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Quel est l'ennemi ? La superclasse mondiale ou la puissance américaine ?

Quel est l’ennemi ? La superclasse mondiale ou la puissance américaine ?

[box] Article reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia. [/box]

[box class=”info”] Qui menace le plus l’indépendance et l’identité de la France ? La superclasse mondiale ou la puissance américaine ? Voici une disputatio entre Henry de Lesquen et Yvan Blot, mise en forme par Pierre Milloz, à partir de nombreux échanges de courriels. A nos lecteurs de forger leur opinion.
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La disputatio oppose deux manières d’analyser la situation de la France dans le monde contemporain. Les deux débatteurs considèrent implicitement que l’indépendance et l’avenir de notre pays sont menacés par des puissances qu’ils tiennent pour ennemies.

La nouvelle lutte des classes : les peuples face à la superclasse mondiale ?

Pour Henry de Lesquen, le principal de ces ennemis est la superclasse mondiale dont l’apparition, après la chute de l’URSS, est l’un des événements majeurs des vingt dernières années. Cette superclasse exerce désormais, dans un esprit cosmopolite, une hégémonie sur le monde à travers les oligarchies qui sont ses émanations dans chaque pays.

Dès lors la lutte des classes change de dimension. Alors que jusqu’ici elle se déroulait dans les frontières nationales, elle oppose désormais les peuples ou les nations à cette superclasse. Celle-ci doit donc être tenue pour l’ennemi principal des nations et spécialement de la nation française.

Les Etats-Unis, ennemi principal ?

Yvan Blot désigne au contraire les Etats-Unis comme l’ennemi principal de la France. Son point de vue est fondé sur une idée directrice de nature politique : la réalité du monde est encore aujourd’hui faite de la lutte des nations entre elles. Il faut se garder des façons de penser d’inspiration marxiste ou libérale. Ce sont elles qui orientent préférentiellement l’analyse vers l’économie et incitent à choisir la classe comme unité de base de la réflexion. Or l’histoire a toujours montré que la réalité nationale prime l’appartenance à la classe

La situation présente est une illustration de ces considérations générales. Une lutte de nations s’est terminée dans les années 1990 : l’URSS a été vaincue par sa rivale, les Etats-Unis d’Amérique et depuis lors, ceux-ci dominent le monde. Yvan Blot décrit les multiples facettes de cette domination : universalisation de la langue anglaise, diffusion de certaines modes « jeunes », influence du cinéma américain, implantation des organismes internationaux à Washington ou à New-York, OTAN (où le commandement est assuré par des officiers généraux américains).

Cette domination se manifeste aussi par une multitude d’interventions que les Etats-Unis mènent sur toute la planète pour affaiblir leurs adversaires (la Russie de Poutine surtout), pousser au pouvoir des factions qui ont leur faveur (« printemps arabes ») ou écraser militairement un Etat qui leur résiste : tel fut le cas de la Serbie.

Elle se manifeste même sur le plan culturel où l’on voit les Américains diffuser des idées qui deviennent dominantes chez les nations vassalisées : pénalisation du racisme et de l’antisémitisme, éloge de la « diversité » et du multiculturalisme, théorie du genre etc.

Quant à la nouvelle superclasse mondiale, Yvan Blot n’en nie ni l’existence ni l’influence. Mais d’une part il doute qu’elle soit véritablement mondiale. Et d’autre part il considère ou bien qu’elle agit en faveur des intérêts américains ou bien qu’elle ne peut, en raison de sa nature même, qu’être absente et privée d’importance dans les opérations américaines majeures (cas sus-évoqué de la Serbie). Il pense même qu’invoquer son rôle a pour effet fâcheux de renvoyer sur elle, c’est à dire sur une abstraction, la responsabilité de l’état du monde qui est proprement l’affaire d’une nation : les Etats-Unis d’Amérique.

La superclasse mondiale : une nouveauté historique fondamentale

Henry de Lesquen insiste au contraire d’abord sur la nouveauté fondamentale que constitue cette superclasse (pour lui, il n’en existe pas de véritable précédent dans l’Histoire et c’est pourquoi il faut réviser les méthodes d’analyse des faits historiques) et ensuite sur la circonstance qu’elle n’est liée aux intérêts d’aucune nation.

Sur ce dernier point, il admet certes qu’elle est née d’une extension de la haute bourgeoisie de la côte est des États-Unis. Mais, il fait valoir qu’aujourd’hui elle s’étend pratiquement à toutes les nations.

Par ailleurs il souligne qu’il n’y a pas coïncidence entre les objectifs fondamentaux de la superclasse et les Etats-Unis. Alors que la première appelle de ses vœux un gouvernement mondial et travaille à la disparition des nations, les nationalistes américains, de leur côté, agissent certes pour établir la domination de leur pays sur le monde et la vassalisation des autres nations mais ils ne souhaitent ni la suppression de ces dernières ni un gouvernement planétaire qui pourrait les gêner.

Cette divergence est illustrée par certains épisodes politiques récents. Tel fut le cas le cas de l’opération qui a imposé le dogme du réchauffement climatique planétaire, a amené au protocole de Kyoto et a pour ambition évidente de créer une gouvernance mondiale sur le sujet. Or précisément les États-Unis ont refusé ce protocole.

Et ils récusent de même toute forme de supranationalité. Or l’idée cosmopolite les gêne dans la mesure où elle débouche sur la multiplication d’organismes internationaux de toutes sortes et en tous lieux, et notamment hors des Etats-Unis. Il en est de nature publique (ONU, FMI, Banque mondiale, Unesco, OMM, etc.), mais il en est aussi des privés qu’il ne faut pas négliger comme instruments du cosmopolitisme de la superclasse (tels Amnesty International ou Greenpeace ou les fondations Soros ou Rockfeller).

Huntington : un américain contre la superclasse mondiale

De Lesquen cite Samuel Huntington qui va plus loin et estime que l’idéologie cosmopolite de la nouvelle classe mondiale menace même les Etats Unis, car celle-ci se caractérise par l’affaiblissement chez ses membres du sentiment national.

D’ultimes considérations semblent offrir une conclusion au débat. Yvan Blot fait valoir, sans être contredit par de Lesquen, que l’impérialisme américain est messianique et qu’il tente de se justifier en se donnant une mission mondialiste : répandre la liberté et la démocratie sur le monde. Cette idée rapproche le cosmopolitisme des Etats-Unis et celui de la superclasse (proximité que de Lesquen avait déjà notée), même si, évidemment, les motivations des premiers et de la seconde ne sont pas les mêmes.

Textes rassemblés et mis en forme par Pierre Milloz, avril 2012.

PS. Note du présentateur : La question essentielle du débat ressort clairement : la superclasse mondiale mène-t-elle une politique autonome par rapport au pouvoir américain ou n’en est-elle qu’un instrument ? Ou plus précisément, ses initiatives prouvent-elles son indépendance ou ne sont-elles que les applications anodines, tolérées par le pouvoir américain, d’une idéologie cosmopolite qui le sert et dont il se sert ?

Selon la réponse, on jugera que l’ennemi principal de la France est la superclasse mondiale ou les Etats-Unis.

Le précédent historique de la Rome antique

Une telle réponse est plus facile à propos d’une sorte de précédent historique de superclasse mondiale : celle qui paraît avoir été créée par la politique de l’empire romain. Celui-ci en effet, fort avaricieux (jusqu’au début du IIIe siècle) de la citoyenneté romaine, l’accordait aux élites des pays conquis, en lesquelles il trouvait des relais de sa domination. Aelius Aristide pouvait écrire en 143 en son Éloge de Rome : « Vous avez partout donné la citoyenneté à tous ceux qui représentent les élites du talent, du courage et de l’influence… Il n’est nul besoin de garnisons qui tiennent les acropoles. Les habitants les plus importants et les plus puissants de chaque endroit gardent pour vous leur propre patrie. »
Il est probable que se constitua une superclasse couvrant tout l’empire, romanisée parfois jusqu’au patronyme, parlant latin, accédant au saint des saints, c’est à dire au Sénat, et admirant Rome, centre de la civilisation (comme il y a aujourd’hui en France des élites convaincues que le soleil se lève à l’Ouest).
Mais ce cas n’est pas transposable à la situation contemporaine, tant il est incontestable que cette superclasse était un instrument de Rome. Il serait intéressant d’étudier spécialement ce que fut son comportement à partir du jour où commença la lente décomposition de l’empire.

Pierre Milloz

Voir aussi :

L’Idéologie de la superclasse mondiale (1re partie)
L’identité nationale selon Huntington

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

Les habits « républicains » de l'oligarchie où comment le politiquement correct se cache derrière le mot République

Les habits « républicains » de l’oligarchie où comment le politiquement correct se cache derrière le mot République

[box] Article reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia. [/box]

[box class=”info”] Pour les Français de bonne foi, la République renvoi aux vertus civiques, au sens de l’État, à la souveraineté du peuple, à la sélection des meilleurs, à l’école qui instruit et à la laïcité. Mais dans le vocabulaire médiatique dominant « républicain » est devenu synonyme de politiquement correct. Michel Geoffroy procède ici à une critique de ce vocable-valise et invite à ne tomber ni dans le piège des mots, ni dans celui de la novlangue.
Polémia. [/box]

Si l’on interroge nos concitoyens – du moins les Français de souche – sur ce que représente pour eux le mot République aujourd’hui, ils l’associent en général à la liberté et bien sûr à la devise « liberté, égalité, fraternité » ainsi qu’aux « immortels principes » de 1789. L’exclamation populaire « on est en République » -pour dire que l’on peut faire ce que l’on veut- en témoigne encore.

Le mot a donc plutôt une connotation positive aujourd’hui. Et c’est d’ailleurs pourquoi la plupart des mouvements politiques, y compris à droite, s’efforcent de se l’approprier.

Néanmoins ce mot est trompeur car il est devenu une composante de la novlangue : il véhicule donc désormais l’idéologie de l’oligarchie française. Le propre de la novlangue est d’inverser le sens des mots pour leur faire désigner le contraire de ce qu’ils signifiaient jusqu’alors. Il faut donc décrypter le terme et se méfier de l’usage qui en est fait.

République est devenue synonyme d’apartheid politique

De nos jours, un parti qualifié de « républicain » n’est pas un parti qui se réclame des principes de la Révolution Française mais seulement un parti qui exclut de constituer des alliances électorales et gouvernementales avec la terrible « extrême droite ».

Le mot « républicain » sert à sidérer l’électeur car il s’applique à toute la gauche et l’on n’entend jamais dire que l’extrême gauche ne serait pas républicaine. Tout au plus admet-on qu’elle est « radicale ». Par contre le qualificatif « républicain » permet de diviser la droite entre celle qui serait fréquentable et celle qu’il faudrait diaboliser : la fameuse « extrême droite ». Car la droite fréquentable est justement celle qui s’est ralliée à l’idéologie de la gauche.

Le mot « républicain » sert donc à valoriser l’attitude de ceux – notamment à droite – qui organisent un impitoyable apartheid culturel, social et politique à l’égard d’une partie de leurs concitoyens.

Républicain est devenu synonyme d’impopulaire et de minoritaire

En novlangue un parti « républicain » n’est pas un parti qui exprime la volonté du peuple. Un parti « républicain » de nos jours, doit refuser au contraire toute « démagogie », ce qui veut dire qu’il ne doit s’intéresser au peuple que dans le cadre des élections périodiques (qualifiées aussi de « respiration démocratique » en novlangue: ce qui signifie donc qu’en dehors des campagnes électorales la démocratie étouffe….). Et ne pas être « populiste » veut dire en novlangue qu’il ne faut pas suivre le point de vue de la majorité de ses concitoyens. Il faut au contraire se préoccuper prioritairement du sort et du point de vue des « minorités ».

Sur les principaux sujets de société les hommes politiques « républicains » adoptent donc des positions qui vont à l’encontre des préférences de la majorité de la population, telles qu’elles apparaissent notamment dans les sondages.

Ils sont ainsi tous favorables à l’immigration, à l’islam, aux transferts de souveraineté au profit de l’union européenne, au libre-échangisme, au remboursement de l’avortement, aux revendications homosexualistes, à l’augmentation des impôts, à l’OTAN, à la « réinsertion » des délinquants, au gouvernement des juges et à la « discrimination positive » : c’est le programme commun des partis « républicains » c’est à dire le catalogue des différentes façons de décliner le politiquement correct.

C’est que « la majorité n’a pas toujours raison » disait significativement, à propos de la votation suisse sur les minarets, M. Cohn-Bendit, un « républicain » modèle adulé des médias.

Ces républicains sont minoritaires, favorables aux « minorités » et ils s’en flattent !

République est devenue synonyme de communautarisme

La révolution française a démantelé les structures communautaires de l’ancien régime, à commencer par les corporations, comme autant d’obstacles à la libre expression des droits individuels et de l’égalité des citoyens. De là vient aussi son hostilité à la religion et le culte de la « laïcité ».

Pour les mêmes raisons, les républicains marqueront leur hostilité à toute forme de communautarisme – comme on dirait aujourd’hui – et on se souvient de la célèbre formule de Clermont-Tonnerre lors du débat sur l’émancipation des Juifs : « Il faut tout accorder aux Juifs comme individus et rien comme nation ». De la fin du XIXe siècle à la première moitié du XXe, les républicains resteront des assimilationnistes farouches, des centralisateurs hostiles aux identités régionales et indifférents aux identités ethniques.

Mais aujourd’hui ceux qui se prétendent « républicains » ont inventé un nouveau concept : la « laïcité positive ». Cette laïcité ne serait plus la séparation de l’Église et de l’État, mais la « défense des cultes » !

Elle consisterait au contraire à ce que les collectivités publiques favorisent l’exercice des cultes – et pour être plus précis celui du culte musulman – en finançant des mosquées, en reconnaissant dans l’espace public les pratiques musulmanes.

Ces « républicains » prétendent en outre que la France serait désormais composée non plus de citoyens français mais de « communautés » diverses, dont il faudrait reconnaître l’existence et respecter les usages propres : les Musulmans, les Juifs, les Antillais, les Africains, les gens du voyage, les Roms etc…. Bref selon cette curieuse logique l’égalité devrait être « diverse » !

République est devenue synonyme de promotion des privilèges de la naissance

Les « républicains », de nos jours, prônent non pas les droits égaux pour tous mais au contraire la « discrimination positive », un concept américain qu’ils ont importé.

La « discrimination positive » est le contraire de « l’égalité républicaine » c’est à dire de l’égalité des droits. Elle consiste à octroyer des avantages à certaines catégories de population en fonction de leur origine : en particulier au profit des personnes issues de l’immigration et d’origine africaine ou arabe. Ces droits sont donc au sens propre des privilèges (c’est-à-dire des droits privés) en fonction de la naissance comme sous l’ancien régime, même si la novlangue les repeint d’une fausse couleur « sociale ».

Ces « républicains » ont donc inversé la logique de l’égalité : pour eux c’est l’égalité des droits qui constituerait…. une discrimination, car elle ne permettrait pas de corriger les inégalités liées à l’origine ou au milieu social. Dès lors la justice ne reposerait plus sur les droits égaux mais sur la réparation de discriminations passées, réelles ou supposées, sur l’ingénierie sociale. Saint Just doit se retourner dans sa tombe !

République est synonyme de gouvernement des juges

Les républicains d’hier affirmaient, à l’encontre des protestants anglais, que c’était la loi qui fondait le droit et non la jurisprudence ou la tradition.

Mais les « républicains » d’aujourd’hui sont devenus anglo-maniaques : ils imposent la prééminence des juges inamovibles sur les législateurs élus. Cela s’appelle en novlangue « l’État de droit ». En réalité c’est la mise en tutelle de la souveraineté du peuple.

Les modernes « républicains » ont ainsi transformé les parlements en exécutifs, mais dans les sens passif du terme ! C’est-à-dire en assemblée qui n’impulsent rien mais se bornent à exécuter (on dit « transposer » en novlangue) des directives venues d’ailleurs, des juges européens, de Bruxelles, de Strasbourg ou des marchés. Montesquieu doit aussi se retourner dans sa tombe !

Républicain est synonyme de cosmopolite

Les idées républicaines étaient perçues comme universalistes dans la mesure où elles devaient finir par s’imposer à tous avec le progrès des « Lumières de la raison ». Mais les républicains n’étaient pas pour autant des cosmopolites car ils pensaient que les droits de l’homme devaient s’incarner dans la communauté nationale et la citoyenneté.

Mais les « républicains » d’aujourd’hui sont des cosmopolites qui sacrifient tout au culte du veau d’or, au culte de l’homme aux semelles de vent. Ils prétendent que la fraternité devrait reposer, non plus sur la nation et la citoyenneté, mais sur le brassage des cultures et la « diversité ».

Comme le déclarait significativement M. Fabius en 2003 « quand la Marianne de nos mairies prendra le beau visage d’une jeune française issue de l’immigration, ce jour là la France aura franchi un pas en faisant vivre pleinement les valeurs de la République » (le 17 mai 2003 au congrès socialiste de Dijon). Dans son esprit le métissage serait donc la quintessence des valeurs républicaines !

Les partis « républicains » n’ont d’ailleurs eu de cesse de réduire la citoyenneté à une simple formalité administrative, à une obscure affaire de « papiers » que certains auraient et d’autres n’auraient pas (les pauvres). Et de reconnaître à tout homme, dès lors qu’il est présent sur le territoire national, les mêmes droits que ceux des citoyens voire des droits supérieurs (comme l’aide médicale d’urgence ou l’hébergement gratuits pour les « réfugiés »). Dans cette logique, les partis de gauche préconisent d’ailleurs d’octroyer le droit de vote sur la base de la résidence et non plus sur celle de la citoyenneté. Pour eux le résident et le citoyen c’est pareil !

Les « républicains » ont d’ailleurs consciencieusement démantelé les institutions et processus qui dans notre pays cimentaient la citoyenneté en France: l’école publique, le service militaire et l’assimilation des étrangers.

L’école publique a été livrée aux talibans de la pédagogie égalitaire, aux égoïsmes syndicaux et abandonnée par le pouvoir exécutif. Le service militaire a disparu avec la professionnalisation des armées. L’assimilation des étrangers a cédé la place à « l’intégration des immigrés » : c’est-à-dire au bouleversement de la société française pour qu’elle s’adapte, de gré ou de force, au flot d’immigration réclamé par le patronat.

Le mot République est le signe de reconnaissance des escrocs de la politique

Les « républicains » autoproclamés et encensés par les médias trahissent en réalité sans vergogne l’héritage dont ils se réclament bruyamment. Ce sont en d’autres termes des escrocs.

Le bicentenaire de la révolution française en 1989 permet de dater avec précision ce tournant du « républicanisme » new-look – version Jean-Paul Goude – en cosmopolitisme de plus en plus affirmé, au service des intérêts et appétits croissants de la nouvelle oligarchie.

La liberté ? Mais les partis « républicains » ont adopté des législations répressives et de plus en plus intrusives dans l’existence de chacun. Les lois mémorielles mettent en tutelle la liberté de recherche historique. Les lois « antiracistes » et « anti-phobies » s’attaquent en permanence à la liberté d’expression. Les « républicains » bradent en outre la souveraineté du peuple qui seule peut fonder sa liberté.

L’égalité ? Mais ils la bafouent chaque jour en mettant en place un droit inégal au profit de leurs clientèles minoritaires. Et l’oligarchie s’isole de plus en plus du reste de la nation.

La fraternité ? Mais ils organisent la préférence étrangère, détruisent la citoyenneté et sèment la haine politique et sociale en diabolisant l’opinion majoritaire et en réduisant l’être à l’avoir.

Et où sont les incorruptibles de nos jours ? Du côté de ces « républicains », qui sont de toutes les « affaires », ou justement du côté de ceux qu’ils diabolisent ?

Le retour du Directoire

Le mot République est désormais frelaté. Il sert d’emballage politiquement correct, à la potion que le système nous inflige, car celle ci a très mauvais goût pour le plus grand nombre.

A cette « République » usée et corrompue, il est maintenant plus fructueux d’opposer d’autres principes fondateurs : la souveraineté du peuple, la primauté des législateurs sur les juges, la démocratie directe, la préférence nationale, le rétablissement des libertés individuelles et de l’égalité des droits entre les citoyens, le respect des frontières et de la souveraineté des Etats, le respect de l’identité des peuples. Car c’est dans ces principes que réside l’universalisme de demain.

L’oligarchie est « républicaine » comme les régimes communistes s’appelaient « démocraties populaires » !

Mais nous vivons aujourd’hui sous la domination des républicains du Directoire. Le Directoire fut la période de décadence finale de la première République qui avait versé dans l’affairisme, la corruption politique et le mépris cynique du peuple.

Le Directoire n’a duré que 4 ans : le peuple, conduit par les héros, a fini par jeter dehors ces Incroyables et ces Merveilleuses qui tenaient le haut du pavé en parlant une langue incompréhensible.

Avis aux oligarques « républicains » !

Michel Geoffroy

Un nouveau « Novlangue » (mise à jour 1)
Contre la république à la française
La démission de la République : Juifs et Musulmans en France

Illustration : Une Marianne noire selon le vœu de Laurent Fabius au Congrès socialiste de Dijon (2003)

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Au secours ! Sarkozy prétend « réinventer » la France !

Au secours ! Sarkozy prétend « réinventer » la France !

Article publié avec l’aimable autorisation de la fondation Polémia.

[box class=”info”] De Gaulle se faisait « une certaine idée de la France » ; Sarkozy prétend la « réinventer ». Au-delà de l’exubérance des propos de campagne, Michel Geoffroy propose un décryptage de la signification du mot « changement ». Un mot au cœur des campagnes électorales depuis quarante ans. Un mot qui traduit en fait une volonté de déconstruire la France, « ce cher et vieux pays » (De Gaulle).
Polémia [/box]

Lors de la réunion qu’il a tenue le 6 février 2012 à Annecy, M. Nicolas Sarkozy, qui se présente comme le « candidat du changement » (sic) a notamment déclaré « Tout, absolument tout est à réinventer… Nous ne pouvons pas construire un nouveau monde, une nouvelle Europe avec les idées d’hier, nous ne pouvons pas construire une nouvelle France avec les idées du passé ». Ces propos méritent qu’on s’y arrête. Car ils caractérisent l’oligarchie.

Le « changement » permanent, rejeton de l’idéologie des Lumières

Au secours ! Sarkozy prétend « réinventer » la France !Le thème du « changement » est en effet au cœur du Système : il plonge ses racines dans l’idéologie des Lumières.

Il a donc longtemps été l’apanage de la gauche, du « parti du mouvement » précisément, face à une droite conservatrice de l’ordre social.

L’idéologie des Lumières pose en effet en principe qu’il est non seulement possible mais aussi souhaitable de reconstruire la société à partir de la seule raison, en se libérant notamment des croyances et coutumes « obscurantistes ». C’est ce qu’on appelle aussi le « constructivisme », qui repose sur l’illusion que la raison humaine serait suffisamment forte pour concevoir et faire fonctionner durablement une société idéale à partir de rien. Les partisans des Lumières croient en outre que le coût humain d’un tel changement entrepris au nom du progrès est toujours négligeable.

Mais pour construire le paradis sur terre, il faut d’abord déconstruire l’ancien monde pour « libérer » l’homme. C’est ce mouvement de déconstruction que la gauche nommait « progrès ». Car pour les hommes des Lumières, le passé n’est que ténèbres.

La démocratie entendue comme la dictature des factions « éclairées »

L’instrument politique de cette déconstruction a été l’Etat et la démocratie politique entendue comme la dictature des factions « éclairées » sur les assemblées élues, phénomène que l’on nomme aussi Révolution. L’égalitarisme a constitué la justification idéologique principale de cette déconstruction.

Avant les Lumières, les gouvernants concevaient les peuples et les nations comme une propriété qu’il fallait défendre et faire fructifier en bon père de famille, dans le respect des droits de ceux qui composaient la société (les « états »).

Avec les Lumières, l’Etat ne protège plus la société : il doit au contraire la transformer, de gré ou de force.

Car la volonté du peuple n’est licite que si elle se conforme à la définition que ces « éclairés » donnent au mot « progrès » : sinon elle devient factieuse, contre-révolutionnaire, rebelle ou populiste. Ce peuple-là n’a plus droit à la parole : il mérite les Colonnes infernales (contre la Vendée rebelle ou les Etats confédérés du Sud, également rebelles), le goulag, la police ou la censure.

Le bougisme comme stade suprême du politique

En un siècle, sous l’influence idéologique de la gauche, le changement est ainsi devenu le maître mot du politique. Tout politique doit changer quelque chose pour exister. Car changer revient à progresser : tel est le credo des Lumières. Par construction, on doit préférer le changement, quel qu’il soit, au statu quo.

En 1981 encore, le parti socialiste ne craignait pas de prendre pour slogan : « Changer la vie ». Rien que cela ! Nous sommes entrés dans l’ère du « bougisme », du changement pour le changement.

Pourtant, à la fin du XXe siècle, le thème du changement n’est plus le monopole de la gauche : il a été repris en effet par l’oligarchie occidentale à son profit.

L’oligarchie mondialiste fille spirituelle de la gauche

L’oligarchie a repris les mots de la gauche, mais en les plaçant cette fois au service des puissances d’argent.

On dit que le diable est le singe de dieu : la gauche socialiste et communiste prétendait changer la vie pour sortir du capitalisme. L’oligarchie occidentale change au contraire notre vie, mais c’est… pour mieux la placer au service des intérêts financiers, comme les Grecs en font en ce moment l’expérience paroxystique.

L’oligarchie, avec M. Sarkozy, nous promet des lendemains qui chantent, comme hier l’avant-garde des communistes. M. Sarkozy nous promet ainsi un « nouveau monde » et une « nouvelle France ». Un écho, non pas à la « belle province » canadienne mais à « la France réinventée » que préconise de son côté le MEDEF dans son document Besoin d’Aire. C’est sans doute un heureux hasard.

On saluera l’outrecuidance de ces messieurs et dames qui prétendent tirer un trait sur notre histoire millénaire, pour reconstruire notre pays. Toujours l’utopie de la page blanche !

« Tout, absolument tout est à réinventer », nous dit le bon docteur Sarkozy. Tout serait donc à jeter aux poubelles de l’histoire, à commencer, on le sait, par La Princesse de Clèves ? Par exemple l’idéologie des droits de l’homme qui est effectivement une « idée du passé » ? Ou bien le préambule de la Constitution de 1946 qui appartient aussi « au passé » ?

Mais d’où leur vient de science certaine qu’il faut nous changer, nous les Français de souche ? Le général De Gaulle se faisait une certaine idée de la France, ce « cher et vieux pays ». M. Sarkozy, lui, prétend la réinventer. Au secours !

Car c’est une supercherie que de prétendre fonder une nation en faisant table rase de son histoire et de son passé. M. Sarkozy prétendrait-il réussir là où le communisme en 70 ans de dictature a échoué ?

Déconstruire pour les marchés

Le principal argument de l’oligarchie en faveur du « changement » consistait à soutenir que la France devait s’adapter à la mondialisation des échanges et à la concurrence plus vaste que cela impliquait. De ce changement, en particulier de modèle social, naîtrait une meilleure compétitivité et la prospérité pour tous.

Pendant 20 ans on a donc soumis notre pays et nos voisins européens à la potion libre-échangiste et à la déconstruction des protections qui l’accompagne nécessairement. Aujourd’hui les résultats sont là : chômage structurel, désindustrialisation, immigration, déficits publics, démoralisation du peuple français, et… augmentation de la profitabilité des grandes entreprises transnationales. La France a effectivement « changé » mais pas en mieux pour tout le monde !

Les oligarques ont alors changé… de discours. Comme le déclarait M. Guéant, il faut « changer la France pour qu’elle reste elle-même » (Le Monde du 2 mars 2011). On admirera la dialectique digne du Sapeur Camember qui se jetait à l’eau pour éviter la pluie ! C’est le changement de son modèle social qui permettra de le préserver !

Sortons les apôtres du changement !

Mais pourquoi une nouvelle France ? La France actuelle ne conviendrait-elle pas ? Ce n’est pourtant pas le point de vue des immigrés qui sont chaque jour plus nombreux à s’installer chez nous et qui trouvent manifestement très bien notre pays.

En outre, ce sont les oligarques qui exercent le pouvoir sans partage depuis la fin du XXe siècle, ceux qui ont façonné la France et l’Europe dans laquelle nous vivons, qui nous expliquent maintenant qu’il faudrait tout recommencer. Ce besoin de « reconstruction » sonne comme un aveu d’échec.

Il faut donc décoder leur discours : ce n’est pas pour les Français qu’il faut réinventer la France, mais bien pour la finance. Nuance.

Tous ces messieurs trouvent qu’ils n’en ont pas fait assez dans la déconstruction. Pour les Talibans du changement il faut toujours accélérer les réformes !

« Reconstruire la France » c’est lui demander de s’oublier

« Reconstruire la France », cela veut dire en réalité présenter des finances publiques et sociales en équilibre pour rassurer les investisseurs internationaux. Cela veut dire payer les dettes publiques mais sans inflation, pour rembourser les gentilles banques qui prêtent aux Etats. Cela veut dire aussi déconstruire toutes les protections sociales qui constituent une entrave à la mobilité de l’emploi. C’est aussi, bien sûr, maintenir les frontières ouvertes, car nos grandes entreprises ont besoin du commerce international pour faire des bénéfices ; elles ont aussi besoin d’immigration et de « diversité » pour peser sur les salaires des autochtones. Cela veut dire un enseignement professionnel de qualité et une recherche financée sur fonds publics, pour soulager les budgets de nos chères entreprises. Cela veut dire, enfin, être un atlantiste bien gentil et non un adepte de la bête indépendance nationale.

Bref, « reconstruire la France » c’est lui demander de s’oublier. C’est lui demander de préférer tout le monde aux Français de souche. C’est la faire devenir anglaise et protestante, voire musulmane, ce qui ne sera pas un problème si elle parle anglais et si elle se place au service de nos alliés qui nous aiment tant… Comme l’écrivait M. Sarkozy en 2006 (Témoignage, Editions XO 2006, pp. 277 et 280) : « Je pense que les Français attendent une France d’après… C’est une France où l’expression “Français de souche” a disparu. » Nous voilà avertis sur la nature de la reconstruction que nous promet M. Sarkozy !

Mais, au fait, plutôt que de changer la France, pourquoi ne pas changer de gouvernants ? Ne serait-ce pas finalement plus simple et beaucoup moins coûteux ?

Michel Geoffroy

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Image : Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (1647-1707), l’un des textes fondateurs qui inaugure le mouvement des “Lumières” en France.
La démocratie en France : état des lieux

La démocratie en France : état des lieux

Article reproduite avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia

[box class=”info”] A la veille d’une nouvelle élection présidentielle, une des étapes les plus marquantes de la vie démocratique de la République, Louis Tode se livre à un « état des lieux ». Son analyse aborde les principaux modes de fonctionnement, que l’on connaît bien isolément, avec leurs défauts sinon leurs dévoiements, et que l’auteur a le mérite de réunir pour en préconiser quelques remèdes.
Polémia
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Nous qui donnons des leçons de démocratie à la terre entière, nous pouvons nous poser une question : comment va notre système politique ? Qu’en est-il de la démocratie en France ? Est-elle assurée par l’élite en place, ou est-elle bafouée et confisquée par une oligarchie ? Etudions cela un peu en profondeur.

Nous ne connaissons pas actuellement en France de démocratie directe ; seule la démocratie représentative compte : très peu de référendums nationaux – et encore : quand le résultat déplaît au gouvernement les députés revotent– absence de référendums locaux (villes, villages, régions, etc.). Pour certains sujets nous avons même interdit des référendums (peine de mort), et rien n’est fait pour encourager l’initiative populaire ; la commission européenne, elle, daigne à peine se pencher sur un sujet si un million d’Européens ont signé une pétition.

Nous observons ensuite un verrouillage de la démocratie par les partis politiques : ceux-ci sont devenus indispensables à quiconque souhaite un jour être élu. Les mastodontes de la Ve République se sont imposés partout, et il faut passer par leurs mailles pour accéder aux hémicycles : ils ont les réseaux, l’argent, ils font entre eux des arrangements pour n’avoir aucun vilain petit canard dans les assemblées. La plupart font des carrières, ont de multiples casquettes, ils se connaissent tous et sont tous copains : il est bien évident qu’à partir de là il est difficile d’émerger en tant que force politique nouvelle et indépendante, car on représente alors un danger, celui de prendre leur place qu’ils ont gardée bien au chaud.

Ces élus qui verrouillent tout ont aussi tourné les modes de scrutin à leur avantage : ces modes pénalisent toujours les plus faibles et empêchent, là encore, des forces novatrices d’émerger. Nous sommes par exemple passés, aux législatives, de la proportionnelle intégrale au scrutin uninominal à 2 tours : ceci a empêché toute une partie de la population d’être présente à l’Assemblée nationale. « Oui mais il faut une majorité forte pour gouverner »… Au-delà de l’incertitude de cette affirmation, pourquoi dans ce cas ne pas aller jusqu’au bout de la logique et instaurer le parti unique ?

De même, les élections européennes, qui étaient autrefois des élections nationales, ont été régionalisées. Quel en a été le résultat ? Un scrutin incompréhensible, qui a fait déserter les électeurs (30% de participation en 2009) et qui a donc affaibli les forces dissidentes.

Les élus ne souhaitent hélas pas voir une force émerger, car cela serait au détriment d’eux-mêmes.

Concernant les élections : des complications ont été ajoutées aux difficultés. Lors des élections territoriales on s’est mis à exiger que chaque candidat ait un suppléant ainsi qu’un trésorier de campagne. Lorsque l’on est un petit parti, comment peut-on trouver toutes les personnes nécessaires ? En revanche, un grand parti bien implanté a, lui, les réseaux nécessaires pour trouver ces gens. De même, lors des élections présidentielles, nous sommes passés d’une centaine de signatures de maires anonymes à 500 signatures visibles. Les partis politiques verrouillant tout, ils ont même modifié l’organisation du territoire pour avoir sous leur coupe le moindre village (réforme territoriale, intercommunalité, etc.), et pouvant par conséquent faire pression sur les maires donnant leur signature à des dissidents. De plus, avec de véritables féodalités se mettant en place, certains n’acceptent pas qu’on veuille prendre leur place et utilisent tous les moyens pour les déstabiliser (personnel municipal décollant les affiches de candidats à la mairie, moins de panneaux électoraux).

Et quid de la culture du débat, de la polémique ? Y a-t-il eu un débat en 2002 entre les candidats du second tour ? Y a-t-il eu, en 2007, loin des émissions où chaque Français demandait ce que le candidat proposait pour son petit problème, de grands débats entre candidats ?

Enfin, et c’est peut-être l’élément principal de cette problématique, souvenons-nous que tous ces élus, cette élite, majorité, opposition, etc. se retrouvent loin des assemblée filmées et visibles. La plupart de ces membres appartiennent à des associations, cercles, clubs très sélects où ils peuvent discuter et faire connaissance entre eux loin des regards du « méchant peuple ». Avec le carriérisme de la politique, ils se fréquentent et se connaissent de plus en plus, s’acoquinent, s’arrangent, font connaissance avec les journalistes, les chefs d’entreprise, les médias, les experts, les économistes, les intellectuels officiels du régime, etc. Les intérêts convergent, on arrive à se mettre d’accord sur telle ou telle force politique qui serait un danger pour ce petit monde bien au chaud dans ses salons. Il est alors aisé de lancer des opérations de discrédit sur cette force politique un peu trop dissidente, et de terroriser des gens qui s’apprêteraient à voter pour elle, leur faisant croire que ce serait le chaos si ce petit monde était chahuté.

Ainsi, quelques mesures seraient nécessaires afin d’assainir notre vie politique nationale et, accessoirement, continuer à donner des leçons de morale à toutes les nations :

  • – instaurer tout d’abord un niveau de proportionnelle significatif aux législatives (au moins 50%) ;
  • – faire appel, à l’image de la Suisse, aux référendums sur les grands sujets nationaux (sans évidemment abuser et en faire tous les matins) ainsi qu’à la démocratie directe (et non participative, ce qui est une vaste blague) au niveau local quand cela peut être nécessaire ;
  • – arrêter de confisquer la voix du peuple, et respecter son vote ;
  • – retenir le principe des mandats non cumulables et non renouvelables (ce qui permettrait d’avoir chacun qui fait sa tâche jusqu’au bout sans chercher à être démago pour être réélu, notamment le président) ;
  • – baisser les indemnités et réduire le train de vie de l’Etat, des collectivités et du Parlement, pour que la politique ne soit pas intéressée ;
  • – préserver l’anonymat des maires à la Présidentielle, et diminuer le nombre de signatures requises (faire en sorte que cela redevienne un acte administratif et non politique) ;
  • – supprimer les trésoriers de campagne, suppléants et autres contraintes folkloriques lorsque cela n’est pas nécessaire aux élections locales et territoriales :
  • – supprimer les organismes indépendants sur les comptes et les statistiques du pays ;
  • – revoir de fond en comble la répartition des pouvoirs et la décentralisation : il y a actuellement beaucoup trop d’élus, d’assemblées, etc ;
  • – limiter à un seul tour l’élection présidentielle.

La vie politique doit être assainie, elle doit respirer, éviter les carrières, optimiser une rotation afin que personne ne reste 30 ans aux commandes et confisque tout. Les représentants d’aujourd’hui n’ont rien de neuf, ce sont les mêmes depuis des décennies, et les petits nouveaux sont ceux qui marchent dans leurs pas. Il faut laisser les forces obsolètes disparaître et permettre à d’autres d’émerger. Que les élus écoutent le peuple et le représentent, au lieu de vouloir lui inculquer une idéologie.

Louis Tode

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

Image : « Les représentants d’aujourd’hui n’ont rien de neuf, ce sont les même depuis des décennies, » : deux représentants de l’UMP et du Parti socialiste, brillants énarques sortis des Finances, qui n’ont pas eu le courage de s’opposer aux dépenses publiques. Crédit photo : DR.

« L'oligarchie au pouvoir » de Yvan Blot

« L’oligarchie au pouvoir », de Yvan Blot

Article reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia.

[box class=”warning”] Sous une apparence de démocratie, le pouvoir réel est en fait oligarchique, c’est-à-dire dans les mains d’un petit groupe d’individus. Ce pouvoir vacille : les pôles de résistance de la société civile s’affirment de jour en jour. En dernier ressort, seule la démocratie directe pourra délivrer les Français de l’oligarchie. Telle est la triple thèse d’Yvan Blot dans cet ouvrage roboratif que nous fait découvrir Henri Dubost avec beaucoup d’élégance.

Polémia [/box]

Défiance du peuple, défiance envers le peuple

« L’oligarchie au pouvoir » de Yvan Blot Si, selon Aristote, l’aristocratie (gouvernement des meilleurs pour le bien commun) dérive nécessairement en oligarchie (gouvernement de quelques-uns pour leur bien personnel), force est de constater que la démocratie (idéalement « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », selon la formule d’Abraham Lincoln) est paradoxalement également sujette aux mêmes dérives oligarchiques.

En France, mais aussi dans de nombreux pays occidentaux, on constate une méfiance croissante du peuple à l’encontre du système politique et des instruments de contrôle de l’opinion publique, médias et instituts de sondages. Il y a dix ans, les Français accordaient la note de 4,7 sur 10 à leur système politique ; elle n’est plus que de 3,7 sur 10 dans l’enquête de Bréchon et Tchernia de 2009, relève Yvan Blot. Si 73% des Français ont une image positive de l’armée et de la police, en revanche le parlement, bien qu’élu, ne recueille que 45% de bonnes opinions et les politiques ,18% ! Quant aux médias, 68% de nos concitoyens les considèrent comme « peu ou pas indépendants ». Des scores obtenus, il faut le remarquer, avant la nauséabonde saga Strauss-Kahn, le scandale Karachi ou encore les révélations des pléthoriques mises en examen tant dans les rangs du PS que de l’UMP. Le parfum de pourriture avancée qui flotte sur le monde politico-médiatique ne peut que déciller chaque jour un peu plus les Français sur les soi-disant vertus du Système…

Les représentants élus par le peuple ne contrôlent pas le gouvernement

Les candidats qui se présentent devant les électeurs sont désignés à l’avance par les partis, et sont donc choisis pour leur parfaite docilité. Ainsi, souligne Yvan Blot, « ceux qui pourraient contrôler sérieusement le gouvernement (la majorité), ne le souhaitent pas (par discipline de parti), alors que ceux qui voudraient contrôler le gouvernement (l’opposition), ne le peuvent pas, parce qu’ils sont minoritaires ». Certes, « des membres de la classe politique peuvent perdre les élections, mais ils sont remplacés par des équivalents dont la politique n’est jamais très différente de celle de leurs prédécesseurs ». En France, d’aucuns appellent ce système l’UMPS… D’autre part, « le pouvoir législatif est largement dans les mains de l’exécutif qui a l’initiative réelle des lois et qui les faits rédiger dans les ministères. Beaucoup de députés et sénateurs investissent peu sur ce travail de juristes qui parfois les dépasse et qui est peu compatible avec le travail électoral de terrain pour se faire réélire. Ils se bornent alors à signer les rapports préparés pour eux par les fonctionnaires des assemblées ». Un deuxième plafond de verre vers le ciel serein de la démocratie est ainsi constitué par l’administration (la technostructure) caste de hauts fonctionnaires non élus mais qui, de fait, concentrent entre leurs mains la réalité du pouvoir, ceci en parfaite adéquation avec l’idée d’Auguste Comte selon laquelle la souveraineté des experts doit remplacée la souveraineté du peuple. Il faut adjoindre à ce constat le fait que près des trois-quarts des lois votées par les parlementaires ne sont que des implémentations dans le droit français de directives de Bruxelles. Pour Yvan Blot, sous le nom de démocratie dite représentative, nous vivons donc sous la coupe réglée des oligarchies : l’administration civile (les technocrates), les médias (qu’Yvan Blot nomment joliment les « prescripteurs d’opinion »), les dirigeants de syndicats, les groupes de pression culturels et cultuels, etc., qui forment des réseaux en interaction puissante, laissant le citoyen totalement désarmé.

Le Gestell

Yvan Blot fonde son analyse de l’oligarchie en référence constante au Gestell heideggerien, qu’on peut définir comme une vision du monde exclusivement matérialiste, utilitariste, techniciste. L’homme idéal selon le Gestell n’a pas de racines (ni famille, ni race, ni nation, ni culture, ni spiritualité, ni religion), n’a pas de passé (un culte mémoriel totalement virtualisé et instrumentalisé dans le sens d’une repentance mortifère lui en tient lieu), n’a pas d’idéal (pur producteur/consommateur interchangeable), n’a pas de personnalité (en lieu et place, un ego hypertrophié par la publicité). Nietzsche en a prophétisé l’avènement dans son Zarathoustra, sous de nom de dernier homme.

Technique, masse, argent et ego sont les quatre idoles du Gestell dont le masque le plus pernicieux est l’égalitarisme : « Pas de berger, un seul troupeau ! », disait Nietzsche. « Tout historien sait qu’avant la guerre, il y avait bien plus de liberté de parole en France, souligne Yvan Blot. Il suffit par exemple de lire les débats à l’assemblée nationale avant guerre et maintenant. Les discours sont devenus de plus en plus techniques, convenus et plats ». Constat également alarmant sur l’extension du domaine de la barbarie : depuis 1968, soit en quelque 35 années, le nombre de crimes et délits est passé en France de 1,5 million à 4,5 millions… Quant à l’art contemporain (qu’il serait plus adéquat d’appeler art financier), il est la manifestation la plus écœurante de la transformation d’un monde classique, enraciné, en un im-monde post moderniste, cosmopolite. Dans son ouvrage Le siècle juif, Youri Slezkine oppose d’ailleurs le monde mercurien des nomades et de l’astuce (la diaspora) au monde apollinien des guerriers et du sens de l’honneur militaire. « Obscurcissement du monde, fuite des dieux, destruction de la terre, grégarisation de l’homme, suspicion haineuse envers tout ce qui est créateur et libre », tel est le bilan du Gestell selon Heidegger.

Les justifications idéologiques de l’oligarchie

Selon Yvan Blot, Le Gestell repose sur quatre piliers idéologiques : le progrès, l‘égalitarisme, le droit-de-l’hommisme, la gouvernance démocratique. Ces masques, qui se veulent séducteurs envers le peuple, mais qui constituent en fait de véritables poisons totalitaires, sont autant d’autojustifications du Gestell. Yvan Blot rappelle fort opportunément que Staline parlait volontiers de droits de l’homme et que l’URSS a voté la Charte universelle des droits de l’homme de 1948, alors même que le régime bolchevique menait une politique intérieure fondée sur une effroyable terreur. « Derrière le progrès, il y a l’utilitarisme du Gestell qui détruit les racines, fait de l’homme une matière première privée de patrie. Derrière l’égalité, il y a la destruction des libertés, l’oppression, et la diffusion d’un esprit de haine qui déchire le tissu social. Derrière les droits de l’homme, il y a la volonté de légitimer tous les caprices de l’ego, quitte à menacer l’ordre public et l’Etat de droit lui-même. Derrière la gouvernance démocratique, il y a l’oligarchie et la volonté d’empêcher le peuple de participer vraiment au débat public, sous prétexte d’étouffer le “populisme” », observe Yvan Blot. Ces oripeaux idéologiques du Gestell se retrouvent d’ailleurs aussi bien à gauche qu’à « droite » : il existe une « droite » mondialiste, utilitariste, politiquement correcte, hostile à la famille et à la nation qui, comme la gauche, est totalement à la botte du Gestell.

« Là où règne le péril, croît également ce qui sauve ! »

Mais selon Yvan Blot, le Gestell, en tant qu’il nie l’essence de l’homme, ne peut que s’effondrer. La préférence pour l’immédiat, la déresponsabilisation des individus, la réification de l’humain et de la vie, le choix systématique de l’hédonisme et de l’esthétisme contre l’éthique, aboutissent à un effondrement civilisationnel, ainsi que l’ont montré Hans Herman Hoppe dans son ouvrage Democracy, the God that failed, et Jean-François Mattéi dans La barbarie intérieure. Entre autre dans le domaine de la démographie, la dictature du Gestell aura en Europe des conséquences catastrophiques dans les vingt prochaines années, souligne Yvan Blot, ceci en accord avec le démographe Yves-Marie Laulan pour lequel « la démographie scande l’histoire ». L’éviction des Serbes du Kosovo, qui nous rappelle d’ailleurs que l’histoire est tragique, est l’illustration la plus récente de ce principe. Pour Yvan Blot, un des contrepoisons au Gestell est l’ « autonomie de la pensée existentielle ».

En termes plus triviaux : on ne peut mentir tout le temps à tout le monde… Yvan Blot prend entre autre l’exemple politiquement incorrect de l’immigration. Le bombardement systématique du slogan « L’immigration est une chance pour la France », avec statistiques et études enchanteresses à l’appui, après avoir pendant trente ans sidéré les foules et empêché toute prise de conscience du phénomène de substitution de population, finira par être perçu comme un insupportable mensonge par ceux-là même qu’il était censé normaliser. Tout comme les citoyens de l’URSS ont fini par constater, malgré l’omniprésence de la propagande du régime, le gouffre béant entre l’idéologie et le réel. Pour Yvan Blot, cette Aléthéia (dévoilement en grec) « ne dépend pas de la volonté des hommes mais de changements internes à l’être du destin (ce que les Grecs appelaient Moira) ». Incontestablement, entre autre avec Internet, la parole s’est libérée, dans le peuple en général et parmi les jeunes tout particulièrement. L’Aléthéia semble donc irréversible. Ce qui est vrai des victimes de l’insécurité et de l’immigration l’est aussi de celles de la spoliation fiscale et patrimoniale. Yvan Blot insiste également sur ceux qu’ils nomment les « héros », les éveilleurs de peuples qui savent cultiver les vertus guerrières et le désintéressement, ainsi que sur le rôle du catholicisme, mais un catholicisme qui aurait naturellement retrouvé sa dimension combattante. Celui par exemple du pape saint Pie V dont les appels à la lutte contre l’islam aboutirent à la magnifique victoire de Lépante sur le Turc en 1571. Et Yvan Blot fait également sien le profond aphorisme du poète Hölderling : « Là où règne le péril, croît également ce qui sauve ! »

Les contrepoisons politiques : enracinement national et démocratie directe

« Vouloir séparer les notions idées de nation et de démocratie est un leurre » affirme Yvan Blot, remarquant avec Heidegger qu’il s’agit de mettre l’identité (qui rassemble) avant l’égalité (qui disperse. Lorsque les Athéniens se réunissaient sur l’agora pour décider de la chose commune, ils le faisaient au nom de leur famille et de leur lignée, non pas simples expressions de contrats comme le voudrait le Gestell, mais liens transcendants entre individus. Seule l’appartenance nationale est garante d’une cohésion sans laquelle il ne saurait y avoir de démocratie. Or « il n’y a pas de nation sans volonté politique de ses citoyens d’en faire partie ». D‘où le puissant levier de cohésion nationale qu’est la démocratie directe, laquelle est fondée sur deux outils essentiels : le référendum veto et l’initiative populaire. Le premier consiste à permettre au peuple d’annuler une loi votée par le parlement. La seconde est une pétition pour soumettre à référendum un projet de loi voulu par les citoyens signataires sur un sujet que le gouvernement ou le parlement ignorent ou ont peur d’aborder. En Suisse, une initiative populaire a abouti à un référendum anti-minarets, largement remporté par son initiateur, l’Union Démocratique du Centre, premier parti de la Confédération, et de très loin, en nombre d’électeurs. Les adversaires de la démocratie directe allèguent la non-maturité ou le manque d’ « expertise » des citoyens. Or des études universitaires très poussées, tant en Suisse qu’aux Etats-Unis, ont montré que les décisions du peuple, quand on consent à lui donner directement la parole, sont toujours modérées et raisonnables.

« En France, conclut Yvan Blot, il faudra sans doute une crise grave pour que l’oligarchie politique se résolve à introduire la démocratie directe ». Au vu des derniers événements, entre autre crise de l’euro et crise de l’endettement des Etats, nous n’en sommes plus très loin…

Henri Dubost

– Yvan Blot, L’oligarchie au pouvoir, Editions Economica, 2011, 144 pages

Yvan Blot, ancien élève de l’ENA, docteur ès-sciences économiques, ancien député du Pas-de-Calais et ancien député européen. Créateur de l’association « Agir pour la démocratie directe » qui demande que l’on applique l’intégralité des articles 6 et 14 de la Déclaration es Droits de l’Homme et du Citoyen, qui autorise le peuple à voter directement par référendums les lois et les impôts.

[box class=”info”] Source : Polémia – 10/11/2011 [/box]

Lettre aux pessimistes qui ont tort de le rester

Lettre aux pessimistes qui ont tort de le rester

[box class=”info”]Vous êtes pessimiste, vous qui lisez ces lignes. On le sait. Comment ne pas l’être de nos jours ? Le spectacle de la rue et de l’actualité n’est-il pas affligeant ? Partout s’étalent les signes de la décadence occidentale et il faudrait être aveugle pour ne pas les voir. Mais si vous lisez ces lignes c’est justement que vous n’êtes déjà plus aveuglé : vous avez donc de grandes chances d’être découragé. Pourtant, si vous êtes découragé ou fatigué, vous auriez tort de le rester. Michel Geoffroy poursuit le débat avec Myriam Picard… (*) – Polémia[/box]
Article reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia.

La lucidité retrouvée

D’abord, le fait d’être pessimiste est un très bon signe : celui d’une lucidité retrouvée. Car effectivement notre civilisation traverse une grave crise et le bon diagnostic est une étape nécessaire à sa guérison. Il n’y a que Nicolas Sarkozy pour déclarer que « le monde change et en bien » (réunion du groupe des amis de la Libye le 30/09/2011). L’oligarchie occidentale trouve, en effet, que tout va très bien pour elle : les profits augmentent, l’OTAN fait régner la démocratie à coups de bombes, la « gouvernance mondiale » progresse.

Mais vous, Européen de souche, vous voyez désormais autre chose : l’islamisation, l’africanisation de l’Europe, le chômage, la dégradation de l’enseignement et de la culture, la montée de l’insécurité et de la violence, l’impuissance des gouvernements à maîtriser l’économie mondiale, les juges partiaux et la réduction de vos libertés.

Vous commencez donc à regarder d’un autre œil tous ceux que l’oligarchie a diabolisés. Vous vous demandez si ceux que l’on nomme dans les médias les « populistes », « l’extrême droite » ou les « indignés » n’auraient peut être pas raison.

La révolte qui vient

Pessimiste, vous ne devez pas oublier aussi que vous êtes de plus en plus nombreux. Tous les sondages le montrent. Cela signifie que le pessimisme devient en réalité une force politique montante en Occident. Car c’est la première expression de la révolte des Européens de souche. De la révolte qui vient.

Jusqu’à présent vous étiez politiquement suspect. L’oligarchie se moquait du « déclinisme » comme d’une maladie « d’extrême droite ». Ne vous menait-elle pas vers un avenir radieux ? Vers un monde unifié et métissé que seuls les réacs pouvaient craindre ? Pessimiste, vous pouviez vous croire isolé et honteux car dépassé par le sens de l’histoire.

Mais aujourd’hui c’est justement l’histoire qui vous donne raison. Qui montre que l’immigration n’est pas une chance, ni à Beyrouth, ni à Villiers-le-Bel ni à Londres. Que le mondialisme et la suppression des protections aux frontières riment avec désindustrialisation, chômage, insécurité et inégalités sociales. Que le laxisme moral débouche sur la corruption, la violence et l’inculture. Vous découvrez peu à peu que vous aviez raison. Peut-être trop tôt, mais raison quand même.

L’identité retrouvée des Européens de race blanche, de racines grecques, romaines, germaniques et celtes, et de religion chrétienne

L’Europe, la belle endormie (image ci-dessous), s’éveille progressivement à la conscience de son être, au grand dam de l’oligarchie qui pressent déjà la suite avec inquiétude.

Car l’Europe était en dormition depuis la fin de la seconde guerre mondiale, soumise aux conquérants-libérateurs. Nous, Européens, avions oublié qui nous étions. Nous nous croyions américains protestants à l’Ouest ou soviétiques à l’Est.

Mais dans nos villes transformées en caravansérails et à l’ombre des mosquées, nous redécouvrons tout à coup que nous sommes en réalité des Européens de race blanche, de racines grecques, romaines, germaniques et celtes, et de religion chrétienne (Charles De Gaulle).

C’est une très bonne nouvelle ! Le péché du pessimisme est le découragement

Le pessimisme est dangereux quand il débouche sur le découragement. Il sert alors d’ailleurs parfaitement l’intérêt de l’oligarchie qui ne rêve que de sujets soumis, de téléspectateurs passifs et de consommateurs drogués, qui ne menaceront pas son pouvoir : au contraire, ils le renforceront. Mais le pessimisme est positif quand il débouche sur l’action, c’est-à-dire sur la volonté de changer l’état des choses. Or c’est bien ce qui se passe de nos jours.

Pessimiste, vous nous dites que la tâche est tellement immense qu’on n’y arrivera pas. Que les Français ne veulent plus travailler, que beaucoup d’immigrés ne repartiront pas, que le monde deviendra chinois et tout à l’avenant.

Le péché du pessimisme est le découragement. Mais ce n’est pas conforme au génie européen, c’est-à-dire à votre vraie nature.

Rappelez-vous !

Les 300 Spartiates de Léonidas n’étaient-ils pas découragés de se compter si peu nombreux face aux hordes perses ? Les conquistadors n’ont-ils pas douté devant la lagune de Mexico ? Les marins de Lépante n’ont-ils pas frémi devant la flotte turque innombrable ? Les combattants exténués de la Marne croyaient-ils vraiment battre les armées du Kaiser ? Et pourtant tous ont gagné face à l’improbable, face au nombre, face à la masse, face aux règles.

Vous nous rétorquez que ce n’étaient pas les mêmes hommes : qu’ils n’étaient pas corrompus par le confort, par la télévision ou la société marchande et qu’ils croyaient encore dans les dieux et non dans les droits de l’hominien.

C’est vrai dans l’instant mais faux devant l’histoire.

L’identité est plus forte que l’idéologie ou la police : le mondialisme mourra pour les mêmes raisons que le communisme

D’abord, le monde va justement devenir de moins en moins confortable pour vous. Cela va changer les choses. Ensuite, l’exemple du communisme russe nous montre que l’identité est plus forte que l’idéologie ou la police. Les peuples ont survécu au laminoir communiste. Ils ont triomphé dans la durée.

Pessimiste, vous avez la mémoire courte : vous avez oublié que le communisme jadis si puissant et si redouté, notamment par d’autres pessimistes avant vous, est finalement mort. Qui le croyait en 1980 ? Le mondialisme mourra à son tour et pour les mêmes raisons, soyez-en assuré.

Nouvelles élites, nouveaux héros

Tout est à refonder, c’est vrai, pour remettre notre monde d’aplomb. Il faudra de la sueur, des larmes et sans doute aussi du sang pour le faire.

Mais n’est-ce pas une chance, justement, de vivre dans une telle époque ? Vous vous réveillez dans les ruines ? Ce sera donc plus rapide pour reconstruire dessus ! Car le réveil des Européens signifiera aussi que de nouvelles élites, de nouveaux héros, vont réapparaître.

Ils sont déjà autour de vous mais vous ne les voyez pas encore. Car dans la période froide que nous avons connue, il n’y avait pas de vraies élites, mais seulement une oligarchie qui ne prenait aucun risque sinon d’empocher les bénéfices. Mais maintenant que nous entrons dans une période chaude, puisque l’Europe est de nouveau confrontée aux risques de l’histoire, de vraies élites succéderont à cette oligarchie corrompue. Cela s’est toujours passé ainsi dans l’histoire.
Ce qui signifie que ce qui vous paraît impossible aujourd’hui deviendra possible bientôt.

Vous pouvez à tout instant agir contre le Système

Vous vous sentez seul parfois. Mais avez-vous oublié que ce sont les minorités qui font l’histoire ? Relisez donc l’histoire des Européens, vos ancêtres !

Et pourquoi donc, en outre, en admettant que vous soyez seul, ne pourriez-vous pas agir quand même ? Car c’est dans l’action que vous découvrirez que vous êtes plus nombreux que vous ne le pensiez et que vous avez le pouvoir de faire bouger, à votre tour, les choses.

Eteignez donc vos télévisions et vos radios, ne lisez pas les journaux gratuits et réinformez vous sur Internet ! Lisez des livres au lieu de faire votre sudoku matinal ! Arrêtez de tripoter votre portable à tout bout de champ et regardez le monde autour de vous ! Abandonnez le coca-cola et le jean : mangez européen et habillez-vous correctement. Les filles, portez des robes et des jupes ! Achetez français et européen ! Aidez vos compatriotes dans le besoin, pas les Somaliens ! Vous pouvez à tout instant agir contre le Système.

L’histoire, ce cimetière d’oligarchies mortes

L’oligarchie vous semble omnipotente, cachée derrière son mur d’argent, ses écrans de télévision et sa police. Mais l’histoire est un cimetière d’oligarchies mortes. Celle-ci les rejoindra bientôt.

Regardez-les : sur leurs visages maquillés se lit déjà l’ombre de la panique. Car les maîtres de l’économie et du profit ne savent plus comment résoudre la crise financière : leur « expertise » a fait long feu. On croit de moins en moins à leurs bobards médiatiques. La parole se libère progressivement du carcan du politiquement correct.

Les digues du Système sont submergées les unes après les autres. Le reste suivra bientôt.

Plusieurs grands penseurs européens, ceux qu’on n’enseigne plus dans les écoles, l’avaient prophétisé : l’Europe se redressera au bord du gouffre. Nous y sommes !

Michel Geoffroy

(*) Voir et lire dans l’ordre :

a) Lettre aux enfants européens (nés en 2011) : devenez des hommes
b)
Lettre ouverte à Michel Geoffroy sur une génération inutile

[box class=”info”]Source : Polémia[/box]
Photo : l’Europe la belle endormie. Crédit : DR.

Russie : un débat télévisé qui a du punch [vidéo]

Russie : un débat télévisé qui a du punch [vidéo]

19/09/2011 – 11h00
MOSCOU (NOVOpress) – Les téléspectateurs français, qui ont tendance à s’ennuyer à mourir devant les débats télévisés français très politiquement corrects et aseptisés, vont-ils se tourner vers les chaînes de télévision russes, qui semblent bien plus animées ?

En effet, la semaine dernière, lors d’un débat télévisé sur la crise financière, deux hommes d’affaires russes en sont venus aux mains sur la plateau de la chaîne NTV.

Après que Sergueï Polonski, ex-patron d’un groupe immobilier, a déclaré, au sujet de certains invités, qu’il voulait « leur en coller une dans la gueule », le millionnaire russe Alexandre Lebedev, manifestement visé, s’est levé et a renvoyé son homologue dans les cordes du plateau à de coups de poing au visage.

Explication de l’intéressé : Lebedev a souligné, qu’après avoir entendu Polonski être menaçant, il lui était hors de question de recevoir le premier coup.

Une scène impensable sur une chaîne de télévision française, tant le conformisme et l’auto-satisfaction semblent être de rigueur. Politique, show-bizz ou analystes confondus…

Les Esquimaux nous parlent – ou comment l’oligarchie voit les Français

Les Esquimaux nous parlent – ou comment l’oligarchie voit les Français

Si l’on en croit la presse, le premier ministre lors de son intervention à l’université d’été de l’UMP le 4 septembre dernier, aurait déclaré, prônant la rigueur en réponse à la crise, que « plus que jamais les Français doivent être conscients de leurs devoirs ». Si ces propos ont bien été tenus il convient de s’interroger sur leur signification.

Les Esquimaux parlent aux Français

D’abord sur la forme, cette façon qu’ont les membres de la classe politique de parler des « Français » – c’est-à-dire de leurs concitoyens – à la troisième personne, est bien significative de la distance qui s’est désormais installée entre la France d’en haut et la France d’en bas. L’oligarchie parle, en effet, des Français comme si ces derniers constituaient une nationalité différente de la sienne. Elle parle des Français comme nous parlerions des Anglais ou des Esquimaux. Forte de cette distance, l’oligarchie adopte alors vis-à-vis des autochtones une posture d’entomologiste. Car quand elle emploie cette expression, c’est en général pour l’associer à une analyse critique ou pour déplorer que les Français soient ce qu’ils sont (les Français sont « frileux » face à la mondialisation, par exemple). Ah ! Si, au moins, ils étaient anglais ! Tel est d’ailleurs bien le sens de la formule de M. Fillon : manifestement, dans son esprit, « les Français » ne sont justement pas conscients, ou pas assez, de leurs devoirs face à la crise !

Sur le fond, ensuite, ce curieux diagnostic révèle l’abîme qui sépare désormais la classe politique de la France réelle.

Les victimes sont les coupables

Si l’on comprend bien M. Fillon, les Français seraient donc inconscients de la situation. Pourtant, tous les sondages révèlent qu’une majorité de nos concitoyens (en fait deux Français sur trois) manifestent une grande inquiétude –au demeurant croissante – devant la dégradation de la situation économique et la durée de la crise financière. Mais M. Fillon n’a semble-t-il pas le temps d’étudier ces sondages d’opinion, tant il se préoccupe de l’avenir de notre pays .

Le premier des Français, le président de la République, n’a-t-il d’ailleurs pas admis lui-même que « clairement les chiffres du chômage ne sont pas bons » (lors de son déplacement dans les Vosges le 2 septembre dernier). M. Fillon croit-il vraiment que les Français ignoreraient cette réalité ?

Les propos du premier ministre traduisent aussi la promptitude avec laquelle l’oligarchie dominante se décharge de ses responsabilités devant la crise. Car, si l’on suit le premier ministre dans son propos, la solution à la crise actuelle nécessiterait que « les Français » soient plus « conscients de leurs devoirs ». Ce qui revient évidemment à suggérer que ceux-ci ont une part de responsabilité dans la situation actuelle. CQFD

Mais en quoi les Français seraient-ils responsables d’une crise financière qui résulte avant tout de la dérégulation des marchés, de la mise en place de procédures financières de plus en plus opaques et sophistiquées destinées à répandre les risques partout dans l’espoir de les faire disparaître et du comportement irresponsable des grandes banques qui ont peuplé leurs bilans d’actifs toxiques et de créances douteuses, dans l’indifférence des régulateurs et de leurs conseils d’administration ? Les épargnants et les déposants qui ont fait confiance à ce même système bancaire – en particulier quand les ministres des Finances successifs leur conseillaient d’investir dans les actions – sont-ils vraiment les responsables de la crise ? Ne sont-ils pas plutôt ses futures victimes ?

Les Français sont-ils vraiment responsables de la réponse apportée par les gouvernements à la crise financière de 2008 consistant à transformer les dettes privées en dettes publiques, lesquelles finissent par exploser ? Les Français qui ont rejeté le prétendu traité de l’Union européenne, que M. Sarkozy leur a ensuite imposé en faisant un détour par Lisbonne, sont-ils responsables des dysfonctionnements de la zone euro qui est une zone économiquement instable ?

Curieusement le premier ministre semble avoir oublié l’ode à la dérégulation financière que sa majorité chante depuis des années et dont on voit aujourd’hui les pénibles résultats. Curieusement il ne nous dit plus que l’euro nous rend plus forts.

Non : les vrais responsables de la situation ce sont ces irresponsables de Français ! Franzosen Gross Filous, comme dirait sans doute Madame Merkel.

N’est pas Churchill qui veut

Dans son propos, le premier ministre semble surtout viser les déficits et les dépenses publiques : les « devoirs » qui attendent dans son esprit les Français portent sur la réduction des dépenses publiques et l’augmentation des prélèvements. D’ailleurs, nos concitoyens ne se font aucune illusion sur ce plan.

Mais en quoi sont-ils responsables des déficits publics ? Qui prépare les lois de finances ? Le gouvernement. Qui les vote ? La majorité parlementaire. Qui exécute le budget ? Le gouvernement.

Certes, on peut objecter que ce sont les électeurs qui élisent les parlementaires et donc choisissent la majorité, mais ils n’ont en réalité aucun moyen de la contrôler. En outre, sur un grand nombre de sujets, on ne peut pas dire que la politique conduite reflète l’opinion majoritaire des Français. Car le problème est institutionnel avant d’être économique : la démocratie est formelle dans notre pays.

Au demeurant, la situation des finances publiques des pays occidentaux démontre que le problème des déficits n’est nullement un « mal français ». Le seul vrai mal français c’est justement que le gouvernement est incapable, depuis des années, de maîtriser les dépenses publiques et cela parce qu’il adopte une attitude clientéliste. Pour le dire autrement : c’est parce qu’il manque de courage et de détermination, parce qu’il veut contenter tout le monde, qu’il est incapable de trancher dans les dépenses et dans les déficits. Si les élèves font mal leurs « devoirs » c’est parce le maître est mauvais.

M.Fillon voudrait bien se donner des airs de Churchill, promettant du sang, de la sueur et des larmes à ses concitoyens. Il ne lui manquait, ce week-end à Marseille, que le chapeau melon et le cigare. Mais Churchill préparait la mobilisation totale de l’Angleterre dans la guerre. Le premier ministre, lui, ne prépare que la mobilisation électorale.

Michel Geoffroy

[box class=”info”] Source : Correspondance Polémia – 10/09/2011 [/box]

Image : François Fillon lors du campus de l’UMP le 4 septembre 2011 à Marseille

L'Idéologie de la superclasse mondiale

L’Idéologie de la superclasse mondiale

[box class=”info”] Texte reproduit avec l’aimable autorisation de Polémia. [/box]
[box] En octobre 2009, le Club de l’Horloge a consacré sa XXVe Université annuelle à « Crise économique : la responsabilité de la superclasse mondiale ». Henry de Lesquen y a consacré une conférence à l’idéologie de la superclasse mondiale (SCM). Polémia met ce texte à la disposition de ses lecteurs en quatre « livraisons : un réseau mondial de personnes déracinées et dénationalisées ; une prétention au « despotisme éclairé » ; une philosophie sous-jacente : le cosmopolitisme ; la superclasse mondiale responsable de la crise. L’ensemble du texte est aussi disponible en PDF. (*)

Polémia – 21/7/2011[/box]

La superclasse mondiale : un réseau mondial de personnes déracinées et dénationalisées

Samuel Huntington avait déjà décrit la superclasse mondiale (SCM) dans son livre de 2004 : Qui sommes-nous ?, où il avait mis en évidence le danger qu’elle représentait pour l’identité de sa patrie américaine – et, plus généralement, pour celle de tous les pays. Mais c’est la crise économique de 2008 qui a véritablement révélé la nature de la SCM et le rôle central qu’elle joue dans les affaires mondiales.

La superclasse mondiale est un phénomène qui n’a pas d’équivalent dans l’histoire. Elle regroupe quelques dizaines de millions de personnes, selon Huntington, principalement en Amérique du nord et en Europe occidentale, mais pas seulement : presque tous les pays sont concernés. Elle était en gestation depuis au moins le début du XXe siècle, mais c’est l’effondrement de l’URSS en 1991 et la victoire finale des Etats-Unis après quarante années de guerre froide qui ont accéléré sa coalescence et sa croissance, à partir de l’oligarchie – l’establishment – de la côte Est.

Des transnationaux économiques qui partagent la même vue du monde

La SCM est un réseau mondial de personnes qui entretiennent des relations régulières, professionnelles, mondaines ou amicales, et qui partagent une vue du monde originale. Elle est si nombreuse qu’il ne faudrait surtout pas la réduire à une courte liste de personnalités emblématiques dont le nom vient à l’esprit quand on la nomme : par exemple, pour la France, Ernest Seillière, Laurence Parisot, Alain Minc, Jean-Marie Messier, Pierre Bergé, Bernard Kouchner, Jean-Claude Trichet, Pascal Lamy, Dominique Strauss-Kahn, etc. Ce sont les entreprises multinationales d’une part, les organisations internationales d’autre part, qui en constituent le vivier.

La superclasse mondiale est relativement homogène – malgré sa dispersion géographique – quant à son mode de vie et ses orientations culturelles, politiques et métapolitiques. Elle se caractérise fondamentalement par un trait négatif : les membres de la SCM sont déracinés et dénationalisés. Comme le disait Huntington : « Les transnationaux économiques constituent le noyau d’une super-classe mondiale en cours de formation. Ces transnationaux n’ont guère besoin de loyauté nationale, voient les barrières nationales comme des obstacles qui sont heureusement en train de disparaître. »

Cependant, la SCM est devenue aujourd’hui fort hétérogène, dans la mesure même où le déracinement et la dénationalisation sont la pierre de touche de l’appartenance à cette espèce d’immense club qu’elle constitue à l’échelle du monde. Elle est donc multiethnique, multiraciale, multiconfessionnelle.

La SCM est une élite qui vit dans l’isolement, à l’écart de la masse de la population, qu’elle évite autant que possible. Elle ne contient pas de travailleurs manuels – à l’exception de quelques artistes ou prétendu tels, comme Jeff Koons ! Ses membres manient des signes. Ils sont financiers, avocats, dirigeants d’entreprises, hauts fonctionnaires internationaux, parfois hommes politiques, éventuellement scientifiques, mais rarement ingénieurs ou médecins.

La SCM vit par et pour l’argent.

On y évalue les hommes en fonction de leur revenu ou de leur fortune. Elle a étendu au monde le règne de l’étalon-dollar qui prévaut depuis toujours aux Etats-Unis. En son sein, ce sont les banquiers qui tiennent le haut du pavé. La banque Goldman Sachs, toute-puissante dans les cercles de pouvoir aux Etats-Unis depuis la présidence Clinton, et qui l’est restée sous George W. Bush et Barack Hussein Obama, en est de loin l’institution la plus prestigieuse et la plus influente.

Dans son numéro du 31 octobre 2008, Le Monde a consacré un article de deux pages à la banque Goldman Sachs, signé Marc Roche, sous le titre : « Goldman Sachs, la firme ». On y lit : « L’histoire de cet établissement fondé en 1869 par un instituteur juif new-yorkais, Marcus Goldman, se confond avec celle des Etats-Unis. » On y rappelle que Henry Paulson, le ministre des finances de Bush, avait été le directeur général de Goldman Sachs, et on y voit la photo de « Timothy Geithner, président de la Réserve fédérale de New York, un proche de Goldman Sachs, dont le nom circule pour le poste de Secrétaire au trésor [ministre des finances], en cas de victoire d’Obama ». On sait que Geithner a été effectivement nommé au poste de ministre des finances. Conclusion de l’article : « Ce qui est bon pour Goldman Sachs est bon pour les Etats-Unis. Et vice-versa. »

Cette incroyable promiscuité d’une banque, et des banques, avec le système politique américain est grosse de conflits d’intérêts. Fin 2008, le plan Paulson, 700 milliards de dollars pour racheter les actifs toxiques des banques, a fait gagner beaucoup d’argent à Goldman Sachs. Le renflouement de l’assureur AIG, par exemple, a permis à la banque de recouvrer 14 milliards de dollars.

Les banques centrales, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Europe sont dirigées par des membres de la SCM qui agissent comme ses mandataires. La politique monétaire obéit donc aux intérêts des banques, beaucoup plus qu’à ceux de leurs clients. C’est ce tropisme fatal qui est à l’origine de la crise de 2008. En effet, le président de la Federal Reserve, Alan Greenspan, et son successeur, Ben Bernanke, n’ont cessé de déverser des liquidités sur l’économie pour maximiser les profits des banques et les cours de la bourse, ce qui fut la cause de la formation de ces énormes « bulles » financières qui devaient finir tôt ou tard par éclater. Ainsi que l’explique Martin Hutchinson, dans un article du Monde intitulé « Les responsabilités d’Alan Greenspan » : « Quand Alan Greenspan dirigeait la Réserve fédérale américaine (Fed), il avait laissé M3, la mesure la plus large de la masse monétaire, croître de 8,3 % par an en moyenne pendant onze ans, jusqu’à son départ en février 2006. C’est presque 3 points de plus que la croissance nominale du produit intérieur brut (PIB). Il a aussi autorisé les banques américaines à construire des réseaux inextricables d’engagements les unes envers les autres qui représentaient plusieurs PIB des Etats-Unis. En d’autres termes, M. Greenspan a fourni trop d’argent au système financier et ensuite n’a pas suffisamment contrôlé ses excès. (…) Du côté de la régulation bancaire, M. Greenspan savait que les engagements hors bilan des banques explosaient. (…) Une Fed responsable aurait resserré à la fois la politique monétaire et la régulation. Sous la présidence de Greenspan, elle a failli dans les deux domaines. » (Le Monde, 10 avril 2008).

Et le successeur de Greenspan, Ben Bernanke, avec son collègue Trichet, ont décidé, après le déclenchement de la crise, d’ouvrir encore plus les vannes de la monnaie et du crédit, pour conjurer, disaient-ils, un « risque systémique ».

La mainmise des intérêts privés sur l’Etat est ici évidente : pendant la phase d’expansion, les banques prospèrent et fond d’immenses profits ; mais quand survient la crise qui est la conséquence inévitable de ces excès et de ce laxisme, l’Etat – le gouvernement et la banque centrale, agissant de concert – se précipitent au secours des banques avec l’argent public (y compris celui qui est créé ex nihilo par la banque centrale) pour qu’elles n’aient pas à subir les conséquences de leurs excès. Autrement dit : privatisation des profits, étatisation des pertes…

Une oligarchie mondiale au pouvoir avant tout financier

La SCM est une oligarchie mondiale dont le pouvoir est avant tout financier : c’est très précisément une ploutocratie, qui pèse de tout son poids, qui est grand, sur les décideurs publics, fonctionnaires, ministres, parlementaires, qu’elle séduit ou qu’elle corrompt, appliquant à l’échelle mondiale les recettes éprouvées de l’action d’influence que les Etats-Unis d’Amérique ont légalisées de longue date sous le nom de « lobbying » : la corruption officialisée et institutionnalisée.

Henry de Lesquen
Club de l’Horloge
Octobre 2009

(*) On peut lire ici le texte intégral en PDF.

Voir aussi les textes de Michel Geoffroy, Jean-Yves Le Gallou et Gérard Dussouy :

La généalogie de la superclasse mondiale (Première partie)
La généalogie de la superclasse mondiale (Deuxième partie – Suite et fin)
Les convergences paradoxales de l’extrême gauche et de la superclasse mondiale
Essor de la « superclasse globale » (ou hyperclasse) et crise des classes moyennes.

Et :L’identité nationale selon Huntington

[box class=”info”] Source : Correspondance Polémia – 21/07/2011 [/box]