Élisabeth Lévy – Projet d’école musulmane : “imposons à Millî Görüş les tracasseries dont nous avons le secret”

Un projet d’école musulmane hors contrat à Albertville suscite l’indignation. La raison est évidente : l’influence de Millî Görüs dans ce cas précis inquiète, mais plus encore, les juges en viennent à avoir – comme souvent – le dernier mot.

L’ouverture d’une école musulmane à Albertville fait polémique.

Je tiens à faire un préalable : mieux vaudrait que cette école de Milli Gorus n’ouvre pas. Cela fait partie d’une nouvelle offensive islamiste : après les mosquées, les écoles. L’objectif ? Empêcher l’assimilation des jeunes musulmans, ce qui est clairement séparatiste.

Le maire a donc refusé le permis de construire sur le terrain acquis par l’association, mais refus invalidé par le Tribunal administratif. Le Préfet, de nombreux élus et commentateurs s’étranglent de voir des magistrats s’opposer à la volonté d’un représentant du peuple souverain.

On peut le comprendre…

Oui. Cela pose la question de la frontière entre l’État de droit et le gouvernement des juges.

Le gouvernement des juges a une définition observable : c’est lorsque les juges se substituent aux élus et imposent une interprétation idéologique du droit. Je vous en donne un exemple : en obligeant les départements à accueillir des faux mineurs non accompagnés. Ou le Conseil d’État enjoignant le gouvernement de mener telle ou telle politique écolo.

L’État de droit, lui, n’est autre que la puissance publique qui doit se conformer à ses propres règles. Il est notre protection contre l’arbitraire. Il ne suffit pas de dire que Milli Gorus ne vous revient pas ou est islamiste pour lui refuser un permis de construire. L’islamisme n’est pas un délit. Il faut un fondement légal. La décision du tribunal administratif fut lunaire : les raisons données par le maire d’Albertville – une histoire de places de parking – ne justifient pas le refus.

En somme, l’État de droit protège les islamistes ?

L’État de droit protège la liberté d’enseignement : c’est un principe constitutionnel auquel Français très attachés. Vous ne pouvez pas interdire aux seuls musulmans l’enseignement privé hors contrat.

On peut alors changer le droit. Le gouvernement a déposé un amendement sur-mesure à la loi séparatisme permettant au préfet de s’opposer à l’ouverture d’écoles soutenues par un État étranger « hostile » à la République. Mais cela, en tant que tel, risque de poser un sacré problème de définition. De plus, selon Milli Gorus, il n’y a dans ce cas précis, pas de financements turcs.

On peut aussi ruser, multiplier les contrôles sanitaires, financiers, pédagogiques, bref, imposer à Milligorus toutes les tracasseries administratives dont nous avons le secret.

En attendant, cela nous montre que le combat contre l’islamisme ne se mènera pas seulement à coups de lois et de droit. C’est à la société tout entière de se mobiliser et de montrer par tous les moyens que nous ne voulons pas de ça chez nous.


Texte repris du site Sud Radio

Projet d’une école hors contrat de confession musulmane à Albertville – Les maires face au réel

Albertville islamisation

On connaissait Albertville pour ses Jeux olympiques d’hiver, on la connaît désormais pour la bagarre législative causée par le projet d’une école hors contrat de confession musulmane qui devrait s’installer à côté de la mosquée. La population ici aussi a changé, à tel point que l’association Milli Görüs, qui y gère une mosquée – elle en compte 70 à travers toute la France – a décidé d’installer une école hors contrat confessionnelle. Le projet est important, comme le soulignait Camille Galic dans ses brèves d’hier : pas moins de 16 classes pour une capacité d’accueil de 400 élèves – ce qui dit bien l’islamisation de cette ville de Savoie qui compte 20 000 habitants et 1 200 écoliers. Le maire, peu enthousiaste de voir ainsi se développer sur son territoire les projets d’une association islamique « pseudopode de l’Etat-Erdogan à l’étranger » pour citer notre consœur dans Présent s’était opposé au permis de construire en s’appuyant sur le code de l’urbanisme. Décision pour laquelle il était appuyé par son préfet. Las, l’interdiction avait été annulée, le 8 avril, par le tribunal administratif au motif que « le tribunal a jugé que le motif de refus tiré de l’insuffisance du nombre de places de stationnement était erroné et, en l’absence d’autre motif invoqué en cours d’instance, n’a pu qu’ordonner la délivrance du permis de construire ».

Comme un appel à l’aide, le maire, Frédéric Burnier-Framboret, s’est donc fendu d’une tribune dans Le Figaro du 9 avril « Comment je suis obligé d’autoriser la construction d’une école islamiste turque ». Il s’y dit abandonné par l’Etat et a demandé à ce que le parlement « adopte des dispositions législatives adaptées pour permettre aux maires de contrer l’installation d’associations ou des entreprises pilotées par des puissances étrangères qui favorisent une cristallisation identitaire au cœur de nos territoires ». Ces maires qui se trouvent en première ligne, aux prises avec le réel d’une immigration et d’une islamisation massives de leurs villes.

Ce que montre cette affaire, au-delà de toutes les injonctions au vivre-ensemble et à la diversité, c’est que la mise en application concrète de cette diversité fait peur aux élus locaux et à juste titre parce qu’ils en voient les conséquences. Comme le fait remarquer le maire d’Albertville, cette école serait située dans un quartier prioritaire et il craint que son ouverture ne mène à la formation d’un noyau dur communautariste. Si l’idéologie politique musulmane ne posait pas problème, la question ne se poserait même pas. Il faut dire aussi que l’association qui porte le projet, Milli Görüs, d’ascendance turque, n’a rien qui puisse rassurer le maire. Dans un article du Courrier International datant de 2004, Martin Spiewak et Wolfgang Uchatius pointaient du doigt le rôle trouble que jouait l’association en Allemagne où de simple association de croyants musulmans, elle était en train de se transformer en véritable force politique pour défendre les revendications des musulmans d’Allemagne. Dans un document interne de Milli Görüs, récupéré par les renseignements généraux allemands, cette ligne de conduite on ne peut plus claire : « La Communauté est un moyen au service du but – le but étant d’islamiser la société. »

Début de lucidité ? Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a apporté son soutien au maire d’Albertville et écrit à Emmanuel Macron pour qu’une solution législative soit trouvée au problème. « On a suffisamment payé cher nos lâchetés, nos aveuglements, l’absence de lucidité par rapport à l’islamisme politique pour ne pas accepter des projets comme celui-là » a-t-il déclaré sur BFMTV.

Il semblerait que du haut de l’Elysée, Macron ait entendu l’appel puisque le 12 avril, en urgence, à la demande du Président, le ministre de l’Intérieur déposait un amendement à la loi « confortant le respect des principes de la République », permettant d’empêcher l’ouverture d’un établissement scolaire « pour des motifs tirés des relations internationales de la France ou de la défense de sa souveraineté ». A voir si elle sera efficace, ou tout simplement appliquée…

Anne Isabeth

Article paru dans Présent daté du 13 avril 2021