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Matraquage fiscal : et maintenant le diesel, par Francis Bergeron

Macron vieillit très vite et très mal. Il se met à ressembler de plus en plus à son, ancien mentor, le peu regretté Hollande. Comme chez ce dernier, un délire fiscalisateur semble l’avoir saisi. Les automobilistes en sont les principales victimes. Mais une réaction du type « bonnet rouge » est en train de voir le jour du côté des victimes de ce racket d’Etat, qui se double en l’occurrence de dispositifs punitifs de plus en plus perfectionnés : radars, caméras verbalisatrices, vignettes antipollution, parcmètres inflationnistes etc.

Actuellement le prix du carburant atteint un pic. Ce pic provient pour partie du prix du baril, mais pour l’essentiel des taxes gouvernementales, la fameuse TIPP, qui a changé de nom et s’appelle aujourd’hui TICPE ou Taxe Intérieure sur la Consommation des Produits Energétiques, de façon à pouvoir aussi taxer les KW et autres énergies, car rien ne doit échapper au fisc.

C’est l’association « 40 millions d’automobilistes » qui est montée au créneau ce mardi, par la voix de son délégué général, Pierre Chasseray. « Aujourd’hui on est dans le hold-up », a-t-il affirmé. L’association, qui est une filiale du vénérable Automobile Club de l’Ouest, fonctionne, comme les chasseurs, en véritable lobby, un lobby très agissant, très influent. Car les automobilistes ont pris conscience que ce qu’ils payent est sans rapport avec ce qu’ils coûtent, que les pouvoirs publics veulent toujours moins de voitures, mais aussi toujours plus e taxes liées à la voiture, dans un contexte de surveillance toujours plus punitive.

« 40 millions d’automobilistes » a décidé de lancer l’opération « coût de pompe », qui consiste à envoyer à Emmanuel Macron son ticket de caisse à chaque passage à la pompe. « Sur notre site (…) on peut télécharger le courrier au Président, on peut aussi mettre ou pas un ticket de carburant et on l’envoie gratuitement à l’Elysée ». Les courriers adressés au président de la République sont en effet exempts d’affranchissement.

« Impôt sur le droit de bosser »

Les voitures sont chassées des villes, mais, de fait, les limitations de vitesse à 80 kms/h et la croissance exponentielle du prix des carburants, c’est la province, les milieux ruraux, spécialement utilisateurs de leur voiture, dans un contexte de fermeture des petites lignes de chemin de fer, qui sont les plus pénalisés.. Chasseray évalue jusqu’à 250 euros par mois la facture de carburant en zones rurales, un véritable « impôt sur le droit de bosser et d’emmener ses enfants à l’école ».

La colère des automobilistes peut-elle influer sur les décisions gouvernementales ? Lors de l’affaire Hulot, on a pu voir que l’arbitrage ultime du chef de l’Etat avait été rendu, de façon inattendue, en faveur des chasseurs contre les ayatollahs de l’écologie. A l’occasion de la nouvelle vague d’impôts annoncée (aggravation de l’impôt sur les successions, TVA augmentée sur les retraites, redevance télévision payée même par ceux qui n’ont pas de télévision, qui n’en veulent pas, qui la détestent, « exit taxe » pour ceux qui fuient notre enfer fiscal, éventuelle vignette pour bicyclette etc.), on voit bien que Macron a tenté d’éteindre les incendies successifs. L’Elysée n’a pas hésité à désavouer publiquement l’ancien porte-parole de Macron, Christophe Castaner, et son projet d’aggravation de la fiscalité sur les successions.

Mais ces annonces, suivies de désaveux plus ou moins clairs, créent le sentiment que notre capacité de consentement à l’impôt est constamment testée. En tout cas, pour les automobilistes, le test est spécialement négatif.

Francis Bergeron

Article repris du quotidien Présent

L’impôt et la source

18/03/2016 – POLITIQUE (Présent 8570)

À partir de 2018, l’impôt à la source sera instauré. Qui est la source ? C’est vous, c’est moi, c’est le contribuable. Le mot « source » fait entendre le doux murmure d’un ruisseau plutôt que le sifflement du couperet qui ampute votre salaire, surtout quand l’annonce en est faite par Michel Sapin. « Sapin », « source », l’impôt devient bucolique, si ce n’est poétique. Évidemment, si on parlait d’une AFMDS, Amputation fiscale mensuelle du salaire, cela rendrait un son moins champêtre.
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Pourquoi cette réforme ? Par souci de simplification et de modernisation, nous assure-t-on. On ne voit pas en quoi le système sera plus simple, au contraire ! Le seul avantage pour le contribuable eut été qu’il fût dispensé du pensum de sa déclaration annuelle, or, elle sera maintenue pour actualiser ses données.
Le fisc transmettra à l’entreprise le taux de prélèvement, laquelle l’appliquera puis reversera à l’administration la somme ponctionnée sur le salaire. Au circuit court actuel on en substituera un plus long. Avec une étape de plus, aux risques d’erreurs du fisc, s’ajouteront celles de l’entreprise.
L’intérêt est surtout pour le trésor public qui n’aura plus à faire la chasse aux mauvais payeurs puisque c’est l’employeur, devenu collecteur d’impôts, qui confisquera sur le salaire de son employé la part revenant au percepteur.

Notons au passage que, dans son timide « choc de simplification » le gouvernement entend supprimer quelques-unes des innombrables lignes de la fiche de paie et là, il en ajoute une. Ce n’est pas seulement parce que le nouveau système représentera une charge supplémentaire que les chefs d’entreprise sont réticents.
C’est aussi parce qu’ils redoutent que leurs salariés fassent leur siège pour obtenir une augmentation. Ce qu’ils regardent, c’est la dernière ligne de leur bulletin de salaire, ce qui leur restera sera évidemment moindre qu’avant et pour compenser, ils seront tentés de demander une « rallonge ». 66 % des foyers sont déjà mensualisés, il eut été plus simple d’essayer d’en accroître le nombre plutôt que d’opter pour cette usine à gaz.

Quant à la modernisation, il s’agit simplement de s’aligner sur ce que font la plupart des pays européens. On remarquera que lorsqu’on donne l’exemple de l’action réformatrice de nos voisins dans le domaine social par exemple, on invoque « l’exception française » pour ne pas les imiter, là, en revanche, nous devons faire comme eux !

Le prélèvement à la source est le serpent de mer de notre fiscalité. L’ancien ministre des Finances, Thierry Breton, avait promis son instauration pour le 1er janvier 2009 ! On ne se demande pas pourquoi les gouvernements successifs finissent par y renoncer. C’est à cause de la complexité de notre système fiscal. En Grande-Bretagne, que l’on nous donne en exemple, l’imposition est individuelle, la notion de foyer fiscal, donc de quotient familial, n’existe pas. En outre, la France a une kyrielle de « niches » fiscales, c’est le plus grand chenil d’Europe, entraînant moult déductions.

Cette fois non plus, ce n’est pas gagné ! En 2018, la droite sera probablement de retour aux affaires, on peut penser que dans le domaine fiscal elle aura d’autres urgences que de puiser notre impôt à sa source.

Guy Rouvrais

Hollande a réussi à inverser la courbe… de l’emploi

23/01/2016 – FRANCE (NOVOpress)
Les chiffres sont terribles: de juillet 2013 à septembre 2015, la France a créé 57.000 emplois privés… l’Allemagne 482.000, l’Espagne 651.000, l’Italie 288.000. L’erreur? Ne pas avoir senti que le pays était à bout de taxes.

Le constat d’Eric Le Boucher est cinglant :

L’échec véritable de François Hollande est là: non pas de n’avoir pas pu inverser la courbe du chômage, d’autres ont échoué avant lui sur cette question, mais d’avoir mis un stop à la création d’emplois privés, les vrais emplois.

Il plaidera que la faible croissance l’excuse: 0,3% en 2013, 0,4% en 2014, 1,1% l’an dernier. Ce sont là des chiffres trop faibles pour abaisser le chômage. Mais pas pour créer des emplois! Contrairement à la croyance répandue dans ce pays, ce n’est pas la croissance qui fait l’emploi, c’est l’inverse: la faible croissance vient précisément de la non-création d’emplois. C’est l’emploi qui fait la croissance, c’est l’artisan qui, refusant une embauche, bloque son chiffre d’affaires et une hausse du PIB pour le pays.


Zemmour : Hollande parfait dans le rôle de la dame épouvantée par une souris… ridicule

06/11/2015 – POLITIQUE (NOVOpress)
Devant la multiplication des couacs fiscaux du gouvernement, François Hollande adopte l’attitude « de la dame épouvantée par une souris », selon Éric Zemmour. « Elle hurle, court, monte sur une chaise, sans se rendre compte du ridicule de son attitude disproportionnée ». Hollande c’est « un président exaspéré, voire affolé, qui ordonne de tout arrêter, comme si le sort de son quinquennat en dépendait ».

Le polémiste croque ce matin l’attitude ridicule du « président », quoi prend en main des dossiers fiscaux relevant plus d’un sous-directeur d’administration centrale à Bercy, comme si son sort en dépendait.
C’est que Hollande a bien du mal a faire oublier le matraquage fiscal, multiplier les gestes clientélistes, personne ne le croit. « Personne n’a oublié l’avalanche fiscale de 2012 », martèle journaliste. « Hollande voulait alors apparaître homme de gauche en imposant les riches »
Une fois encore les mandats de Hollande et Sarkozy font miroir, c’est aussi une décision fiscale prise dès son arrivée qui avait plombé le mandat de Sarkozy.
Hollande, c’est Sarko en pire. Le président autoproclamé des pauvres… qui devient l’ami des patrons en leur rendant ce qu’il leur a pris.



Couacs fiscaux du gouvernement : "François… par rtl-fr

L’agriculture meurt de l’Europe (Présent 8399)

20/07/2015 – FRANCE (NOVOpress)

Selon le ministre de l’Agriculture, 22 000 éleveurs pourraient disparaître bientôt. Toutes les filières sont au bord de la ruine et les fermiers entre colère et désespoir. Le chef de l’État a donc lancé un double appel en leur faveur.

Aux distributeurs afin qu’ils réduisent leurs marges et aux consommateurs pour qu’ils achètent « des produits français » même s’ils sont plus chers, car, a-t-il ajouté, « nos emplois sont les emplois des Français et ces derniers sont capables de démontrer qu’ils peuvent faire un certain nombre d’efforts » par patriotisme économique. Mais il ne va pas jusqu’au bout de ce raisonnement ! La logique voudrait qu’il dise : achetez des productions françaises réalisées par des travailleurs français dans toute la filière : les entreprises agricoles, les abattoirs, le transport. Mais pour lui, la préférence nationale doit s’arrêter aux produits du terroir.
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Après avoir durement allégé le portefeuille des consommateurs par son matraquage fiscal, Hollande voudrait maintenant qu’ils se serrent encore la ceinture et fassent « des efforts » pour secourir les éleveurs ! Le hollandisme, c’est cela : les pauvres doivent aider les pauvres. Si les grandes surfaces font la course aux prix bas, c’est pour s’adapter au pouvoir d’achat de leurs clients. À cette fin, les distributeurs s’approvisionnent où c’est le moins cher, et ce n’est pas chez nous, mais ailleurs en Europe et dans le monde.

Le remède au drame des agriculteurs français, ce n’est pas de faire la manche en leur faveur, c’est de remettre en cause ce qui est à la racine du mal : l’Europe, celle que François Hollande a voulu et qu’il défend. L’Union européenne, c’est la libre circulation des personnes et des biens, mais sans harmonisation fiscale et sociale.

Dans le secteur agricole, en Espagne, les charges salariales sont trois fois moins importantes que chez nous ; en Pologne, le SMIC est à 409 euros et le triple en France. Il est bien évident que les coûts de production ne peuvent être les mêmes, c’est cela que Bruxelles appelle « une concurrence libre et non faussée » dont nos paysans sont en train de mourir.

En outre, le libéralisme bruxellois entend déclarer l’Europe ville ouverte, dans le cadre du traité transatlantique qui permet aux États-Unis et à l’Argentine, notamment, d’exporter en Europe de la viande meilleur marché, n’ayant pas à subir les coûteuses et multiples contraintes écologiques bruxelloises. Et sait-on que dans ce pays libéral que sont les USA, les importations sont proscrites quand l’agriculture américaine est en surproduction ?
Voilà que François Hollande pour remédier à ces maux qui prospèrent grâce à son Europe propose… plus d’Europe ! Non pas la nécessaire marche arrière, mais la fuite en avant ! Il veut une « avant-garde » de la zone euro, un Parlement dédié, un budget et un gouvernement communs. Depuis trente ans, nous avons toujours plus d’Europe et toujours moins de croissance, mais Hollande ne songe pourtant qu’à en ajouter une couche…

Guy Rouvrais