Vingt ans après : vers un « front républicain » des traîtres et des cocus

front républicain

A peine les deux protagonistes du second tour connus, alors même que le dépouillement des votes n’était pas terminé, le premier réflexe de la quasi-totalité des candidats éliminés a été, dans un bel ensemble, d’appeler à « faire barrage à l’extrême droite » en votant pour Emmanuel Macron le 24 avril. S’il fallait encore une preuve de l’affolement apeuré qui s’empare du système des copains et des coquins à la perspective de l’élection d’un président patriote, celle-ci suffirait amplement.

C’est le communiste Roussel qui s’est précipité le premier pour exhorter ses faibles troupes à voter pour l’homme de la retraite à 65 ans. Le reste de la « gauche » a ensuite défilé pour entonner le même refrain, le petit doigt sur la couture du pantalon, auxiliaires empressés de l’homme du capital. Jean-Luc Mélenchon, pour sa part, s’il n’a pas appelé directement à voter Macron, a invité ses partisans à « ne pas donner une seule voix à Mme Le Pen ». Seule Nathalie Arthaud, de Lutte ouvrière, n’a pas donné de consigne de vote, renvoyant dos à dos les deux candidats.

Les « damnés de la terre » vont donc apporter massivement leurs scrutins à l’enfant de Rothschild et de McKinsey, au grand casseur social, à l’éborgneur de Gilets jaunes, au démolisseur des services publics… Si la situation de notre pays n’était pas si tragique, on en rirait volontiers.

Alors que nous commémorons le fameux « 21 avril 2002 » (fameux à plus d’un titre), c’est donc reparti pour un tour, la momie « front républicain » est sortie de son tombeau et on s’apprête à agiter de nouveau les bannières mitées de « l’antifascisme de salon ». « No pasarán ! », va-t-on hurler dans les rues, comme les grands ancêtres en 1936 à Barcelone, et, espérons-le, avec la même efficacité. Rien ne semble avoir changé, tout est prêt pour deux semaines de propagande intensive à base de « valeurs républicaines », d’« heures les plus sombres » et de « dangers de l’extrémisme ». Les Français sont-ils toujours dupes ? On peut, hélas ! le craindre, tant le battage médiatique est imposant et permanent, mais on peut aussi espérer que la dégradation de leurs conditions de vie et le progressif effacement de la France à laquelle ils restent attachés leur fassent enfin choisir une véritable alternative. Nous le saurons dans deux semaines cruciales pour l’avenir du pays.

Quoi qu’il en soit, une fois encore, face aux périls qui menacent la France et les travailleurs français, la gauche dite « radicale » s’est déshonorée et a démontré qu’elle n’est qu’une désolante supercherie qui a définitivement abandonné le combat social au profit de ses lubies sociétales et de ses passions xénophiles et immigrationnistes. Quant à la droite « libérale » – en tout cas aux débris qui en restent –, elle a été égale à elle-même : ridicule et lâche.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 11 avril 2022

Jean-Yves Le Gallou sur Marine Le Pen au 2nd tour : « Merci qui ? Merci Zemmour ! »

zemmour le pen

La politique c’est le monde du bruit et de la fureur. De l’injustice et de l’hétérotélie. Marine Le Pen a tempêté contre la candidature qu’elle jugeait concurrente d’Éric Zemmour. Et pourtant comme je l’écrivais le 27 mai 2021 : « pour Marine Le Pen l’atout chance pour accéder à l’Élysée serait une candidature Zemmour ! » car « on ratisse mieux à deux que tout seul ! » Et il est très clair au soir de ce premier tour que le total de voix rassemblées par Éric Zemmour et Marine Le Pen (environ 30,2 %) est supérieur à ce qu’avait obtenu seule la candidate du Rassemblement national en 2017 (21,3 %).

La candidature de Zemmour a présenté un triple avantage pour Marine Le Pen :

– Le candidat de Reconquête lui a servi de paratonnerre à la diabolisation (lui permettant même d’échapper au procès en « poutinisme »).
– Il a recentré le débat électoral sur deux fondamentaux désertés par le rassemblement national : l’immigration et la sécurité (lui permettant ainsi de baguenauder tranquillement sur le pouvoir d’achat).
– Il a convaincu des électeurs sociologiquement rétifs au populisme jugé démagogique de Marine Le Pen.

Marine Le Pen aborde donc le deuxième tour à partir d’un potentiel électoral beaucoup plus élevé qu’en 2017 et, pour la première fois dans l’histoire du Rassemblement national, avec une importante réserve de voix. D’autant que l’hostilité au sortant est forte dans l’opinion et qu’il est possible de surfer sur le « Tout sauf Macron ».

La victoire de Marine Le Pen est donc envisageable à quatre conditions :

– Qu’elle sache rassembler sans mépriser ni les conservateurs ni la droite ni les identitaires.
– Qu’elle tienne bon avec vigueur et dignité face à la formidable campagne de diabolisation qui s’annonce (alors que le bouclier en Kevlar/Zemmour aura disparu)
– Qu’elle se montre politiquement et techniquement à la hauteur en face de journalistes qui auront cessé d’être complaisants et d’un Emmanuel Macron plus combattif que jamais.
– Qu’elle soit en mesure de sécuriser la loyauté du scrutin dans les 60 000 bureaux de vote, en particulier dans les 5 000 bureaux de vote sensibles. Travail titanesque auquel son appareil est peu préparé.

Reste que Macron lui-même n’est pas complétement à l’abri d’une sortie de route…

Tribune reprise de Polémia

Marine Le Pen au second tour : dans les coulisses de la victoire

Marine le pen

Il est près de 19 heures, ce dimanche soir 10 avril, lorsqu’une voiture banalisée sort du périphérique parisien par la porte de Vincennes. À ses trousses, une vingtaine de motos à deux passagers hérissés de perches et de caméras. Marine Le Pen se dirige vers le parc floral où elle a organisé sa soirée électorale.

Lors de ces soirées, il y a des ambiances de veille de défaite. À une heure des résultats, ce n’est pas le cas, ce soir, sous le dôme qui bruisse de conversations. Présente parmi les convives, la sœur de Marine Le Pen, Marie-Caroline, se défend de tout pronostic : « Je ne pense rien, mais Macron ne devrait pas sortir très bien, ou alors c’est désespérant », confie-t-elle à Boulevard Voltaire. Un militant glisse à quelques journalistes assemblés autour de lui : « Je suis vraiment très confiant. » Une candidate locale des Yvelines assure que des militants LR sont venus spontanément lui proposer leurs services pour le deuxième tour. « Ce que j’ai le plus entendu, c’est le tout sauf Macron », dit-elle.

Un vaste écran surmonte la scène sur laquelle Marine Le Pen viendra prononcer son discours. Divisé en quatre, il diffuse quatre chaînes. En face, une estrade où s’entassent des dizaines de journalistes. Au fond, des buffets généreux.

Il est 19 h 55. Un mouvement de foule emporte vers le grand écran, ensemble comme un flot impérieux, les militants munis de drapeaux et les journalistes reconnaissables à leur étiquette presse et à leurs calepins ou caméras. À l’écran, Anne-Claire Coudray, sur TF1, promet le résultat dans deux minutes, puis une minute. Une « Marseillaise » retentit, chantée à gorge déployée, suivie de slogans : « On va gagner ! » Enfin, la salle entonne le décompte des secondes : 10, 9, 8, 7… Une clameur de joie accompagne le résultat. Marine Le Pen affrontera Emmanuel Macron au second tour des élections présidentielles de 2022. On s’embrasse, on se congratule. On entend une jeune militante confier à deux amis : « C’est la plus belle soirée de ma vie. »

Désormais, ces militants sont assaillis par les journalistes. Valérie Pécresse, que le camp Zemmour avait surnommée Madame 20 h 02 parce qu’il prévoyait qu’elle appellerait à voter pour le président de la République deux minutes après les résultats, se fait huer lorsqu’elle invite en effet ses électeurs à choisir le camp Macron. Lorsque Bardella lui succède à l’écran, il reçoit au contraire une ovation nourrie. Les « On va gagner » et « Marine Présidente reprennent de plus belle ». Un jeune militant du Nord explique : « Ça fait du bien, dit-il. On s’est défoncés, on a tracté, on a fait des marchés, on a tout fait. » Il rend hommage à la candidate. Il y croit. Une salve d’applaudissements accueille Éric Ciotti qui explique qu’à titre personnel, il ne votera pas pour Emmanuel Macron. Même traitement de faveur pour Marion Maréchal qui appelle à voter Le Pen. Le président de la République est hué, comme Valérie Pécresse. Il est 20 h 30. « Macron a pris les voix de Pécresse, explique un militant. Il nous reste quinze jours de campagne pour parler du bilan, des affaires, de McKinsey, des conflits d’intérêts. Marine Le Pen a de l’expérience. » La candidate va faire appel à tous ceux qui n’ont pas voté Macron.

Soudain, une bousculade manque de faire tomber les militants et les journalistes : Marine Le Pen, entourée de gardes du corps, quitte la salle en serrant des mains et en embrassant des connaissances.

Discret, le conseiller spécial de Marine Le Pen, Philippe Olivier, explique à Boulevard Voltaire que ce ne sera pas simple, pour Macron : « Cela se passe comme nous l’avions prévu. Les retraites vont servir d’épouvantail, explique-t-il. Et le camp national part avec un capital de 35 % des voix au premier tour : c’est considérable. » Il additionne les voix de Le Pen, Zemmour, Dupont-Aignan et Jean Lassalle. Et doute de l’efficacité du report des voix de Mélenchon. « Un électeur de gauche radicale ne votera pas pour Macron : il y a une porosité avec nous, certains sont passés dans notre camp avant de basculer chez Mélenchon, ils vont revenir. » Enfin, il sent le camp Macron « fébrile » et voit aboutir sa stratégie de long terme du peuple contre les élites.

Il est près de 21 heures, Zemmour apparaît à l’écran et appelle à voter Le Pen sous une salve d’applaudissements.

À l’autre bout de la salle, Jean-Lin Lacapelle, député européen RN, souligne que la présence de Zemmour dans la course prive Le Pen d’une pole position au premier tour et montre à quel point le clivage patriotes contre mondialistes a broyé la candidate LR. Il voit en faveur de Marine un projet plein d’espoir, une candidate crédible et proche du peuple, apte à résister à l’entreprise de diabolisation qui va repartir comme jamais. Résistera-t-elle, lui demande-t-on ? Il répond par une question : « Résistera-t-il ? » Le Président est, pour lui aussi, « très fébrile, très agressif, à la limite de l’insulte, il n’est pas prêt ».

De son côté, Le Pen va marteler ses thèmes : le pouvoir d’achat, le social, l’identité, le régalien.

La bataille pour la France n’est pas finie. Il reste quinze jours de campagne pour battre Emmanuel Macron qui a fait tant de mal. L’essentiel des militants est parti lorsque les chaînes d’information commencent à évoquer l’éventualité d’une qualification de Mélenchon au deuxième tour aux dépens de Marine Le Pen…

Marc Baudriller

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Eric Zemmour, candidat de Reconquête, a appelé ses électeurs à voter pour Marine le Pen face à Emmanuel Macron

[Entretien] Alain de Benoist : « L’électorat Zemmour est un électorat anti-immigration, celui de Marine Le Pen est un électorat anti-Système »

Entre la guerre en Ukraine, la fièvre nationaliste corse, les élections présidentielles qui arrivent, la radicalisation de la vie politique en France, il y avait énormément de sujets que Breizh-info voulait aborder en cette fin mars avec Alain de Benoist. C’est chose faite dans un entretien ci-dessous.

Breizh-info.com : Tout d’abord, que vous inspirent le déplacement de Gérald Darmanin en Corse et l’évocation d’une autonomie possible pour la Corse ?

Alain de Benoist : On pourrait parler de « divine surprise » s’il n’y avait pas quelques motifs d’être dubitatif. D’abord, c’est une drôle de façon de procéder que de se dire prêt « à aller jusqu’à l’autonomie » avant même que les négociations aient commencé. En général, on ne met pas sur la table le résultat de la discussion avant d’avoir commencé à discuter. Cela ressemble à un aveu de faiblesse, à moins qu’il ne faille y voir un geste démagogique ou une simple manœuvre électorale. Le problème se pose d’autant plus que la position adoptée par Darmanin représente une totale volte-face de la part d’un gouvernement qui, depuis cinq ans, s’est refusé à donner la moindre suite à toutes les demandes politiques formulées par les Corses. Rappelez-vous qu’en février 2018, lorsqu’il s’était rendu lui-même en Corse, Emmanuel Macron avait même opposé une fin de non-recevoir à ceux qui lui demandaient seulement de reconnaître le « caractère politique de la question corse ». Ce simple rappel justifie le scepticisme.

Ensuite il faudrait savoir ce que Darmanin entend par « autonomie ». Le mot peut recouvrir des choses bien différentes. Attendons donc de savoir ce que les amis d’Emmanuel Macron mettent sous ce terme. Quelle autonomie ? Dans quels domaines ? Par quels moyens ? La question-clé est celle-ci : le gouvernement est-il prêt à reconnaître l’existence d’un « peuple corse », demande fondamentale pour tous les autonomistes ? On sait que la Constitution s’y oppose, puisqu’elle ne veut connaître qu’une nation « une et indivisible » dans la pure tradition jacobine. Et si par extraordinaire on reconnaissait l’existence d’un peuple corse, comment s’opposer à la reconnaissance par exemple du peuple breton ? Comment nier plus longtemps qu’il existe à la fois un peuple français et des peuples de France qui, s’ils le souhaitent, devraient également, à mon avis tout au moins, pouvoir eux aussi accéder à l’« autonomie ». Mais je vois mal le gouvernement s’engager sur cette pente glissante. Ce serait trop beau !

Breizh-info.com : Quel regard portez-vous sur la campagne présidentielle, assez inédite finalement puisque les électeurs sont privés de débats entre des candidats qui mènent chacun campagne essentiellement dans leurs sphères respectives ? Là encore, est-ce le signe d’une démocratie malade ?

Alain de Benoist : Il existe à mon sens des signes beaucoup plus forts de la crise généralisée des démocraties libérales que cette absence de débats entre les candidats à la présidentielle ! D’ailleurs, vous exagérez un peu : il y a quand même eu quelques débats, mais force est de constater qu’ils n’ont pas intéressé grand monde. Ils se résument en général à un échange d’invectives et de procès d’intention qui ne font pas avancer les choses.

La grande caractéristique de la prochaine élection présidentielle est que, si l’on en croit les sondages, les jeux sont faits d’avance : Emmanuel Macron sera réélu. C’est ce que pense une majorité de Français, alors même qu’en majorité aussi ils semblent souhaiter qu’il n’en aille pas ainsi. Intéressant paradoxe. Il en résulte un désintérêt qui laisse prévoir, sauf événement de dernière minute, une très forte abstention qui pénalisera certains candidats plus que d’autres.

En octobre dernier, dans un entretien précédent, je vous avais dit qu’« on aurait tort d’enterrer Marine Le Pen ». C’était à un moment où tout le monde pariait sur son effondrement au profit d’Eric Zemmour. Je soulignais également que ce qui séparait essentiellement Marine Le Pen et Eric Zemmour, ce n’était pas tant leur personnalité ou leurs idées que leurs électorats (classes populaires ou moyenne bourgeoisie radicalisée) et leurs stratégies (« bloc populaire » ou « union des droites »). C’est ce qui s’est confirmé. Zemmour a jusqu’à présent échoué dans son ambition. Son électorat est instable, et il reste à peu près au niveau de Pécresse, qui est en baisse, et de Mélenchon, qui est en hausse. Ceux qui ont parié sur son succès ont cru que Marine Le Pen allait échouer parce que son parti se porte mal (ce qui est exact) sans voir que ses électeurs s’intéressent très peu au parti en question : ils votent Marine, pas Rassemblement national ! Quant aux ralliements à Zemmour, à commencer par celui de Marion Maréchal, ils n’ont, comme je l’avais prévu, strictement rien changé aux intentions de vote. Reste la donnée fondamentale : l’électorat Zemmour est un électorat anti-immigration, celui de Marine Le Pen est un électorat anti-Système. Il faudra s’en souvenir quand sonnera l’heure de la recomposition.

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Présidentielle : Marine Le Pen et Éric Zemmour ont obtenu leurs 500 parrainages

Marine Le Pen suspend sa campagne « jusqu’à l’obtention des parrainages » pour la présidentielle

Tabassés, menacés de mort, deux partisans de Le Pen et Zemmour racontent

agression militants

15/02/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Djessy est cadre local du RN à Honfleur dans le Calvados, Edouard est engagé à Génération Z dans les Yvelines, à Trappes. Ces deux militants, parmi d’autres, savent ce qu’il en coûte de s’engager pour la France : ils ont affronté la violence et les menaces de mort.

Les attaques contre ces deux jeunes-hommes, diffusées sur les réseaux sociaux, avaient ému la toile. Nous les avons rencontrés.

Nous vous livrons leur histoire et leur ressenti. Les bonnes consciences et les médias bien pensants n’auront pourtant pour eux aucune compassion.


Stéphane Ravier explique les raisons qui l’on poussé à rejoindre Eric Zemmour

Le Pen-Zemmour : duel de meetings et de styles

zemmour le pen

Michel Geoffroy livre une analyse de forme sur les styles très différents des deux meetings politiques qui ont animé le samedi passé : celui de Marine Le Pen à Reims et celui d’Éric Zemmour à Lille.

Comparaison formelle de deux meetings : celui d’Éric Zemmour à Lille et celui de Marine Le Pen à Reims le 5 février 2022

Les images fournies par les candidats

– La caméra montre Éric Zemmour mais très souvent aussi les participants et les soutiens au meeting, devant et derrière lui, en plan large. Peu de gros plans sur Zemmour. Une chorégraphie des militants bien organisée qui rythme le discours du candidat ; slogan de la campagne apparaissant visiblement en grand en fond, derrière l’orateur.

– Au contraire, Marine Le Pen est au centre des prises de vues, principalement en buste ; personne derrière elle ; peu de prises de vues de l’assistance ; agitation un peu désordonnée de drapeaux dans l’assistance. En fond, derrière Marine Le Pen, un grand M lumineux (qui peut passer aussi pour un V de victoire).

– Beaucoup plus de jeunes au meeting d’Éric Zemmour qu’à la réunion de Marine Le Pen, donnant une image plus dynamique du meeting mais pas nécessairement plus représentative de l’opinion ; plus de participants au meeting de Zemmour qu’à celui de Marine Le Pen qui n’était cependant pas un meeting au sens propre mais une convention.

Les discours

– Éric Zemmour parle sans donner l’impression de lire un texte, malgré les prompteurs ; forte conviction et tension dans son discours ; avec un crescendo à la fin (un peu couvert par les acclamations des participants cependant) entamant un dialogue rythmé avec les spectateurs (« C’est nous »).
Une approche originale et pédagogique autour du thème du pouvoir d’achat.

– Marine Le Pen ne cache pas qu’elle lit un texte ; elle donne en outre une impression de distance permanente par rapport à son propos (sourires, mouvement du corps, anecdote sur la présence d’une coccinelle sur son pupitre !). Un discours globalement assez plat sauf dans ses attaques d’ouverture contre Emmanuel Macron. À plusieurs reprises elle affirme qu’elle ne fléchira pas ou qu’elle fera preuve de fermeté : ce qui sous-entend évidemment en creux que justement on pourrait en douter ?
Pas de crescendo à la fin de son discours. Au contraire, Marine Le Pen a adopté un ton intimiste à la fin du meeting pour se présenter – sans lire de papier cette fois –, en donnant une image victimaire de sa personne (victime d’attentat, de discriminations, femme ayant élevé seule ses enfants), que les médias ont retenue. Cela semble traduire sa volonté d’apparaître moins clivante ou moins « extrémiste » qu’Éric Zemmour.

Conclusion évidente : deux styles différents. Zemmour plus combatif et plus collectif (nous allons gagner), Le Pen tenant un discours plus lissé et plus personnel (je vais gagner).

Tribune reprise de Polémia

500 parrainages : barrage en amont, par Franck Deletraz

Parrainages

Après Macron, qui continue lamentablement à faire campagne avec l’argent des Français et s’est même permis de se payer leur tête mardi en déclarant avec un sourire ironique qu’il allait « falloir songer à un moment » à officialiser sa candidature, ce sont donc Valérie Pécresse et Anne Hidalgo qui, avec respectivement 939 et 652 signatures reçues et validées par le Conseil constitutionnel, ont réussi à passer la fameuse barre des 500 parrainages nécessaires pour participer à l’élection présidentielle. Selon le dernier décompte réalisé par ledit Conseil et rendu public mardi, tous trois devraient bientôt être suivis par Nathalie Arthaud, la candidate de Lutte ouvrière qui, bien qu’étant créditée – comme Hidalgo, d’ailleurs – d’un pourcentage totalement ridicule par les différents organismes de sondages, n’est plus très loin d’obtenir les signatures suffisantes, avec 368 parrainages validés. Quant à Marine Le Pen et Eric Zemmour ? Alors qu’ils totalisent à eux deux près de 30 % des intentions de vote, ils pourraient bien se voir privés d’élections, faute d’avoir obtenu leurs signatures avant le 4 mars !

Le Pen et Zemmour privés d’élections ?

Une hypothèse jugée peu probable par nombre de gros médias de la Macronie, qui accusent régulièrement ces deux candidats de profiter des difficultés qu’ils rencontrent dans leur quête aux parrainages pour « faire parler d’eux ». Et pourtant, la menace est bien réelle : à en croire le dernier décompte publié par les « Sages », Eric Zemmour en serait aujourd’hui à 149 parrainages validés, et Marine Le Pen à seulement 139 ! Un véritable scandale quand on sait qu’au même moment, d’autres candidats crédités d’un nombre d’intentions de votes faible et même souvent ridicule, tels que Fabien Roussel (326), Jean Lassalle (316), Yannick Jadot (268), Nicolas Dupont-Aignan (232) ou encore Jean-Luc Mélenchon (224), ont tous dépassé la barre des 200 signatures validées.

L’indispensable anonymat des parrainages

Commentant ces chiffres mardi, Laurent Jacobelli, délégué national aux élus du RN, n’a d’ailleurs pas hésité à se dire « très inquiet » de cette situation. D’autant plus, a-t-il ajouté, qu’« on sent que l’étau se resserre sur les maires ». Pourtant, il y aurait un moyen simple et rapide de mettre fin à ce véritable déni de démocratie, en revenant notamment sur la loi de 2016 qui a interdit l’anonymat des parrainages en vigueur depuis la loi organique de 1962. L’anonymat levé, il était en effet évident que les maires se disant prêts à parrainer des candidats de la droite nationale, même si un tel parrainage n’a rien à voir avec un soutien, allaient immédiatement faire l’objet d’incessantes et gigantesques pressions, ainsi que d’un insupportable chantage aux subventions. Mais, n’était-ce pas là, justement, l’objectif visé par Hollande ? Reste que, comme le soulignait dernièrement le politologue Jérôme Sainte-Marie, si l’un de ces candidats ne pouvait pas se présenter, cela « représenterait un véritable déni de démocratie ». En effet, s’interrogeait-il, « comment justifier auprès des Français qu’un candidat crédité de 14 ou 17 % des voix ne soit pas représenté au premier tour ? Cela générerait une forme de censure politique ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 9 février 2022

[Entretien] Marine Le Pen : « À l’évidence, le propos que j’ai tenu n’a pas été compris »

marine le pen

08/02/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Marine Le Pen, de retour de Reims, a accueilli Boulevard Voltaire à son QG de campagne. L’occasion pour elle de revenir sur ses propos polémiques, publiés dans Le Figaro et Causeur, et les accusations portées sur l’entourage d’Éric Zemmour qui ont fait couler beaucoup d’encre. Marine Le Pen regrette-t-elle sa phrase ? Elle regrette que son propos n’ait pas été compris.

Un entretien exclusif réalisé par Boulevard Voltaire.

Bonjour Marine Le Pen, merci de nous accueillir. L’entretien que vous avez accordé au Figaro et à Causeur a fait couler beaucoup d’encre. Vous y avez évoqué le communautarisme qui régnerait dans les troupes d’Éric Zemmour notamment un communautarisme catholique. Vous évoquez des chapelles sulfureuses et je cite des « catholiques, païens et quelques nazis ». On vous reproche d’avoir utilisé la reductio ad Hitlerum qui a été utilisée contre vous pendant des années et contre le mouvement de votre père, ayant contribué à neutraliser votre parole. Beaucoup de catholiques se sont sentis très blessés y compris dans vos rangs. Regrettez-vous vos propos ou jugez-vous que vous avez été mal comprise ?

Ce que je regrette c’est qu’à l’évidence le propos que j’ai tenu n’a pas été compris. C’est un article et par définition dans un article, on colle des idées les unes à côté des autres. La relation qui est faite entre les deux a donné une image erronée.
J’ai dit que je pensais que la vision d’Éric Zemmour est une vision communautariste, c’est-à-dire, qu’on se reconcentre sur nous. Personnellement, ce n’est pas la vision que j’ai. Je ne compare pas Éric Zemmour avec des islamistes, mais je dis que pour répondre à un communautarisme ravageur, il ne faut pas se recroqueviller sur soi-même en disant que l’on défend une communauté. Selon moi, la seule communauté qui existe est la communauté nationale. J’ai exprimé une différence de vision. Puis dans une autre phrase, en réalité, je vois qu’Éric Zemmour ne maîtrise pas ce qui se passe. Des gens viennent pour peser sur sa ligne. D’ailleurs, ces chapelles sont contradictoires les unes avec les autres. C’était cela le sens de mon propos lorsque je parlais des catholiques traditionalistes et des païens.
Je pense qu’un mouvement politique doit être aconfessionnel. Le Rassemblement national l’est et tout le monde a d’ailleurs voté ces statuts.
Je pense que la religion est affaire personnelle. En revanche, nous avons bien sûr des racines chrétiennes. Je l’ai toujours dit. À l’époque où il était question d’une Constitution européenne, j’avais participé à plaider pour que les racines chrétiennes de l’Europe soient dans la Constitution européenne. Évidemment, ceci ne me pose aucune difficulté. Je crois que ce n’est pas sain qu’il existe à l’intérieur des mouvements politiques, en gros, des chapelles constituées telles que celles-là.
Dans la forme de mon propos, nous parlons des éléments sulfureux. Je dis qu’il y a effectivement chez Éric Zemmour quelques nazis. C’est vrai et je trouve cela impardonnable. J’ai beaucoup œuvré et on peut tous me l’accorder précisément pour écarter de mon mouvement politique, les gens qui étaient des gens sulfureux et qui avaient des pensées qui m’apparaissaient profondément antinationales. Ils étaient des radicaux, extrémistes et avaient une vision ethnique, raciale du combat politique. Je les ai écartés avec, encore une fois, beaucoup d’énergie et de fermeté parce que je pense que ces gens-là doivent être mis au ban de la vie politique.
Or, je m’aperçois qu’après avoir été marginalisés, ils retrouvent une vitrine politique dans le mouvement d’Éric Zemmour qui ,en réalité, ne sait pas qui est dans son mouvement. Même quand une députée européenne le rejoint, il ne connaît même pas son nom et ne sait même pas d’où elle est. Il ne sait donc pas qu’il est un peu victime d’une forme de ralliements opportunistes et extrêmement contradictoires les uns avec les autres dont des mouvements radicaux comme le parti de la France. Je ne parle pas de Carl Lang qui n’est pas dans cet état d’esprit, mais Thomas Joly l’est. Ces gens-là n’ont rien à faire en politique.
Je dis aux équipes d’Éric Zemmour de faire le ménage parce qu’elles défendent des idées nationales. Si elles ne font pas le ménage, c’est l’ensemble des idées nationales qu’elles vont abîmer et dont elles vont donner une image déplorable. Je me suis battue pendant vingt ans pour justement défendre ces idées nationales et pour arrêter qu’elles soient assimilées à des radicaux et des extrémistes. Ce n’est pas pour que ces idées nationales, sous prétexte, qu’elles sont portées par quelqu’un d’autre, soient à nouveau assimilées à cela.
Je déplore qu’il ne souhaite pas faire le ménage. J’ai entendu monsieur Peltier dire « s’il y en a, on les virera ». J’entends ce discours et je ne fais pas encore une fois un procès en nazisme à Éric Zemmour, je dis juste « attention, vous êtes en train d’accueillir chez vous des gens qui ne doivent pas avoir la moindre vitrine politique ».

Vous dites qu’Éric Zemmour est victime de ceux qui l’ont rejoint.

Lorsqu’on lui a posé la question, il a dit « non, il n’y a personne ». En l’occurrence, ce n’est pas moi qui ai fait la liste. Lorsque les journalistes m’ont demandé de qui je parlais, je leur ai dit que je n’étais pas la présidente de SOS racisme ni de la LICRA et je ne suis pas non plus DRH chez Zemmour. Par conséquent, ce n’est pas à moi de faire la liste des gens qu’il doit écarter. En l’occurrence, les LR ont fait cette liste. Lorsqu’on voit les profils d’un certain nombre de personnes, oui je crois qu’il ferait mieux de dire qu’il faut écarter ces gens-là comme j’ai pu le faire, lorsque ces gens ont cru pouvoir tenir des propos qui ne sont pas admissibles.

Que répondez-vous lorsque Robert Ménard, qui est pourtant proche de vous, porte les mêmes accusations sur vous ?

Robert Ménard ne peut pas porter les mêmes accusations, car j’ai moi-même été vivement contestée et c’est un des sujets pour lequel je me suis, par le passé, beaucoup frictionnée avec mon père. À chaque fois que quelqu’un a eu un comportement tel que celui-là, il a été immédiatement mis à la porte du Rassemblement national, au point que l’on nous accusait de faire des purges.
On a effectivement purgé les éléments radicaux du mouvement et je ne peux évidemment que m’en réjouir. Maintenant, lorsque je les vois revenir par une fenêtre, je le déplore parce que je pense que toutes les idées nationales vont en souffrir, quel que soit le candidat qui les porte.

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ZEMMOUR – LE PEN : Les secrets d’une guerre fratricide

Marine Zemmour

07/02/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Livre Noir a réalisé un travail d’enquête depuis 5 mois sur les campagnes d’Eric Zemmour et de Marine Le Pen, de Mayotte à Budapest en passant par les coulisses des QG, plateaux de télévision et réunions publiques.

Pour ce documentaire d’1h50, plus de 25 heures d’entretiens ont été réalisés pour décrypter les forces et faiblesses des deux candidats rivaux, leurs entourages, leur stratégie mais également leurs rivalités, avec la participation des plus fins analystes de la politique française à droite, issus du Figaro, de L’Opinion, de Valeurs actuelles, de l’incorrect ou encore d’instituts de sondages.

Alors que le camp national s’oppose dans une lutte à mort, et que les ralliements et débauchages rythment l’actualité, qui remportera le match ?