Cette étrange commission « anti-complotisme », par Maxime Tandonnet

9ème cérémonie des Bobards d’Or, le 12 mars à Paris

Le pouvoir politique vient d’installer une commission dite anti complotiste intitulée « les Lumières à l’ère numérique ». Elle est chargée de débusquer les fausses informations circulant sur Internet et de faire des propositions au gouvernement pour lutter contre le « complotisme ». Elle est composée de 13 « scientifiques » dont son président, le sociologue M. Bronner. [Parmi ses membres, j’en connais deux : un vétéran du journalisme omniprésent sur les médias et caricature du parfait lèche-bottes; et un historien dont je me souviens surtout qu’en 2017, il comparait très sérieusement le nouveau chef de l’Etat à Napoléon Bonaparte].

La démarche relève de l’idéologie du mépris, qui est la caractéristique du régime actuel: un étrange aréopage de beaux esprits désignés par le pouvoir est ainsi mandatés pour débusquer les errements de la vile multitude ou la populace numérique. On est en plein dans la sublimation de la prétendue élite – autoproclamée – contre la masse supposée obscurantiste. L’enjeu est d’instaurer une vérité officielle, unique, scientifique et de pourfendre tout ce qui s’y oppose au prétexte de lutter contre le « complotisme ». Or, cette approche est des plus douteuses. Au début de 2020, la parole officielle et ses caniches se déchaînaient contre les rumeurs attribuant à un laboratoire scientifique l’origine de l’épidémie de covid 19, considérées à l’époque comme la quintessence du complotisme. Or, il s’avère que la thèse dite alors complotiste est aujourd’hui considérée comme tout à fait plausible par les scientifiques eux-mêmes. A quelle littérature nous fait penser donc la nouvelle commission anti-complotiste?

« Le ministère de la vérité – Miniver en Novlangue – frappait par sa différence avec les objets environnants […] De son poste d’observation, Winston pouvait encore déchiffrer sur la façade l’inscription des trois slogans du parti:

LA GUERRE C’EST LA PAIX
LA LIBERTE C’EST L’ESCLAVAGE
L’IGNORANCE, C’EST LA FORCE

Le ministère de la vérité comprenait, disait-on, trois mille pièces au niveau du sol [Il] s’occupait des divertissements, de l’information, de l’éducation et des beaux-arts. »

Georges Orwell, 1984

Ce qui se passe en ce moment à six mois des élections générales, dans le plus complet abrutissement général, est proprement ahurissant.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Dictature sanitaire – 10 000 médecins suspendus?

Ils semblerait (à confirmer) que plus de 10 000 médecins (sur environ 150 000), soient en cours de suspension ou risquent d’être suspendus pour avoir refusé de se faire vacciner contre le covid-19. Si c’est vrai, j’insiste, si et seulement si c’est vrai, nous sommes toujours dans la logique du coup de menton et de l’autoritarisme obtus.

Les médecins ont fait dix ans d’études, parfois plus, pour apprendre le beau métier de soigner, guérir ou apaiser la souffrance. On oppose des coups de mentons bureaucratiques à la science et à l’expérience. Rien n’est plus étrange que cette suspension pour refus de vaccination: aujourd’hui, les tests de dépistage sont extrêmement rapides, répandus et efficaces: résultat en quelques minutes. Si l’objectif était vraiment d’éviter que des médecins ne prennent le risque de contaminer leur patient, il suffisait de leur demander de se faire tester avant de prendre leur service ou en cas du moindre doute.

D’ailleurs, une telle solution eût été plus efficace que l’obligation vaccinale dès lors que le vaccin (semble-t-il) protège des formes graves du covid 19 mais n’empêche pas à coup sûr la contamination. Telle est la France d’aujourd’hui et sa logique triomphante du coup de menton bureaucratique contre la confiance, le dévouement et la science. Le sujet n’est pas vraiment de protéger les patients – le test eût été une bien meilleure solution – mais de faire plier les médecins récalcitrants, les soumettre au nouvel ordre moral ou sanitaire.

10 000 médecins en moins – dans l’indifférence, la passivité, la lâcheté générales – alors que la France, confrontée aux déserts médicaux, a tant besoin de ses médecins…

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

L’abominable système présidentialiste, par Maxime Tandonnet

macron pass sanitaire

Le régime présidentialiste n’est pas pour rien dans l’effondrement de la France depuis plusieurs décennies: économie, chômage, niveau scolaire, sécurité, frontières, dette publique. Nous avons pris la sale habitude de substituer la sublimation d’un histrion au bien commun du pays. En Angleterre, en Allemagne, en Espagne et en Italie, par exemple, rien n’est évidemment parfait mais les citoyens votent pour une majorité et son projet et une équipe pour le mettre en œuvre. En France, ils votent pour un pitre, un guignol narcissique adoubé par le pouvoir médiatique, le plus clownesque possible, ses grimaces, sa petite gueule, ses coups de menton, ses sourires, ses cabrioles, ses promesses en l’air et sa démagogie purulente. Certes on s’habitue à tout et on ne se rend même plus compte à quel point on nage dans la crétinisation.

Les provocations monstrueuses (parfois bien dégueulasses) qui font parler de soi et exploser le compteur des sondages, la scandaleuse gabegie des crédits publics, les dépenses lamentables pour s’attirer les voix, l’avalanche de démagogie, de contradictions et de mensonges les plus flagrants, les plus caricaturaux et pourtant banalisés, la démence sondagière, le triomphe d’une vanité pathologique comme principe de gouvernement : c’est notre système! Non que les autres régimes soient parfaits. Rien n’est jamais parfait, ni en Angleterre ni en Allemagne, ni en Espagne, ni en Italie ni ailleurs. Au moins, ils ne sont pas ridicules. Certes, nous avions jadis une dramatique instabilité gouvernementale.

Mais aujourd’hui, ce que nous avons désormais, aggravé par le quinquennat, est mille fois pire: à l’impuissance s’ajoute la tyrannie de la démagogie, du mensonge, de l’hystérie quotidienne, les déchirements, la violence verbale, la fuite en avant dans le grand-guignol. Et ce grand-guignol hystérique étouffe désormais le débat d’idées et la préparation de l’avenir.

D’ailleurs, le plus abominable de tout cela est cette bêtise qui ruisselle de partout et nous dévore. Il suffit d’ouvrir les yeux quelques instants pour prendre conscience du grotesque de la situation. Les prochaines élections de 2022 auront peut-être au moins l’intérêt de pousser cette démesure dans la bêtise et le ridicule à sa dernière extrémité et d’obliger le pays à s’interroger enfin sur la démence de son système politique entièrement tourné vers l’exubérance vaniteuse de n’importe quel zozo au détriment de l’intérêt du pays.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Talibans, l’esprit de Munich, par Maxime Tandonnet

taliban

Pour se donner bonne conscience, les élites du monde occidental font semblant de se demander si les talibans ont changé depuis 2001. Depuis l’abandon de l’Afghanistan entre leurs mains, ce pays est redevenu la proie de la barbarie à travers notamment les massacres des opposants et l’extermination des derniers vestiges des minorités religieuses, ou la fermeture des écoles de filles. Un décret oblige les étudiantes à porter le voile intégral cachant le visage et leur interdit l’accès aux mêmes enseignements que les hommes. L’obscurantisme est à l’oeuvre dans le plus grand silence et l’indifférence des occidentaux, y compris des féministes occidentaux… Rien n’est plus trompeur que le relativisme ambiant: « c’est leur culture, pas la nôtre » ou encore « c’est chez eux, pas chez nous ». La barbarie, où qu’elle se déroule, est la barbarie et ne connaît pas les frontières.

C’est ainsi que les occidentaux avec le même relativisme, ont jadis fermé les yeux devant les plus épouvantables génocides. Certes, l’occident n’a plus les moyens de se faire partout et en tout temps le gendarme du monde. Mais au moins cesser d’être dupe sinon complice. Notre complicité avec ce qui se passe en Afghanistan n’est d’ailleurs pas seulement passive. Elle est active.

Le rôle du Qatar comme financeur et base arrière des talibans ne fait aucun doute. Pourtant l’occident continue à s’agenouiller devant cet Etat.

Ainsi, nulle voix ne s’élève contre le déroulement de la coupe du monde de football, cette grand-messe planétaire, au Qatar en 2022. Au nom de l’idole ballon rond, cet opium médiatique des peuples, nos sociétés prétendument féministes et protectrices des minorités s’accommodent gentiment et la tête baissée d’un déchaînement de barbarie dirigé principalement contre les femmes et des minorités religieuses de ce pays.

Il est insupportable que l’an prochain se déroule un grand show médiatique planétaire dans un pays qui a apporté son soutien à l’encagement des femmes afghanes. Et dire le contraire est absolument, totalement, indiscutablement munichois.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Glaciation politique, jusqu’où?, par Maxime Tandonnet

Phénomène sans aucun précédent dans l’histoire politique française: à 8 mois des élections nationales, rien ne semble devoir perturber la glaciation électorale qui dure depuis plus de quatre années. Invariablement, depuis le deuxième tour des présidentielles de 2017, le tandem de second tour le Pen/Macron maintient sa domination sondagière, imperturbable, écrasant toute compétition avec 24 et 24% des intentions de vote.

Rien ne bouge, tout semble durablement gelé. Pendant toute cette période des événements titanesques se sont produits: la poursuite de la vague terroriste, la crise des gilets jaunes, l’épidémie de covid19 qui a bousculé la planète, la tragédie afghane. Pourtant, la scène politico-sondagière n’a pas évolué d’un iota, ni dans un sens ni dans l’autre, comme déconnectée de la réalité. L’effondrement électoral du RN comme du LREM aux élections régionales de mai-juin n’a rien modifié dans l’équilibre des forces, entérinant un découplage entre la politique de terrain et le spectacle sondagier national.

D’ailleurs, elle n’a pas donné lieu non plus à la poussée de l’un ou de l’autre des deux partenaires de cet étrange attelage. Avec la perspective d’un fort abstentionnisme, aucun des deux ne dépasserait les 12 ou 13% des électeurs: la glaciation est le produit de l’indifférence et non d’une adhésion. Non, tout est figé dans une sorte de marais barométrique, rien ne se passe, rien ne semble bouger. Et la domination sondagière de ce binôme porte au second degré le message lancinant d’une réélection quasi-assurée de l’actuel occupant de l’Elysée.

Les grandes manœuvres sont lancées à droite dans la plus absolue confusion. M. Wauquiez et M. Retailleau viennent d’annoncer leur retrait. Mme Ciotti est candidat. Il reste pour l’essentiel, Mme Pécresse et M. Barnier pour les primaires et M. Bertrand, hors primaire. On pourrait imaginer que la droite, motivée par le bien commun du pays, se mobilise autour d’un projet collectif et s’engage à soutenir sans faille le candidat qui apparaîtra comme le mieux placé au début de 2022. Ne surtout pas rêver… Là non plus, rien n’a changé en quatre ans, aucune leçon ne semble avoir profité et la droite est, elle aussi, figée dans les jeux d’écurie, la compétition des ego et les questions idiotes qui écrasent le débat d’idées et le sens de l’intérêt général: aimez-vous mieux Barnier, Bertrand ou Pécresse? [personnellement, je m’en f…]

Et pourtant, d’ici mai-juin 2022, nous pressentons que sous la couche superficielle de glace, le sol va craquer, que des événements imprévisibles vont se produire, que la scène politique va connaître des bouleversements titanesques et probablement rien ne se passera comme annoncé par les sondages. Mais que va-t-il en sortir? Nul d’entre nous n’en a la moindre idée.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Des sans-dents aux « sans-pass », chronique d’un mépris

pass sanitaire police

« Donc ça va être primauté aux vaccinés et vie de merde pour les non-vaccinés » : ainsi s’exprime le « conseiller d’un ministre de premier plan ». Cette phrase est à l’image de la politique sanitaire française. L’un des objectifs avoués des décisions du 14 juillet rendant le pacte sanitaire obligatoire dans la vie quotidienne est de faire pression pour obliger les Français à se faire vacciner. L’obligation de présenter un pass sanitaire pour s’asseoir à la terrasse d’un café est emblématique de ce choix. Elle ne sert évidemment à rien sur le plan pratique : en extérieur et en respectant des règles de distance, les risques de contamination sont inexistants, en tout cas pas pire que dans la rue ou les transports. Le symbole est terrifiant: une partie de la population, qui pour une raison ou pour une autre, ne dispose pas d’un pass sanitaire, est traitée en pestiférée et exclue de la vie sociale dont l’accès à la terrasse d’un café est emblématique. Elle semble poser les bases d’un contrôle numérique de la société dans lequel tout le monde est le gendarme de tout le monde: il est légitime de s’interroger sur cette orientation et de s’y opposer. Le choix d’empoisonner la vie des personnes pour les contraindre à se vacciner dégage le pouvoir politique de sa responsabilité qui découlerait d’une obligation vaccinale pour les personnes à risque ne présentant pas de contre-indication.

Il repose tout entier sur l’idéologie du mépris, une vision de la population, des sans-dents aux sans-pass, autorisant les brimades et jusqu’à « une vie de merde » pour infléchir son comportement. De même, le discours quasi officiel qui consiste à dramatiser ou se montrer alarmiste pour propager la peur relève de la même logique, une vision « des gens » assimilés à la « populace », la vile multitude méprisable et indéfiniment manipulable, des sans-dents aux Gaulois réfractaires. La vérité, c’est que tout ce schéma est entièrement fondé sur le mensonge. Voyez encore les statistiques superbement tenues par le journal le Monde (pardon, je me répète, mais il faut répéter la vérité contre le mensonge). La situation présente sur l’ensemble du territoire n’a rien d’apocalyptique ni même d’alarmant. Désormais, le niveau de mortalité quotidienne semble se maintenir à un niveau à peu près équivalent à ce qu’il était avant l’épidémie. Toute mort est évidemment regrettable mais le covid 19 n’est qu’une partie infime du nombre total des décès dont sans doute beaucoup évitables (accidents, drogue, alcool, tabac, cholestérol).

Pire, le discours selon lequel les brimades, humiliations, violation des droits de la personne depuis mi-juillet – à l’image des terrasses de café – seraient à l’origine d’une prise de conscience et d’une augmentation des vaccinations est profondément mensonger: la hausse du nombre des vaccinations sur une base volontaire est continue et constante depuis plusieurs mois: la méchanceté publique, le chantage et le mépris n’y ont strictement rien changé. Voir toujours les statistiques du Monde. En ce moment nous atteignons le paroxysme de l’idéologie du mépris. Le mal absolu de la politique française: ils prennent les Français pour des c….

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

La grande faute du politique, par Maxime Tandonnet

Depuis bientôt un demi siècle, le politique a échoué sur à peu près tous les sujets: le chômage, la sécurité, les migrations, la pauvreté, les retraites, la dette publique… Aujourd’hui, il se jette comme un vautour sur un thème où il espère briller et se faire valoir: le traitement d’une maladie. L’effet de cette boulimie est de pourrir la question. Le sujet de la lutte contre une pandémie de covid 19 est avant tout médical et le débat de nature scientifique. Il est de la responsabilité de la communauté médicale et scientifique. Sa récupération outrancière et quotidienne par le politique est à l’origine d’une catastrophe.

Le rôle essentiel du politique est de donner aux médecins et aux hôpitaux les moyens de fonctionner: médicaments, masques, vaccins, équipements, places en réanimation. Or il n’a jamais su s’acquitter en temps voulu de cette mission: d’où son naufrage dans la logorrhée moralisatrice et accusatrice.

L’effet du surinvestissement de ce champ par le politique est désastreux: en mêlant, de fait, les questions sanitaires à une future campagne électorale, le politique jette le scepticisme et le doute. Il associe le traitement d’un sujet médical à l’idéologie et au mensonge. Il sème la peur et la confusion dans les esprits. En livrant la médecine à la politicaillerie et à l’hystérie médiatique, il déchire le pays et transforme, ce qui devrait être un sujet scientifique et médical, protégé de la folie, à l’abri des soubresauts idéologiques et politiciens, en nouvel objet de haine, de déchirement et de révolte. Il soumet à la contrainte, à la propagande et à l’idéologie des sujets qui ne devraient relever que de la responsabilité personnelle et de la médecine.

L’extension du « pass sanitaire » qui exclut sans la moindre raison même la plus infime une partie des Français, notamment les jeunes, des terrasses de café (effroyable emblème), annonce les bases d’une société discriminatoire de contrôle numérique et de délation ou chacun devient le gendarme d’autrui, est le fruit de cette terrifiante dérive. Idem: les menaces de « refermeture » ne relèvent pas de ce qui est tolérable de la part des politiques. Des dirigeants élus n’ont aucune légitimité pour exercer un chantage sur les citoyens à la destruction de leur pays (car la fermeture totale est une forme de destruction).

La dramatisation à outrance, les mots de « catastrophe » ou de « tsunami », destinés à répandre la peur ne sont pas dignes de responsables politiques. De fait, le taux de mortalité actuel est du niveau de l’avant covid d’après les statistiques de l’INSEE et le nombre d’une cinquantaine de morts déclarés au quotidien est 7 fois moins important que celui des victimes du tabac et de l’alcool ou équivalent à celui d’une épidémie passée inaperçue (2014-2015). L’alarmisme, le sensationnalisme, la manipulation de la peur et de la panique est l’un des aspects les plus sordides de cette crise, morale, intellectuelle, politique, au moins autant que sanitaire. Le rôle de dirigeants politiques est de rassurer, d’apaiser les esprits, de conquérir la confiance, la paix civile et non d’attiser la peur et la division.

Honte à ceux qui sèment le trouble et la peur, la haine entre Français. La récupération obsessionnelle de l’épidémie excite les passions et les angoisses autour de questions qui ne peuvent se traiter qu’à l’abri des tensions. Le naufrage dans l’infantilisation et la moralisation à outrance, l’esprit de pénitence – vous aurez une « vie de merde (sic) » – ne fait qu’amplifier les problèmes. Il désigne des coupables: les gens, la populace, les Gaulois réfractaires. Mais il a l’effet inverse à celui recherché en nourrissant la défiance, la fracture démocratique, en déchirant le pays et en anéantissant ce qui pouvait lui rester de paix et de confiance.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Réflexion en 12 points sur le pass sanitaire (suite), par Maxime Tandonnet

pass sanitaire

1. La situation sanitaire, de fait, n’a rien de cataclysmique à en juger par le tableau du bord du Monde. Nulle trace du tsunami annoncé. La hausse des contaminations liée au variant delta semble plus ou moins stabilisée. Le nombre de morts déclarés n’augmente pas significativement (45/jour) même si évidemment toute mort est à déplorer mais le covid19 tue 7 fois moins que le tabac et l’alcool et moins désormais que certaines épidémies récentes. Le Monde a même le courage (exceptionnel) de faire observer qu’aujourd’hui, le taux de mortalité globale est équivalent à celui de 2019 (avant le covid). La manipulation de la peur est ainsi au centre d’une stratégie de soumission. On peut évidemment tout imaginer mais rien ne permet sérieusement d’anticiper sur une hécatombe justifiant de nouvelles mesures d’exception.

2. Avec le pass sanitaire rendu obligatoire pour les actes de la vie quotidienne, les dirigeants du pays opèrent une authentique révolution. On peut se contorsionner dans tous les sens, s’offusquer, ricaner, calomnier, insulter, diaboliser, ringardiser, s’aveugler par tous les moyens, cela n’y change rien. En imposant le contrôle d’un laisser-passer pour entrer dans un train, un restaurant, un cinéma, la classe dirigeante tourne le dos à la tradition française de liberté. En interdisant l’accès de différents espaces indispensables à la vie quotidienne à une large partie de la population non détentrice du pass sanitaire, souvent pour des raisons indépendantes de sa volonté (résidence à l’étranger, médicale ou peur panique du vaccin que seule l’explication peut surmonter et non la contrainte), elle bafoue de plein fouet le principe d’égalité et officialise pour la première fois dans l’époque contemporaine, une forme de discrimination et d’exclusion officielle envers une grande partie des citoyens. Le sommet de l’absurdité est atteint avec l’argument selon lequel les non détenteurs d’un pass sanitaire (ou non vaccinés) représenteraient un danger pour les vaccinés – dès lors que ces derniers sont par définition protégés.

3. Un formidable rouleau compresseur est en marche. Sans doute, même lors du référendum constitutionnel de 2005 ou de la crise des GJ, n’a-t-on jamais assisté à un tel unanimisme politique et médiatique. Dans un formidable élan mimétique, les grandes chaînes de télévision et de radio (TF1, F2, BFM, Europe 1, RTL, etc.), la presse quasi officielle de droite comme de gauche, (le Monde, Libé, les Echos, le Point l’Express, l’Obs, la presse régionale) à l’exception des éditoriaux du Figaro, de FigaroVox et de Marianne, s’expriment avec un unanimisme qui semble n’avoir aucun précédent : le pass sanitaire obligatoire est la voie du bien et sa contestation une chose abominable, complotiste, obscurantiste, criminelle, irresponsable, assimilée aux mal absolu que sont les « antipass » (après les « antivax »). Et ne parlons pas des 200 à 300 000 manifestants du samedi qui sont discrédités et traînés dans la boue par tous les moyens possibles et imaginables. Ce gigantesque élan de consensualisme est d’autant plus paradoxal qu’il s’effectue, de fait, à l’encontre des valeurs jusqu’alors dominantes, valeurs républicaines ou simplement françaises voire universelles de liberté et d’égalité.

4. La contestation politique est réduite à néant ou renvoyée aux marges de l’échiquier. Le principal parti d’opposition (LR) est massivement rallié à la logique du pass sanitaire obligatoire. Toute forme d’esprit critique, face à la réalité du « tsunami » ou quant aux conséquences de cette réforme est gommée des esprits. Les pires sont les candidats à la présidentielle. Ils ne voient de salut que dans l’alignement inconditionnel. Lâcheté, inintelligence de l’histoire? [L’un d’eux, contacté par mes soins, m’a répondu exactement comme s’il récitait des éléments de langage fournis aux élus LREM].

5. La détresse authentique d’une partie de la population française est ignorée, bafouée, passée sous silence. Les restaurateurs, propriétaires ou salariés de bars, les gens du cinéma ou du spectacle sont une fois encore martyrisés. Même menacés de lourdes sanctions (fermeture, puis 9000 € d’amende et un an de prison) ils n’accepteront jamais de se substituer à la police pour contrôler les pass sanitaires, ce n’est pas leur métier, ils n’en ont pas l’autorité. La fréquentation de leurs établissements ne peut que s’effondrer les condamnant à brève échéance. Les jeunes sont tout aussi maltraités: pendant des mois, exclus du vaccin car non prioritaires et aujourd’hui sommés de se faire vacciner sans délais sous peine d’un arrêt de mort sociale. Mais toute cette masse de désespoir n’intéresse personne, ringardisée par le rouleau compresseur politico-médiatique et une logique de manipulation de la peur qui n’a pas le moindre fondement.

6. Nous assistons au paroxysme d’une déconnexion entre la sphère décisionnelle ou influente, médiatique, et la vie quotidienne des Français. Imposer la présentation d’un laisser-passer pour s’asseoir simplement à la terrasse d’un café en plein air, ou le risque de contamination est inexistant, en tout cas pas plus élevé que dans la rue et moins que dans le métro, est une mesure absolument grotesque et tragiquement humiliante, mais sous l’impact du rouleau compresseur, cela n’intéresse strictement personne et ne soulève aucune objection.

7. D’après les sondages plus ou moins contradictoires, l’opinion est favorable au laisser-passer sanitaire à plus de 60%. C’est une erreur de s’en tenir à ce constat. L’opinion est versatile, fluctuante, volatile. Aujourd’hui, elle est satisfaite de la poigne qui lui paraît répondre au climat de peur et aux messages alarmistes. Mais quand des vidéos vont circuler sur Internet montrant des jeunes ou des mères de familles (stupidement) refoulés à la terrasse des cafés tandis que des cadres encravatés y seront accueillis, ou des échauffourées devant les restaurants ou les trains, comment les Français vont-il réagir?

8. Les voix dissidentes sont rarissimes mais précieuses car elles évitent de nous plonger dans la solitude absolue. Parmi celles de ma préférence politique, j’ai noté M. Bellamy, M. Julien Aubert, Mme Lydia Guirous, M. David Lisnard, M. Damien Abad. Qu’ils soient remerciés pour leur courage et leur lucidité. [Quoi qu’il arrive je ne soutiendrai jamais, ne voterai jamais pour des politiques qui se sont montrés serviles et calculateurs, ou pire, imbéciles dans cette affaire d’une extrême gravité.]

9. Un silence assourdissant pèse sur le caractère malsain de l’opération en cours. Selon le discours officiel, la fin ultime de ces mesures est de forcer la population à se faire vacciner. C’est reconnaître que son objectif est bien d’empoisonner la vie des Français non vaccinés voire la rendre impossible. Depuis quand un pouvoir politique aurait une légitimité à faire souffrir délibérément une partie ciblée de ses compatriotes en appliquant un principe de chantage à la vie quotidienne? La logique est celle d’une vaccination obligatoire qui ne dit pas son nom. Comment une telle hypocrisie et dérobade face au principe de responsabilité peut-elle aussi bien passer, dans la plus parfaite indifférence, voire banalisation? Idem sur le chantage ultime: laisser-passer ou reconfinement? Comment une nation adulte peut-elle accepter une telle infantilisation? Et qui aurait le courage de répondre: nous n’acceptons ni l’un ni l’autre?

10. L’effet le plus flagrant du laisser-passer sanitaire est de déchirer le pays, les cercles d’amis, les familles. La grande fracture est de retour, celle de 2005 et celle de la crise des GJ. La majorité bienpensante qui suit le courant médiatico-politique dominant se retrouve face à la minorité diabolisée sous la caricature des « antipass » ou des « antivax » irresponsables individualistes contre l’intérêt général. Telle est le discours dominant. Il peut être aisément inversé en opposant la minorité résistante au nom de la liberté à la majorité bêlante. Mais peu importe, une sorte de guerre civile froide qui peut rapidement dégénérer est en train de s’installer dans le paysage français.

11. Tout cela ne se comprend bien entendu que par le contexte politique et l’approche de l’élection présidentielle. La dramatisation, le naufrage dans l’autoritarisme, la recherche de l’affrontement procède d’une logique qui est à l’œuvre depuis bientôt cinq ans: fracturer le pays pour l’entraîner dans le schéma du conflit habituel entre la supposée modernité, éclairée et la France périphérique ou obscurantiste, c’est-à-dire le combat entre le héros du bien et l’incarnation du populisme ringard (soit le duel le Pen/Macron). La réélection de 2022 est bien entendu en filigrane de cette crise de société.

12. Que va-t-il se passer maintenant? Le mouvement va probablement s’amplifier et dégénérer à la rentrée de septembre. En France, un choix politique pénalisant ou discriminant une partie de la population, notamment les jeunes, est le plus sûr chemin pour conduire le pays à la révolte, à la violence et au chaos. L’opinion exaspérée va se retourner. Le pouvoir tentera de reculer et d’édulcorer ou neutraliser le fond de ses mesures tout en préservant la coquille légale par exemple en renonçant au contrôle des terrasses ou en revenant à la gratuité des tests. Mais il n’est pas sûr que cela suffise. Le pouvoir a allumé un incendie qu’il aura toute peine à éteindre et il en sera forcément perdant dès lors que les yeux vont se dessiller. Problème: cette crise toute en soulignant la nocivité de l’équipe en place démontre aussi la nullité des solutions alternatives: pour l’instant en tout cas.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Pass sanitaire, un étrange silence, par Maxime Tandonnet

pass sanitaire

Chacun a bien sûr le droit d’être pour ou d’être contre le pass sanitaire mais il est difficile d’y être indifférent. Son caractère désormais obligatoire pour les actes de la vie courante comme se rendre dans un restaurant ou prendre le train bouleverse bel et bien l’ordre des choses.

Pour la première fois dans la France contemporaine, la nouvelle règle opère une discrimination (hors sanction pénale) entre des citoyens de plein droit et des citoyens privés de certains droits en rapport avec le quotidien, officialisant une forme d’exclusion. Elle viole de plein fouet les promesses réitérées des plus hauts personnages de l’Etat ayant formellement promis à maintes reprises que jamais (« jamais ») une telle mesure – discriminante – ne serait mise en œuvre. Elle procède d’un climat de peur soigneusement entretenu et dont les fondements sont plus que douteux (les victimes déclarées du covid19, en ce moment 45 par jour, sont 7 fois moins nombreuses que celles de l’alcool et du tabac: 323). Elle engendre un monde de contrôle numérique ou chacun se fait le gendarme de tout le monde. Elle sacrifie la liberté individuelle en soumettant nombre d’activités à la détention de ce pass. Son utilité dans la lutte contre l’épidémie est profondément contestable à l’image de l’interdiction aux personnes qui en sont démunies de fréquenter les terrasses en plein air. Elle déchire une fois de plus le pays et divise les Français en ravivant un climat de guerre civile.

Tout cela devrait passionner, que dis-je, fasciner les intellectuels français prompts à s’enflammer pour toute sorte de micro-polémiques. Or, nous assistons à un silence absolu des grands noms de la littérature, de la philosophie, des médias et autres maîtres-penseurs. Où sont passés les intellectuels? Il en est de même dans le champ politique. Les médias surexposent en ce moment une personnalité isolée et caricaturale (manière de discréditer une sensibilité). Mais pour le reste, les politiques supposés respectables se taisent ou se terrent face à un enjeu de société. Où sont passés les politiques? Leur silence semble d’ailleurs proportionnel à leur ambition: éviter de se compromettre.

Alors, comment expliquer cette démission du monde intellectuel comme du monde politique? D’abord, hélas par l’aveuglement, l’incompréhension de ce qui est en train de se passer: il ne suffit pas de se proclamer « intellectuel », d’être invité sur les plateau de télévision, de disposer de tribunes multiples pour être lucide. Ensuite, par l’opportunisme: attendre de voir comment tout cela va tourner avant de prendre position. De même, par le conformisme: puisque cela vient d’un pouvoir supposé « progressiste », ce ne peut être que bien (que ne dirait-on des mêmes décisions prises par un pouvoir « populiste » ou juste droitier!). Enfin, par une forme de lâcheté, la frousse d’être catalogué « antivax » la nouvelle formule de diabolisation désormais pire que populiste ou complotiste (et mensongère car on peut rejeter le pass discriminant et liberticide tout en étant favorable au vaccin sur une base éclairée et volontaire).

On sent bien que le pays bouge dans ses profondeurs et qu’une grave explosion se prépare. En revanche, une fois encore, les supposées élites, politiques et intellectuelles ou la France dite « d’en haut », censées représenter les Français et apporter un éclairage à l’opinion, sont aux abonnés absents et largement à côté de la plaque. Et quand elles se réveilleront, il sera trop tard.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

A qui profite la dramatisation autour de la crise sanitaire?

covid port du masque

L’épidémie de covid 19 et sa quatrième vague sont à l’origine d’une sorte de névrose médiatico-nationale. Les médias radio-télé procèdent à un matraquage intense, à chaque jour ses statistiques, ses déclarations et annonces fracassantes dont le caractère monstrueux sur le plan du respect des droits de la personne ne sert qu’à amplifier le désordre mental et la panique d’une société.

Un climat de terreur règne de nouveau sur ce pays comme à la veille d’une épidémie de peste bubonique qui s’apprêterait à emporter un tiers de la population. Et cette campagne de terreur qui s’enracine sur la crédulité et la lâcheté naturelle d’une partie (une partie seulement) de la population fonctionne plutôt bien. Les nouvelles rassurantes sont savamment occultées par la propagande politico-médiatique. La vérité, c’est qu’on ne meurt presque pas du variant delta selon les statistiques officielles (au Royaume-Uni comme en France). La vérité, c’est que la quasi totalité de personnes à risques sont (en principe) protégées par le vaccin. La vérité, c’est qu’au Royaume Uni, la courbe des contaminés au variant delta (dont l’explosion au printemps fut à la source du mouvement de panique français) est en chute libre depuis quelques jours. Qui nous dit ces informations contraires à la dramatisation ambiante? Personne. Silence: une censure de fait écrase toute nouvelle positive.

La peur autour du covid 19 en France comme ailleurs en Europe a un sens: elle sert à couvrir les immenses problèmes du pays dont plus personne ne parle. Extrait du Figaro de ce matin: « Les atteintes à l’intégrité physique, majoritairement des coups et blessures volontaires, n’ont jamais été aussi nombreuses. Avec plus de 350.000 agressions constatées en six mois [2021] contre 300.000 au premier semestre 2020 et 320.000 sur la même période de 2019. » On pourrait parler aussi des chiffres vertigineux du chômage (4 à 6 millions de chômeurs), du déclin dramatique du niveau scolaire (chute de la France dans le classement PISA, dernier rang de l’OCDE en mathématiques), des 10 millions de « pauvres » selon l’INSEE, de l’explosion de la dette publique à 120% du PIB (les impôts futurs de nos enfants), du déficit public de 10% du PIB, de la poursuite de la crise migratoire, etc… Mais tous ces graves sujets qui engagent l’avenir sont désormais passés sous silence. Ils le sont plus particulièrement à la veille de l’année électorale. A qui profite la grande névrose nationale? A ceux qui l’entretiennent cyniquement au jour le jour pour détourner les regards de leur faillite.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Pass sanitaire – Liberté, liberté chérie, par Maxime Tandonnet

manif pass sanitaire

La tendance médiatique est à la diabolisation des manifestants qui scandent le mot « liberté » dans la rue, présentés comme des extrémistes ou des populistes. Nous atteignons le paroxysme de l’inversion des valeurs, quand l’invocation de la liberté est jugée fascisante par nombre d’experts, commentateurs et supposés intellectuels. La question de la liberté est pourtant sérieuse. La CNIL elle-même a considéré que les mesures relatives à l’obligation du pass sanitaire représentaient « une atteinte particulièrement forte à la liberté. »

Ces paroles – d’une exceptionnelle gravité – n’ont semble-t-il guère ébranlé les murailles de la bonne conscience. Les inspirateurs, responsables ou chantres de ce dispositif affirment qu’il ne saurait être que provisoire. Qu’en savent-ils dès lors que nul n’a la moindre idée de la durée de la crise sanitaire qui se prolonge par vagues de contaminations et des futurs variants ? Un précédent est ouvert et les circonstances qui justifient le dispositif actuel ont toutes les chances de durer ou de se reproduire – indéfiniment – dans l’avenir.

L’atteinte aux libertés est en effet dévastatrice. L’obligation de décliner son identité et un laisser-passer certifiant un état sanitaire pour entrer dans un restaurant, un bar, un train, un hôpital ou un centre commercial, tous ces gestes les plus courants de la vie quotidienne, représente un phénoménal recul des droits de la personne et du libre arbitre individuel. Cela revient à exclure de la société – transformer en parias ou en sous-homme – les individus qui pour une raison ou une autre ne seront pas en mesure de présenter ce laisser-passer.

Obliger des professionnels à contrôler les laisser-passer de leurs usagers ou clients – sous peine d’une amende gigantesque de 45 000 € et d’un an de prison – engendre une société d’autosurveillance, d’embrigadement et de délation en transformant chacun en policier de l’autre. Faire de la non- vaccination un motif de licenciement, interdire l’accès aux EPHAD des non vaccinés représentent un impressionnant recul de la civilisation. Les premières victimes sont les jeunes. Pendant des mois, ils ont été écartés de la vaccination au prétexte qu’ils n’étaient pas menacés, le vaccin étant dès lors inutiles pour eux, et soudain le pouvoir exige d’eux qui aillent se faire vacciner sous la menace d’une sorte d’anéantissement social.

La vérité est que rien au monde ne permet de justifier ce basculement soudain dans une autre société bafouant la liberté quotidienne, officialisant la discrimination et l’autosurveillance policière. Les contaminations sont certes en hausse mais grâce au vaccin (notamment) diffusé sur une base volontaire, protégeant les personnes âgées et atteintes d’une comorbidité, ni les réanimations ni les décès ne sont en augmentation au regard des statistiques officielles. Dès lors qu’il est admis que le vaccin protège les personnes âgées ou fragiles et que le covid 19 n’est pas mortel pour les autres, la peur panique qui règne en ce moment sur les esprits et entraîne ce vent de folie est sans le moindre espèce de fondement.

Les véritables motivations de ce basculement n’apparaissent pas encore clairement aujourd’hui. Rien ne permet d’imaginer une sorte de « complot » planétaire dès lors que la France se singularise dans ce grand naufrage liberticide (à quelques exceptions près). La déraison politique en est sans doute la principale explication. Il faut y voir une fuite en avant autoritariste de la part de dirigeants paniqués à l’idée d’être accusés d’inaction face à la reprise épidémique, un effet paroxystique de la grande dérive narcissique : donner l’illusion de la poigne et la fermeté par des postures intransigeantes. L’obsession de la réélection présidentielle dans moins d’un an n’arrange rien…

Mais ce qui est le plus effroyable, bien plus que la dérive d’une poignée de dirigeants de circonstance, c’est l’aveuglement et la servilité qui entourent le naufrage en cours. La pensée unique fait rage dans les médias, au parlement, dans les institutions et les juridictions et même semble-t-il, une partie de l’opinion sous influence. La manière dont la France dite « d’en haut » tourne le dos à la tradition française de liberté et de respect des droits de la personne, s’accommode de cet encasernement de la vie quotidienne sans la moindre raison valable et dans la plus parfaite bonne conscience, puis s’efforce en ce moment de diaboliser ou fasciser le mot de « liberté », est le signe le plus patent de son vertigineux déclin intellectuel. Quant à l’idée folle de sacrifier la liberté au profit d’une sécurité absolue, elle est l’expression même de la lâcheté et de la soumission.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Pass sanitaire, la fracture des générations, par Maxime Tandonnet

pass sanitaire

Voici un sondage intéressant IFOP-JDD. Contrairement aux analyses dithyrambiques des médias radio-télé et de la classe politique (presque unanime), la France profonde ne suit pas le pouvoir macronien dans ses dérives post libertés et post démocratiques. Le président perd 2 points de confiance (38%) ce qui est sans précédent dans les situations de panique (qui généralement profitent à la popularité des dirigeants). Le mythe d’un peuple apeuré et conformiste prend sérieusement l’eau. Où sont passés les supposés 62% de satisfaits à l’issue des mesures annoncées par le pouvoir la semaine dernière? Le suivisme de l’immense majorité des politiciens (de l’extrême droite à l’extrême gauche incluses) est ainsi battu en brèche.

Le peuple (globalement) semble plus attaché à sa liberté et à sa démocratie que les dites « élites » (dirigeantes, politiques, médiatiques et intellectuelles) supposées le diriger ou le guider. Par ailleurs cette même enquête montre une relative satisfaction des personnes âgées et vaccinées et une révolte des jeunes non vaccinés. Nous ne le répèterons jamais assez: les personnes âgées ou malades sont en principe protégées dès lors qu’elles sont vaccinées. Les jeunes ne sont pas menacés gravement par le covid19. Le vaccin protège contre les formes graves mais n’empêche pas la contagion. Dès lors, les jeunes non vaccinés ne menacent en aucun cas les anciens par le fait qu’ils ne sont pas vaccinés.

Forcer les jeunes par des mesures liberticides et discriminatoires, relevant du chantage, à se faire vacciner dans l’urgence est non seulement inepte mais inutile. Transformer les restaurateurs, gens du spectacle, commerçants, en une sorte de police parallèle chargée de faire respecter l’identité des personnes et la détention d’un laisser-passer sous la menace de 45 000 € d’amende et un an de prison est totalement invraisemblable et il est encore plus invraisemblable que si peu de voix se soient fait entendre pour le dénoncer. C’est encore la logique du coup de menton: montrer les muscles pour donner l’illusion de la fermeté et gagner des points dans les sondages: heureusement c’est l’effet inverse qui se produit…. En accablant les jeunes, on passe du jeunisme et de la démagogie absolue (MacFly et Carlito) au souverain mépris de ces derniers.

La France se fracture dangereusement comme nous l’avions prévu (Figaro Vox) dès le début, par la faute de ses dirigeants politiques. Le pouvoir tente déjà de reculer à toute vitesse (évidemment, il fallait s’y attendre) après ses annonces invraisemblables. Mais il est bien tard, le mal est fait. C’est tout un système de pouvoir qui frôle la démence: l’annonce autocratique de mesures non réfléchies sans débat, sans réflexion et sans discussion, dans le mépris de la représentation parlementaire. Tout cela est absolument lamentable et tout cela ne peut que mal finir.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

17 réflexions en vrac sur les mesures sanitaires, par Maxime Tandonnet

Macron anarcho-tyrannie

Peu de temps pour faire des phrases et des paragraphes, alors quelques réflexions dans le plus grand désordre sur les mesures annoncées par l’occupant de l’Elysée prononçant l’exclusion prochaine des « non vaccinés » de l’accès aux restaurants, aux bars, centres commerciaux, aux lieux de spectacle ou sportifs, aux transports, etc.

– Une épidémie de peste bubonique ou de choléra, fauchant des millions de vies en France, justifierait de telles mesures d’exception. Cela arrivera peut-être un jour mais tel n’est pas le cas aujourd’hui. Traiter l’épidémie actuelle comme une épidémie de peste bubonique ou de choléra relève de la mystification (réussie).

– Le dispositif annoncé repose sur une incohérence : le covid 19 est réputé dangereux principalement pour les personnes âgées, ou fragiles, les malades atteints de comorbidité ; l’immense majorité de ces personnes ont déjà été vaccinées; dès lors, si le vaccin est efficace, le risque d’une vague de mortalité en est fortement réduit et la menace exagérée.

– Aberration fondamentale: certains vaccinés accusent hargneusement les non vaccinés de mettre leur vie et celle des autres vaccinés en danger. Mais de quoi ont-ils peur dès lors que vaccinés, ils sont supposés être à l’abri des formes graves? Et d’ailleurs le fait d’être vacciné n’empêcherait pas (semble-t-il) de porter et transmettre la maladie.

– 62% des Français approuveraient (selon un sondage) les mesures discriminatoires et d’exclusion de la vie sociale prises envers les non vaccinés. 38% de « Gaulois réfractaires » (incluant sans doute des vaccinés comme des non vaccinés), c’est beaucoup dans un tel contexte. D’ailleurs, un basculement de l’opinion peut intervenir à tout moment.

– Les non vaccinés justifient leur réticence à la vaccination par la peur du vaccin, notamment en raison des immenses scandales sanitaires qui ont bouleversé le pays ces dernières décennies. Que leur peur soit considérée comme méprisable, en tout cas moins respectable que d’autres peurs et indigne d’être écoutée, est à mes yeux incompréhensible.

– Plutôt que le dialogue et l’explication, comme souvent en France, la caricature et la moquerie: il y aurait les « provax », modernes et ouverts au progrès face aux « antivax » complotistes et obscurantistes, comme si nous revivions sous un angle sanitaire la guerre de la France « éclairée » contre les Gilets jaunes. Ce pays déchiré ne changera donc jamais…

– De fait, les mesures annoncées par le pouvoir ne seront jamais – jamais – appliquées pour la plupart : il est inconcevable, irréaliste de vouloir obliger les restaurateurs, barmen, commerçants, agents des lieux de spectacle ou de transports, à contrôler l’identité et le pass de chacun de leurs clients et se faire ainsi les auxiliaires de la police dans une société d’autosurveillance et de délation. Qui ne le sent pas?

– En vérité, tout ceci relève avant tout du spectacle, d’une posture politique, autour d’une mise en scène (hallucinante) d’autorité et de fermeté dans une perspective électoraliste. Mais il faut reconnaître que cela fonctionne assez bien.

– Eternelle et lamentable préférence française pour les contraintes bureaucratiques, les mesures verticales, policières et les sanctions au détriment de la liberté, du dialogue, du respect et de la confiance.

– L’esprit de ces mesures exprime un phénomène d’anomie ou de disparition des repères intellectuels et moraux. Sidérante démonstration d’un déni de solidarité face à l’exclusion et la mise au ban d’une partie de la population (les non vaccinés). Vertigineux renoncement collectif au respect de la vie privée et du secret médical, au principe d’égalité, au droit à disposer de son corps et à la liberté individuelle.

– Le climat général, ce mélange de soumission à la figure du chef paternaliste, autoritaire et protecteur, de servitude dans l’acceptation passive des contraintes et de chasse aux sorcières ou rage collective et méprisante de certains « vaccinés » envers les « non vaccinés », ce mélange a quelque chose de profondément malsain qui échappe aujourd’hui au sens commun.

Pour lire la suite, c’est ici !

Covid 19, à qui profite la peur?, par Maxime Tandonnet

covid port du masque

Echange authentique avec une personnes de mes relations : « Non, je ne suis pas vaccinée. On ne sait pas ce qu’il y a dedans. Il y a déjà eu le sang contaminé, l’hormone de croissance, Médiator. Je ne suis pas vaccinée, mais ne le dis surtout à personne. » Le discours sur une obligation vaccinale imposée à la population dans son ensemble et le matraquage politico-médiatique n’y changeront rien. C’est la confiance qui manque pour expliquer, rassurer et convaincre. Un pouvoir aussi discrédité par les mensonges (sur les masques, les places en réanimation, le nombre des morts prévisibles, etc.) n’est plus en mesure d’inspirer la confiance.

La contrainte généralisée et les menaces n’ont jamais permis de résoudre quoi que ce soit. Et puis que faut-il comprendre? 60% des Français sont vaccinés, en particulier les personnes à risque. Selon le discours médical et scientifique, le vaccin protège contre les formes graves, évite l’hospitalisation et la mort. La Grande-Bretagne (vaccinée) connaît une flambée épidémique – sous forme de rhumes – mais quasiment aucun décès. Si tout cela est vrai, les Français (soit vaccinés soit ne relevant pas des catégories à risque) n’ont aucune raison d’avoir encore peur du Covid et de ses variants. Quant aux personnes qui ne veulent pas être vaccinées, elles font un choix relatif à leur santé et leur intégrité corporelle qui n’appartient qu’à elles – et au secret médical.

Il est doublement incohérent de dire qu’elles mettent les « vaccinés » en péril puisque d’une part le vaccin protège contre les formes graves mais n’empêche pas (semble-t-il) d’attraper la maladie et de contaminer autrui, et d’autre part, les vaccinés sont en principe à l’abri du risque vital. Ce n’est sûrement pas par l’opprobre, l’exclusion, le lynchage et la diabolisation qu’elles seront convaincues.

La rage qui se développe contre les « non vaccinés » dans la population française rappelle étrangement les chasses aux boucs-émissaires du Moyen-âge lors des grandes pestes. Ah la nature humaine… Le monde politico-médiatique évoque une situation ou des variants aux noms bizarres venus du fond de l’enfer s’apprêtent à déferler sur la France comme des cavaliers de l’apocalypse. Les lâches, les pleutres et les pervers, les despotes de plateau se réveillent pour réclamer de nouvelles restrictions à la circulation et atteintes aux libertés. A qui profite la peur?

NB: heureux que Mme Natacha Polony, dans Marianne, dise la même chose que moi (en mieux)

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

L’effarante bêtise d’un système, par Maxime Tandonnet

Macron anarcho-tyrannie

La France politique, sauf imprévu, semble se diriger en toute normalité vers la réélection de l’occupant de l’Elysée puis sans doute de sa majorité En Marche – ou quelque chose d’équivalent. C’est ce que disent les sondages en tout cas.
Plus rien d’autre n’existe. Le bilan d’un quinquennat, le pire de l’histoire de la Ve République, a disparu des écrans radars: dette publique à 120%, chômage monstrueux (4 à 6 millions), pauvreté, vertigineux effondrement scolaire, explosion de l’insécurité, crise migratoire, suspension des libertés publiques, Gilets jaunes, un an de gestion chaotique de l’épidémie, etc. Peu importe désormais.

Tout s’efface derrière le Grand-Guignol médiatique et l’enfumage quotidien. L’unanimisme des grands médias radio-télé qui façonnent l’opinion fait froid dans le dos. L’aveuglement et la bêtise ambiante triomphent. Le débat d’idées ou de projet est mort étranglé par le conformisme. Un grand bêlement médiatique national couvre les voix discordantes. Le culte d’un gourou national ou sauveur providentiel permanent – digne des heures les plus sombres – efface toute velléité d’esprit critique et de réflexion.

Dans n’importe quelle démocratie, le besoin d’alternance (qui s’est exprimé lors des municipales et des régionales) se traduirait par l’élection d’une nouvelle majorité à l’Assemblée nationale et la désignation d’un gouvernement d’alternance. Chez nous, c’est impossible. Le verrouillage par le système élyséen, le conformisme des médias radio-télé et l’extension de la crétinerie touche à son paroxysme.

Dans un climat largement consensuel, conjuguant l’indifférence, la soumission et l’abêtissement général, le pays servile, décervelé et soumis se prépare à reconduire son gourou élyséen dans une logique de néant destructeur. Rien de plus, rien de moins.

Peut-on espérer dans les dix mois un réveil, un mouvement d’humeur ou de révolte, un éclair de lucidité collectif, un sursaut d’intelligence? Possible. Mais pas sûr du tout.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Prolongation du masque en extérieur, pourquoi?

Covid masques

Le pouvoir vient d’annoncer que l’obligation de porter le masque à l’extérieur était prolongée au mois de juin. Or, une chose est absolument certaine dans cette crise sanitaire: le port du masque en extérieur est inutile (contrairement à ce qu’il en est dans les transports ou dans les lieux fermés). Toutes les études réalisées à ce sujet le prouvent sans ambiguïté et confirment une intuition de bon sens. En outre, dans tous les pays européens, le niveau des contaminations et des décès annoncés s’effondre, sans doute en grande partie pour des raisons saisonnières.

Alors, pourquoi maintenir en France l’obligation du masque dehors.

4 raisons au moins, qui en disent long sur l’état d’esprit des dirigeants:

– Faire semblant de maîtriser des choses qu’ils ne maîtrisent absolument pas et préserver l’idée folle qu’une politique est à la source de l’amélioration constatée en espérant en tirer profit dans les sondages et dans les urnes;
– Tenter de faire oublier, en versant dans l’excès inverse que pendant plus de trois mois, au pic de l’épidémie et des morts (février mars et avril 2020), ils ont martelé frénétiquement que le masque ne servait à rien (y compris dans les lieux fermés et les transports);
– Ne pas lâcher la bride sur le pays, prolonger une sensation d’autoritarisme – de même que le couvre-feu de 21 H – dans le style coup de menton permanent, par compensation du chaos quotidien (violence endémique, agressions contre la police, trafics, fragmentation communautariste).
– Enfin préserver cette sensation rassurante pour eux qu’une foule masquée est soumise. On ne lit pas la colère sur des visages recouverts et le masque fait office de bâillon comme si le bout de tissu que les Français sont obligés de porter dans la rue, sur les chemins de campagne ou sur les plages étaient une manière de les faire taire. Une foule anonyme, privée de visage, ressemble à un cheptel obéissant.

A noter d’ailleurs que dans la classe politico-médiatique, de l’extrême gauche à l’extrême droite incluses, personne ou presque ne moufte au sujet de cette atteinte à la liberté.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Cet étrange couvre-feu, par Maxime Tandonnet

L’une des caractéristiques les plus sidérantes du cerveau humain est sa malléabilité. On s’habitue à tout, on finit par tout accepter et tout banaliser.

Un couvre-feu est en vigueur depuis six mois et il est devenu une chose normale. A 21H les rues se vident, les gens prennent peur et rentrent chez eux. Evidemment, les conséquences, le contexte sont différent. Mais ce couvre feu est en substance, le même que le couvre-feu des années d’occupation 1940-1944.

Selon les période, à 20 H ou à 23 H, les Français n’avaient plus le droit d’être dehors et devaient rentrer chez eux. Rien n’est plus étrange que la résurrection de ce phénomène aujourd’hui. Jamais un couvre-feu – le mot même et la réalité- général, durable, n’eût été possible dans l’après guerre. Aucun dirigeant politique n’eût assumé un retour au cauchemar. Il faut croire qu’à la troisième génération, le souvenir des années sombres s’estompe dangereusement. A l’évidence il ne sert strictement à rien sur le plan sanitaire.

On sait que le la covid 19 ne s’attrape pas dehors. Obliger les Français à rentrer chez eux, au besoin à s’entasser à l’intérieur d’une pièce quand ils sont plusieurs, notamment les jeunes, est infiniment plus dangereux que de les laisser vivre à l’extérieur. Et le virus ne devient pas plus virulent en extérieur après 21H qu’avant. Tout ceci est une véritable insulte à l’intelligence. Pourquoi? Nous sommes toujours dans la logique de l’esbroufe: asservir pour faire semblant de protéger. Le prix de cette mystification est gigantesque: enfermer une nation après 21H comme après 23 H revient à anéantir les fondements d’une société de liberté.

Or, il ne se trouve pas une voix chez les intellectuels ou les politiques, de l’extrême gauche à l’extrême droite incluses, pour – ne serait-ce que – s’interroger. Le plus extraordinaire, le plus tragique, la leçon la plus invraisemblable, c’est la facilité avec laquelle le grand troupeau se soumet, et pire, s’habitue.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

De la déconstruction à la destruction

Macron anarcho-tyrannie

Déconstruire l’histoire, comme annoncé sur une chaîne de télévision US, c’est tout un programme: l’histoire étant la mémoire, l’identité de la nation, déconstruire l’histoire est une manière de déconstruire la nation. Mais cela ne suffit pas. Dans un pays forgé par l’Etat, il est urgent de déconstruire l’Etat.

D’où la suppression de sa haute fonction publique qui en est un pilier, son école l’Ena, issue de la Libération, le métier de préfet qui en est l’incarnation même depuis Napoléon. Il est essentiel aussi de déconstruire sa tradition de liberté à travers une dictature sanitaire qui ne dit pas son nom, constituée de mesures aussi absurdes et contreproductives que liberticides (emprisonnement à domicile et couvre-feu). Au passage il convient d’éradiquer les lieux de sa vie sociale (restaurants, théâtres, cinémas, commerces de quartier). L’anéantissement de la démocratie parlementaire, au centre de l’identité politique de ce pays en est un passage obligé avec l’abolition de fait du parlement (prolongation indéfinie de l’état d’urgence, usage des ordonnances à répétition).

Qu’il y a-t-il derrière cette politique de déconstruction? Un projet idéologique, certes, la table rase comme réminiscence des régimes totalitaires du siècle dernier. Y voir également une stratégie politicienne: ayant échoué ou renoncé à de grandes réformes indispensables (retraites), déconstruire est censé donner l’illusion du mouvement.

De même la grande casse doit permettre de détourner l’attention du chaos (violence, insécurité, gigantesques déficits) engendré par l’irrésolution et l’incompétence. Une dimension psychologique enfin, l’ultra-narcissime qui consiste à déconstruire le pays pour mieux pavoiser sur ses ruines. Entre le mot déconstruire et celui de détruire, la nuance est faible. Une certitude: tout cela se paiera un jour. « Ceux qui donnent le branle à l’Etat sont les premiers absorbés par sa ruine » (Montaigne, les Essais T 1- ch. 24).

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet