L’union des patriotes ? Avec Marion Maréchal, par Louis Marceau

Marion Maréchal-Le Pen

Marion Maréchal est de retour « pour de bon » dans le combat politique et est désormais pleinement impliquée au sein de Reconquête !, puisqu’elle a annoncé mardi avoir adhéré au parti fondé par Eric Zemmour et en avoir été nommé vice-présidente exécutive. Mais l’ancien député de Vaucluse voit plus loin et a cosigné mercredi avec ses collègues Guillaume Peltier et Nicolas Bay une tribune en vue des élections législatives, tribune dans laquelle tous trois demandent une « coalition des droites » pour cette échéance, ou plus exactement une « union des patriotes ».

Leur postulat est simple : quel que soit le résultat du second tour de l’élection présidentielle, l’heure sera aux alliances, soit pour assurer une majorité présidentielle autour de Marine Le Pen, soit pour imposer une cohabitation à Emmanuel Macron afin qu’il ne dispose pas des pleins pouvoirs législatifs pour les cinq années à venir.

Si le tout jeune mouvement d’Emmanuel Macron avait réussi cet « exploit » de construire seul une majorité en 2017, il se basait sur une ligne molle et bien-pensante et bénéficiait du soutien des médias et de certains cadres de partis historiques. En cas de victoire, Marine Le Pen sera inévitablement plus attaquée que jamais et devra s’appuyer sur l’ensemble des patriotes, quels que soient leurs désaccords.

Marion Maréchal, Guillaume Peltier et Nicolas Bay imaginent donc une grande alliance entre les membres de leur parti, ceux du Rassemblement national, de Debout la France mais aussi les derniers amoureux de la France subsistant – inexplicablement, disons-le – chez Les Républicains. Pour les trois dirigeants de Reconquête !, les choses sont claires : « Les élus et cadres LR patriotes doivent désormais choisir entre la fidélité à leurs convictions ou le reniement. »

La ligne de démarcation entre LR et LREM semble de plus en plus mince et les accords entre les deux partis devraient être nombreux d’ici aux élections législatives, notamment sous l’influence d’un certain Nicolas Sarkozy.

Nouvelle étape vers une alliance

La campagne du premier tour a parfois été violente entre Eric Zemmour, Marine Le Pen et leurs défenseurs respectifs. A l’annonce des résultats, l’ancien journaliste n’a pourtant pas hésité à appeler à voter pour la candidate du RN. S’il ne s’agissait pas de la concrétisation d’une alliance, que refuse Marine Le Pen jusqu’à présent, c’était incontestablement un premier pas. Cette tribune est une nouvelle étape et, comme l’écrivent ses cosignataires, le RN va maintenant devoir opérer une véritable révolution culturelle en acceptant les alliances. La victoire est à ce prix aux yeux de Marion Maréchal et de ses collègues qui souhaitent dorénavant discuter avec les représentants des partis concernés et parler notamment des « modalités et contours que cette plate-forme de coalition pourrait prendre ».

Concrètement, cette coalition aurait pour but de « mettre à l’agenda législatif une politique de fermeté migratoire, un durcissement de la politique pénale, un véritable patriotisme économique, le soutien aux familles et à la natalité ou encore le refus de tout nouvel abandon de souveraineté vers l’Union européenne ». Voilà qui pourrait mettre tout le monde d’accord !

Louis Marceau

Article paru dans Présent daté du 21 avril 2022

Marion Maréchal : « La réélection d’Emmanuel Macron serait un grand mal pour la France »

Marion Maréchal

13/04/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Au soir du premier tour de l’élection présidentielle, Marion Maréchal répondait aux questions de Boulevard Voltaire.

Son appel à voter pour Marine Le Pen est sans ambiguïté car, dit-elle, « la réélection d’Emmanuel Macron serait un grand mal pour la France sur tous les plans : sur le plan de la dette, sur le plan économique, sur le plan identitaire, migratoire… »


« C’est pas vous avec l’islamiste Mohammed Henniche ? C’est pas vous avec les fillettes voilées ? » : Marion Maréchal coince Valérie Pécresse sur ses compromissions avec l’islamisme, photos à l’appui

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PASS VACCINAL : jusqu’où iront-ils ? – Entretien avec Marion Maréchal

Marion Maréchal

24/12/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Le 17 décembre 2021, l’Exécutif a annoncé par la voix de Jean Castex préparer un projet de loi. Son objectif ? Transformer officiellement le pass sanitaire en pass vaccinal.

Ancienne députée du Vaucluse et directrice de l’ISSEP, Marion Maréchal livre dans cet entretien son avis sur la logique gouvernementale.


Valérie Pécresse, Marine Le Pen, Immigration : l’entretien en toute vérité de Marion Maréchal

Marion Maréchal

09/12/2021 – FRANCE (NOVOpress)
En cette année de présidentielle Alexandre Devecchio reçoit chaque semaine un invité pour débattre des enjeux de la France pour aujourd’hui et pour demain dans En Toute Vérité.

Dans cet entretien, Marion Maréchal évoque les questions essentielles qui vont rythmer l’élection présidentielle.


Entre le RN et Zemmour, une interrogation nommée Marion Maréchal

Marion Maréchal : « Nous assistons à un glissement vers une forme d’ “autoritarisme doux” exercé par un Etat qui voudrait faire notre bien malgré nous »

Marion Maréchal

Passe sanitaire, fracture de la société française, numérisation des données, complotisme, dictature, immigration, élection présidentielle… Marion Maréchal répond aux questions de Boulevard Voltaire en exclusivité !

La société française est plus fracturée que jamais. On fait beaucoup d’analogies entre les gilets jaunes et les opposants au passe sanitaire. Est-ce le cas et que révèle-t-elle ?

Tout ne se recoupe pas parfaitement sur le plan territorial ou sociologique, mais à la manière des gilets jaunes, ce qui s’exprime ici est une profonde défiance nourrie par des mois, voire des années de mensonges.

Il est probable que ces mobilisations aient pour origine commune une perte de confiance profonde vis-à-vis des institutions et des autorités quelles qu’elles soient. Depuis longtemps, déjà (et pas toujours sans raison !), les élus sont considérés comme des traîtres, les journalistes comme des menteurs, les professeurs comme les acteurs de l’effondrement de l’école et les magistrats comme des laxistes. L’une des rares autorités à faire encore consensus, jusque-là, était le monde médical et scientifique. Cette confiance a explosé en vol avec la crise du Covid, les scientifiques et médecins ayant révélé au grand jour de vives oppositions entre eux, des contradictions dans les analyses, des revirements ou encore des liens d’intérêt douteux avec des laboratoires pharmaceutiques qui remettent en cause l’impartialité de leurs positions. Un vrai traumatisme au pays de Descartes.

Cette crise de confiance contribue à freiner l’adhésion tant aux restrictions qu’à la vaccination. Elle pousse également au doute, à la remise en cause du discours officiel et médiatique, à la recherche d’informations alternatives, le tout encouragé par le foisonnement d’informations disponibles sur Internet.

Vous voulez parler des « complotistes » ?

Cette posture vis-à-vis de l’autorité crée une véritable différence entre des citoyens qui suivent les injonctions gouvernementales sans se poser de question et ceux qui les remettent en cause par principe, ces derniers étant volontiers qualifiés, en effet, de « complotistes » dans la presse et dans la bouche des ministres.

Attardons-nous un peu sur ce terme. Toute l’histoire de la politique n’est qu’une lutte permanente entre le bien commun, l’intérêt général et des intérêts privés. Parfois, le bien commun gagne et parfois les intérêts d’argent et de pouvoir l’emportent au détriment du collectif. Cette injustice est souvent le moteur qui conduit beaucoup d’entre nous à nous engager dans les élections. Il n’y a rien de « complotiste » à imaginer que les décisions prises par les gouvernements ne soient pas toujours animées par la recherche de l’intérêt général. Il est, au contraire, tout à fait réaliste qu’elles puissent être parfois influencées par des calculs politiciens, des logiques de réseaux, des puissances privées, des lobbys d’argent, quelquefois à l’insu même des gouvernants qui se laissent intoxiquer par des informations partiales ou partielles.

Il est donc sain que le citoyen passe la décision publique à la moulinette de son esprit critique, d’autant plus quand celle-ci s’est révélée maintes fois incohérente, comme c’est le cas depuis de nombreux mois, en France.

J’ai récemment lu l’article d’un auteur roumain, Radu Portocală, écrivain et journaliste exilé de son pays par le pouvoir communiste roumain, en 1977, qui faisait un parallèle entre certains mécanismes actuels et ceux à l’œuvre au sein de l’URSS. J’aime autant vous citer directement l’extrait : « La différence est minime avec le monde soviétique, où la vérité était édictée par le Parti – sans, pour autant, qu’elle fût constante : les intérêts politiques pouvaient, à tout moment, la faire changer. Les gens vivaient donc sous l’empire de la vérité du moment. Nul n’avait le droit de s’en abattre ni de la contester, sous peine de graves persécutions. Nul, non plus, ne pouvait demander pourquoi ce qui avait été vrai la veille cessait de l’être le lendemain. Ou pourquoi énoncer une chose tenue pour vraie une semaine plus tôt, mais tombée en désuétude depuis, faisait courir un risque insensé. Il fallait, sans arrêt, se tenir au courant des fluctuations de la vérité».

Le propagandiste était l’équivalent de l’actuel vérificateur de vérité. Lui seul savait ce qu’il fallait croire à chaque moment. Celui qui contredisait ses propos ou, simplement, les nuançait tombait dans la catégorie pénale des « lanceurs de fausses rumeurs », devenait un « rumoriste ». Des peines de prison étaient prévues pour ces imprudents.

Nous n’en sommes pas encore là. Ou, plutôt, nous n’y sommes pas de la même manière. Pour l’instant charitables, les progressistes se contentent de fustiger les complotistes, de les exposer à l’opprobre général et de les censurer, quand leurs devanciers, plus expéditifs, envoyaient en prison les rumoristes, ancêtres involontaires de nos complotistes. Cela viendra peut-être.

« Dictature », « autoritarisme », ce sont les mots qui reviennent le plus souvent pour qualifier la mise en place de ce passe sanitaire. Pensez-vous qu’ils traduisent une réalité ?

Je pense, en effet, que nous assistons à un glissement vers une forme d’« autoritarisme doux » exercé par un État qui voudrait faire notre bien malgré nous, y compris par la contrainte s’il le juge nécessaire. Un État qui voudrait nous garder en bonne santé à tout prix, même si cela implique de restreindre nos libertés fondamentales sans notre consentement. Je trouve cette dérive très inquiétante.

Il y a à peine quelques années, tout le monde était horrifié par la mise en place du crédit social chinois. Ce système qui attribue des points à chaque citoyen en fonction de ses bonnes ou mauvaises actions – un retard de paiement d’impôt entrant dans cette catégorie, notamment – et qui leur interdit certaines activités en fonction de leur crédit, par exemple de prendre l’avion.

Selon moi, il n’y a pas de véritable différence de nature entre le crédit social chinois et le passe sanitaire, simplement une différence de degrés. Certains diront que j’exagère, mais la logique n’est pas très éloignée. Vous êtes un bon citoyen vacciné, alors vous avez le droit à une vie normale. Vous êtes un mauvais citoyen non vacciné, eh bien, vous serez privé de sport, de culture, de vie sociale au bar ou au restaurant et vous serez suspendu de votre emploi sans indemnités. Certains me rétorqueront que l’État français fait cela pour notre bien et la santé de tous ; le gouvernement chinois justifie aussi sa politique pour le bien du pays.

Certains voient dans cette numérisation de la société et ce laissez-passer sanitaire sous forme de QR code les prémices de la mise en place d’une identité numérique qui, à moyen terme, fusionnerait les différentes données bancaires, fiscales, sociales, de santé, professionnelles, permis de conduire, etc., de chaque personne et donnerait accès à différents services gouvernementaux. Des données dont disposent déjà l’État mais qui, une fois, pourraient potentiellement permettre à l’État de sanctionner un individu en le privant d’accès aux autres services. Par exemple, une amende impayée pourrait entraîner le blocage de votre carte bancaire.

Dans certaines régions des États-Unis, le déploiement des identités numériques est déjà en cours. La Floride lance le permis de conduire numérique et le Queensland, en Australie, a mis à l’essai une licence numérique de l’État. Cette année, l’Union européenne a fait un pas vers un projet d’identité numérique pour l’ensemble des citoyens, résidents et entreprises européennes, avec un objectif de 80 % en 2030. Cette ID permettrait, via le téléphone, d’avoir accès à de nombreux services gouvernementaux et de justifier l’identité des individus. Si cela facilitera certainement les démarches, il faudra être extrêmement vigilant à l’usage qui en sera fait, vu la piste glissante dans laquelle nous sommes engagés. Chacun se souvient quand nos gouvernants proclamaient que jamais ils ne mettraient en place le passe pour les activités du quotidien. Or, nous y sommes.

Chaque citoyen doit avoir conscience des dangers que peut engendrer cette numérisation de la société. Cela implique d’avoir des exigences très fortes sur le plan de la souveraineté numérique, du cadre juridique et technique de protection des données et je dirais même de la moralité des gouvernants. En Afghanistan, une base de données biométriques, HIIDE, développée par les Américains, ainsi que les dizaines de milliers de caméras installées à cette fin sur le territoire sont aujourd’hui dans les mains des talibans. Tout cela pour dire que des technologies formidables tombées entre de mauvaises mains pourraient, demain, être le fossoyeur de nos libertés démocratiques si nous n’y prenons garde.

Alors certes, contrairement à une dictature, les opposants politiques et les journalistes dissidents ne sont pas jetés en prison, mais l’autocensure et la peur de la mise au ban social suffisent souvent à faire taire les voix dissidentes. Le bannissement des opinions politiquement incorrectes sur les réseaux sociaux fait le reste.

De même, il n’y a pas de « propagande officielle » proprement dite, dont la dénonciation entraînerait une condamnation, mais il y a néanmoins les prémices d’une vérité médicale d’État. Alors que le débat sanitaire a toujours été libre dans la société civile et la médecine indépendante, pour la première fois, l’État a établi une interdiction de prescrire un médicament pourtant autorisé. C’est le gouvernement qui décide de la liste (très limitée) des contre-indications au vaccin et non plus les médecins qui sont pourtant à même d’évaluer les risques courus par leurs patients au cas par cas. Les médecins qui émettent une opinion divergente sur la vaccination ou décident de soigner leurs patients atteints du Covid avec autre chose que Doliprane™ sont rappelés à l’ordre, voire interdit d’exercer par l’Ordre des médecins.

Or, la plupart de ces médecins n’ont fait que poser une réflexion médicale sur le fait que l’injonction du « Faites-vous vacciner pour protéger les autres » est infondée, tout simplement parce que les vaccinés contaminent autant ou presque, comme l’affirme, par exemple, le CDC, l’agence de santé publique américaine. Ce qui rend, de fait, la justification du passe sanitaire caduque.

Comment expliquer que, malgré l’existence de contre-pouvoirs (les deux chambres, le Conseil d’État, le Conseil constitutionnel…), rien ne semble pouvoir contredire l’action de ce gouvernement ?

La peur est un puissant anesthésiant politique. Sous la présidence d’Emmanuel Macron, l’exercice du pouvoir a été particulièrement solitaire. Cette situation politique doit nous conduire à interroger non seulement le fonctionnement de nos institutions, excessivement centrées autour de la présidence, mais aussi nos modes de scrutin. Nous vivons, aujourd’hui, dans un système de démocratie non représentative, de manière évidente, encore amplifié par l’abstention massive qui tend à devenir chronique. Le Conseil constitutionnel est un organe dont la composition est excessivement politique, cette situation ne peut que nuire à l’impartialité de cette juridiction suprême. Or, il est indéniable que le passe sanitaire, obligation vaccinale déguisée, viole non seulement plusieurs dispositions de notre droit, de notre Constitution mais aussi du droit international.

Cette crise de confiance entre le politique et le citoyen peut-elle être résorbée par l’élection présidentielle à venir ?

Malheureusement, je crains que l’élection ne se joue pas sur les sujets essentiels, elle sera verrouillée autour de la question du Covid et du passe sanitaire. Le Premier ministre semble déjà vouloir prolonger le passe sanitaire après le 15 novembre. Chose invraisemblable : le gouvernement n’a donné aucune indication sur les conditions de sa levée ! L’état d’urgence qui devait durer trois mois dure depuis près d’un an et demi et suspend le fonctionnement normal de notre démocratie. L’immigration, sujet vital, l’Union européenne et la souveraineté, l’indépendance industrielle et militaire, même les réformes économiques resteront au second plan. Bref, on va sacrifier la discussion autour de l’avenir de la France, qui doit être le grand débat de chaque élection présidentielle, au profit d’une discussion cadenassée et hystérisée autour de l’actualité sanitaire.

Voyez-vous une dynamique, un espoir quelconque se dessiner autour de n’importe lequel des candidats ou du camp que représentent les uns et les autres ?

Ce qui est certain c’est que tous les candidats auront un immense défi : réussir à reconstruire un fait majoritaire dans un pays socialement, territorialement, culturellement, ethniquement et maintenant sanitairement fracturé. Une démocratie fonctionne sur la constitution d’une majorité. Or, la construction de cette majorité implique que le système soit adossé à un peuple possédant suffisamment de principes, références, attentes, expériences partagées pour pouvoir dégager un consensus. C’est, manifestement, de moins en moins le cas, en France, du fait des clivages métropole-périphérie, du fossé générationnel, de l’immigration, de l’écart de revenus, de la disparition d’une religion commune, du phénomène de l’individualisme consumériste, etc. La facilité restera donc de faire de la politique catégorielle par l’addition des groupes d’électeurs en les flattant sur leurs intérêts immédiats, comme le fait très bien Emmanuel Macron. Mais les intérêts catégoriels, les clientèles électorales, ça ne fait pas un peuple. Le véritable chef d’État sera celui capable de sortir de cette logique mortifère pour rassembler vers un horizon commun.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Entretien – Marion Maréchal : “Le pass sanitaire traduit une dérive évidente de ceux qui détiennent le pouvoir”

Marion Maréchal

Pour l’ancienne députée et directrice de l’Issep, la mise en place du pass sanitaire préconisé par le gouvernement marque un point de bascule en France vers une société de défiance et de contrôle.

Valeurs actuelles. L’allocution d’Emmanuel Macron annonçant la mise en place d’un pass sanitaire vous a fait réagir vivement. Que craignez-vous ?

Marion Maréchal. Un véritable changement de société, où la norme n’est plus la liberté mais la contrainte, où la solidarité nationale s’efface au profit d’une société de défiance et de contrôle, où la culpabilisation et la délation sont devenues la norme dans les rapports sociaux. L’émergence d’une société de la suspicion divisée entre les “bons” et les “mauvais” citoyens où l’Etat, plutôt que d’apporter des réponses sur le plan hospitalier, industriel et technologique dans le cadre de la lutte contre l’épidémie, organise la relégation sociale et le licenciement massif des récalcitrants. Il y a encore deux ans, le secret médical était considéré comme sacré, sa violation était criminalisée. Et maintenant, on devrait justifier de son état de santé à un inconnu pour avoir le droit de prendre un café en terrasse ? Il y a une dérive évidente, avec une radicalisation de ceux qui détiennent les instruments de pouvoir.

Beaucoup de médecins se relaient à la télévision pour dire leur confiance dans ce vaccin. Comment expliquez-vous la défiance — peut-être même la vôtre — de beaucoup de Français qui ne sont pas eux-mêmes médecins ?

Le sujet n’est pas d’être “pour” ou “contre” le vaccin. On peut parfaitement être vacciné et opposé au pass vaccinal. De même, il est fréquent de ne pas être vacciné contre la COVID sans pour autant être un “antivaxx” primaire. Ma fille a fait ses 11 vaccins obligatoires et pourtant je suis résolument opposée à l’obligation vaccinale contre la COVID et au pass sanitaire. Il me semble que le doute devrait encore être permis au pays de Descartes ! Accessoirement, il y a eu de nombreux scandales sanitaires retentissants en France (le sang contaminé ou encore le Distilbène, le Mediator, la Dépakine, les implants mammaires PIP, etc.) qui rendent compréhensibles les précautions d’une partie de la population.

Par ailleurs, rappelons que l’obligation vaccinale, avec un produit en phase expérimentale, est illégale. Les vaccins actuels sont encore en phase III des essais cliniques jusqu’en 2022 voire 2023 pour certains. Cette obligation se heurte au libre consentement de la personne et ce droit est protégé au niveau national dans le code de la santé publique et au niveau européen par une directive du 4 avril 2001. C’est d’ailleurs pour cela que le gouvernement met en place une obligation indirecte déguisée. L’illicéité du procédé est encore plus manifeste pour les soignants qui se voient contraints, comme les militaires depuis plusieurs semaines, par une obligation directe.

Au-delà de l’administration du vaccin, la mise en place d’un pass sanitaire fait craindre à certains le traçage et l’extension de pouvoirs de police à des civils. Cela vous inquiète-t-il ?

Est-ce le rôle des commerçants, des restaurateurs, des directeurs de théâtre et de cinéma de vérifier les données de santé de la population? Est-il légitime de les traiter comme des criminels si ils ne souhaitent pas jouer ce rôle de contrôleur sanitaire ? Rendons-nous compte que demain un restaurateur qui ne vérifiera pas le pass sanitaire risquera 45 000 euros d’amende et un an de prison, un an de prison ! Les soignants qui étaient applaudis il y a quelques mois seulement à 20h pour leur dévouement sont aujourd’hui traités en criminels potentiels et menacés par le gouvernement d’être privés de salaire et de licenciement. Nous sommes chez les fous.

Certains parlent de « basculement ». Est-ce votre cas ? Quel serait-il ?

Quand on est prêt à mettre au ban de la société des enfants dès 12 ans parce qu’ils ne sont pas vaccinés contre une maladie totalement inoffensive pour eux, oui je pense que l’on peut parler de basculement. Quand on importe les méthodes de l’Arabie Saoudite et du Pakistan, seuls pays au monde à avoir osé rendre la vie impossible aux non vaccinés pour mieux les contraindre, quand on singe la Chine qui prévoit d’interdire l’accès à l’hôpital ou à l’université aux non-vaccinés, oui il y a basculement.

Il y a quelque chose d’irréel à voir la France se mettre dans le sillon de ces régimes autoritaires avec une telle facilité, sans aucun débat ou presque, et par la volonté d’un seul homme… car si certains pays européens, comme l’Italie, ont pu mettre en place la vaccination obligatoire pour les soignants, aucun n’est allé jusqu’à empêcher toute vie sociale aux non-vaccinés à travers une politique de restriction générale qui s’appliquerait à l’ensemble de la population.
Il n’y a plus aucune proportionnalité entre la menace que représente le virus et la réponse qui y est apportée. Surtout il n’y a plus aucun équilibre entre la liberté et la sécurité, équilibre qui constitue pourtant l’ADN de nos démocraties. J’insiste : quelle logique y-t-il à vacciner sous la contrainte ceux qui ne craignent quasiment rien pour protéger… ceux qui sont déjà vaccinés ?

Le basculement c’est aussi la haine que l’on voit poindre, qui est quasiment une constante sous le macronisme, et qui s’était déjà exprimée au moment des manifestations des Gilets jaunes. Une partie de la société se sentant supérieure, éclairée, morale, n’hésite plus à se montrer extrêmement agressive et sectaire dans le débat public ou sur les réseaux sociaux.

Pour lire la suite, c’est ici !

Grand débat – Marion Maréchal, une voix de résistance [vidéo]

29/06/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Dans ce nouveau numéro de Bistro Libertés, Martial Bild reçoit la directrice de l’ISSEP, l’Institut de Sciences sociales, économiques et politique, Marion Maréchal.

L’ancien député du Vaucluse, confrontée aux sociétaires de l’émission (Marie Pinsard, Alice Cordier de l’association Nemesis, Francis Bergeron de Présent et Pierre Gentillet) évoque avec un regard vif et complet des thèmes majeurs comme la culture « woke », l’enseignement, l’insécurité, l’immigration, l’Union Européenne.

A travers la rubrique Confessions , on cerne encore mieux la personnalité de les centres d’intérêt de cette femme entrepreneur qui n’a pas fini de faire parler d’elle.