Napoléon fait de l’ombre au Naboléon élyséen

Napoléon

On ne fêtera pas comme il convient, cette année, le bicentenaire de la mort de l’empereur Napoléon Ier.
Service minimum pour nos communicants, pourtant grands spécialistes de la commémoration et de l’hommage. Pour ne pas déplaire, paraît-il, aux indigénistes et autres procureurs de l’histoire de France, ce pays de « racistes systémiques ».
Mais ne serait-ce pas aussi parce que, 200 ans après, Napoléon fait encore de l’ombre à tous ces médiocres Naboléons, politiciens parvenus qui se sont installés dans la république, à l’image d’Emmanuel Macron lui-même ?
Napoléon Bonaparte, c’est en effet l’anti-Emmanuel Macron.

Mettre fin au chaos ou l’organiser

Napoléon Bonaparte a mis fin au chaos révolutionnaire et réalisé une synthèse imprévue et réussie entre certaines valeurs des Lumières et celles de l’Ancien Régime.
Emmanuel Macron, lui, est l’homme du chaos permanent, l’homme qui s’ingénie à dresser les Français les uns contre les autres, car il ne peut régner qu’en divisant.

Napoléon a reconstruit l’ordre social en particulier grâce à une œuvre remarquable de codification. Grâce à la mise en place d’un État fort et protecteur de l’unité, des libertés et de l’égalité juridique des Français. En mettant en place une véritable méritocratie. En rétablissant aussi la liberté religieuse.
Emmanuel Macron appartient, lui, à la catégorie des déconstructeurs et des iconoclastes : son action vise à déconstruire les systèmes sociaux, à privatiser l’État, à nier l’identité française, à détruire la sûreté publique, à ouvrir toutes grandes les portes à l’immigration. Et à réduire sans cesse la liberté des Français.

Le rang de la France

Napoléon a rendu à la France la place et le rang qu’elle avait perdus sous l’effet de la dégénérescence de la monarchie et du chaos révolutionnaire.
Emmanuel Macron préside, lui, au déclin français sur tous les plans : l’alignement sur l’atlantisme, l’inféodation à l’Allemagne et à la Commission européenne, la soumission aux pétromonarchies, la vente à la découpe du patrimoine économique et industriel, la dépendance internationale.

Napoléon a donné à la France une puissance militaire inégalée, qui lui a permis de tenir tête à toute l’Europe.
Emmanuel Macron, lui, sanctionne ses propres généraux et officiers qui dénoncent le délitement de la France. Et sa police a ordre de reculer devant les racailles.

Un homme d’État

Napoléon était un homme d’État, un fondateur, un politique qui voyait grand et qui savait trancher et résoudre les questions apparemment insolubles, un militaire qui donnait de sa personne. Et même dans sa chute, il fut grand.
Emmanuel Macron, lui, apporte chaque jour la preuve qu’il n’est rien de tout cela.

Napoléon incarnait l’histoire de France et aussi celle de l’Europe.
Emmanuel Macron représente, lui, la France à la dérive et l’Europe en état de mort cérébrale.

Vive l’empereur !

Napoléon reste populaire, et pas seulement en France, 200 ans après sa mort.
Emmanuel Macron, lui, avait déjà atteint son seuil d’impopularité au bout d’une seule année de présidence.

Voilà pourquoi, si en 2021 on peut encore crier « Vive l’Empereur ! », on a la certitude que personne ne criera jamais, librement : « Vive le président Macron ! »

Michel Geoffroy

Texte repris du site Polémia

Napoléon : le gentilhomme et le révolutionnaire, par Dominique Venner

Napoléon

L’excellente revue Éléments publie dans son dernier numéro, consacré au bicentenaire napoléonien, un article que Dominique Venner y avait écrit en 1980. Il n’a pas pris une ride.

Il est prodigieux que si peu de temps après le typhon révolutionnaire, il se soit trouvé un génie capable de réaliser la synthèse parfaite de l’ancienne société monarchique et des apports positifs de la Révolution.

Jamais peut-être dans son histoire, la France ne fut – et ne sera – aussi puissante, aussi respectée. Malgré les fautes des années suivantes, le poids d’une guerre sans fin, le joug d’une dictature personnelle étouffante, les invasions de 1814 et 1815, il restera de cette brève époque comme le souvenir d’un âge d’or. Le martyr de Sainte-Hélène fera oublier le souverain autoritaire et le conquérant insatiable. Sa fin cruelle sur un rocher solitaire battu par les flots fascinera les romantiques qui fourniront un support littéraire à sa légende.

La réussite fulgurante, la gloire immense

Balzac, Stendhal, Hugo, Musset, Berlioz ou Delacroix se sont formés sous l’Empire et leur imagination s’est enflammée à la lecture des Bulletins de la Grande Armée. Ils ont été les témoins de la mort d’un monde et de l’accouchement d’une société nouvelle. La société monarchique, société patriarcale, fondée, suivant le mot de Montesquieu, sur l’honneur, sur les valeurs du rang, liées à la naissance, ignorant l’ambition, immuable dans ses comportements, a été balayée par la soif d’égalité, la disparition du cloisonnement de caste, l’ambition insufflée à tous, la ruée aux places, les coalitions d’intérêt. Un monde sans limites s’est ouvert aux fils des anciens serfs, des boutiquiers et des clercs de basoche. Acquéreurs de biens nationaux, spéculateurs de guerre, accapareurs de grands emplois publics, ils sont devenus banquiers, notaires, préfets, juges.

D’autres qui n’étaient rien se sont fait un nom par les voies plus risquées de la guerre. Les sergents Augereau, Masséna ou Bernadotte sont devenus généraux de la Révolution, maréchaux d’Empire, duc, prince et roi ! Et au-dessus, leur maître en toutes choses, le ci-devant sous-lieutenant Bonaparte, symbole de la réussite fulgurante, de la gloire immense. Celui qui fera rêver des générations de jeunes ambitieux impécunieux.

Déchiffrer la loi du monde…

Stendhal avec Julien Sorel, Balzac avec Rastignac ont cerné ce type d’aventurier, d’arriviste de haute stature inspiré par le modèle napoléonien. « Depuis bien des années, Julien Sorel ne passait peut-être pas une heure sans se dire que Bonaparte, lieutenant obscur et sans fortune, s’était fait le maître du monde avec son épée. Cette idée le consolait de ses malheurs… » Rastignac médite la méthode de l’Autre : « Avoir la cervelle cerclée de fer dans un crâne d’airain, avoir assez d’énergie sur soi-même, et on marche sur l’humanité comme sur un tapis. »

En bons élèves de Napoléon, ils ont déchiffré la loi du monde. Froids, calculateurs, sceptiques, dissimulateurs, fermés aux sentiments, concentrant leur énergie pour l’action, ils sont prompts à saisir les rares occasions que la chance présente aux hommes. Ce sont les précurseurs de l’homme d’action moderne, dont la silhouette glacée se nimbe d’esthétisme. Ce sont les prédateurs sociaux cernés par Pareto, à la fois renards et lions. Ils annoncent, suivant la formule de Malraux dans sa postface aux Conquérants, « un type de héros en qui s’unissent l’aptitude à l’action, la culture et la lucidité ». La férocité de leur ambition peut susciter l’effroi, jamais le mépris. Ils ne sont pas asservis à l’argent, mais au goût de la conquête et de la gloire. Ils font leur la maxime de Napoléon : « La mort n’est rien, mais vivre vaincu et sans gloire, c’est mourir tous les jours. »

Hérédité et volonté

Bonaparte, en son temps, avait été tout cela. Tirant son pouvoir d’un coup d’État appuyé par des révolutionnaires fatigués, il ne pouvait renouer avec la légitimité rompue de l’ancienne monarchie. Il chercha donc dans le soutien populaire personnel, par le moyen du plébiscite, le fondement d’une légitimité nouvelle établissant ainsi une véritable alternative moderne à la monarchie héréditaire, le principe d’un pouvoir conciliant démocratie, autorité et continuité. Principe redécouvert après l’échec répété des tentatives de pouvoir parlementaire, par les fondateurs de la Ve République, à travers l’élection du président de la République au suffrage universel et le recours au référendum.

Il est tout à fait prodigieux que si peu de temps après le typhon révolutionnaire, il se soit trouvé un génie capable de réaliser la synthèse parfaite de l’ancienne société monarchique et des apports positifs de la Révolution. Peut-être le fait de réunir en lui l’hérédité d’un gentilhomme et l’ambition d’un révolutionnaire l’y a‑t-il aidé.

Dominique Venner

Éléments n°35, 1980. À lire, actuellement en kiosque : Éléments n°189, avril-mai 2021, Vive l’Empereur et mort aux cons !

Eric Zemmour sur Napoléon : “Notre époque est trop médiocre pour comprendre un génie pareil. Elle ne peut être que dans le ressentiment minable car il est trop haut pour ses adversaires d’aujourd’hui”

Éric Zemmour : « Aujourd’hui, Napoléon réunirait les dignitaires musulmans et les obligerait à bazarder la moitié du Coran »

13/02/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Face à Thierry Lentz, Éric Zemmour a déclaré : « Aujourd’hui, Napoléon réunirait les dignitaires musulmans et les obligerait à bazarder la moitié du Coran ».

Un passage à voir dans la 2ème partie de l’émission « Face à l’info » du 12 février 2020.


La Petite Histoire : Napoléon était-il un « sale con » ?

Napoléon

18/04/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Dans une vidéo récente, le site Topito.com dresse la liste des « 5 trucs cool inventés par des sales cons ». Dans cette liste on retrouve Hitler, Pétain, Saddam Hussein et… Napoléon !

Tantôt accusé d’être un « tyran colonialiste », sans pitié pour ses adversaires, tantôt jugé responsable de la mort de deux millions de personnes, l’empereur Napoléon se voit ainsi insulté par des gens qui, visiblement, n’ont pas cru bon d’ouvrir un livre d’histoire avant de réaliser leur vidéo. Cet épisode de La Petite histoire, diffusé par TV Libertés, est tout simplement une réponse à ces inepties grossières et pseudo-cool.

Napoléon et Paris : rêves d’une capitale au musée Carnavalet

11/04/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Chef de guerre mais aussi administrateur, urbaniste, Napoléon a transformé Paris en ville moderne. Cet amour pour la capitale française, son rêve d’une nouvelle Rome, sont au coeur d’une exposition au musée Carnavalet. Sous son règne, la ville est devenue le centre de la vie politique, diplomatique et mondain du Grand empire. Napoléon a également beaucoup fait en termes d’urbanisme, il a changé le quotidien des Parisiens en faisant édifier de nombreux
équipements d’utilité publique.



Napoléon : exposition au musée de l’Armée et jeu de stratégie exceptionnel

Napoléon : exposition au musée de l’Armée et jeu de stratégie exceptionnel

29/01/2013 – 16h30
PARIS (NOVOpress) – Du 27 mars au 14 juillet prochain, le musée de l’Armée, en association avec la Kunst und Ausstellungshalle de Bonn, présente une version française de l’exposition « Napoleon und Europa : Traum und Trauma ».

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[Histoire] 1812, la paix et la guerre par Jean Joël Brégeon

[Histoire] 1812, la paix et la guerre par Jean Joël Brégeon

L’année 1812 s’inscrit au nombre de ces moments décisifs qui changent le cours de l’histoire. Commencée dans la paix, elle va se terminer dans la guerre. Pour l’Empire français, ce fut le commencement de la fin. En janvier au sommet de sa puissance, Napoléon régente le continent. En mai à Dresde, presque toute l’Europe lui fait la cour. En décembre tout est joué. Il vient de perdre la plus grande armée jamais réunie et doit regagner Paris pour faire face à un nouvel assaut. C’est à cette année, décisive pour l’avenir de l’Europe, que l’historien Jean-Joël Brégeon a consacré son dernier livre.

Auteur d’ouvrages consacrés à la Révolution, à l’Empire et à la Restauration – Carrier et la Terreur nantaise (1987), L’Egypte de Bonaparte (1998), Kléber (2002), Napoléon et la guerre d’Espagne (2006), La Duchesse de Berry (2009), Ecrire la Révolution française (2011) – qui font autorité, J.J. Brégeon nous entraîne très exactement deux siècles en arrière, en cette année 1812 où tout bascula. « 1812 fut l’annus horribilis par excellence. Au faîte de sa puissance, Napoléon, maître de l’Europe, vit tout s’écrouler en quelques mois », prévient-il.

Refusant à la fois de traiter l’année dans l’ordre chronologique pur et simple ou de l’aborder de façon non plus diachronique mais thématique, J.J. Brégeon a choisi habilement de combiner les deux. Soucieux de ne pas se disperser, l’historien a dû faire des choix : douze chapitres pour parler de l’essentiel, douze points majeurs pour aborder des points peut-être mineurs, mais tout à fait caractéristiques de l’époque. D’autres aspects, secondaires ou retenus comme témoignages, sont regroupés en annexe. L’ouvrage est enfin complété par treize œuvres d’arts, emblématiques de l’année 1812, commentées par l’auteur.

Pour évoquer cette année cruciale Brégeon l’inscrit dans son amont. Après avoir souligné l’originalité de la Russie et la place particulière qu’elle occupe en Europe, il insiste sur la renaissance de la Prusse et sur ce qu’il nomme l’aporie polonaise. Négligeant l’Empire d’Autriche, en position d’attente, allié contraint de la France – mariage de l’Empereur avec Marie-Louise oblige – il laisse également délibérément de côté le Royaume-Uni qui n’agit qu’en sous-main, sauf en Espagne.

L’incendie de Moscou, par J.C. Oldendorp. « La vision est celle de la fin d’un monde » (J.J.B.). Deutsches Historisches Museum, Berlin.

Mais 1812, ce n’est pas seulement l’incendie de Moscou et la Bérézina. L’auteur évoque aussi la vie tranquille, loin de la guerre, pour des illustres – Beethoven, Chateaubriand, Hegel…- et des millions d’inconnus. C’est encore l’éveil des peuples, des sentiments nationaux en Pologne, en Espagne, en Allemagne, en Russie, en Italie…Les arts, les lettres, la philosophie se mêlent à la politique et donnent des chefs d’œuvre. 1812 est l’année de Goethe, de Géricault, de Goya, de Turner ou de Canova.

Avec un angle de vue très personnel mais toujours appuyé sur une documentation rigoureuse, J.J.Bregeon nous donne là un excellent panorama général, intelligemment enrichi de « zooms » effectués sur des points précis, sur une année qui vit passer l’Empereur – « l’âme du monde » (Hegel) – du sommet de sa puissance au commencement de sa fin. A lire absolument.

1812, la paix et la guerre par Jean Joël Brégeon, Perrin, 24,50 €