Marine Le Pen lance un appel aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon

Marine Mélenchon

28/04/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Par une vidéo mise en ligne ce vendredi à 14 h 45, Marine Le Pen lance un appel aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon. « Faisons barrage à Macron ! », lance-t-elle dans cet « appel aux Insoumis ». Elle y vante la campagne apaisée de Jean-Luc Mélenchon, s’y dit sensible au déploiement de drapeaux tricolores dans ses rassemblements et vante ce « beau symbole » du rameau d’olivier arboré par le candidat de La France insoumise à Marseille.

Le projet d’Emmanuel Macron, leur explique-t-elle, est celui d’un banquier qui « représente la finance arrogante que François Hollande avait promis de combattre » et d’un partisan du libre-échange généralisé. Aux « Insoumis », elle propose de mettre « les querelles et les divergences de côté » car « il n’est pas possible de laisser les manettes de la France à Emmanuel Macron ».

Présidentielle, deux dynamiques différentes entre Le Pen et Macron

28/04/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Le week end dernier, Marine Le Pen et Emmanuel Macron se qualifiaient pour le second tour de la présidentielle française. Mélenchon et Fillon, qui rêvaient de créer la surprise ces dernières semaines, ont été mis sur la touche. La soirée électorale fut sans ambiguïté : les cinq premiers, s’ils n’ont pas tous appelé explicitement à voter pour Macron, ont rejeté l’idée de se prononcer pour Madame Le Pen. Aussi, au soir du premier tour, les pronostics étaient clairs : 34 % des voix pour Marine Le Pen et 66 % pour Emmanuel Macron.

Et où en sommes nous aujourd’hui ? Selon le sondage publié hier par Ifop Fiducial, Marine Le Pen est à 39,5 % des suffrages, tandis que Macron est à 60,5 %. Selon celui publié aujourd’hui par OpinionWay, Marine Le Pen est à 40 %, Emmanuel Macron à 60 %.

Comment peut-on expliquer cette évolution ? Plusieurs points sont à regarder : le premier est probablement le fait que les sondages du soir de la présidentielle étaient influencés par les prises de paroles successives des hommes politiques qui appelaient à voter Macron. Le second est probablement la différence entre les préoccupations qui sont différentes pour les deux candidats. Alors que Marine cherche toujours à créer la surprise, Macron donne l’impression de l’avoir déjà gagnée et de penser à l’après.

Des différences de comportement pourraient être aussi importantes. Pour 61 % des Français, Marine Le Pen a fait un début de campagne du second tour meilleur que celui de Macron. En cause, bien évidemment, le dîner de ce dernier à La Rotonde, alors que Marine Le Pen visitait un marché du nord de la France.

Quel point de leur programme les candidats ont-ils mis en avant ?
Si Marine Le Pen a passé hier la matinée avec des marins pêcheurs, alors que Macron visitait Sarcelles, ce n’est pas une coïncidence. Tous deux cherchent à mettre en avant l’idée de la France qu’ils se font. Et ce n’est vraiment pas la même…

Eric Zemmour : « Mélenchon a été le seul digne dans cette histoire »

Zemmour Domenach Calvi RTL

28/04/2017 – FRANCE (NOVOpress) : En débat ce matin sur RTL face à Nicolas Domenach, Eric Zemmour ne s’est pas montré choqué par les réjouissances d’Emmanuel Macron au soir du premier. Pour lui, « Macron a gagné au soir du premier tour », du moins, a-t-il corrigé, « il y a neuf chances et demi sur dix qu’il ait gagné ».

Concernant les visites de Marine Le Pen et d’Emmanuel Macron à Whirlpool, Eric Zemmour pense « que c’est de la com’ de tous les côtés. » « Tout cela n’est pas très intéressant », dit-il, ajoutant :

« Ce qui m’intéresse, c’est ce que cette élection signifie […] Nous sommes revenus en 1848 avec une lutte des luttes entre les vainqueurs et les vaincus de la mondialisation, entre les pauvres et ceux qui profitent du système. »

A la question posée par Yves Calvi : « Pensez-vous que Marine Le Pen puisse être élue présidente de la République », Eric Zemmour, tout en trouvant « grotesque » les appels au « front républicain », estime que « Marine Le Pen a très peu de chances d’être élue ». Mais il note que « Mélenchon a été le seul digne dans cette histoire ».

Le candidat de La France insoumise doit s’exprimer ce matin sur sa chaîne YouTube.

Macron, le mondialisme contre la France, par Eric Letty

Macron mondialisme Monde et VieLe 23 avril, le parti du mondialisme a acquis une sérieuse chance de diriger la France. Par son passé, son programme, ses soutiens, Emmanuel Macron est le champion de la Finance que François Hollande, voilà cinq ans au Bourget, avait désignée comme son « ennemie » et qu’il aura en réalité portée au pouvoir si, comme il y a lieu de le redouter, le candidat d’« En marche ! » l’emporte sur Marine Le Pen au deuxième tour.

Au moins l’enjeu est clair : selon qu’ils voteront pour l’un ou l’autre des candidats, les Français choisiront le mondialisme ou la France.

Emmanuel Macron avait beau feindre, le 23 avril, d’en appeler aux « patriotes », il reste un produit marketing créé par ce que l’on appelait autrefois la « fortune anonyme et vagabonde », les forces de l’Argent, qui, en mettant à son service leur puissance médiatique, ont donné à celui qui fut administrateur de Rothschild, secrétaire général adjoint de François Hollande à l’Élysée, ministre de l’économie du gouvernement socialiste, le moyen de se déguiser en homme du renouveau, de la page vierge et du rassemblement au-dessus des partis. Un comble ! Son avènement, s’il est élu, sera un sacre médiatique.

Il suffit de considérer ses soutiens (au-delà de la sphère financière) pour comprendre qui est le candidat d’« En Marche ! » : on y trouve Alain Minc à côté de Cohn-Bendit, Robert Hue près d’Alain Madelin, Bernard-Henri Lévy et Laurent Bigorgne, le directeur de l’Institut Montaigne. Sans oublier son pygmalion, Jacques Attali, qui était présent le 23 avril au dîner organisé à la Rotonde (le
« Fouquet’s » était sans doute trop chargé de souvenirs…).

Hors-système, Macron ? Il est au contraire, selon le mot de Laurent Wauquiez (qui semble ne plus s’en souvenir) « l’incarnation de l’élite mondialisée ».

Au-dessus des partis ? Il en ramasse au contraire les transfuges et les porte-gamelle, au point d’apparaître comme le canot de sauvetage luxueux de la Hollandie. Qu’est-il d’autre, en effet, que le clone de François Hollande, sans bedaine, ni teinture et la cravate à l’endroit ? Il n’en diffère sur aucun des grands sujets de politique, intérieure ou extérieure.

Avec lui, la France sera encore plus ligotée par l’Europe, vassalisée par l’Allemagne, inféodée à la politique américaine, elle avancera plus vite sur la voie du libéralisme libertaire, renoncera davantage à son identité, à ses racines chrétiennes, aux grands principes sur lesquels s’est bâtie sa civilisation (dont il ignore l’existence…), sera encore plus ouverte à l’immigration, plus exposée aux conséquences du libre-échangisme. C’est l’effarante leçon de démocratie que l’on peut tirer de ce premier tour : malgré toute l’impopularité de Hollande, les électeurs ont placé son héritier en tête !

À quelques nuances près, la distance n’est pas grande non plus entre Emmanuel Macron et François Fillon. Ils appartiennent au même système et cette proximité explique qu’il n’ait pas fallu attendre plus cinq minutes après la publication des premiers résultats, pour que le candidat de la conservation appelle à voter en faveur de son homologue progressiste.

En face, Marine Le Pen porte le drapeau de l’indépendance et des libertés françaises pour lesquelles, voilà cent ans, nos grands-parents ont versé leur sang et auxquelles, avant eux et avant nous, des générations de Français ont travaillé.

Ce qui est en jeu, désormais, c’est l’existence même de la France, cette « petite fille moqueuse et tendre, qui n’appartient à personne » dont parlait Bernanos, et que les amis d’Emmanuel, si nous les laissons faire, vendront demain, nue, sur le marché aux esclaves de la finance internationale.

Eric Letty

Editorial du n° 939 du Monde & Vie daté d’avril 2017

Marine Le Pen triomphe chez Whirlpool, par Caroline Parmentier

Alors qu’Emmanuel Macron joue la partie comme si elle était déjà gagnée, Marine Le Pen est allée le chercher sur le terrain, réalisant un coup remarquablement réussi. Le tournant de la campagne ?

Lorsque Marine Le Pen apprend qu’Emmanuel Macron n’ira pas à la rencontre des ouvriers désespérés de Whirlpool en grève contre la délocalisation de leur usine en Pologne mais restera calfeutré derrière les murs de la Chambre de commerce avec quelques représentants choisis de l’intersyndicale, elle se rend à l’usine. Où elle est accueillie comme un sauveur. Elle multiplie les accolades et les selfies avec les employés qui la plébiscitent.

« Les ouvriers de Whirlpool sont victimes de la politique économique de M. Macron. », lance-t-elle.

Marine Le Pen le promet :

« Avec moi, Whirlpool Amiens ne fermera pas. J’en prends l’engagement. Rien n’est plus important que le sort des salariés qui pourraient subir une décision scandaleuse prise par une multinationale avide de profits. »

Quand Macron est informé du tour que lui a joué sa rivale, il décide de rejoindre les lieux dans la panique. Les images sont désastreuses. Accueilli devant les caméras aux cris de « Marine présidente », par des huées et des sifflets, encerclé par des hommes et des femmes en colère, il est vivement interpellé : « Comment maintenir de l’emploi alors qu’en Pologne ils sont payés 2,75 euros de l’heure ? », « Et pourquoi tout le Nord, il vote Front national ? », « Vous nous serrez les mains M. Macron, on a les mains propres ? » [NDLR : Bien avant Whirlpool, une vidéo assassine avait montré Macron se désinfectant soigneusement les mains avec des lingettes antibactériennes après avoir serré la main à des ouvriers]. Mercredi d’ailleurs, il réclamera malencontreusement un « hygiaphone » pour dire un mégaphone… « Vous vouliez pas venir, vous l’avez fait parce que Marine est venue ! » A plusieurs reprises BFM épouvantée, coupera le son.

Toute la journée, les médias de Drahi vont ramer pour rattraper l’effet catastrophique. Le soir, les commentaires de BFM sont à hurler de rire : « Finalement, Macron s’est très bien débrouillé non ? Qu’en pensez-vous cher ami ? ». « Pour moi, il sort gagnant. » « Un à zéro pour Marine Le Pen ? ». « Non, non, match nul, tout au plus. »

Malheureusement, le matin même sur LCI, Jacques Attali, soutien et père spirituel d’Emmanuel Macron, a oublié de se taire. Il qualifie la délocalisation de Whirlpool et ses 300 emplois supprimés, d’« anecdote ». Il sera sévèrement recadré par l’équipe d’En Marche.

Whirlpool sera-t-il le « Florange » de Macron ? Marine est à l’offensive. Elle a dix jours sur le terrain et un grand débat d’entre-deux tours pour montrer aux Français qui est Emmanuel Macron.

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 28 avril 2017

Les catholiques divisés face au vote pour ou contre Marine Le Pen

Marine Le Pen catholiques

27/04/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie: A dix jours du second tour de l’élection présidentielle qui opposera Marine Le Pen à Emmanuel Macron, les catholiques semblent se diviser sur la question du vote. La position hostile au parti de Marine Le Pen traditionnellement affichée par la Conférence des évêques de France ne fait plus l’unanimité chez les catholiques.

Hier, le site de l’hebdomadaire Valeurs actuelles a ainsi relayé une tribune co‑signée par cinq membres du réseau l’Avant‑Garde, dont le philosophe Thibaud Collin et le journaliste Jacques de Guillebon, qui appelle à voter en faveur de Marine Le Pen le 7 mai. Or, même si les arguments avancés ne sont pas de nature religieuse, l’ancrage catholique de ces personnalités est explicite, en particulier lorsqu’ils évoquent la dimension métaphysique du choix entre « l’humain faussement augmenté » et « l’humain conscient de sa faiblesse », cette faiblesse légitimant le maintien de frontières protectrices, en premier lieu celles de la nation.

Au-delà des fidèles laïcs, qu’en est‑il de l’état d’esprit des clercs et de la hiérarchie ecclésiale ? S’il est en général assez délicat pour un prêtre ou a fortiori un évêque de se démarquer publiquement de la position de la Conférence des évêques de France, certains d’entre eux, réunis au sein du collectif Antioche, ont néanmoins tenu à faire savoir qu’ils donneraient leur voix au FN. Dans un communiqué transmis le 26 avril à plusieurs sites de la réinfosphère, dont Le Salon beige et Riposte catholique, ces ecclésiastiques regrettent le « deux poids, deux mesures » qui affecte selon eux les prises de position de la Conférence des évêques. Ils expliquent ne pas pouvoir en conscience voter pour Macron qu’ils jugent « ultralibéral oligarchique, mondialiste, transhumaniste, technocratique, anti-famille, européiste, euthanasique, abortif et eugéniste assumé ». Une belle litanie, assurément…

Faut‑il en conclure que le tabou du vote FN est définitivement levé dans l’Eglise catholique ? Il est difficile d’anticiper l’effet de telles tribunes sur le comportement majoritaire des catholiques, et il est de toute façon peu probable que le vote catholique puisse faire basculer une élection où le candidat Macron est crédité de plus de 60 % d’intentions de vote par les derniers sondages.

Pourtant, le débat ouvert à cette occasion pourrait connaître de nouveaux développements, à l’image de la récente confrontation par livres interposés entre Laurent Dandrieu et Erwan Le Morhedec à propos du lien entre foi catholique et identité. Sur son blogue Koztoujours, Erwan Le Morhedec s’est d’ailleurs empressé d’annoncer dès mardi qu’il voterait pour… Macron, quoique sans enthousiasme.

Jean-Paul Garraud, ancien député UMP : « Macron fera pire que Hollande »

Jean-Paul Garraud

27/04/2017 – FRANCE (NOVOpress) : L’ancien député UMP Jean-Paul Garraud, candidat LR aux prochaines législatives dans la circonscription de Libourne (Gironde), ne votera pas pour Emmanuel Macron, quelles que soient les consignes données par Les Républicains, de Nicolas Sarkozy à Alain Juppé en passant par François Fillon, et quelles que soient les menaces proférées à l’égard de ceux qui émettraient une opinion divergente.

Jean-Paul Garraud, qui est aussi président de l’Association professionnelle des magistrats et avait fait ardemment campagne en faveur de François Fillon, l’affirme dans un communiqué : « Je ne voterai pas pour E. Macron. »

Celui qui fut membre de La Droite populaire créée par Thierry Mariani s’en explique en ces termes :

« E. Macron n’a pas la stature d’un président de la République. Il n’a pas d’expérience, pas de véritable programme. Il ne fera pas mieux que F. Hollande, il fera même pire. La France ne peut se payer le luxe d’un nouveau désastre. »

Et d’ajouter, sibyllin ou allusif selon la lecture que l’on en fait :

« La France est en danger, ce n’est pas le moment de fuir ses responsabilités. »

Christian Estrosi va-t-il demander l’exclusion de celui qui aurait pu devenir ministre de la Justice en cas de victoire de François Fillon ?

Whirlpool : un fait de campagne majeur, par Gabriel Robin

Whirlpool Marine Le Pen

Gabriel RobinAvons-nous assisté à un événement historique ? Quoi qu’il puisse se passer par la suite, les images resteront longtemps gravées dans les mémoires. Alors qu’Emmanuel Macron était en discussion avec les représentants syndicaux du site Whirlpool d’Amiens, à la chambre de commerce de la Somme, Marine Le Pen se rendait concomitamment devant l’usine à la rencontre des salariés, déclarant : « Je suis ici à ma place, exactement là où je dois être, au milieu des salariés de Whirlpool qui résistent à cette mondialisation sauvage, à ce modèle économique honteux. Je ne suis pas en train de manger des petits fours avec quelques représentants qui, en réalité, ne représentent qu’eux-mêmes ».

Marine Le Pen a montré une grande empathie à l’égard de ces ouvriers français, sacrifiés sur l’autel des profits. En effet, le cas Whirlpool est emblématique d’un phénomène plus visible que jamais : la disparition du tissu industriel français. Pourquoi les propriétaires du site Whirlpool d’Amiens souhaitent-ils délocaliser en Pologne alors même que l’usine réalise d’importants bénéfices ? Pour deux raisons bêtes comme chou. D’abord parce que les règles du commerce mondial les y autorisent et que la France ne fait rien pour s’en protéger. Ensuite, parce que les économies réalisées sur les coûts du personnel leur permettront de dégager toujours plus de dividendes pour leurs actionnaires. On le constate depuis des décennies sans que personne n’y trouve rien à redire.

Jacques AttaliPour le mentor d’Emmanuel Macron, l’inénarrable Jacques Attali, le sort de ces salariés relève de « l’anecdote ». C’est du moins ce qu’il a déclaré lors d’un entretien accordé à la chaîne LCI. Que sont ces 300 individus, ayant le plus souvent des familles à charge, pour ce monstre froid d’arrogance technocratique ? Très précisément des variables d’ajustement. Il ne connaîtra pas la misère du déclassement, pour lui ou pour sa famille. Peu lui chaut, donc, qu’une usine soit fermée et qu’avec elle, un territoire – en l’occurrence la Somme – continue de péricliter.

Il a même affirmé que « les ouvriers » devraient « se prendre en main » ; à l’image d’un jeune soutien de Macron, Charles Horache, qui a écrit : « Ah oui, ils préfèrent Le Pen à Macron parce que, sinon, on va devoir travailler et se laver les cheveux. »

Un tel mépris de classe laisse sans voix. Au-delà, il s’agit d’une preuve d’irrespect à l’égard de cette France sortie des radars, frappée par la récession, le chômage de masse et les conséquences les plus désastreuses de la mondialisation. Contrairement à ce que pense monsieur Jacques Attali, les mesures prônées par Marine Le Pen ne sont pas « démagogiques » mais bel et bien raisonnables. Elle entend garder l’appareil productif en France, refusant d’abandonner pleinement notre pays à la fumeuse théorie de la connaissance qui plombe la zone euro depuis plus de dix ans, date à laquelle a été décidée la stratégie de Lisbonne qui nous conduit dans le mur de la croissance zéro.

En outre, elle veut armer la France dans la mondialisation, pour qu’elle soit plus juste et que tout le monde y gagne. Bref, choisir la France plutôt que choisir la finance !

Les salariés ne s’y sont pas trompés, lui réservant un accueil très chaleureux. De l’autre côté, Emmanuel Macron était reçu sous les sifflets. C’est un tournant majeur de la campagne.

Peut-on parler d’un imprévu dans l’histoire ? Nous le saurons le 7 mai.

Se font face deux candidats assumant des idées politiques chimiquement pures. On pourrait tomber dans le piège du miroir, en jugeant que l’un défend la « droite du travail et la gauche des valeurs » et l’autre « la droite des valeurs et la gauche du travail ». Ce ne serait pas totalement faux mais un peu simpliste. Idem pour le clivage qu’aimerait faire surgir Emmanuel Macron, en opposant son progressisme à la réaction qu’incarnerait Marine Le Pen. Car qui peut décemment croire que l’abolition des frontières, économiques ou civilisationnelles, soit un progrès pour les Français ?

Gabriel Robin
secrétaire général du Collectif Culture

Texte repris de Boulevard Voltaire
(avec l’aimable autorisation de l’auteur)

Marion Maréchal-Le Pen : Whirlpool est « un tournant dans la campagne »

Marion Maréchal Whirlpool RTL

27/04/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Ce matin sur RTL, Marion Maréchal-Le Pen a estimé que la venue de Marine Le Pen à l’usine Whirlpool avait été « un tournant dans la campagne » présidentielle. « Elle a eu un accueil absolument excellent fait de marques de sympathies […] quand, à l’inverse, Monsieur Macron, contraint et forcé de se rendre sur ce piquet de grève, car ça n’était pas initialement prévu […] a reçu un accueil plus que froid, c’est le moins que l’on puisse dire. » Et l’élue de Vaucluse d’enfoncer le clou en assénant que Emmanuel Macron « est le continuateur de toute la politique qui a permis que cette usine arrive à se faire délocalisée”.

Interrogée par Elisabeth Martichoux, Marion Maréchal-Le Pen a répondu à l’appel de Nicolas Sarkozy à voter pour Emmanuel Macron : « Ce n’est pas surprenant […] Cette droite n’a eu de cesse de trahir, elle continue même quand elle n’est plus là à trahir ses électeurs […] Quand on a passé son temps à combattre la gauche, M. Macron et François Hollande, je ne vois pas comment ces gens peuvent appeler à voter pour M. Macron et demain vouloir constituer une majorité contre M. Macron, ça n’a aucun sens. »

Jean-Frédéric Poisson renvoie dos à dos Marine Le Pen et Emmanuel Macron

Jean-Frédéric Poisson

26/04/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Contrairement à Christine Boutin, et alors que son soutien était espéré, Jean-Frédéric Poisson n’appellera pas à voter pour Marine Le Pen. Il s’en est expliqué dans Famille chrétienne :

« D’abord, il reste entre le Front national et moi des désaccords de fond et des divergences de principe sur la dignité de la personne humaine, sur une vision de l’Europe qui ne me semble pas adaptée. Ensuite, le programme économique du FN – qui ressemble à un programme de gauche – me semble être un risque pour la France. Je considère enfin qu’il existe un très grand risque de blocage institutionnel si Marine Le Pen emporte cette élection. »

Le successeur de Christine Boutin à la présidence de Parti chrétien-démocrate (PCD) ne votera pas pour autant pour Emmanuel Macron :

« Je ne vois pas ce qui peut justifier un moindre danger qu’on verrait chez Emmanuel Macron par rapport à ce que peut représenter Marine Le Pen. Le chemin proposé par Marine Le Pen est celui d’une sorte d’isolement et de blocage. Le chemin d’Emmanuel Macron est celui de la déstructuration, de la soumission définitive à la logique financière. Lui est entièrement gouverné par l’idée que la finance et l’économie doivent absolument piloter l’ensemble des relations sociales et l’ensemble des décisions. C’est un projet politique qui porte en soi beaucoup de dangers, notamment l’asservissement de la personne humaine à la logique économique. »

Jean-Frédéric Poisson ajoute :

« Ensuite, Emmanuel Macron n’a aucune intention de combattre avec l’énergie qui convient le communautarisme et l’islamisme radical, ni même de trouver sa juste place à un islam raisonnable dans la société française alors que l’islam représente clairement un risque de fractionnement de la société. Troisièmement, il y a dans son programme une faiblesse absolument indigne sur tous les sujets régaliens et de société, pour ne pas dire, des trous béants. »

Marine Le Pen acclamée par les ouvriers de Whirlpool à Amiens

Marine Le Pen Whirpool

26/04/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Marine Le Pen a créé l’événement ce matin en se présentant à l’usine Whirlpool d’Amiens, dont les ouvriers sont en grève pour dénoncer la délocalisation de leur usine en Pologne. Cette visite, tenue secrète, est intervenue alors que Emmanuel Macron s’entretenait dans le centre ville, loin des ouvriers, avec l’intersyndicale. Marine Le Pen a été accueillie avec une ferveur à la hauteur de sa promesse : si elle est élue, a-t-elle assuré, l’usine Whirlpool d’Amiens ne fermera pas.

Le premier tour de la présidentielle confirme les clivages déjà identifiés

Macron présidentielle

26/04/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie: Le premier tour de la présidentielle a davantage suscité des explications d’ordre anecdotique ou conjoncturel, pourtant, il révèle de véritables fractures géographiques et sociologiques dans les votes, à l’image de celles constatées lors du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen.

Les résultats démontrent qu’Emmanuel Macron, mais aussi Jean‑Luc Mélenchon obtiennent leurs meilleurs résultats dans les zones urbaines. Ainsi, à Paris, Emmanuel Macron obtient quasiment 35 % des suffrages exprimés. Corrélativement, Marine Le Pen obtient peu de suffrages dans les villes, sauf à Marseille, Toulon et Perpignan.

Emmanuel Macron perce même dans les départements dits de droite, comme les Hauts‑de‑Seine, la Seine‑et‑Marne et les Yvelines. On notera de curieux contrastes ; dans des départements où Marine Le Pen est en tête, Macron reste en tête dans les grandes agglomérations, comme c’est le cas à Chartes et à Amiens.

Il y a aussi un contraste géographique du vote entre l’Ouest et le reste de la France. Marine Le Pen réalise ses meilleurs résultats à l’Est d’une ligne qui va du Havre à Perpignan. Ainsi, elle améliore ses résultats où elle était dans une situation favorable, comme c’est le cas dans l’Aisne, où elle passe de 26 % à 35 %. Elle progresse dans les zones où elle était forte, mais elle régresse là où son implantation était déjà faible.

Quant à François Fillon, il rétrécit l’assise territoriale de la droite. En effet, le député de Paris ne fait pas que baisser par rapport à Nicolas Sarkozy en 2002. Il n’est en tête que dans six départements, dont la Sarthe ou la Mayenne, mais il recule en Champagne, dans les Hauts‑de‑France et dans l’Est. Fait significatif, en Vendée, Fillon est devancé par Macron.

Pour conclure, il y a bien deux France. L’électeur aisé, de la France paisible de l’Ouest, aura préféré Macron à Fillon. Inversement, Marine Le Pen est en tête dans la France rurale et périphérique et dans la France du Nord et du Sud.

Les deux France sont bien polarisées. S’il y a recomposition dans le champ politique, l’implantation des uns et des autres dans les différents territoires jouera certainement un rôle. La mondialisation a certainement été une ligne de fracture entre Macron et Le Pen. L’amorce, peut‑être, d’un nouveau clivage.

EXCLU PRESENT Christine Boutin : « Pourquoi je vote pour Marine Le Pen »

Christine Boutin

Christine Boutin est souvent surprenante. On sait aussi depuis le combat contre le Pacs qu’elle ne manque pas de courage. Elle est la seule personnalité politique aujourd’hui à annoncer qu’elle mettra un bulletin Marine Le Pen dans l’urne le 7 mai prochain.

Present Christine BoutinPrésent : Pour la première fois vous appelez à voter Marine Le Pen, pourquoi ?

Christine Boutin : Parce que je suis une femme de droite, que j’aime la France et que nous sommes dans une situation grave avec un choix impossible. M. Macron incarne tout ce que j’ai combattu dans ma vie politique. C’est un homme qui n’aime pas la France, il l’a accusée de crimes contre l’humanité, c’est un mondialiste, il prétend que nous n’avons pas de culture, c’est un pur produit de la finance, le petit peuple ne l’intéresse pas du tout, il n’y a qu’à voir sa première sortie, ce premier tour comme s’il avait déjà gagné, à la Rotonde. Les exemples sont très nombreux. Il est la seule réussite de François Hollande qui nous a complètement cocufiés avec Macron. Moi je ne peux pas voter pour Macron.

C’est un choix difficile car pour une personne de droite comme moi, il y a trois solutions : l’abstention, le vote blanc ou le vote. L’abstention ou le vote blanc sont des votes qui ne sont pas comptabilisés. Si bien que le refus de Macron ne sera pas pris en compte. J’ai beaucoup réfléchi. Vous êtes le journal Présent et donc vous savez fort bien que je n’ai jamais soutenu le Front national qui du reste ne m’a jamais soutenue non plus. J’ai toujours eu des candidats du Front national contre moi et je ne partage pas les positions du Front national. Mais aujourd’hui, après avoir fait ce constat d’un choix impossible, j’ai pris conscience qu’il existait ce que l’on appelle le vote révolutionnaire.

Présent : En quoi consiste le vote révolutionnaire ?

Christine Boutin : C’est le vote paradoxal qui fait voter pour faire en sorte que celui de votre camp soit battu. Or aujourd’hui, pour les Républicains, pour la droite institutionnelle, leur camp c’est Macron puisqu’ils le soutiennent tous. Et moi je ne veux pas d’Emmanuel Macron. Donc pour être efficace, je vais voter Marine Le Pen pour diminuer le score de Macron. Ce n’est pas pour moi une adhésion au Front national. Je ne peux pas marquer sur mon bulletin que je suis contre sinon mon bulletin serait nul mais je dis haut et fort que l’on peut voter pour Marine Le Pen, mettre le bulletin Marine Le Pen dans l’urne afin de dire : Stop à Macron ! Après on verra la suite.

Présent : Est-ce que vous pensez que les électeurs de François Fillon vont suivre sa consigne ?

Christine Boutin : D’après les échos que je peux avoir, pour un certain nombre d’entre eux c’est une véritable trahison. Le fait que François Fillon ait appelé à voter Macron un quart d’heure après le résultat est effarant. Et c’est aussi pour ça que je prends la parole, je vous remercie de m’interroger, vous êtes plusieurs à le faire et j’en suis surprise d’ailleurs.

Présent : Vous faites tellement exception dans la classe politique que ce n’est pas si surprenant de vous donner la parole.

Christine Boutin : Je ne le fais pas pour être une exception mais parce que je pense que la situation de la France est grave. Je ne peux pas laisser faire ça. Vous avez pu constater que j’ai pris un peu de champ, de recul par rapport à la vie politique et c’est volontaire mais là aujourd’hui, compte tenu de mon expérience et de la situation de notre pays, j’ai pensé que c’était un devoir moral pour moi. Un devoir de m’exprimer de façon à ce que les Français ne soient pas tétanisés par le fait de prendre un bulletin de vote Le Pen. On peut prendre un bulletin de vote Le Pen sans être adhérent à ses idées.

Présent : Pensez-vous que d’autres responsables politiques pourraient faire comme vous ?

Christine Boutin : J’espère. Et ce que j’espère vraiment c’est que ma démarche va libérer les électeurs et que l’on arrivera à faire battre Emmanuel Macron. C’est plus facile pour moi, je n’attends rien, je ne demande rien, je ne veux rien. Mais je peux parler.

Propos recueillis par Caroline Parmentier

Entretien exclusif paru dans Présent daté du 27 avril 2017

Marine Le Pen attend toujours le soutien de Nicolas Dupont-Aignan

Dupont-Aignan

26/04/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Les ralliements à la candidature de Marine Le Pen sont pour l’instant peu nombreux. Invité avec insistance par le FN à se prononcer pour Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan n’a toujours pas annoncé sa décision. Dans la perspective d’un second tour qui s’annonce compliqué face à Emmanuel Macron, le FN compte beaucoup sur ce réservoir de voix, considéré comme acquis. Du reste, le ralliement officiel du candidat de Debout La France permettrait d’engager une dynamique politique.

On note le ralliement de certaines figures. 
L’ancien ministre de François Fillon et fondateur du Parti chrétien démocrate, Christine Boutin, a appelé clairement à voter pour Marine Le Pen contre Emmanuel Macron. L’ancienne député des Yvelines affirme : « Je veux faire comprendre aux Français de droite que voter Le Pen, ce n’est pas adhérer au Front National. C’est simplement un vote contre Emmanuel Macron. Macron, ce n’est pas possible. C’est l’incarnation de tout ce que je n’aime pas, c’est à l’opposé de mes valeurs qui ont rythmé ma vie politique. C’est le libéralisme libertaire, c’est la mondialisation, c’est l’argent, c’est la banque ». Autre ancien ministre de droite à voter pour Marine Le Pen, Françoise Hostalier a revendiqué son soutien à la candidate frontiste. L’ancienne secrétaire d’Etat à l’Enseignement scolaire sous le gouvernement Juppé a déclaré qu’il s’agissait d’un vote tactique visant à permettre à la droite de gagner les législatives.

Même Henri Guaino ne veut pas voter Macron. 
Le député gaulliste a également déclaré qu’il se refusait à faire barrage à Marine Le Pen. « Jamais personne ne me fera voter pour Emmanuel Macron. J’aurais aussi honte, peut être même encore plus, d’avoir contribué à avoir fait élire monsieur Macron », a t il affirmé.

Enfin, rien sur le rapprochement entre Marine Le Pen et Philippe de Villiers. En effet, il n’est toujours pas acté. En mars dernier, le fondateur du Puy du Fou n’avait pas écarté l’idée de s’afficher auprès de Marine Le Pen lors d’une réunion publique. Peut être annoncera-t- il son soutien formellement à l’approche de ce second tour.

Elysée 2017 : Marine Le Pen est l’invité de TF1 ce soir à 21 heures

Marine Le Pen TF1

25/04/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Marine Le Pen est l’invité ce soir d’une émission spéciale de TF1 qui débute à 21 heures et sera animée par Gilles Bouleau et Anne-Claire Coudray. Selon RTL, « la première partie de l’émission sera consacrée à des reportages en immersion et en relation avec les préoccupations principales des Français : des ouvriers d’un chantier naval, des retraités à faible revenu et des habitants en milieu rural déserté par les services publics. Marine Le Pen devra ensuite réagir aux interpellations des téléspectateurs (un infirmier, un producteur de théâtre, un entrepreneur, etc.) enregistrées avant l’émission qui sera, elle, en direct ».

Christophe Jakubyszyn, chef du service Politique de TF1, dévoilera ensuite une étude réalisée par un institut de sondage sur l’image qu’ont ses électeurs de son parti et questionnera la candidate sur la majorité avec laquelle elle pourrait gouverner.

« Enfin, Marine Le Pen sera interrogée par Melissa Bell, correspondante de la chaîne américaine CNN en France, pour une séquence consacrée au regard que porte la presse étrangère sur la candidate ainsi que sur sa campagne. »

Emmanuel Macron sera l’invité de la même émission jeudi prochain à la même heure.

Marine Le Pen en appelle à la « patriosphère » face aux « médias du système »

Marine Le Pen Patriosphère

25/04/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Marine Le Pen a enregistré cette vidéo pour dire merci : merci à ce qu’elle nomme la « patriosphère », c’est-à-dire ces « militants internautes qui êtes mobilisés depuis le début de cette campagne sur les réseaux sociaux, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept » et en appeler à leur mobilisation pour ce second tour :

« Vous êtes les relais formidables de mon projet et de mes actions. Vous participez activement à la campagne, avec créativité, avec énergie, avec humour. Vous résistez avec intelligence à la propagande et aux mensonges diffusés par les médias du système. »

Pour Marine Le Pen, « le système va déchaîner toutes ses forces contre les patriotes ». Elle compte donc sur la « patriosphère » pour « rétablir la vérité chaque fois que ce sera nécessaire ».

Marine Le Pen au deuxième tour : tout commence !

Trois, deux, un… A 20 heures, c’est une formidable clameur de joie. La salle chavire, les gens pleurent et rient et se sautent dans les bras. Marine est au second tour. Après la déferlante de haine des médias toute la semaine et les sondages belges qui circulent sous le manteau et la donnent troisième derrière Fillon, le stress retombe.

Pour sa soirée électorale Marine le Pen a choisi de mettre la cité minière d’Hénin-Beaumont à l’honneur. C’est cohérent avec sa campagne : elle est allée chaque semaine dans des petites villes de la France des oubliés. Les candidats du système sont à Paris, Emmanuel Macron dîne à La Rotonde entouré du show-biz avec un menu qui n’est pas à base de fricadelle et dont le prix ronflant tourne sur Twitter, Marine est à Hénin. Les VIP ici sont petits commerçants, chômeurs, descendants de gueules noires. Lorsque le score explose et que surgissent les deux silhouettes des finalistes, ils ont les larmes aux yeux. Les journalistes les zooment en gros plan d’un air un peu dégoûté.

Plusieurs journalistes sans vergogne arrivés en retard espéreront soutirer leurs chaises à des militants qui ont fait la queue pendant trois heures pour avoir une bonne place. « C’est pour ma caméra, c’est pour la presse, pour l’info » insistent les « grands reporters » parisiens.

— « Pas question, ma chaise n’est pas négociable et vos infos nous insultent en permanence. »

« C’est un record de voix pour le Front national » explique David Rachline aux journalistes, « avec 21,4 % des voix, Marine Le Pen réalise le meilleur score de son parti à une élection présidentielle. Nous sommes en tête dans 47 départements, (…) en tête en Outre-Mer, (…) la dynamique est extrêmement forte. » Steeve Briois, David Rachline, Gilbert Collard, les lieutenants de Marine Le Pen sur place (Aliot, Philippot, Marion sont sur les plateaux de télévision) répètent que même si la marche semble haute, c’est une nouvelle campagne qui s’ouvre et qu’elle a « le meilleur adversaire ».

Lorsqu’apparait François Fillon sur les sept écrans géants vers 20 h 30 et qu’il donne la consigne à ses électeurs de voter Macron, il est puissamment conspué par le public. « Le candidat catholique appelle à voter pour le candidat du Mariage pour tous, de la GPA et de la PMA, de l’accueil des migrants, du voile à l’Université », ironise une jeune militante du FNJ à côté de moi, « ça va leur faire plaisir à Sens Commun ! » Du début à la fin de cette campagne, Fillon aura incarné la mauvaise défense, le reniement et la médiocrité. Aigri ce soir, humilié par son égalité de score avec Mélenchon, il illustre comme Hamon le rejet des vieilles badernes et autres apparatchiks issus des merveilleuses primaires. « Certains LR nous ont déjà assuré qu’ils allaient appeler à voter pour nous », se félicite Jérôme Rivière, ex-UMP, investi dans le Var sous les couleurs FN.

La salle n’attend plus qu’elle. A l’arrivée de Marine, la musique s’amplifie et tout le monde retient son souffle. Le moment se savoure. Dès qu’elle apparaît, la foule ravie se déchaîne : « On va gagner ! », « Marine Présidente », « On est en finale ! »

« Vous m’avez portée au second tour de l’élection présidentielle. J’en mesure l’honneur avec humilité et reconnaissance. Je voudrais vous exprimer à vous, électeurs patriotes français, ma plus profonde gratitude. La première étape qui doit conduire les Français à l’Elysée est franchie. (…) Ce grand débat va maintenant enfin avoir lieu. Les Français doivent saisir cette opportunité historique qui s’ouvre. »

La deuxième marche, seule contre tous, sera-t-elle infranchissable ? Que vont faire au deuxième tour ceux qui disaient voter Fillon pour ne pas avoir Macron ? Où est le vote utile maintenant ? Que vont faire les mélenchonnistes dont le chef n’a pu se résoudre à appeler à voter pour le candidat de la finance et des médias, ce qui lui a valu d’être traîné plus bas que terre dès hier soir par les journalistes, Jean-Michel Aphatie en tête ? Fini le grand tribun, le frondeur si drôle, l’homme au parler vrai. Du moment qu’il ne s’allie pas au grand pacte UMPS contre Marine, il est devenu bon à jeter aux chiens. Et que vont faire les électeurs de Dupont-Aignan ?

C’est une nouvelle élection qui commence. Deux meetings sont annoncés déjà entre les deux tours, jeudi à Nice et le 1er mai à Villepinte, le grand débat Macron-Marine est prévu le 3 mai. Ils ne partent pas à armes égales. Marine va être la cible de toutes les attaques. C’est là qu’elle est la meilleure. Chacun sait que la quinzaine va être saignante et passionnante.

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 325 avril 2017