Tag Archives: mondialisation

Mondialisation : comment le gaz de schiste américain a ruiné des paysans indiens

Mondialisation : comment le gaz de schiste américain a ruiné des paysans indiens

07/01/2013 – 08h00
JAIPUR (NOVOpress) –
Cela aurait presque pu passer pour un conte de fées : tout à coup les paysans pauvres d’une région semi-désertique de l’Inde (le Rajasthan au nord-ouest du sous-continent) abandonnent leurs huttes en pisé pour des maisons en dur, achètent des voitures et travaillent avec des tracteurs neufs… Mais les contes liée à la mondialisation finissent rarement bien.

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Euribor, encore un scandale bancaire…

Euribor, encore un scandale bancaire…

Graphique ci-dessus : Les taux de l’Euribor sont déterminés chaque jour en fonction des données fournies par 44 banques.

22/12/2012 — 22h30
PARIS (NOVOpress/Bulletin de réinformation) — Cette fois-ci, certaines banques comme la Société Générale ou l’Union des banques suisses, UBS sont visées par des enquêtes sur l’Euribor. Elles sont accusées d’avoir trafiqué l’Euribor, un taux d’intérêt qui régit les prêts entre banques et qui est utilisé par les banques européennes pour calculer la base de la plupart de leurs prêts.

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Florange Mittal : l'arbre qui ne doit pas cacher la forêt des licenciements

Florange Mittal : l’arbre qui ne doit pas cacher la forêt des licenciements

16/12/2012 – 10h30
PARIS (NOVOpress via le Kiosque Courtois) –
Pour le mois de novembre et le début de décembre, ce sont des centaines d’entreprises qui ont licencié tout ou partie de leurs salariés. MVM, Focast, Cimes (un sous-traitant de PSA), Walygator, SAEB, Camponovo, Buroform, Sanef, MEB, France-Télévision, TF1, Ligne Roset, Véolia, Clestra, Faurecia, Pilpa, Idd Tech, Electrolux, Cvo Plouhinec, etc. etc. La liste est interminable. Ce sont ainsi, chaque mois, des dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires.

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Vignoble : Les Chinois mettent un pied de plus à Bordeaux

Vignoble : Les Chinois mettent un pied de plus à Bordeaux

29/11/12 – 10h00
BORDEAUX (NOVOPress via Infos Bordeaux) —Selon le site internet de Terre de Vins, « Bellefont-Belcier, Grand Cru Classé à Saint-Emilion qui appartenait depuis 1994 à trois associés, Dominique Hébrard, Alain Laguillaumie et Jacques Berrebi, vient d’être vendu à un investisseur chinois ». Le montant n’a pas été révélé.

Le nouvel acquéreur, Monsieur Wang, est un riche industriel de 45 ans qui a fait fortune dans les minerais de fer. Domaine de 20 hectares situé tout près du Château Pavie, c’est la propriété la plus prestigieuse du Bordelais jamais achetée par un investisseur chinois.

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Italie : Mario Monti veut déclarer illégale « l'agriculture à kilomètre zéro »

Italie : Mario Monti veut déclarer illégale « l’agriculture à kilomètre zéro »

01/11/12 – 10h00
ROME (NOVOpress)
– Le président du conseil Mario Monti, l’homme des banques et des institutions internationales, a déposé une requête contre la Région de Calabre devant la cours constitutionnelle du pays.

De quoi s’est donc rendue coupable la région Calabre pour s’attirer ainsi les foudres de M. Monti ?
Celle-ci est en fait accusée par le chantre du libéralisme mondialisé d’avoir légiférer au-delà de ses compétences en édictant des textes favorisant la commercialisation des produits agricoles régionaux (textes dits “d’encouragement à l’agriculture à kilomètre zéro“).

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Panneaux photovoltaïques: la Chine accusée de « dumping »

Panneaux photovoltaïques: la Chine accusée de « dumping »

11/02/12 – 20h00
BRUXELLES (NOVOpress) 
– Nouvelle exemple des joies de la mondialisation et du grand marché « libre et ouvert » : les équipementiers européens se sont vu dépouillés en quelques années de près de 80 pour cent du marché de l’Union Européenne par des entreprises chinoises aujourd’hui accusées d’avoir pratiqué du « dumping » tarifaire.
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"Le XXIe siècle ou la tentation cosmopolite" - Entretien avec l'auteur du livre

“Le XXIe siècle ou la tentation cosmopolite” – Entretien avec l’auteur du livre

Entretien avec le Dr Bernard Plouvier, propos recueillis par Fabrice Dutilleul.

Vous abordez dans votre livre des thèmes très divers, tels les origines de l’Homo sapiens, le domaine territorial de la race blanche, dite « caucasienne », les constantes de la société humaines et les variables culturelles, mais également l’ambiguïté du « libéralisme » et du « melting pot » des USA, l’expérience mondialiste et l’économie globale qui permet aux ploutocrates de confisquer les États… Le titre de cette collection « Nouveau siècle, nouveaux enjeux » semble parfaitement s’appliquer au thème de ce livre ?

Nous autres, Européens autochtones, vivons indéniablement une période de « fin de civilisation », qui ressemble à s’y méprendre à celle vécue par les contemporains de la fin de l’Empire romain d’Occident. Cette constatation, assez peu réjouissante, mérite à la fois que l’on établisse un bilan des réalisations anciennes et que l’on apporte quelques réflexions comparatives sur les valeurs qui s’estompent et celles qui émergent.

Au Ve siècle, l’enrichissement général des citoyens de l’Empire romain avait conduit au relâchement de l’effort collectif et deux nouvelles religions moyen-orientales – la chrétienne et celle des adorateurs de Mithra – avaient supplanté le culte des dieux de l’État. De nos jours, la fraction la plus inventive de l’humanité contemporaine s’est lancée dans la course effrénée aux petites joies individuelles, au lieu d’œuvrer comme auparavant pour la collectivité.

Au Ve siècle, le pouvoir spirituel avait asservi puis anéanti la puissance politique. De nos jours, les maîtres de l’économie écrasent les autres pouvoirs : exécutif, législatif, judiciaire, médiatique et même spirituel.

Consommer est devenu le but suprême de l’existence des individus, ce qui comble d’aise les maîtres du « village terrestre » peuplé d’hédonistes (les travailleurs) et de psychopathes (les parasites sociaux).

L’économie globale et la mondialisation de la vie économique et culturelle sont deux notions nées aux USA durant la IIe Guerre mondiale. Du fait de l’implosion des sociétés communistes, elles sont devenues la réalité quotidienne de presque tous les peuples de la planète : rêve pour les uns, cauchemar pour les autres… c’est affaire de sensibilité et d’idéal.

Il est évident que Franklin Delano Roosevelt, le grand concepteur, n’aurait nullement apprécié notre monde où les grands actionnaires des multinationales et des trusts nationaux d’Asie manipulent, du fait de la toute-puissance de l’argent, les pantins de la politique et des media.

Quelle est votre définition du « cosmopolitisme », un mot qui, au XVIIIe siècle, à l’époque des Lumières, représentait le nec plus ultra : cela revenait alors, pour l’élite, à s’informer des autres cultures que celle de son pays d’origine ?

Le cosmopolitisme à la sauce mondialiste équivaut au mixage des cultures et au brassage des populations, de façon à liquider l’option nationale, jugée pernicieuse. L’Europe est ainsi envahie d’extra-Européens, souvent incultes, toujours faméliques et avides, également nantis pour la plupart d’une religion médiévale, c’est-à-dire grosse de l’expression d’un fanatisme anachronique, mais également porteurs d’un racisme revanchard dont l’expression est évidente, sauf pour les pitres qui façonnent l’opinion publique et ceux qui font semblant de nous gouverner.

La propagande mondialiste reflète, c’est évident, les choix de nos maîtres, qui leur sont dictés par leur intérêt. Le grand village terrestre ne doit plus être composé que d’individus qui consomment beaucoup, au besoin à crédit, et pensent gentiment ce qu’imposent les fabricants d’opinion publique.

Dans leur désir d’uniformiser l’humanité, pour augmenter la rentabilité du négoce en facilitant le travail des producteurs, des distributeurs et des revendeurs de biens de consommation, nos maîtres font l’impasse sur de nombreuses données génétiquement programmées de l’espèce humaine, non susceptibles d’éducation ou de rééducation. En outre, il nient allègrement une évidence : la profonde inégalité des êtres humains et des civilisations passées.

Par intérêt également, ils autorisent le développement de conduites sociales aberrantes pour peu que cela leur fournisse un marché lucratif (pornographie, conduites addictives, coutumes alimentaires absurdes conformes à des préceptes religieux antiques ou médiévaux).

Que cela envahisse le continent phare du melting pot, celui des trois Amériques (pour reprendre une expression rooseveltienne), ne nous regarde pas en tant qu’Européens, mais il est grotesque de le tolérer dans notre continent, qui fut le continent civilisateur durant deux millénaires et demi.

Pourquoi ne pas aimer ce monde nouveau, apparu il y a une vingtaine d’années, lors de l’effondrement des sociétés communistes et du triomphe de l’american way of life ?

Dépourvus de culture historique et philosophique, nos nouveaux maîtres créent une société mono-culturelle, multi-raciale parfaitement artificielle, qui ne peut en aucun cas créer une civilisation stable, donc durable, ni innovante au plan intellectuel et spirituel.

L’étude des espèces animales démontre que l’égoïsme et l’individualisme sont nocifs à moyen terme pour l’espèce, mais aussi pour les individus. Sans discipline, sans hiérarchie fondée sur les qualités et les mérites individuels, sans cohésion du groupe fondée sur l’utilité sociale, il ne peut y avoir de sécurité donc de survie, encore moins d’expansion pour l’espèce considérée.

Ce qui effare le plus un observateur européen contemplant la société actuelle est de constater que les Européens de souche ont, par veulerie et par esprit de facilité, renoncé à leur histoire. De la position de civilisateurs de la planète, ils sont passés en un demi-siècle au statut de colonisés, achetant des produits de médiocre qualité et d’infime durée de vie, fabriqués le plus souvent en Asie, et se gavant d’une sous-culture élaborée aux USA et au Japon.

L’étude de quelques grandes civilisations européennes défuntes démontre que l’homogénéité ethnique est l’une des conditions fondamentales de l’implantation, puis du rayonnement d’une civilisation originale. La perte du sens de l’effort collectif, l’incorporation de populations ou de croyances issues d’autres continents sont les conditions idéales pour amener la dégénérescence, puis la mort d’une civilisation, c’est-à-dire l’instauration d’un nouvel « âge des ténèbres ».

On ne peut guère compter sur le milieu des universitaires, où règnent en maîtres le conformisme et le misonéisme, ni sur les media, par définition aux ordres du Pouvoir, pour provoquer une réflexion critique chez nos contemporains, alors même que l’avenir de l’Europe dépend essentiellement de la prise de conscience de l’originalité et de la richesse de leur passé par les Européens de souche, qui seuls doivent décider de l’avenir du continent et de sa race.

Dr Bernard Plouvier – Le XXIe siècle ou la tentation cosmopolite – Edition de L’Æncre, collection “Nouveau siècle, nouveaux enjeux”, dirigée par Philippe Randa.

"Relocalisons" - Méridien zéro avec Arnaud Naudin [audio]

“Relocalisons” – Méridien zéro avec Arnaud Naudin [audio]

Le dimanche 29 juillet l’émission de la webradio Méridien Zéro avait pour thème “Relocalisons”. La webradio avait comme invité Arnaud Naudin, secrétaire de rédaction de Novopress ; et Jean-Louis Roumégace et Wilsdorf comme animateurs.

L’émission traite des différents aspects de la relocalisation, inversion du processus de mondialisation, sujet économique mais peut-être encore plus politique.

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Un serpent chinois défie la métallurgie nazairienne

Un serpent chinois défie la métallurgie nazairienne

18/07/2012 – 12H30
SAINT-NAZAIRE (NOVOpress Breizh) – Œuvre d’un artiste d’origine chinoise fabriquée en Chine et cofinancée par l’Union européenne, le “Serpent d’océan” fait figure d’hommage à la mondialisation planté face aux chantiers navals de Saint-Nazaire.

Parmi les œuvres exposées dans le cadre d’Estuaire, la “biennale artistique” organisée cette année comme en 2007 et 2009 le long de l’estuaire de la Loire, le Serpent d’océan est spécialement remarqué. Spectaculaire, cette sculpture semi-immergée représente le squelette d’un serpent gigantesque échoué sur la plage de Saint-Brévin-les-Pins, face à Saint-Nazaire. Son auteur, Huang Yong Ping, est un artiste contemporain d’origine chinoise naturalisé français, qui s’installa en France en 1989.

Comme le note le site web La fonderie et piwi, “dommage que les autorités locales qui ont financé cet excellent projet aient confié (après les études et prototypes réalisés à la fonderie HP Drouot), la fabrication des pièces moulées de ce très long squelette marin à un fondeur chinois. Cela s’appelle un scandale qui mérite d’être mentionné et dénoncé.”

D’autant plus que les “autorités locales” n’ont pas financé seules le projet : il a été cofinancé par l’Union européenne (FEDER). Mais on note qu’Estuaire, à propos de cette œuvre, remercie Lowendalmasaï (Shangaï). Ce cabinet international d’origine française est un spécialiste de la réduction des coûts, souvent synonyme de délocalisation.

“Chaque fois que la globalisation inéluctable avance d’un pas, un dieu se retire !”, déclarait Huang Yong Ping à l’occasion de son exposition “Traces du sacré” au Centre Pompidou en 2008. De quel dieu son serpent aura-t-il provoqué le retrait ? “Certain jour au fond d’un estuaire / Un serpent piqua Saint-Nazaire / Que croyez-vous qu’il arriva ? / Ce fut le serpent qui creva !”, plaisante le blog nantais “La Méforme d’une ville”, détournant la fameuse épigramme de Voltaire contre le journaliste quimpérois Fréron. On aimerait en être sûr !

Bilan de la mondialisation chez PSA : 10 000 emplois menacés en France

Bilan de la mondialisation chez PSA : 10 000 emplois menacés en France

05/06/2012 –  08h00
AULNAY (NOVOpress) –
PSA Peugeot Citroën pourrait supprimer entre 8 000 et 10 000 emplois en France cette année dans le cadre d’un « nouveau plan d’économies » qui sera dévoilé le 12 juillet prochain. L’automne dernier, le groupe piloté par  Philippe Varin (photo) avait déjà annoncé la suppression d’environ 5 000 emplois, en favorisant les « départs volontaires » ou en supprimant des postes d’intérimaires, de sous-traitants ou en optant pour le non-remplacement des départs naturels.

Cette fois, du côté de l’avenue de la Grande Armée à Paris, un plan social serait à l’ordre du jour. L’usine d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) pourrait fermer ses portes (3 300 emplois menacés). Celle basée près de Rennes (Ille-et-Vilaine) pourrait également perdre entre 1 000 et 1 500 salariés (). Mauvais signe, des salariés de PSA sont « incités à aller voir ailleurs ». Depuis plus de dix ans, PSA Peugeot Citroën a construit des usines à tour de bras aux quatre coins de la planète : Kolin (République tchèque), Trnava (Slovaquie), Kaluga (Russie), Wuhan (Chine), etc. Aujourd’hui, les travailleurs français paient cash l’horreur de la mondialisation économique.

Le comptoir bancaire, nouvelle église ?

Le comptoir bancaire, nouvelle église ?

[box] Article reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia. [/box]

[box class=”info”]    Immense talent de plume, François Brigneau est mort le 9 avril 2012. Il était qualifié de « polémiste d’extrême droite ». C’était surtout un essayiste d’une grande finesse et d’une rare profondeur. En guise d’hommage, Polémia publie l’une de ses tribunes de National Hebdo, datée du 25 juin 1992, en plein débat sur la ratification du Traité de Maastricht : quelques mots sur les péripéties politiciennes et de longues considérations sur le remplacement d’une boulangerie par une banque ; des banques qui se multiplient comme des petits pains… L’anecdote conduit François Brigneau à une réflexion profonde sur l’économie et la société. Ce texte pouvait passer pour nostalgique, sinon ronchon, il y a vingt ans, et il apparaît aujourd’hui comme prémonitoire : à enseigner à Sciences-Po en cours d’économie politique… s’il y en avait encore. Un tel texte, que Polémia a été heureux de redécouvrir pour ses lecteurs, est à déguster et à méditer. Le titre est de la rédaction de Polémia. Le titre original était « Sur le départ d’un boulanger ».
Polémia [/box]

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Sur le départ d’un boulanger

Le comptoir bancaire, nouvelle église ?

La Gerbe d’Or à Lyon, la boulangerie des parents d’Henri Béraud où l’écrivain a passé toute sa jeunesse et dont François Brigneau admirait le talent.

Les vieux habitants du quartier sont tristes. Notre boulanger nous a quittés. Il s’appelait M. Dupuy. C’était un homme dans la force de l’âge, grand, costaud, avenant, habillé de blanc, à l’ancienne. Vers midi, le coup de feu, il venait aider sa femme et ses commises. Il faisait le meilleur pain du coin. Du pain cuit et doré, avec de la mie qui n’était pas de la pâte. C’est rare. Parfois le soir, quand j’étais seul, je dînais d’un quignon et d’un bout de fromage, avec un verre de vin, et même deux. Je me régalais.

Sa pâtisserie, aussi, était courue. Chez nous, pas un repas de famille ou d’amis ne se tenait que nous ne commandions un saint-honoré ou un Paris Brest, larges comme une roue de brouette, chez M. Dupuy. Pour nous, il ne les mettait pas dans les présentoirs réfrigérés. Le gâteau restait tendre, souple, moelleux, avec de la crème, ou de la crème chantilly que le froid n’avait pas durcie. C’était bon comme là-bas, dis ! (Là bas, c’est la Cornouaille de mon enfance…). Même mon chien Corvec faisait la différence. Ça se voyait à sa moustache et à son œil, que la félicité rendait humide.

Depuis longtemps une banque avait offert une petite fortune à M. Dupuy, pour sa boutique, son fournil et ses dépendances. Il refusait. Il aimait son métier et sa clientèle. On le voyait à son accueil, à son sourire, à son aisance professionnelle, cette grâce naturelle des gens de métier qui font bien le leur. Et puis il a appris la nouvelle. Dans la galerie marchande de la grande surface, en face de sa boutique, un dépôt de pain allait s’ouvrir. Alors il a fini par céder. Le dernier jour, il y avait plus de monde encore que d’habitude. On arrivait de partout. M. Dupuy était derrière son comptoir, tout pâle, les larmes aux yeux. Il avait sans doute fait une affaire. Il avait certainement subi une défaite. Il le savait. C’est à peine s’il pouvait parler. Il bredouillait : « Au revoir. Merci. Merci encore. » Ma femme acheta deux baguettes alors qu’une nous suffit. Le lendemain tous les stores étaient fermés. Sur la porte, il y avait une pancarte écrite au feutre bleu : FERMETURE DEFINITIVE. J’ai cru remarquer que les majuscules étaient un peu tremblées.

Faire le commerce de l’argent doit rapporter plus que de cuire du pain. Quand je me suis installé ici, voilà quarante ans, il n’y avait pas une banque dans le quartier. Maintenant, dans un rayon de trois cents mètres autour de la maison, il y en a sept. Je compte : la Banque Hervet, la Banque Nationale de Paris, la Banque Populaire de la Région Ouest, le Crédit Agricole, le Crédit Commercial, le Crédit Lyonnais, la Société Générale, sans parler de la Poste, qui fera bientôt plus d’opérations bancaires qu’elle ne vendra de timbres. Ni de la Caisse d’Epargne qui ouvre ma rue, juste devant le monument aux morts de la bataille de Montretout (18 janvier 1871). Souvent, le dimanche matin, des voitures s’arrêtent à cet endroit.
Malgré l’inscription gravée dans la pierre : « Morts pour la Patrie. Passant, souviens toi ! », ce n’est pas pour honorer la mémoire des pauvres tirailleurs des Ternes, qui ne réussirent pas à hisser leurs pièces de 12 sur le parapet de la redoute et furent tirés, comme des canards d’hiver, par les Prussiens embusqués. C’est pour faire la queue au distributeur à billets de l’Ecureuil.

Un glissement de société

A la place de cet écureuil se tenait un admirable épicier à la mode d’autrefois : M. Tessier. Ce n’était pas un vendeur de saucissons industriels et de paquets sous cellophane. Il choisissait ses mélanges de café, qu’il grillait lui même, sur le trottoir, et l’air embaumait. Tout son magasin avait d’ailleurs une odeur riche de légumes secs, de confitures et de pruneaux, à laquelle se mêlait une autre senteur, plus âcre, celle des morues salées entières, qui pendaient, attachées par la queue, aux solives de la resserre.

M. Tessier se tenait dans sa boutique comme un instituteur de jadis – dont il portait la blouse – dans sa classe. Il connaissait ses clients comme l’autre ses élèves. Il avait avec eux de longs entretiens. Il les conseillait, pour les vins, qu’il allait choisir à la propriété et mettait en bouteilles, protégé d’un long et lourd tablier noir. Car la profession n’allait pas sans le costume.

Il me manifestait une certaine considération parce que je n’aimais que le chocolat amer et m’y connaissais assez bien en sardines à l’huile. Je lui avais procuré des marques qu’il ignorait. Il voulut bien reconnaître leur supériorité. Elles venaient de petites maisons traditionnelles. Pêchées le matin, dans la baie, livrées directement du bateau à l’usine, les sardines étaient mises en boîtes, à la main, par de vieilles ouvrières, avec de l’huile d’olive extra. Rien de comparable aujourd’hui, à quelques rares exceptions. Pour baisser les coûts, les produits sont de seconde qualité. Les vieilles sardinières sont mortes. Le poisson arrive on ne sait d’où, à moitié congelé. Le froid tue autant qu’il conserve ; sinon plus. La sardine surtout, fragile et sensible. Son goût change selon les eaux et les côtes où elle fut pêchée. Quel rapport entre la marocaine, la portugaise et la bretonne ? La royan n’est pas la sablaise, pas plus que la sardine de Quiberon n’est celle de Concarneau. Je répétais à M. Tessier ce que mon père, mes oncles, mon grand père m’avaient enseigné. Il m’écoutait. J’étais flatté de son attention. Parfois, quand je passais, il venait sur le pas de la porte. Avec un geste arrondi du bras, il disait : « Bonjour, M. Brigneau ! » Je l’entendais comme : « Bonjour M. Courbet ! » J’étais le Courbet des sardines à l’huile. Ça crée des liens.

M. Tessier, atteint par l’âge, fut remplacé par un Juif d’Afrique du Nord qui flanquait des tournées soignées à sa femme. C’était tout ce qu’il y avait de soigné dans le personnage. Très vite, il transforma ce conservatoire de l’épicerie en Self service. Après quoi, il s’en alla tenir un garage. C’était une raison supplémentaire de continuer à préférer le vélo à l’automobile.

Durant que les enfants grandissaient et cessaient d’être des enfants pour avoir des enfants à leur tour – ça va vite, vous savez, la vie, et l’on est tout surpris, un jour, de se découvrir vieux sans avoir eu jamais l’impression de vieillir… – nous avons vu ainsi disparaître un poissonnier ; une ferme dont le fermier livrait le lait, à domicile, dans une voiture tirée par un cheval ; un menuisier, un boucher, un cours des halles, un horloger, un bistrot avec billard où j’allais taper la belote et commenter les matchs du Stade français en buvant de la bière belge fabriquée par des moines. Ce n’est pas parce que je suis hostile à Maastricht que je ne suis pas sensible aux petits bonheurs de l’Europe.

A la place, nous avons vu naître ces comptoirs bancaires, un Monoprix et des agences immobilières. Comme il y a des glissements de terrain, il y a eu un glissement de société. La quantité a remplacé la qualité. Nous ne retrouvons plus le goût des fruits, des légumes, des œufs… Quand j’étais gamin, en allant à l’école, je passais devant l’atelier du maréchal ferrant. Merveilleux signe de la Providence, la rue s’appelait rue Vulcain. Je vois l’enclume et le brasier qu’un énorme soufflet à chaînette attisait. Le sabot retenu en arrière, le cheval, sur trois pattes, s’ébrouait. Il y avait le tintement des marteaux sur le fer qui s’arrondissait, l’odeur de corne brûlée, les grosses voix des hommes sur des plaisanteries que je ne comprenais pas. Appuyé sur sa masse comme une canne, bardé de cuir, le maréchal ferrant forgeron me semblait un colosse, un demi dieu de l’antiquité, avec une grosse tête ronde, des cheveux bouclés et des bras musculeux. J’éprouvais une étrange impression de force, de puissance, de mystère aussi, que mes petits enfants ne ressentent certainement pas en regardant, à travers les vitres teintées de la Banque Hervet, des employés en veston cravate pianoter derrière les écrans de télé fric.

Je n’ai pas oublié Maastricht

Je devine votre surprise. Vous deviez vous attendre à de tout autres discours. La semaine a été riche en événements qui prêtaient aux commentaires. Nous avons assisté à une activité fébrile sur l’ensemble des fronts parlementaires. Au Sénat, le sergent Pasqua, qui n’aime rien tant que passer pour une vieille ficelle dans une peau de vache, alors qu’il est essentiellement un gros maladroit, s’est fait blouser comme un bleu. A l’Assemblée, alors que Séguin croyait tenir la victoire, un subtil repli stratégique de Mitterrand, feignant de concéder du terrain à l’opposition, permettait au gouvernement d’avancer et d’atteindre ses objectifs. Il y avait la fête à Million souhaitée par Petit Pons, qui avait retrouvé sa fureur canaque :

Million, fumier, cochon,
Ordure ménagère,
Bon anniversaire,
Nos vœux les plus sincères, etc…

Il y avait l’attitude héroïque du RPR, prêt à mourir pour la patrie dans la tranchée des baïonnettes, puis se défilant sans un mot, car seul le silence est grand. Il y avait la renaissance du MRP, que l’on retrouvait dans les mines obliques des centristes, prêts comme avant, prêts comme toujours à trahir la droite pour sortir les socialos de l’impasse. Les sujets ne manquaient pas. Il est curieux que la disparition d’un boulanger m’ait entraîné loin d’eux, alors que l’actualité est torride. Mais regardez bien… J’y suis en plein, dans l’actualité, et pour être précis, dans l’actualité politique.

Quand l’ouverture d’un dépôt de pain industriel, aseptisé et sous cellophane, provoque la fermeture d’une bonne boulangerie traditionnelle, et que cette disparition permet à une nouvelle banque de s’installer ; quand cette banque est la huitième qui pousse dans ce quartier modeste, après onze ans d’un pouvoir socialiste sans partage, ce « petit fait vrai » ne relève pas de l’anecdote. Il traduit, il révèle une réalité politique. Il est l’humble manifestation locale d’une gigantesque opération politique et internationale, préméditée et conduite avec continuité, quelle que soit la couleur du régime apparent, le nom et les visages des gouvernants en place.

Par la destruction de la paysannerie, de l’artisanat, du commerce d’initiatives privées, de la France rurale et de ses quatre piliers : la famille, le métier, l’épargne, la propriété, cette opération tend à soumettre les peuples, écrasés par le crédit et la télévision, à la dictature masquée de l’Usure légale et de l’Argent abstrait.

Jadis, en arrivant de mer, lorsque le petit havre breton se dessinait au fond du golfe, ce qui dominait les maisons et les digues, c’était le clocher. Aujourd’hui, c’est un fronton tout neuf, généralement hideux de forme, qui écrase les toits d’ardoises. Il appartient au Crédit Agricole ou à quelque établissement similaire. C’est la Banque, la nouvelle église, le nouveau temple, où les Grands Prêtres appellent les fidèles au culte de l’Argent imaginaire. Des pièces d’or ou d’argent, de bronze ou de nickel, on est passé aux billets, puis aux chèques, puis aux cartes magnétiques, symboles de l’argent fumée, de la richesse anonyme et vagabonde. L’argent va, vient, circule, se vend, s’achète sans qu’on ne le voie plus jamais. Ce que l’on voit, c’est la Banque. Pendant un siècle on a opposé le Capital et le Travail. C’était un leurre. La vraie puissance, colossale, multiforme, tentaculaire et apatride : c’est la Banque.

Ma boulangerie remplacée par une banque raconte une histoire édifiante à l’échelle du fait divers. Maastricht raconte la même histoire, mais sur écran géant. Maastricht, c’est d’abord l’histoire d’une banque. D’une super banque aspirante et foulante, mais aspirant chez vous et refoulant ailleurs, une immense machine à succion, posée au dessus des nations et des peuples. Il faut l’imposer, de toute urgence, au forcing, voire au forceps, tantôt aux électeurs, tantôt à leurs élus, peu importe, pourvu que ça passe. Cette super banque aura une super monnaie : une monnaie unique. Les super citoyens, disposant de la citoyenneté européenne supérieure à leur citoyenneté d’origine, puisque celle ci ne vaudra plus rien, auront le privilège de se servir de cette super monnaie unique, pour payer un super impôt supplémentaire. Mais attention… Pas un impôt comme les autres. Un impôt exaltant. Un impôt européen.

Les citoyens de Maastricht jouiront d’un autre privilège. Ils pourront franchir les frontières sans passeport. Ils n’auront besoin que d’une carte d’identité européenne, en nylon plastifié, imprimée au laser, indéformable, indéchirable, le triomphe de la technique, et qui ne leur coûtera qu’à peine trois fois le prix du vieux passeport de papa. Quand on pense que sous l’abominable Ancien Régime, quand les Droits de l’Homme et du Citoyen n’existaient pas, on circulait partout en Europe sans papiers, avec des écus dans la poche qui étaient partout acceptés, chacun mesure le progrès.

Enfin, à l’aube d’un réjouissant avenir, ne boudons pas notre plaisir. La seule ombre au tableau, c’est qu’on ne voit pas pourquoi l’on continuerait à franchir les frontières. Ici et là, chez nous, ailleurs, tout sera identique ; uniforme. Les champs, les rues, les maisons, les visages, les cœurs… Ça commence déjà.

Partout ce seront les mêmes dépôts de pain industriel, qui vendront les mêmes baguettes molles et fades, qui ont le goût de l’aspirine. Nulle part on ne trouvera le pain français des villes, couleur de soleil, dont la croûte craquait sous la dent ; ou le pain français des campagnes, bronzé et fariné, où le père coupait des tranches larges comme sa main que l’on enduisait de saindoux. Quel délice !

Je me demande ce que va faire M. Dupuy. Il ne pourra plus ouvrir une boulangerie à son goût. Il sera obligé de placer son argent en monnaie unique à la banque qui l’a délogé. Après quoi tout ira bien. Il ne le verra plus. Il n’en entendra plus parler. Pauvre de lui. Pauvres de nous.

Francois Brigneau
National Hebdo
25/06/1992

 

Epilogue : le 13 avril 2012 François Brigneau fut porté en terre au cimetière de Saint-Cloud, lors d’une cérémonie émouvante. J’imagine que, de l’au-delà, François Brigneau a dû sourire à la vue de ces deux employés de la grande banque qui suivaient son cercueil : car Abel Mestre du Monde, propriété de la banque Lazard, et Christophe Forcari, de Libération, propriété de la banque Rothschild, étaient présents. Certes, ces deux journalistes n’étaient pas venus pour rendre hommage à l’un de leurs plus éminents confrères mais pour établir la liste des nombreux (près de 300) participants aux obsèques du vieux lion diabolisé. Dans son article Abel Mestre ne parla toutefois que d’ « une cinquantaine » de présents. Comme quoi, on peut être employé d’une banque (d’affaires) et ne pas savoir compter…

Jean-Yves Le Gallou

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

Charles Doux, Jérôme Kerviel, même combat ?

A priori, Charles Doux et Jérôme Kerviel n’ont en commun que d’être bretons et placés sous le feu de l’actualité. Pour le reste, le vieux patron et le jeune trader paraissent radicalement différents. Pourtant, entre les vicissitudes vécues par l’un et l’autre, il y a plus d’un trait commun.

Tous deux, Charles Doux et Jérôme Kerviel sont à leur manière des victimes de la mondialisation de l’économie. À la Société générale, Kerviel gagnait sa vie en réalisant des opérations spéculatives sur les marchés financiers internationaux. Tout a bien marché tant que les Bourses mondiales montaient. Puis elles se sont retournées à la baisse, les opérations sont devenues perdantes et tout s’est détraqué…

Doux a bâti une grande entreprise, numéro un européen dans son secteur. Mais le marché s’est mondialisé : même en pressurant les aviculteurs bretons, la volaille bretonne était plus chère à l’exportation que la volaille brésilienne. Pour préserver ses marchés Doux s’est donc installé au Brésil. Or les prix de l’énergie et des céréales, eux aussi mondiaux, ont fortement monté, les activités brésiliennes de Doux ont plongé dans le rouge…

Et surtout, Kerviel et Doux ont été rejetés dans les mauvais jours par le système qui les encourageait dans les bons. On sait que la Société générale n’a jamais reproché à son trader d’excéder ses autorisations tant que ses opérations étaient gagnantes. Il ne récoltait que des félicitations. Quand le sort s’est retourné, la banque a soudain découvert les irrégularités de son salarié et l’a traîné en justice : pile je gagne, face tu perds.

On l’a moins noté dans le cas de Charles Doux, mais lui aussi est en butte au système. Sans lui demander son avis, et pas davantage celui de ses salariés ni des aviculteurs, le ministère de l’Économie et des Finances avait prévu un plan de « sauvetage » qui consistait en substance à vendre le groupe Doux à une banque étrangère, Barclays. Les intérêts de Barclays, on l’imagine aisément, ne coïncident pas forcément avec ceux de l’entreprise, de son personnel et de ses fournisseurs. Mais les mauvaises nouvelles auraient été renvoyées à plus tard : à quelques jours des élections, fonctionnaires, banquiers et politiques se liguent pour crier haro sur Charles Doux, qui dérange leurs plans si bien fourbis dans quelque bureau de Bercy.

François Kernan
Article publié initialement sur Novopress Breizh.

Photo : poste de travail d’un trader. Crédit photo : Andy Hill, domaine public.
Mexique : la mondialisation favorise les tueries

Mexique : la mondialisation favorise les tueries

23/05/2012 – 10h00
MEXICO (NOVOpress) –
Les gangs ensanglantent le Mexique. Il y a quelques jours, à l’est de la ville de Cadereyta (État du Nuevo Leon), 49 cadavres mutilés, certains décapités ou d’autres sauvagement dépecés, ont été retrouvés dans des sacs poubelles, éparpillés sur le bitume. Une situation qui s’aggrave : 16 400 mexicains auraient été victimes de telles violences en 2011, contre 15 273 en 2010 et 9 614 en 2009.

Depuis 2007, plus de 50 000 assassinats ont été perpétrés au Mexique. Pour le psychanalyste mexicain Benjamin Mayer Foulkes, la progression de cette délinquance ultra-violente est le « symptôme de la face cachée de la mondialisation ». Cité par Le Monde, le spécialiste ajoute : « La multiplication d’échanges hors de tout cadre juridique suscite les trafics sauvages de stupéfiants, d’autres substances illicites, d’armes, de personnes, d’organes, d’esclaves sexuels, et même de détenus ». La mondialisation marchande et humaine, un fléau sanglant : « Les gangs latinos sont des acteurs et le produit de la mondialisation, formés dans la creuset cosmopolite des prisons aux Etats-Unis », souligne également Benjamin Mayer Foulkes.

Mexique : la mondialisation favorise les tueries

Crédit photo : Pateando Piedras via Flickr, licence CC.

Protectionnisme américain, l'exemple de l'ail

Protectionnisme américain, l’exemple de l’ail

17/04/2012 – 18h30
WASHINGTON (NOVOpress via le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) –
Depuis 1994, les Etats-Unis appliquent une taxation sur les importations d’ail frais en provenance de Chine. Une taxation pas anodine puisqu’elle s’élève exactement à 376,67 %.

Les Etats-Unis continuent cependant à importer de l’ail. En 2010 ce sont 75.000 tonnes de ces gousses qui ont traversé les frontières pour une production locale de 170.000 tonnes. La facture s’élève à 130 millions de dollars pour la balance commerciale.

Mondialisation, ouverture des frontières, libre échange : OUI !
Mais pas pour les Etats-Unis…

Guerre des gangs, guerre des oligarchies

Guerre des gangs, guerre des oligarchies

Malgré une hyper-règlementation européenne, les « territoires de droit mou » se multiplient. Pour Jean-François Gayraud et François Thual, le développement et l’organisation mondiale de la criminalité n’est pas seulement la « face noire » de la mondialisation, mais sa conséquence naturelle.

Jean-François Gayraud a une carrière atypique. Commissaire divisionnaire issue de l’Ecole de police, il est aussi ancien élève de Sciences-Po, docteur en droit et diplômé en criminologie. La criminologie, c’est son domaine. Mais il en a une conception toute nouvelle. Plus question de Sherlock Holmes en quête d’indices, attentif au petit tas de cendre qui peut révéler le coupable. Jean-François Gayraud estime que la criminalité, c’est dans le vaste champ du monde qu’on la trouve. Et si on ne la voit pas, c’est dans une sorte de déni permanent de l’évidence.

Guerre des gangs, guerre des oligarchiesLe crime son vrai théâtre : le monde entier Que ce soit le phénomène des banlieues en France, où les émeutes sont liées au trafic de la drogue, que ce soit l’issue de la guerre dans les Bal kans, avec l’émergence d’un Etat trafiquant – le Kosovo –, que ce soit aussi dans les domaines traditionnels de la mafia italienne, la Sicile ou la Campanie, que ce soit en Afrique, où les Etats sont corrompus par toutes sortes de trafic, il faut donner au crime son vrai thé âtre: le monde entier. Et son vrai mobile: la puissance par l’argent. C’est dans cette perspective que Jean- François Gayraud a uni ses efforts à ceux de François Thual, géopoliticien bien connu, pour mieux dessiner une scène du crime qui ne peut être qu’aux dimensions du monde. Audacieux et passionnant. Jean Paul II parlait des « structures de péché » dans notre monde. Gayraud envisage une « stratégie du crime » à l’échelle de la planète.

Dans cette toute récente Géostratégie du crime, il montre que ce qui est à l’œuvre, c’est une véritable mondialisation des activités illicites, infiltrant les Etats faibles et les achetant. L’actuelle balkanisation du monde représente une chance extraordinaire pour les trafics en tout genre. « C’est une nouvelle géopolitique qui émerge, non étatique » souligne François Thual. On a voulu mettre la guerre hors la loi. On l’a simplement remplacée par des guerres de gangs ou des guerres de clans, qui s’étendront toujours davantage au détriment de la paix civile. Un livre original sur les nouveaux enjeux planétaires.

A lire sans retard.

Joël Prieur

* Jean-François Gayraud et François Thual, Géostratégie du crime, éd. Odile Jacob 268 p. 27,90 euros.

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 11 avril 2012 reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Guerre des gangs, guerre des oligarchies

[Tribune Libre] L’étrange passion des élus français pour les pavés et granites du bout du monde

[Tribune Libre] L’étrange passion des élus français pour les pavés et granites du bout du monde

14/02/2012 – 09H30
PARIS (NOVOpress) –
La première fois qu’un édile local a privilégié le granite chinois ou indien sur la production locale, bretonne notamment, pour la construction des quais de son tramway ou pour la réfection de ses rues piétonnes, on aurait pu croire à une simple maladresse, une regrettable mais ponctuelle erreur de gestion, le fruit d’un mauvais conseil ou d’un dossier trop hâtivement bouclé…

Mais devant la répétition, partout dans l’Hexagone, de Nantes à Vincennes en passant par Tours, de ce genre de faits, on ne peut désormais que s’interroger non sans une certaine inquiétude et un très légitime mécontentement.

A l’heure où nos politiques, de gauche et de droite, soutenus par le concert des grandes orgues médiatiques, nous hypnotisent à grands coups de partitions publicitaires vantant le « made in France » et le « patriotisme économique », ce genre de pratique paraît d’autant plus incompréhensible et scandaleux.

Une fois encore, le grand écart entre les discours démagogiques à visées électoralistes et la réalité des faits apparaît de façon tristement éclatante.

Mais qu’est-ce qui pousse donc des élus de toute coloration politique à privilégier des granites et pavés du bout du monde sur la production nationale, participant ainsi à une aberration multiforme, de la fragilisation de l’emploi local au coût écologique global de l’opération ?

Même d’un point de vue purement économique, ce délire mondialiste n’est pas défendable puisqu’il a été constaté que les matériaux français étaient parfois proposés à des conditions quasiment équivalentes à celles de leurs concurrents chinois, indiens ou angolais. Ainsi, Jean-Marie Bégoc, président du Syndicat des granitiers bretons pouvait-il légitimement s’indigner à propos du marché du tramway de Tours : “Prétendre que seuls les Chinois sont capables de garantir les volumes nécessaires avec une qualité irréprochable du produit pour un chantier comme celui de Tours est erroné. Les élus laissent crever les granitiers français“.

D’ailleurs, quand bien même les productions nationales seraient légèrement ou sensiblement plus onéreuses, l’argent ainsi dépensé étant réinjecté dans l’économie du pays, l’éventuel surcoût n’appauvrirait nullement la communauté qui en tirerait au contraire à moyen et long terme des bénéfices via la consommation des salariés locaux, les taxes salariales et professionnelles et autres revenus fiscaux dérivés de l’activité de production de ces biens.

Face à cette politique à courte vue, à ce déni de bon sens, à l’heure où le protectionnisme économique apparaît pourtant comme l’une des ultimes bouées face au grand naufrage libéral, et à un tel mépris de la qualité et du savoir faire locaux, on n’en viendrait presque à imaginer des causes sonnantes et trébuchantes comme motivations des décisions absurdes de nos élus… Mais bien entendu, dans notre probe république, cela est totalement inimaginable… Alors, nous, citoyens, contribuables et travailleurs français, exigeons, comme l’ont déjà fait les militants du Bloc Identitaire notamment à Vincennes, que ces élus expliquent de façon claire et transparente les raisons de ces choix amoraux (Quelles sont les conditions de travail, de rémunération et de protection sociale des ouvriers du tiers-monde ?) et anti-nationaux qui n’ont rien d’anecdotiques !

Xavier Eman