans un jugement de novembre 2019. Il en va de même pour les refoulements « à chaud » des immigrants pris en flagrant délit de passage illégal de la frontière, acceptés par la CEDH dans un jugement concernant l’Espagne mais refusés par la CJUE dans ce jugement du 17 décembre concernant la Hongrie. Et pendant ce temps, la Commission ne réagit toujours pas aux transferts vers la zone Schengen par l’Espagne des migrants arrivés aux Canaries, qui sont acheminés en avion par le gouvernement Sánchez vers la péninsule Ibérique et laissés libres de leurs mouvements sans aucune surveillance.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 23 décembre 2020

L’Europe reconfinée – 2021, année chaotique ?, par Olivier Bault

covid-19 confinement

L’annonce d’une nouvelle mutation du coronavirus SARS-CoV-2 découverte en Angleterre et déjà détectée chez des malades dans plusieurs pays, dont l’Italie, arrive à point nommé pour justifier les mesures de confinement toujours plus strictes annoncées par les gouvernements européens. Cette variante du virus serait en effet plus contagieuse encore, à défaut d’être plus mortelle, que la variante classique. Plusieurs pays européens ont donc annulé les vols et fermé leurs frontières avec le Royaume-Uni : la France, y compris en ce qui concerne le transport de marchandises pour au moins 48 heures, à partir de dimanche minuit, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et l’Irlande. D’autres y réfléchissaient encore lundi matin.

A l’intérieur du Royaume-Uni, pour freiner la diffusion du SARS-CoV-2 mutant, le gouvernement de Boris Johnson a annoncé samedi de nouvelles restrictions en vigueur à Londres et dans le sud-est de l’Angleterre à partir de dimanche. Le caractère tardif de ces annonces qui, selon les critiques, « annulent Noël » pour 16 millions de personnes, a suscité la colère jusque dans les rangs du Parti conservateur. Dans les zones concernées, tous les magasins « non essentiels » sont désormais fermés, interdisant ainsi les derniers achats de Noël. Les habitants de ces zones ont interdiction de voyager et auront interdiction de passer Noël hors de chez eux.

Avant l’annonce de la nouvelle mutation du virus, l’Allemagne avait déjà sonné le glas du confinement « léger » en vigueur depuis le 2 novembre. Depuis le 16 décembre, les commerces « non essentiels », les écoles et les crèches sont fermés, et ce jusqu’au 10 janvier au moins. Il est aussi demandé aux Allemands de rester chez eux autant que faire se peut et de ne pas voyager à l’étranger, même s’il n’est pas besoin d’avoir une autorisation pour sortir. Pour Noël, les catholiques et évangéliques qui voudraient se rendre à un office religieux devront s’inscrire à l’avance et ils n’auront pas le droit de chanter dans les lieux de culte.

Le Figaro expliquait le 13 décembre que les mesures prises en Allemagne après de longs pourparlers entre le gouvernement d’Angela Merkel et les régions intervenaient « à rebours de la plupart des voisins européens » qui entamaient « pour leur part un timide déconfinement ». Cette affirmation est aujourd’hui périmée.

En Italie aussi, le gouvernement de Giuseppe Conte a introduit de nouvelles restrictions en vigueur du 24 décembre au 6 janvier, avec couvre-feu à de 22 heures à 5 heures et des restrictions strictes sur les rassemblements, y compris à l’intérieur des habitations, ainsi que l’interdiction de sortir des zones « rouges ». Du 24 au 27 décembre, du 31 décembre au 3 janvier et du 5 au 6 janvier, toute l’Italie sera considérée comme étant en zone rouge, avec interdiction de sortir de sa commune et fermeture de tous les restaurants, bars et commerces.

D’autres pays européens ont introduit de nouvelles mesures de confinement pour la période entre décembre et janvier, y compris l’Autriche qui restera confinée du 26 décembre au 24 janvier, avec hôtels, restaurants et commerces « non essentiels » fermés jusqu’au 18 janvier, alors que le gouvernement de Sebastian Kurz avait parlé un temps de laisser ses stations de ski ouvertes. Même la Suède qui s’est toujours refusée à confiner sa population vient d’émettre une recommandation de port du masque dans les transports publics, de limiter à partir du 24 décembre les rassemblements à huit personnes et d’imposer des restrictions plus sévères sur le nombre de personnes autorisées dans les restaurants et les bars. Mais malgré l’absence de vrai confinement en Suède depuis le début de la pandémie, ce pays s’en sort mieux, en nombre de morts par million d’habitants, que d’autres pays européens comme l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni ou la France. Et cela avec des conséquences économiques et financières moindres.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 21 décembre 2020

La constitution hongroise contre le « gender »

Hongrie viktor-orban

Avec 134 voix pour, 45 contre et 5 abstentions, l’Assemblée nationale hongroise a adopté le mardi 15 décembre un amendement à sa constitution pour mieux se prémunir contre l’assaut des idéologues du genre et autres représentants de l’Internationale LGBT. En effet, et même si, comme tient à le préciser le gouvernement hongrois, cet amendement n’est pas dirigé contre qui que ce soit, il permet à la Hongrie d’avoir désormais une définition de la famille dans sa loi fondamentale. Celle-ci définissait déjà le mariage comme étant l’union d’un homme et d’une femme. Enoncer cette évidence avait valu à la Hongrie un procès en homophobie quand elle avait remplacé son ancienne constitution stalinienne en 2012. Désormais, la constitution hongroise précise que « la Hongrie protège l’institution du mariage en tant qu’union d’un homme et d’une femme et la famille en tant que fondement de la survie de la nation. Le fondement de la famille est le mariage et la relation parent-enfant. La mère est une femme, le père est un homme. »

Qui eût cru qu’il faudrait un jour inscrire ce type de lapalissades dans le marbre pour mieux protéger la société contre les lubies néo-marxistes d’une gauche européenne orpheline du communisme ?

Par la même occasion, un amendement visant à protéger plus spécifiquement les enfants a encore été ajouté à la constitution hongroise : « Chaque enfant a droit à la protection et aux soins nécessaires à son développement physique, mental et moral. La Hongrie protège le droit des enfants à leur identité correspondant à leur sexe à la naissance et assure une éducation conforme aux valeurs fondées sur l’identité constitutionnelle et la culture chrétienne de la Hongrie. »

Dans le texte expliquant les raisons qui ont motivé ces amendements, le législateur hongrois a indiqué que la loi fondamentale du pays est l’expression de la volonté de la nation et du cadre dans lequel elle souhaite vivre. Néanmoins, précise ce texte, il existe aujourd’hui une tendance à relativiser toutes les valeurs traditionnelles, y compris la définition des sexes. Cette tendance rend nécessaire une définition claire des garanties fondamentales offertes en particulier aux enfants.

Le même jour, l’Assemblée nationale adoptait une loi qui avait été annoncée le 10 novembre, en même temps que le projet d’amendements à la Constitution (voir nos « Echos éthiques » dans Présent du 26 novembre). Cette loi réserve aux couples mariés la possibilité d’adopter des enfants. Les personnes seules ne pourront plus adopter un enfant qu’en obtenant une autorisation spéciale du ministre de la Famille.

« Le but n’est pas de fragiliser les droits de certains groupes sociaux », a expliqué Judit Varga, ministre de la Justice, « mais de protéger les droits de nos enfants ». A la tête du parti de gauche libertaire DK, l’ancien Premier ministre Ferenc Gyurcsány, un ex-apparatchik communiste devenu oligarque, a refusé de prendre part au vote pour dénoncer une « politique familiale excluante ». Il faut dire qu’après sa troisième large victoire consécutive aux élections législatives de 2018, la coalition du parti conservateur Fidesz et de son allié chrétien-démocrate KDNP qui dirige le pays depuis 2010 dispose à elle seule au Parlement monocaméral hongrois de la majorité des deux tiers nécessaires pour modifier la constitution. Vox populi, vox Dei.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 18 décembre 2020