Le mouvement des Gilets jaunes : raisons et réponses

A l’aube de l’année 2019, les Français, dans leur ensemble, ont pour principale interrogation le futur du mouvement social qui touche le pays depuis le mois de novembre dernier. Si le nombre des manifestants fut moins nombreux entre les fêtes, leurs démonstrations n’ont pas pour autant cessé. En parallèle, l’affaire Benalla qui affecte la présidence de la République a encore connu des rebondissements durant ces jours de l’habituelle trêve des confiseurs. Dans cette période troublée, ces péripéties ne sont pas sans conséquences.

Le samedi 5 janvier, les manifestations ont repris dans plusieurs villes de France dont la capitale avec un public apparemment plus nombreux que le samedi précédent. Les fins de cortèges ont été à nouveau émaillées d’incidents, certes, globalement moins graves que ceux du début du mois de décembre mais pour certains emblématiques du niveau de violence atteint. A cet égard, il faut observer que la violence qui se dissipait comme mode de contestation est redevenue pour certains un mode d’expression, si l’on excepte l’action ces dernières années de groupes particuliers qui en ont fait profession.

L’état des revendications

Parti de revendications matérielles, le mouvement débouche aujourd’hui sur une demande de transformation des institutions à travers l’instauration d’un référendum d’initiative citoyenne.

Si les manifestations ne rassemblent qu’une fraction très limitée de la population, par l’éventail des catégories sociales dont sont issues ceux qui y participent et l’étendue sur tout le territoire, elles reflètent le malaise que ressent une part importante de la population française. Les sondages, qu’il faut toujours analysés avec précaution compte-tenu des libellés des questions posées, montrent un soutien encore majoritaire des Français, lié à la réalité des difficultés mises en évidence par le mouvement.

Face à ces difficultés, il est de bon ton pour certains, comme il apparaît dans les médias, de mettre en exergue la palette des doléances, les contradictions qu’elles porteraient les unes par rapport aux autres et, finalement, le caractère brouillon et incohérent de l’ensemble. Une conclusion réductrice et superficielle tend alors à montrer que les réponses ne sauraient être que restreintes, évitant toute réflexion de fond.

En premier lieu, il faut observer qu’au sein de nos sociétés occidentales où les grandes communautés de travail, paysannes et ouvrières ont dépéri avec le temps, l’emploi est beaucoup plus parcellisé. Il est exercé dans des entités plus réduites avec des statuts plus divers et aussi individuellement notamment avec le développement des autoentrepreneurs. Dans ce contexte, l’hétérogénéité des réclamations ne paraît pas anormale. Néanmoins, elles se rejoignent lorsqu’il s’agit de proposer une réforme de l’expression politique.

Ces protestations, si elles sont diverses, tiennent à quelques aspects essentiels, principalement

Les questions sociales affectées par le contexte économique

La baisse du taux de croissance annuel, moyen depuis quarante-cinq ans a eu pour conséquences, la hausse du taux de chômage et du travail à temps partiel, avec la précarité qui en découle, l’augmentation de la fiscalité directe et indirecte… Ces dernières années, après la crise financière de 2007-2008, le pouvoir d’achat d’une partie de la population a décru à tel point que certains foyers éprouvent les plus grandes difficultés à faire face aux dépenses courantes.

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