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Immigration : les Européens rejettent les politiques communes

Dans sa lettre d’invitation aux membres du Conseil européen qui doit se réunir les 22 et 23 juin pour parler, entre autres sujets, d’immigration, Donald Tusk estime que « les forces anti-UE » sont en régression et que « nous remontons lentement la pente ». L’Europe serait, selon lui, à nouveau perçue comme une solution, dit-il encore, rappelant que « l’année dernière, nous avons décidé que l’UE protégerait sa population contre les menaces pesant sur la sécurité ainsi que contre l’immigration clandestine ». On comprendra donc qu’avant cela, l’UE avait décidé de ne pas protéger sa population contre ces menaces, en notant aussi que la décision prise l’année dernière n’a rien changé en Méditerranée centrale, bien au contraire !

Les Européens ne sont pas dupes.

Une étude de l’institut de sondages américain Pew Research Center publiée le 15 juin montre en effet qu’une très nette majorité d’entre eux souhaitent que les décisions en matière d’immigration soient prises par les gouvernements nationaux et non pas par l’Union européenne.

Comme on pourrait s’y attendre, c’est le cas pour 82 % des Hongrois et 77 % des Polonais, mais c’est également le cas pour 75 % des Français et des Allemands, 74 % des Hollandais, 70 % des Grecs et des Suédois, 62 % des Espagnols et 54 % des Italiens. Pour les neuf pays étudiés, cela fait une moyenne de 74 % en faveur de décisions prises au niveau national contre seulement 23 % en faveur de décisions prises au niveau européen !

Quand le président français Emmanuel Macron appelle à une organisation commune renforcée en matière de droit d’asile et d’immigration dans une interview publiée le 22 juin dans Le Figaro et sept autres journaux européens, ou quand le président du Conseil italien Paolo Gentiloni affirme devant son Sénat avant le Conseil européen que « nous avons besoin de marcher rapidement vers une politique commune » en matière d’immigration, ils ne sont donc pas du tout en phase avec leurs citoyens. Au contraire des dirigeants du Groupe de Visegrád quand ils refusent la relocalisation automatique et obligatoire des immigrants arrivés illégalement en Europe, telle que la propose encore la Commission européenne.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 23 juin 2017