Claude Chollet, président de l’OJIM, répond aux questions de l’ISSEP

Deux étudiants de l’ISSEP (Institut de sciences sociales, économiques et politiques), dirigé par Marion Maréchal à Lyon, ont posé le 16 avril 2019 cinq questions à Claude Chollet sur la naissance de l’Ojim, ses réflexions et ses projets. Nous reproduisons ici ses réponses.

Comment l’Ojim est-il né, à quoi correspond cet acronyme, et quels objectifs poursuit-il ?

En 2012 j’avais été agacé des partis pris des médias au moment de l’élection présidentielle et plutôt que de ronchonner dans mon coin, j’ai résolu de créer un instrument qui permettrait de scruter l’envers du décor de la scène médiatique et de noter certains de ses a priori. À l’ère digitale le plus simple était de créer un site internet que je voulais appeler Observatoire des médias. Le titre était déjà pris par un site fort médiocre mais bénéficiant de l’antériorité. J’ai donc choisi OJIM Observatoire des Journalistes et de l’information médiatique, un titre un peu redondant mais facile à retenir. En 2017 nous avons gardé l’acronyme OJIM mais sommes devenus L’Observatoire du journalisme, qui donne un angle plus large.

L’objectif est « d’informer sur ceux qui vous informent ». Il n’y a pas d’information neutre, toute information est un produit transformé, mis en scène. Un fait brut qui n’est pas transmis n’est pas une information. Ce processus de transformation est fait par des médians, les journalistes eux-mêmes insérés dans différents environnements, politique, économique, éducatif, historique. On ne peut demander à un journaliste – ni à quiconque – d’être objectif, chacun à son histoire, son éducation, son milieu, la subjectivité ne peut être évitée. Par contre le comportement du journaliste doit tendre à la loyauté, à l’honnêteté vis à vis du réel.

C’est peu dire que cette exigence basique de loyauté est peu répandue en France. Je ne généralise pas, dans la règle des 20/80 il y a sûrement au moins 20% de journalistes loyaux ou qui voudraient l’être. Parmi ces 20% une partie voit cette loyauté entravée par les actionnaires des médias, leur hiérarchie, la pression de leurs collègues, une forme de précarité et la peur du qu’en dira-t-on. Les autres ronronnent entre eux, dans des conditions économiques variées, allant de la totale précarité au vedettariat avec toutes les étapes intermédiaires sur le plan de leur statut financier ou symbolique. Tout ceci donne un paysage global monocolore, libéral libertaire, avec des nuances à l’intérieur d’une même tonalité. Plus ou moins libéral sur le plan économique, nettement plus libertaire sur le plan sociétal. Le libertarisme en ce cas devient le cache sexe d’un libéralisme financier sans frontières (en dehors de celles de l’argent qui n’en connaît que peu). Comme l’AFP et les écoles de journalisme sont dans le même moule, le produit final apparaît aplati, toujours dans le même sens, et où certains thèmes (immigration, insécurité, multiculturalisme) ne doivent pas être abordés sous menace de mise au ban. Ou alors être traités selon des codes convenus que nul ne peut transgresser s’il veut progresser professionnellement ou simplement garder son emploi. Dans ce domaine la meilleure censure est toujours l’autocensure, sous le regard des autres. Chacun est surveillé et surveillant.

Comment « informer sur ceux qui vous informent » ? Comme tout bon artisan nous avons besoin d’outils. Tout d’abord les portraits de journalistes, factuels, au plus près du réel. Nous ne ferons pas le portrait des quelques 37000 cartes de presse, nous nous intéressons aux vedettes ou à ceux qui sont dans l’actualité. Un peu plus de 200 portraits à ce jour, régulièrement actualisés. Les infographies de groupes de médias ensuite, qui possède, qui dirige, qui produit l’information. Une trentaine à ce jour, souvent utilisées dans différentes écoles, avec ou sans mention de l’origine. Enfin de manière quotidienne nous jetons des coups de projecteur sur les manipulations en tout genre que l’on peut observer aussi bien à la radio, la télévision ou dans la presse écrite. Nous sommes ainsi un aiguillon pour que les médias remplissent leur mission : informer et non pas comme souvent nous éduquer. Nous levons le rideau et jetons un coup d’œil dans les coulisses. Et nous alertons sur les menaces grandissantes contre la liberté d’expression.

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I-Média – 1er Mai sous haute-tension médiatique

1er Mai sous haute-tension médiatique

07/05/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Comme chaque semaine, I-Média décrypte l’actualité médiatique en déconstruisant le discours dominant.

Gilets Jaunes, Black blocs et syndicats étaient attendus au tournant par les médias qui relayaient l’idée que Paris deviendrait la capitale de l’émeute. Finalement, les incidents ont été contenus.


Médias mainstream : les archétypes du libéralisme-libertaire

medias mainstream crise

06/05/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Confiance du public en baisse, violences en marge des manifestations des Gilets jaunes, homogénéité des rédactions : les signes ne trompent pas, le journalisme et les médias sont en crise.

La faute aux populistes ? Non, selon le chroniqueur Edouard Chanot : pour lui, les médias dominants sont l’expression de l’idéologie dite libérale-libertaire.


53% des Français pensent que les médias ont mal couvert le mouvement des gilets jaunes

enquête gilets jaunes et médias

Le Journal du Dimanche du 9 mars 2019 a publié une enquête (commune avec France Télévisions et Radio France) sur le traitement des gilets jaunes par les médias, un bilan peu flatteur révélé par le sondage de Viavoice.

Trop favorable à l’exécutif

Plus du tiers des sondés (35%) pensent que les médias ont donné plutôt la parole à l’exécutif. Par ailleurs 15% comprennent les agressions dont ont été victimes les journalistes dans les manifestations. Remarquons au passage que les agressés sont souvent des journalistes reporters indépendants ou en CDD qui se trouvent au bas de l’échelle de la profession et n’ont strictement aucune influence sur les images qui sont passées à l’antenne.

Confiance et attentes

71% des sondés font confiance à l’information qu’ils ont trouvé eux-mêmes dans les médias, confirmant la défiance instinctive devant ce qui leur est proposé. Les deux tiers attendent en priorité que les médias vérifient les informations et la moitié attendent des informations utiles au quotidien et révélant des faits choquants ou illégaux. Près du quart estiment inutile de lire les médias officiels en ligne et s’informent sur les réseaux sociaux.

Critique des médias

Les deux tiers des sondés pensent que les journalistes sont trop près des pouvoirs politiques et économiques comme des actionnaires des médias. Plus intéressant encore quasi les trois quarts pensent que les médias ne donnent pas la parole à tous les points de vue de manière équitable. Il n’est pas absolument certain que les Assises du journalisme qui viennent de se terminer à Tours (et où ces résultats ont été présentés) tirent tous les enseignements de cette étude, mais on peut toujours espérer.

Texte repris du site de l’OJIM

Vandalisme contre l’ISSEP de Marion Maréchal, où sont les médias ?

La France médiatique trouve souvent à redire quand il s’agit de régimes qu’elle n’apprécie pas, ou encore de démocraties dites illibérales au sujet de la liberté de la presse. Par contre quand on vandalise un Institut d’études supérieures à Lyon il n’y a plus grand-monde.

Les faits

Dans la nuit du 26 au 27 mars 2019, des agitateurs d’ultra gauche se revendiquant des black-blocs ont vandalisé un Institut d’Études supérieures reconnu par l’État, l’ISSEP, dans le quartier confluence de Lyon. Cet acte nocturne a été revendiqué sur les réseaux sociaux par un « groupe antifasciste » qui y tient librement page sans être inquiété, comme tous les groupes black-blocs de France et de Navarre, près de deux semaines après les faits, et sans qu’une quelconque Commission de lutte contre les violences d’ultra gauche ait vu le jour, contrairement à celles d’ultra droite, à l’Assemblée nationale. Ces individus se sont d’ailleurs filmés en train de perpétrer leur attentat.

L’ISSEP, ou Institut de Sciences Sociales Économiques et Politiques est réputé pour être « l’école de Marion Maréchal » dans les médias. Ceci explique-t-il la façon dont ils ont traité cet acte de violence mené par un groupuscule d’ultra gauche à l’encontre d’un lieu d’enseignement et de savoir, sur le territoire de la République ? Cela ne paraît guère douteux. Que l’on en juge : les rares médias qui ont évoqué les faits se sont contentés de reprendre les termes d’une information d’abord publiée sur le site du Figaro, et ont veillé à demeurer dans le pur factuel, sans condamner l’acte,ce qui est une façon déguisée de ne rien dire. Une réaction très éloignée de ce qui aurait eu lieu si un institut d’enseignement, reconnu officiellement par l’État, insistons sur ce point, avait été ainsi attaqué par un groupuscule appartenant à d’autres courants extrémistes de la vie politique française. Difficile de ne pas voir un deux poids deux mesures dans le silence assourdissant de l’immense majorité des chaînes de télévision et stations de radios d’État.

Qui en a parlé et comment ?

Le Figaro, Franceinfo, avec un article qui est exemplaire de la façon dont un média officiel peut ne pas parler du sujet dont… il parle.

L’AFP en fin de journée de 27 mars, une agence informée par… Le Figaro (le monde de la presse à l’envers), Le Parisien, Libération, L’express Cnews, quelques médias locaux.

En apparence, cela peut ressembler à une bonne couverture médiatique. Ce n’est en réalité par le cas. La question n’étant pas seulement qui en a parlé, quoique (où sont Le Monde, France Inter…), mais plutôt comment : reprendre de façon aussi discrète une telle information, la plupart du temps en dans une rubrique faits divers, sans interpeller plus avant sur la gravité des faits peut laisser pantois tout observateur soucieux de la pluralité d’opinions comme d’information . Les médias qui se fendent d’une brève recopient l’AFP qui… recopie Le Figaro.

Notons que Valeurs Actuelles, TV Libertés et le quotidien Présent ont réagi à la violence perpétrée contre l’ISSEP en la condamnant.

Délit d’opinion et délit de voies de fait sont traités différemment

Pour qui douterait que les conceptions politiques ne sont pas traitées de la même façon en France, il est intéressant de remarquer la réaction médiatique massive, et gouvernementale rapide quant à l’action menée par Génération identitaire sur le toit de la CAF de Seine Saint-Denis, département où la population est majoritairement issue de l’immigration et où 14 % des femmes qui accouchent sont excisées. Dans ce cas, le premier ministre a indiqué qu’il étudiait les possibilités de dissoudre Génération identitaire. Notons que cette organisation n’a mené aucun acte de violence, ni aucune dégradation, ce qui est du reste la marque de fabrique de ses actions politiques. Il s’agit donc de la mise en œuvre d’un délit d’opinion au sein de la République, le seul fait qui peut leur être reproché, sauf mauvaise foi, est d’avoir demandé de l’argent pour les Français et non pour les étrangers, ainsi que l’indiquait leur banderole. La majorité des personnes touchant de l’argent de la CAF dans ce département où la majorité de la population est issue de l’immigration, cette revendication tient de l’opinion, une opinion dont l’illégalité demeure à démontrer. Reste que 19 militants de Génération identitaire, délogés par la police, seront jugés pour entrave à la liberté du travail, encourant des peines de 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende.

En France, en 2019, la liberté d’expression a donc un coût. Ce qui n’est pas le cas de la violence politique. Tout dépend du bord politique auquel les uns et les autres sont censés appartenir.

Médias et politiques du politiquement corrects se plaignent souvent d’être mis dans la même case, voire d’être accusés de collusion. Que dire dans ce cas ? Non seulement la majorité des médias taisent un acte d’une extrême gravité, contre l’ISSEP, aucun n’appelant par exemple à la dissolution de ce genre d’organisation gauchiste paramilitaire et violente, mais le silence règne de même dans la classe politique. Dans le même temps, tout le monde se précipite contre Génération identitaire. Qu’un institut d’enseignement supérieur soit attaqué et, dans toute démocratie digne de ce nom, un membre du gouvernement ou le premier ministre serait monté au créneau pour défendre la liberté d’enseigner et d’apprendre. Ou alors les médias se seraient indignés d’un tel silence.

Article paru le site de l’OJIM daté du 9 avril 2019

Les gilets jaunes au cœur de la guerre médiatique

L’espace médiatique est désormais le lieu quasi unique où se joue le combat politique. C’est à partir de cette réalité, que le mouvement des gilets jaunes a bien mis en évidence, qu’il faut penser toute stratégie de confrontation politique. L’enjeu en est claire ; la conquête de l’opinion publique, qui fait la différence entre victoire et défaite, se joue à travers les médias et ouvre la voie à toutes formes de manipulation pour emporter la bataille des esprits.

Les gilets jaunes ont d’emblée assumé la radicalité de leur révolte en plaçant le gouvernement en situation d’accusé sur des thèmes très concrets comme le prix des carburants et le pouvoir d’achat. Ils n’ont, en revanche, pas su déployer une stratégie de riposte à la hauteur des manœuvres dilatoires du pouvoir en place, construites, nous l’avons vu, sur quatre piliers : minimiser, diaboliser, diviser, isoler. C’est sur cette stratégie du contre que doit porter aujourd’hui l’essentiel de la réflexion.

1000 et 1 façons médiatiques de neutraliser l’ennemi

Cette stratégie, qui ne peut être qu’offensive dans la forme, doit poser comme principe de base que les médias sont le cœur du combat politique et, qu’en conséquence, les journalistes sont, non seulement, des acteurs engagés et non des observateurs neutres, mais ils sont mêmes les principaux acteurs du jeu politique face aux citoyens. Ils sont les premiers acteurs avec lesquels les dissidents qui ont accès à l’espace médiatique doivent se confronter.

Dans le cas des gilets jaunes, la stratégie d’enlisement médiatique, pour l’essentiel, a consisté à minimiser l’ampleur du mouvement, en reprenant sans aucun recul les chiffres du ministère de l’Intérieur, et a extrémiser l’image des contestataires en focalisant l’information sur les violences. Il aura fallu plusieurs semaines, plus de deux mois, pour que les gilets jaunes finissent enfin par reprendre la main sur le sujet des violences en mettant en avant le nombre impressionnant de blessés dans les rangs des manifestants, et la gravité des blessures subies. Le débat national sur les LBD a, en quelque sorte, couronné le succès médiatique de cette contre offensive tardive. Si les médias ont été contraints de traiter le sujet, il n’en reste pas moins vrai que l’équilibre en termes d’images est loin d’être respecté. Les actes violents issus des manifestants sont passés en boucle de manière quasi hypnotique (exemple : l’épisode du boxeur), alors que les images des violences policières et leurs résultats sur les victimes sont présentés avec une grande retenue.

Il y a tout un art journalistique de mettre en avant une objectivité de façade – les choses ont été effectivement dites et montrées- tout en déséquilibrant systématiquement l’information par l’inégalité de ses traitements. Il est fréquent de voir, quand un représentant des gilets jaune s’exprime, des images de destruction, voitures en flamme ou autres, accompagner son propos.

Quant à la controverse sur les chiffres, elle n’a pas été arbitrée, et ceux annoncés par le pouvoir, massivement relayés par les médias, ont finit par s’imposer, contre toute logique, comme la seule réalité perçue. Les médias n’ont jamais mené le moindre travail critique sur les chiffres fantaisistes du gouvernement. On pourrait également analyser en détail la subtile utilisation des titres éditoriaux pour orienter la vision du citoyen, type la déclaration interrogative qui impose une réalité sans pour autant la revendiquer, comme, semaine après semaine, l’affirmation : « Le mouvement s’essouffle ? » Tout est dans le point d’interrogation ! On peut aussi utiliser la formulation directe : « La mobilisation en baisse »; on pourrait, à contrario, tout aussi bien affirmer: « La mobilisation se poursuit », ou « la contestation toujours vigoureuse », c’est juste une question de choix éditorial.

Reductio ad hitlerum

Enfin le processus de l’offensive anti gilets jaunes a atteint son point culminant avec la grande campagne sur le retour de l’antisémitisme et ses liens avec le mouvement de contestation populaire ; on peut d’ailleurs toujours mettre un point d’interrogation sur le sujet, mais le seul fait d’accoler les deux éléments constitue déjà une accusation. Une offensive particulièrement vicieuse qui consiste à laisser entendre, que, certes, tous les gilets jaunes ne sont pas antisémites, mais que le mouvement porte en lui- même le virus de l’antisémitisme, puisque d’essence populiste et, donc, d’extrême droite : cqfd, voilà le retour de la bête immonde !

Un système accusatoire grossier qui a probablement nui à la mobilisation contre l’antisémitisme. Il est tout de même énorme d’exhiber un activiste salafiste comme preuve d’un retour en force d’un antisémitisme d’extrême droite, faute d’avoir le moindre crane rasé à se mettre sous la dent, comme dans les belles années 80 de « l’antiracisme » triomphant. Gêné par cet obscène détournement de sens, Alain Finkielkraut a lui-même dénoncé avec vigueur cette inversion du réel.

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GJ Info, le faux média des Gilets jaunes aux mains de l’extrême-gauche

Depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, nombreux sont ceux qui veulent tirer les marrons du feu et parler à sa place. De nombreuses tentatives d’infiltration du mouvement proviennent de l’extrême-gauche, tant dans les manifestations des grandes villes (Nantes, Rouen, Bordeaux, Saint-Étienne, Paris, Marseille…) que dans la bataille pour le contrôle de la parole. Ainsi GJ Info, actif sur Telegram, n’a rien à voir avec les vrais Gilets jaunes et tout à voir avec l’extrême-gauche qui le contrôle.

Média « collectif »

Gilets jaunes infos se présente comme un média collectif, sans auteurs. En réalité, il est coécrit par une infirmière libérale des Landes, proche de la nébuleuse d’extrême-gauche locale, et un développeur informatique lyonnais – ces deux derniers ont écarté progressivement les auteurs originaux, qui étaient cinq, moins politisés et originaires d’Ile-de-France. Ce média n’a que quelques centaines d’abonnés Facebook et Telegram – et à peine dix fois moins sur Twitter – mais une audience plus large puisqu’il est diffusé sur une grande partie des groupes et canaux Telegram des Gilets jaunes, toutes obédiences confondues.

Conseils intéressés et orientés

Fin janvier dernier, Gilets jaunes Infos passe un communiqué intitulé « vérifier une information avant de la partager ». L’intention est louable : lutter contre les fake news/infox qui sont légion sur les réseaux sociaux, Gilets jaunes ou pas. Les conseils aussi : « identifier l’auteur, identifier le média, recouper l’info ».

Cependant, la liste des médias conseillés est monocolore : « Tous les médias indépendants ne sont pas fiables ! Voici une source de listes d’informations recommandées : l’Autre quotidien, Bastamag, Ballast, Streetpress, Le Monde Diplomatique, Reporterre, Mediapart, le Média TV, Wikipédia (bien-sur) ». La quasi-totalité penche très à gauche, le Monde Diplomatique est un peu à part. Curieusement, on ne trouve pas TV Libertés, le Média pour Tous de Vincent Lapierre, RT ou même Brut. Et il est loufoque d’y trouver StreetPress, le kebab des médias.
Agressions à sens unique

Ce n’est pas un hasard : le 21 janvier 2019 Gilets jaunes info se fait l’écho de « plusieurs accidents inadmissibles dans le cortège parisien […] plusieurs Gilets jaunes et une militante syndicale ont été agressés par des militants identitaires qui portaient eux aussi un Gilet jaune pour semer la confusion dans nos rangs ». Nous n’avons pas retrouvé trace de ces incidents. En revanche, Gilets jaunes infos est resté silencieux sur les agressions de Gilets jaunes ou de journalistes par des antifas que nous avons documentées ici et pour cause.

Les nombreuses rediffusions des messages de la Maison du Peuple de Saint-Nazaire ou de l’assemblée des assemblées de Commercy – toutes deux idéologiquement proches de la ZAD de Notre-Dame des Landes ne laissent aucun doute sur l’origine idéologique du soi-disant « Gilets jaunes infos ». Loin, très loin du message porté à l’origine par les Gilets jaunes et de la révolte de la France périphérique travailleuse. Nous aurons l’occasion de revenir sur les autres médias créés par les GJ.

Article paru sur le site de L’OJIM

I-Média – Matraquage, occultation : les manip’ médiatiques décryptées

19/02/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Le matraquage médiatique est une manipulation classique. En choisissant de promouvoir certaines informations plutôt que d’autres, les médias orientent l’opinion.

Cette semaine, 2 exemples clairs : le prétendu incendie criminel chez Richard Ferrand et la montée de l’antisémitisme.


Dans la tête des gilets jaunes, médias et hiérarchie des informations

En-dehors des récits des manifestations, de la répression massive (1800 arrestations, 9 mains arrachées, 4 énucléations, liste sous réserve d’inventaire), de certaines violences et des violences certaines , des réactions assez homogènes des médias dominants, peu a été écrit de manière ordonnée et scientifique sur les rapports des gilets jaunes à l’autorité, en particulier à l’autorité médiatique. Le livre Dans la tête des gilets jaunes de François-Bernard Huyghe (et alia) vient combler utilement un vide. Parcourons cet ouvrage juste paru chez VA éditeurs (Valeur Ajoutée, Média Group).

Rapport méfiance/humiliation

Quand Bernard Henri Lévy dans Le Point du 13 décembre 2018 parle de la « joie obscène » qu’éprouveraient Poutine ou Erdogan devant les manifestations des GJ, il invoque le nihilisme soit « une manière philosophique de dire que les manants sont méchants» ajoutent les auteurs. Méchants et méprisables. Car le mot qui revient en boucle c’est « mépris », On peut lire sur une pancarte « Baissez les prix et le mépris ».

Un article de Serge Raffy dans L’Obs du 1er décembre 2018 remarque que seulement 6600 personnes occupent les rond-points soit moins de 0,01% de la population, manière aimable de signifier : « circulez y’a rien à voir. ». Sur un plan plus global, l’opposition chère au Président Macron entre progressistes et populistes est soutenue par l’Union Européenne et « bien sûr par la majorité des rédactions ».

Mépris mais aussi méfiance en particulier vis à vis des médias qui sont deux fois perdants « Côté foules, on préfère les vérités alternatives révélées par ses semblables », on renverse les règles et « l’intrusion du gueux est le cauchemar du commentateur tout à l’idée de sa mission pédagogique ». Mission pédagogique est le mot, car le rôle du journaliste moyen (oui, il y a des exceptions) n’est plus d’informer mais d’éduquer. Et côté élites « on s’indigne que l’on tende un micro à n’importe qui ».

Complotisme mon beau souci

Quand Jean-Michel Aphatie « démasque » trois coupables dans le mouvement des JG, un complotiste, un putschiste, un extrémiste ou quand le ministre Mounir Mahjoubi dénonce sur France Inter le 24 décembre 2018 des « forces étrangères » qui influencent les GJ, ils ressuscitent à leur corps défendant une nouvelle théorie du complot.

Les auteurs se livrent à une analyse quantitative et qualitative de certains médias anglo-saxons (The Times) qui ont tenté de qualifier une influence étrangère sur les GJ et y ont ajouté leurs propres calculs à partir de onze médias français et plus d’un million et demi d’occurrences sur les réseaux sociaux qui leur sont liés. Résultat : zéro. « La tentation d’expliquer les gilets jaunes au travers du seul prisme de la guerre informationnelle et de la manipulation des réseaux sociaux par des acteurs étrangers paraît peu opérante ».

Retour du tragique

La conclusion ? Le conflit, cher à Héraclite (tout advient selon dispute et nécessité) revient. « La phase soft s’achève, la brillante alliance du libéralisme politico-économique et de la morale individualiste de compassion plus l’ouverture ont échoué. Le tragique déborde de la scène ». Les médias le comprendront ils ?

François-Bernard Huyghe, Xavier Desmaison, Damien Liccia, Dans la tête des gilets jaunes, 2019, VA éd, 128 pages, 14 €. Signalons à l’éditeur que certains graphiques sont si petits qu’ils en deviennent illisibles.

Article repris du site de l’OJIM

Emmanuel Macron contre la liberté de la presse, par Guillaume de Thieulloy

Fin janvier, Emmanuel Macron a reçu des journalistes pour s’exprimer librement devant eux sur l’actualité. Le procédé était habituel pour ses prédécesseurs, mais c’est la première fois qu’il s’adonne à cet exercice étrange.

Je dis « étrange », car le statut de ce genre d’entretiens m’a toujours laissé songeur. À qui fera-t-on croire qu’un président de la république parle de l’abondance du cœur à des journalistes ?

En tout cas, comme souvent avec les « off » hypocrites, celui qui joue au chef de l’État, a clairement voulu faire passer des messages par l’intermédiaire de ces complaisants journalistes.

Or, le moins que l’on puisse dire, c’est que les messages en question sont inquiétants. D’autant qu’ils sont confirmés par un récent entretien au « Point ».

À ce propos, le seul récit disponible de l’entretien « libre » de M. Ma­cron, est celui qu’en a donné Emmanuel Beretta dans « Le Point ». De là à supposer que le magazine est une pièce maîtresse de la communication présidentielle, il n’y a qu’un pas.

En tout cas, M. Macron fait preu­ve d’une inquiétante paranoïa. Pour lui, les gilets jaunes sont manipulés par l’étranger – spécialement la Russie. Éric Drouet pourrait ainsi être conseillé de l’étranger, affirme-t-il.

Qu’un mouvement aussi anarchique – et si typiquement français ! – ait pu être inventé par l’étranger me semble extrêmement douteux.

Mais, quand cela serait, où serait le plus grave : qu’Éric Drouet, simple citoyen, soit conseillé par l’étranger, ou que tant d’hommes politiques de premier plan soient financés par l’étranger (y compris par des pays soutenant notoirement le terrorisme) ?

Selon le président, 90 % des mouvements favorables aux gilets jaunes, sur internet et les réseaux sociaux, viendraient de « la fachosphère, la gauchosphère, [ou de] la russosphère ». Avec une analyse aussi fine de la société, nous sommes assurés de l’objectivité du « grand débat » !

J’ai toujours été fasciné par le complotisme des anti-complotistes patentés. Nous en avons un superbe exemple.

Mais le plus saugrenu est sans doute l’idée évoquée dans son entretien « libre ». On y lit ceci :

« Le bien public, c’est l’information. Et peut-être que c’est ce que l’État doit financer. Le bien public, ce n’est pas le caméraman de France 3. Le bien public, c’est l’information sur BFM, sur LCI, sur TF1, et partout. Il faut s’assurer qu’elle est neutre, financer des structures qui assurent la neutralité. Que, pour cette part-là, la vérification de l’information, il y ait une forme de subvention publique assumée, avec des garants qui soient des journalistes. »

J’ignore si le président pense réellement ce que je lis. Mais, si c’est le cas, bienvenue à Pyongyang ou bienvenue au « Pays des merveilles » d’Alice ! Car on ne sait ce qui est le plus frappant dans cette idée loufoque, de son absurdité ou de ses tendances totalitaires.

Comment diable M. Macron fera-t-il pour s’assurer que l’information soit « neutre » ? Fau­dra-t-il que les journalistes soient recrutés sur leur absence de conviction ? Croit-il vraiment que BFM ou TF1 sont neutres ou se moque-t-il tout simplement de son auditoire ? Et croit-il que seuls les médias « neutres » vérifient leurs informations ?

Si je comprends bien, dans « l’i­déal », les journalistes bien-pensants seraient rémunérés par l’argent public et pas les autres. M. Macron a-t-il réfléchi une seconde au fait que la défiance générale envers les médias augmenterait vertigineusement ? Et a-t-il réfléchi au cadeau inouï qu’il ferait ainsi aux dissidents comme nous, qui recevraient ainsi un brevet de l’État de ne pas dépendre des puissants ?

Toujours est-il que Jupiter manifeste une fois de plus qu’il a des problèmes avec nos libertés !

Guillaume de Thieulloy

Tribune reprise de les4verites.com

Le vote pour les Bobards d’or est lancé !

06/02/2019 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
La fondation Polémia organise, comme chaque année, la cérémonie parodique des Bobards d’or. Les journalistes qui ont le mieux menti pour servir le politiquement correct, seront récompensés le lundi 18 février au soir.

Cette année, les Bobards d’or fêtent leurs 10 ans.

Dans un entretien accordé au site Polémia, Jean-Yves Le Gallou rappelle que les Bobards d’or ont toujours eu vocation à corriger les journalistes avec humour. Malheureusement, malgré les invitations, aucun journaliste n’est jamais venu chercher sa récompense.

Lorsque les grands médias se sont intéressés à cette cérémonie, ce n’était jamais Bobards d’or pour décrire un seul bobard, ni pour se remettre en cause. Mais pour dénoncer la critique de la caste médiatique qu’ils ne comprennent pas. Pas plus qu’ils ne comprennent la violente défiance des Français envers eux.

Malgré le silence des médias, les Bobards d’or ont inspiré outre-Atlantique.

En 2017, la cérémonie comptait dans l’assistance un correspondant anglais du site de réinformation Breitbart News, enthousiasmé par l’idée. Cette dernière est arrivée jusque dans l’oreille de Donald Trump.

Et, en janvier 2018, le président américain organisait les « Fake News Awards ». Preuve que le combat contre les mensonges de la presse est mondial.

Les bobards concourent dans plusieurs catégories. Cette année, nous retrouvons une catégorie internationale des « Golden Bobards ».

En voici les nommés :

En Allemagne, le bobard « ratonnade » sur une chasse aux immigrants à Chemnitz. Aux Etats-Unis, le bobard « ogre » à propos des enfants immigrés clandestins enfermés dans des cages par Trump. En Italie, le bobard « omelette raciste » pour l’athlète nigériane sur qui des œufs avaient été jetés. En Russie, le bobard « Rambo Poutine » lorsque le président russe chassait le tigre. Et en Pologne, le bobard « défaite électorale » du parti conservateur.

Vous pouvez voter pour vos bobards favoris et sélectionner les finalistes sur le site des Bobards d’or : www.bobards-dor.fr où l’on peut réserver ses billets. La cérémonie aura lieu le lundi 18 février, à 19h30, au théâtre du Gymnase, 38 boulevard Bonne-Nouvelle, Paris X.

Médias en Europe de l’est : George Soros veut racheter des stations de radio en Pologne

Dans le grand jeu de dominos des médias, nous vous avions présenté le rachat discret mais constant par des intérêts américains étroitement liés à la CIA d’une bonne partie des médias dans les Balkans. En même temps, le Tchèque Daniel Kretinsky rachetait une partie des parts de Mathieu Pigasse dans le groupe Le Monde, l’hebdomadaire Marianne et certains actifs du groupe Lagardère dont des radios en Pologne. Ce sont ces dernières qui pourraient changer de mains.

Cinq stations de radios en vente

Le groupe polonais Eurozet, propriétaire de plusieurs stations de radio (Radio Zet, Chillizet, Antyradio, Meloradio et Radio Plus) ainsi que d’un studio de production de radio et de télévision, avait été racheté par le Tchèque Czech Media Invest au Français Lagardère au printemps 2018, dans le cadre d’une transaction qui englobait encore des stations de radio en Tchéquie, en Slovaquie et en Roumanie. Le groupe tchèque de Daniel Křetínský n’aura attendu que quelques mois pour mettre en vente son acquisition polonaise. Le gouvernement polonais espérait que cette vente serait l’occasion de « repoloniser » un peu les médias polonais, qui sont aujourd’hui majoritairement entre des mains étrangères, mais il n’est pas sûr que ce soit le cas.

Quatre acheteurs potentiels dont Soros

Trois acheteurs potentiels sont polonais. D’abord l’homme d’affaires Zbigniew Jakubas. Puis le groupe médiatique PMPG Polskie Media, propriétaire des hebdomadaires Do Rzeczy (libéral-conservateur) et Wprost (à la ligne éditoriale plus difficile à définir). Et enfin le groupe médiatique Fratria, propriétaire de plusieurs sites d’informations (dont le très populaire wPolityce.pl), de deux hebdomadaires (Sieci et ABC) et d’une télévision émettant sur Internet et sur le câble (wPolsce.pl) – des médias conservateurs ouvertement favorables au PiS. Mais depuis le 25 janvier 2019, un autre concurrent est en lice, plus inquiétant pour le gouvernement de Mateusz Morawiecki alors que les médias qui lui sont hostiles dominent déjà assez largement dans le paysage médiatique polonais.

Ce concurrent, c’est George Soros par l’intermédiaire de la société tchèque SFS Ventures dont l’actionnaire minoritaire (avec 24 % des parts) est la société américaine Salvatorska Ventures LCC appartenant au fonds d’investissement sorosien Media Development Investment Fund (MDIF). MDIF avait déjà acquis en 2016 un peu plus de 11 % des parts du groupe médiatique polonais Agora propriétaire, entre autres médias, de la radio Tok FM et du quotidien Gazeta Wyborcza, deux médias libéraux-libertaires férocement anti-PiS et mis en difficulté après le retrait par le gouvernement de Beata Szydło (Pis) du soutien massif dont ils bénéficiaient (notamment Gazeta Wyborcza) de la part des gouvernements de Donald Tusk puis d’Ewa Kopacz, principalement sous forme de publicités et d’abonnements des administrations.

Soros et le soutien de la Commission Européenne

Aujourd’hui SFS Ventures propose de racheter le groupe polonais Eurozet en partenariat avec Agora, qui acquerrait 40 % des parts contre 60 % pour SFS Ventures. De cette manière, le fonds d’investissement dans les médias de George Soros, présent dans le capital des deux sociétés, étendrait son influence en Pologne, ce qui n’est bien entendu pas du goût du gouvernement du PiS déjà attaqué par les nombreuses ONG de la nébuleuse sorosienne. Ajoutons aussi que le journal Gazeta Wyborcza bénéficie désormais pour attaquer le PiS (qu’il soit dans l’opposition ou au gouvernement) d’un soutien financier de la Commission européenne, elle-même en très bon rapport avec Soros, grâce à des articles payés par Euractiv.

À l’inverse, le groupe Fratria aurait bénéficié, selon Gazeta Wyborcza qui se réfère à une information de Wirtualnemedia.pl, pour financer le rachat d’Eurozet, d’un crédit de 51 millions d’euros de la part de la banque publique Pekao SA, un crédit que le journal met sur le compte du soutien du PiS.

C’est toutefois à Czech Media Invest de Daniel Kretinsky que reviendra le dernier mot, sans doute en faisant monter les enchères.

Influence étrangère ou capitaux polonais ?

Plusieurs représentants du parti au pouvoir ont exprimé leur avis négatif sur la tentative de George Soros d’accroître son influence dans les médias polonais. Pour la présidente de la commission de la Diète en charge de la culture et des médias, la vente d’Eurozet à Agora et à SFS Ventures sera un coup porté au pluralisme des médias en Pologne et est dangereuse pour le marché des médias et le débat public. Selon la porte-parole du PiS, le parti « Droit et Justice et Jarosław Kaczyński considèrent que l’État doit tout faire pour que les spéculateurs boursiers n’accroissent pas leur influence sur le marché des médias ». L’objectif de la Pologne est au contraire « d’accroître la part des capitaux polonais et de défendre le pluralisme ».

Un secrétaire d’État du ministère de la Culture et du Patrimoine national a toutefois expliqué que le gouvernement polonais ne dispose pas d’instruments lui permettant de s’opposer à l’expansion de George Soros dans les médias. Il avait été question d’une loi de déconcentration des médias, mais le projet a pour le moment été abandonné, sans doute pour éviter d’ouvrir un nouveau conflit avec Bruxelles. Le sujet reviendra probablement sur le devant de la scène si le PiS parvient à reconduire sa majorité au parlement aux élections législatives de l’automne prochain. En attendant, seule l’autorité de la concurrence et des consommateurs (UOKiK) pourrait intervenir contre l’offre sorosienne, mais uniquement si ce rachat d’Eurozet par les sociétés dont son fonds MDIF est actionnaire conduirait à une situation de domination excessive sur le marché, ce qui n’est apparemment pas le cas. Le budget de la fondation Soros Open Society était d’un milliard de dollars en 2018 comme nous vous le disions ici. Le budget 2019 ne devrait pas être inférieur, de quoi faire quelques emplettes en Pologne et ailleurs.

Article repris du site de l’OJIM

La défiance envers les médias est logique !, par Guillaume de Thieulloy

Le 32e baromètre de la confiance dans les médias, réalisé par le groupe Kantar, et publié en pleine crise des gilets jaunes, est révélateur de la défiance des Français à l’égard des médias.

En particulier, la télévision atteint un plus-bas historique : seuls 38 % des Français estiment que les événements se déroulent réellement comme la télévision les raconte.

La radio (50 %) et la presse écrite (44 %) s’en sortent un peu mieux, mais sont, elles aussi, en chute libre.

Il est remarquable qu’internet ne profite pas de cette chute des médias dominants : seuls 25 % des Français font confiance à la toile (bien loin du plus haut de 2015, où 39 % lui faisaient confiance). Les campagnes « an­ti fake news » ont fait le travail !

Personne ne peut se réjouir de cette perte de confiance dans les médias, car elle n’est que le reflet d’une perte de confiance générale dans la société.

La France est de moins en moins une société ; elle est de moins en moins une nation. Et cet individualisme ou ce communautarisme montants se traduisent par la méfiance envers tout ce qui n’est pas proche et connu.

Mais personne ne peut non plus s’étonner de ces résultats.

D’abord, cette destruction méthodique de la sociabilité est le résultat d’une politique délibérée. À force de prétendre, avec la déclaration des droits de l’homme, qu’il n’y a rien entre l’individu et l’État, nous sommes parvenus au résultat brillant d’une société à la fois atomisée et collectiviste.

Atomisée, dans la mesure où l’individualisme triomphe, où le clanisme progresse partout (appuyé d’ailleurs sur le clientélisme électoral).

Collectiviste dans la mesure où nous abandonnons une part de plus en plus grande de nos revenus à l’État pour en attendre la santé, l’éducation, le logement, bref tout ce qui est nécessaire ou superflu pour nos vies !

Comme si, grands enfants que nous sommes, nous étions incapables de choisir une assurance pour nous soigner ou une école pour nos enfants.

Mais il est vrai que, pour un pouvoir à la légitimité fragile, la liberté est un cauchemar.

Ces résultats sont cependant aussi la conséquence de choix législatifs, financiers et éditoriaux catastrophiques.

Législativement, il est à peu près interdit de dire la vérité sur la plupart des sujets importants pour la vie publique. M. Macron, avec sa loi sur les « infox », a mis la dernière main à cet arsenal répressif (pour le moment, car l’imagination en matière de lois liberticides est infinie !).

Mais il y a peut-être plus grave. Au nom du pluralisme, les médias sont archi-subventionnés.

Cela a deux conséquences majeures. D’abord, une vassalisation des journaux et des journalistes. Mais aussi une distorsion de concurrence entre les médias du « Système » et les autres.

Or, les uns comme les autres ne sont jamais que des médias d’opinion : c’est en fonction de nos options intellectuelles et politiques que nous traitons telle actualité sous tel angle.

Que « Le Monde » ne parle pour ainsi dire jamais d’immigration – si ce n’est pour dénoncer les fameuses fausses nouvelles sur le sujet, naturellement ! – signifie seulement que l’idéologie dominante au « Monde » exige que cette réalité ne soit présentée que sous un aspect positif. Comme on peut difficilement se réjouir tous les jours que tout aille bien sur le front de l’immigration et de l’intégration, nos éminents confrères n’en parlent tout simplement pas.

La seule façon pour que les Français reprennent confiance dans les médias consiste à libérer la presse du carcan législatif, de l’épée de Damoclès judiciaire et des subventions publiques. Mais nous pouvons être certains que nos excellents dirigeants vont faire l’exact opposé !

Guillaume de Thieulloy

Tribune reprise de les4verites.com

Les Français ne croient plus les grands (gros) medias. Et ils ont raison

Tous les ans, notre bon confrère La Croix procède à un sondage d’opinion sur la crédibilité des médias. Tremblement de terre, cette année : jamais les Français n’ont exprimé autant de défiance à l’égard des journalistes et des supports de presse, jamais ils n’ont autant douté de leur objectivité, de leur indépendance.

Les chiffres sont cruels : la radio, qui est traditionnellement le média considéré comme le plus crédible ne suscite qu’un niveau de confiance de 50% (6 points de moins que l’an dernier), la presse écrite tombe à 44% (moins 8%), et la télévision perd 10 points à 38%. Ce qui signifie que, désormais, une majorité de Français ne croient plus ce qu’ils lisent, ce qu’ils entendent, ce qu’on leur montre.

Comme les Français de droite, qui pratiquent ce sport depuis des dizaines d’années, c’est tout le peuple français qui apprend désormais à lire entre les lignes. Sur tous les grands sujets : immigration, mariage homo, PMA, racailles de banlieue, Gilets jaunes, terrorisme, islam, écologie etc., ils tentent de percevoir la réalité derrière les mots obligés.

Il n’est pas possible de soutenir non plus, – comme on l’entend trop souvent – que cette défiance viendrait des médias sociaux qui véhiculeraient des bobards, des fake news, et entretiendraient ainsi un climat complotiste et une défiance à l’égard des médias traditionnels. En effet, lorsque l’on sonde les Français, ils ne sont que 25% (comme en 2018) à faire confiance à internet. Ou plus exactement ils ne croient qu’à 25% des informations qu’ils recueillent sur internet. Ce sondage, loin de démontrer une perméabilité aux théories complotistes, montre au contraire un fort degré de maturité des consommateurs d’information.

Du « camp du bien » à celui des désinformateurs professionnels

Le traitement des informations relatives aux Gilets jaunes a sans doute joué un rôle de révélateur, mais cette actualité n’a pas fait passer à elle seule les journalistes, les grands médias, du « camp du bien » à celui des désinformateurs professionnels. Les Français s’intéressent à nouveau à la politique, veulent se réapproprier leur destin. Mais ils découvrent aussi que certains thèmes, certains débats, sont interdits de médias. Des hommes politiques, des médias, l’ont clairement exprimé. Il est interdit de contester l’avortement, le mariage homo, la PMA etc. On voit aussi la difficulté à faire accepter l’idée que le référendum pourrait se banaliser et porter sur autre chose que les sujets choisis et encadrés par le pouvoir. Les Français découvrent que sur cette question, les grands médias pratiquent un discours uniforme…contre l’opinion publique. Les Français avaient touché du doigt cette pratique, lors du référendum de 2005 sur le traité de Maastricht… De même ont-ils noté ce qui s’est passé aux Etats-Unis avec un président détesté par 96% des médias, mais élu quand même. L’affaire des Gilets jaunes a fait émerger la revendication du recours au référendum d’initiative populaire, mais la classe politique résiste, avec l’aide de la classe médiatique, à cette exigence qui, pourtant, fait pratiquement l’unanimité.

En fait, internet a permis – sans qu’on puisse parler de complotisme ou de fake news –, de révéler que les grands médias sont désormais concentrés entre les mains d’un tout petit noyau de milliardaires, les fameux gagnants de la mondialisation, qui ne paient pas d’impôts, ou qui en paient très peu, et pour qui la planète est un jardin qu’ils savent cultiver au mieux de leurs intérêts : Drahi, Soros, Arnaud, Niel etc. La concentration est maximale, et si ces médias perdent structurellement de l’argent, peu importe, ils entrent dans une stratégie politico-financière planétaire.

Léa Salamé, femme de Glucksmann, c’est l’entre-soi absolu

Les Français savent aussi les incroyables accointances qui unissent politiques et journalistes. Que la journaliste Léa Salamé soit la femme du politicien d’extrême gauche Raphaël Glucksmann, et on comprend mieux la complaisance des médias à l’égard de ce charlatan politique constamment invité des médias payés par nos impôts. On ne peut oublier que les Baroin, Kouchner, Strauss-Kahn, Sapin, Montebourg, Hollande etc. ont, ou ont eu, pour épouse ou compagne, une journaliste des grands médias. De même est-on surpris de découvrir que les journalistes tutoient les politiques, s’appellent par leur prénom etc., du moins certains journalistes, et certains politiques. A présent les Français en sont pleinement conscients.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 29 janvier 2019

Gilets jaunes vs BFMTV : le match continue

Boostée par le mouvement des Gilets jaunes depuis novembre – BFMTV est devenue en décembre la sixième chaîne de France – la chaîne d’information continue est cependant en butte à une très forte hostilité des Gilets jaunes qui lui reprochent une forme de propagande pour Macron. Le récent lapsus (voir infra) d’une députée LREM – Alice Thourot – ne va pas arranger les choses.

Boycott symbolique

Pris à partie régulièrement par les Gilets jaunes, les journalistes de BFMTV ont décidé d’un « boycott » symbolique du mouvement, le 7 janvier. « La coupe est pleine pour de nombreux journalistes de BFMTV. Les premiers symptômes du malaise sont apparus ce week-end avec l’envoi d’un communiqué signé de la SDJ de la chaîne. Très discrète historiquement, cette dernière a condamné les nouvelles agressions dont ont été victimes des journalistes de BFMTV en marge de la mobilisation pour l’acte VIII des Gilets jaunes », écrit Ozap/Puremedias.

Tensions à la rédaction

Par ailleurs la rédaction aurait réclamé le lundi 7 janvier 2019, lors d’une réunion de debriefing, que l’antenne ne soit plus monopolisée par les Gilets jaunes – ce qui pose « un problème professionnel et éditorial. Et ce serait aussi un problème industriel », selon les propos d’Hervé Béroud, directeur de la rédaction de BFMTV, lors de la même réunion. En clair le public se reportera vers d’autres chaînes – LCI ou RT par exemple – et l’audience de BFMTV cessera d’augmenter.

« Une frange de la rédaction apparaît très remontée contre une direction jugée “trop verticale” et peu encline à se remettre en cause. Certains évoquent ainsi une motion de défiance », affirme même Ozap. Cependant il peut sembler assez curieux que les journalistes de BFMTV ne réfléchissent pas un peu plus au positionnement idéologique de la chaîne, qui peut passer pour une véritable tribune pro-Macron par moments.

Lapsus révélateur ?

Ainsi, le lapsus révélateur de la députée drômoise LREM Alice Thourot – à qui devrait être confiée la future loi anti-casseurs – a mis de l’eau au moulin des Gilets jaunes. Elle a en effet répondu à un intervenant Gilet jaune : Je ne peux pas vous laisser dire des choses comme ça à notre antenne », notre antenne étant celle de BFM… sans être d’ailleurs reprise par les journalistes présents.

Ce « notre antenne » en parlant de BFM résonne pour beaucoup comme un aveu. Du reste ses propos ont aussi été ignorés par la presse mainstream… mais largement repris par les médias proches des Gilets jaunes et le russe Sputnik News. Un peu partout en France, des Gilets jaunes ont déjà tiré les leçons de la guerre médiatique en excluant systématiquement BFMTV et les grands médias de leurs événements, AG et blocages.

Texte repris du site de l’OJIM