«Ceux qui m’ont quittée» pour Éric Zemmour, «c’est un chemin sans retour», tranche Marine Le Pen

Législatives : Marine Le Pen va au charbon, par Franck Deletraz

marine le pen

Alors que les grands médias de la Macronie nous serinaient depuis des jours avec son prétendu « abattement » et évoquaient même sa possible « non-participation » aux élections législatives du mois de juin prochain, Marine Le Pen est revenue dimanche matin au-devant de la scène politique nationale plus combative et plus offensive que jamais. En effet, en visite dans son « fief » d’Hénin-Beaumont, dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, où elle est candidate à sa réélection, la députée du Rassemblement national, après avoir rappelé très justement que « le combat n’est pas terminé », a entamé sa campagne électorale par de féroces – mais justes – attaques contre Macron et son « bouffon » Mélenchon.

« Le combat n’est pas terminé »

Prenant la parole au terme d’un impressionnant bain de foule, Marine Le Pen a ainsi assuré ses partisans que le combat allait continuer « parce que la politique qu’Emmanuel Macron compte mettre en œuvre est tout aussi nocive aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a 15 jours », et qu’« il faut donc absolument faire en sorte de les empêcher de nuire, lui et ses alliés ». Disant espérer une « entrée en force à l’Assemblée nationale » des candidats RN pour mener à bien ce combat, l’ex-candidate à la présidentielle a également réaffirmé sa volonté de lutter contre « le laxisme que nous avons vu à l’œuvre depuis cinq ans en matière d’insécurité et d’immigration ».

« La fable de Jean-Luc Mélenchon »

Une intervention au cours de laquelle l’occupant de l’Elysée n’a pas été le seul à se voir vivement critiqué. En effet, évoquant l’incroyable et insupportable feuilleton médiatique de l’union des gauches autour de Mélenchon, Marine Le Pen s’est à fort juste titre exclamée : « La fable de Jean-Luc Mélenchon s’opposant à Emmanuel Macron, on va peut-être arrêter, maintenant ! Ça a duré 15 jours, ça a fait rire tout le monde… » Or, a-t-elle poursuivi, il « joue les fous du roi, il surjoue l’insolence à l’égard du président », mais « la réalité, c’est que Jean-Luc Mélenchon a fait élire Emmanuel Macron ». Ce qui, a-t-elle ajouté, « le discrédite absolument pour pouvoir se mettre dans la posture de l’opposant ». D’autre part, a encore souligné avec ironie la candidate du Rassemblement national dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, en faisant allusion aux récentes déclarations de Jean-Luc Mélenchon estimant qu’il n’avait pas besoin de se présenter à sa réélection, « pour gagner des législatives, il faudrait déjà qu’il accepte de se présenter. Ce serait un bon début… »

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 9 mai 2022

Présidentielles : la progression de Marine Le Pen invite les macronistes à la prudence

elysée

Les présidentielles de 2022 font… trois déçus : la gauche, les macronistes et la droite nationale. Il faut ajouter une autre déçue, la France patriote, qui va devoir composer avec un président de la République destructeur durant cinq ans de plus. Mais les apparences sont en partie trompeuses.

Battue dès le premier tour, l’extrême gauche peine à digérer la défaite. Une partie de nos grands donneurs de leçons républicaines a manifesté, dès dimanche soir, son attachement à la légitimité démocratique en défilant et cassant dans plusieurs grandes villes contre les résultats du scrutin, non sans agresser violemment les forces de l’ordre… Organisée par l’extrême droite, une telle manifestation, fondamentalement antidémocratique, aurait donné lieu à des condamnations médiatiques unanimes et outrées. Mais c’est l’extrême gauche, alors…

La droite nationale est elle aussi battue au second tour, moins que l’extrême gauche éliminée dès le premier. Mais la droite l’accepte et ne conteste rien alors que le déséquilibre médiatique et les petites ou grandes entorses aux règles de la réserve durant les heures qui précèdent le scrutin donneraient bien des prétextes. Sans doute parce que le match Macron-Le Pen est en réalité moins déséquilibré que ce que les partisans d’Emmanuel Macron auraient souhaité. Car Le Pen progresse en nombre de voix (de 10,6 millions de voix en 2017 à 13,3 millions de voix en 2022). C’est 2,7 millions de voix supplémentaires, un record pour la candidate. De son côté, Macron a perdu des plumes entre les deuxièmes tours de 2017 et de 2022 : il a égaré précisément 1,9 million de voix. Une érosion maîtrisée pour un Président resté cinq ans aux affaires sans cohabitation, mais une fragilisation évidente de son potentiel électoral.

Résultat, dix millions de voix séparaient Marine Le Pen d’Emmanuel Macron au deuxième tour des présidentielles de 2017 : cet écart s’est réduit, en 2022, à 5,5 millions de voix. Marine Le Pen se rapproche de la barre fatidique. Si l’on observe les pourcentages, la diminution des écarts est également spectaculaire. En 2002, le score de Jean-Marie Le Pen face à Chirac affichait 64 points d’écart (82 % contre 18 %). Cet écart a fondu de moitié, en 2017, à 32 points (66 % Macron contre 34 % Le Pen) et il a encore diminué de moitié, en 2022, avec 17 points d’écart seulement. En somme, toutes les institutions, partis politiques, célébrités, journaux, etc., appellent toujours à faire barrage contre le RN mais l’efficacité de la chanson du barrage contre l’Atlantique a fondu comme neige au soleil. En vingt ans, le fameux front dit républicain est passé de 80,2 % au deuxième tour des présidentielles de 2002 à 58,2 % hier : il a perdu précisément 22 points ! Pas un franc succès ni de quoi déboucher le champagne dans les cercles d’influence. Ce qui explique le triomphe relativement mesuré d’Emmanuel Macron, dimanche soir, au Champs-de-Mars à Paris.

Reste le fameux plafond de verre, mais est-il un obstacle définitif pour Marine Le Pen ? L’analyse des résultats locaux montre que non. Si les grandes villes sont toujours très hostiles au vote Le Pen (85,1 % à Paris en faveur de Macron, 79,80 % à Lyon, 59,80 % à Marseille, Nantes 81,15 %, Bordeaux 80 %), le reste de la France et les petites villes lui sont bien plus ouvertes. Ainsi, 28 départements ont placé Marine Le Pen en tête au deuxième tour, contre deux seulement en 2017. L’outre-mer, le pourtour méditerranéen, la Corse, les Hauts-de-France et le Grand Est ont souvent installé la candidate du RN en tête.

Des résultats qui vont donner des sueurs froides aux grands appareils concurrents. Surtout si Macron met en place un mode de scrutin à la proportionnelle pour les élections législatives. L’occasion, peut-être, si le RN sait nouer de larges alliances à droite avec Éric Zemmour ou Nicolas Dupont-Aignan, de créer un groupe patriote à l’Assemblée nationale. Du jamais-vu depuis les 35 députés du Front national (dont trois apparentés) élus, en 1986, autour d’un certain Jean-Marie Le Pen.

Marc Baudriller

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Au Pavillon d’Armenonville, à Paris : les militants de Le Pen entre désillusion et résolution

Marine Le Pen

Les quelques centaines de militants présents au Pavillon d’Armenonville, dans le XVIe arrondissement, n’ont pas caché leur déception en voyant le visage d’Emmanuel Macron s’afficher à l’écran à 20 h. 42 %. La défaite est amère, mais pas aussi sèche qu’en 2017. Le champagne a tout de même été bu et les petits fours grignotés sans grand entrain. On a même aperçu quelques larmes. Il faut dire que Marine Le Pen revient de loin. Sortant d’une campagne difficile, diabolisée jusqu’à l’insulte par la Macronie et attaquée sur sa droite par Éric Zemmour, Marine Le Pen a démontré, pour qui pouvait encore en douter, qu’elle avait le cuir solide et rudement tanné par les coups.

Comme pour ne pas laisser la morosité s’installer, Marine Le Pen est apparue, dès 20 h 15, pour un discours de quelques minutes. « Un grand vent de liberté aurait pu se lever ce soir », semble regretter celle qui achève sa troisième campagne présidentielle en tant que candidate. Néanmoins, elle n’a pas voulu laisser ses troupes douter. Derrière cette élection se profilent déjà, dans son esprit et dans celui de ses cadres, les élections législatives à venir. Entre un bloc macroniste triomphant et un bloc Insoumis déjà projeté dans cette échéance, le RN doit se tailler une place de choix dans l’Hémicycle. Car 42 % (41,2 % à 22 h, ce 24 avril), c’est mieux, mais ce n’est pas assez pour taire tous les doutes. Cela, Éric Zemmour l’a bien compris. À quelques encablures de son QG du VIIIe arrondissement, le président de Reconquête, éliminé au premier tour avec 7 % des voix, a appelé de ses vœux des unions et des alliances en vue de ces élections législatives. Jouant le prophète de malheur, Zemmour a tenu à rappeler qu’il avait toujours dit que personne ne pouvait gagner seul. Reste à savoir si ses mots seront entendus. Quoi qu’il en soit, et au fur et à mesure de l’affinage des résultats définitifs, Marine Le Pen arrive en tête dans les DOM-TOM, mais également dans nombre de territoires. Ce fut la France périphérique, celle de la classe moyenne, celle du travail et du déclassement, et elle est encore nombreuse. Reste à savoir si, après cette défaite, elle se mobilisera à nouveau. En tout cas, Marine Le Pen est résolue à jeter toutes ses forces dans la bataille qu’elle « mènera aux cotés de Jordan Bardella ». Le jeune président par intérim du RN a été mis, ce soir, sur un piédestal par la candidate. Il faut dire qu’il a été particulièrement en vue pendant l’entre-deux-tours. « J’espère qu’il est bien l’avenir », murmure un cadre local du parti.

Quoi qu’il en soit, le plus dur reste à faire pour le RN. Les élections législatives doivent permettre au parti de Marine Le Pen de constituer un groupe solide à l’Assemblée nationale, entre LFI et LREM. Avec 41,2 %, Marine Le Pen ne fait pas assez pour gagner mais suffisamment pour considérer qu’elle n’a besoin de personne. Déjà, certains cadres murmurent qu’il faut des alliances tandis que d’autres affirment que rien n’est à négocier avec un parti « de traîtres à 7 % », pour reprendre les mots d’un militant présent. Les jours qui viennent seront décisifs pour le bloc souverainiste et national.

Marc Eynaud

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Le grand cadavre à la renverse du « barrage républicain », par Clément Martin (Les Identitaires)

barrage républicain

Depuis 2002, une tradition bien particulière continue de marquer la vie politique française, celle du « barrage républicain ». Le principe est connu : à n’importe quel scrutin où le Front national/Rassemblement national est présent au second tour, toutes les forces politiques dites « républicaines » se doivent de rallier son adversaire, quelle que soit sa couleur politique.

20 ans après, nous en sommes à la troisième itération présidentielle de ce phénomène. Alors que le RN compte sur un ralliement significatif des électeurs de Jean-Luc Mélenchon pour triompher d’Emmanuel Macron, quelques observations s’imposent, aussi bien sur la signification du barrage républicain pour les Français de droite, comme pour les Français de gauche.

¡No pasarán ! et le chantage à l’extrémisme

Le principe du barrage républicain est fondé sur la distinction ontologique entre les « républicains », évidemment généreux, raisonnables et humanistes et les « antirépublicains », fascistoïdes partisans de la haine de l’autre et du repli sur soi. Autrement dit, l’électeur qui envisagerait de rallier les seconds n’opèrerait pas un choix politique mais bien un choix moral, indéfendable et infâmant.

Cette technique d’intimidation vise principalement l’électeur de droite classique (ou « républicaine », comme le veut d’ailleurs l’expression consacrée) qui, devant les trahisons successives du RPR, de l’UMP et de LR, pourrait songer à défendre ses intérêts de façon authentique en votant pour un candidat populiste et identitaire. Une telle alliance constituerait un danger de taille, à la fois pour la gauche et pour le bloc centriste. Derrière les hurlements indignés des bonnes âmes, il faut identifier derrière l’appel au barrage républicain, non seulement un geste d’adhésion idéologique au progressisme mondialisé et managérial mais à part égale, il s’agit d’un cri d’orfraie des valets du statuquo, terrifiés à l’idée de céder leur prestige de classe, celui de la gauche culturelle.

Preuve de la persistance de l’hégémonie culturelle de la gauche, cette intimidation intellectuelle ne fonctionne que parce la droite accepte que son obsession de respectabilité soit prise en otage par le système médiatique.

La chute de Valérie Pécresse et le transfert d’une partie de la droite classique vers la candidature d’Éric Zemmour est un premier pas de cette émancipation.

Antifascisme ou anticapitalisme ? La gauche écartelée

Historiquement, la gauche se définissait par son anticapitalisme. Si celui-ci se déclinait au gré des solutions proposées par les différentes nuances de la gauche (selon que celle-ci fût anarchiste, communiste, socialiste ou syndicaliste), il constituait clairement l’ADN de la gauche. Par conséquent, agir « en homme de gauche » revenait simplement à s’opposer de façon radicale au capitalisme.

Les années 20 et la mise en place de la stratégie de l’ « antifascisme » ont considérablement brouillé les lignes pour la gauche : désormais, pour elle, deux impératifs moraux se disputent la première place des priorités politiques. Il fallait désormais être à la fois antifasciste en plus de s’opposer au capitalisme. Un siècle plus tard, après la mort des utopies socialistes, et alors que le terme de « fascisme » a été intégralement vidé de son sens, à tel point qu’il peut désigner un parti politique séduit par la démocratie directe et le républicanisme, cette compétition des priorités pose un grave problème pour la gauche.

L’homme de gauche qui se verrait séduit par les lumières du populisme de droite, seule force politique capable de freiner la mondialisation économique et le déclassement généralisé, se retrouverait aussitôt suspecté de sympathies fascistes. Alors, contrit et penaud, il reviendrait dans le sérail de la coalition « républicaine » (dirigée aujourd’hui par le bloc centriste), maugréant qu’il glisserait l’enveloppe dans l’urne. 5 ans plus tard, après la catastrophe du macronisme, il jure qu’on ne l’y reprendrait pas… Avant de se plier une nouvelle fois au même rituel d’humiliation.

La puissance du conditionnement psychologique antifasciste est telle qu’il semble tout à fait acceptable pour les électeurs d’un Fabien Roussel ou d’un Jean-Luc Mélenchon de voter au second tour pour un banquier qui éborgne les Gilets jaunes, afin de faire barrage contre la candidate plébiscitée par les classes populaires. Certes, ils n’hésitent pas à rappeler qu’ils lutteront contre Macron dès que celui-ci sera élu (un projet douteux tant le président sortant s’est montré dur dans sa répression des mouvements de rue). Il n’empêche qu’à deux reprises, l’électeur de gauche se sera rangé derrière le candidat de la mondialisation et se sera rallié, de fait et quoi qu’il en dise, à son camp politique.

À en croire les enquêtes, une part plus importante des électeurs de La France Insoumise seraient prêts à voter pour Marine Le Pen qu’en 2017. Si cela venait à se confirmer (ce qui est peu probable), on peut tabler sur l’épuisement relativement rapide de la stratégie de « barrage républicain ». La question qui se pose est donc fort logiquement : quelle part des électeurs de gauche fera preuve de la détermination nécessaire pour franchir le Rubicon et s’extraire du conditionnement psychologique ambiant ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit : dans sa forme actuelle, la démocratie française fonctionne comme un dispositif de domestication psychologique, maladroit mais somme toute toujours efficace.

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

« Marine Le Pen est dans la vraie vie, Macron est dans le cosmos de McKinsey », a dit le porte-parole du Rassemblement national Julien Odoul

Débat Marine Le Pen-Emmanuel Macron : Une femme face au robot

macron le pen

« Emmanuel Macron, laissez-la parler ! » Il est 22h50 et Léa Salamé rappelle le président de la République à l’ordre. C’est dur d’arrêter le robot présidentiel. Marine Le Pen fait face à une machine. Une machine coupante, méprisante, technoïde et froide, une machine nommée Emmanuel Macron.

Elle s’est mise en route dès les premières minutes du grand débat d’entre-deux tours, à quelques jours du deuxième tour de l’élection présidentielle de 2022. Marine Le Pen a évoqué le peuple qui a souffert cinq ans, son besoin de protection, son souci de pouvoir d’achat, son besoin de justice. Macron admet que la période a été difficile. Il y a eu la pandémie, le retour de la guerre sur le sol européen. Mais au fond, il s’en moque. Il veut que le pays devienne une grande puissance écologique, il veut une Europe plus forte. Il veut, en somme, développer ce qui a provoqué le malheur des Français. Le ton est donné.

Lorsque Marine Le Pen détaille ses mesures pour l’amélioration du pouvoir d’achat, le robot présidentiel explique qu’il veut sortir des énergies fossiles, qu’il a créé 1,2 million de fiches de paie. Il évalue le niveau des retraites qu’il versera, celui que son adversaire servira, se lance dans des calculs complexes.

Il montera la prime de pouvoir d’achat de 1.000 à 6.000 euros. Avec quel argent ? Et il attaque : « Ce que vous avez dit est factuellement faux ». Il stigmatise « des mesures inefficaces et injustes » et en appelle à « une Europe forte » pour lancer quelques secondes plus tard « Nous ne sommes les vassaux de personne ». En même temps.

Lorsque Marine Le Pen souligne que l’embargo sur le pétrole et le gaz russe « va faire énormément de mal au peuple français. On ne peut pas se faire hara kiri », le robot ne répond pas. Il attaque à nouveau : la Russie est intervenue dans la première campagne présidentielle de Macron « pour me déstabiliser », dit-il. Et il embraye : « Vous dépendez du pouvoir russe ». Il insiste. La banque de la démocratie promise par Macron n’a jamais vu le jour, explique Le Pen, seule cette banque russe l’a financée. Elle est d’ailleurs catégorique pour condamner la guerre en Ukraine. Le robot n’écoute pas. « Ce choix ne vous rend pas indépendante sur cette question ».

Sur l’Europe, Marine Le Pen explique qu’elle veut bâtir une Europe qui respecte l’identité des nations. « Vous voulez en sortir mais vous ne le dites plus », tranche le robot qui, à l’occasion, joue les voyants extra-lucides. S’il le dit, alors… Et il explique que, grâce à l’Europe, on sera plus indépendant pour l’énergie, la défense, l’agriculture. Les agriculteurs étranglés par l’Europe apprécieront. Pour lui, l’Europe, c’est une copropriété. Il interrompt, coupe, tranche, ce vague sourire sardonique aux lèvres.

Est-ce que je peux terminer une phrase ?, demande Marine Le Pen.

Face à elle, Macron est tour à tour affalé sur sa chaise ou comme tapi, les yeux perçants, exorbités, prêt à bondir. Il traite son adversaire de « nationaliste » partisane d’un « rabougrissement sur le territoire national ».

Sur l’insécurité, les chiffres ne sont pas bons ? « Parce que la parole s’est libérée », répond le robot. Il vante son action et ce n’est pas subtil. « Je suis crédible, j’ai baissé les impôts », dit-il. Il a couvert la France de dettes mais n’assume pas, s’énerve et se lance dans un découpage confus. Il est encore nerveux, agressif, face à une Marine Le Pen qui encaisse les coups et marque des points sur l’hôpital.

Il se détendra plus tard dans la soirée. « J’ai vieilli, vous ça ne se voit pas, moi j’ai peur que cela se voie ». Le robot prononce une phrase humaine, enfin, comme la conclusion : « Je vous remercie, je vous respecte en tant que personne ». Marine Le Pen pense que le peuple aspire au « retour de la tranquillité et du bon sens dans la gestion des affaires de l’état ». Le match est joué. Les Français ont vu, une fois de plus, dans toute la splendeur de sa supériorité, le président du mépris.

Marc Baudriller

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

L’UE s’acharne contre Marine Le Pen – Accusation « opportune » de « détournement de fonds »

Marine Le Pen UE

Quoi de mieux pour essayer de « torpiller » son adversaire à l’élection présidentielle que la publication, à quelques jours du second tour, de « révélations » l’accusant d’un prétendu « détournement de fonds publics » ? La technique a beau être vieille comme le monde, et les ficelles un peu grosses, cela n’a cependant pas empêché l’Union européenne d’y avoir eu recours une fois de plus récemment contre Marine Le Pen et plusieurs de ses proches pour voler au secours de son candidat, Emmanuel Macron.

Ingérence dans la campagne française

A l’origine de cette nouvelle cabale, on ne sera évidemment pas surpris de retrouver l’Office européen de lutte antifraude (OLAF), contre lequel, rappelons-le, le RN a déjà déposé plainte à deux reprises par le passé, à la suite à des accusations non fondées portées par celui-ci contre certains de ses élus. De même qu’on ne sera pas étonné d’apprendre que le récent rapport « incriminant » Marine Le Pen et plusieurs de ses proches a été rendu public par le Mediapart de l’ancien trotskiste Plenel, notre Vychinski national… Bref, dans ce document, l’OLAF accuse ouvertement la candidate du RN, ainsi que trois autres anciens eurodéputés du parti (Jean-Marie Le Pen, Louis Aliot et Bruno Gollnisch), d’avoir utilisé les frais dont peuvent user les groupes politiques dans le cadre de leur mandat de député européen à des fins de politique nationale. Notamment pour des dépenses personnelles ou pour des prestations au profit de sociétés commerciales proches du RN et du groupe parlementaire Europe des nations et des libertés. Evaluant le total de ces dépenses à « environ 600 000 euros », dont « environ 137 000 euros » pour Marine Le Pen, l’OLAF annonce alors son intention de « procéder au recouvrement des sommes indûment payées »…

« Aucune preuve, aucun élément »

Une accusation que la candidate de la droite nationale, en déplacement lundi à Saint-Pierre-en-Auge, en Normandie, a bien sûr immédiatement et fermement contestée, en précisant au passage n’avoir « pas eu officiellement connaissance [de celle-ci], ce qui déjà pose un problème en termes d’Etat de droit », et pour laquelle l’Office européen de lutte antifraude ne lui a fourni « aucune preuve, aucun élément, malgré d’ailleurs les demandes [qu’elle a] pu faire ». Mais, a ajouté Marine Le Pen, « les coups fourrés de l’Union européenne, quelques jours avant le second tour, j’ai une grande habitude de cela et je pense que les Français ne sont absolument pas dupes ». Un avis partagé par Jordan Bardella qui, invité sur CNews, a précisé en outre que le RN allait déposer « évidemment une troisième plainte » contre l’OLAF. Quant à Philippe Olivier, le conseiller spécial de la candidate RN, il a rappelé avec beaucoup de justesse sur Twitter qu’un « pays où le pouvoir tente de criminaliser les opposants par des montages grossiers s’appelle une dictature » !

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 19 avril 2022

L’ex-Miss France Delphine Wespiser, qui a affiché son soutien à Marine Le Pen face à Emmanuel Macron : « J’ai reçu des milliers d’insultes et de menaces, alors que je veux le meilleur pour mon pays

La Macronie fébrile !

Un vent d’inconfort souffle sur la Macronie depuis le lendemain du premier tour, si le scénario de ce dernier a très nettement tourné à l’avantage d’Emmanuel Macron le 9 avril dernier, force est de constater que le scénario du second tour n’est pas celui qu’avaient envisagé les stratèges de Jupiter.

En cause ? La réalité du terrain. Si sur le papier, l’idée d’aller dès lundi matin sur les terres de prédilection du RN à Denain dans le Nord était une bonne idée, dans les faits l’Elysée s’est aperçu qu’on ne pouvait pas prévoir les réactions spontanées des passants. Beaucoup plus complexe de paraître digne lorsque les débats ne sont pas organisés en amont dans des salles lambrissés avec des élus et « militants » triés sur le volet ! Las. Emmanuel Macron a paru fébrile, « fatigué, les yeux rouges et je dirais boosté » a témoigné sur BFM TV l’un de ceux qui l’avaient interpellé. Il faut dire qu’Emmanuel Macron a passé cinq ans dans un Elysée bunkerisé à enchaîner les affaires et les crises sociales.

Du côté de ses soutiens, on peine aussi à se faire entendre. L’agressivité de Gérald Darmanin face à Jordan Bardella en fut une preuve supplémentaire. Peu à l’aise sur ses dossiers, le locataire de la Place Beauvau a été incapable de détailler les contours de la réforme des retraites, pourtant pierre angulaire de l’hypothétique futur quinquennat Macron et seul point du programme du président candidat à peu près certain. Darmanin paye aussi son débat face à Marine Le Pen qu’il avait accusée d’être trop molle. Difficile après cette séquence d’en refaire une candidate d’extrême-droite et de jouer sur les peurs. La candidate du RN peut, sur ce thème, remercier Eric Zemmour qui fut un paratonnerre plus que bienvenu. En bref, Emmanuel Macron patine. Il faut dire que l’autre point de la stratégie, à savoir le front républicain et la diabolisation ne fonctionnent plus. Le front républicain a des allures de linceuls. Tel le petit garçon criant trop souvent au loup pour rire et regardant impuissant son troupeau se faire dévorer lorsque le loup arrive vraiment, Emmanuel Macron voit le confortable rempart contre le fascisme s’éroder et s’effondrer sur lui-même. La farce ne dure qu’un temps et les Français commencent à se lasser d’un comique de répétition trop étiré pour continuer à les divertir. Au fond, le point faible d’Emmanuel Macron c’est son bilan. L’argument Le Pen provoquant le chaos s’est totalement retourné contre lui. Casse sociale, insécurité, appauvrissement, fractures… Tout ce qu’on craignait d’un mandat Le Pen est advenu lors du mandat d’Emmanuel Macron. En fait, ce dernier a perdu l’initiative, il ne lui reste qu’à parier sur le nombre de colonies de castors restant dans le corps électoral. Seront-ils suffisamment nombreux pour établir un barrage assez haut pour contenir la vague bleu marine ? C’est se condamner à la passivité face à une candidate qui pour l’instant réalise un sans-faute et qui, pour une fois n’est pas le monstre à abattre pour la gauche mais plutôt l’un des deux monstres. Reste à savoir pour l’opinion qui est Charybde et qui est Sylla.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 15 avril 2022

Face à la meute, Marine Le Pen fait front

Déclarations politiques outrées, articles bâtis à coups d’énormités, improbables appels à la mobilisation : jour après jour, l’entre-deux-tours prend des airs de 2002. Il s’agit de rediaboliser fissa la candidate de la droite nationale… qui reste sereine face à des attaques qui n’ont qu’un effet relatif sur l’électorat.

Comme c’était prévisible – et désormais habituel – l’accession de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle a immédiatement provoqué la mobilisation pavlovienne de toutes les composantes du système à tuer la France, terrorisées à la perspective d’une possible remise en cause de leurs prébendes et de leurs sinécures.

Sans surprise non plus, les premiers à se précipiter pour appeler à voter pour Emmanuel Macron ont été SOS Racisme et la Licra, les deux officines grassement subventionnées estimant que la victoire de Marine Le Pen signifierait « un basculement autoritaire, l’institutionnalisation de la discrimination, la libération de la xénophobie et du racisme ». N’en jetez plus !

Puis ce fut au tour des « sportifs », dont on se demande encore de quoi ils se mêlent, de signer un vibrant appel à faire barrage au Rassemblement national, se disant horrifiés à l’idée que ce soit Marine Le Pen qui ouvre les prochains Jeux olympiques de Paris mais beaucoup moins gênés quand il s’agit de cautionner la dictature communiste chinoise à Pékin ou d’aller jouer à la baballe sur les charniers d’ouvriers que sont les stades du Qatar. Le plus pathétique de ces donneurs de leçons – même s’il est ardu d’établir un classement – est peut-être l’ineffable Yannick Noah, très fier d’être retourné dans son village du Cameroun pour y « défendre sa culture et son identité » mais qui dénie ce même droit aux Français.

Les politiques ne sont bien sûr pas en reste. Au premier rang de ceux-ci on retiendra la remarquable prestation de Gérald Darmanin qui, en déplacement en Saône-et-Loire, a allègrement pulvérisé les frontières de la décence en même temps que celles du ridicule en déclarant qu’« avec elle [Marine Le Pen] les riches vont peut-être maigrir, mais les pauvres vont peut-être mourir aussi », avant de conclure : « Il ne faudra pas aller à la pêche. Sinon, vous n’aurez plus que vos yeux pour pleurer. » Rien de moins ! Si vous votez mal, les cadavres joncheront les rues ! Le sens de la mesure et toujours cette volonté d’attiser les peurs de la population, qui a été l’une des marques de fabrique du quinquennat Macron.

Quant au Medef, il s’est contenté de juger que le programme d’Emmanuel Macron est « plus favorable à l’emploi et la croissance » et que celui de Marine Le Pen est une « impasse ». Une impasse en effet puisque ce programme réduirait la possibilité du patronat de recourir à cette « armée de réserve du Capital » qu’est l’immigration, et limiterait la précarisation et l’ubérisation de l’économie nationale autant que sa soumission aux règles libérales du marché globalisé.

On le voit, Marine Le Pen fait presque l’unanimité contre elle, ce qui est plutôt rassurant puisque ce bel unanimisme est constitué par le rassemblement de tous les coresponsables de la situation tragique que connaît la France aujourd’hui et qui menace son existence même. Malgré la « dédiabolisation », malgré une volonté parfois excessive de modération et de « normalisation », Marine Le Pen fait donc encore peur à tous ces gens-là. S’il fallait un seul argument pour voter sans hésiter pour elle, malgré tous les possibles désaccords, ce serait celui-là.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 14 avril 2022

Jérôme Rivière – « Le second tour sera une forme de référendum : pour ou contre Macron »

Jérôme Rivière

14/04/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Jérôme Rivière, Porte-parole d’Eric Zemmour, vice-président de Reconquête et député européen était l’invité du Grand Matin Sud Radio. Il a réagit aux résultats du premier tour de l’élection présidentielle.


Marion Maréchal : « La réélection d’Emmanuel Macron serait un grand mal pour la France »

Marion Maréchal

13/04/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Au soir du premier tour de l’élection présidentielle, Marion Maréchal répondait aux questions de Boulevard Voltaire.

Son appel à voter pour Marine Le Pen est sans ambiguïté car, dit-elle, « la réélection d’Emmanuel Macron serait un grand mal pour la France sur tous les plans : sur le plan de la dette, sur le plan économique, sur le plan identitaire, migratoire… »


Présidentielle 2022 : comment Marine Le Pen prépare son entre-deux tours