Mois du (meurtre du) Blanc, des médias pudiques

Nous avons parlé du meurtre de Thomas, de celui de Philippe, la liste s’allonge avec la mort de la gendarme Mélanie Lemée le 6 juillet 2020 à Port Sainte Marie en Haute-Garonne, percutée par un « chauffard », sur lequel les médias de grand chemin sont bien discrets.

Les faits et leur relation

Lors d’un contrôle routier un automobiliste fait un écart et percute avec une extrême violence la gendarme Mélanie Lemée, 26 ans, qui se trouvait sur le bas-côté. La jambe arrachée à la hauteur de l’aine, elle mourra pendant le transport à l’hôpital. Comment les médias relatent-ils le drame et quelles informations donnent-ils sur le chauffard ?
Discrétion, très grande discrétion

TF1 dans le JT du jour (6 juillet 2020) consacrera 18 secondes au drame. Le même jour Head Topics parle d’un « suspect de 26 ans, au casier judiciaire chargé » ; La Dépêche évoque un « chauffard présumé », Ouest-France parle d’un homme « originaire du Lot et Garonne » (sic) qui « sans profession, a déjà été condamné à trois reprises notamment pour des infractions à la législation des stupéfiants ». MSN précise « un homme qui conduisait sans permis », il faudra quelques jours et quelques médias plus soucieux de leur métier (dont Valeurs Actuelles), pour connaître le prénom et l’initiale du nom du chauffard volontaire : Yassine E.

Pas de génuflexions pour Mélanie

Mélanie aura droit à une marche silencieuse mais pas à des « excuses » ou des « génuflexions » réservées à des minorités actives. Il est vrai qu’elle avait tout pour déplaire : européenne, normande, originaire de La Ferté-Macé (Orne), championne de handball et de judo. Suite à une rupture des ligaments croisés, elle avait arrêté la compétition et rejoint en 2016 la gendarmerie d’Aiguillon (Lot) ; sa disparition est un drame, et un drame de l’immigration comme le taisent les médias dominants, un mensonge par omission de plus dans une liste déjà longue.

Article repris du site OJIM

Conflit chez Sleeping Giants, le mâle blanc n’aurait pas laissé assez de place à sa collaboratrice racisée

BuzzFeed News nous raconte dans un long article comment les deux personnalités les plus importantes des Sleeping Giants se sont disputés pendant plusieurs années avant de se séparer le 8 juillet dernier. Plus précisément, c’est Nandini Jammi (la collaboratrice racisée, spécialiste du marketing) qui a quitté l’organisation adepte du “name and shame” après un conflit avec Matt Rivitz (le mâle blanc) suite à de longs débats sur qui était le chef. Rivitz semblait vouloir être le seul à la tête des cyberactivistes alors que Jammi, rêvait d’être son “égal”.

Combat de chefs dans un marigot

Rivitz, un vétéran dans l’industrie publicitaire, a créé les Sleeping Giants en novembre 2016. Quelques jours plus tard, Jammi a eu la même idée et après quelques publications chacun de leurs côtés, ils sont entrés en contact pour structurer l’organisation éponyme.

Mais pendant toutes ces années, Rivitz semble avoir voulu rester le numéro 1, nombreuses ont été les disputes entre les deux sur qui était le “dirigeant”, le “co-fondateur”, etc. Rivitz n’aurait pas donné accès à certains dossiers à Jammi, entre autres, une vraie histoire de guerre de petits chefs pendant plusieurs années, relayée en détails par BuzzFeed News.

Encore de la faute du mâle blanc

Malgré cet apparent simple conflit de personnes, Jammi profite de l’occasion pour taper sur son mâle blanc de collègue, qui, bien que défenseur acharné du politiquement correct, agit encore probablement pour défense son privilège blanc.

Dans une publication sur Medium où elle revient sur son histoire, elle sous-titre sa tribune “Comment mon co-fondateur homme blanc (?) m’a effacé du mouvement que nous avons construit ensemble”. C’est le seul moment où elle renvoie son comparse à sa couleur de peau, mais faire cela dès la première ligne en dit long sur son état d’esprit. Elle explique par la suite :

“Mais il était clair que même si je faisais le même travail que Matt, il ne me considérait pas comme un égal.”
“Pour le meilleur ou le pire, toute organisation a besoin d’un chef et ce rôle au sein des Sleeping Giants m’a appartenu, indépendamment du titre.”

Même chez les égalitaristes forcenés, on joue au petit chef et l’accusation de racisme n’est jamais bien loin. Pauvre Matt Rivitz, nouvelle illustration de la fable de l’arroseur arrosé.

Article repris du site OJIM

Thomas, la victime blanche qui n’intéresse pas les médias

Voilà près de deux mois que le décès de deux récidivistes lors de leur interpellation, l’un aux États-Unis, l’autre en France, suscite un mouvement qui fait la une des médias de grand chemin. Ces deux événements occultent pourtant d’autres faits révélateurs de l’état de la société dans laquelle nous vivons. La très discrète couverture médiatique d’une récente agression mortelle à Sarcelles nous le rappelle avec acuité.

Black Lives Matter ou rien

Le mouvement “Black Lives Matter” a été accueilli par les médias de grand chemin avec enthousiasme. Qu’un noir décède sous la pression d’un policier violent aux États-Unis et c’est l’ensemble de la communauté noire qui est présentée comme victime de discriminations, c’est la police qui est mise en accusation pour le racisme qui y sévirait, c’est même la société dans son ensemble qui serait raciste.

Les meneurs du mouvement “Black Lives Matter” peuvent se réjouir : les médias annoncent des décisions qui confinent parfois au concours Lépine de la bêtise comme le New York Times qui privera les Blancs de majuscule, contrairement aux Noirs. Comme le relate notamment Marianne, des entreprises ont pris des mesures visant non pas à l’égalité, mais à la discrimination positive. Ce qui va aboutir à favoriser une personne en raison de sa couleur et non de sa compétence. Peu importe que le sentiment victimaire ait été attisé au-delà de la raison et que la discrimination positive aboutisse à créer des injustices, des tensions et du ressentiment…

Pour quelle raison un fait divers plutôt qu’un autre est-il monté en épingle dans les médias ? Probablement parce qu’un certain nombre de conditions sont réunies. Aux États-Unis, les images choc de l’arrestation de George Floyd, l’élection présidentielle de fin d’année, la défiance d’une large frange des médias vis-à-vis du Président Trump, l’activisme efficace des communautaristes et antifas américains peuvent avoir contribué à mettre l’affaire Floyd sur le devant de la scène.

En France, toute une partie de la classe médiatico-politique, dont le Président de la République lui-même, n’avait avant le rebond de l’affaire Traoré de cesse de fustiger « l’homme blanc » et ses nombreux travers. Cette culture de la repentance et de l’auto-dénigrement menée par la gauche est alimentée sans cesse par la matière première qu’apportent les médias de grand chemin : un blog privé de policiers présumés avec des propos racistes, des flics ripoux en Seine-Saint-Denis, des bavures policières, etc. C’est un flot incessant, voire un torrent de boue souvent univoque qui achève de jeter l’opprobre sur une profession.

La mort de Thomas intéresse peu les médias de grand chemin

Il y a pourtant une réalité dont on parle peu ou pas et qui peut expliquer une partie des tensions que nous connaissons en France. C’est la délinquance, le trafic de drogue et les provocations permanentes de racailles contre la police dans les quartiers de l’immigration. C’est la politique pénale particulièrement laxiste qui laisse en liberté de nombreux délinquants, c’est la politique carcérale qui vide les prisons au lieu de les remplir.

C’est dans ce contexte que Thomas est mort le 11 juin, après plusieurs opérations à l’hôpital qui n’ont pas réussi à le sauver. Pour quelle raison a‑t-il été agressé par un homme sous l’emprise de stupéfiants ? Il aurait le 10 mai « jeté un mauvais regard » à l’encontre de son agresseur. Qu’est-ce qu’un mauvais regard ? Est-ce que regarder quelqu’un quelques secondes suffit à qualifier un regard de « mauvais » ? Dans le cas présent, l’agression de Thomas a été facilitée par un certain nombre de facteurs qu’il est utile de rappeler. D’autant plus que les médias de grand chemin ont soigneusement évité de dresser le contexte de la mort de Thomas.

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Attaque au couteau à Reading : les médias pressés de passer à autre chose

Samedi 20 juin 2020, une attaque au couteau dans un parc de la ville de Reading, au Royaume-Uni, a fait 3 morts et 3 blessés. Un attentat qui fait suite à de nombreux autres. Depuis cette date, nous allons de découverte en découverte dans cette affaire. À tel point que la version initiale des faits est de plus en plus remise en question. Dans une très grande discrétion médiatique, voire dans un silence assourdissant en France.

Un terroriste « originaire de la ville »

Dimanche 21 juin, les médias de grand chemin nous informent que l’attaque perpétrée à Reading a été commise par « un homme originaire de la ville ». Cette origine de l’auteur de l’attentat, très probablement communiquée par l’AFP, ne fait pas débat. La quasi-totalité des médias reprennent cette information: Yahoo actualités, RTL, 20 Minutes, Ouest-France, etc.

L’agresseur originaire de la ville est un réfugié libyen

Dans le courant de la journée du 21 juin, l’« homme originaire de la ville » s’avère être « selon plusieurs médias britanniques » un « réfugié libyen » nommé Khairi Saadallah. Ce démenti de l’information initiale est apporté de façon uniforme par de nombreux médias français : Ouest-France, Sud-Ouest, Euronews, etc.. On aura compris qu’il faut suivre les médias britanniques pour avoir des informations précises sur cet attentat.

Un acte finalement qualifié de terroriste

À partir du 22 juin, de nombreux médias reprennent une information venant des autorités britanniques : l’attaque au couteau est qualifiée après quelques jours d’enquête de « terroriste ». Mais les explications sur les motivations du meurtrier sont parfois fortement divergentes selon les médias français. Elles vont de la suspicion d’une motivation islamiste à des explications psychiatriques.

Le Figaro nous informe que Khairi Saadallah était dans les radars du service de renseignements intérieurs britanniques (le « M15 ») en raison de sa volonté de rejoindre l’Etat islamique en 2019.

20 Minutes mentionne un projet de « rejoindre un groupe djihadiste à l’étranger ».

Moins précis, le Parisien ne parle que d’un projet de « départ à l’étranger (…) potentiellement pour terrorisme ». Le Monde cite le Daily Mail pour nous informer que le « principal suspect avait quitté son pays par crainte des islamistes et s’était converti au christianisme il y a trois ans ». Si le quotidien vespéral, citant la BBC, mentionne les velléités de Khairi Saadallah de « projet à l’étranger potentiellement dans un but terroriste », la destination de l’Etat islamique n’est aucunement mentionnée.

Bien que le mode opératoire de l’attentat corresponde aux préconisations de l’Etat Islamique, aucun média ne parle de motivations islamistes du « réfugié » libyen, mais beaucoup s’attardent sur sa santé mentale. Une explication courante que nous soulignions déjà en 2016 à l’occasion de nombreux attentats.

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La Police est-elle raciste ? Une comédie médiatique en 6 actes

Les journalistes français des médias de grand chemin ne font pas exception à leurs confrères d’outre-Atlantique : quand un sujet semble « populaire », ils s’en emparent de façon mimétique comme un banc de poisson. Après la mort d’un Noir à Minneapolis lors d’une interpellation policière, la tentative d’importation en France des tension raciales présentes aux États-Unis et de mise en accusation de la police est une vraie réussite. La bienveillante couverture médiatique du mouvement mené par des militants communautaristes et d’extrême gauche a permis à ce dernier de gagner en ampleur. Retour sur une comédie en 6 actes.

Acte 1 : la mort de George Floyd

La mort le 25 mai d’un Afro-américain appelé George Floyd lors d’une interpellation à Minneapolis aux Etats-Unis est un événement malheureux, comme tout décès. Ce qui aurait pu rester un fait divers a pourtant été l’élément déclencheur d’un mouvement international de protestation contre les violences policières et le « racisme anti-noir ». Le fait que l’interpellation ait été filmée y est pour beaucoup : voilà de quoi attirer l’attention des téléspectateurs. Les chaines d’information en continu ont rapidement passé les images en boucle, jusqu’à provoquer une colère complètement décontextualisée.

La large information faite au sujet des précédents violents du policier ayant interpellé George Floyd est venue alourdir le dossier à charge. Un dossier alimenté par la mise en avant, à l’image du Parisien, d’autres mauvais traitements dont ont été victimes des afro-américains.

Saisissant l’occasion au bond, des militants communautaristes, décoloniaux et antifas américains ne se sont pas limités à accuser un policier qui aurait dû être révoqué depuis longtemps. C’est selon eux l’institution policière voire la société dans son ensemble qui doivent être remises en cause.

Les médias de grand chemin ont repris à leur compte cette version des faits au-delà des espérances de ses promoteurs. Signe d’un emballement médiatique, ils ont à de rares exceptions près passé sous silence tout ce qui pouvait affadir le statut de victime de George Floyd comme son lourd passé de délinquant et ses multiples condamnation révélées par le Daily Mail ou le fait que le policier ayant interpellé George Floyd était accompagné par deux collègues issus des minorités ethniques. On n’a pas trouvé davantage dans les médias de grand chemin une mise en perspective sur le racisme systémique de la Police américaine contre les afro-américains qui n’est selon plusieurs études pas démontré, comme souligné lors de l’émission I‑Media sur TV Libertés même s’il existe des brebis galeuses en son sein.

Les militants communautaristes et d’extrême gauche se sont néanmoins empressés d’exploiter cette affaire en organisant de nombreuses manifestations aux États-Unis et en Europe de l’ouest, au cours desquelles les violences ont été très fréquentes.

Acte 2 : la réactivation du mouvement de soutien à Adama Traoré en France

C’est dans ce contexte, avec une intelligence certaine de la situation, que la famille d’Adama Traoré, un jeune délinquant décédé en 2016 lors d’une interpellation, décide de faire connaitre le résultat d’une contre-expertise médicale à charge contre la Police. Valeurs actuelles soulignait déjà en 2016 que leur avocat avait organisé avec talent un campagne d’honorabilité de la famille Traoré avec le soutien actif de nombreux médias, en dépit des démêlés judiciaires de certains de ses membres soulignés notamment par Boulevard Voltaire. Les recettes semblent toujours éprouvées en 2020 selon Louis de Raguenel avec une nébuleuse communautariste et d’ultra gauche à obtenir vengeance et à soulever les banlieues. En 2017, c’était le New York Times qui avait raccroché la mort d’Adama Traoré au mouvement Black lives matter. C’était déjà aussi « haro sur les flics ».

« Une nouvelle contre-expertise met en cause les gendarmes » selon Le Monde le 2 juin. « Quatre jours après la révélation d’une expertise médicale exonérant la responsabilité des militaires dans le décès d’Adama Traoré, les conclusions d’une nouvelle contre-expertise indépendante, réalisée à la demande des parties civiles, viennent la contredire ».

Ces éléments de langage ont été repris par l’ensemble des médias de grand chemin, sans plus de recherches sur ce qui différencie une expertise mandatée par le pouvoir judiciaire d’une « expertise indépendante ». Aucun média de grand chemin n’a en effet souligné que l’on ne s’improvise pas expert judiciaire, une fonction dont l’intéressé doit satisfaire à des conditions de technicité et d’indépendance très strictes, ni que l’expert judiciaire nommé par le Juge n’intervient pas pour défendre les intérêts du demandeur, son rôle se limitant à apporter au Juge des éléments nécessaires à l’instruction technique du dossier. Le Figaro et Valeurs actuelles sont bien seuls quand il modèrent les conclusions de l’expertise libre mandatée par la famille Traoré « chargeant » la Police. Qu’importe puisque cette expertise, la sixième, apporte de l’eau au moulin à un irrésistible mouvement « anti raciste » contre les « violences policières ».

Acte 3 : des manifestations en France largement médiatisées

Alors que le gouvernement continue d’interdire les rassemblements de plus de 10 personnes, et alors qu’il a su demander aux forces de l’ordre de réprimer les manifestations de gilets jaunes avec une rare violence causant éborgnements et autres blessures, plusieurs manifestations non autorisées contre le racisme de la Police ont été organisées en France à partir du début du mois de juin. La couverture médiatique de ces manifestations a été plus que bienveillante.

« On a en marre de cette chape de plomb sur les violences policières » titre L’Obs le 2 juin. Pour Le Monde, c’est « justice pour Adama » le 3 juin. « Une impressionnante manifestation contre les violences policières à Paris » selon France Info le 4 juin. Tout est à l’avenant.

En France comme aux États-Unis, les manifestations ont souvent été émaillées de violences, à Rouen, Paris, Lille, Toulouse, etc. sans que celles-ci aient un grand retentissement dans les médias. Des violences et des accusations caricaturales qui n’ont pas empêché de nombreuses vedettes de show biz d’apporter leur soutien à la famille Traoré, comme le souligne Closer. Des stars accablées du sanglot de l’homme blanc comme signe (involontaire ?) d’allégeance à l’ordre diversitaire marqué par les luttes communautaristes.

On aura noté que quand les médias de grand chemin relatent les violences commises contre les forces de l’ordre lors de ces manifestations, il s’agit exclusivement d’« incidents », alors que quand la Police intervient, il s’agit toujours de violences, comme si celle-ci détenait le monopole de la mise en accusation… C’est dans ce contexte que les médias de grand chemin ont interpellé l’opinion publique avec une question obsédante.

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L’immigration, angle mort du déconfinement pour les médias de grand chemin

Alors que la ré ouverture de certains commerces fait la une des médias, il est un sujet dont on parle peu en cette période de déconfinement : l’immigration. Pourtant, selon de nombreuses informations, ce sujet revient comme un boomerang, un boomerang que les médias de grand chemin aimeraient ignorer.

Plusieurs articles publiés récemment dans les médias nous informent ponctuellement de l’ampleur de l’immigration illégale qui arrive en France. Bien qu’aucun – ou si peu — ne dresse un tableau d’ensemble, il en ressort que pour les migrants clandestins qui souhaitent venir en France, l’horizon s’est éclairci, notre pays semblant selon des indices concordants plus démuni que jamais pour lutter contre l’immigration clandestine.

Les signaux d’une déferlante migratoire s’accumulent

Dans un silence médiatique parfois assourdissant, plusieurs institutions internationales viennent de mettre en garde les européens contre le risque d’une très forte reprise de l’immigration illégale.

A partir d’informations issues d’un rapport du Bureau européen d’appui en matière d’asile publié le 5 mai, le Courrier du Vietnam nous informe que « L’Union Européenne prédit une hausse de demandes d’asile à cause de l’épidémie ». Le rapport souligne également la suspension de la lutte des pays de la coalition contre l’État islamique, qui comporte le risque d’une résurgence de cette mouvance terroriste.

Peu après la publication le 14 mai d’un rapport sur les effets du Covid-19 sur l’immigration illégale écrit par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, l’ONU Info met en garde le 16 mai « contre les risques accrus pour les victimes de la traite des êtres humains ».

Le 15 mai, c’est selon Le Figaro « Europol (l’agence européenne de police criminelle NDLR) (qui) prévoit une recrudescence du trafic de migrants après le déconfinement ».

En dépit de ces signaux inquiétants, Breakingnews.fr nous apprend le 28 avril que « les ministres de l’Union Européenne demandent à Bruxelles de coordonner la réouverture des frontières ».

On apprend par EuObserver.com la priorité de la commissaire européenne aux affaires intérieures Ylva Johansson :

« Permettre aux migrants d’entrer en Europe par des voies légales sera un élément central du nouveau pacte sur les migrations ».

La pression migratoire s’intensifie

La pandémie du coronavirus n’a pas atténué la détermination des centaines de milliers, voire des millions de migrants qui attendent leur heure pour venir en Europe de l’Ouest.

L’Economiste maghrébin nous apprend le 27 avril que selon le ministre maltais des Affaires étrangères, « plus de 650 000 personnes attendent sur les côtes libyennes ». Selon le site d’information Voice of Europe, près de 100 000 clandestins attendent dans les Balkans pour passer en Europe de l’ouest.

De nouveaux flux d’immigration se développent, comme nous l’indique le site ObservAlgérie le 24 mai à partir d’informations du quotidien espagnol El Pais :

« Les fortes arrivées clandestines de migrants vers l’Espagne en provenance d’Algérie inquiètent les autorités espagnoles et européennes ».

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Allemagne : “pas assez de rédacteurs en chef issus de l’immigration”

L’OJIM avait déjà parlé du Bondy blog, financé entre autres par le propriétaire de Fimalac, Marc Ladreit de Lacharrière, et fer de lance du remplacement progressif mais inéluctable des Européens dans le monde du journalisme par des professionnels issus de l’immigration extra-européenne. En 2016, Gilles Kepel avait signalé l’emprise des Frères musulmans sur le Bondy blog, une organisation qui accueille volontiers les décodeurs du Monde via son responsable de l’époque Samuel Laurent.

Nous reproduisons un article du 12 mai 2020 de l’hebdomadaire conservateur allemand Junge Freiheit qui nous apprend que des efforts dans le même sens sont poursuivis outre-Rhin.

Berlin. Selon les “Les nouveaux acteurs dans le monde des médias allemands” il n’y aurait pas, dans les rédactions des grands organes de presse et de médias allemands, suffisamment de journalistes ayant des racines étrangères. Dans un sondage, comprenant 122 des médias ayant la plus grande audience, il ressortirait que 6% seulement des rédacteurs en chef seraient issus de l’immigration, ce que déplore cet organisme dans une dépêche de lundi. Selon les informations données par “Les nouveaux acteurs dans le monde des médias”, Christine Horz, de l’Université technique de Cologne, spécialiste de la communication, les aurait conseillés dans le cadre de cette étude.

Sur 126 des rédacteurs en chef contactés – dans le cadre des 122 médias ciblés – 90 auraient répondu, dont huit issus de l’immigration. Mais de l’immigration européenne seulement : l’Autriche, le Luxembourg, le Danemark, l’Irlande, l’Italie, la Roumanie et la Grèce étant les pays d’origine de ces journalistes. Les pays dont sont issus les plus grands groupes de migrants en Allemagne, la Turquie, la Russie et la Pologne, n’étant pas représentés, toujours selon cette étude.

“Une homogénéité étonnante”

Par ailleurs, il n’y aurait aucun rédacteur en chef noir (“gens de couleur”). Les rédacteurs/rédactrices en chef issu(e)s de l’immigration, appartiendraient à des groupes d’immigrés non perçus comme “étrangers” par l’opinion publique. Ainsi, les rédacteurs en chef des médias allemands représenteraient une société “d’une homogénéité étonnante” pour un pays qui se voudrait depuis deux décennies, un pays d’immigration. “Par contre, les minorités visibles sont exclues.”

En même temps, l’organisation regrette que pratiquement tous les médias allemands n’aient aucune connaissance des origines des rédacteurs, ne sachant pas lesquels seraient “issus de l’immigration ou posséderaient des critères de diversité similaires”. Ainsi, ils ignoreraient combien leurs rédactions sont homogènes ou au contraire, riches en diversité.

La directrice générale de l’organisme, Konstantina Vassiliou-Enz, sonne l’alarme :

“Beaucoup de médias allemands risquent de perdre le sens des réalités en Allemagne. Dans de nombreuses grandes villes, la majorité des enfants scolarisés sont issus de l’immigration.” La spécialiste des médias Christine Horz (cf plus haut, université de Cologne) considère que « les chaînes publiques sont dans l’obligation de représenter la mixité sociale » et de « se faire enfin les précurseurs dans la conception de stratégies de la diversité durables.”.

Nouveaux groupes ciblés

Toujours selon “Les nouveaux acteurs dans le monde des médias allemands”, les “communautés d’immigrés”, représentant un public potentiel, seraient de nouveaux groupes à cibler. La “diversité dans les programmes ou les publications permet d’augmenter sa portée ou son tirage et fait de vous un employeur potentiel pour les immigrés.”

Cette organisation est une association qui se comprend comme “représentant des intérêts des professionnels des médias ayant une histoire de migration” et défend “un reportage équilibré” qui “donne une image adéquate du pays d’immigration qu’est l’Allemagne.”

Parmi les membres du conseil d’administration de l’association on compte, entre autres, la journaliste Ferda Ataman, d’origine turque ainsi que Ferdos Forudastan, ancien porte-parole de Joachim Gauck, ancien président de la Fédération allemande (Bundespräsident). Par contre, tous les journalistes ayant “une histoire d’immigration” ne sont pas les bienvenus dans cette association.

“Les nouveaux acteurs dans le monde des médias allemands” avaient déjà fait parler d’eux comme gardiens de la langue allemande, voulant imposer aux journalistes un certain vocabulaire à utiliser dans leurs articles ou reportages. Au lieu de “vague de réfugiés” : “migration”, au lieu de “demandeurs d’asile” : “demandeurs de protection”. Et pour les personnes issues de familles immigrées, le terme “culture diversifiée” était recommandé.

Article repris du site OJIM

Laetitia Avia et les discours de haine, répression et double langage

Nous avons déjà longuement parlé de la loi Avia, une loi liberticide de plus après les lois Pleven, Gayssot, Taubira etc. C’est fait, la loi a été votée à une large majorité (les socialistes se sont courageusement abstenus) le 13 mai 2020 par l’Assemblée nationale et devrait rentrer en vigueur le 1er juillet après avis du conseil constitutionnel. Au même moment Laetitia Avia se faisait prendre les doigts dans le pot de confiture pour tenir des propos qui auraient été censurés par sa propre loi.

Une loi liberticide

Qui est pour l’amour ? Tous, tous, tous. Qui est contre la haine ? Tous, tous, tous. Mais qui dira ce qu’est un « discours de haine » ? Un juge ? Non, un algorithme de Facebook, Google ou LinkedIn, parfois aidé par un des censeurs humains engagés par les réseaux sociaux (Facebook en compte plus de 30.000). « Tout propos manifestement haineux » devra être supprimé dans les 24h sous peine d’une amende de 1,25M€, c’est le CSA qui assurera le contrôle.

Résultat ? Les réseaux sociaux censurent déjà largement pour se couvrir. C’est ce que fait depuis longtemps Laurent Solly, censurant par exemple toute image présentant Génération Identitaire de manière neutre ou positive. On pourrait imaginer que les lignes « l’opinion publique déteste les journalistes » ou bien « l’immigration n’est pas une chance pour la France » soient considérés comme des propos « haineux » contre les journalistes ou les immigrés, clandestins ou non.

Laetitia et le pot de confiture

Dans une rencontre tenue dans le cabinet de son avocat en novembre 2019 et où un représentant de l’Observatoire était présent, Laetitia Avia avait benoîtement avoué que la loi était d’abord pour « se protéger elle-même », des attaques dont elle pourrait être victime en tant que femme d’origine togolaise. Dont acte.

La veille du vote de la loi, le site Médiapart publiait un article dévastateur pour Laetitia Avia sous la signature de David Perrotin (nos citations, sauf mention contraire sont issues de cet article), reposant sur les déclarations de certains collaborateurs (passés ou présents) de la députée. La charmante Laetitia a pour habitude d’employer des expressions qui se trouveraient censurées par sa nouvelle loi. Visite guidée.

« C’est le chinois »

Le racisme anti-maghrébin c’est mal, anti-africain c’est très mal. Mais anti-chinois ? Il semblerait que non pour Laetitia. Un de ses anciens salariés d’origine asiatique en fait les frais. Un employé témoigne « C’était son bouc émissaire, elle l’appelait parfois « le chinois » ou reprenait des clichés racistes pour parler de lui », allant jusqu’à l’accuser d’avoir détourné un chèque en avril 2018

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Une islamiste et des partisans de Soros au Conseil de surveillance de Facebook

Lancé fin janvier 2020, le Conseil de surveillance de Facebook vient de dévoiler les vingt premiers membres qui le composeront. Conseil créé pour prendre les “décisions les plus complexes et les plus importantes sur le contenu présent sur les plateformes”, en résumé, la fameuse “modération de contenu” qui a valu, par exemple, à Génération identitaire de se faire bannir du réseau.
Mais derrière les déclarations lénifiantes sur la liberté d’expression et la transparence, le réseau social dévoile un casting plutôt inquiétant.

Tawakkol Karman, l’islamiste du Yémen

Comme évoqué par Valeurs Actuelles, on retrouve dans ce Conseil, la Yéménite Tawakkol Karman. Prix Nobel de la paix en 2011, Le Monde a rapporté en 2013, son appartenance “à la mouvance islamiste au Yémen”. La même année, elle a d’ailleurs soutenu le président égyptien Mohamed Morsi, membre des Frères musulmans, peu après sa destitution.

On a aussi pu la voir arborer la “Main du Tamkine”, un signe de ralliement aux Frères musulmans.

Les pro-Soros

Autres personnalités interpellant dans cette liste, Afia Asantewaa Asare-Kyei et András Sajó. La première est manager à l’Open Society Initiative pour l’Afrique de l’Ouest, pilotée par l’Open Society Foundations de George Soros.

Le second, András Sajó, fait partie de ces juges de la CEDH utilisés par le milliardaire pour étendre son influence comme cela avait été démontré en février 2020. L’enquête réalisée par Valeurs Actuelles à cette occasion l’avait largement mentionné. Il est aussi l’un des fondateurs avec George Soros, de l’Université d’Europe centrale.

Les militants de l’anti-racisme et pour les LGBTQ+

Autre catégorie bien représentée dans cette liste de membres, celles des militants progressistes. On y retrouve Emi Palmor, nommée par la gauche, en 2014, directrice-générale du ministère de la justice israélien, elle a été à l’initiative de “l’unité gouvernementale de coordination de l’anti-racisme”.

Côté indien, on retrouve Sudhir Krishnaswamy, co-fondateur d’un Centre de recherches en droit et politique, “qui travaille à faire avancer les valeurs constitutionnelles pour tous, incluant les LGBTQ+ et transgenres en Inde”.

Du côté américain, il y a Pamela Karman, actuellement professeur à l’école de droit de Stanford, et précédemment, cadre à la Cour suprême américaine. Fervente démocrate, elle s’était impliquée dans l’enquête sur l’impeachment de Donald Trump. En 2009, le New York Times l’avait qualifiée de “championne des droits homosexuels, de grande défenseure des droits des criminels et des droits de vote”.

Un casting conforme à l’image souhaitée par le réseau social, mais qui laisse cependant présager de sombres jours pour le “contenu” politiquement incorrect.

Article repris du site OJIM

Coronavirus, bobards gouvernementaux et “fact checking”

Face à l’épidémie de coronavirus, les autorités communiquent abondamment et finissent par dire tout et son contraire. Qu’en disent les traqueurs de « fake news », Checknews de Libération, le fact-checking par l’AFP et Les Décodeurs du Monde ?
Globalement, si on examine les bobards gouvernementaux, ces médias semblent assez peu bavards dans l’ensemble, même si Libération s’en sort moins mal que les autres. Avec l’OJIM, fact-checkons les “fact-checkers” en revenant sur cinq bobards.

1. “C’est une petite grippe, ça va passer, continuez à sortir”

Avant le réel début de l’épidémie en France, était repris le refrain “c’est une petite grippe, ça va passer, continuez à sortir”. Fréquemment répété sur les plateaux de télévision au début de l’épidémie, une grande partie du gratin médiatique s’est fait l’écho de cette posture, dont Michel Cymes, à qui cela a valu un flot de critiques.

Cette insouciance s’est incarnée dans un tweet d’Emmanuel Macron du 11 mars :

Quelques jours plus tôt le Président était allé au théâtre avec Brigitte, “pour inciter les Français à sortir malgré le coronavirus”.

Le 15 mars, peu avant le début du confinement, les parisiens s’étaient massivement regroupés dans les parcs alors que le risque était de plus en plus grand, engendrant a posteriori, des fortes critiques du Président à leur encontre. Au même moment, Brigitte Macron aussi était de sortie dans les rues parisiennes cette après-midi.

Les Décodeurs du Monde sont revenus le 10 mars sur cette question du coronavirus qui ne serait qu’un “gros rhume monté en épingle”, disant qu’il n’est pas approprié de le considérer ainsi. Mais, en évoquant le gouvernement, au lieu de parler des minimisations de l’épidémie par ce dernier, ils relatent les paroles de l’infectiologue François Bricaire qui considère qu’il en fait “probablement un peu trop” (!).

2. “Pas de défaut d’anticipation concernant cette crise”

Autre refrain, directement prononcé par Sibeth N’Diaye, porte-parole du gouvernement, le 23 mars :

D’ailleurs, ce n’est pas le ministre de la santé qui dira le contraire, le 10 mars, il affirme “[qu’]il n’y a pas de pénurie de masques”.

Une semaine avant, Libération avait bien démontré le manque d’anticipation quant aux masques. Après la commande massive de ces derniers pour la grippe aviaire en 2005, il a été décidé par les gouvernements successifs de ne pas renouveler les stocks. Le choix a été fait de “désormais se réapprovisionner en cas de besoin, en comptant sur les exportations chinoises et les forces de production françaises”.

Sans oublier Agnès Buzyn qui a déclaré, le 17 mars :

Quand j’ai quitté le ministère [le 16 février 2020], je pleurais car je savais que la vague du tsunami était devant nous.

Pourtant, mi-février, peu de mesures drastiques étaient prises pour anticiper.

N’oublions pas non plus les suppressions de postes prévues dans certains CHRU, comme celui de Nancy. Objet d’une question à Checknews de Libération, le 8 avril, l’article rappelle qu’il était bien prévu, en “application du projet stratégique du CHRU de Nancy pour revenir à l’équilibre financier, validé en 2019 par le Comité interministériel de performance et de la modernisation de l’offre de soins hospitaliers (Copermo)”, de supprimer “179 lits et 598 postes en équivalents temps plein d’ici 2024”. Une manière particulière d’anticiper une possible crise.

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Coronavirus : les dealers à l’heure du confinement

Dans les « quartiers » les dealers ne respectent pas le confinement. Dans une France à l’arrêt les « jeunes » (les guillemets sont indispensables) poursuivent le trafic tant bien que mal, et les témoignages médiatiques sont désormais abondants.

En ces temps de confinement, la difficulté pour les dealers est d’accéder à leurs clients. Le trafic de stupéfiants n’a pas cessé dans les quartiers nord de Marseille comme le révèle Médiapart le 30 mars « Les clients se font rares mais ils n’ont pas totalement disparu. Certains viennent avec des gants, une écharpe en guise de masque. » Ce n’est visiblement plus le cas dans le secteur Delaunay-Belleville à Saint-Denis ou une habitante témoigne à RT France le 23 mars « Les points de deal restent ouverts, mais sont déserts. On entend de nouveaux les oiseaux, mais plus les cris des guetteurs. Ça ne vend plus ». Si les dealers ne se confinent pas, leurs clients sont selon plusieurs témoignages plus prudents. Il faut donc aller à leur rencontre. Le 19 mars Breizh info révélait qu’à Nantes les dealers n’étaient pas contrôlés sur la place du Commerce. Dans l’agglomération d’Annecy les dealers continuent leurs trafics comme le révèle France Bleu le 29 mars, sauf qu’ici la police a arrêté deux trafiquants dont un albanais en possession d’héroïne.

Des dealers à Strasbourg portent « des gants bleus et des masques chirurgicaux »

Entre crises d’approvisionnement et hausse du nombre de contrôles policiers, les dealers font face à une situation inédite. Stéphanie Cherbonnier, patronne du nouvel office de lutte contre la drogue, a évoqué pour Le Parisien le 5 avril les conséquences du confinement pour les organisations criminelles « L’approvisionnement en cannabis s’est tari ». Elle craint une montée de la violence entre les différents groupes criminels pour s’emparer des stocks de stupéfiants et des points de vente. Le 31 mars, Guillaume Krempp pour Rue89 publie les témoignages de dealers strasbourgeois, ils décrivent une augmentation des prix et du deal dans les grandes surfaces. Un dealer, que le journaliste de Rue89 a renommé Kévin, explique les difficultés liées au confinement avec les contrôles policiers plus fréquents, qui empêchent des livraisons « Les gens ne comprennent pas que je ne peux plus me déplacer en dehors de Strasbourg. Je me suis déjà pris une prune, c’est fini ». Dans le même article on apprend que des dealers à Strasbourg portent « des gants bleus et des masques chirurgicaux », pour éviter les contaminations. Il n’y aura pas d’explications sur la provenance de ces gants et de ces masques.

« Le confinement n’a rien changé. Il n’est pas du tout respecté. »

Dans certains quartiers les trafiquants rendent la vie difficile aux habitants, et les autorités apparaissent impuissantes. Le quotidien régional La Nouvelle République Centre-Ouest révèle que l’insécurité règne autour du centre commercial de La Rotonde à Tours. L’article datant du 3 avril décrit une absence totale de confinement autour du centre commercial. Un commerçant témoignant sous anonymat déclare au quotidien régional que le confinement n’a absolument rien changé « Le confinement n’a rien changé. Il n’est pas du tout respecté. La quantité de dealers est toujours aussi importante. Ils sont installés devant les commerces et attendent les clients. Un vrai drive ! ». L’article cite aussi une source policière qui s’inquiète de la situation des quartiers où « ça commence à bouger ». Même inquiétude dans un article du Point datant du 21 mars et intitulé « Confinement en banlieue : les cités vont craquer ». Il montrait une situation presque ingérable à Grigny et Bondy. Enfin l’impuissance des autorités face aux dealers dans certaines zones, évidente depuis plusieurs années déjà, est toujours la même pendant le confinement. L’article de la Nouvelle République Centre-Ouest met en avant le témoignage d’un commerçant décrivant l’impunité des dealers « Ils ne se cachent même plus, ne craignent pas les amendes. », et la police est donc impuissante « Vous savez, à trois policiers contre parfois une trentaine, qu’est-ce qu’ils peuvent faire ».

Le confinement ne s’applique pas pour tout le monde de la même façon. Et rappelons que Laurent Nuñez a déclaré que le respect du confinement dans les banlieues n’était pas une priorité…

Comme le note le criminologue Xavier Raufer si le trafic continue, la délinquance a diminuée, mais il met en garde contre un « effet rebond » en particulier après la libération au petit bonheur la chance de milliers de détenus par Madame Belloubet.

Article repris du site OJIM

Quand L’Obs découvre que l’Islam peut être dangereux pour la santé

Ainsi que l’OJIM le montrait le 27 mars 2020 avec l’exemple du Point, les sujets et surtout la manière de les traiter changent un peu dans les médias convenus. Un nouvel exemple avec un article de L’Obs paru ce même 27 mars, qui s’appuie en grande partie sur une dépêche de l’AFP.

Le titre : « Au Pakistan, forte affluence dans les mosquées pour la prière du vendredi malgré le coronavirus ». Un titre et un centre d’intérêt qui ne se seraient pas trouvés dans l’hebdomadaire il y a peu

Les mots de l’article

L’Obs reconnaît, sans accuser le monde développé d’en être responsable, une fois n’est pas coutume, qu’un pays tel que le Pakistan, musulman, doté de la bombe atomique, n’est pas en mesure de mettre en place un système de santé acceptable pour ses 200 millions d’habitants. Pourtant, l’Arabie saoudite « a interrompu les pèlerinages et fermé les mosquées » et « en Égypte, une fatwa a permis l’interdiction des prières publiques ». Le Pakistan ne suit donc pas le mouvement. Pourquoi ? L’Obs écrit un argument, en forme d’interview, qu’il n’eut jamais mentionné il y a peu :

« Nous ne croyons pas au coronavirus, nous croyons en Allah. Quoi qu’il arrive, cela vient d’Allah, a déclaré l’un d’eux Altaf Khan, alors que d’autres portant des masques affluaient pour la prière du vendredi à Islamabad. »

En temps normal, L’Obs écrirait contre tout autre magazine mettant en avant des propos de cette sorte.

 Pourtant, à cette date, le Pakistan recensait officiellement près de 1300 personnes infectées.

« “L’ignorance de la classe religieuse réactionnaire” est responsable de la propagation du nouveau coronavirus, a tweeté jeudi soir le ministre des Sciences Fawad Chaudhry. »

Dans L’Obs, l’islam devient obscurantiste, au Pakistan mais aussi en Indonésie où « beaucoup de gens ont ignoré les appels à prier chez eux ». Quant à l’Afghanistan ?

« Les mosquées étaient bondées à Kaboul, a constaté l’AFP. “Allah protégera les musulmans des désastres causés par le coronavirus”, a déclaré un imam dans une mosquée comble du centre de la capitale afghane. »

Évidemment, cette charge inhabituelle contre l’Islam demandait un peu d’équilibre, si bien que L’Obs en profite pour accuser Bolsonaro et Trump d’appeler à remplir les églises. C’est une façon d’atténuer cette information :

« Au Pakistan, la majorité des premiers malades étaient des pèlerins revenant d’Iran, où les autorités ont refusé pendant des semaines de fermer les lieux saints du chiisme, favorisant la contamination de dizaines de milliers de personnes.
Le Pakistan a lui-même autorisé un rassemblement massif de tablighis, un mouvement de missionnaires musulmans, début mars, finalement stoppé après quatre jours. Là encore, des cas de covid-19 ont été recensé parmi les 250.000 participants. »

Que l’Islam joue un rôle dangereux dans la propagation du coronavirus et que L’Obs, dans la foulée de l’AFP, en parle sur un ton digne de médias moins convenus il y a peu ne manque pas d’intérêt. Camarade encore un effort !

Article repris du site OJIM

Infox : pour RSF, ni les GAFA, ni la loi Avia, ne nuiraient à la liberté sur internet

L’ONG Reporters sans frontières (RSF), habituée à publier des classements sur la liberté de la presse et sur bien d’autre sujets connexes, vient de dévoiler une nouvelle liste, celle des 20 plus importants “Prédateurs numériques de la liberté de la presse” en 2020.

Prédateur numérique ?

Par “prédateur numérique”, l’ONG entend évoquer des “entités dont l’activité est assimilable à une prédation envers le travail journalistique” et représentant un “danger évident pour la liberté d’opinion et d’expression”. Ces dernières peuvent être “infra-étatiques, privées, informelles” et agissent essentiellement sur les réseaux sociaux mais aussi, vis-à-vis des messageries instantanées, des boites mails et de tout ce qui concerne internet en général. Elles peuvent aussi être étatiques.

RSF a classé ces 20 prédateurs selon quatre catégories, ceux qui “harcèlent”, ceux qui pratiquent la “censure d’État”, ceux qui “désinforment” et ceux qui “espionnent et surveillent”.

En dehors de l’Occident : harcèlement, censure et désinformation pratiqués par les États

Avec du recul, on constate que les trois premières catégories, “harcèlement”, “censure d’État” et “désinformation” regroupent tout un ensemble de structures plus ou moins étatisées et non occidentales, et la dernière catégorie, “espionnage et surveillance”, des structures privées basées dans des pays occidentaux.

Dans ces trois catégories, RSF pointe du doigt, l’Inde avec les “Yoddhas de Modi” qui “trollent” sur les réseaux sociaux pour servir le parti nationaliste au pouvoir en Inde, le pouvoir algérien et ses mouches électroniques, Bolsonaro et son “cabinet de la haine”, l’Iran et son Conseil suprême du cyberespace, etc.

La Russie est évidemment mentionnée, et plus d’une fois contrairement à tous les autres (sauf l’Inde). RSF dénonce les “armées de trolls du Kremlin” qui diffusent de “fausses informations”, “publient des informations personnelles” et “diffament”. Est aussi mis en avant le Roskomnadzor (l’autorité fédérale de contrôle des communications et des médias russes), ce dernier bloquant des sites internet et applications.

En résumé, la majorité des pays dits autoritaires y passent (Chine, Arabie saoudite, Vietnam, Soudan, etc.) et les habituelles cibles “populistes”, les gouvernements brésilien et russe. Il faut attendre la dernière catégorie pour entendre parler des pays européens et des États-Unis.

En Occident : espionnage et surveillance, mais uniquement par des structures privées

La partie sur l’espionnage et la surveillance ne parle plus que de l’Occident. Mais hormis la localisation qui diffère, ce ne sont plus que des structures privées qui sont mentionnées ici. On retrouve les logiciels de NSO Group (basé en Israël), Memento Labs (Suisse, Italie, Arabie saoudite), Zerodium (États-Unis), Mollitiam Industries (Espagne) et Gamma (Allemagne).

La prédation numérique serait donc étrangère à toutes les structures étatiques situées dans ces pays et en particulier en France. La loi Avia sur la “haine sur internet” ?

Par ailleurs, rien sur les Sleeping giants ni sur la censure des GAFA ? Tous ces mouvements liberticides n’auraient rien à voir avec la “prédation numérique” et ne seraient pas un danger pour “la liberté d’opinion et d’expression” ? Sourd, aveugle, mais pas muet, le rapport de RSF sous cet aspect constitue une infox de première grandeur. Note finale : 5/20, insuffisant, à refaire.

Article repris du site OJIM

Foreign Affairs : migrants de tous les pays, unissez-vous !

C’est ce que préconise la revue de référence en géopolitique, Foreign Affairs, dans dans un article publié en ligne le 24 février 2020. « Nos sauveurs, les migrants », telle est l’optique privilégiée. Lecture attentive.

Le titre : Seules les migrations peuvent sauver l’État providence.
Le sous-titre : « Les pays riches ont besoin de 380 millions de travailleurs supplémentaires d’ici 2050 ».
L’auteur : Lant Pritchett, directeur d’un centre de recherches à Oxford. Né en 1959, c’est un économiste spécialiste des questions de développement. Pritchett a travaillé pour la Banque Mondiale durant 5 ans, de 1988 à 2000 puis de 2004 à 2007. Il est l’auteur supposé de la note controversée du mémorandum signé par Lawrence Summers, alors économiste en chef de la banque mondiale, sur la libéralisation du commerce et en particulier sur la « nécessaire » exportation des industries les plus polluantes vers les pays pauvres. Il a ensuite enseigné à Harvard. Selon lui, le seul modèle économique viable dans un avenir proche passe par l’accroissement de la politique migratoire volontaire et acceptée par les pays les plus riches. C’est ce thème qu’il développe de nouveau dans son article de Foreign Affairs.

Les arguments sont économiques

Le présupposé de départ est acceptable : Pritchett suppose que dans les décennies à venir, « le monde développé sera confronté à un défi démographique impossible à empêcher ». Nous vieillissons et nous manquons de jeunes.

En 2050, la génération des actuels trentenaires aurait « à faire face aux conséquences du déficit démographique à venir », ce qui empêcherait alors les divers programmes liés à l’Etat providence. En même temps, les pays riches manqueraient de jeunes travailleurs. Du coup, la « solution » serait simple, « même si politiquement difficile » : « dans les décennies à venir, les pays riches devraient ouvrir leurs frontières à davantage de travailleurs des pays pauvres ».

Les pays du Golfe en exemple

* Comment éviter l’écueil de « la xénophobie » ? En prenant exemple sur des modèles qui, selon l’auteur, fonctionneraient : Singapour, la Suède, les pays du golfe persique. Dans ce dernier cas, les travailleurs migrants se voient souvent retirer toute liberté, y compris le passeport, ce qui ne semble pas émouvoir le libéral Pritchett. Quant à la Suède, l’auteur ne semble pas informé de l’état du pays, du taux de délinquance et de crimes sexuels liés aux migrations, au point que le pays tout entier remet en question son ancien modèle bienfaisant.

Ceci dit, Pritchett l’affirme : il ne sert à rien d’en débattre (la démocratie, vue depuis cette forme de libéralisme, c’est toujours très beau) puisque « les pays riches n’ont pas vraiment le choix ». Le même argument d’autorité qui, chaque fois que les mondialistes prétendent « penser », oublie la possibilité de politiques natalistes, comme ce qui se fait par exemple à l’Est de l’Union Européenne. TINA, there is no alternative aurait dit Margaret Thatcher.

Il y aura encore pire que la « catastrophe démographique » annoncé, si nous fermons nos frontières et que nous « n’accueillons plus de migrants » : sans migrations, nous perdrions au moins 120 millions de personnes en âge de travailler, du fait du vieillissement.

Travailleurs du monde entier, migrez

Dès lors, il n’y aurait qu’une seule solution : « Travailleurs du monde, migrez ! ». Il nous faut 260 millions de travailleurs en plus pour maintenir nos états providence, d’après l’auteur, mais nous allons perdre environ 120 millions de travailleurs. Du coup, la solution est bête comme un calcul d’économiste : 260 + 120 = 380 millions. Accueillons donc 380 millions de migrants et tout ira bien !

Mais alors ? Outre les tensions sociales et les crises de civilisation, les remplacements de population, la disparition des identités, dont il ne parle pas, Pritchett oublie un détail : les migrants en question vieilliront et deviendront eux-mêmes des retraités que la société devra prendre en charge (en faisant venir combien de millions de nouveaux migrants ?), prise en charge accentuée par le coût de leur nombre d’enfants, car le migrant fait plus d’enfants que l’habitant du pays d’accueil. Il faudra, pour cette dernière raison aussi, accueillir encore plus de migrants, « facteurs de richesse »…

L’auteur ne va donc pas assez loin : pourquoi ne pas plutôt déplacer massivement, maintenant, d’un coup, sinon tous les habitants des pays pauvres vers les pays riches, mais disons une bonne moitié ? La solution miracle s’appliquerait en une fois et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles comme disait Leibniz.

Article repris du site OJIM

Retour sur l’affaire Mila et la presse

La tuerie de Charlie Hebdo n’a qu’un lustre et pourtant paraît relever d’une autre ère. L’affaire Mila – du nom de cette adolescente lynchée pour avoir raconté dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux son aversion pour l’islam, en des termes peu amènes – est venue le prouver sans appel. La façon dont la presse française a traité cette affaire, généralement avec des pincettes ou du bout des lèvres témoigne surtout de l’affaiblissement du courage. Apparemment, nous aimons bien la liberté d’expression, à condition qu’elle ne nous coûte pas trop cher.

Une alouette de courage, un cheval de plat ventre

Du côté des bonnes nouvelles, on notera pourtant la courageuse réaction de Laurent Joffrin dans Libération appelant à conserver l’esprit français de la satire anticléricale, sans céder à des « oui, mais ». Assez rare pour être marqué d’une pierre blanche.

Dans L’Obs, si madame Dominique Nora soutient aussi Mila, c’est aussitôt pour se plaindre que « dans cette triste fable de la cyber-haine ordinaire (…) Mila est aussitôt récupérée par la droite extrême. Frange dure de la cathosphère, Rassemblement national, Debout la France et patriotes de tous poils – peu regardants, pour une fois, sur l’homosexualité de la « résistante » – volent à son secours ». On ne savait pas que la droite RN se caractérisait par sa haine des homosexuels…Madame Nora s’interroge sur l’absence des « voix de gauche », persuadée apparemment que ladite gauche se caractériserait par son courage dans la défense de la liberté d’expression, ce qui paraît historiquement douteux, comme disait Guy Debord, « je ne suis pas de gauche, je n’ai jamais dénoncé personne »..

Dans le journal d’extrême gauche Politis, l’éditorialiste Denis Sieffert se livre à un curieux exercice de faux équilibrisme, signe surtout d’une lâcheté opiniâtre : « Bien sûr qu’il faut défendre la jeune Mila, écrit-il. Mais sans donner à penser qu’elle a banalement exercé un droit qui fait la fierté de notre République ». Et de continuer sans rougir : « Et puis, imagine-t-on un instant que la même insulte soit adressée à des chrétiens ou à des juifs ? » Outre le fait que pour les juifs, chez qui se mêlent ethnie et religion, il s’agirait de préciser à qui l’on s’adresse, oui, en effet, on imagine sans peine des Français insulter le Dieu trinitaire ou Yahvé, y étant même souvent encouragés par ceux qui y voient une manière de se libérer du méchant carcan de la religion. Ou qui y voyait, faudrait-il dire, puisque depuis que la religion musulmane a été importée en France, certains laïcards de gauche se découvrent une soudaine envie de respecter, de s’intéresser à, voire d’aimer « les religions ».

Des questions qui ne sont pas des questions (sic)

Sans surprise, l’inénarrable émission « Clique » animée par Mouloud Achour sur Canal+, toujours proche de collaborer avec tous les communautarismes, a donné la parole sans contradiction à l’écrivain Édouard Louis, qui s’est ému des propos de la petite Mila. Pourtant lui-même homosexuel revendiqué, comme Mila, l’homme s’est écrié : « La liberté d’expression, c’est connaître les questions que l’on peut poser et les questions que l’on ne peut pas poser. Il y a des questions qui ne sont pas des questions mais qui sont des insultes». Jusqu’à présent, on croyait bêtement que la liberté d’expression, comme son nom l’indique, ne souffrait pas de limites, sauf l’injure envers les personnes. Selon le gratin germano-pratin parlant par la bouche de Monsieur Louis, il faut croire maintenant en cet axiome sibyllin : « La démocratie, c’est aussi(surtout) la capacité à clore des sujets », c’est-à-dire à se taire quand cela dérange certains.

Aubaine pour la droite ?

Le Figaro a certes sonné la charge contre les intimidations et menaces issues des réseaux sociaux, à travers son bras armé de défoulement conservateur, le Vox. Mais aucun directeur du journal ne s’est fendu d’un éditorial de défense, tous gardant un prudent silence.

De même dans Le Monde. Sous la plume de Sarah Bellouezzane, Le Monde a vu dans cette affaire seulement une aubaine pour la droite LR : « Il est des totems qu’il est bon d’agiter régulièrement », écrit la journaliste, sous-entendant que la droite classique s’apprêterait à « surfer » sur l’affaire pour se refaire une santé aux municipales.

Le refrain habituel de la bien-pensance journalistique s’est rapidement mis en place : défendre Mila que défend la « fachosphère », c’est donner des armes à la haine. Aussi la France du centre s’est-elle trouvée bien embarrassée, ne sachant sur quel pied danser.

Mila, invitée sur Quotidien chez Yann Barthès, a déclaré ne rien regretter du fond de ses propos, même si elle notait que ses paroles avaient pu blesser. De son côté, Monsieur Hanouna, en présence du militant islamiste Yassine Bellatar s’est exprimé ainsi : « Je ne supporte pas ce genre d’insultes. J’aime pas trop qu’on rigole ou qu’on insulte des religions. Je sais que c’est le droit au blasphème, mais elle ferait mieux de se calmer et rester dans son coin pour que tout rentre dans l’ordre ».

Vox hanouni, vox populi ? C’est bien ce sentiment d’une sorte de « pétainisme » qui semble ressortir du traitement de l’affaire : ce que nous voulons, c’est que l’ordre règne en France, pour que tout puisse continuer comme avant. Hier on plébiscitait le Maréchal par peur de la Wehrmacht. Aujourd’hui, une bonne partie de la caste journalistique veut faire taire toutes les Mila par peur d’être taxé d’islamophobie.

Article repris du site OJIM

Les Sleeping Giants, les nouveaux inquisiteurs !

03/02/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Une nouvelle Inquisition venue des États-Unis veut assécher le financement de toute pensée dissidente et finalement mettre fin à toute liberté d’opinion.

Découvrez cette vidéo réalisée par l’Observatoire du journalisme. A diffuser largement !


Cinq questions à François-Bernard Huyghe sur l’art de la guerre idéologique

François-Bernard Huyghe, médiologue, directeur de recherche à l’Iris a déjà écrit une trentaine d’ouvrages parmi lesquels La Soft idéologie (Robert Laffont), La Désinformation (Armand Colin), Dans la tête des gilets jaunes (V.A. Editions), Fake news (V.A. Editions). Il vient de publier aux éditions du Cerf L’Art de la guerre idéologique, sur lequel nous l’Ojim a souhaité l’interroger.

On parle d’un épuisement des grands récits, d’un désenchantement vis-à-vis des mythes mobilisateurs. Parler d’idéologie en 2020 est-il encore d’actualité ?

François-Bernard Huyghe : Plus personne ne croit, comme à la la fin du XX° siècle, qu’une des deux grandes utopies opposées doive l’emporter bientôt : ou bien le communisme ou bien la société libérale d’abondance, avec fin de l’histoire. Il y a un mythe pour lequel certaines minorités sont encore prêtes à donner leur vie : le califat djihadiste promet le salut de l’âme et la conquête de la Terre qui devra se soumettre à la loi divine. Il ne sépare pas guerre idéologique de guerre tout court.

Un autre mythe se répand, surtout chez les jeunes, la terreur climatique : ou bien nous freinons le réchauffement (mais comment ? par des «modes de vie » par des changements politiques autoritaires imposant la pénurie ?) ou tous les vivants périssent. C’est plutôt une dystopie (le contraire d’utopie) : un monde effroyable auquel nous pouvons, au mieux, espérer échapper.

Enfin les catégories droite/gauche sont rendues obsolètes par la monté des populismes. Ils réclament à la fois la sécurité et la protection de leur identité par l’autorité du peuple. Face à eux, les progressistes sont le parti du plus du même : plus de libéralisme économique et de libéralisme « sociétal », plus d’ouverture au monde, plus de droits individuels ou communautaires, plus de gouvernance, etc. Les premiers vivent dans la colère : ce qu’ils aiment disparait, dont la Nation. Les seconds vivent dans la peur : tout allait si bien et voilà que les populistes ou les pays illibéraux répandent des « fantasmes »!

Puisque l’idéologie est encore prégnante dans notre quotidien, comment se propage t’elle ? A-t-elle une ou des stratégies ?

F.B.H. : Par principe, s’il y a deux idéologies, une doit être dominante (celle des dominants) ; elle s’appuie sur les pouvoirs et les institutions, souvent avec transmission verticale, via l’église, l’école, les puissants et les officiels… Puis on a découvert, surtout après 68, comment des courant d’idées pouvaient se propager via des élites critiques, les médias, l’art, la mode, les nouvelles mœurs, une contre-culture ludique, hostile à toute autorité (affaire d’hégémonie culturelle aurait dit Gramsci). Or voici, en particulier avec les réseaux sociaux, qu’une parole populiste, d’en bas, conteste la représentation officielle mais aussi la prédominance des « bobos » moralisateurs. Et comme cette force tend à gagner des élections et obtient une visibilité dans la rue ou dans les cyberespace, cela inquiète le bloc élitaire. Il réagit, notamment en dénonçant les « idées de haine », les stéréotypes, le complotisme, les fakes, les idées archaïques…

Le pouvoir de l’idéologie dépend, certes des intérêts matériels de classe ou de l’éducation de qui la professe, mais aussi des visions, y compris morales et esthétiques, que partagent spontanément les gens qui se ressemblent. Sans oublier la capacité d’imposer le silence (ou le ridicule) à l’adversaire.

Pour lire la suite, c’est ici !

Lancement de l’Observatoire du journalisme hongrois

Le lundi 6 janvier 2020 à 10h00 était mis en ligne à Budapest le site de la Fondation pour la transparence du journalisme ojim.hu, en lien avec l’Ojim. Après plus d’une année de gestation, quelques voyages entre Paris et Budapest, une jeune équipe enthousiaste est constituée avec un site qui s’inspire de celui de la France mais avec son style propre.

Des points communs

Le logo, les portraits de journalistes, une partie des codes couleurs, la volonté de sortir du ronron et de l’entre-soi du monde libéral libertaire, l’exigence de rester factuel et au plus près du réel, le souhait de voir le journalisme gagner en qualité comme en pluralisme idéologique et ainsi mériter de nouveau le respect du public, tels sont les traits communs entre ojim.fr et ojim.hu

Et des différences

Le site hongrois est édité par une fondation (une association en France), le graphisme est plus jeune avec un recours plus fréquent au dessin. Pour des raisons de langue et de différences culturelles entre les deux pays, la rédaction hongroise est indépendante de celle de Paris et pleinement responsable de ses choix éditoriaux, même si les deux rédactions partagent la même philosophie.

L’équipe de Transzparens Újságírásért Alapítvány (Fondation pour la transparence du journalisme) est dirigée par Partos Bence (en hongrois le nom de famille est placé en premier), docteur en psychologie, 26 ans. Il est assisté dans l’équipe de départ de Pongracz Balint, Teszary Miklos et Szekely David qui sont de la même génération.

Le site a publié six portraits de journalistes, trois considérés comme proches du pouvoir et trois proches de l’opposition pour garder un équilibre. L’équipe organise le 2O janvier un débat entre deux journalistes hongrois connus Apati Bence de Magyar Nemzet un journal conservateur et Planko Gergö de l’influent site internet 444 financé en partie par George Soros. Nous publierons dans les prochains jours une étude fouillée sur les médias hongrois où l’on verra que le pluralisme y est plus respecté qu’en France contrairement à ce qu’écrivent tous les jours les médias de grand chemin. Longue vie à la Transparens Ujsagirasért Alapitvany dont nous rendrons compte régulièrement des activités.

Article repris du site OJIM