Tag Archives: Nicolas Hulot

Nicolas Hulot : Vert le départ ? – par Etienne Defay

Chard Nicolas HulotIl s’était donné un an pour tester son utilité, pourtant six mois plus tard, les éditorialistes se prennent pour des bookmakers anglais et parient sur son futur départ. Certains le croient inéluctable, pourtant Nicolas Hulot est toujours en poste.

Las, le numéro trois du gouvernement Philippe (une place plus que flatteuse pour un ministre de l’Ecologie) n’en finit plus d’avaler des couleuvres. Première défaite en date : le glyphosate. Il défendait une interdiction sous trois ans, son confrère de l’Agriculture voulait cinq à sept ans et Matignon quatre ans. Puis, telle Alexandre le Grand, Bruxelles trancha le nœud gordien en imposant cinq ans. L’Agriculture, Matignon et Bruxelles, c’était beaucoup pour un ministre fût-il combatif.

Deuxième couleuvre, celle-ci hautement symbolique puisqu’elle portait sur le nucléaire, le cheval de bataille des Verts de tout pays. En effet, le ministre avait tablé sur une baisse de l’activité nucléaire de 50 % en 2025, hier il a admis que ce serait plutôt 2035.

Le lecteur pourra à juste titre s’étonner qu’une telle concession puisse provoquer de si grands remous mais reculer sur le nucléaire pour un ministre de l’Ecologie, c’est un peu comme si l’Eglise catholique reniait un dogme. Ça ne se fait pas. Les évêques de l’église verte ont d’ailleurs hurlé à l’excommunication, Greenpeace parle « d’une erreur extrêmement grave », Ségolène Royal l’avait déjà taclé sur le glyphosate en évoquant, si Hulot devait lâcher aussi là-dessus « un changement de pied incompréhensible ».

Le plus amer reste certainement le député européen Yannick Jadot qui s’exclame qu’« annoncer qu’on n’arrivera pas à respecter cet objectif simplement parce qu’on a écouté le lobby nucléaire, je trouve ça regrettable ».

Le député européen qui ne cache pas son agacement devant le rapport peu flatteur du soldat Hulot dénonçant en lui « la caution du gouvernement ». Quant à Corinne Lepage, elle estime que Nicolas Hulot « a mangé son chapeau ». Une charge que le fondateur d’Ushuaïa encaisse pour le moment sans broncher tout comme il porte le joug sans renâcler. A ceux qui l’accusent de trahison, il rétorque qu’il n’a pas changé d’avis parce qu’il est ministre mais qu’il a simplement « découvert la complexité du sujet ».

Nicolas Hulot va même plus loin, il affirme que « tout le monde savait que l’objectif 2025 n’était pas atteignable, sauf dans une brutalité excessive ». Est-ce là le réveil d’un idéaliste frotté à la réalité de l’exercice du pouvoir ou l’aveu d’impuissance d’un ministre face à la conjugaison des forces de Bruxelles et des lobbies ?

Sans doute les deux, comme l’un ne va plus sans l’autre. La question demeure, à force de voir son verre se vider, le Vert va-t-il être contraint de vider ses bureaux du boulevard Saint-Germain ? La question est posée, les paris sont ouverts.

Etienne Defay

Article et dessin de Chard parus dans le quotidien Présent

CETA signature

Avant même d’être ratifié, le CETA entre partiellement en vigueur aujourd’hui

21/09/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie: Le traité de libre‑échange signé par l’Union européenne et le Canada entre en application provisoire aujourd’hui. Sa ratification par les 38 Parlements nationaux et régionaux de l’Union doit encore avoir lieu. Passant outre ses promesses de campagne, Emmanuel Macron a d’ores et déjà entériné le contenu du CETA. Il faudra désormais l’accepter ou le refuser en bloc. Le recours à neuf experts gouvernementaux, censés discuter de la pertinence du traité, en particulier en matière de politique environnementale, aura‑t‑il été plus qu’une opération de communication ? L’accord nourrit en l’état les inquiétudes et le scepticisme.

Quels seront les effets du CETA ? La direction générale du Commerce de l’Union annonce un gain de croissance de 0,09 % par an. Un bénéfice global a priori dérisoire après sept années de négociations. La reconnaissance des appellations européennes de fromage par le Canada devrait, certes, ouvrir à la filière laitière des débouchés inédits ; tandis que la FNSEA, principal syndicat agricole français, s’inquiète de l’entrée sur le marché de l’Union de plus de 60 000 tonnes de viande bovine par an… On comprend l’inquiétude des éleveurs français, comme celle des fromagers du Québec, qui devront, quant à eux affronter plus de 30 000 tonnes d’arrivages européens. Un chassé‑croisé qui risque de favoriser les grands groupes exportateurs au détriment des petits producteurs. La qualité des produits s’en trouvera‑t‑elle remise en cause ? C’est du moins ce que soulignent plusieurs dizaines d’acteurs associatifs et scientifiques.

Mais que reste‑t‑il des inquiétudes de Monsieur Hulot ? Risques sanitaires, remise en cause de la lutte contre le réchauffement climatique, désintérêt pour la préservation des écosystèmes, Nicolas Hulot n’aura pas manqué de tirer la sonnette d’alarme au fil des mois, à côté des altermondialistes d’ATTAC ou des écologistes du WWF France. Le CETA s’oppose en effet frontalement à la politique du ministre de la Transition énergétique lorsqu’il accorde la préférence aux hydrocarbures du Canada ou cherche à favoriser les échanges intercontinentaux, avec leurs inévitables rejets de CO2 dans l’atmosphère. L’accord de libre‑échange est‑il un « traité climaticide », selon l’expression de la Fondation créée par le ministre ? Nous sommes en tout cas loin du « veto climatique » réclamé lors des négociations.

Une ligne de fracture qui dessinera peut‑être, dans les mois à venir, les nouveaux contours de la composite majorité présidentielle.

C'est grave Docteur ?

C’est grave Docteur ?

05/07/11 – 18h30
PARIS (NOVOpress) – Le combat fait rage au sein du parti Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Mais certainement pas celui des idées pour l’instauration d’un vrai courant de pensée de l’écologie dans notre pays.

Nicolas Hulot (photo), amer d’avoir été balayé par sa rivale Eva Joly (photo), cette dernière ayant facilement emporté ce premier tour en rassemblant 49,75 % contre 40,22 %, ne cesse de multiplier les sorties médiatiques afin de clamer haut et fort qu’il demeure le seul candidat valable du partie pour la présidentielle.
Et certaines déclarations sont pour le moins surprenantes. Nicolas Hulot a déclaré ce matin sur France Inter qu’une victoire de sa rivale, Eva Joly, serait “lue comme un repli identitaire” d’Europe Ecologie-Les Verts. Qui l’eût cru ? Et surtout comment se définit le courant identitaire au sein d’EELV ?

Modeste de surcroit, Hulot se décrit comme “celui qui peut faire le point de rencontre entre la France et l’écologie“. Rien de moins. Plutôt cocasse comme déclaration lorsque la curiosité nous amène à examiner de près les noms des sociétés qui financent sa fondation…