Nicolas Dhuicq, après l’attentat islamiste de Romans : “Ce n’est pas parce que l’on vient d’une zone où règne la misère qu’on est automatiquement animé des meilleures intentions”

Nicolas Dhuicq, ancien député, maire de Brienne-le-Château mais aussi docteur psychiatre, réagit après l’attentat de Romans-sur-Isère.

Abdallah Ahmed-Osman, le réfugié clandestin soudanais qui a agressé et tué des passants au hasard dans la ville de Romans-sur-Isère aurait souffert du confinement. Il aurait été aigri par le confinement, ce qui expliquerait son passage à l’acte malgré des références évidentes à l’islamisme. Le confinement peut-il justifier un tel passage à l’acte ?

Absolument pas, naturellement. L’explication paraît particulièrement oiseuse et comique, si cela n’était pas aussi tragique et s’il n’y avait pas eu mort d’homme. Cela ne peut absolument pas justifier un tel acte.

Il était décrit comme timide, souriant, aimable et très discret. Le voisin idéal… Mais finalement, cela se termine en Allah akbar et en attentat. Tous les attentats commis sur le sol français semblent avoir tous exactement le même scénario…

Cela doit nous rappeler à plusieurs principes de réalité. D’abord, permettez-moi de rappeler que la lutte contre l’islam radical politique devrait se faire sur trois axes. Le premier axe est une question de politique étrangère. Il faut se souvenir en particulier que nous devrions plutôt appuyer ceux qui, en ce moment, mènent une véritable guerre contre les islamistes plutôt que de systématiquement les critiquer sans comprendre ce qui se passe sur le terrain. Je pense à l’armée syrienne avec l’appui russe.
Le deuxième axe est civilisationnel et beaucoup plus profond. Il faut absolument réenchanter le monde et réenseigner le roman national à tous les enfants dans ce pays, pour qu’ils tirent une fierté d’être Français. C’est alors qu’ils se nourriront profondément et pourront s’ouvrir aux autres et non pas de faire une bouillie pseudo-humaniste de pacotille, avec des discours d’ouverture à des personnes qui, pour une grande partie d’entre eux, n’ont rien à voir avec le conflit syrien. Je parle des personnes qui sont arrivées ces dernières années sur le territoire de l’Union européenne et dont une partie peut très bien être des agents dormants ou des gens qui sont dans ce qu’on appelle la taqîya. Par cette dissimulation, ils pourraient très bien chercher à poursuivre ce but politique qui consiste à établir sur la planète un nouveau califat, dans ce rêve complètement fou d’un retour aux temps rêvés autour du prophète. Beaucoup d’ouvrages sur la mort du prophète, sur les premiers califes et les ouvrages d’Adonis sur la violence de l’Islam devraient être lus par nos responsables politiques qui sont malheureusement totalement incultes.
Le troisième axe est beaucoup plus pratique. Ce serait d’avoir moins de naïveté et de sélectionner davantage les personnes à l’entrée du territoire national. On pourrait se souvenir que ce n’est pas parce que l’on vient d’une zone de conflit ou d’une zone où règne la misère qu’on est automatiquement animé des meilleures intentions du monde. Il serait bien de cesser de psychologiser à outrance.

Le confinement aggrave-t-il les pathologies des personnes souffrant de troubles psychiatriques ?

J’aurais trois niveaux de réflexion concernant cette question. Tout d’abord, je voudrais rappeler la grande abnégation et le grand travail effectué par les unités d’hospitalisation en psychiatrie. Leurs moyens sont comme toujours insuffisants. Je rappelle que la schizophrénie touche 1 % de la population générale. Toute famille peut être touchée. Pour la minorité de ces patients qui ont besoin de vivre à l’hôpital et ne peuvent pas vivre ailleurs, nous manquons de lits et de moyens. C’est très difficile pour eux, car ils ne peuvent plus pratiquer leurs activités habituelles et n’ont pas forcément les moyens psychiques de comprendre ce qui se passe, d’autant plus que les soignants portent des masques et pas eux. C’est donc très angoissant pour eux.
Le deuxième niveau de réflexion est celui des personnes plus fragiles qui sont contraintes au confinement. Même pour une personne solide qui vit dans 40m2 dans une banlieue sans possibilité de sortir avec deux enfants qui ont besoin d’être occupés, c’est évidemment très difficile. De ce fait, on peut donc craindre des décompensations en terme médical et la résurgence du fait de l’espace de conflits intra-familiaux qui étaient jusqu’à présent atténués.
Je tiens au troisième niveau de réflexion. Ce n’est pas pour autant qu’il faut absolument rentrer dans cette espèce de discours pseudo-humaniste qui consiste à créer des numéros d’urgence dans tous les sens. D’abord, nous n’avons pas assez de soignants et en plus cela n’est pas un exosquelette, comme pour la sécurité c’est-à-dire plus de policiers et plus de psychiatres, qui va remplacer l’absence de structures et de solidarité interne dans nos populations. On revient une nouvelle fois à la question culturelle. Il faut avoir des programmes exigeants intellectuellement aux heures de grandes écoutes sur les services publics de radio et de télévision. Il faut éviter d’abrutir notre population et de lui faire croire qu’elle peut avoir une satisfaction immédiate de tous ses besoins. C’est une grande politique culturelle qu’il faudrait mener.

On dit souvent qu’il y aura un avant et un après l’épidémie de coronavirus. Cet attentat nous rappelle les faiblesses de nos sociétés, avec l’absence de frontière ou de contrôle, et la délégation de nos services publics, comme la fabrication de médicaments ou la sécurité. À l’issue de ce confinement, notre société pourrait-elle changer ?

Depuis plusieurs années, une de mes préoccupations est celle de la politique des médicaments génériques. Finalement, cela encourage nos entreprises à ne faire que des copies, car elles n’ont pas forcément les moyens en investissement et en recherche. On revient à la question du plan tel qu’il était pratiqué en France auparavant. Je pense que mon ami Henri Guaino en parlerait plus savamment que moi.
Nous revenons aussi à la question des indicateurs économiques qui sont remis en cause, comme le produit intérieur brut qui a été inventé à la demande du président Roosevelt, au moment de la grande crise économique aux États-Unis pour mesurer les effets de la crise. On voit beaucoup d’économistes remettre en question son bien fondé. Cela revient surtout à considérer que tout ne peut pas être donné au marché. Dans ce que vous avez évoqué, il y a le principe d’externalisation qui a touché également nos armées. Je donne un exemple pour l’armée britannique qui en est revenue. Lorsque les obus tombent, un médecin militaire reste. En revanche, un médecin civil sous contrat s’en va et démissionne. Nos surveillants de l’administration pénitentiaire ont vu pour les transfèrements des sociétés privées prendre les contrats pour transporter les prisonniers. Il y a quelques années, des surveillants ont failli être tués parce qu’ils étaient seuls à l’arrière avec un détenu extrêmement violent qui a essayé de les saigner littéralement. Le chauffeur n’étant pas de l’administration pénitentiaire, il n’était ni armé ni capable d’intervenir. Cette crise doit nous faire revenir au régalien, à la remise en cause des indicateurs économiques et faire changer la vision de la croissance et de l’exploitation des matières premières. C’est un sujet très vaste. Je crains que l’actuel gouvernement ne soit pas équipé psychologiquement et intellectuellement pour le faire.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Nicolas Dhuicq : « La réaction italienne a été salutaire »

Nicolas Dhuicq analyse la rencontre Salvini-Orbán et la crise migratoire en Europe.

Salvini et Orban se sont rencontrés. Le Premier ministre hongrois a qualifié Salvini de héros. Il semblerait qu’une espèce de duel est en train de s’organiser avec Salvini et Orban d’un côté et Macron de l’autre côté. Le rapprochement entre l’Italie et la Hongrie était-il évident ?

Je trouve qu’il est assez logique. Pour comprendre l’Italie, il faut se souvenir que l’Union européenne des beaux esprits a abandonné les Italiens qui ont la distance la plus faible avec les rives nord du continent africain. Pendant longtemps, l’Europe a abandonné l’Italie, d’où la réaction italienne qui est à mon sens assez salutaire. Beaucoup des beaux esprits qui critiquent l’Italie ne prendraient pas chez eux des réfugiés. Nous avons une espèce de bourgeoisie qui se pense détentrice de la vérité et qui se permet d’émettre des jugements de valeur en permanence. C’est assez insupportable.
La morale de tout cela est que la solution pérenne serait une solution du développement du continent africain. J’ai très peur de l’explosion d’Algérie à la mort de Bouteflika. Je ne sais pas combien de temps le royaume marocain va résister aux islamistes. Si le continent africain continue son évolution démographique, il faudra absolument fixer les populations.
Il s’agit-là du long terme, mais malheureusement le long terme est peu compatible avec l’électoralisme. Mais il faudra absolument qu’on puisse aborder ce sujet.
Pour le reste, je trouve que la politique de Salvini est assez courageuse. Il se trouve assez seul jusqu’à présent parmi les dirigeants qui sont plutôt dans cette bourgeoisie éclairée qui vit dans un monde qui n’existe plus aujourd’hui.
Pour le reste, il n’y a pas de duel avec Emmanuel Macron puisqu’il pèse de moins en moins au niveau international. Il n’y a pas de politique étrangère française à l’heure actuelle. La question de fond pour l’Italie sera la même à laquelle était confronté Mattéo Renzi, c’est-à-dire la question du poids des banques américaines, le poids du dollar et du poids des emprunts qu’ils doivent faire sur les fameux marchés financiers totalement contrôlés par les Américains. D’où la guerre monétaire qui se joue et qui à mon avis va être encore plus importante dans l’élection européenne à venir que les questions d’immigration.

Texte repris du site Boulevard Volatire

Nicolas Dhuicq, ex-député LR : « Nous entrons dans une zone d’intolérance majeure »

28/06/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Dix ans durant, Nicolas Dhuicq a été un des rares députés (UMP puis LR) véritablement de droite. Aux dernières élections législatives, sa circonscription, la première de l’Aube, a été le théâtre de l’unique triangulaire de France. Le Front national, qui aurait pu retirer son candidat – d’autant que Dhuicq n’avait pas appelé à voter contre Marine Le Pen à la présidentielle –, l’a maintenu. Résultat : Nicolas Dhuicq a été battu et c’est l’obscur candidat d’Emmanuel Macron qui a été élu. Nous publions ci-dessous de courts extraits du long entretien que Nicolas Dhuicq a accordé à l’hebdomadaire Minute paru ce matin, qui publie également un entretien avec Thierry Mariani.

Minute Droite année zéroMinute : Pensez-vous que le décervelage par l’Education nationale a joué un rôle dans cette élection ?

Nicolas Dhuicq : Bien sûr.

Tout a commencé à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, quand le Parti communiste français a réussi son opération de communication en faisant croire que la Résistance était de gauche, alors qu’en fait les premiers fusillés étaient d’Action française. Puis, après la mort de Malraux, la droite a abandonné la culture. […]

Je crains que nous ne soyons entrés dans un monde qui ressemble à celui de la chute de l’Empire romain : les gens sont abreuvés de pain et de jeux. Je regarde très peu la télévision mais quand je l’allume, je suis navré de voir que nous payons des impôts pour une télévision publique qui fait les mêmes programmes que la télévision privée.

Nous sommes dans l’inculturation et l’abêtissement permanents, et dès lors il ne faut pas s’étonner des résultats électoraux. C’est pour cela que le combat est essentiellement culturel.

Minute : Des candidats ont été élus qui paraissent incapables de débattre et d’aligner trois idées. Une explication psychiatrique ?

Nicolas Dhuicq : La première cause, extrêmement profonde, est culturelle : nos compatriotes n’ont plus aucune instruction civique, au sens de la fonction des institutions. Ils ne savent plus ce qu’est la séparation des pouvoirs, alors que l’exécutif s’immisce de plus en plus dans le législatif et que ces nouveaux élus vont trouver normal que l’exécutif leur dise exactement ce qu’il faut faire. […]

Nicolas Dhuicq 2Minute : Vous avez parlé de la grande violence sous-jacente de la société et des menaces très violentes qui pèsent sur elle. Pensez-vous que Macron en soit conscient ?

Nicolas Dhuicq : Je ne pense pas qu’il soit totalement conscient de la réalité de la vie française et de sa complexité.

[Macron] fait partie de ces jeunes Occidentaux aisés qui considèrent que tout va se résoudre par la macro-économie, et ce, même face à des dangers majeurs comme celui du wahhabisme – cet islam politique profondément antidémocratique porté par l’Arabie saoudite et qui, avec le remplacement de population, est vraiment la question majeure pour nous.

Il ne tient pas compte de l’irrationnel, sauf dans la manipulation des foules. Cette question fondamentale n’a pas été abordée clairement pendant la campagne électorale, y compris par Marine Le Pen. Si elle avait été bien entourée et si elle avait été capable de tenir un discours recevable, qui ne soit ni un discours simpliste de rejet basique, ni un discours de naïveté absolue, elle aurait eu là un boulevard. […]

Philosophiquement, on assiste à la convergence des idiots utiles libertaires avec les thuriféraires extrêmement cyniques du marché ; elle aboutit à la marchandisation du corps humain. On va assister à tout cela avec un grand sourire et un affichage de grande tolérance alors qu’en fait, nous entrons dans une zone d’intolérance majeure.

Extraits d’un long entretien à lire dans son intégralité
dans Minute n° 2828 daté du 28 juin 2017

Nicolas Dhuicq : « Je redoute que ce ne soient les services américains qui imposent leurs vues à Trump »

08/04/2017 – ÉTATS-UNIS (NOVOpress)
Le député de l’Aube Nicolas Dhuicq réagit au micro de Boulevard Voltaire après les frappes aériennes en Syrie décidées par le président Trump. Il redoute que ce dernier ne soit manipulé par les services américains (CIA, NSA)…

Par ailleurs, Nicolas Dhuicq insiste sur la nécessité de maintenir l’intégrité de la Syrie car sa partition signerait la guerre éternelle.



Nicolas Dhuicq : "Je redoute que ce soit les… par bvoltaire