Castaner : un ministre de l’Intérieur communautariste, par Caroline Parmentier

Comme nous l’avons posté sur le site de Présent dès l’annonce de sa nomination, Castaner à l’Intérieur, est-ce que ça pouvait être pire ? Surnommé « Simplet » au PS, idiot utile qui veut encore et toujours plus de migrants, islamophile béat qui a déclaré que « l’islam est une religion d’amour et de bonheur comme la religion catholique », partisan du retour des djihadistes, favorable au concert de Médine au Bataclan, auteur inoubliable du « voile catholique de nos mamans »…

Idéologiquement il hait tout ce que nous défendons. On peut compter sur lui pour faire passer la loi sur les fake news à la vitesse supérieure. Contre des medias bien ciblés. C’est le plus bourrin de l’élevage macronien mais c’est aussi le plus nuisible. Bruno Retailleau n’a pas tort de souligner que l’ancien ministre de l’Intérieur Gérard Collomb « est parti en nous avertissant sur le risque de séparatisme communautaire » et qu’« Emmanuel Macron nomme le plus communautariste de ses ministres pour relever ce défi ».

Dans son testament crépusculaire largué sur le perron de Beauvau sous les yeux d’un Edouard Philippe outragé, Gérard Collomb a balancé une bombe : « oui aujourd’hui, dans ces quartiers c’est la loi du plus fort qui s’impose, celle des narcotrafiquants, des islamistes radicaux, qui a pris la place de la République, aujourd’hui, on vit côte à côte…demain, j’ai peur qu’on vive face à face ».

Et c’est précisément Christophe Castaner, immigrationniste et multiculturaliste fervent, défenseur du voile islamique, qui est chargé de la relève. Interrogé sur le voile islamique dont Macron avait déclaré qu’il n’était pas conforme à la civilité dans notre pays mais qu’il fallait le tolérer, Christophe Castaner a eu cette réponse stupéfiante : « On s’est posé la question il y a quelques années quand toutes les femmes catholiques portaient le voile ? Quand en France, y compris nos mamans portaient un voile, portaient le voile catholique, on ne se posait pas la question. » Ce devait être à la même fameuse époque où les cafés étaient interdits aux femmes et où les catholiques avaient décrété qu’elles n’avaient pas d’âme, selon les bonnes vieilles fables socialistes à dormir debout.

Un élan de soumission très remarqué, visant à exonérer les musulmans de tout préjugé infamant ou sexiste. Avec toujours à la bouche l’argument qui s’accommode de tous les arrangements avec le salafisme, qui court devant même. Et si au passage on peut entretenir la légende obscurantiste anti-catholique, c’est encore mieux !

Le 23 novembre 2017, il avait déclaré au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC que « l’islam est une religion d’amour et de bonheur comme la religion catholique ». C’est lui, ministre des Cultes, qui va avoir la mission de mener à bien la refonte de l’islam de France pour le soustraire des influences étrangères. Un chantier qui est resté au point mort sous Gérard Collomb.

Le tombeur de Marion Maréchal

C’est Castaner encore, alors tête de liste socialiste, qui s’était retiré dans l’entre-deux tours des régionales de 2015 pour bloquer la victoire quasiment certaine de Marion Maréchal-Le Pen en PACA, assurant la victoire du LR Christian Estrosi, déjà surnommé l’imam Estrosi. Lors de son élection à la tête de LREM en novembre 2017 à Lyon, Christophe Castaner a commencé son discours par l’évocation du « mal qu’est le Front national » : « il a toujours été au cœur de mon combat politique ».

« Il nous a traités plus bas que terre », rappelle Marine Le Pen. « La crainte que j’ai désormais est qu’il utilise son pouvoir contre l’opposition alors qu’à Beauvau, il aura la responsabilité du dossier sensible des élections. Il n’a pas été choisi par Emmanuel Macron pour ses compétences en matière de sécurité. »

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 17 octobre 2018

Le vaudeville de Beauvau, par Etienne Defay

Ce mardi matin, on apprenait que le Président de la République avait refusé la démission du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, depuis le scénario s’est largement emballé.Car mardi, on apprenait que le ministre maintenait sa démission malgré le refus présidentiel. Et ce mercredi matin, les caméras de Beauvau montraient un Gérard Collomb seul attendant l’arrivée d’Edouard Philippe sensé assurer l’intérim le temps de lui trouver un remplaçant au pied levé.

Une gifle pour Emmanuel Macron

Septième ministre à démissionner en un peu plus d’un an de mandat, Gérard Collomb plante dans le dos présidentiel le poignard le plus aiguisé. Privé désormais de sa caution médiatique (Nicolas Hulot) et de son « père spirituel » (Gérard Collomb), Emmanuel Macron se retrouve esseulé politiquement et connaît de manière douloureuse les affres de la solitude du pouvoir. Un comble pour un président ayant bâti son identité politique sur sa capacité à rassembler. Le grand écart toucherait donc ses limites et la stratégie de l’en même temps semble également prendre un coup dans l’aile.

Entre un Premier ministre passif et un président aux abois, ce onzième mandat de la Ve République pourrait bien être le plus catastrophique. Depuis sa photo prise avec deux jeunes dénudés à Saint-Martin, Emmanuel Macron aura du mal à s’imposer en restaurateur de la dignité de sa fonction. Une fonction déjà bien écornée par son prédécesseur ; pourtant il aura réussi l’exploit de faire pire.

Le bilan Collomb

Rien de bien reluisant pour l’éphémère locataire de la place Beauvau. Gérard Collomb ne laissera pas un souvenir impérissable, hormis celui d’un homme poli et sympathique. Ses seuls faits d’armes resteront accolés à son départ (voir entre autres l’opération de Grande-Synthe en page 3 ainsi que l’arrestation de Rédoine Faïd). Son seul grand discours était celui de sa passation de pouvoir. « La situation est très dégradée dans les quartiers. Le terme de reconquête républicaine y prend tout son sens » a-t-il déclaré devant le Premier ministre. On appréciera la justesse de l’analyse, on déplorera simplement qu’elle vienne si tard et que l’analyste n’ait rien fait lorsqu’il était en poste. Comme si la démission redonnait à l’intéressé sa lucidité et une liberté de parole qui s’accommode mal d’actes concrets. « Aujourd’hui on vit côte à côte… Je crains que demain on vive face à face. » « Déclaration terrible de Gérard Collomb sur les quartiers, qui détruit totalement le mythe du “vivre-ensemble” dont se gargarisent les bien-pensants de droite et de gauche ! » réagit pour sa part le sénateur marseillais Stéphane Ravier (RN). Testament politique que Ponce Pilate n’aurait pas renié tant la responsabilité échoit aussi bien à l’ex ancien maire de Lyon qu’à ses prédécesseurs. Mais que Gérard Collomb se rassure, il en assumera les conséquences aussi depuis la capitale des Gaules.

Entre Manuel Valls visant Barcelone et Gérard Collomb aspirant à retrouver Lyon, l’image mondialisée et cool de la start-up nation en prend un coup. Visiblement, rien ne vaut l’enracinement local, n’est-ce pas Monsieur Le Président ?

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 26 septembre 2018

Le ministre de l’Intérieur allemand Seehofer estime que l’immigration est la source de tous les problèmes

Alors que les « chasses aux étrangers », mises en avant par la chancelière allemande Angela Merkel et son porte-parole, qui seraient survenues lors d’une manifestation à Chemnitz, en Saxe, à la suite du décès d’un Allemand tué au couteau par des migrants, ne sont pas confirmées par le parquet général de Saxe et sont infirmées par le ministre-président de Saxe – pourtant membre du parti de la chancelière -, le ministre de l’Intérieur allemand Horst Seehofer, allié bavarois d’Angela Merkel, affirme que « l’immigration est la mère de tous les problèmes ».

Le gouvernement allemand, regroupant les démocrates-chrétiens de la CDU, les sociaux-chrétiens bavarois de la CSU et les sociaux-démocrates du SPD, est de plus en plus malmené dans les sondages, alors que le parti patriotique Alternative pour l’Allemagne (AfD) est désormais donné légèrement au-dessus du SPD.

Ce 14 octobre 2018, la Bavière, l’État fédéré qui dispose de l’économie la plus florissante du pays, tient des élections pour son Parlement. La CSU, qui a obtenu 47,7 % des voix lors du scrutin de 2013, est menacée, à la suite de l’émergence de l’AfD, de perdre sa majorité absolue en nombre de sièges. Son dirigeant, le ministre fédéral de l’Intérieur, de l’Urbanisme et de la Patrie Horst Seehofer, tente par tous les moyens de contrer la poussée de la formation politique patriotique.

Opposé à la politique des frontières ouvertes conduite en 2015 par la chancelière Angela Merkel, qu’il a qualifiée, en février 2016, de « règne de l’injustice », Horst Seehofer, en qualifiant l’immigration de « mère de tous les problèmes politiques », se place ainsi, une nouvelle fois, en porte-à-faux par rapport à la dirigeante du gouvernement allemand qui réagit en prétendant que l’immigration pose des défis, parmi lesquels certains sont des problèmes, mais que des succès existent aussi.

De plus, Seehofer montre de la compréhension pour les manifestants de Chemnitz.

Des sociaux-démocrates, mais également des élus de l’opposition, critiquent la déclaration de Seehofer. Le secrétaire général du SPD Lars Klingbeil évoque « des jacassements populistes de droite », le ministre libéral (FDP) de l’Intégration de Rhénanie-du-Nord-Westphalie Joachim Stamp écrit, sur Twitter : « Sans migration, la plupart des gens habiteraient encore dans les steppes de l’Afrique orientale et Seehofer serait de nos jours un Africain. » La porte-parole pour la politique intérieure du parti post-communiste Die Linke, Ulla Jelpke, déclare qu’elle a de plus en plus l’impression que « le ministre de l’Intérieur est le père de tous les problèmes de racisme ». La porte-parole des écologistes pour la politique migratoire Filiz Polat prétend que Seehofer se plaît dans le rôle du ministre qui parle afin de provoquer un conflit après l’autre, plutôt que d’utiliser les possibilités offertes par la société d’immigration.

Le chef de file des élus de la CSU en Bavière, Alexander Dobrindt, apporte son soutien à Seehofer en affirmant qu’il est incontestable que la thématique de l’immigration a modifié négativement le paysage politique.

Le codirigeant de l’AfD, ainsi que du groupe des élus de l’AfD à la Chambre des députés, Alexander Gauland, donne raison au ministre de l’Intérieur en prétendant que les conséquences de la crise de l’asile, les frontières toujours ouvertes et l’immigration de demandeurs d’asile criminels ont modifié durablement et négativement le pays. Il ajoute que les déclarations de Seehofer ne changent rien, car Angela Merkel met des bâtons dans les roues de son ministre et celui-ci ne peut agir.

L’AfD est donnée à 13 ou 14 % en Bavière, alors que le parti n’était pas présent lors du précédent scrutin en 2013.

La CSU paye les pots cassés de la politique migratoire d’Angela Merkel et une déroute électorale de ce parti, donné en dessous des 40 % en Bavière dans les études d’opinion, lors du scrutin régional d’octobre, pourrait avoir des conséquences au niveau du gouvernement national à Berlin et peut-être conduire à la chute de celui-ci et, en conséquence, peut-être à la fin politique d’Angela Merkel.

Lionel Baland

Tribune reprise de Boulevard Voltaire