Naufrage dans la médiocratie, par Maxime Tandonnet

macron

La France dite d’en haut entre en extase depuis trois jours parce que selon des sondages, le président Macron atteindrait le seuil magique, emblématique de 30% au premier tour. Derrière, les 18% de la fille de M. le Pen, au deuxième rang, rendent quasi certaine sa réélection. Des photos largement diffusées de l’Elysée le montrant en posture virile suscitent l’émerveillement, l’éblouissement. Le président ne participera donc pas au débat de premier tour. Ce n’est pas de son niveau. Maintenant le doute n’est officiellement plus permis. Sa réélection est comme certaine, acquise, inévitable. Les ralliements ou trahisons de droite et de gauche, surtout de droite, s’accélèrent.

Il promet le triplement de la « prime Macron » et la suppression et de la taxe audiovisuelle. Toujours avec l’argent des autres (les contribuables) évidemment… Le déficit public de 10% du PIB et la dette de 115%? Détails mesquins au regard de l’éblouissement narcissique. Le spectacle One man show recouvre le bilan d’un quinquennat: désastre des comptes publics, poussée de la pauvreté et de la violence, explosion des flux migratoires, recul des libertés, désindustrialisation, affaiblissement de la France dans le monde et pire que tout effondrement du niveau scolaire. Mais qui cela préoccupe-t-il? « Sauveur de la France » face au covid19 et face à Poutine: le plus horrible, c’est que le message passe finalement assez bien…

Il est désormais acquis une fois pour toute que le grand cirque mégalo efface le monde des réalités et le culte de la personnalité écrase l’intérêt général. La petite lueur espérée d’intelligence collective, d’orgueil populaire ou de résistance ne viendra (probablement) pas. La pente est raide… Et tout cela n’a plus aucune importance puisque dans un pays en cours d’abrutissement politique accéléré, la démocratie n’est plus qu’une sinistre fumisterie.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Passe vaccinal – Un vote déshonorant, par Maxime Tandonnet

assemblée nationale

Le passe vaccinal a été définitivement voté par l’Assemblée nationale, après le Sénat, avec 215 voix pour (LREM, deux tiers des LR et une minorité des socialistes), 58 voix contre. L’AN compte 577 députés. En soi, cette mesure n’est pas destinée à exercer un effet direct de maîtrise de l’épidémie. On sait aujourd’hui de manière certaine que les personnes vaccinées peuvent aussi propager le virus. L’objectif déclaré du passe vaccinal est d’exercer une pression sur les personnes non vaccinées en les privant de l’accès à de nombreuses commodités de la vie sociale pour les pousser à se faire vacciner. L’idée est d’appliquer « une obligation vaccinale déguisée » en frappant les « non vaccinés« . C’est sans doute la première fois que la puissance publique châtie ouvertement des personnes qui n’ont rien commis d’illégal, la vaccination n’étant pas obligatoire.

Le passe vaccinal est ainsi destiné à exclure, à mettre au ban de la société un Français sur 10 n’ayant rien commis d’illégal (« j’ai très envie d’emmerder les non vaccinés« ). Il relève de la logique du bouc émissaire qui consiste à désigner implicitement les personnes non vaccinées comme les coupables d’une faillite de deux années de politique sanitaire. Ce passe vaccinal est à l’évidence, sans le moindre doute possible, inconstitutionnel heurtant de plein fouet l’article 5 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen (« Tout ce qui n’est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas ») et absolument contraire aux principes républicains les plus élémentaires.

58% des Français l’approuvent selon un sondage. Ceci n’est pas non plus à l’honneur du peuple français. Qu’une majorité de députés de l’opposition LR ait voté en sa faveur n’est pas seulement déshonorant, mais inintelligent. Que plus de la moitié des parlementaires aient été absents de l’hémicycle sur une question aussi grave, engageant la vie quotidienne d’un dixième de nos compatriotes, est simplement lamentable.

Un grand ponte LR m’a expliqué la situation: « Nous ne voulons pas laisser à Macron le monopole de la protection des Français (sic) ». Au fond, ils refusent de réfléchir au fond de la mesure, mais par calcul, se cantonnent au suivisme. C’est un calcul électoraliste, de court terme, contre le bon sens, le courage et le bien commun. Des individus qui raisonnent de la sorte méritent-ils, en tout état de cause, de revenir au pouvoir?

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Du passe sanitaire au passe vaccinal, par Maxime Tandonnet

pass sanitaire

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom),
[…] À ces mots, on cria haro sur le baudet.
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.

Le passe vaccinal n’a pas un objectif direct d’efficacité supplémentaire, par rapport au passe sanitaire, dans la lutte contre l’épidémie. Il n’a pas été conçu dans ce but. Le passe sanitaire avait pour objectif d’interdire à des personnes non vaccinées ou n’ayant pas subi un test de non contagiosité de fréquenter certains lieux de la vie sociale. L’explosion des contaminations (200 000 par jour en ce moment) mesure le succès de la démarche! Nous savons aujourd’hui que le vaccin n’empêche pas la contagiosité (même s’il est censé la limiter).

Dès lors, la garantie de non contagiosité à l’issue d’un test se prête davantage à la lutte contre l’épidémie. Dans la nouvelle formule de passe vaccinal, la possibilité de prouver que l’on n’est pas contagieux par un test disparaît. Seule désormais la vaccination – qui elle n’assure pas la non contagiosité – autorise à mener une vie normale. Car le but déclaré de cette réforme est d’obliger les 5 à 6 millions de Français réfractaires aux vaccins anti covid 19 à se faire vacciner. « Le passe vaccinal est une façon d’arriver à l’obligation vaccinale, mais moi je pense que c’est plus efficace que de mettre une amende ».

L’objectif déclaré est, sans décider l’obligation formelle de vaccination qui serait susceptible d’engager des responsabilités, d’exercer une pression sur les personnes non vaccinées en multipliant à leur encontre les interdits et les brimades dans la vie courante c’est-à-dire en les condamnant à la mort sociale – en effet pire qu’une amende. 66% des Français y sont favorables selon un sondage odoxa du 23 décembre dont 90% de sympathisants LAREM. Son avantage suprême est de montrer du doigt un groupe de parias (non ou mal vaccinés) auquel est attribué la responsabilité du mal, défaussant ainsi le pouvoir politique, scientifique et médical de ses responsabilités dans les erreurs commises depuis deux ans.

Le principe du bouc émissaire est aussi ancien que l’humanité… Seulement, il n’est pas interdit de s’interroger sur la conformité de cette condamnation à la mort sociale – curieusement encensée par la gauche morale et progressiste – aux principes les plus élémentaires de la civilisation ni même sur sa constitutionnalité. Article 5 de la DDHC : « nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle [la loi] n’ordonne pas. » On est en plein dedans…

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Covid-19, l’étrange défaite, par Maxime Tandonnet

Jean Castex

Il faut comprendre le désarroi des pouvoirs publics face à la tournure que prend l’épidémie. Ils s’attendaient à une « guerre courte » et annonçaient déjà, en mai 2020, l’émergence « d’un monde d’après ». A maintes reprises ils ont déclaré l’épidémie en recul. Mais deux ans après, à la mi-décembre 2021, elle bat son plein et l’Europe connaît l’une de ses plus fortes vagues du variant Delta, tout en faisant face à la menace d’une vague encore plus imprévisible du variant Omicron…. La vérité est que tous les remèdes ont jusqu’à présent échoué à apporter une solution durable: masque, confinement, couvre-feu, vaccin, passe sanitaire… L’Europe et le monde occidental sont désarçonnés par ce phénomène. La modernité toute puissante est défiée depuis deux ans par une évolution qui échappe à son contrôle. Alors, comme la vanité est tout de même la caractéristique dominante des hauts dirigeants de l’époque, ils paniquent et deviennent méchants.

L’annonce de la transformation du passe sanitaire en passe vaccinal donne le vertige. Ils ne peuvent pas déclarer le vaccin obligatoire. Une décision de ce type implique des responsabilités en cas d’accident lié à ce vaccin et le risque de devoir s’expliquer devant la justice. En outre, nonobstant le matraquage politico-médiatique, les effets du vaccin anticovid sont mal maîtrisés. Les gouvernants ont chanté pendant des mois que la double dose était efficace pour lutter contre la propagation de la maladie (discours selon lequel une immunité de 60% permettrait de juguler l’épidémie). Ils se sont trompés. On sait aujourd’hui que la double-dose n’empêche en rien la contagion. La nécessité d’une troisième dose n’avait jamais été prévue avant l’été dernier. Il est donc absurde de nier l’incertitude autour de ce vaccin. Certes ce dernier semble diminuer fortement le risque de forme grave du convid19, mais il n’est évidemment pas de la même nature que les vaccins qui éliminent complètement la maladie à coup sûr (variole). Cette incertitude sur les effets justifie que certaines personnes, pour des raisons médicales, puisse hésiter à y recourir.

En annonçant la transformation du passe sanitaire en passe vaccinal, le pouvoir semble avoir perdu la boussole du bien et du mal. En pleine panique (plus politique que sanitaire d’ailleurs) il assume de créer une société de parias ou toute une partie de la population sera reléguée dans un statut inférieur et privée des droits les plus élémentaires indispensables à une vie normale: prendre les transports, se rendre dans un spectacle ou certains services publics ou commerces. Il renonce donc au principe d’égalité des droits. Et cette population reléguée dans une sous-citoyenneté ne sera pas forcément si marginale dès lors que le passe vaccinal ne bénéficiera qu’aux personnes ayant reçu les trois doses.

Que des hauts dirigeants supposés éclairés par une culture de l’Etat de droit et de la démocratie puissent s’engager dans cette voie est sans doute l’aspect le plus stupéfiant de toute cette affaire. Par ailleurs, le fait que la double ou la triple vaccination n’empêche pas d’attraper et de propager la maladie prive le passe sanitaire ou vaccinal de toute efficacité ou légitimité et en fait même un outil contre-productif (en encourageant l’entassement de personnes qui sont vaccinées mais contagieuses). L’idée est toujours la même: nuire, cogner, blesser pour donner l’illusion de l’action et de la fermeté. Mais cette fois-ci, la faute de trop?

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Démocratie britannique et exemplarité, par Maxime Tandonnet

Au Royaume-Uni, Boris Johnson le Premier ministre est en grande difficulté et risque une destitution. En effet, il est mis en cause (entre autres) au sujet de festivités en décembre dernier pendant que des restrictions sévères étaient imposées au pays face à l’épidémie de convid19. Les Britanniques ont raison. On ne peut certes pas exiger des responsables politiques de régler les problèmes d’un coup de baguette magique ni d’inventer des « nouveaux mondes » tous les jours. Cependant, au moins, ils ont un devoir d’exemplarité. Empoisonner la vie des gens par des mesures prétendument efficaces contre l’épidémie pour faire croire que l’on sert à quelque chose est devenu une pratique courante des gouvernements européens.

Mais alors, s’affranchir soi-même des directives morales ou des contraintes bureaucratiques que l’on inflige à la société est, de fait, totalement insupportable et inadmissible. « Faites ce que je dis et ne dites pas ce que je fais… » Chez nous, du fait notamment du climat lèche…bottes qui règne dans la France d’en haut (politico-médiatique), tout le monde a l’air de s’en foutre et les comportements les plus détestables passent dans la plus grande indifférence. D’ailleurs, le système élyséen fait que les dirigeants peuvent dire et faire à peu près n’importe quoi sans la moindre conséquence. Cela s’appelle l’irresponsabilité. Et il se trouve encore quelques esprits simples pour appeler cela démocratie. En Angleterre, c’est différent. Nul n’est irresponsable politiquement, sauf la Reine mais elle est sans pouvoir véritable.

Le détenteur du pouvoir, le Premier ministre, comme ses ministres, sont sous le contrôle d’un Parlement et de leur parti politique. Ce n’est pas comme le gourou tout-puissant et intouchable de l’Elysée. En Angleterre, un Premier ministre et des ministres qui déraillent peuvent être contraints à dégager à tout moment sous la pression de la Nation et du Parlement.

Il est normal, il est souhaitable, il est fondamental que les comportements ineptes des dirigeants politiques dont le premier devoir est d’être irréprochables pour donner l’exemple soient sanctionnés politiquement sans délai. Et le degré d’exigence doit être proportionnel à leur niveau de responsabilité.

Voilà un mystère de notre époque: pourquoi la France a-t-elle ainsi, contrairement au RU, renoncé à être une démocratie?

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

« Sauver Noël », le slogan absurde

COVID-19

La formule est à la mode; le gouvernement veut « sauver Noël » (du covid 19). Une fois de plus, on est dans la logique du mépris. On parle aux Français comme à des enfants de moins de 12 ans: grâce à nous, tu pourras mettre tes petits souliers au pied du sapin. Le pouvoir politique agite les peurs, parlant de ravages à propos de la « nouvelle vague ». Et il se présente en protecteur. Mais par cette formule, il brandit une menace implicite et montre les muscles: si nous voulons, nous pouvons même vous priver de Noël, donc nous ingérer dans le plus intime de votre vie privée et familiale. Il est à la fois père Noël et père fouettard. Par son comportement, il manifeste d’ailleurs tout ce que fut le scandale d’une gestion de crise depuis deux ans.

Dans des circonstances analogues, le pays fut mis totalement à l’arrêt, ses libertés et son économies ravagées par les confinements et autres couvre-feux. Aujourd’hui il n’en est pas question: les élections sont bien trop proches. Au fond, depuis le début, la tragédie fut celle de l’instrumentalisation d’une épidémie à des fins politiciennes.

« Sauver noël » est désormais le summum de la démagogie. Le pouvoir a pour mission de protéger la France du déclin économique, la pauvreté, le chômage, l’insécurité, l’immigration illégale. Il n’a pas à se mêler de Noël. La crèche et le sapin sont une affaire strictement privée qui ne les regarde pas.

D’ailleurs, les Français feront ce qu’ils veulent, personne ne les empêchera de célébrer Noël comme ils l’entendent, comme une fête spirituelle, religieuse ou simplement familiale.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Et toujours, le virus qui rend fou, par Maxime Tandonnet

manif covid pays-bas

Face à la « cinquième vague », la folie humaine semble s’amplifier. Au Pays-Bas, les forces de l’ordre ont tiré sur la foule à balles réelles.

Depuis quand cela ne s’était-il pas produit en Europe? En Autriche, les manifestants contre le confinement et la vaccination obligatoire qui réclament le respect de leur liberté sont ouvertement traités de nazis. Partout, face à la nouvelle vague, les gouvernements prennent des mesures répressives contre la population ou menacent de les prendre. Comme dans les grandes épidémies du Moyen-Age, des boucs émissaires sont désignés à la vindicte populaire, aujourd’hui les personnes non vaccinées font office de coupable idéal alors que tout le monde sait, aujourd’hui, qu’on peut être vacciné et contagieux… Les gouvernements gesticulent, menacent, brandissent la foudre du confinement ou du passe sanitaire.

Les petits marquis poudrés, un peu partout, donnent du menton mussolinien et se vautrent dans l’autosatisfaction imbécile. Tout se passe comme si la planète était dévastée par la peste bubonique. Or tel n’est pas le cas. L’épidémie de peste du XIVème siècle fit 50 millions de morts pour une population d’un demi milliard: soit 10% de la population mondiale. L’épidémie de grippe espagnole en 1920 fit 20 à 50 millions de morts (selon l’Institut Pasteur) soit une moyenne de 35 millions, ce qui donne, pour une population mondiale de 2 milliards d’habitants, 0,0175 ou 1,7% de morts. Avec le covid 19 nous en sommes à 5 millions de morts déclarés pour une population de 8 milliards ce qui donne 0,0125% de victimes [si mes calculs sont exacts]. A l’échelle de toutes les causes de décès dans le monde, on est bien loin de l’apocalypse… Tous les morts sont tristes et regrettables (même si les décès comptent nombre de personnes très malades ou âgées dont le covid 19 n’a fait que précipiter la mort). Pour autant, la raison commande de voir que le covid 19 sans être anodin, n’est ni la peste noire, ni même la grippe espagnole.

Elle souligne que la panique des gouvernements qui alimentent la peur est totalement disproportionnée, les entraînant dans un phénomène de folie collective. La cinquième vague prouve que les mesures liberticides n’ont jamais été nulle part une solution miracle. Leur effet, au mieux, a été de déplacer les courbes de quelques semaines ou mois. Alors, pourquoi les pouvoirs publics en Europe deviennent-ils fous au point de faire tirer dans la foule?

Les événements montrent qu’ils ont fait tragiquement faillite depuis deux ans. Ils n’ont jamais cessé de se tromper en dramatisant la situation jusqu’au vertige, en écrasant la liberté des peuples et en prédisant à de multiples reprises une fin prochaine de l’épidémie qui n’est jamais venue et ne viendra probablement jamais. Ils ne supportent pas le constat avéré de leur impuissance. Vexés d’avoir si lamentablement échoué depuis le début, ils se vengent aujourd’hui dans une surenchère de mépris et de répression. Jusqu’à tirer à balles réelles sur la foule dans l’indifférence passive ou complice de la majorité du pouvoir médiatique…

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Covid-19, cette étrange cinquième vague

Il fallait s’y attendre, la voilà. La cinquième vague est arrivée. Etrangement, elle touche surtout, pour l’instant l’Europe du nord et centrale, la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Autriche. Ceux du sud, qui furent les plus atteints par la première sont à l’écart, l’Espagne et l’Italie. Elle ne semble pas liée à un nouveau variant spécifique. Elle suscite des mesures qui atteignent les sommets de l’aberration en Autriche. Ce pays prévoit un confinement réservé aux non vaccinés, ce qui suppose des contrôles policiers sur la voie publique du certificat de vaccination et l’interpellation des non vaccinés…Il n’y a évidemment plus de limite. Nous savons désormais que le climat de peur se prête à toutes les dérives liberticides.

La France est encore à l’écart mais la circulation du virus se développe. La menace d’un nouveau confinement plane… Selon le discours officiel, la France (comme les pays du sud de l’Europe), serait protégée parce que sa population est plus largement vaccinée qu’ailleurs. Les statistiques internationales montrent que ce message est faux. Les taux de vaccination complète de l’Allemagne et de la Grande Bretagne sont quasi équivalents à celui de la France autour de 70% et ne permettent pas d’expliquer en toute bonne foi la différence actuelle au regard de la courbe. Il en est de même pour les Pays-Bas au centre de la nouvelle vague dont la population est mieux vaccinée qu’en France (72%).

Une fois de plus les politiciens et les experts qui annonçaient qu’un taux de 60% de vaccination signifierait la fin de l’épidémie se sont trompés. Le vaccin, se rajoutant sans doute à d’autres éléments d’explication, a certes contribué à réduire fortement le risque de mortalité mais il n’empêche probablement pas l’épidémie de se propager.

Ainsi, si l’usage du passe sanitaire peut se comprendre au passage des frontières, son usage dans la vie courante (terrasses des cafés), n’est rien d’autre qu’une brimade inutile. Un retour au confinement général quelles qu’en soient les modalités y compris sur le mode autrichien, serait un désastre liberticide. Il serait temps que les opinions, les médias et surtout les dirigeants politiques européens portent un regard lucide sur cette épidémie. La peur est mauvaise conseillère. Le covid 19 n’a jamais été une peste bubonique, mais aujourd’hui, il tue infiniment moins que le tabac et l’alcool ou les maladies vasculaires.

Les courbes de l’épidémie évoluent vraisemblablement selon des phénomènes naturels qui échappent à l’explication et au contrôle politique (pourquoi les Pays-Bas et l’Allemagne aujourd’hui?). Sans doute faut-il admettre la part de l’immunisation naturelle qui fait que les moins touchés aujourd’hui sont ceux qui ont été les plus frappés au début. Les politiciens doivent cesser de jouer avec les peurs et de prendre appui sur elles pour donner des coups de menton et faire acte d’un autoritarisme dont ils imaginent qu’il permet de compenser leur impuissance et leurs échecs. Les atteintes aux libertés et les humiliations ont des conséquences sur la vie sociale qui sont désormais pires que l’épidémie elle-même. Il faut apprendre à vivre le plus normalement possible avec une maladie qui fait partie du quotidien et ne s’effacera probablement jamais. Cependant, ils ont tellement promis le contraire (« le monde d’après » etc.) qu’ils ont toutes les peines à l’admettre.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

« Si l’on pouvait en finir avec l’élection présidentielle… », par Maxime Tandonnet

Macron pass sanitaire

« Si l’on pouvait en finir avec l’élection présidentielle ». La déclaration touche à un tabou français. Pour la comprendre, il faut s’être défait d’un amoncellement d’idées reçues et de faussetés qui imprègne les cerveaux français y compris les beaux esprits formés dans les meilleures grandes écoles. Tout l’intérêt de cette déclaration tient au fait qu’elle provient d’une source des plus inattendues: elle est de l’un des plus anciens compagnons de route du gaullisme, un très proche du Général en personne, M. Pierre Mazeaud (le Point de cette semaine). Manifeste-t-elle le début d’une prise de conscience? Elle touche à un pilier de la culture politique française. Elle le secoue, elle l’ébranle.

Pour tenter de la comprendre, il convient de s’élever dix minutes au-dessus des lieux communs habituels. L’élection présidentielle, rend beaucoup de Français idiots (sur le plan politique). Elle leur apprend à se donner un prétendu sauveur providentiel, un guide ou un maître au détriment d’un débat d’idées, d’un choix de société ou d’un projet. Elle est entièrement – entièrement- conditionnée par le pouvoir médiatique qui décide de mettre en valeur telle ou telle personnalité en la surexposant. Ce pouvoir médiatique, d’intelligence et de culture médiocre, va inévitablement se donner des marionnettes à son image, des personnages médiocres sur le plan de l’intelligence, de la culture comme de la morale. L’élection présidentielle, une élection entièrement soumise au spectacle politico-médiatique, valorise le talent de l’histrion, du comédien qui jubile ou pérore devant la caméra.

Cette élection hors sol, coupée des réalités de terrain, favorise la grandiloquence, le mensonge et la manipulation, les slogans et les coups de théâtre, les promesses mégalomaniaques à l’image du « nouveau monde », donc l’illusion, la déception et le rejet de la politique. Elle éloigne le pays du bien commun, de l’action concrète et utile et de l’intérêt général mais favorise au contraire les déchirements, la division et l’hystérisation de la vie publique autour de la haine ou l’amour que suscitent les candidats (puis le titulaire du poste). M. Pierre Mazeaud pense sans doute comme de Gaulle penserait aujourd’hui: l’élection présidentielle qui avait un but de prestige et d’autorité quand elle fut instaurée est devenue au fil du temps – 60 ans – un levier essentiel de l’impuissance, de la médiocrité et du déclin.

Nul n’aura le courage de la remettre en cause, il ne faut pas compter là-dessus. Mais au moins en réduire les effets délétères, par exemple en revalorisant l’élection législative qui serait déconnectée de l’élection présidentielle et se traduirait donc par un rééquilibrage des pouvoirs entre le Parlement, le Premier ministre et l’occupant de l’Elysée. Cela, c’est très possible, sans même changer la Constitution. Et cela ne dépend que de nous, les électeurs.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Passe sanitaire, au bout de la nuit, par Maxime Tandonnet

pass sanitaire manif

On apprend que le passe sanitaire ne sera pas obligatoire pour les meetings politiques, dont la vocation est d’entasser dans un espace clos toute sorte de braillards. S’il est un lieu de libre circulation et de prolifération des postillons, c’est bien le meeting politique, qu’il soit de droite, de gauche, du centre ou extrémiste.

En revanche, par le plus sidérant des paradoxes, le passe sanitaire s’applique désormais aux enfants qui veulent venir s’instruire sagement dans les bibliothèques et les médiathèques de quartier, chacun assis à sa place et en dehors de toute condition d’entassement.

Selon les statistiques officielles, environ 30% des jeunes de 12 à 18 ans ne sont pas vaccinés et dès lors ne disposent pas d’un passe sanitaire. Pourquoi ne sont-ils pas vaccinés? Sans doute, parce que, pendant des mois, le discours officiel a martelé que la vaccination des jeunes, qui ne sont pas menacés par les formes graves du covid 19, était inutile voire contre-productive, avant que n’intervienne au début de l’été une soudaine volte-face (scientifique ou idéologique?) à ce sujet. Or, le passe sanitaire est désormais rendu obligatoire dès 12 ans pour accéder aux espaces culturels tels que les médiathèques, bibliothèques (en tout cas dans certaines communes).

Cela signifie-t-il que désormais, en ce moment, 30% presque un tiers des jeunes sont, de fait, quasiment bannis des lieux de l’intelligence et de la civilisation? Et après, qui s’étonnera de l’effondrement intellectuel de ce pays, de la montée de l’ensauvagement voire de la barbarie?

Quelle signification au total? l’excitation et le climat d’embrigadement d’un meeting politique mériteraient plus de considération que des enfants qui lisent, s’instruisent et travaillent? Tout cela est tellement invraisemblable qu’on a du mal à en croire ses yeux.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Etat d’urgence prolongé: scandaleux absentéisme parlementaire, par Maxime Tandonnet

assemblée nationale

Le prolongement de « la période transitoire de sortie d’état d’urgence sanitaire » (dont l’échéance est prévue au 15 novembre 2021), sollicité par le gouvernement jusqu’au 31 juillet 2022 soulève de nombreuses interrogations.

De fait, le régime de « sortie d’état d’urgence » ressemble à celui de l’état d’urgence en soi et ses conséquences sont significatives en termes de libertés publiques. Il donne la possibilité à gouvernement de restreindre les libertés en dehors du cadre parlementaire. Ce choix traduit une banalisation d’un état d’urgence sanitaire qui aura été en vigueur pendant presque deux années. Dès lors que son usage est ainsi normalisé et s’inscrit dans une logique de long terme, il sort de la définition d’un pouvoir d’exception.

Dans ce contexte, face à une situation qui met en jeu l’essence même et la raison d’être de la démocratie libérale ou parlementaire – l’absentéisme parlementaire est particulièrement incompréhensible. Que seuls 261 députés sur 577 aient voté le prolongement de l’état d’urgence sanitaire constitue une authentique anomalie de la démocratie. Ainsi, le taux de participation à ce vote tellement emblématique et stratégique pour le Parlement n’a pas dépassé les 45%… Les parlementaires, qui sont élus et rémunérés pour voter les lois s’abstiennent ainsi à 55% au sujet d’une loi qui, de fait, touche à l’essence même de leur mission. Et après, les mêmes s’indigneront du même taux d’abstention des électeurs aux scrutins locaux ou nationaux…

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Cette étrange commission « anti-complotisme », par Maxime Tandonnet

9ème cérémonie des Bobards d’Or, le 12 mars à Paris

Le pouvoir politique vient d’installer une commission dite anti complotiste intitulée « les Lumières à l’ère numérique ». Elle est chargée de débusquer les fausses informations circulant sur Internet et de faire des propositions au gouvernement pour lutter contre le « complotisme ». Elle est composée de 13 « scientifiques » dont son président, le sociologue M. Bronner. [Parmi ses membres, j’en connais deux : un vétéran du journalisme omniprésent sur les médias et caricature du parfait lèche-bottes; et un historien dont je me souviens surtout qu’en 2017, il comparait très sérieusement le nouveau chef de l’Etat à Napoléon Bonaparte].

La démarche relève de l’idéologie du mépris, qui est la caractéristique du régime actuel: un étrange aréopage de beaux esprits désignés par le pouvoir est ainsi mandatés pour débusquer les errements de la vile multitude ou la populace numérique. On est en plein dans la sublimation de la prétendue élite – autoproclamée – contre la masse supposée obscurantiste. L’enjeu est d’instaurer une vérité officielle, unique, scientifique et de pourfendre tout ce qui s’y oppose au prétexte de lutter contre le « complotisme ». Or, cette approche est des plus douteuses. Au début de 2020, la parole officielle et ses caniches se déchaînaient contre les rumeurs attribuant à un laboratoire scientifique l’origine de l’épidémie de covid 19, considérées à l’époque comme la quintessence du complotisme. Or, il s’avère que la thèse dite alors complotiste est aujourd’hui considérée comme tout à fait plausible par les scientifiques eux-mêmes. A quelle littérature nous fait penser donc la nouvelle commission anti-complotiste?

« Le ministère de la vérité – Miniver en Novlangue – frappait par sa différence avec les objets environnants […] De son poste d’observation, Winston pouvait encore déchiffrer sur la façade l’inscription des trois slogans du parti:

LA GUERRE C’EST LA PAIX
LA LIBERTE C’EST L’ESCLAVAGE
L’IGNORANCE, C’EST LA FORCE

Le ministère de la vérité comprenait, disait-on, trois mille pièces au niveau du sol [Il] s’occupait des divertissements, de l’information, de l’éducation et des beaux-arts. »

Georges Orwell, 1984

Ce qui se passe en ce moment à six mois des élections générales, dans le plus complet abrutissement général, est proprement ahurissant.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Dictature sanitaire – 10 000 médecins suspendus?

Ils semblerait (à confirmer) que plus de 10 000 médecins (sur environ 150 000), soient en cours de suspension ou risquent d’être suspendus pour avoir refusé de se faire vacciner contre le covid-19. Si c’est vrai, j’insiste, si et seulement si c’est vrai, nous sommes toujours dans la logique du coup de menton et de l’autoritarisme obtus.

Les médecins ont fait dix ans d’études, parfois plus, pour apprendre le beau métier de soigner, guérir ou apaiser la souffrance. On oppose des coups de mentons bureaucratiques à la science et à l’expérience. Rien n’est plus étrange que cette suspension pour refus de vaccination: aujourd’hui, les tests de dépistage sont extrêmement rapides, répandus et efficaces: résultat en quelques minutes. Si l’objectif était vraiment d’éviter que des médecins ne prennent le risque de contaminer leur patient, il suffisait de leur demander de se faire tester avant de prendre leur service ou en cas du moindre doute.

D’ailleurs, une telle solution eût été plus efficace que l’obligation vaccinale dès lors que le vaccin (semble-t-il) protège des formes graves du covid 19 mais n’empêche pas à coup sûr la contamination. Telle est la France d’aujourd’hui et sa logique triomphante du coup de menton bureaucratique contre la confiance, le dévouement et la science. Le sujet n’est pas vraiment de protéger les patients – le test eût été une bien meilleure solution – mais de faire plier les médecins récalcitrants, les soumettre au nouvel ordre moral ou sanitaire.

10 000 médecins en moins – dans l’indifférence, la passivité, la lâcheté générales – alors que la France, confrontée aux déserts médicaux, a tant besoin de ses médecins…

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

L’abominable système présidentialiste, par Maxime Tandonnet

macron pass sanitaire

Le régime présidentialiste n’est pas pour rien dans l’effondrement de la France depuis plusieurs décennies: économie, chômage, niveau scolaire, sécurité, frontières, dette publique. Nous avons pris la sale habitude de substituer la sublimation d’un histrion au bien commun du pays. En Angleterre, en Allemagne, en Espagne et en Italie, par exemple, rien n’est évidemment parfait mais les citoyens votent pour une majorité et son projet et une équipe pour le mettre en œuvre. En France, ils votent pour un pitre, un guignol narcissique adoubé par le pouvoir médiatique, le plus clownesque possible, ses grimaces, sa petite gueule, ses coups de menton, ses sourires, ses cabrioles, ses promesses en l’air et sa démagogie purulente. Certes on s’habitue à tout et on ne se rend même plus compte à quel point on nage dans la crétinisation.

Les provocations monstrueuses (parfois bien dégueulasses) qui font parler de soi et exploser le compteur des sondages, la scandaleuse gabegie des crédits publics, les dépenses lamentables pour s’attirer les voix, l’avalanche de démagogie, de contradictions et de mensonges les plus flagrants, les plus caricaturaux et pourtant banalisés, la démence sondagière, le triomphe d’une vanité pathologique comme principe de gouvernement : c’est notre système! Non que les autres régimes soient parfaits. Rien n’est jamais parfait, ni en Angleterre ni en Allemagne, ni en Espagne, ni en Italie ni ailleurs. Au moins, ils ne sont pas ridicules. Certes, nous avions jadis une dramatique instabilité gouvernementale.

Mais aujourd’hui, ce que nous avons désormais, aggravé par le quinquennat, est mille fois pire: à l’impuissance s’ajoute la tyrannie de la démagogie, du mensonge, de l’hystérie quotidienne, les déchirements, la violence verbale, la fuite en avant dans le grand-guignol. Et ce grand-guignol hystérique étouffe désormais le débat d’idées et la préparation de l’avenir.

D’ailleurs, le plus abominable de tout cela est cette bêtise qui ruisselle de partout et nous dévore. Il suffit d’ouvrir les yeux quelques instants pour prendre conscience du grotesque de la situation. Les prochaines élections de 2022 auront peut-être au moins l’intérêt de pousser cette démesure dans la bêtise et le ridicule à sa dernière extrémité et d’obliger le pays à s’interroger enfin sur la démence de son système politique entièrement tourné vers l’exubérance vaniteuse de n’importe quel zozo au détriment de l’intérêt du pays.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Talibans, l’esprit de Munich, par Maxime Tandonnet

taliban

Pour se donner bonne conscience, les élites du monde occidental font semblant de se demander si les talibans ont changé depuis 2001. Depuis l’abandon de l’Afghanistan entre leurs mains, ce pays est redevenu la proie de la barbarie à travers notamment les massacres des opposants et l’extermination des derniers vestiges des minorités religieuses, ou la fermeture des écoles de filles. Un décret oblige les étudiantes à porter le voile intégral cachant le visage et leur interdit l’accès aux mêmes enseignements que les hommes. L’obscurantisme est à l’oeuvre dans le plus grand silence et l’indifférence des occidentaux, y compris des féministes occidentaux… Rien n’est plus trompeur que le relativisme ambiant: « c’est leur culture, pas la nôtre » ou encore « c’est chez eux, pas chez nous ». La barbarie, où qu’elle se déroule, est la barbarie et ne connaît pas les frontières.

C’est ainsi que les occidentaux avec le même relativisme, ont jadis fermé les yeux devant les plus épouvantables génocides. Certes, l’occident n’a plus les moyens de se faire partout et en tout temps le gendarme du monde. Mais au moins cesser d’être dupe sinon complice. Notre complicité avec ce qui se passe en Afghanistan n’est d’ailleurs pas seulement passive. Elle est active.

Le rôle du Qatar comme financeur et base arrière des talibans ne fait aucun doute. Pourtant l’occident continue à s’agenouiller devant cet Etat.

Ainsi, nulle voix ne s’élève contre le déroulement de la coupe du monde de football, cette grand-messe planétaire, au Qatar en 2022. Au nom de l’idole ballon rond, cet opium médiatique des peuples, nos sociétés prétendument féministes et protectrices des minorités s’accommodent gentiment et la tête baissée d’un déchaînement de barbarie dirigé principalement contre les femmes et des minorités religieuses de ce pays.

Il est insupportable que l’an prochain se déroule un grand show médiatique planétaire dans un pays qui a apporté son soutien à l’encagement des femmes afghanes. Et dire le contraire est absolument, totalement, indiscutablement munichois.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Glaciation politique, jusqu’où?, par Maxime Tandonnet

Phénomène sans aucun précédent dans l’histoire politique française: à 8 mois des élections nationales, rien ne semble devoir perturber la glaciation électorale qui dure depuis plus de quatre années. Invariablement, depuis le deuxième tour des présidentielles de 2017, le tandem de second tour le Pen/Macron maintient sa domination sondagière, imperturbable, écrasant toute compétition avec 24 et 24% des intentions de vote.

Rien ne bouge, tout semble durablement gelé. Pendant toute cette période des événements titanesques se sont produits: la poursuite de la vague terroriste, la crise des gilets jaunes, l’épidémie de covid19 qui a bousculé la planète, la tragédie afghane. Pourtant, la scène politico-sondagière n’a pas évolué d’un iota, ni dans un sens ni dans l’autre, comme déconnectée de la réalité. L’effondrement électoral du RN comme du LREM aux élections régionales de mai-juin n’a rien modifié dans l’équilibre des forces, entérinant un découplage entre la politique de terrain et le spectacle sondagier national.

D’ailleurs, elle n’a pas donné lieu non plus à la poussée de l’un ou de l’autre des deux partenaires de cet étrange attelage. Avec la perspective d’un fort abstentionnisme, aucun des deux ne dépasserait les 12 ou 13% des électeurs: la glaciation est le produit de l’indifférence et non d’une adhésion. Non, tout est figé dans une sorte de marais barométrique, rien ne se passe, rien ne semble bouger. Et la domination sondagière de ce binôme porte au second degré le message lancinant d’une réélection quasi-assurée de l’actuel occupant de l’Elysée.

Les grandes manœuvres sont lancées à droite dans la plus absolue confusion. M. Wauquiez et M. Retailleau viennent d’annoncer leur retrait. Mme Ciotti est candidat. Il reste pour l’essentiel, Mme Pécresse et M. Barnier pour les primaires et M. Bertrand, hors primaire. On pourrait imaginer que la droite, motivée par le bien commun du pays, se mobilise autour d’un projet collectif et s’engage à soutenir sans faille le candidat qui apparaîtra comme le mieux placé au début de 2022. Ne surtout pas rêver… Là non plus, rien n’a changé en quatre ans, aucune leçon ne semble avoir profité et la droite est, elle aussi, figée dans les jeux d’écurie, la compétition des ego et les questions idiotes qui écrasent le débat d’idées et le sens de l’intérêt général: aimez-vous mieux Barnier, Bertrand ou Pécresse? [personnellement, je m’en f…]

Et pourtant, d’ici mai-juin 2022, nous pressentons que sous la couche superficielle de glace, le sol va craquer, que des événements imprévisibles vont se produire, que la scène politique va connaître des bouleversements titanesques et probablement rien ne se passera comme annoncé par les sondages. Mais que va-t-il en sortir? Nul d’entre nous n’en a la moindre idée.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Des sans-dents aux « sans-pass », chronique d’un mépris

pass sanitaire police

« Donc ça va être primauté aux vaccinés et vie de merde pour les non-vaccinés » : ainsi s’exprime le « conseiller d’un ministre de premier plan ». Cette phrase est à l’image de la politique sanitaire française. L’un des objectifs avoués des décisions du 14 juillet rendant le pacte sanitaire obligatoire dans la vie quotidienne est de faire pression pour obliger les Français à se faire vacciner. L’obligation de présenter un pass sanitaire pour s’asseoir à la terrasse d’un café est emblématique de ce choix. Elle ne sert évidemment à rien sur le plan pratique : en extérieur et en respectant des règles de distance, les risques de contamination sont inexistants, en tout cas pas pire que dans la rue ou les transports. Le symbole est terrifiant: une partie de la population, qui pour une raison ou pour une autre, ne dispose pas d’un pass sanitaire, est traitée en pestiférée et exclue de la vie sociale dont l’accès à la terrasse d’un café est emblématique. Elle semble poser les bases d’un contrôle numérique de la société dans lequel tout le monde est le gendarme de tout le monde: il est légitime de s’interroger sur cette orientation et de s’y opposer. Le choix d’empoisonner la vie des personnes pour les contraindre à se vacciner dégage le pouvoir politique de sa responsabilité qui découlerait d’une obligation vaccinale pour les personnes à risque ne présentant pas de contre-indication.

Il repose tout entier sur l’idéologie du mépris, une vision de la population, des sans-dents aux sans-pass, autorisant les brimades et jusqu’à « une vie de merde » pour infléchir son comportement. De même, le discours quasi officiel qui consiste à dramatiser ou se montrer alarmiste pour propager la peur relève de la même logique, une vision « des gens » assimilés à la « populace », la vile multitude méprisable et indéfiniment manipulable, des sans-dents aux Gaulois réfractaires. La vérité, c’est que tout ce schéma est entièrement fondé sur le mensonge. Voyez encore les statistiques superbement tenues par le journal le Monde (pardon, je me répète, mais il faut répéter la vérité contre le mensonge). La situation présente sur l’ensemble du territoire n’a rien d’apocalyptique ni même d’alarmant. Désormais, le niveau de mortalité quotidienne semble se maintenir à un niveau à peu près équivalent à ce qu’il était avant l’épidémie. Toute mort est évidemment regrettable mais le covid 19 n’est qu’une partie infime du nombre total des décès dont sans doute beaucoup évitables (accidents, drogue, alcool, tabac, cholestérol).

Pire, le discours selon lequel les brimades, humiliations, violation des droits de la personne depuis mi-juillet – à l’image des terrasses de café – seraient à l’origine d’une prise de conscience et d’une augmentation des vaccinations est profondément mensonger: la hausse du nombre des vaccinations sur une base volontaire est continue et constante depuis plusieurs mois: la méchanceté publique, le chantage et le mépris n’y ont strictement rien changé. Voir toujours les statistiques du Monde. En ce moment nous atteignons le paroxysme de l’idéologie du mépris. Le mal absolu de la politique française: ils prennent les Français pour des c….

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet