Entretien avec l’auteur du Nouveau dictionnaire de novlangue

Entretien avec l'auteur du Nouveau dictionnaire de novlangue

07/11/2013 – 14h00
PARIS (NOVOpress) – La fondation Polémia, dirigée par Jean-Yves Le Gallou et spécialisée dans l’analyse critique des médias, vient de rééditer son Dictionnaire de Novlangue. Novlangue… Le terme fait immédiatement penser à l’univers totalitaire que George Orwell décrit dans son roman de science-fiction 1984. Le principe de la novlangue est simple : plus on diminue le nombre de mots d’une langue, plus on diminue le nombre de concepts avec lesquels les gens peuvent réfléchir, plus on rend les gens incapables de réfléchir, et plus ils raisonnent à l’affect. Dans l’introduction à son ABC de la lecture, le poète et critique Ezra Pound démontrait également à quel point le langage façonne la pensée. Novopress a souhaité rencontrer l’auteur de ce dictionnaire, Michel Geoffroy, pour un entretien exclusif.

La novlangue ne correspond pas seulement à un tic ridicule, signe de reconnaissance de l’oligarchie et de la classe médiatique. Elle s’attaque à la pensée, comme l’avait bien vu également G. Orwell. En n’employant plus certains mots elle tente de nous priver de la capacité de conceptualiser, de réfléchir par nous mêmes. Le débat lancé en 2012 visant à retirer le mot « race » de la constitution n’était pas innocent sur ce plan. – Polémia

NOVOpress : Le Nouveau dictionnaire de Novlangue vient d’être réédité. Pouvez-vous revenir sur la genèse de cet ouvrage ? Pourquoi ce livre ?

Michel Geoffroy : L’idée du dictionnaire de la novlangue est venue de l’analyse critique de la désinformation médiatique effectuée par la fondation Polémia dans le cadre de son action de ré-information. Les médias ne diffusent pas des « informations » en effet comme ils le prétendent, mais une idéologie – c’est-à-dire une vue du monde – conforme aux intérêts de ceux qui les possèdent et les dirigent : les grandes banques et les grandes entreprises transnationales.

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