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Le dossier de juin de Causeur : le multiculturalisme contre les femmes

Causeur multiculturalismePrésentation du dossier du numéro de juin de Causeur par Daoud Boughezala, rédacteur en chef de Causeur.

La Chapelle-Pajol. Ce quartier du 18e arrondissement de Paris a fait les gros titres de la presse nationale depuis qu’au printemps, une pétition de femmes a dénoncé le harcèlement et les brimades qu’elles subissent dans la rue. Des enfants de l’immigration afro-maghrébine culturellement peu intégrés car restés étrangers à la galanterie française ont été désignés comme les houspilleurs de dame en jupe. Du coup, certaines féministes comme Caroline de Haas, atteinte du syndrome de Cologne, ont minimisé ces nuisances, suggérant d’élargir les trottoirs pour atténuer les tensions !

>> Lire le magazine: Le multiculturalisme contre les femmes

Ce qu’est le multiculturalisme

Ulcérée par cette entorse faite à l’égalité française, Elisabeth Lévy s’afflige de voir cette question sensible prise en otage par notre surmoi antiraciste :

« A chaque fois que la question de la coexistence des cultures s’invite dans le débat public, le même mécanisme collectif d’auto-persuasion se met en place et de bons esprits s’efforcent de nous expliquer que ces actes inqualifiables sont le fruit de la pauvreté, donc un peu de nos manquements collectifs. »

Eternelle antienne du padamalgam qui justifie tous les aveuglements, au nom d’une vision iréniste du multiculturalisme, lequel « ne résulte pas de la joyeuse coexistence sur le même sol d’individus venus de cultures différentes, mais de la concurrence de plusieurs normes anthropologiques, culturelles, sociales et donc civiques », précise notre directrice de la rédaction.

Témoignage et enquête dans le 18e

Pour étoffer le dossier central que nous consacrons aux infortunes du multiculturalisme, dont les femmes sont peut-être les premières victimes, nous avons convié l’essayiste franco-tunisienne Hélé Béji. Athée issue de deux cultures, l’auteur d’Islam pride décortique les causes du malaise : « Il y a eu un double ratage éducatif en France : le prêche des imams dans les mosquées, qu’on a laissé faire, et l’instruction républicaine, la culture classique » que l’école peine à inculquer. Paradoxe :

« C’est la démocratie qui a donné aux identités culturelles le droit de s’exprimer, mais ces identités n’ont pas forcément une conduite démocratique ».

Sur le terrain, l’ancienne élue séguiniste Roxane Decorte témoigne de l’évolution de son quartier de toujours, passé de bastion populaire à une mosaïque de communautés n’ayant que la misère à se partager. Le reportage que Paulina Dalmayer a pu réaliser à La Chapelle est édifiant, à l’écoute des femmes, loin des bluettes que nous narrent le Bondy Blog ou Mediapart.

Pour clore ce dossier, Noémie Halioua raconte avec force détails la nuit de supplice qu’a subie Sarah Halimi, juive orthodoxe assassinée le 4 avril par un djihadiste « déséquilibré ». Ce crime de sang-froid n’a provoqué qu’une omerta médiatique, avant qu’une myriade d’intellectuels comme Alain Finkielkraut, Jacques Julliard Marcel Gauchet ou Michel Onfray ne s’empare de l’affaire.

Extrait du texte de présentation du numéro de juin
repris du site de Causeur


Causeur Juin 2017 – #47 par causeur

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Quand Houellebecq décrivait Bruxelles comme un « sanctuaire terroriste »

25/03/2016 – PARIS (NOVOpress) : Lanzarote est un récit de Michel Houellebecq paru en 2000 chez Flammarion. Ce « récit sur photographie », tenu pour mineur, s’inscrit dans son œuvre après Les Particules élémentaires (1998) et avant Plateforme (2001). Dans l’île de Lanzarote, aux Canaries, le narrateur – un double de l’auteur – rencontre deux lesbiennes allemandes et Rudi : « Il s’avéra que Rudi était inspecteur de police, et qu’il vivait à Bruxelles. Au cours du repas, il me parla de la ville avec amertume. La délinquance y était envahissante : de plus en plus souvent les groupes de jeunes attaquaient les passants en pleine journée, au milieu des centres commerciaux. Quant à la nuit, il ne fallait pas y songer : cela faisait bien longtemps que les femmes seules n’osaient plus sortir après le coucher du soleil. L’intégrisme islamique avait pris des proportions alarmantes ; après Londres, Bruxelles était maintenant devenue un sanstuaire terroriste. »

Plus tard, Rudi écrit dans un message :

« Vous ignorez probablement ce que c’est qu’être flic ; vous ne réalisez  pas à quel point nous formons une société à part, repliée sur ses propres rites, tenue dans la suspicion et le mépris par le reste de la population. Vous ignorez sans doute encore davantage ce que c’est qu’être belge. Vous ne mesurez pas la violence – latente ou réelle –, la méfiance ou la crainte auxquelles nous sommes confrontés dans nos rapports quotidiens les plus élémentaires. Essayez, à titre d’exemple, de demander votre chemin à un passant dans les rues de Bruxelles : le résultat vous surprendra. Nous ne formons pus, en Belgique, ce qu’il est convenu d’appeler une “société” ; nous n’avons plus rien en commun que l’humiliation et la peur. C’est une tendance, je le sais, commune à l’ensemble des nations européennes ; mais, pour différentes raisons (qu’un historien serait sans doute à même d’élucider), le processus de dégradation a atteint une gravité particulière en Belgique. »

Ce texte, rappelons-le, a été publié en 2000. Il y a seize ans…