« Déconstruire notre propre histoire », par Maxime Tandonnet

Macron

M. le président a déclaré à une chaîne de télévision américaine: « We have in a certain way to deconstruct our own history. » Comment analyser cette importante déclaration? Elle semble se rattacher à l’idéologie de la repentance: il faut passer notre histoire au peigne fin pour se repentir du mal que nous avons causé. Elle est dans la lignée d’interventions passées du chef de l’Etat en Algérie sur la colonisation française « crime contre l’humanité ».

Elle s’inspire aussi de l’idéologie dominante sur les campus, les médias et voire le gouvernement américains dite du « cancel culture » . La société occidentale doit s’excuser en s’agenouillant des maux du passé, esclavagisme, racisme, colonialisme. Cette idéologie se traduit dans les faits par l’appel au déboulonnage des statues de Washington, Colbert ou Churchill et de toute personnalité suspectée de connivence avec un passé maudit. Elle se traduit aussi par la réécriture des œuvres littéraires à l’image du roman d’Agatha Christie « Les dix petits nègres » rebaptisé « Ils étaient dix ».

Plus profondément, ce courant se rattache aux idéologies de la table rase : déconstruire l’histoire pour produire un homme neuf, déraciné, débarrassé de sa culture et de la conscience de son identité, ainsi aisément manipulable, un principe qui fut à la source des systèmes totalitaires. Appliqué à la France actuelle, ce retour à la table rase qui s’exprime dans l’idée de déconstruire l’histoire est dans la continuité d’une logique de désintégration des fondements de la société: suspension de fait de la démocratie parlementaire, affaiblissement des collectivités locales par des coupes sombres, abattement des institutions (l’ENA pour la plus récente) puis déconstruction de l’histoire et dévalorisation de la langue française comme piliers de la communauté nationale.

Et sur le champ de ruine d’une nation, engendrer l’amour et la sublimation de l’image du chef comme dans un gigantesque hologramme. Mais ce schéma comporte une faille: il suffit d’un rien pour que l’amour-allégeance d’un peuple recherché se transforme en rejet viscéral.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

La liberté crucifiée dans l’indifférence, par Maxime Tandonnet

covid-19

Rien n’est plus fascinant que l’indifférence générale qui accompagne l’assassinat de la liberté. Certes, la routine est toujours la complice du despotisme. Les Français subissent depuis un an des contraintes monstrueuses qu’aucune guerre ni aucune occupation n’avaient justifiées: interdiction de se déplacer à plus de 10 km, couvre-feu systématique à 19H, interdiction de se rendre dans les bars et les restaurants ou d’acheter des vêtements, bannissement de la circulation interdépartementale et des voyages.

Ces mesures indéfiniment prolongées touchent au paroxysme de l’absurdité bureaucratique. Quoi, le virus se propagerait après 19H et non avant? On serait davantage contagieux au-delà de 10 km? Les vêtements, un bien non essentiel? L’objectif des dirigeants est d’imposer une pénitence au pays pour donner l’illusion de leur volontarisme face à l’épidémie. Gouverner, c’est accabler et asservir. Cette stratégie de communication est au prix de l’abolition de la liberté, c’est-à-dire d’un brutal changement de civilisation. Jamais, contrairement à un mensonge répandu, les autres Nations occidentales ne se sont engagées dans la voie d’une extinction aussi totale et aussi durable de la liberté. Croire que celle-ci reviendra d’elle-même à la fin de la crise sanitaire est illusoire. Un abominable précédent a été ouvert. Demain, la moindre crise sanitaire (ou d’un autre genre) justifiera de futurs barreaux et contraintes. La peur est le carburant de cette manœuvre.

Il faut l’agiter en permanence pour asservir le grand troupeau docile. « Hommage aux 100 000 morts du covid-19 » nous disent-ils, tétanisés par la perspective de devoir un jour rendre des comptes. Et les millions de Poilus de 14-18 ou combattants et Fusillés de 40-45 qui ont donné leur vie pour cette liberté qu’ils détricotent jour après jour? Mais le pire de tout, c’est l’indifférence générale ou formidable aveuglement par lesquels l’anéantissement de la liberté se produit sans obstacle. Comment en arrive-t-on à un peuple aussi résigné, aussi servile? Par quel épouvantable scandale le monde politique, en dehors d’une infime poignée d’exceptions (Mme Martine Wonner ou M. David Lisnard), se montre totalement silencieux face à cette tragédie liberticide? Les autres, tous les autres, s’enferment dans le silence de la lâcheté et du conformisme.

Et pourquoi l’invraisemblable mutisme de la plupart des intellectuels Français, si prompts à verser dans l’indignation à tout propos? (Sauf une poignée de personnalités à l’image d’André Comte-Sponville). Encore plus terrible que n’importe quelle tyrannie: la soumission.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Ces rêves d’enfant qu’ils veulent contrôler

Le Petit prince

« L’aérien ne doit plus faire partie des rêves d’enfant » a déclaré la maire écologiste de Poitiers, déclenchant une polémique.
Les psychodrames suscités par la gauche municipale, écolo-socialiste, se multiplient: menus végétariens dans les cantines à Lyon, interdiction du sapin de Noël à Bordeaux, réunions racisées et et obligation « de se taire » pour les blancs à Paris et, désormais, bannissement du rêve aérien qui se concrétise à Poitiers par le retrait de subvention à une association dont la raison sociale est d’aider des enfants handicapés à accomplir leur baptême de l’air.

Une gauche en voie de radicalisation idéologique accélérée met à profit la bonne vieille méthode de la provocation: lancer des ignominies pour exister et faire parler de soi dans les médias. Notre premier réflexe naturel était de les ignorer pour ne pas tomber dans le piège. Mais la nouvelle sortie sur les rêves d’enfants est tellement abominable qu’elle ne peut pas nous laisser sans réagir. Les mots manquent pour qualifier cette tentation de prendre le contrôle des rêves d’enfants: totalitaire? fascisante ou soviétisante (au sens historique des termes)? 1984? Ordre moral autoritaire? Peu importe.

Cette tentation ou prétention au contrôle sur les rêves d’enfants relève du mal absolu. Le rêve est la forme la plus achevée de la liberté. Le rêve d’enfant, le rêve aérien, celui de St Exupéry et de Romain Gary, celui du petit Prince, le rêve de ciel, d’évasion, d’étoiles, d’horizon et de grands espaces infini est la quintessence même de la liberté.

C’est à elle que s’en prennent les néo totalitaires – comme si les restrictions imposées par la dictature sanitaire ne suffisaient pas. Ce pays file un très mauvais coton.

Il faut se préparer au pire et à assumer un devoir de résistance par tous les moyens nécessaires.


Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Macron et l’arrogance malheureuse, par Maxime Tandonnet

Macron

« Je peux vous affirmer que je n’ai aucun mea culpa à faire, aucun remords, aucun constat d’échec ». L’arrogance et l’autosatisfaction s’imposent aujourd’hui comme des piliers de la méthode de gouvernement. Il faut les voir au quotidien les uns et les autres, pérorant sur les chaînes de télévision. Ils sont toujours droit dans leurs bottes, fiers comme Artaban, sans le moindre scrupule ni le moindre doute. Or, les faits ne sont pas en leur faveur: gigantesques déficits publics, effondrement économique, anéantissement de la société de liberté, impuissance chronique face à la maladie, la souffrance et la mort. Parmi tous les revirements, les contradictions flagrantes et les échecs patents, certains resteront à jamais incompréhensibles.

Pourquoi, malgré la valse des milliards, n’avoir pas réussi à ouvrir une place en réanimation supplémentaire? Cependant, il faut bien admettre que diriger un pays en de telles circonstances est quelque chose d’épouvantable. Qui voudrait de leur place en ce moment? Ils tentent de donner l’illusion de piloter un bateau ivre, balloté entre des vents contraires. L’opinion, attisée par la démence fanatique d’une poignée de « médecins de plateau », exige des mesures de fermeté. Mais elle ne supporte plus les atteintes à la vie quotidienne et les contraintes. De fait, l’arrogance, la morgue, l’autosatisfaction sont les signes d’une profonde faiblesse, d’un délitement intérieur.

Ils sont paumés, ne savent plus où ils en sont. La façade obtuse du contentement est le masque de la désintégration. Plus ils fanfaronnent au dehors, plus ils tremblent au dedans.

Mieux vaudrait l’attitude de Mme Merkel qui demande pardon aux Allemands. Si eux ne le font pas, ce n’est pas tant par manque d’humilité que par manque de lucidité. Ils ne savent plus ou ils en sont.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Covid-19 – Le bureaucratisme totalitaire, par Maxime Tandonnet

Nous apprenons ce matin que la décision de reconfiner la région Ile-de-France serait liée à une donnée statistique: le passage à « un taux d’incidence de 400 » (il serait à 391). Cela signifierait 400 tests positifs sur 100 000 habitants. Telle serait la limite retenue pour passer au reconfinement. Sommet de la logique technocratique: le sort d’un pays conditionné à un ratio. Qu’est-ce que le reconfinement? Il signifie emprisonnement de millions de personnes à domicile, assignation à résidence comme des criminels ou de dangereux terroristes, annulation de la liberté quotidienne d’aller-et-venir, imposition des Ausweis – autorisation de passage – chasse à l’homme dans les rues, fermeture des commerces et persécutions des commerçants. Nous n’en étions déjà pas loin, avec le couvre-feu.

Mais là nous y serions en plein. Or, la vérité, c’est que le covid-19 tue de moins en moins en France. Les raisons profondes de la terreur covidesque – la peur de la mort – sont largement en train de s’estomper. Il tue nettement moins désormais que le tabac et l’abus d’alcool (environ 100 000 morts par an), des sujets qui n’intéressent personne. Le discours sur l’insuffisance des places de réanimation est démentiel : nous en sommes toujours à un seuil de 4 à 5000, comme si, pendant un an, les autorités sanitaires n’avaient pas pu redéployer leurs moyens. Lors des guerres ou des grandes catastrophes, des places de secours aux blessés et mourants sont créées en quelques heures pour accueillir des dizaines de milliers de personnes.

Et là, en situation normale, une grande démocratie, soi-disant la septième puissance du monde, ne serait pas capable de s’adapter à la situation? Non, il y a autre chose de la part des autorités politico-sanitaires, une sorte de jubilation malsaine et morbide à jouer sur la peur, à manipuler la foule à coups de bâton, à transformer le pays en troupeau docile; plaisir de la domination, extase de la toute puissance et de l’asservissement des masses. Relire Kafka.

Le totalitarisme bureaucratique, big brother sanitaire, nous y sommes en plein et pas près d’en sortir…

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Cynisme covidesque, par Maxime Tandonnet

COVID-19

L’épidémie de covid régresse partout dans le monde, le nombre des contaminations baisse fortement et celui des morts enregistrés s’effondre. Cette évolution globale paraît naturelle et non liée à des mesures spécifiques puisqu’elle touche tout le monde y compris, sinon plus, les Etats qui ont fait le choix de respecter les libertés publiques (Suède, US etc.) Les innombrables prophètes de malheur experts, épidémiologistes, infectiologues, urgentistes et autres ministres et politiciens de toutes sortes qui jubilaient avant-hier en nous annonçant à grands cris un déchaînement de l’apocalypse au début de l’année en sont pour leur frais. En France nous avons vécu le grand-Guignol du débat confinement/non confinement et sa mise en scène médiatisée. En janvier, la plupart des responsables politiques nationaux, de l’extrême gauche à l’extrême droite, se sont ridiculisés en réclamant plus de contraintes.

Aujourd’hui, ces démagogues retournent bruyamment leur veste. Mais pourtant, le régime liberticide poursuit ses ravages. Confinement? Non confinement? Question de communication et de sémantique. De fait, un couvre-feu impitoyable se prolonge indéfiniment, obligeant les magasins à fermer et interdisant uniformément la circulation à partir de 18h00, annihilant toute liberté d’aller et venir dans la soirée. Ce couvre-feu n’est rien d’autre qu’une mesure totalitaire, digne des systèmes les plus épouvantables de l’histoire, une mesure désormais banalisée, validée et acceptée. L’habitude et l’accoutumance ne sont-elles les pires complices du despotisme? L’obligation de porter le masque en extérieur (y compris dans les rues vides) est une pure aberration, une insulte au bon sens commun.

La prohibition systématique et indéfiniment prolongée (sans exceptions ni aménagements) de la vie culturelle, des restaurants et des bars, le bannissement des remontées mécaniques en montagne reviennent à ruiner cyniquement l’existence de millions de personnes parfois jusqu’au suicide. Pourquoi? Toutes ces mesures sont non seulement excessives ou inutiles, mais dangereuses au regard du risque de contagion. Il faut voir le troupeau paniqué à 17h50 se pressant devant les magasins ou dans la rue pour regagner la maison. L’objectif de cette destruction de la société de liberté? Il est bêtement et lamentablement électoraliste ou sondagier: jouer sur la peur collective et répandre l’illusion de l’action et de la fermeté.

Il y a comme une extrême jubilation du pouvoir politique à mener à la baguette le grand troupeau de la majorité silencieuse apeurée. Faute de maîtriser la violence sauvage, les trafics criminels dans les cités, les bandes de voyous, les barbares et les fanatiques, une belle démonstration d’autorité sur ceux qui ont l’habitude de se soumettre est toujours bonne à prendre. L’asservissement covidesque? Ils y ont pris un goût malsain, comme un goût de domination et de puissance qui se lit sur leur visage. Ils feront tout pour le garder aussi longtemps que possible.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Trappes, le grand aveuglement

Samuel Paty

A Trappes, un professeur de philosophie, M. Didier Le Maire fait l’objet de menaces, doit être protégé par la police et changer de métier pour avoir pris la défense de son collègue assassiné, M. Paty.
Le maire de la ville et la municipalité ont pénétré dans le lycée pour distribuer des tracts dénonçant ses propos. Le ton médiatique général est à l’incrédulité, au scepticisme: le professeurs n’aurait-il pas une part de responsabilité? Un provocateur? Le système politico-médiatique tend à relativiser la gravité des troubles: « aucune menace sérieuse », lit-on. Trappes, ce serait tout autre chose. De fait, l’aveuglement et la lâcheté font rage. Qu’un professeur de philosophie, sous la pression des islamistes ne puisse pas assurer son cours et s’exprimer en toute liberté et sécurité est en soi une monstruosité. Ce qui se passe dans cette commune est abject.

Selon des informations de la presse (Marianne), les habitants juifs de Trappes ont dû quitter la ville en raison du climat de persécutions qui y règne, tout comme la communauté portugaise qui y était nombreuse. Les populations musulmanes qui refusent l’ordre islamiste (y compris vestimentaire) sont poussées au départ à leur tour. Cela s’appelle une épuration ethnique. Et cela se passe en France en 2021. Il n’y a aucunement matière à relativiser ni à nuancer: la tonalité générale politico-médiatique est scandaleuse. Depuis 60 ans, le pouvoir politique est coupable d’avoir laisser s’installer une telle situation qui rappelle les heures les plus sombres de l’histoire dans un climat médiatique et intellectuel dominé par l’angélisme et le déni.

Rien de ce que nous voyons aujourd’hui, et surtout pas dans les gesticulations politiques, de l’extrême droite à l’extrême gauche et en passant pas la loi creuse dite sur le « séparatisme », pour ne pas appeler les choses par leur nom, n’est à la hauteur de cet immense et monstrueux scandale.

Solidarité totale et sans la moindre réserve à l’égard de M. Didier Le Maire, et tous les professeurs de philosophie, de français, de mathématiques, de sciences naturelles ou d’éducation physique qui subissent de plein fouet, dans leur métier et leur vie privée, l’effondrement sur plusieurs décennies d’une république comme un château de carte.

Il est bien de combattre le djihadisme au Sahel. Pourquoi le laisse-t-on depuis si longtemps prospérer sur le territoire français?

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Confineurs obsessionnels, par Maxime Tandonnet

confinement

Un mouvement de médecins influents et omniprésents sur les plateaux de télévision exerce sur les autorités politiques et sur l’opinion une pression intense en faveur du troisième confinement après ceux de mars avril et de novembre. Ils se répandent ainsi en pétitions, articles, prises de position apocalyptiques. Le confinement dans leurs discours, n’est pas une option mais une certitude, une conséquence inéluctable de l’évolution des statistiques. A leurs yeux, un nouveau confinement surviendra de toutes façons vers mi janvier, non par choix du pouvoir politique mais par exigence médicale. Faut-il avoir suivi 8 à 10 ans d’études voire plus, pour en arriver là? Les confinements n’ont rien résolu sur le fond de l’épidémie. Nous en avons la preuve.

Le principe de l’enfermement à domicile peut-être tragique pour la propagation d’une maladie dont il est avéré qu’elle se transmet en espace clos. Les conséquences des confinements sont épouvantables sur la santé mentale des Français: dépressions, suicides, familles brisées. Ils ont jetés des millions de personnes, restaurateurs, artistes et créateurs, gens de la culture et commerçants, dans la ruine et la tragédie du désoeuvrement. Ils ont dévasté une génération de lycéens et d’étudiants, ravagé notre jeunesse.

Ils ont sacrifié l’économie française, provoqué une gigantesque dette publique, précipité le pays dans une vertigineuse crise économique et une nouvelle explosion du chômage. Au total, tout cela n’a strictement rien réglé. S’amuser avec la peur et la souffrance, favoriser la panique et l’angoisse, relève de la trahison. Et après, si le convid19 s’installe durablement, faudra-t-il soumettre la France, d’année en année, à des arrêts brutaux et destructeurs?

Il se trouve, chez les chantres du troisième confinement, une sorte de jubilation sadique, celle du bureaucrate obtus, à la pensée de ressortir les Ausweis et la schlague et d’une nouvelle vague d’anéantissement des libertés. Mais aussi, un aveuglement qui fait froid dans le dos. Cette fois le pays, notamment sa jeunesse qui en est la première victime, ne se soumettra pas au despotisme de la peur et de la lâcheté.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

La faillite du jupiterisme, par Maxime Tandonnet

« Ca doit changer vite et fort! » Bien sûr. Mais qui prétend diriger? Qui est responsable? Le début de 2021 est marqué par une nouvelle débâcle nationale sur les vaccinations contre le covid 19: une vertigineuse crise de méfiance (60% des Français ne veulent pas se faire vacciner faute de confiance en la parole publique) et la France une fois de plus au dernier rang du nombre des vaccinations réalisées.

Depuis un an, les fiascos français s’enchaînent: l’effarant désastre des masques, des tests virologiques, du nombre de lits en réanimation, l’avalanche des mesures aussi arbitraires, absurdes que liberticides et destructrices de la confiance, un authentique ravage de l’économie française (dette publique, assistanat, prélèvements, chômage, désindustrialisation), persécution avérée des « petits », restaurateurs, commerçants, gens du spectacle.

A quoi fallait-il s’attendre pour les vaccins? Tout ceci est le résultat d’un système, d’une mentalité: le jupiterisme, ou le mirage de « l‘être providentiel » dont la fuite éperdue dans la logorrhée quotidienne ou l’ivresse vaniteuse, sans autre dessein que de se perpétuer, est supposée recouvrir d’un éclat éblouissant la désintégration profonde d’un pays, de son administration, de sa justice, son éducation, sa société civile. Le principe du nouveau monde est relativement simple: le niveau de gesticulation médiatique exactement proportionnel à celui de la décomposition du système. L’autocratie détruit le sens de la responsabilité et de la sanction: après une telle avalanche continue de calamités, il est invraisemblable que les mêmes détenteurs de l’autorité soient toujours là à pérorer et à narguer sur les écrans de télévision les victimes de ce désastre, c’est-à-dire les Français.

Mais il y a pire: quand on explique cela à des surdiplômés (sc po, X, ou hec), ils répondent invariablement, d’un air effaré: « Mais depuis 1958, avec notre demi-dieu élyséen, n’avons-nous la meilleure république au monde? » Nous ne sommes plus en 1958 et de Gaulle n’a rien à voir là-dedans! La catastrophe est là, sous nos yeux, le désastre d’une classe dirigeante, d’un système politique, d’un état d’esprit, d’un régime et de ses hommes, des hommes et de leur régime, mais ils ne veulent pas la voir. L’aveuglement: fléau suprême. Ou, comme disait l’autre, « la bêtise de l’intelligence ».

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

2020, l’année de la « table rase », par Maxime Tandonnet

mémoire histoire

Les faits peuvent sembler anecdotiques au regard de la crise sanitaire du covid 19 qui a balayé la planète. Pourtant, ils sont révélateurs d’une crise de la conscience qui ébranle le monde occidental, l’Europe et surtout notre pays, dans ses profondeurs. Et quand l’épidémie sera terminée ou sous contrôle, cette crise morale continuera à miner nos sociétés et les affaiblir.

Le 23 juin dernier, la statue de Colbert, l’ancien ministre de Louis XIV, a été taguée à Paris, au nom de la lutte contre le racisme et de la mémoire de l’esclavagisme. Pendant l’année, d’autres statues ont été dégradées au même motif, celles de Victor Schoelcher ou de Christophe Colomb à Philadelphie, de Churchill à Londres. Cette phobie nouvelle ne s’applique pas qu’aux statues mais aussi à la littérature. Ainsi l’œuvre d’Agata Christie les dix petits nègres a été rebaptisée en « ils étaient Dix ». Elle touche le cinéma : le Grand Rex déprogrammant sous la pression Autant en emporte le vent. Dans la même logique, les nouveaux dirigeants écologistes à Lyon ont fustigé le Tour de France et ceux de Bordeaux s’en sont pris au sapin de Noël. Les projets de supprimer les fêtes chrétiennes du calendrier sont du même acabit.

A travers cette obsession de la table rase, chasse aux traces de l’histoire, deux phénomènes mentaux sont à l’œuvre. Le premier est idéologique. L’idée de supprimer les traces du passé qui dérange exprime à l’évidence un renouveau de l’esprit totalitaire : « Du passé faisons table rase », selon le titre de l’ouvrage de Stéphane Courtois. L’idée d’effacer la culture, l’histoire, pour engendrer un homme neuf, apuré de ses références morales, traditionnelles, intellectuelles, et le rendre parfaitement hors sol et malléable à merci, soumis au pouvoir, est au centre de tout projet révolutionnaire de droite ou de gauche. Les idéologies totalitaires ne sont pas mortes, elles se métamorphosent et rejaillissent sous d’autres formes.

Le second est le déclin de la culture et du niveau intellectuel. Tous les voyants sont au rouge. Le niveau scolaire des élèves de cinquième d’aujourd’hui est équivalent à celui du CM2 en 1987 vient de révéler une étude. Le dernier classement PISA de l’OCDE, situe la France à la 23e place, pour la lecture, ou compréhension de textes écrits, reléguée à des années-lumière des pays asiatiques. Une autre étude internationale, réalisée sur les élèves de CM1 et des classes de 4e révèle la chute du niveau en mathématiques : avant-dernier rang dans l’OCDE. Ce vertigineux déclin a pour effet de désarmer les jeunes Français face au retour de la table rase. Colbert réduit à l’image d’un esclavagiste : il faut des décennies d’effondrement de l’enseignement de l’histoire pour en arriver là. De fait, le retour de l’instinct totalitaire se nourrit de la montée de l’ignorance.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Asservissement par la médiocrité, par Maxime Tandonnet

La crise du covid-19 et les politiques de confinement constituent un puissant accélérateur de la médiocrité nationale. A la faveur de cette secousse, les écoles et les grandes écoles abolissent les épreuves écrites de sélection à l’entrée. Science po Paris et de nombreux établissement ont d’ores et déjà mis fin à leurs concours d’entrée.

Désormais, les écoles d’ingénieurs et de commerce suivent cette voie et la tendance bien engagée a toute les chances de se généraliser dans les années à venir. Le recrutement s’effectuera par l’examen du livret scolaire et des entretiens à caractère professionnel. Voilà encore un coup terrible porté à l’intelligence française et une étape spectaculaire dans la transformation du pays en troupeau bêlant. La sélection par la connaissance de l’histoire, de la philosophie, de la littérature, des sciences, la capacité d’analyse, de synthèse, de rigueur autour de sujets de réflexion est en voie de d’abolition.

L’indépendance intellectuelle, l’esprit critique, le goût de la réflexion deviennent les bêtes à abattre. A l’épreuve du concours anonyme fondé sur le mérite, succédera un mode de cooptation par des jurys qui choisiront en fonction de critères subjectifs: la présentation, l’origine sociale, le degré de soumission.

Ce qui est « en marche »? L’accélération du clonage de masse. Tout cela procède d’une même logique: l’embrigadement d’un pays, la mise au pas d’une nation par le nivellement. Et, subrepticement, imperceptiblement, l’asservissement de la France aux tyranneaux et veaux d’or de l’avenir.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Covid-19, les statistiques ne font pas une politique

L’une des caractéristiques du traitement politique de la crise du covid-19 est la profusion des statistiques qui caractérise la communication officielle. Jamais dans l’histoire, une situation critique, sur le plan militaire, sanitaire ou économique, n’aura donné lieu à une telle déferlante de chiffres. Chaque jour tombe son lot d’informations quantitatives, à l’image d’un tableau de bord national : le nombre total des « cas confirmés » (2,3 millions), et son augmentation quotidienne (12 000), celui des décès, (55 000) et de leur hausse sur 24 heures, celui des « clusters » et des départements en vulnérabilité, le « taux de positivité des tests », les nouvelles hospitalisations en sept jours (8374) et les entrées en réanimation (1131). Sommet du raffinement : les PV pour infraction au confinement font aussi l’objet d’un chiffrage public (260000) …

Cette profusion de chiffres vise à favoriser la sensibilisation et la responsabilisation de l’opinion publique, face aux risques de contagion. Mais au-delà, son caractère systématique, son intensité quotidienne et son perfectionnisme, traduisent une pression anxiogène sur l’opinion destinée à lui imposer une discipline. Elle reflète une approche techno-sanitaire de la crise actuelle, dominée par une batterie d’indicateurs et l’influence prédominante d’experts dits scientifiques fortement médiatisés et implantés dans les rouages de décision.

Une nouvelle étape a été franchie dans cette conversion de la France à la logique d’un tableau de bord national lors de l’allocution télévisuelle du chef de l’Etat du 24 novembre annonçant des objectifs statistiques à atteindre pour remplir les conditions d’un déconfinement le 15 décembre : moins de 5000 contaminations quotidiennes et 3000 placements en réanimation.

La nation est ainsi pilotée comme une entreprise ou une administration, dans une logique gestionnaire. Le pouvoir politique s’en remet principalement à des indicateurs, définis par les experts, qui conditionnent les orientations futures, et se lie ainsi les mains. Le nombre quotidien des contaminations s’impose comme l’un des critères déterminants de la poursuite ou sortie du confinement. D’après la communication officielle, la stabilisation en cours, aux alentours de 12 000 contaminations en 24 heures, laisse peu d’espoir, une semaine avant l’échéance, d’atteindre la cible. L’échec devrait se traduire par des contraintes renouvelées ou renforcées.

Pourtant, il n’appartient pas aux chiffres de définir seuls la politique d’une nation. L’avenir de la France ne peut pas se réduire au décompte de « nouveaux cas confirmés ». Les statistiques ne sont qu’un outil parmi d’autres et non une fin en soi. Qui donc pourra jamais quantifier les ravages causés à la dignité des Français par la suspension de la liberté d’aller-et-venir, l’obligation de justifier auprès de l’administration chacune de leur sortie ? Ou encore l’humiliation ressentie face à la définition arbitraire de leurs besoins essentiels et non essentiels, à l’image de l’interdiction, pendant un mois, d’acheter des livres en librairie ?

La détresse des commerçants et des restaurateurs, privés de leur gagne-pain et de leur raison de vivre, des saisonniers en stations de ski, les créateurs et salariés de la culture, des millions de personnes ruinées, jetées l’enfer du chômage et du désœuvrement, la misère sociale, familiale et psychologique engendrée par le confinement, ne sont pas davantage des réalités mesurables. Les conséquences stratégiques, à long terme, de l’écroulement de l’économie française , mais aussi de l’effondrement du système éducatif français sur l’intelligence collective et la compétitivité de la nation, échappent, elles aussi, pour l’essentiel, à toute logique comptable.

Enfin que dire de l’effritement de la confiance des Français en leurs dirigeants politiques? Toute période de crise grave appelle à l’union sacrée de la nation derrière ses chefs. Aujourd’hui, c’est le contraire qui se produit. Un pays peut-il s’en sortir dans un tel climat de défiance et de morosité ? Les Français ont connu la Bérézina des masques, un premier confinement, suivi d’un relâchement, puis un « couvre-feu », suivi d’un nouveau confinement, enfin l’annonce d’un nouveau couvre-feu et de contraintes supplémentaires, sans que jamais n’apparaisse le bout du tunnel. Le raidissement d’une partie de l’opinion face à la perspective d’un vaccin est le fruit de cette débâcle. Ballottée au gré des caprices d’un virus et des injonctions contradictoires, la France désespère. Et ce désespoir n’est pas non plus chiffrable. Par-delà les statistiques anxiogènes, il manque à la France un discours d’espérance.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Dictature sanitaire – Fort avec les faibles et faible avec les forts

manifestation

Rien n’est plus extraordinaire que cette juxtaposition française de la chicote quotidienne et d’un apocalyptique chaos. « L’amour excessif de la licence, qui pénètre jusqu’à l’intérieur des familles conduit à l’anarchie et mène ainsi à la tyrannie (Aristote République, VIII) ». Mais aujourd’hui, anarchie et tyrannie vont de pair, sévissent non pas comme des étapes successives de la corruption d’un système, mais en parallèle, « en même temps ».

La puissance publique, comme aux pires heures sombres du Moyen-âge, s’est donnée des boucs émissaires et des coupables de l’épidémie. Avec un zèle méticuleux qui fait froid dans le dos, et sans l’once d’une justification, elle s’acharne contre ceux qui n’ont pas les moyens de se défendre: millions de petits commerçants, libraires, restaurateurs, ruinés, dévastés, poussés au suicide, pratiquants, étudiants privés de leurs cours, saisonniers des stations de skis, citoyens isolés enfermés chez eux et condamnés à justifier chaque sortie au moyen d’un Ausweis (selon le terme banalisé dans la population).

Ceux là, sont implicitement traités comme les propagateurs potentiels du covid 19 et une main de fer impitoyable s’abat sur eux. Mais à côté, la puissance publique ne peut que baisser les bras et reculer devant de gigantesques manifestations violentes qui se déchaînent dans toute la France. Des centaines de milliers de manifestants et de casseurs, massés les uns contre les autres, formant les plus monumentaux foyers (clusters) de contamination. La jauge de 8 m2, imposée aux commerçants, elle était respectée samedi place de la Bastille? Et les attestation des casseurs, correctement remplies? (Tellement plus facile de verbaliser une personne âgée – 135€ – pour une rature sur son laissez-passer!) Et songer à la misère du petit libraire et ses trois clients par heure, obligé de fermer pendant un mois, en comparaison avec cette foule immense et compacte, donne le vertige… Au fond, c’est toujours la même histoire.

Rien n’est plus facile que de soumettre à coups de menton la France pacifique et laborieuse. Mais face à la violence et au chaos, mieux vaut baisser lâchement les yeux et oublier covid-19. Deux poids deux mesures. Fort avec les faibles et faible avec les forts, nouvelle devise nationale?

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Confinement : l’exaspération semble en passe de l’emporter sur la peur

contre confinement

Le confinement de l’automne ne ressemble en rien à celui du printemps. En mars-avril, la peur du covid 19 fut à la source d’une profonde résignation et d’un consensus en faveur d’une suspension générale de la liberté d’aller-et-venir. En témoignait la ferveur populaire autour de l’acclamation des soignants, chaque soir aux fenêtres des appartements. A 20 heures désormais, aucune clameur ne rompt le silence : cet élan unanime a disparu.

Un climat de défiance s’est, bien au contraire, installé à sa place. 75% des Français – ballottés par la houle des ordres et des contre-ordres – estime que le pays n’était pas prêt face à la « deuxième vague » (Elabe 29 octobre). Un doute s’exprime désormais sans complexe quant à l’efficacité de solutions autoritaires : « Vouloir arrêter une épidémie par le confinement revient à arrêter la mer avec les bras » déclare M. Jean-Loup Bonnamy, le 6 novembre, au Figaro. Des voix s’élèvent pour déplorer le recul de la démocratie parlementaire au profit d’une gouvernance sanitaire. L’influence d’une poignée de médecins médiatiques, la toute-puissance d’un comité scientifique composé d’experts non élus et d’un « conseil de défense », habilité par l’état d’urgence à suspendre les libertés en dehors de tout contrôle politique, bousculent la tradition démocratique française, achevant de marginaliser le suffrage universel.
Dans les éditoriaux et les discours, sur les murs de la cité, la formule de « dictature sanitaire » n’est désormais plus taboue.
« Vous êtes rétive aux remèdes ; mais nous saurons vous soumettre à la raison ! » jette Sganarelle, le médecin de Molière, à Jacqueline la servante[1].

D’ailleurs, dans les profondeurs de la nation, les restrictions aux libertés sont de moins en moins supportées, comme si, pour la première fois, l’attachement à la liberté l’emportait, chez les Français, sur la peur du covid-19, malgré une situation sanitaire alarmante. Ainsi, 60% d’entre eux reconnaissent avoir violé les règles du second confinement (Ifop, 12 novembre). La même enquête souligne l’ampleur des dégâts psychologiques qui affectent 52% des personnes interrogées. Jusqu’où la vie quotidienne, la vie confinée, privée de mobilité, de perspectives sociales, professionnelles et familiales, vaut-elle la peine d’être vécue ? Et que dire de l’honneur bafoué d’une nation qui se sent infantilisée par ses élites dirigeantes ? Le regard que portent les voisins européens sur un peuple dont les habitants sont condamnés à remplir une attestation bureaucratique pour sortir de leur domicile, et devoir justifier, comme des gamins immatures, chacune de leur sortie, est ravageur pour la dignité des Français, comme en témoigne l’article du journal allemand Die Zeit du 12 novembre qui parle d’Absurdistan.

Les Français ressentent comme une humiliation supplémentaire de se voir imposer, comme à des enfants ou des « majeurs incapables » privés de discernement, des règles fixant leurs besoins « essentiels » et non « essentiels ». Ils ne comprennent pas le choix arbitraire – et tellement emblématique de l’obscurantisme bureaucratique – d’autoriser la vente de tabac ou de chocolats mais de leur interdire d’acheter des livres en librairie. Ils n’acceptent pas le chantage permanent sur « Noël et les fêtes de fin d’année », l’ingérence dans leur vie privée d’un ordre sanitaire qui prétend leur dicter jusqu’au nombre des convives à leur table. D’ailleurs, cet ordre sanitaire, par son contraste avec la violence et le chaos qui rongent les zones de non droit, donne l’image d’une autorité à géométrie variable qui nourrit le sentiment d’injustice.

Face à l’épidémie, le choix de privilégier une logique de pénitence collective atteint désormais ses limites. Un grondement sourd remonte en ce moment des entrailles du pays. Des chrétiens bravent les interdits et les menaces en se réunissant malgré l’interdiction devant les églises. Les associations culturelles et sportives manifestent leur désarroi. Les commerçants, les artisans, les restaurateurs ruinés se mobilisent face au mépris d’une France dite « d’en haut » qui les taxe de « poujadisme » et ferme les yeux sur leur détresse, celle de femmes et d’hommes de tous les âges, de toutes les opinions et de toutes les origines, ayant consacré des années à bâtir leur gagne-pain. Un vaste élan national de solidarité (par-delà quelques récupérations infamantes), est en train de naître dans le pays autour de cette détresse comme en témoigne le succès de plusieurs pétitions réclamant la réouverture des magasins.

La crise sanitaire exacerbe la fracture démocratique entre la sphère dirigeante qui offre une image de déconnexion ou d’intransigeance obtuse et l’immense majorité silencieuse, des sans-dents aux Gaulois réfractaires, blessée dans sa dignité. Quand l’exaspération commence à prendre le pas sur la peur du covid-19, dans un contexte économique et social désastreux, condamnant une génération à l’enfer du chômage et 10 millions de personnes à la pauvreté, l’heure de tous les dangers approche.

[1] Le médecin malgré lui, scène IV

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Touche pas à nos livres!, par Maxime Tandonnet

De tous les choix idéologiques accomplis par l’équipe au pouvoir depuis 2017, l’un des plus révélateurs est le classement du livre parmi les « produits non essentiels » qui justifie la fermeture des librairies, à l’inverse des commerces alimentaires, ou électroniques, décidée dans le cadre du confinement.

Longtemps, une toute autre vision a dominé l’attitude des dirigeants français face au livre. La mesure la plus cruciale à cet égard fut la décision d’instaurer un prix unique en 1982. Pour protéger le réseau des librairies, indispensable à la diffusion du livre en luttant contre le dumping des grandes surfaces, l’Etat interdisait toute modification du prix fixé par l’éditeur, de plus de 5% à la hausse comme à la baisse. Le livre était ainsi sanctuarisé comme un objet au-dessus de tous les autres, au nom du respect dû à cet outil de l’intelligence, de la culture et de la transmission du savoir, ainsi placé au-dessus des lois du marché et de la concurrence.

Aujourd’hui prévaut un principe inverse : le livre, considéré comme un produit non essentiel, vaut moins qu’un téléphone portable ou une tablette électronique. En quarante ans, sous l’effet de l’idéologie dominante, le statut du livre a basculé de celui de bien sacralisé à celui de produit inférieur, non essentiel à la vie quotidienne des Français. Que s’est-il passé ?

Tout d’abord, l’idéologie du « nouveau monde » ou de la « transformation de la France » est à l’œuvre. Elle repose sur le dogme de la table rase, voue aux gémonies l’histoire, les racines, la tradition qui ancre la personne dans une culture. Or le livre est le symbole même de la transmission du savoir : « la lecture de tous bons livres est comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés qui en ont été les auteurs, et même une conversation étudiée, en laquelle ils ne nous découvrent que les meilleures de leurs pensées » (Descartes).

Le livre fait ainsi obstacle au rêve d’engendrer un homme neuf, apuré de ses racines et de sa culture, privé de tout esprit critique, donc interchangeable et manipulable à merci, au cœur de l’idéologie dominante dans le monde occidental. Il retarde la mutation de la France en « start up nation », débarrassée du boulet de son histoire et de sa culture.

Le livre est un outil de résistance et un contre-pouvoir redoutable. Qui peut prendre possession de la conscience d’un homme ou d’une femme capable de s’émerveiller en lisant les Rêveries du promeneur solitaire, les Mémoires d’Outre-Tombe, Notre-Dame de Paris, les Misérables, ou de s’évader du château d’If avec Edmond Dantès ? Qui pourra jamais guider la pensée et la conduite d’un passionné de Montaigne, de Molière ou de Péguy ? Qui saura soumettre le lecteur ébloui de Pantagruel, du Tartuffe ou du Misanthrope ; asservir l’amateur passionné d’une biographie de Charles de Gaulle ou de Winston Churchill ? Pour engendrer un troupeau servile, bêlant de conformisme et prêt à s’agenouiller devant n’importe quel roitelet, mieux vaut vendre des smartphones et des jeux vidéos que des livres.

Le mépris des livres, à travers la fermeture administrative des librairies quand d’autres commerces sont autorisés est un signe patent de l’abêtissement des élites dirigeantes françaises. De Gaulle, Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand incarnaient des générations pour laquelle le livre était un objet de vénération, la matérialisation de l’intelligence, de la culture générale, de la liberté de pensée, une arme absolue de résistance à tous les fanatismes. Jamais l’idée saugrenue de fermer les librairies, sous aucun prétexte, même dans la pire des apocalypses, ne serait venue à l’esprit des personnalités de cette époque.

« Quand j’ai un peu d’argent, je m’achète des livres, et s’il m’en reste, j’achète de la nourriture et des vêtements » (Erasme). La dégradation de l’image du livre dans notre société, qui s’exprime à la perfection dans le choix politique de ne pas le considérer comme un bien essentiel, au point d’en interdire la vente, est sans doute le signe le plus patent du déclin intellectuel des élites dirigeantes françaises. Se rendent-elles compte qu’en empêchant les libraires de promouvoir le rire de Rabelais, la raison de Voltaire et de Montesquieu, elles favorisent les idéologies de l’intolérance telles que la barbarie islamiste ? Il faut craindre que non…

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Professeur décapité: l’effondrement de la France, par Maxime Tandonnet

Un professeur d’histoire géographie a été décapité à Conflans-Sainte-Honorine, à quelques kilomètres de la capitale, pour avoir parlé de la liberté à ses élèves et leur avoir enseigné la liberté d’expression. Nous atteignons le paroxysme de la barbarie islamiste, une terreur sanguinaire à laquelle le nazisme n’a rien à envier. A travers ce crime d’une sauvagerie inouïe, c’est toute la civilisation qui est décapitée, la culture gréco-latine, chrétienne, et les principes de la liberté et de la démocratie française.

Nous payons le prix de la bêtise, de la lâcheté, de l’ignominie d’une France dite « d’en haut », politique, médiatique, faussement intellectuelle qui ferme les yeux depuis trop longtemps avec complaisance sur la barbarie islamiste. Ils ont laissé le mal absolu prendre racine sur le territoire français.

Les complices de cette tragédie sont tous ceux qui, depuis 2012 et le massacre d’enfants juifs dans une école de Toulouse, puis celui de Charlie hebdo et du magasin casher, puis le Bataclan, Nice, le vieux prêtre de Normandie, les deux adolescentes de la gare de Marseille, aujourd’hui ce courageux professeur d’histoire-géographie, s’emploient à excuser les tortionnaires ou relativiser l’horreur de leurs crimes. Coupables aussi les propos irresponsables sur les « mâles blancs », ou les crimes contre l’humanité » de la France coloniale, des propos qui ont tant fait pour attiser la haine de la France et de ceux qui l’incarnent et perpétuent sa culture, à l’image du professeur d’histoire-géographie.

Coupables ceux qui se trompent de guerre, foulent au pied les droits de l’homme au prétexte d’une épidémie, comme don Quichotte et les moulins à vent, mais courbent l’échine face à à la terreur islamiste, en vertu des mêmes droits de l’homme, jusqu’à prôner le rapatriement des tortionnaires de daesh. Coupables enfin les brutes démagogues en tout genre ne songeant qu’à récupérer le fleuve de sang qui emporte la France comme un bouchon de liège, à des fins électoralistes. Derrière ce crime abominable, le vertigineux effondrement d’une Nation.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Covid émissaires, par Maxime Tandonnet

En matière de statistiques de la reprise du covid-19, la France est le pays d’Europe le plus touché: sur deux semaines de septembre, 143 000, pour 100 000 en Espagne, 54 000 au RU, 22 452 en Allemagne, 21 000 en Italie. Ces chiffres sont déshonorants. Pourtant, l’immense majorité des Français s’est pliée à toutes les contraintes, tous les asservissements exigés d’elle, un mois et demi d’assignation à résidence, l’humiliation des petits laissez-passer et des contrôles tatillons. Elle a passivement accepté les ordres et les contre-ordres comme un bon troupeau docile et obéissant: sortez de chez vous, n’ayez pas peur! Non, ne sortez plus, c’est la guerre! Aujourd’hui, le troupeau docile se soumet largement au port obligatoire du masque. Pendant un trimestre, de janvier à avril, le discours officiel a martelé que le masque ne servait à rien, qu’il était inutile sinon nuisible. Aujourd’hui il est au contraire vital, salutaire, donc obligatoire. L’immense masse des Français, à 98%, suit, se soumet en bon troupeau docile. Aujourd’hui, face à l’aggravation de la situation, il faut des boucs émissaires.

Quels éléments, quelles preuves a-t-on que les bars et les restaurants sont responsables de la reprise de l’épidémie? Quels indicateurs permettent de penser que les bars et les restaurants de Marseille en particulier sont source de la contagion? Mais il faut cogner, montrer que l’on tient les coupables. Et de quel droit se permet-on, depuis Paris, d’interdire à toute une catégorie de professionnels d’exercer leur métier et de vivre de leur travail à 800 km de là? Les « petits » indépendants sont mal aimés de la classe dirigeante.

Bars, restaurateurs, ils incarnent la France emblématique, la France profonde, la France des ronds-points, la France périphérique, la province « moisie », à l’inverse des « élites sans frontières éclairées », bref, la France vile, la France coupable. Le mépris, toujours, au coeur même de l’idéologie dominante. Un million d’emplois en dépendent. Qu’importe: emplois de gueux, de sans dents et de Gaulois réfractaires.

Tout cet été caniculaire, la fête a battu son plein dans mon quartier parisien ou des groupes marginaux se retrouvaient sans masque (évidemment) autour de la sono pour boire, danser et fumer. Normal, eux étaient dans le droit chemin: ils faisaient le fête, ils emmerdaient les bourgeois du quartier. Le chaos légitime, la délinquance correcte, voilà ce qu’on ne voit pas en Allemagne ou en Angleterre, voire même en Italie, expliquant la différence.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet