Bock-Côté : «Comme en URSS, la population décrypte les mensonges du gouvernement et des médias. Quand on dit « un jeune » ou « un quartier sensible », on comprend tous spontanément de quoi il est question»

Bock-Côté : « Après chaque attentat, le premier réflexe des humanistes est de crier « Pas d’amalgame ! ». Mais aujourd’hui les mêmes souhaitent censurer tous les artistes russes. Où est le « Pas d’amalgame » ? »

Mathieu Bock-Côté : « Les deux guerres mondiales ont dévitalisé la civilisation européenne qui doute désormais de sa légitimité »

Bock-Côté : « L’insécurité est désormais la norme. On accepte l’idée que cela va rester. Partout où les sociétés sont culturellement et ethniquement fragmentées, l’insécurité règne. Pensez à la Suède ! »

Mathieu Bock-Côté, un grognard face au néant

Les Français se méfient à raison des produits importés d’outre-Atlantique. L’américanisation n’a pas terminé ses ravages, qui après avoir inondé l’Europe de sa sous-culture, prétend maintenant imposer une sous-morale aussi pauvre qu’impitoyable. Le wokisme pensait pouvoir pénétrer en France avec facilité, il se heurte à une résistance surprenante. Un réveil du bon sens, de fierté nationale semble frémir. Ce qui aurait pu être une guerre-éclair, balayant toute opposition sur son passage, a muté en guerre de position. Le camp conservateur a repoussé les premières charges, il s’agit maintenant de reformer les troupes pour préparer la contre-offensive.

Dans ces mois décisifs, un solide gaillard de la Nouvelle France a pleinement tenu son poste. Son courage tranquille et son large sourire feraient presque oublier que Mathieu Bock-Côté est un lutteur expérimenté, un grognard qui a connu de nombreuses campagnes. Voilà un intellectuel vertébré, un débatteur qui a su en quelques années prouver qu’il avait le cuir particulièrement épais.

Se dressant contre les plus gros mensonges de l’époque, il sonne l’olifant – hier dans les colonnes du Figaro, aujourd’hui sur les plateaux de CNews ou d’Europe 1 – pour tirer le gros des troupes de sa torpeur et rappeler chacun à ses devoirs. C’est la voix tonitruante de Bernanos et la rigueur implacable d’un Raymond Aron. Un héritier fidèle d’Emmanuel Berl et de Pierre Boutang. Foin d’ingratitude ! Comment ne pas remercier le ciel de nous avoir donné, parmi dix ou vingt autres figures éminentes du réveil de la vraie droite, Charlotte d’Ornellas et Mathieu Bock-Côté ?

Mécanique du néo-progressisme

Qu’on nous comprenne bien, Bock-Côté n’est pas un Charles Martel venu punir à coups de masse d’armes les déviances insensées des cyber-gueux du wokistan international. Comme tout Québécois, il déploie des trésors de courtoisie, d’attention aux positions de l’autre, fût-il l’adversaire le plus furibard. Profondément conservateur sur le terrain culturel et politique, il est un libéral assumé pour ce qui touche à la liberté d’expression et la pluralité des opinions.

Surtout, Mathieu Bock-Côté a le mérite d’appuyer chacune de ses charges sur un immense travail de lecture et de documentation. Voilà ce qui le rend redoutable. Il lit l’adversaire in extenso, au prix d’héroïques descentes dans les enfers du néo-progressisme. Foucault, Derrida, Butler, DiAngelo n’ont plus aucun secret pour lui. Il a démonté et remonté minutieusement chaque pièce du wokisme, nuit après nuit, mois après mois. Un triptyque des plus solides en est né : Le Multiculturalisme comme religion politique (2016), L’Empire du politiquement correct : essai sur la respectabilité politico-médiatique (2019) et La Révolution racialiste : et autres virus idéologiques, qui vient de paraître. Vous recherchiez des munitions intellectuelles pour l’année nouvelle ? En voici de sérieuses.

Pierre Saint Servan

Article paru dans Présent daté du 22 décembre 2021

Mathieu Bock-Côté : l’homme qui défie les bien-pensants

Mathieu Bock-Côté

21/12/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Mathieu Bock-Côté était l’invité de Livre Noir. Le sociologue québécois, à l’accent fleuri, au débit de parole rapide et aux formules acérées parle de son combat contre la bien pensance.

D’abord considéré comme une doublure d’Eric Zemmour sur Cnews, il a réussi à imprimer sa marque à son émission, et son arrivée dans le paysage médiatique français est un succès. Il nous livre ici la clé de son armurerie pour gagner la guérilla culturelle.


Bock-Côté : « Admettons qu’il y ait un « privilège blanc » en Occident. Considère-t-on qu’il y ait un privilège noir en Afrique ou un privilège asiatique en Asie ? Il y a un ressentiment hargneux chez Rama Yade »

Mathieu Bock-Côté : « Les pays du Maghreb rient au nez de la France (…) On assiste à une algérianisation de la France. Cette immigration engendre des enclaves ethniques inassimilables »

Un changement? Non, une révolution – Réflexion sur la mutation démographique, par Mathieu Bock-Côté

Mathieu Bock-Côté

On peut désormais nommer sans détour une réalité que le politiquement correct interdisait jusqu’alors de voir. La nationalité française n’est plus qu’un « droit » sans rapport avec une identité historique, et les territoires perdus de la République se sont mués en enclaves étrangères.

L’étude de France Stratégie rendue publique par Causeur nous rappelle une chose simple : la France a connu au cours des dernières décennies une mutation démographique d’une telle ampleur qu’on peut l’assimiler sans hésiter à une révolution. Ce sont les fondements mêmes de la communauté politique qui se sont transformés. Plus encore, cette étude la documente, même si elle la sous-estime, en plus d’autoriser désormais ceux qui évoluent en politique et dans les médias à nommer publiquement ce qui ne pouvait jusqu’alors qu’être chuchoté ou évoqué avec moult euphémismes, tant le prix était cher à payer pour oser ce constat qui pouvait valoir la peine de mort sociale, le bannissement civique ou la déchéance symbolique de citoyenneté. On y verra une confirmation de la nature fondamentalement totalitaire du régime diversitaire, qui institutionnalise un mensonge et force chacun à le prendre pour l’expression de la plus stricte vérité. Un régime qui parvient à censurer la mention de la grande révolution de notre temps confirme ainsi son emprise sur les consciences et sa capacité à les inhiber, le temps de les rééduquer. Une mutation démographique ? Vraiment ? Non. Impossible. Même y penser, c’est péché. Orwell aurait pu parler de crime-en-pensée.

Mais le réel est têtu : un pays ne saurait être indifférent à la population qui le compose. Dire cela ne devrait pas faire scandale : mais de cette évidence, nous avons perdu la trace depuis une cinquantaine d’années. On pourrait y voir une manifestation parmi d’autres de ce qu’on appellera le fondamentalisme de la modernité, qui pousse l’homme à la désincarnation, à la déculturation, et qui entend abolir les différentes médiations par lesquelles l’humanité se constitue politiquement dans sa diversité véritable, qui est celle des peuples et des civilisations. Le fondamentalisme de la modernité remplace la diversité des peuples par l’interchangeabilité des populations, et traite la culture comme un stock de coutumes privées et privatisables n’ayant aucune dimension politiquement fondatrice. Disons-le autrement : la matrice contractualiste au cœur de la modernité s’est radicalisée dans toutes les sociétés occidentales, au point d’artificialiser radicalement la communauté politique, d’assécher la nationalité qui n’est plus enracinée, ni même liée, d’une manière ou d’une autre, à l’identité historique du pays dont elle est censée être la traduction politique et juridique. La philosophie du contrat social vire à l’absurde : on croit désormais possible de définir un pays exclusivement par le droit, sans référer au peuple historique qui incarne son destin. Autrement dit, le lien entre la citoyenneté et l’identité est sectionné. Il suffirait de relire Machiavel, Montesquieu ou Rousseau pour savoir que tout cela est une folie, mais on ne les lit plus.

Plus encore, le régime diversitaire, qui partout s’est installé en se présentant comme la nouvelle étape du déploiement de la logique démocratique, voit dans la culture historique de la nation un système discriminatoire résiduel à combattre, à défaire, à déconstruire : il assimile cette déconstruction à un travail de démantèlement de privilèges indus. Mais tout cela entraîne une déréalisation du monde, de la nation : on le voit lorsqu’on aborde la question du terrorisme islamiste. Certains médias n’hésitent pas ainsi à nous expliquer qu’il s’agit essentiellement de terrorisme intérieur, en affirmant, sans gêne, que les islamistes qui les commettent sont des Français comme les autres. On se demande s’il faut rire ou pleurer. Croient-ils leurs propres mensonges ? Sont-ils à ce point incapables de prendre conscience de l’échec de l’intégration qui s’étale au fil des décennies, et qui fait en sorte que sous l’abri d’une commune citoyenneté, deux peuples en viennent à vivre face à face dans une situation de partition objective, dont a déjà parlé François Hollande ? Dans les faits, les territoires perdus de la République sont devenus des zones étrangères à l’identité française. Ils sont de plus en plus nombreux, et les Français se sentent de plus en plus en exil dans leur propre pays et étrangers chez eux. La mouvance décoloniale entend politiser et idéologiser cette dynamique, et voit dans cette mutation démographique une grande revanche historique.

Un pays n’est pas un territoire administratif désincarné. Si la Suède se peuplait progressivement de Norvégiens, ne deviendrait-elle pas peu à peu norvégienne elle-même ? Si le Japon se peuplait de Chinois, s’agirait-il encore du même pays ou d’une annexe de la Chine ? Si le Québec se peuplait de Canadiens anglais, serait-il encore québécois ? Que dire alors de la situation de la France, et qu’en sera-t-il dans cinquante ans ?

Mathieu Bock-Côté

Tribune reprise de Causeur

Mathieu Bock-Côté : « Une guérilla quotidienne est menée contre les policiers. Dans les zones de non-France, ils sont considérés comme les représentants d’un pays étranger »

Comment peut-on être «Zemmouriste» ?

08/10/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Dans une tribune publiée sur FigaroVox et intitulée « Comment peut-on être «Zemmouriste» » ?, Mathieu Bock-Côté analyse le succès d’Éric Zemmour et ce qu’il révèle de la vie politique française.

Mathieu Bock-Côté estime notamment que l’essayiste incarne des valeurs de droite que celle-ci a désertées depuis longtemps.

À bien des égards, le phénomène Zemmour s’est constitué, au fil des ans, à partir de cette crise de la droite. Zemmour en est venu à incarner médiatiquement l’opposition qui faisait défaut dans la vie politique. Et contrairement aux intellectuels qui maudissent l’époque mais qui renoncent à la combattre, Zemmour s’est distingué en offrant le visage d’une droite offensive, sûre d’elle-même, et enfin délivrée de la quête incessante de la respectabilité à gauche, comme si la droite devait simplement être une gauche un peu plus modérée.