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Quelques chiffres et quelques déclarations sur l’élection d’hier

Quelques chiffres et quelques déclarations sur l’élection d’hier

07/05/2012 – 16h30
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) –
En commençant par le nombre des abstentionnistes proche de 19 % un point au dessus du premier tour. Même si on sait que les abstentionnistes ne sont pas les mêmes il n’y a pas eu d’élan qui aurait permis à Nicolas Sarkozy de mobiliser un grand nombre des non votants du premier tour.

Le deuxième chiffre c’est celui des bulletins blancs et nuls : plus de 2 millions. Les consignes de vote de Marine Le Pen n’y sont sans doute pas étrangères.

Au total François Hollande l’emporte avec 51,7 % des voix contre 48,3 % à Sarkozy. Un écart finalement plus serré que ce que pouvaient laisser croire les sondages.

Quelles ont été les déclarations des deux finalistes ?

Nicolas Sarkozy s’est exprimé très tôt salle de La Mutualité à Paris. Il a souhaité à Hollande « bonne chance au milieu des épreuves, ce sera difficile ». Il s’est gardé de situer clairement son avenir politique se contentant de préciser « Mon engagement dans la vie de mon pays sera différent » ce qui laisse ouvertes toutes les possibilités avant de conclure sur un curieux « je vous aime » à l’américaine.

François Hollande s’est exprimé beaucoup plus tard depuis sa ville de Tulle en Corrèze dont il préside le conseil général. Se gardant de tout triomphalisme il a situé son discours dans l’émotion : « De la fierté, de la dignité, de la responsabilité ».

La course au Premier ministre est–elle lancée ?

Il faut d’abord pour cela que le PS et ses alliés gagnent les élections législatives de juin. Une cohabitation étant improbable François Hollande pourra sans doute choisir son Premier ministre dans la nouvelle majorité.

Le président du groupe socialiste à l’Assemblée et maire de Nantes Jean-Marc Ayrault semble tenir la corde. C’est un homme de confiance de François Hollande, il a pour seul problème d’avoir des relations fraîches avec les écologistes. Martine Aubry aurait été favorisée par un score plus élevé de Mélenchon et devrait être écartée. Derrière Ayrault, Pierre Moscovici directeur de la campagne socialiste pourrait faire un candidat de consensus malgré son engagement passé avec DSK. Sinon Laurent Fabius est envisageable mais son impopularité est un handicap et il serait mieux placé aux Affaires étrangères.

Les responsables politiques se sont succédés sur les plateaux télévisés hier soir. Quels ont été leurs  réactions ?

Les discours des deux candidats n’ont pas réservé de surprise. Pendant que l’un fêtait sa victoire en se posant en président rassembleur, l’autre assumait devant ses partisans déçus « sa responsabilité ».

Pendant ce temps, les représentants des différents partis se sont succédé sur les plateaux de télévision.

Comment ont-ils analysé les résultats de cette élection ?

Côté UMP, nombreux étaient les responsables appelés à commenter les résultats qui voulaient croire à un « troisième tour » à l’occasion des prochaines élections législatives.

François Baroin, de son côté, a attribué, comme beaucoup de ses collègues, le score du président sortant à « l’antisarkozysme au cours de [la] campagne » et « au poids de la crise ».

A gauche, on parlait d’un « moment historique », multipliant les références à la victoire de François Mitterrand en 1981.

Et du côté du Front national ?

Les électeurs de Martine Le Pen ont été particulièrement courtisés pendant l’entre-deux-tours. Représentant la troisième force politique du pays à l’issue du premier tour, ils détenaient les clés de l’élection.

Interrogée à ce sujet hier, Marine Le Pen s’est défendue d’avoir fait perdre Nicolas Sarkozy, expliquant qu’il « N’a jamais été donné gagnant au cours de cette campagne ».

Elle a poursuivi en estimant que « le nouveau président décevra vite » pour mieux se placer dans la perspective des prochaines élections législatives.

Pour la présidente du Front national en effet « le seul combat, c’est à l’assemblée nationale qu’il faut le mener, avec des députés qui savent où ils vont ».

De leur côté, les représentants de l’UMP qui s’étaient illustrés ces quinze derniers jours en refusant tout dialogue avec le Front national n’ont pas semblé nuancer leur discours.

Ainsi, Nathalie Kosciusko-Morizet, auteur d’un livre qui prétend combattre les thèses du Front national, accusait hier encore Marine Le Pen d’avoir « fui ses responsabilités » en refusant de choisir entre Nicolas Sarkozy et François Hollande.

 

Marine Le Pen ne donne pas de consigne de vote mais votera blanc

Marine Le Pen ne donne pas de consigne de vote mais votera blanc

01/05/2012 – 15h45
PARIS (NOVOpress) –
Ce premier mai, Marine Le Pen, place de l’Opéra à Paris s’est exprimée devant plusieurs milliers de sympathisants rassemblés pour la fête de Jeanne d’Arc.

La présidente du Front national, qui a obtenu 17,9% des voix au premier tour de l’élection présidentielle, n’a pas donné de consigne de vote à ses près de 6 millions et demi d’électeurs. Elle a par contre déclaré qu’elle-même voterait blanc pour le second tour. Quant à ses partisans elle leur dit “Vous êtes des citoyens libres et vous voterez selon votre conscience, librement.” (1)

(1) Cette phrase ne figure pas dans les extraits présentés dans la vidéo ci-dessous mais on peut l’entendre ici.

L'étrange victoire de Marine Le Pen

L’étrange victoire de Marine Le Pen

[box] Alicle reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia. [/box]

[box class=”info”] Voici une analyse précise et méthodique des résultats de Marine Le Pen : un FN en forte baisse dans les grandes villes et victime du « grand remplacement » dans les banlieues ; un FN qui se heurte à un plafond de verre dans ses bastions ouvriers et les villes du sud ; mais qui est en position de force dans le périurbain et les zones rurales : un FN qui doit se rechercher un ancrage territorial s’il veut éviter les lendemains qui déchantent. Une étude solide d’Etienne Lahyre, élève à l’ENA et correspondant de Polémia.

Polémia [/box]

Lors du premier tour de l’élection présidentielle, près de 6.500.000 de nos compatriotes ont apporté leurs suffrages à Marine Le Pen : près d’un million de voix de plus que le total réuni par son père le 5 mai 2002. Avant Marine Le Pen, le bloc national n’avait jamais compté autant de partisans. En dépit d’erreurs stratégiques (telles que la priorité initialement donnée à la sortie de l’euro, qui a effrayé l’électorat âgé et l’a poussé dans les bras du Sarkozysme qu’il était pourtant prêt à massivement abandonner) et d’approximations tactiques (dédiabolisation et course à la crédibilité maladroites et peu mobilisatrices, refus de débattre avec Mélenchon, sur le plateau de France 2), la campagne de Marine Le Pen a été cohérente et pugnace.

Et son score élevé fait naître de nombreux espoirs que la nouvelle géographie électorale du vote frontiste doit pourtant sérieusement tempérer.

En effet, le tableau suivant fait apparaître des évolutions contrastées depuis 1995. Y sont indiqués le score du Front national (auquel est ajouté le résultat de Bruno Mégret en 2002) lors des quatre dernières élections présidentielles, ainsi que le rapport entre le score obtenu sur le territoire et le score national afin de mieux cerner les dynamiques électorales.

Six types de territoire sont représentés :

  • – Paris, et quatre capitales régionales ;
  • – des villes bourgeoises de banlieue parisienne ;
  • – des villes populaires, qui constituaient des bastions du Front national au milieu des années 1980 au début des années 1990 ;
  • – des villes du sud de la France fortement ancrées à droite, et offrant au Front ses meilleurs scores depuis 1984 ;
  • – des villes à tradition industrielle et ouvrière ;
  • – des départements comptant parmi les plus ruraux de France, et qui ont longtemps constitué des terres de mission pour le Front national.

1. Le FN en forte baisse dans les grandes villes

C’est dans les grandes villes que l’évolution électorale apparaît la plus défavorable : disposant d’une base essentiellement urbaine à l’origine, le FN décline dans l’ensemble des grandes agglomérations. Son score brut de 2012 est systématiquement inférieur à celui obtenu en 1995.

Les causes de cette désaffection sont connues : concentration de l’emploi qualifié dans les métropoles, désindustrialisation des villes et départs massifs des ouvriers et des employés ne pouvant plus faire face aux coûts de logement, gentrification des anciens quartiers ouvriers (tels le quartier de la Bastille à Paris) et proportion de plus en plus importante de Français issus de l’immigration dans le corps électoral.

L’évolution sociologique des centres-villes pénalise aussi la droite parlementaire : les cantons de centres-villes qui constituaient ses fiefs sont devenus des zones de force des socialistes et des Verts depuis le début des années 2000. Ce sont aussi les territoires qui ont le plus voté en faveur de la Constitution européenne en 2005, à contre-courant du reste du pays.

Dans les villes bourgeoises traditionnelles, le FN se maintient globalement à un niveau faible, bien inférieur à celui observé au milieu des années 1980 que permettait un discours plus libéral auquel les catégories aisées étaient sensibles.

2. Dans les villes de banlieue, le FN victime du « grand remplacement » (Renaud Camus)

Le Tonnerre de Dreux, en 1983, marque le début de l’émergence du Front national. Six ans plus tard, Marie-France Stirbois est triomphalement élue député lors d’une législative partielle : elle perd de très peu son siège en 1993 mais fait son entrée au Conseil général en 1994. Après des défaites plus nettes aux municipales de 1995 et aux législatives de 1997, Marie-France Stirbois prend conscience du caractère quasiment inexorable du déclin du FN à Dreux. Ce phénomène se retrouve aujourd’hui dans la totalité des villes de banlieue : il est particulièrement spectaculaire à Clichy-sous-Bois ou Saint-Priest, villes que le Front national était à deux doigts de conquérir lors des municipales de 1995. Sur ces communes, Marine Le Pen perd respectivement 40 et 20% des voix obtenues par Jean-Marie Le Pen en 1995. Les Français de souche quittent en effet massivement les banlieues, où ils se sentent étrangers dans leur propre pays, au profit des espaces périurbains et ruraux.

3. Bastions et plafonds de verre

Dans les communes du sud de la France souvent marquées par l’histoire douloureuse des rapatriés et des harkis, ainsi que dans ses bastions ouvriers, le FN maintient ses scores élevés, mais semble avoir atteint les limites de son potentiel électoral.Dans aucune des villes considérées Marine Le Pen ne retrouve les résultats historiques de 2002 ; et si ses scores sont supérieurs à ceux enregistrés au milieu des années 1990, la dynamique électorale s’essouffle, faute de travail de terrain et d’implantation durable de cadres crédibles comparable à celles menées à Dreux ou à Vitrolles dans les années 1980 et 1990.

4. Le FN désormais en position de force dans le périurbain et les zones rurales

A l’origine, le vote FN était fort dans les grandes agglomérations situées à l’est d’une ligne Le Havre/Perpignan. En 2002, le résultat historique de Jean-Marie Le Pen est dû à un « vote de sous-préfecture » : le FN commence déjà à plafonner, voire à décroître dans les grandes agglomérations, mais connaît une forte progression dans les villes moyennes. Cinq ans plus tard, le reflux national du vote FN est bien moindre dans les zones rurales, ainsi qu’en Picardie et Nord-Pas-de-Calais. Enfin, le 22 avril dernier, Marine Le Pen arrive en tête dans de nombreuses petites communes et réalise une véritable percée dans la France de ouest, jusqu’alors terre de mission pour le Front national.

Dans son Atlas des nouvelles fractures sociales en France (Ed. Autrement), Christophe Guilluy indique que ce sont ces territoires, situés à l’ouest de la ligne Le Havre/Perpignan qui ont vu la part d’ouvriers–employés dans la population active de leurs communes fortement augmenter entre les années 1980 et les années 2000. Et par conséquent, c’est à l’ouest de cette diagonale que l’on trouve désormais un nombre croissant de familles à revenu modeste.

En Picardie, qui est désormais la première région frontiste de France, et en Nord-Pas-de-Calais, le chômage des jeunes est au plus haut : c’est cette jeunesse, précarisée, déclassée, victime directe des discours encourageant la discrimination positive au profit des seuls jeunes d’origine étrangère, qui a rejoint massivement Marine Le Pen, après avoir contribué à rejeter fortement la Constitution européenne en 2005.

Le vote des campagnes devient aussi un vote de prévention face à la montée de l’insécurité et à une présence étrangère jugée excessive : cet effet de halo, qui caractérisait notamment le vote FN en Alsace dans les années 1990 (plus fort dans les campagnes que dans les villes à l’exception de Mulhouse) s’étend désormais aux territoires ruraux de l’ouest. La judicieuse campagne de Marine Le Pen en direction de la France des « invisibles » a parfaitement saisi la double dimension du vote FN (préservation d’un mode de vie et refus du déclassement) dans ses territoires.

Des lendemains qui déchantent ?

Le FN aborde les élections législatives de juin prochain avec optimisme du fait de son score inédit du 1er tour de l’élection présidentielle et de la large défaite, très probablement à venir, du président sortant au deuxième tour. Certains sites Internet évoquent déjà 353 triangulaires possibles ; Le Figaro du 26 avril 2002 en prédisait 237 : il y en eu… 9, toutes largement perdues par le Front national.

Le rôle des élections législatives, dans la vie politique française, a été profondément bouleversé par trois éléments :

  • – la dissolution de 1997 qui a avancé d’un an le renouvellement de l’Assemblée nationale prévu initialement en mars 1998 ;
  • – l’adoption du quinquennat en 2000, suite à laquelle les élections législatives ont lieu la même année que l’élection présidentielle ;
  • – l’inversion du calendrier électoral décidée par Jospin : persuadé de battre Chirac à la présidentielle de 2002, le premier ministre de l’époque décida que les élections législatives se tiendraient après l’élection présidentielle (raisonnement qui correspond d’ailleurs à la logique de nos institutions).

Les élections législatives n’ont plus de rôle structurant : elles ne sont que des élections de seconde zone, confirmatives du choix des Français au deuxième tour de l’élection présidentielle.

Le tableau suivant en atteste (pour agrandir le tableau, cliquer sur  lui) :

L’étrange victoire de Marine Le Pen

Deux phénomènes apparaissent systématiquement : la diminution de la participation aux élections législatives et la baisse de 5 à 6 points enregistrée par le Front national entre son score à l’élection présidentielle et celui obtenu aux législatives.

Les législatives de juin prochain ne devraient pas échapper à la règle, et le FN n’a que très peu de chances d’obtenir ne serait-ce qu’un seul élu.

Présent au deuxième tour dans près de 500 cantons lors des élections cantonales de 2011, le Front national n’a réussi à obtenir que 2 sièges, alors même que les résultats du premier tour (19,2% de moyenne sur les cantons où le Front disposait d’un candidat) laissaient espérer une dizaine d’élus.

A moyen terme, la nouvelle géographie du vote FN rend quasi impossible la conquête de grandes villes telles Toulon en 1995, voire de villes de taille moyenne. En outre, la faiblesse de l’appareil local du Front et le peu de crédibilité de la plupart de ses candidats obèrent également ses chances. Or, ce sont les élections municipales qui permettent de creuser les sillons les plus durables en faisant ses preuves à la tête d’un exécutif, en fidélisant un électorat et en élargissant son socle : le PCF dispose encore aujourd’hui de près de 100 municipalités de villes de plus de 10.000 habitants ; pourtant moribond après l’élection présidentielle de 2007 (1,9% pour Marie-Georges Buffet), il est parvenu à sauver son groupe parlementaire aux élections législatives qui ont suivi.

Il appartient au Front national de dépasser la logique histrionique de l’élection présidentielle et de se réinscrire prioritairement dans une vraie perspective d’ancrage territorial.

Etienne Lahyre

[box class=”info”] Source : Polémia. 28/04/2012 [/box]

Crédit photo : DR.

A Notre-Dame-des-Landes, la candidature d’Eva Joly a fait flop

A Notre-Dame-des-Landes, la candidature d’Eva Joly a fait flop

28/04/2012 – 18h45
NANTES (NOVOpress Breizh) – Alors qu’elle s’est engagée tout au long de sa campagne à contester le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, en Loire Atlantique, Eva Joly n’a pas récolté sur place les fruits de son action. Le 22 avril dernier, si son score dans les communes concernées était supérieur à son résultat national, il demeure cependant très faible. Un flop de plus pour « l’écologiste de la dernière pluie ».

Déclaré d’utilité publique en 2003 le projet d’aéroport du « Grand Ouest » à Notre-Dame-des Landes n’a cessé depuis plus d’une décennie de faire l’objet d’une violente contestation de la part des écologistes et de l’extrême gauche. Au Conseil régional des Pays de la Loire comme à celui de Bretagne les élus UMP, PS et PC s’y étaient montrés favorables dès le début, activement soutenus par le maire de Nantes à tel point qu’on a pu parler d’ “Ayraultport”.

Le Front de Gauche est lui divisé sur cette question. Mélenchon s’est déplacé à Notre-Dame-des-Landes, haut lieu des luttes écologistes, le 13 janvier dernier (bien après Eva Joly) pour y rencontrer « en privé » les opposants alors que ses alliés communistes soutenaient le projet. De leur côté les Verts et le PS ont signé en vue des législatives un accord électoral très politicien qui se borne prudemment à acter leurs désaccords sur l’aéroport et le nucléaire.

Les élections présidentielles de dimanche dernier ont permis de faire le point exact des différentes forces politiques à Notre-Dame-des-Landes et dans toutes les communes impactées le projet d’aéroport. L’échec d’EELV et de leur candidate est flagrant. Avec 5,89 % des suffrages Eva Joly ne retrouve même pas, à Notre-Dame-des-Landes, le total des voix de Dominique Voynet et de José Bové en 2007 (6,07%). Et il en est de même dans toutes les communes limitrophes, que ce soit à Fay-de-Bretagne (4,35%), Heric (3,18%), Vigneux (5,35%) ou Grandchamp des Fontaines (4,70%).

Le NPA de Poutou, très actif dans la contestation, s’effondre de 6,3 à 2,5%. A gauche, seul Mélenchon tire son épingle du jeu avec 15%, un score un peu plus élevé que sa moyenne départementale (12%). Marine Le Pen enregistre pour sa part une très forte progression, passant de 9% à 15,9%.

Cet échec électoral des anti-aéroports ne leur a pas fait renoncer à leur contestation. Depuis plusieurs jours trois opposants ont entamé à Nantes une grève de la faim très médiatisée . François Verchère conseillère générale (Parti de gauche) de Bouguenais s’y est « associée » mais a très vite été remplacée par une « paysanne boulangère » de Bouvron. Et ce n’est pas la nuit passée avec eux par José Bové qui va relancer le mouvement.

Le groupe Vinci, concessionnaire de l’aéroport, a déjà acquis 85% des 1.240 ha concernés. Des procédures amiables ont été conclues auprès de 29 des 40 exploitations agricoles concernées. Vinci souhaite maitriser l’ensemble du foncier avant la fin de l’année et garde « son objectif de mise en service de l’aéroport fin 2017 ». Manifestement Notre-Dame-des-Landes est mal parti pour être un nouveau Larzac.

Crédit photo : anthony4, via Flickr, licence CC.
FN : Sarkozy ne veut pas (ou plus ?) “se boucher le nez” en “entendant” les électeurs du Front National

FN : Sarkozy ne veut pas (ou plus ?) “se boucher le nez” en “entendant” les électeurs du Front National

26/04/2012 – 18h50
PARIS (NOVOpress, en partie via le Bulletin de réinformation)
– Hier sur France Info, pour la première fois, Nicolas Sarkozy a déclaré, que le Front National était “compatible avec la République”, alors même que son parti affirmait jusqu’ici que l’on ne dialoguait pas avec l’extrême droite, et que ce parti n’était pas républicain. Nicolas Sarkozy semble à l’évidence déterminé à capter le maximum de voix du FN, en appelant ses électeurs à “faire barrage à la gauche”, expression sur toutes les lèvres. Cependant il demande les voix mais refuse tout accord.

Dans cette même émission de France Info, le Président a indiqué qu’il lui faut “entendre” les électeurs de Marine le Pen du premier tour sans “considérer qu’il faut se boucher le nez”. Merci pour eux !
“Ces gens-là, si on veut les remettre dans le champ des formations républicaines, il faut s’adresser à eux
“, a-t-il ajouté. Remerci pour eux !

Qu’est ce qui pourrait nuire à cette tentative de mue du président-candidat ?

On peut souligner que ces déclarations sont en contradiction avec son quinquennat, dans lequel Sarkozy à encouragé l’arrivée des socialiste. Besson, Amara, Kouchner ministres, ou Jack Lang au comité de réforme des institutions sont autant d’exemple que ce barrage à la gauche n’est qu’une volonté électorale tactique.

Par ailleurs, aux élections cantonales de 2011 l’an dernier, la ministre de l’Ecologie Kociuzco-Morizet avait déjà appelé à voter PS contre le FN s’il était au deuxième tour. Le numéro un de l’UMP Jean-François Copé, assurait déjà qu’il n’y aurait “jamais d’alliance électorale” avec le Front national, ce que Nicolas Sarkozy a confirmé hier matin.

Qu’en est-il des risques en cas d’élection de François Hollande ?

Hollande, s’il est élu président, sera pour la première fois au pouvoir. Ce que lui reprochent nombre de sympathisants de droite, est une possible hausse des impôts, de la dette, de l’immigration, l’union homosexuelle ou le vote des étrangers. Malheureusement, l’on ne peut que constater qu’en cinq ans sous Sarkozy, la dette publique est passée de 1.200 à 1.700 milliards d’euros, soit + 42 %. Par ailleurs le taux de prélèvements obligatoires a augmenté lui aussi. Enfin, le nombre des naturalisations était à 123.000 en 2002 sous Jospin, il est désormais à 133 000 par an en moyenne depuis 2007. Sans parler de l’expulsion des délinquants étrangers (“double peine” en Novlangue) que Sarkozy a supprimée.

Qu’en est-il du ou des débats entre les deux tours ?

On peut souligner que l’UMP s’agace du refus de François Hollande de participer à trois débats, ce dernier en préférant un seul. En un mot, l’UMP semble s’intéresser  aux débats, contre toute attente, alors qu’en 2002, il n’avait pas été question d’échanger un mot avec Jean-Marie Le Pen.

[Tribune Libre] L’écrivain Renaud Camus contre F. Hollande, porteur d’une « idéologie remplaciste » et du « chaos »

[Tribune Libre] L’écrivain Renaud Camus contre F. Hollande, porteur d’une « idéologie remplaciste » et du « chaos »

Le parti de l’In-nocence salue le beau succès remporté au premier tour de l’élection présidentielle par Mme Marine Le Pen, sur laquelle il avait reporté ses vœux après avoir constaté l’impossibilité pour son président Renaud Camus d’être lui-même candidat, faute des cinq cents parrainages requis. Mme Le Pen, en ayant près de vingt pour cent des suffrages exprimés, ouvre la voie à une très nécessaire recomposition du paysage politique, où les questions capitales de la contre-colonisation, du Grand Remplacement, de la décivilisation, de l’identité et de l’indépendance nationales pourront peut-être enfin faire l’objet de débats véritables.

Le parti de l’In-nocence constate que parmi les deux seuls candidats restant en lice, l’un, M. François Hollande, quelle que soit l’opinion personnelle que l’on puisse entretenir à son sujet, est porteur d’un projet qui cette fois consacrerait officiellement et sans recours le changement de peuple [on peut voir sur Novopress la vidéo “La France est comme une vieille fille qui élève les enfants des autres” par Renaud Camus]. Non seulement son élection concentrerait tous les pouvoirs de l’État entre les mains d’un seul parti et de ses affidés, elle assurerait le triomphe absolu de cette idéologie remplaciste qui, sous le nom abusif d’antiracisme n’exerce déjà que trop une implacable dictature de l’esprit, toute prête à s’exercer sans le moindre frein, avec le concours d’une justice servile et d’une presse perpétuellement dénonciatrice, sur les corps, sur les biens, sur les carrières, sur les destins.

Le parti de l’In-nocence, dans ces conditions, estime que l’exigence la plus pressante est de faire barrage par tous les moyens au candidat le plus ouvertement et emphatiquement remplaciste, celui qui veut donner le droit de vote aux étrangers non communautaires et qui augmentera encore l’immigration et les droits des immigrés. L’heure est trop grave, l’avenir de la France et de son peuple trop directement menacé, pour que la politique du pire puisse constituer une tentation sérieuse. Il n’est ni possible ni souhaitable de placer une espérance quelconque dans le chaos. Le vote pour Nicolas Sarkozy, si difficile qu’il soit pour ceux qui ont toujours combattu le président de la République sortant comme pour ceux qui l’ont soutenu et qu’il a cruellement déçus, est le seul qui soit encore ouvert pour les résistants au multiculturalisme pseudo-diversitaire ; et il ménage autant que l’autre, sans l’épreuve du chaos immédiat et de la tyrannie idéologique totale, les chances d’une salutaire redistribution des cartes.

Photo : Renaud Camus lors de son intervention pendant les Assises sur l’islamisation de l’Europe du 18 décembre 2010.
Marine Le Pen, modèle pour la droite italienne

Marine Le Pen, modèle pour la droite italienne

25/04/2012 – 15h00
ROME (NOVOpress) – Dans le contexte de la déroute du berlusconisme et de la crise à la Ligue du Nord, le score de Marine Le Pen fait rêver en Italie, surtout à La Destra, un petit parti (2,4% aux dernières élections à la Chambre des députés) qui avait fait scission d’Alleanza Nazionale (ex-MSI), en réaction aux virages politiques de Gianfranco Fini. La Destra se pose aujourd’hui en principal interlocuteur italien du Front National : son secrétaire général, Francesco Storace, ancien président de la région Latium et brièvement ministre de la Santé de Berlusconi, avait rencontré Marine Le Pen le 13 avril dernier. Les spécialistes autoproclamés des « droites extrêmes » s’étaient hâtés de dénoncer à cette occasion « le compagnonnage de Marine Le Pen avec l’extrême droite italienne », sans grand écho semble-t-il.

Entre lundi et mardi, les militants de La Destra ont collé à Rome « des milliers d’affiches pour célébrer le grand succès du Front National au premier tour des présidentielles françaises », avec le slogan : « En Italie comme en France, il suffit d’être cohérents ». Le communiqué du parti salue « la capacité de la présidente du Front National à capter un mécontentement général envers l’Europe, en particulier pour une vision politique orientée vers les marchés financiers et qui n’est pas respectueuse de la personne ». Lors de leur entretien du 13 avril, Marine Le Pen et Storace auraient envisagé de travailler ensemble à « un Front européen des nations ». La Destra conclut en affirmant : « Le vent de droite qui souffle depuis les Alpes soufflera bientôt ici aussi ».

S’agissant des contacts avec le FN, La Destra a clairement pris l’avantage dans le camp néo-fasciste sur les « purs et durs » de Forza Nuova. Le secrétaire général de Forza Nuova, Roberto Fiore, s’est réjoui que « 18% des Français aient choisi de voter pour quelqu’un qui a tenu un discours clair contre le centre droit comme le centre gauche, et dont la position économique était clairement de refuser de payer la dette et de retourner à une monnaie nationale ». Fiore a fait savoir qu’il avait « envoyé personnellement ses félicitations à Marine Le Pen par l’intermédiaire du président du groupe européen du Front National, membre du parlament européen et second personnage du FN en importance (sic), Bruno Gollnisch, lequel se rendra en outre le 4 mai à Vérone pour la clôture de la campagne électorale du candidat de Forza Nuova à la mairie, Luca Castellini ».

Mais même dans le grand parti de la droite de gouvernement, le PDL, partenaire officiel de l’UMP au Parlement européen, certains préfèrent ouvertement Marine Le Pen à Sarkozy. L’ancien ministre de la défense de Berlusconi, Ignazio La Russa (issu lui aussi du MSI mais qui a suivi Fini dans tous ses revirements), a déclaré à la télévision avoir « envoyé un message à Marine Le Pen avec mes félicitations pour son prestigieux résultat, supérieur même à ce qu’on attendait, fruit de tant d’engagement et de capacité, d’amour pour son pays et de thèses claires et cohérentes. La leçon que tous devraient en tirer est qu’on ne vainc pas sans la droite ». La Russa espère « avoir bientôt l’occasion de féliciter Marine Le Pen en personne ».

Selon La Russa, « ce n’est pas seulement l’extrême droite, mais aussi la droite qui n’a pas choisi Sarkozy, pour ses choix économiques mais peut-être aussi à cause de sa femme, qui est entrée en politique: je pense à l’affaire Battisti dans laquelle on a dit que Mme Sarkozy s’était impliquée avec des milieux de gauche, ce qui n’a évidemment pas plu aux gens qui se sentent de droite en France, comme cela n’a pas plu en Italie ». Être le mari de Carla Bruni n’est manifestement pas un titre de gloire au-delà des Alpes.

À la Ligue du Nord, l’eurodéputé Mario Borghezio – qui avait accompagné Marine Le Pen lors de sa visite à Lampedusa en mars 2011 –, a lui aussi salué le score de la candidate du Front National, mais pour des raisons différentes. Selon lui, «l’extraordinaire succès de Marine Le Pen aux élections présidentielles françaises est la meilleure confirmation que les positions claires sur l’immigration, l’Europe et le mondialisme rencontrent en Europe un succès croissant. C’est la victoire de quelqu’un qui croit dans les valeurs traditionnelles et dans l’Europe des peuples, et qui défend avec courage notre identité menacée par l’Islam extrémiste. C’est à se demander quel résultat obtiendrait en Italie un leader courageux qui aurait la force de parler clair comme Le Pen».

La seule fausse note dans ce concert d’éloges vient d’un proche de Casapound. Sous le titre « La comédie française », Gabriele Adinolfi appelle à ne pas se laisser tromper par « le pourcentage important, certes significatif comme thermomètre politique, qu’a recueilli une Marine toujours plus “normalisée”». Pour Adinolfi, « Marine n’est pas son père. She’s California dreaming. » Cette dure critique n’empêche pas l’extrême gauche italienne (qui fait de Mélenchon son modèle) de considérer que « le résultat de Le Pen est aussi grave que si Casapound (c’est de ce niveau) avait fait 20% en Italie ».

En Bretagne, François Hollande part à la pêche aux électeurs de Marine Le Pen

En Bretagne, François Hollande part à la pêche aux électeurs de Marine Le Pen

25/04/2012 – 10h00
LORIENT (NOVOpress Breizh) – «Je savais que je devais venir en Bretagne ! Au lendemain du premier tour, je ne me suis pas posé la question. ». Le candidat PS à la présidentielle était en Bretagne hier après midi pour son premier déplacement de campagne après le premier tour. A Quimper comme à Lorient François Hollande a cherché à récupérer les électeurs de Marine Le Pen, sans oublier de faire quelques promesses aux Bretons
.

François Hollande est arrivé sans surprise en tête du premier tour dans la région administrative Bretagne (31,74%) devant Nicolas Sarkozy (25,66%). En troisième position avec 13,58%, Marine Le Pen a réalisé un score jamais atteint dans cette région.

«Nous devons les entendre ». Hier à Lorient le candidat socialiste avait bien en tête ces résultats, ne cachant pas son espoir de récupérer une partie de l’électorat frontiste « ces hommes et ces femmes qui ne savent plus vers qui se tourner » et qui vont « vers des vents mauvais » (sic).

Un exercice difficile pour ce fidèle disciple de Jacques Delors qui a toujours adhéré sans réserve à la doxa mondialiste. « J’en connais qui, agriculteurs, s’interrogent même sur la pérennité de leur exploitation, et de peur de l’avenir se réfugient dans le repli. J’en connais d’autres, ouvriers, qui ne savent pas ce que sera l’avenir tant leur entreprise paraît fragile, les délocalisations hélas trop nombreuses, et puis cette mondialisation, cette Europe trop ouverte, trop offerte, qui vient les frapper dans leurs conditions de vie », déclare-t-il avec une certaine suffisance, confirmant la vision doloriste que l’oligarchie a de cet électorat, considéré – dans le meilleur des cas – comme étant « souffrant », « malade » ou « paumé ».

Mais pas question de changer de discours pour autant : « Je n’excuse rien, mais je cherche à comprendre. Je ne séduis pas ces électeurs par je ne sais quelle surenchère. Je laisse ça à d’autres ! Moi, je ne ferai pas de l’étranger, de l’immigré, la question qui nous séparera dans cette élection présidentielle ! ». On sait que l’immigration est un sujet sur lequel le candidat du PS a toujours, comme le rappelle France-Soir, refusé de se prononcer.

Promettant la création d’un ministère de la Mer– on est en Bretagne – celui que Mélenchon avait aimablement qualifié de « capitaine de pédalo » n’a pas manqué de rappeler sa promesse de ratifier la Charte européenne des langues régionales et minoritaires : « Je suis en Bretagne, en Bretagne fière de sa langue, fière de sa culture, fière de son histoire, qui attend depuis des années que l’Etat enfin ratifie la charte des langues minoritaires et régionales. Eh bien nous le ferons ensemble ! Et nous ferons en sorte que la langue française ne soit en aucune façon menacée, mais que la langue bretonne puisse être enseignée, parlée, diffusée, comme les langues minoritaires.»

Pour la spécificité bretonne ce sera tout. On sait qu’à Rennes, le 4 avril dernier, François Hollande avait été formel : pas question de déplaire à Jean-Marc Ayrault en réunifiant la Bretagne. « Fière de son histoire », cette dernière continuera d’être amputée de la Loire-Atlantique. La reconnaissance de la langue bretonne – à condition de ne pas « menacer le français» (sic) – passe encore, mais de là à modifier les frontières des fiefs tenus par les oligarques socialistes, il ne faut pas rêver.

Crédit photo : François Hollande, licence CC
Par pitié, par de « remake » de 1981 ! Par « Minute »

Par pitié, par de « remake » de 1981 ! Par « Minute »

[box class=”info”] L’éditorial de l’hebdomadaire Minute de ce mercredi 25 avril fait un plaidoyer vibrant mais circonstancié pour le vote Sarkozy au deuxième tour des élections présidentielles.

Cet éditorial rappelle tout d’abord les circonstances de l’élection de François Mitterrand en 1981. Puis développe les raisons que voit son auteur pour que les électeurs de Marine Le Pen au premier tour, évitent en 2012 l’élection de François Hollande, en votant Nicolas Sarkozy au deuxième tour. [/box]

Dimanche 10 mai 1981, 20 heures. Sur les écrans de télévision, un portrait pixellisé se met à apparaître, en commençant par le crâne. Il y a quelques instants de doute puis, hélas, il n’y en a plus. François Mitterrand est élu président de la République. Avec 51,76 % des voix contre 48,24 % à Valéry Giscard d’Estaing, soit 1 065 956 voix d’avance. On décompte aussi 898 984 bulletins blancs et nuls… Merci qui ? Merci Chirac, qui, ayant obtenu 18 % des voix au premier tour, avait ordonné en coulisses, via les réseaux de Charles Pasqua, de faire la peau de Giscard, président sortant, soit en votant blanc, soit, carrément, en votant pour François Mitterrand. Ce dernier confiera à Valéry Giscard d’Estaing quelques semaines avant sa mort : « Vous étiez imbattable. […] Et je n’ai été élu que grâce aux 550 000 voix que m’a apportées Jacques Chirac au deuxième tour. Vous n’avez qu’à regarder les chiffres. Sans ces 550 000 voix qui ont changé de camp, je ne pouvais pas être élu. »

Le but de Jacques Chirac : faire place nette à droite pour reconfigurer celle-ci autour de lui et de son parti, le RPR, et lui permettre d’accéder à la présidence de la République. « Ni M. Giscard d’Estaing ni M. Mitterrand ne veulent changer la société », argumente alors, devant le comité central du RPR le directeur adjoint de la campagne présidentielle de Chirac, un trentenaire ambitieux nommé… Alain Juppé. Lamentable manœuvre. Minable manœuvre politicienne, accomplie sans aucun égard pour l’intérêt national et pour celui des Français, et qui va plonger la France dans quatorze années de « socialo-communisme » comme on disait à l’époque en une formule qui redevient cruellement d’actualité. Quatorze années de socialisme qui ne furent pas même atténuées par les deux cohabitations, tant la Constitution de la Ve République est ordonnée autour du bon plaisir du chef de l’Etat.

 

Que ceux qui avaient 13 ans en 1981 écoutent

Trois décennies plus tard, la tentation ressurgit de faire vivre à la France le « remake » de 1981. Pour les mêmes raisons. Sous les mêmes prétextes. Avec la même inconséquence. En pire. Au moins, le 11 mai 1981, Jacques Chirac avait-il déclaré : « Chacun devra voter selon sa conscience. A titre personnel, je ne puis que voter pour M. Giscard d’Estaing. » La formule était assassine mais il avait fait le « service minimum ». Cette fois, rien de tel. Pour le moment. Et les porte-flingues se sont fait plaisir. L’un, directeur de la campagne du candidat qui a obtenu aussi 18 % (17,90 % pour être précis), affirme sur RMC qu’il votera blanc. L’autre, directeur « stratégique » de la même campagne, va sur Canal + asséner qu’il va « peut-être voter blanc ou revoter Marine Le Pen ». A moins que ce ne soit Charles Martel, Louis XX ou, tant qu’on y est, Jules Ferry ?

« L’expérience est une lanterne sourde qui n’éclaire que celui qui la porte », dit-on en une formule attribuée tantôt à Confucius, tantôt à Louis-Ferdinand Céline. Manifestement, il y a du vrai. Ceux qui avaient 12 ou 13 ans en 1981 – ou n’étaient même pas nés – croient que la gauche et la droite, c’est pareil, et que dès les prochaines législatives, par une levée en masse des électeurs contre la politique de la gauche – tiens ! ce n’est donc pas pareil, finalement ? –, ils vont rafler la mise. Foutaises. Non seulement ils ne vont rien rafler du tout, au contraire de 1986, en raison de la proximité du scrutin législatif avec la présidentielle et de leur refus de tout accord électoral, mais, François Hollande emportant l’Elysée, la gauche encore une fois socialo-communiste disposerait d’absolument tous les pouvoirs.

Le 1er octobre 2011, la gauche a pris possession du Sénat. Il ne s’était écoulé que deux mois quand, le jeudi 8 décembre 2011, par 173 voix contre 166, le Sénat rose-rouge-vert a adopté une proposition de loi constitutionnelle visant à ouvrir aux étrangers non citoyens de l’Union européenne qui résident depuis plus de cinq ans en France la possibilité de voter et d’être élus aux élections municipales… Si le texte, présenté par le groupe Socialistes et apparentés et le groupe Europe Ecologie-Les Verts n’est pas allé plus loin, c’est uniquement parce que la droite était encore majoritaire à l’Assemblée nationale… Ce même texte avait été en effet adopté par l’Assemblée nationale le 20 octobre 1999 alors que la gauche y avait la majorité et que Lionel Jospin était à Matignon. Heureusement, une loi constitutionnelle ne peut être adoptée que par les trois cinquièmes des parlementaires réunis en congrès.

 

L’intérêt national passe avant tout

Hollande élu, il aura cette majorité – que François Mitterrand n’a jamais eue ! – dès le mois de juin. Ainsi que la mainmise sur la totalité des conseils régionaux de métropole, à l’exception de l’Alsace. Ainsi que sur soixante conseils généraux. Ainsi que sur vingt-cinq des trente-sept villes de plus de 100 000 habitants, en des majorités qui, hormis de rares exceptions, réunissent les socialistes, les communistes, les mélenchoniens, les écolos, les trotskistes et on en passe, ce qui relativise infiniment les appels de Jean-Luc Mélenchon et d’Eva Joly à voter pour François Hollande « sans contrepartie », d’autant que celles-ci sont déjà actées par des accords pour les élections législatives et pour les élections locales de 2014 ! Sans oublier, bien sûr, qu’il pourra s’appuyer sur l’écrasante majorité des médias.

Maire d’Orange (Vaucluse), Jacques Bompard, ancien du FN et authentique homme de droite depuis sa jeunesse dans les rangs du mouvement Occident puis aux comités Tixier-Vignancour, sait ce que l’emprise de la gauche sur un pays signifie. « Face au candidat de l’assistanat, de la fiscalité délirante qui frappera autant les travailleurs que les entreprises, du droit de vote pour les étrangers et de l’incitation à l’immigration massive, pas une voix ne doit manquer le 6 mai » à Nicolas Sarkozy a-t-il fait savoir, dès lundi matin, par communiqué. Un appel d’autant plus méritoire que, aux prochaines législatives, il aura face à lui un candidat de l’UMP. Mais cette période cruciale pour l’avenir de la France, Jacques Bompard a su tout de suite définir les priorités : l’intérêt national passe avant tout.

Puisse-t-il être entendu et son appel libérer la parole de ceux qui, ayant œuvré pour le succès de Marine Le Pen, savent très bien que la droite sarkozyste et la gauche rose-rouge-verte, quels que soient les nombreux reproches que l’on puisse faire à la première, ce n’est vraiment pas la même chose.

[box class=”info”] Éditorial de l’hebdomadaire “Minute” du 25 avril 2012 reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Photo en Une : François Mitterrand lors d’un meeting en 1981. Crédit photo : Jacques PAILLETTE via Wikipédia, licence CC.

Par pitié, par de « remake » de 1981 ! Par « Minute »

Dix enseignements sur le premier tour de l'élection présidentielle de 2012

Dix enseignements sur le premier tour de l’élection présidentielle de 2012 – Par Andrea Massari

[box class=”info”] Une fois de plus, les électeurs ont été trompés par les médias et par les sondages.
Une fois de plus, la bipolarisation remet en scène les éternels duettistes de l’UMP et du PS.
Une fois de plus, la campagne met en scène les oppositions verbales et camoufle les convergences de fond.
Andrea Massari décrypte pour Polémia les résultats du premier tour de l’élection présidentielle de 2012. [/box]

1-Un nouveau désaveu de la classe médiatico-sondagière

Depuis plusieurs semaines les médias et les sondages scénarisaient deux duels : Hollande/Sarkozy pour la première place, Mélenchon/Le Pen pour la seconde. Au final, il y sept points d’écart entre le candidat du Front de gauche et la candidate du Front national : l’un était surestimé de 3,5 points, l’autre sous-estimé d’autant. Il est vrai que Mélenchon (11,11%) bénéficiait à la fois de la sympathie de nombreux journalistes trotskystes et de la bienveillance intéressée des stratèges sarkozystes… En novlangue, quand les médias et les sondeurs ont bobardé on dit que les résultats sont une « surprise ».

2-Le vrai échec de Mélenchon

Mélenchon a réussi à polariser sur son nom les voix de l’extrême gauche ; mais celles-ci, malgré la crise économique et la contestation du capitalisme financier plafonnent à moins de 13% (Mélenchon + Poutou + Artaud). C’est un peu mieux qu’en 2007, mais moins bien qu’en 2002.

3-L’incontestable succès de Marine Le Pen

Avec plus de 17,90% des suffrages exprimés, Marine Le Pen dépasse les meilleurs résultats de son père. Certes, elle n’atteint pas, en pourcentage, le total Le Pen + Mégret de 2002 (19,20%), mais en nombre de suffrages (plus de 6,3 millions) et en pourcentage des inscrits (près de 15%), c’est un record absolu !

Le couplage stratégie de « dédiabolisation » puis retour sur les « fondamentaux » (immigration et sécurité) dans la dernière ligne droite a plutôt bien fonctionné.

4-Le niveau du « bloc patriotique » est élevé

Si l’on regroupe les électeurs par rapport au discours qui leur a été adressé, on peut parler d’un « bloc patriotique », au moins par le verbe, avec Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et Nicolas Sarkozy et ses paroliers (Buisson et Peltier, Guaino et Emmanuelle Mignon). Ce « bloc patriotique » se situe à un niveau élevé et le tricolore fait recette avec 47% des suffrages.

C’est plus qu’en 2007 où le score s’établissait à 45% (Le Pen père + Sarkozy + Villiers + Nihous). C’est plus aussi que le bloc de gauche en 2012 qui se situe à 43%.

Mais s’ils sont importants par ce qu’ils révèlent de l’état de l’opinion, ces résultats ne permettent en rien de prédire un succès sarkozyste au deuxième tour.

5-L’équation impossible de Nicolas Sarkozy

A 20h15 dimanche, la gauche était déjà rassemblée. Et il est raisonnable de croire que 85% des électeurs de Mélenchon, des petits candidats trotskystes et d’Eva Joly se reporteront sur Hollande (28, 63%). A contrario, les électeurs de Bayrou et de Le Pen se partageront plus ou moins également entre Sarkozy, Hollande et l’abstention.

Ainsi, pour gagner, Sarkozy (27,18%) devrait récupérer au moins les trois quarts de l’électorat lepéniste : un pari difficile, jamais réussi dans le passé ; et un pari qui sera d’autant moins facile à gagner cette année que Marine Le Pen appellera probablement à l’abstention dimanche 1er mai, Place de l’Opéra.

6-Le grand écart sarkozyste

Dans l’entre-deux tours, Sarkozy va poursuivre la stratégie Buisson : les oreilles des électeurs de Marine Le Pen vont être saturées de petite musique nationale et de flonflons patriotiques. Et le projet socialiste de droit de vote des étrangers aux élections municipales va être brandi devant leurs yeux comme un épouvantail.

Pourtant, comme l’a rappelé le directeur stratégique de Marine Le Pen, Florian Philippot, lors de la soirée électorale, il y a un fossé entre Sarkozy et Le Pen : l’un défend le système mondialiste, l’autre le combat, l’un accepte l’abandon de la souveraineté française, l’autre le refuse, l’un s’oppose à la préférence nationale (ou la priorité nationale), l’autre la promeut.

Comme en 2007, Sarkozy peut tout promettre en paroles à condition de n’en rien faire dans les actes (pour ne pas perdre l’appui des oligarchies qui le soutiennent). En 2007, il a été cru sur ses seules paroles. Mais après cinq ans d’expérience présidentielle son discours ne peut que se heurter à un certain scepticisme des électeurs. Chat échaudé craint l’eau froide ! Ce qui rend incertaine en 2012 la réussite du renouvellement de la manœuvre électorale de 2007 : tous les électeurs n’ont pas la mémoire-tampon du poisson rouge…

7-Front national : les ambiguïtés de la « dédiabolisation »

Marine Le Pen a déclaré quelques jours avant le premier tour que, dans l’esprit des électeurs en tout cas, la bataille de la dédiabolisation était gagnée. C’est en partie vrai, encore qu’incomplètement, car manifestement une partie des sondés ont continué de cacher leur vote.

Et surtout les mécanismes de diabolisation et d’intimidation du Système sont toujours en place. L’écrivain Renaud Camus a apporté son soutien à Marine Le Pen : mais malgré les prudences de langage et les précautions historiques qu’il a prises dans la tribune libre qu’il a adressée au Monde, il a, dans la foulée, perdu son éditeur. Le DRH du groupe Marie-Claire, Marc Desgorces, a, lui, rejoint le comité de soutien à Marine Le Pen, il a immédiatement été frappé d’interdits professionnels.

Cela s’explique. Certes, Marine Le Pen s’est démarquée des positions les plus « sulfureuses » de son père. Mais, en continuant à défendre la préférence (ou priorité) nationale, en refusant le droit du sol, en combattant les abandons de souveraineté à l’Union européenne, à l’OMC, à l’OTAN, en préconisant un protectionnisme raisonnable, elle reste profondément politiquement incorrecte.

C’est ce qui fait son intérêt pour ses électeurs. Mais c’est aussi ce qui la désigne comme une ennemie pour l’oligarchie financière et médiatique. D’où la persistance des mécanismes de diabolisation : ainsi Marine Le Pen, qui qualifie le nazisme de « pire abomination », reste diabolisée pendant que Mélenchon, qui fait l’apologie de la terreur et assume sans complexe le goulag (100 millions de morts), est toujours présenté comme un gentil garçon… A la mode anglo-saxonne, il y a les « good guys » d’un côté, les « bad guys » de l’autre.

8-Marine Le Pen : le défi de l’après-présidentielle

Bref, Marine Le Pen a encore du chemin à faire pour renverser la table… D’autant que jusqu’ici chaque période post-présidentielle a été une épreuve pour le Front national. Car au soir du premier tour les lampions médiatiques s’éteignent. Les caméras se braquent sur les deux seuls candidats restés en lice pour le second tour. Puis sur les cérémonies d’investiture du nouveau président et la constitution du nouveau gouvernement. Après un mois de diète médiatique les législatives arrivent avec un mode de scrutin particulièrement défavorable, d’autant que l’enracinement local du Front national est aujourd’hui très faible.

Certes, Marine Le Pen va tenter de changer la donne. Elle vise, pour le Rassemblement bleu marine qu’elle va constituer, un score important, de nombreuses triangulaires comme en 1997 et des élus au deuxième tour. Elle entend pour cela se présenter comme la nouvelle opposition : ce qui suppose évidemment l’élection de François Hollande, au demeurant arithmétiquement très probable.

9-La crise en embuscade pour le nouveau président

Quel que soit le vainqueur, l’état de grâce du nouveau président sera bref. La crise financière, l’ampleur de la dette et du déficit extérieur (80 milliards) reviendront très vite au premier rang de l’actualité. Les promesses électorales seront intenables. Et l’opinion sera d’autant plus déçue qu’à part venant de Bayrou elle n’a guère entendu de discours de rigueur. Or Bayrou, qui avait eu le courage de parler de la dette en 2007, n’en a guère été récompensé en 2012 où il n’a rassemblé que 9,13% des suffrages. Reconnaissons d’ailleurs que les deux tiers des électeurs (Hollande, Sarkozy, Bayrou) ont implicitement choisi la poursuite des politiques de mondialisation (comme ceux de l’internationaliste Mélenchon d’ailleurs). Cela ne peut que déboucher sur une amplification de la crise et un nouveau bond du chômage.

10-Les ambiguïtés du « vote utile »

« Au premier tour on choisit, au deuxième on élimine », la vieille formule va à nouveau s’appliquer. Hollande va s’efforcer de rassembler tous ceux qui veulent le départ de Sarkozy. A contrario, Sarkozy va faire une campagne du type « Au secours la gauche revient ! » La peur va à nouveau servir à mobiliser les électeurs de droite.

Reste à savoir si, à tout prendre, il ne serait pas plus démonstratif et moins dangereux d’avoir Hollande aux commandes pour faire face au rebond de la crise. Reste aussi à savoir si une présidence Hollande ne permettrait pas un profond renouvellement des majorités municipales en 2014.

Or il y a aujourd’hui moins de différences entre la droite et la gauche en politique nationale (parce que celle-ci se fait dans les instances internationales) que dans les politiques locales (où les élus sont plus libres, y compris vis-à-vis du politiquement correct).

Bref, pour avoir des maires de « droite » en 2014, ne vaudrait-il pas mieux voter Hollande en 2012 ? Alors, que le meilleur perde ? Que nos lecteurs se rassurent : ces propos provocateurs visent simplement à montrer la complexité des jeux stratégiques et des votes tactiques…

Andrea Massari
23/04/2012

Voir aussi :

Vers un big-bang politique ?
Marine Le Pen entre diabolisation, normalisation et banalisation

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

Présidentielles : Les résultats du premier tour sont-ils une surprise ?

Présidentielles : Les résultats du premier tour sont-ils une surprise ?

23/04/2012 – 12h20
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) –
La première surprise c’est la participation de 80 %. C’est un peu moins qu’en 2007 qui avait connu une affluence record de 84 % mais c’est beaucoup mieux que les 72 % de 2002.

La deuxième surprise c’est l’excellent score de Marine Le Pen avec 18 % elle dépasse largement les 10 % de son père en 2007 et même ses 16 % atteints en 2002. Les sondeurs se sont trompés en la situant autour de 15 %. Le vote Front national n’apparaît plus comme un vote protestataire mais comme un vote d’adhésion. Maître Gilbert Collard demandait « Que les électeurs du Front national soient traités normalement, qu’ils soient reconnus aussi bien sur le plan humain que sur le plan politique ». Dans de nombreux départements Marine Le Pen arrive en deuxième position et même en première position dans le Gard et de nombreuses villes.

Du côté du candidat sortant ?

Pour Nicolas Sarkozy c’est la douche froide. En 2007 il avait réussi à siphonner l’électorat du Front national en dépassant les 31 % devançant la candidate socialiste de plus de cinq points. Cette fois-ci il atteint tout juste 27 % et se retrouve en deuxième position derrière son adversaire socialiste. Il faut souligner que jamais sous la Ve République le candidat sortant n’était arrivé deuxième.

Peut-on parler d’un grand succès du PS ??

Un succès, pas un triomphe. Avec 28,6 % des voix François Hollande dépasse d’un peu de plus de deux points le score de son ex-compagne, mais arriver en tête lui donne un avantage psychologique certain. Il faut souligner que si l’ensemble de la gauche progresse, la droite est majoritaire dans le pays avec 47 % contre 44 %.

Du côté de Mélenchon

La baudruche Mélenchon s’est dégonflée. Celui que tous les sondeurs voyaient à 16 % en réalise 11. Ce qui n’est pas rien si l’on considère que 5ans plus tôt le PC était en dessous de 2 % .Mais Mélenchon n’a pas été le troisième homme que certains sondeurs espéraient.

Et pour François Bayrou ?

François Bayrou est cruellement déçu. Avec 9 % il ne réalise même pas la moitié de son résultat de 2007. Alain Juppé et Jean‑Pierre Raffarin ont fait preuve de peu de sens politique en l’évoquant comme un éventuel Premier ministre d’un Sarkozy bis.

Les écologistes

Eva Joly fait un score à peine moins ridicule que Dominique Voynet en 2007 2,3 % au lieu de 1,6 %.

Du côté des autres candidats ?

Nicolas Dupont-Aignan Avec 1,8 % fait moins bien que Philippe de Villiers il y a cinq ans. Les deux candidats trotskystes, Poutou et Nathalie Artaud avec chacun autour de 1 % font moins que leurs prédécesseurs. La candidature semi-fantaisiste de Jacques Cheminade compte pour ce quelle est, des broutilles.

 

L’après-1er tour dans une vision prospective…

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le deuxième tour n’est absolument pas joué, contrairement à ce que serinent les médias officiels depuis hier soir. Certes Nicolas Sarkozy semble avoir moins de réserves de voix que François Hollande, mais l’arithmétique en la matière est délicate.  Il se pourrait que l’abstention soit plus forte dans deux semaines ; mais surtout les scores de Marine Le Pen et François Bayrou, officiellement autonomes, ne permettent pas de s’additionner de façon nette pour dégager une victoire. Il va donc falloir attendre que le candidat centriste et la présidente du FN en disent un peu plus. Si François Hollande est le favori, Sarkozy a encore des atouts en main, et notamment ses capacités rhétoriques et sophistiques dans le débat du deuxième tour. A ce sujet, Sarkozy a proposé trois débats, Hollande a refusé.

Quid de Mélenchon ?

Le discours de Jean-Luc Mélenchon est plus ambigu que ce que les commentateurs en ont bien voulu dire. Dans son discours d’hier soir, s’il appelle à voter Hollande, il précise que c’est juste pour « battre Sarkozy ». Il donne rendez-vous à ses électeurs aux législatives et veut que les socialistes gagnent la présidentielle afin d’être leur aiguillon. Dans ce discours, Mélenchon a procédé à une critique très virulente contre François Hollande. Pour exister, il doit être un allié nuancé du PS : allié pour avoir des élus, nuancé pour être crédible aux yeux de ses militants. Le séant entre deux chaises : c’est ce qui s’appelle une position inconfortable.

Quel avenir pour le Front national ?

En 2007, Sarkozy s’enorgueillissait d’avoir tué le Front national. Or ce même FN n’a jamais été aussi vigoureux qu’aujourd’hui. En renvoyant dos à dos Hollande et Sarkozy, Marine Le Pen s’inscrit dans une voie d’indépendance revendiquée et hier soir, elle n’a même pas évoqué le deuxième tour. Pour Florian Philippot, elle devient de fait le « chef de l’opposition ». Les élections législatives vont avoir une importance capitale pour transformer cet essai : la tâche n’est pas évidente lorsqu’on sait que l’oligarchie UMPS a mis en place un système majoritaire qui profite toujours aux mêmes et donne un Parlement assez peu représentatif du paysage politique français. Quoi qu’il en soit, hier, le score de Marine Le Pen était le sujet principal à la télévision et ses électeurs étaient courtisés par l’UMP comme le PS ; son discours du 1er mai sera donc très attendu.

Crédit photo : Pierre-alain dorange via Wikipédia, licence CC.

Jacques Colombier (FN) : « La deuxième place se jouera dans un mouchoir de poche »

Jacques Colombier (FN) : « La deuxième place se jouera dans un mouchoir de poche »

20/04/2012 – 15h00
BORDEAUX (NOVOpress via Infos Bordeaux) – Hier, à trois jours du premier tour des élections présidentielles, Jacques Colombier, secrétaire départemental du Front national en Gironde, a accepté de répondre aux questions d’Infos-Bordeaux, sur un scrutin dont il perçoit une issue plus serrée que celle promise par les sondages.

Infos-Bordeaux : Marine Le Pen a-t-elle une chance d’accéder au second tour de l’élection présidentielle ?

Jacques Colombier : Oui tout à fait ; la deuxième place se jouera dans un mouchoir de poche. Nous sentons sur le terrain chaque jour un accueil et une adhésion grandissante au projet de Marine Le Pen et un rejet clair des frères siamois de la politique que sont Sarkozy et Hollande. Même les sondages qui semblent déjà donner le 2ème tour avant l’élection, et ce n’est pas innocent, font remonter la candidate du Front National. C’est dans la dernière semaine que se joue le match.

Si elle était élue, quelles seraient ses premières mesures ?

Redonner le pouvoir aux français, c’est à dire renégocier les traités européens véritables carcans qui les privent de décider qui entrent et restent chez nous, qui empêchent de protéger nos entreprises et donc nos emplois ; mettre en place la préférence nationale pour l’emploi, le logement comme les prestations sociales ; redonner du pouvoir d’achat aux français en augmentant de suite de 200 euros les plus bas salaires ceci compensé par une taxe sur les importations.

Comme en 2007, le président sortant peut-il arriver à séduire une part de votre électorat ?

Je ne le pense pas. Les français ont pendant cinq ans, ce n’est pas rien, eu le temps de s’apercevoir que N.Sarkozy avait tout promis et rien tenu ; que cet homme n’avait ni convictions ni colonne vertébrale. Il a non seulement trahi mais accéléré l’islamisation de notre pays ; il a augmenté le poids des impôts et taxes. Il est totalement acquis à l’Europe supranationale qui veut dissoudre la France dans un conglomérat européiste puis mondialiste. Il a livré la France aux marchés financiers, à la dictature de la finance et appauvrit les Français. Voilà ce que représente concrètement le vote Sarkozy.

Que diriez-vous à un électeur tenté d’apporter son suffrage à Nicolas Sarkozy ?

Une fois tous les cinq ans les Français ont enfin l’occasion de peser et de sanctionner cette politique mortelle pour la France. Qu’on se s’y trompe pas c’est une question de SURVIE pour notre Pays comme nation libre et souveraine. L’heure est grave et le choix est clair : soit on reprend les mêmes et on continue soit on prend une autre voie celle de la nation, de la France pour résister, pour gagner.

Le Front national semble en retrait sur les « fondamentaux ». Au moment où la parole se libère et les faits semblent donner raison aux analyses du Front national, n’est-ce pas paradoxal ?

Marine Le Pen pendant cette campagne a défendu ce qui a fait du Front National un immense espoir pour des millions de français depuis des années : que ce soit la défense de notre identité en combattant l’immigration véritable invasion, la reconquête de la souveraineté de notre pays et du pouvoir d’achat des français, la résorption de la dette, la lutte sans concession contre l’insécurité, la sauvegarde de nos valeurs, de notre culture et des racines chrétiennes de la France, elle a été très clair sur cela. Les faits nous donnent en effet raison, c’est ce qui sera déterminant dans cette campagne. Nous devons la vérité aux français elle nous rend libre et plus fort face au système.

Les élections législatives auront lieu dans un mois et demi. Quelle est la situation en Gironde ? Le Front national a-t-il investi des candidats « d’ouverture » ?

En Gironde elles concernent douze circonscriptions. Le Front National présentera douze candidates et candidats. La liste sera dévoilée juste après les présidentielles. Dans le cadre d’un rassemblement des patriotes un candidat d’ouverture a été investi, faisant partie du Siel le mouvement souverainiste de Paul Marie Couteaux.

A bas la jeunesse !

A bas la jeunesse !

Avant, les jeunes, c’était chouette. De braves petits gars préoccupés de la marque de leur pantalon taille basse, les fesses à moitié à l’air, qui manifestaient contre le FHaine. Parfois même, leur cortège se faisait attaquer par des racailles – je reprends – parfois même, leur cortège se faisait interpeller par des adolescents issus de la diversité qui leur signifiaient aimablement leur désir de partage unilatéral. Ah, quel beau tableau pour les journalistes ! Las, tout fout le camp et l’on peut lire à présent en une du « Monde » qu’ils sont plus d’un quart, ceux âgés de 18 à 24 ans, à se préparer à voter Marine Le Pen [en outre le sondage trouve que c’est elle qui recueille le plus d’intentions de vote dans cette tranche d’âge].

Où allons-nous ? Que les paysans, les ouvriers, les boutiquiers, les chômeurs et les vieux votent FN, passe encore, mais les jeunes ! Le mouvement, l’avenir, l’insolence, la liberté ! Tout repose sur eux ! Le marigot n’en revient pas. On a bien essayé de relativiser. Attention, c’est quand même pas l’élite. C’est le sociologue Sylvain Crépon qui vous le dit… Plutôt le genre bas du front. Peu éduqués. Peu diplômés. Peu politisés. Pauvres de surcroît. Des débiles, quoi. Il fut un temps où la gauche eût été fière de représenter les damnés de la terre. Aujourd’hui, elle en parle avec une pince à linge sur le nez.

Sales jeunes ! On a tout fait pour eux. On les gave de fêtes de la musique, de concerts gratuits, de « prides » et de nuits blanches et voilà comment ils nous remercient. Les associations antiracistes sont au désespoir. Trente ans de subventions et de bourrage de crânes, des mains jaunes placardées partout et voilà le résultat. Nos jeunes sont racistes, xénophobes, séniles, trouillards, franchouillards, repliés sur eux-mêmes ! Ils n’ont rien compris aux bienfaits de la mondialisation ! Ils réclament des frontières ! Ils ne croient pas que l’immigration soit une chance pour la France ! Probablement un problème de pédagogie. Il faudra bien se résoudre à doubler les subventions de SOS Racisme si on veut éviter le retour de la Bête immonde.

Le fier prolétaire incarnant l’espoir révolutionnaire a disparu dans l’imaginaire de la gauche le jour où il a commencé à pester contre l’ouvrier étranger qui venait prendre son pain et tirer son salaire à la baisse. Qui sait si les jeunes ne vont pas à leur tour disparaître du logiciel de l’espoir ? Il ne restera plus alors de la France idéale que des vieux soixante-huitards avachis, des énarques, quelques cadres dynamiques et les bobos des villes. Le pays réel, quoi.

Que ces jeunes soient la première génération à vivre le déclassement que leur impose un système devenu fou ou qu’ils soient en première ligne, encore, dans les tentatives de fraternisation des adolescents issus de la diversité ne compte évidemment pas. Si les jeunes votent FN, c’est qu’il y a quelque chose qui leur a échappé. Personne n’en démordra. La survie du système en dépend.

Il s’en trouve même certains parmi eux à redouter que la crise n’empire. La crise ? Quelle crise? Elle est finie, la crise ! Un mauvais souvenir tout au plus. Les Etats ont renfloué les banques et leur ont ainsi permis de spéculer contre eux! Elle est pas belle, la vie ? La bourse nous a bien fait une petite rechute la semaine dernière, mais on était trop occupé à disserter sur le permis à points pour s’en inquiéter. « Il est fort possible que la situation soit pire que ce que nous avons connu en 2008 », déclarait il y a deux mois le chef économiste du FMI, Olivier Blanchard. Un rabat-joie, celui-là. Il n’y a plus que Bayrou qui s’obstine à parler des 1700 milliards d’endettement public à résorber pour sauvegarder notre indépendance, mais plus il en parle, plus il baisse dans les sondages! Forcément, ça calme ses collègues qui préfèrent vendre de la belle et bonne promesse bien ciblée. Quant à la Grèce qui agonise, l’Espagne et le Portugal qui entament leur chute, l’Italie qui vacille… motus et bouche cousue.

L’Europe menace de sombrer dans l’apocalypse, mais pas de panique: on versera dorénavant les pensions de retraite le 1er du mois au lieu du 8. Applaudissements des militants.

Et puis d’ailleurs ne venez pas embêter nos dirigeants avec la crise, ils n’en ont aucune responsabilité.

La crise, elle nous est tombée dessus comme la grêle au printemps ou une pluie de crapauds en enfer. Elle relève de la pensée magique. C’est l’abstraction pure qui échappe à la raison. Certains en font même une excuse: « J’aurais bien fait ci ou ça, mais vous comprenez, il y a eu la crise, alors… » Il faut se pincer pour y croire. « Sur les étagères de mon bureau, un rayonnage entier est occupé par les livres sérieux qui, depuis des années, évoquaient, décrivaient, analysaient le désastre annoncé. Une crise rendue inévitable par le basculement dans la folie de l’économie mondiale financiarisée », écrit Jean-Claude Guillebaud dans « Le Nouvel Obs » du 15 mars (cité par « Le Canard enchaîné » de la semaine dernière).

Vous imaginiez que gouverner, c’était prévoir ? Vous aviez tout faux !

Au fond, ils ne sont peut-être pas si bêtes que ça, les jeunes.

Julien Jauffret

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 18 avril 2012 reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

A bas la jeunesse !

Le petit-fils de Guillaume Seznec rejoint le comité de soutien de Marine Le Pen

Le petit-fils de Guillaume Seznec rejoint le comité de soutien de Marine Le Pen

15/04/2012 – 11h00
PLOMODIERN (NOVOpress Breizh) – Le petit-fils de Guillaume Seznec, qui s’est engagé depuis de nombreuses années pour obtenir la réhabilitation de son grand-père, a annoncé aujourd’hui qu’il rejoignait le comité de soutien de Marine Le Pen
.

« A mes yeux, seule Marine, finalement, défend des valeurs républicaines qui protègent encore le peuple. C’est pourquoi je prends la décision de la soutenir dans ce combat pour la démocratie, en rejoignant son Comité de soutien », a déclaré Denis Seznec (photo) à l’AFP.

Suite à la disparition de son ami Pierre Quéméneur, conseiller général du Finistère, dont le corps n’a jamais été retrouvé, Guillaume Seznec avait été condamné en 1924 aux travaux forcés à perpétuité par la cour d’assises du Finistère pour le meurtre de ce dernier. Guillaume Seznec a toujours farouchement nié ce crime et n’a cessé, jusqu’à son décès, en 1954, de proclamer son innocence. L’affaire avait eu à l’époque un très grand retentissement en Bretagne et en France. Déporté dans les bagnes de Guyane, Guillaume Seznec bénéficia finalement d’une remise de peine en mai 1946 et rentra en France l’année suivante. Il mourut en 1954 des suites d’un accident automobile.

Depuis, ses descendants, et en particulier son petit-fils Denis Seznec, se sont toujours battus pour obtenir la réhabilitation du condamné. Ce dernier est à l’origine de la création de France Justice, association reconnue comme ONG par l’ONU. France Justice est à l’origine de la loi du 23 juin 1989 dite « loi Seznec », votée à l’unanimité par le Parlement, modifiant la procédure de révision des cas jugés par une cour d’assises. En 2006 la Cour de révision a une nouvelle fois refusé de réhabiliter Guillaume Seznec.

Proche de Gilbert Collard, Denis Seznec affirme qu’il « reste et demeure gaulliste ». Déclarant agir « à titre purement personnel » il estime que « la vraie fracture dans notre pays n’est plus, désormais, entre la droite et la gauche » mais qu’ « il y a simplement ceux qui croient en la France et ceux qui n’y croient pas ».

Crédit photo : Esby, via Wikimédia, licence CC
Nadine Morano appelle à voter Marine Le Pen sur Twitter !

Nadine Morano appelle à voter Marine Le Pen sur Twitter ! [vidéo]

13/04/2012 – 18h50
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) –
Belle gaffe de la part de Nadine Morano, qui a twitté sur son compte une vidéo intitulée « François Hollande : comment je gagne ma vie à ne rien foutre » sans la regarder jusqu’au bout.

Hélas pour la grande supportrice de Sarkozy, la vidéo se termine par ces mots « Contre l’aberration gauchiste, un seul vote : Marine Le Pen ». Cette vidéo, qui fait le tour de la Toile depuis plusieurs semaines, est extraite du compte YouTube de l’« UMP », mais entendez par là : « Union pour un mouvement pourri ».

Pour le cabinet de la ministre « C’est vraiment une erreur (…) une mauvaise manipulation qui ne veut absolument pas dire que Nadine Morano va voter Marine Le Pen ».

La vidéo en cause :

Election présidentielle : les jeunes votent Marine Le Pen

10/04/12 – 18h00
PARIS (NOVOpress)
– Voilà un sondage qui bouscule les idées reçues concernant le vote « nationaliste » en France ! A rebours des clichés sur la « nostalgie » et le « passéisme », c’est chez les jeunes que Marine Le Pen trouve le plus large soutien et le plus fort taux d’intentions de votes aux prochaines élections présidentielles.

Dans une France vieillissante, frileuse, encore empêtrée dans l’héritage soixanthuitard, la présidente du Front national recueille 26 % des suffrages chez les 18-24 ans et devance d’un point François Hollande (25 %). La candidate nationale gagne ainsi près de 13 points depuis la précédente étude CSA faite sur les jeunes en décembre 2011.

Un sondage somme toute logique à l’heure où les retraités et les « post-soixanthuitards » bénéficient encore d’un certain confort social et financier et se maintiennent coûte que coûte aux postes de pouvoir, alors que les jeunes générations sont confrontées de plein fouet à la violence des bandes ethniques et à la précarité économique issue du capitalisme libéral incontrôlé.

Crédit Photo : RemiJDN via Flickr (CC)

Présidentielles 2012 : Cliver ou pasteuriser ? Par Yvan Blot

Présidentielles 2012 : Cliver ou pasteuriser ? Par Yvan Blot

[box] Article reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia.[/box]

[box class=”info”] Cliver ou pasteuriser ? Rassurer ses adversaires ou mobiliser ses partisans ? Adopter une stratégie de confrontation ou préférer le compromis ? Telles sont les clés d’analyse d’Yvan Blot, à trois semaines de l’élection présidentielle du 22 avril 2012. Sarkozy et Mélenchon, qui remontent dans les sondages, bénéficieraient d’une prime au « clivage », d’autant qu’ils bénéficient de médias très complaisants. Polémia livre ce texte à la réflexion critique de ses lecteurs. Affaire à suivre…

Polémia, 30/3/2012. [/box]

La stratégie diagonale : penser aux adversaires

L’évolution des sondages montre une fois de plus que la stratégie de polarisation l’emporte sur la stratégie diagonale pour gagner une élection. La stratégie diagonale postule que pour gagner une élection un candidat doit mobiliser ses électeurs mais aussi essayer d’étendre son électorat aux dépens de l’adversaire : un candidat de droite, comme Marine Le Pen (et avant elle Chirac ou Giscard) va donc vouloir se recentrer et emprunter des thèmes à la gauch: étatisme économique ou au moins social-démocratie, laïcité militante, critique du libéralisme économique, etc.)

A gauche, il s’agit, de façon symétrique, de récupérer des électeurs du centre ou de la droite. C’est ce qu’ont fait pendant longtemps les socialistes français tant ils étaient anticommunistes. Hollande a repris cette stratégie perdante : comme il pense que le socialisme mènera la France à l’échec économique (ce qui est vrai) il prend une position centriste agrémentée de quelques réformes symboliques dites sociétales, qui ne coûtent rien aux finances publiques, comme le mariage des homosexuels ou le vote des étrangers.

La stratégie de polarisation : penser aux abstentionnistes

La stratégie de polarisation tient compte de la dynamique électorale. Il faut mobiliser ses électeurs par un discours offensif sans concession, et ce discours entraînant permet de mobiliser les abstentionnistes, d’où un élargissement réel de l’électorat.

C’est ce qu’avait su faire François Mitterrand qui avait compris qu’il fallait mobiliser toute la gauche et c’est lui qui a réussi à prendre le pouvoir. Mélenchon, sur une position très dure, proche de celle des anciens communistes, est son héritier quant à la stratégie.

A droite, Sarkozy utilisa cette stratégie « dure » lors des précédentes élections présidentielles avec succès. Aujourd’hui, il tente de refaire la même opération, mais c’est plus difficile car, pendant cinq ans au pouvoir, il a en partie succombé aux sirènes de la stratégie diagonale en voulant mordre sur la gauche (reprise de la théorie absurde de la double peine pour le renvoi des étrangers illégaux, nominations de ministres venant de la gauche comme Besson ou Kouchner, etc.)

Les résultats indiqués par les sondages ne sont nullement surprenants. Sarkozy par sa politique gouvernementale considérée, à tort ou à raison, comme trop « centriste » par ses électeurs a démarré la campagne avec de mauvais sondages. Il remonte à présent et double Hollande au premier tour (29,5% pour Sarkozy contre 28% pour Hollande – Source BVA, baromètre du 22 mars). Sarkozy reprend des points, un peu sur Bayrou et nettement sur Marine Le Pen.

Mélenchon et la lutte des classes

Mélenchon, avec son retour à la lutte des classes sans concession, fait une percée à gauche au détriment de Hollande. Ainsi, il peut espérer doubler Marine Le Pen en intention de votes (plus 5 points en un mois alors que Marine Le Pen perd deux points – Source BVA). Selon BVA (baromètre du 22 mars), Mélenchon fait 15 points, contre 13% pour Marine Le Pen et 12% pour François Bayrou. [Ces chiffres sont à interpréter avec prudence. D’autres sondages sont nettement plus favorables à Marine Le Pen qui semble avoir bénéficié de la remise au cœur du débat des questions d’immigration à la suite des attentats de Montauban et de Toulouse – Note de la rédaction.]

La tendance des courbes depuis un mois est indiscutable [au moins jusqu’à l’affaire Mohamed Merah – NDLR] : Sarkozy et Mélenchon montent, Hollande et Marine Le Pen baissent. Une fois de plus, les stratégies de « recentrage » plombent ceux qui les mettent en œuvre. Hollande n’est pas assez à gauche pour reprendre des voix à Mélenchon. Son discours n’est guère audible car il veut donner des gages à l’Union européenne et au grand tuteur américain (défense de l’Europe et du libre-échangisme).

Mélenchon joue, comme la gauche depuis toujours, sur la jalousie sociale, la haine des « riches », et donc sur la lutte des classes, et c’est payant, surtout dans le contexte culturel français marqué durablement par la Révolution française. Il peut mettre en avant la République et la laïcité : à gauche, c’est mobilisant de façon non équivoque.

Marine Le Pen et la dédiabolisation

A droite, Marine Le Pen, soucieuse de se dédiaboliser, a pris un état-major venu de la gauche (Collard, Philippot) voire du communisme (Dutheil de la Rochère). Elle a publié un livre centré sur la lutte des classes mondiales et sur la solution étatiste pour la France. Elle ne gagne rien, ce faisant, et risque de perdre lentement mais sûrement des points. La fraction plus dure de son électorat (catholiques, monarchistes, conservateurs en matière de mœurs, libéraux à la Thatcher, identitaires) peut se détourner d’elle et devenir perplexe. Elle peut essayer de se recentrer sur ses fondamentaux (insécurité, immigration) mais n’est-ce pas déjà fort tard ?

Sarkozy et l’audace verbale

Nicolas Sarkozy a repris la recette de ses précédentes présidentielles et gagne des points peu à peu par rapport à Hollande, lequel en perd au profit de Mélenchon. Cela ne suffit pas toutefois à vaincre au deuxième tour. Sarkozy, qui fut surnommé par certains (à juste titre, semble-t-il), « l’Américain » (il a fait rentrer la France dans l’OTAN), n’hésite pas à aborder des sujets qui fâchent (notamment Mme Merkel) en disant qu’il reverra les Accords de Schengen pour mieux lutter contre l’immigration : cette audace (verbale ?) est payante. Il tente de prendre des points sur Marine Le Pen sur l’insécurité et l’immigration (et aussi sur l’utilisation du référendum, très populaire chez les Français) et il est mieux positionné qu’elle (plus crédible) sur les sujets économiques et sociaux. Sortir de l’euro, cheval de bataille de Marine Le Pen, n’est absolument pas un bon thème électoral. On n’a jamais vu De Gaulle en 1958 faire campagne sur la dévaluation du franc ! Une fois au pouvoir, il l’a fait mais ce n’était pas ce thème débilitant qu’il avait choisi pour mobiliser ses électeurs.

En résumé, les bons choix stratégiques ont été faits par Sarkozy et Mélenchon et ils engrangent les résultats correspondants. Les mauvais choix qui troublent leurs électeurs ont été fait par François Hollande (qui reste économiquement correct par rapport à l’Union européenne et à la tutelle américaine) et Marine Le Pen (ultra-laïcisme, références historiques de gauche, jusqu’à Danton et Robespierre, sortie de l’euro).

Mélenchon rêve de passer devant Marine Le Pen qui avait refusé de débattre avec lui parce qu’il était un « petit » candidat ! En matière de laïcité ou d’anticapitalisme, il sera toujours plus crédible qu’elle ! Sarkozy lui, a déjà, semble-t-il, doublé Hollande au premier tour. Le deuxième tour sera serré !

Yvan Blot

[box class=”info”] Source : Polémia – 30/03/2012 [/box]

Image : Les candidats à la présidentielle François Hollande, Nicolas Dupont-Aignan, François Bayrou et Marine Le Pen assistent, le 21 mars 2012, à Montauban, à la cérémonie en hommage aux trois parachutistes tués le jeudi 15 mars.

La politique en noir et blanc ou Pour qui roule Jean-Luc Mélenchon ?

La politique en noir et blanc ou Pour qui roule Jean-Luc Mélenchon ?

[box] A un mois du premier tour de l’élection présidentielle de 2012, Jean-Luc Mélenchon est porté aux nues dans les médias. Car il entre dans le jeu tactique du candidat Sarkozy, dont il affaiblit les concurrents, et dans la stratégie de la superclasse mondiale car si le sénateur Mélenchon vitupère il ne conteste ni l’immigration, ni le libre-échange ; enfin, il concentre ses coups sur la candidate populiste. [/box]

M. Jean-Luc Mélenchon monterait dans les sondages. Il talonnerait, paraît-il, Marine Le Pen et dépasserait François Bayrou (LeFigaro.fr du 27 mars 2012). C’est la nouvelle que les médias nous diffusent en ce moment sur l’air des lampions.

C’est en tout cas une bonne nouvelle pour Nicolas Sarkozy. Car le candidat du Front de gauche aurait l’avantage de prendre des voix à la fois au parti socialiste et à Marine Le Pen. Il favoriserait en outre une dispersion des suffrages au premier tour dont le président candidat espère profiter. Comme la majorité des journalistes déclare en outre une sensibilité de gauche, tout le monde rame dans le même sens : des pigistes aux commanditaires, pour promouvoir saint Jean-Luc en qualité de populiste fréquentable. Voilà, pour l’oligarchie, ce qui s’appelle joindre l’utile à l’agréable.

Un vieux film nostalgique

L’homme a, il est vrai, un talent oratoire certain : une voix impérieuse qui s’entend, un style gouailleur et la tête de l’emploi. On le verrait bien jouer dans un film policier en noir et blanc à côté de Lino Ventura ou avec Jean Gabin dans La Bête humaine de Jean Renoir.

Car il nous la joue sur un mode nostalgique, Jean-Luc : il nous mime le retour de la gauche laïque du temps des deux Georges : Georges Marchais pour le parti communiste et Georges Séguy pour la CGT. Il nous repasse un vieux film politique mais en version colorisée, badigeonnée d’un soupçon de révolte sur la Place de la Bastille, au son de l’accordéon : cela plaît aux bobos qui, eux, rêvent de revivre Mai 1981 à défaut de Mai 1968.

Jean-Luc excelle à nous renvoyer à l’époque où le monde était simple et écoute son programme électoral comme on verrait de vieilles images d’actualité en cinéma muet : il n’y a qu’à « prendre l’argent où elle est », comme disait le vieux Georges, créer des emplois publics et des logements sociaux, nationaliser et, bien sûr, faire payer les riches. Jean-Luc promet aussi de mettre en place une Constituante, comme en 1946.

A lire son programme électoral on se sent rajeunir : nous ne sommes plus en 2012 mais au mieux en 1970. Cela doit assurément plaire aux papys qui rêvaient d’un grand soir de « justice sociale ». Nostalgie, quand tu nous tiens…

Il a tout compris

Mais Jean-Luc est fine mouche : il a tout compris.
Il a compris qu’il est d’autant plus médiatisé qu’il dirige ses diatribes contre Marine Le Pen. Cela lui donne un brevet d’honorabilité. D’ailleurs, on le voit partout aujourd’hui : à croire qu’il ne se déplace plus qu’entouré d’une meute de paparazzis, comme les stars.
Il est vrai qu’il est nettement plus drôle dans son rôle que NKM, la revêche porte-parole de Nicolas Sarkozy qui déclare préférer voter pour François Hollande plutôt que pour Marine Le Pen, ce qui a un peu troublé la stratégie dudit Nicolas.

L’habit de lumière de l’antirââcisme et de l’antifââscisme

Dans le rôle de procureur public, il endosse alors l’habit de lumière de l’antirââcisme et de l’antifââscisme avec talent : c’est un beau numéro d’équilibriste car, d’un côté, il nous dit qu’il faut lutter contre les patrons et le système de l’argent, mais, de l’autre, il concentre ses attaques sur les identitaires et les populistes qui ne représentent pourtant assurément pas les intérêts du CAC 40.

L’extrême gauche pratique la même escroquerie morale avec constance depuis 1968 : lutter, au nom de la révolution, contre tout ce qui pourrait faire concrètement obstacle… au pouvoir de l’argent-roi. Jean-Luc a repris le filon sans vergogne, pour le plus grand profit du Système.

La révolte, mais pas trop quand même

Mais s’il fait dans un style qui se veut populaire, Jean-Luc reste toujours dans les limites de la décence : car c’est la condition de sa sainteté médiatique. D’ailleurs il se veut « républicain », ce qui en novlangue veut dire « politiquement correct ». Il veut changer, faire la « révolution par les urnes » mais pas trop quand même.

Jean-Luc Mélenchon trouve un écho dans une partie de l’opinion car lui aussi parle concrètement : il parle des salaires, du chômage, de l’école, de la précarité et de la pauvreté. Il promet que nous « vivrons mieux ».

Mais notre joueur de flûte se garde bien cependant d’aborder les vraies causes de la paupérisation en France : le libre-échange mondialiste et l’immigration de peuplement.

Un surplace idéologique

Jean-Luc proclame qu’il faut « désobéir au Traité de Lisbonne » mais ses positions sur l’Europe sont imprécises et inodores. Il faut dire que le sénateur Mélanchon a voté le Traité de Maastricht. Il ne dit rien de l’euro et n’emploie pas le mot « protectionnisme ».

De même, pour lui l’immigration « n’est pas un problème » : il promet d’ailleurs de régulariser les clandestins, de renforcer le droit du sol et d’établir un droit à la naturalisation. Le MEDEF serait content s’il était élu !

Le « peuple » de Jean-Luc date lui aussi manifestement : il remonte à 1970, au temps où certains s’inquiétaient qu’il puisse y avoir un jour un million d’immigrés en France. Un temps qui nous fait rêver rétrospectivement, mais ce n’est plus le nôtre, hélas.

Jean-Luc prône une « Constituante » mais pour promouvoir le régime d’assemblée élue à la proportionnelle, c’est-à-dire le régime des partis. Sa VIe République c’est en fait la bonne vieille IVe République. Il n’est d’ailleurs pas trop favorable au référendum : tout juste le préconise-t-il pour « régler la question du nucléaire ». Sans doute pour complaire aux écolos.

Notre révolutionnaire en cravate rouge déploie ainsi beaucoup d’énergie à faire du surplace politique : c’est vrai que c’est une belle performance !

Un vieux logiciel

Manifestement le logiciel de Jean-Luc date : c’est un logiciel de gauche, au surplus une version dépassée qui n’est plus en vente à la FNAC. C’est pourquoi il plaît au Système et aux nostalgiques.

Car il est sans surprise, Jean-Luc : il ne s’attaque qu’à la surface des choses et surtout aux concurrents de ce bon Nicolas. Avec lui on ne risque pas le changement et on le verra sans doute lors du second tour des présidentielles. C’est sans doute pourquoi il prétend que voter pour lui c’est le « vote utile ». Mais utile à qui finalement ?

Michel Geoffroy
27/03/2012

Voir aussi :
Les convergences paradoxales de l’extrême gauche et de la superclasse mondiale

[box class=”info”] Source : Polémia – 30/03/2012 [/box]