Retour des djihadistes en France – Mortelle faiblesse, par Maxime Tandonnet

Le retour en France des djihadistes, ou membres de l’Etat islamique Daesh semble être à l’ordre du jour, à tout le moins envisagé. Ils sont au nombre de 200, détenus en Irak. Ce sont des individus qui ont participé à la commission de crimes abominables, ou les ont cautionnés par leur ralliement : extermination de populations civiles, enlèvements de jeunes filles à des fins d’esclavage sexuel, destruction de Palmyre, anéantissement de populations chrétiennes et Yazidies, tortures, crucifixions, spectacle médiatisé de prisonniers égorgés par des enfants, captifs brûlés vifs dans des cages, etc.

Les mêmes ont commandité les attentats commis en France depuis 2015 et 2016 et le massacre de 260 personnes. Ils ont commis des crimes contre l’humanité, ils ont trahi le pays dont ils avaient la nationalité en portant le fer et le feu contre lui.

S’ils reviennent en France, ils retrouveront tôt ou tard la liberté.

Ils provoqueront de nouveaux massacres. Par leurs crimes abominables, ils se sont, de fait, exclus de la communauté nationale.

Les recevoir sur le territoire français serait une lâcheté innommable.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Réforme des retraites – Le pourrissement de la honte, par Maxime Tandonnet

En ce 9 janvier de mobilisation, le conflit social atteint son 36ème jour, tous les records historiques sont pulvérisés. Mais derrière les jours qui passent, il y a la galère depuis plus d’un mois: des commerçants ruinés, des jeunes qui ne peuvent pas se rendre au cours ou aux examens, des salariés privés de leur gagne-pain, et des centaines de milliers de gens qui s’entassent sur les quais des transports en commun se battent pour monter dans un train ou un bus, et suffoquent littéralement, à pleurer, pendant un transport interminable.

Les victimes sont de la France d’en bas, celle qui n’a pas les moyens de rouler en taxi ou avec une voiture de fonction. Les victimes sont de la France qui se lève tôt pour aller au travail. Un pouvoir politique, déconnecté du monde, enfermé dans sa bulle qui laisse délibérément et indéfiniment perdurer cette situation, jouant le pourrissement au prix de la souffrance d’une partie de ses compatriotes est profondément indigne. Les syndicats sont ce qu’ils sont. Mais ils sont élus pour la défense d’intérêts catégoriels, et non pour le bien commun de leurs compatriotes. Tandis qu’un pouvoir politique, lui, a pour première mission d’assurer la sécurité et le bien-être de la population. Nous atteignons les sommets du nihilisme narcissique: cette réforme des retraites est purement idéologique et électoraliste. Pour faire croire au « nouveau monde » et à la « transformation de la France », à « l’universalité », et au nivellement égalitaire, ils ont joué sur le mythe de la « table rase », l’idée invraisemblable de fondre 42 statuts spéciaux en un seul « régime à points ».

Mais d’ores et déjà, comme ils cèdent au fur et à mesure des menaces, il est acquis que les policiers, les gendarmes, les juges, les pilotes, les enseignants, les acteurs, les cheminots, etc. garderont un régime particulier. Le but désormais n’est pas de sauver la réforme pour le bien commun, une réforme déjà morte, mais de sauver la propagande, l’illusion de la « transformation de la France ». Nombre d’instituts de sondage et de médias radio-télé collaborent lâchement à cette manipulation en faisant semblant de ne pas la voir.

Et beaucoup d’imbéciles plus ou moins venus « de droite », environ la moitié de son électorat, suivent comme le troupeau bêlant et béat devant cette supposée manifestation de fermeté qui ne manifeste rien d’autre que la déconnexion, l’indifférence et le nihilisme narcissique, sans autre horizon que les prochaines échéances électorales. Bref, le syndrome du bunker. Nausée, écœurement et dégoût infini. De tout cœur, en pensant aux jeunes, aux femmes et aux hommes naufragés de la galère, à tous ces pauvres gens, les miens, qui galèrent depuis 36 jours, en pensant aussi aux salauds et aux crétins qui s’en foutent, je souhaite que cela se paye d’une manière ou d’une autre. Et chèrement.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Les errements de la repentance

« Le colonialisme a été une erreur profonde, une faute de la République ». Cette affirmation du chef de l’Etat est discutable à plus d’un titre. La République n’est pas la première ni la principale responsable du colonialisme français. Celui-ci a commencé sous la monarchie, au XVIe et au XVIIe siècle (Canada, Indes, Antilles, Floride, la Réunion). La conquête de l’Algérie a débuté sous Charles X et le Second Empire de Napoléon III lui a donné une forte impulsion. De même c’est le Second Empire, et non la République, qui a amorcé les grands courants de colonisation française de l’Afrique subsaharienne (Sénégal) et de l’Asie (Cambodge). La colonisation ne peut évidemment pas se limiter à la France: l’Espagne et le Portugal, en Amérique du Sud, le Portugal en Asie et en Afrique, le Royaume-Uni dans le monde entier, furent d’autres grandes puissances colonisatrices, pour ne parler que de l’Europe.

En outre, la République est un mode d’organisation du gouvernement pas une politique. La colonisation a pris un nouvel essor considérable sous la IIIe République (Indochine, Afrique subsaharienne) du fait de choix idéologiques des « Opportunistes » dont Jules Ferry qui déclarait à la Chambre des députés, le 28 juillet 1885: « Je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, avec grandeur et honnêteté, de leur devoir supérieur de civilisation! » Le colonialisme avait aussi ses opposants. « L’extrême gauche » le fustigeait à travers Clemenceau. La droite dite « réactionnaire » lui était parfois hostile à l’image de la prophétie d’Albert de Broglie, dénonçant, dans la politique coloniale: « une charge qui grève la nation, qu’elle ne peut porter longtemps, et qui, avant de lui échapper, peut avoir amené la ruine à la fois de la colonie et de la métropole » (Sénat 11 décembre 1884). Ce n’est donc pas la République qui a fait le colonialisme des années 1880-1014, mais un courant idéologique bien spécifique alors majoritaire: la gauche républicaine.

La repentance française, au cœur de l’idéologie macroniste, repose largement sur un anachronisme. La colonisation s’est effectuée dans le contexte d’une Europe globalement dominatrice du XVIe au début du XXe siècle, qui se reconnaissait une mission civilisatrice, dans un large climat de consensus. Les Français comme les Britanniques, dans leur immense majorité, vouaient jusqu’aux années 1950 une admiration sans bornes à leur Empire, sur lequel « le soleil ne se couche jamais ». Les guerres coloniales et de décolonisation ont fait couler le sang. Mais les colons ont aussi construit des routes, des villes, des hôpitaux, des écoles – d’où la place de la francophonie ou de l’anglais et de l’espagnol dans le monde. Quelle signification il y a-t-il à porter un jugement, positif ou négatif, sur un épisode clé de l’histoire de l’humanité? Faire le bilan coûts/avantages d’un demi-millénaire de colonialisme, expression d’une domination européenne et pas seulement française, au regard des valeurs contemporaines et après la grande vague de la décolonisation qui a bouleversé les équilibres planétaires depuis les années 1950, n’a évidemment aucun sens.

Lancer des polémiques tonitruantes et stériles fait partie d’un mode de gouvernement consistant à déclencher des tollés, à attiser les passions, pour faire oublier les déceptions et les malheurs du temps et aussi faire parler de soi tout en réactivant les divisions idéologiques du pays (gauche/droite). L’histoire est généralement l’otage toute trouvée de cette pratique. Parmi les responsabilités fondamentales du chef de l’Etat figurent traditionnellement celle de garant de l’unité et de la concorde nationale et celle de la défense du prestige de la nation qu’il préside. Il faudrait en ajouter une nouvelle, la plus essentielle de nos jours: celle de garant d’un patrimoine intellectuel, d’une intelligence collective.

Maxime Tandonnet

Texte repris du site de : Maximetandonnet.wordpress.com

Christiane Taubira pense que la droite a gagné la guerre idéologique

16/01/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire “Le 1”, Christiane Taubira déclare ceci : “Elle (la gauche) s’est soumise à l’hégémonie culturelle de la droite, au sens où l’a analysée Gramsci, en adoptant ses codes et son langage“.

Pour Maxime Tandonnet, si l’on ne peut nier que les idées de droite ont conquis la majorité de l’opinion publique, les “élites” actuelles ont encore du mal à tourner la page.

Il existe une pensée dominante dans le monde médiatique, en particulier le service public radio-télévision qui semble héritée de la révolte de mai 1968 et de son mot d’ordre: “il est interdit d’interdire”. Elle correspond aussi au monde issu de la fin du communisme, en 1990, qui fait de l’individualisme, de l’argent roi, et du libre arbitre, les valeurs suprêmes du monde occidental. L’autorité, l’Etat, la nation, les frontières sont considérées comme les péchés suprêmes. On prône une société de l’individu roi, du consommateur, le rejet des contraintes, les minorités contre l’unité nationale. Toute vision qui ne correspond pas à cette approche, est qualifiée de réactionnaire ou populiste, vouée aux gémonies, diabolisée. Il est difficile de dire si cette idéologie dominante est vraiment de droite ou de gauche. Elle se dit de gauche, mais de fait, elle est à l’opposée des valeurs traditionnelles de gauche, axées sur le collectif, la nation et l’étatisme. Cette vision prédomine aujourd’hui dans les médias.


Les idoles et les héros, par Maxime Tandonnet

Macron En Marche

Je n’ai absolument rien contre Monsieur M. et d’ailleurs, lors de sa nomination comme ministre de l’Economie, contre l’ironie générale, j’avais écrit une tribune suggérant qu’on lui laisse sa chance avant de le démolir. Mais voilà, aujourd’hui, Monsieur M.  est soudain passé au cœur de l’actualité, de la conscience politique française.

Chacun de ses faits et gestes fait l’objet d’une multitude de commentaires. Ses paroles sont attendues, disséquées, sublimées, dans un climat d’éblouissement général, ses positions analysées, étudiées magnifiées.  Il fait la « une » de Paris-Match, accapare l’attention des radios et des télévisions qui lui vouent une sorte de culte d’un genre nouveau. Il est, paraît-il, à la fois le « candidat » favori de gauche et le premier ministre potentiel d’un gouvernement de droite…

Pourtant,  Monsieur M. n’a pas sauvé le pays, accompli de geste historique, rendu un service signalé à la France. Rien de tout cela. Son seul mérite est d’avoir prononcé deux ou trois phrases légèrement transgressives au regard des tabous de son camp politique (avant de s’excuser) et d’avoir défié un chef de l’Etat en difficulté dont il est la plus authentique créature.

Nous sommes ici dans une logique d’idolâtrie, c’est-à-dire, de sublimation artificielle, par une sur-médiatisation, d’un personnage présenté, sans aucune raison objective, factuelle, inscrite dans la réalité, comme sauveur, homme ou femme providentiel. L’idolâtrie, banalisée sur le scène politique française, est le signe d’un pays malade, privé de repères, de sens critique,  à l’agonie, soumis à toutes les manipulations et toutes les propagandes.

L’héroïsme est tout autre chose. Une nation a besoin de héros auxquels elle peut s’identifier. Mais le héros est tout le contraire de l’idole.  Il est l’homme qui a accompli un exploit, un acte d’une audace, d’un courage, d’une intelligence visionnaire d’exception auquel la nation est éternellement reconnaissante. Dans l’histoire contemporaine, les héros français ne courent pas les rues: Bonaparte le 18 Brumaire, Clemenceau en 1917-1918, Poincaré en 1926, de Gaulle le 18 juin 1940 et en 1958-1962, Mendès-France en 1954… En réalité, plus les idoles prolifèrent comme une mauvaise herbe au goût totalitaire, et plus l’héroïsme se meurt…

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Le cri d’alarme de Maxime Tandonnet : « La République est en cours d’abolition »

Maxime Tandonnet

05/04/2016 – PARIS (NOVOpress) : « La République est, de facto, en cours d’abolition », s’inquiète Maxime Tandonnet sur son blog, estimant que « nous entrons dans un monde de chaos politique » qui sera aussi – ou est déjà – « une sorte de tyrannie douce ». Nous publions ci-dessous l’intégralité de ce billet publié le 31 mars sous le titre « La République saccagée ».

Haut fonctionnaire devenu spécialiste du droit des étrangers, ancien membre du cabinet de Nicolas Sarkozy, au ministère de l’Intérieur puis à l’Elysée, Maxime Tandonnet donne désormais des cours à Paris XII et à l’université de Nice.


 La République saccagée

La Constitution du 4 octobre 1958 s’achève par la phrase suivante, à la fin de l’article 89 : « La forme républicaine du gouvernement ne peut faire l’objet d’une révision. » Cela signifie que tout peut être modifié par une révision constitutionnelle, mais qu’il est interdit d’abolir la République.

Je prétends, je crois, j’affirme que la République française est pourtant, de facto, en cours d’abolition. Nous changeons subrepticement de régime. La République se rattache fondamentalement à la notion de res publica, la chose publique. L’essentiel n’est pas dans les personnes qui occupent le pouvoir, leur intérêt, mais dans la chose publique, l’intérêt général, le bien commun, le destin collectif. Or, à quel spectacle assistons nous en ce moment ? A la confiscation de la vie publique par une sorte d’exubérance narcissique de quelques personnages sans vision, sans envergure, ivres d’eux-mêmes, motivés par une sorte de vanité puérile, pour conserver ou s’emparer des attributs du pouvoir politique, c’est-à-dire, pour l’essentiel l’Elysée, sous les applaudissements du monde médiatique qui se complaît dans ce spectacle dérisoire. Difficile d’exprimer à quel point le spectacle politicien français me révulse, la course aux primaires à droite, le vertige de l’incrustation à gauche, la misérable saga de la droite extrême.

La République est en train de mourir asphyxiée par la médiocrité vaniteuse d’une petite clique médiatisée. Mais elle ne laissera pas sa place à la monarchie, la souveraineté d’un personnage incarnant l’unité et la continuité du pays. Bien au contraire, nous allons au morcellement, l’émiettement, le triomphe de la prétention, de l’inefficacité, de l’impuissance, de la soumission, de la propagande et de la manipulation, du paraître. Nous entrons dans un monde de chaos politique, une sorte de tyrannie douce, régime d’opérette un peu grotesque, où tout est communication, un système qui n’est ni république ni monarchie, fondé sur un culte de la personnalité, une personnalisation artificielle sans fondement, sans mérite, sans héroïsme, des personnages bouffis d’orgueil, gonflés d’eux-mêmes, et indifférents à tout le reste, malades d’aveuglement et de prétention, manipulateurs…

Comment en sortir ? Je n’en sais rien…

Maxime Tandonnet