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Jérôme Rivière

Pour Jérôme Rivière, le Front national doit parler immigration et islamisation

20/06/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Jérôme Rivière a été un des porte-parole de la campagne législative du Front national. Lui-même candidat FN dans le Var, il a été battu sur cette terre droitière où le discours actuel du parti de Marine Le Pen n’a pas convaincu. Pour cet ancien député UMP des Alpes-Maritimes (2002-2007), qui fut aussi le directeur de campagne de Philippe de Villiers aux élections européennes de 2009, après la dédiabolisation, il faut « maintenant vraiment réussir le décloisonnement », ce qui passe « par des alliances conclues avec les droites qui partagent comme nous cette crainte de vagues d’immigration contre lesquelles nous voulons nous battre et cette volonté de ne pas voir la France s’islamiser ».

Au micro de Charlotte d’Ornellas de Boulevard Voltaire, Jérôme Rivière déplore qu’il n’y ait pas eu, durant ces législatives, de campagne nationale du Front national pour expliquer que

les véritables enjeux sont ceux « des vagues migratoires immenses qui se dirigent tous les jours vers la France et cette islamisation toujours plus forte ».

« C’est en mettant ces sujets-là sur la table que nous arriverons à constituer une majorité pour demain. »

Gilbert Collard

Gilbert Collard est déterminé à poser à Marine Le Pen les questions qui fâchent

19/06/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Gilbert Collard, réélu de justesse député du Gard avec 50,16 % contre 49,84 % pour l’ex-torera Marie Sara, candidate de La République en marche, entend bien parler désormais à Marine Le Pen des questions qui fâchent. « Nous ne devons pas crier victoire parce que le Front national a pris un sacré coup sur la tête. Nous devons réfléchir sérieusement au fonctionnement du mouvement et à la façon dont le Front national doit se réorganiser », a-t-il déclaré juste après sa victoire.

« Pendant cette campagne, a-t-il expliqué, j’ai constaté la peine et la déception », après le débat du second tour de la présidentielle, des électeurs gardois du FN qui avaient placé Marine Le Pen en tête au premier tour :

« Sur le terrain, nous avons vécu des difficultés inouïes, dues au débat, dues au départ de Marion, dues au comportement de certains membres qui avaient créé des dissensions. Moi, je ne vais pas le laisser passer. »

Pour Gilbert Collard, c’est aussi « une question de survie » pour le FN que de nouer maintenant des alliances avec « les Républicains qui ne font pas le trottoir ».

Et de conclure par cette phrase lourde de sous-entendus :

« J’espère que je serai entendu, sinon ben je suis un homme libre, hein »…

Quel avenir pour le FN et Marine ? – par Guillaume Faye

17/06/2017 – FRANCE (NOVOpress avec Guillaume Faye)

Le FN dépérira vite s’il ne se sépare pas de M. Philippot qui a semblé fasciner et piloter Marine Le Pen, s’il ne révise pas de fond en comble son programme économique et social, photocopie de celui de la vieille gauche, s’il ne remuscle pas son discours sur l’immigration, l’islamisation et l’identité et si ce parti persiste dans une europhobie aussi sommaire et mal pensée que l’europhilie béate de Macron.

La question Marion Maréchal–Le Pen

Le conflit idéologique entre la ligne Philippot et celle de Marion Maréchal Le Pen s’est sans doute doublé de problèmes personnels. Cette dernière faisait–elle de l’ombre à sa tante par son rayonnement de jeune femme brillante ? M. Philippot – courtisan qui n’existe que par son emprise psychologique sur Marine Le Pen – n’aurait–il pas intrigué pour que la jeune députée, dangereuse pour lui, soit dégoûtée et jette l’éponge ? Marion Maréchal–Le Pen s’est retirée” provisoirement” dit–elle. Espérons–le et souhaitons aussi qu’elle reviendra quand Florian Philippot aura disparu.

Le renoncement (temporaire ?) à la vie politique de Marion Maréchal Le Pen est une mauvaise nouvelle pour le FN mais aussi pour la France. Par sa jeunesse et son intelligence, elle était une des personnalités politiques les plus prometteuses à long terme. Son retrait, s’il s’avérait définitif, serait un immense gâchis. C’est une victoire (apparente seulement) pour la ligne de Florian Philippot qui, délaissant les fondamentaux du FN, a pourtant été responsable de la déroute de MLP face à Macron. Mais le but de M. Philippot et son ordre de mission ne seraient–il pas la neutralisation du Front national ?

Marine Philippot doit redevenir Marine Le Pen

Marine Le Pen ne doit plus être brocardée sous le sobriquet de Marine Philippot. Il est possible et souhaitable que son élimination du parti provoquera le retour de Marion Maréchal–Le Pen qui constituait un facteur puissant de succès médiatique et populaire pour le FN, alors que Philippot est impopulaire et antipathique par sa vanité distante et parce qu’il s’écarte des fondamentaux qui ont fait le succès du FN.

Marine Le Pen, créditée au départ de la qualité de seule femme présidant et dirigeant un grand parti (et ce, non seulement aujourd’hui, mais dans toute l’histoire de la république !), a été affaiblie par l’impression de soumission à Florian Philippot, surmédiatisé, dont l’image est celui d’un intrigant. Dans l’opinion, elle n’était plus la patronne, ce qui lui a coûté des centaines de milliers de voix.

Florian Philippot n’est pas nécessairement une taupe envoyée au sein du FN par le pouvoir pour le déstabiliser et le neutraliser, comme le soupçonne Jean–Marie Le Pen. On ne le sait pas. En tout cas, le résultat est le même : son influence, son discours, ses orientations idéologiques affaiblissent le Front national (dont il déteste la dénomination) dans un électorat qui ne se reconnaît pas en lui.

À cause de lui, Marine Le Pen a édulcoré et gauchisé les axes du FN. Florian Philippot a menacé de démissionner du parti si celui–ci abandonnait l’idée du Frexit (sortie de la France de l’UE) ou du remplacement de l’euro par un nouveau franc. Le départ de M. Philippot serait une bonne nouvelle pour le FN. Il est extrémiste dans les domaines qui ne sont pas essentiels pour les Français (europhobie) et muet ou mou dans les domaines qui les préoccupent (immigration, islamisation, criminalité, etc.) Il est une machine à faire perdre des millions de voix. En créant son association dissidente ”Les Patriotes”, il a franchi une ligne jaune, prélude à sa démission ou à son exclusion.

Les quatre handicaps du FN

Le FN subit quatre handicaps, très différents, voire inverses, de la diabolisation massive de jadis.

1) Le reflux du discours contre l’immigration invasive et l’islamisation. S’y est substitué une ligne ambiguë, assimilationniste, multiculturelle, pas claire, proche de celle de LR, voire en deçà. De récents propos de Marine Le Pen, opposés à l‘identité ethnique française, totalement alignés sur le politiquement correct, sont affligeants. Elle obéit au chevènementisme de son mentor.

2) Une focalisation obsédante sur une sortie de l’euro et un retour au franc, inspirée par Philippot, et ressentie comme dangereuse et amateuriste par l’opinion.

3) Un programme économique et social – toujours inspiré par Philippot – obsolète, contradictoire, irréalisable et proche de celui de la vieille gauche (Mélenchon et consorts), démagogique et électoralement décalé.

4) Une présidente, Marine Le Pen, qui, après une période brillante, semble perdre la main et se ternir ; tandis que sa nièce, Marion, de plus en plus populaire, se retire en pleine bataille, comme si elle était écartée. Ce qui déçoit et laisse une impression de déclin.

Catherine Nay écrit à propos de Marine Le Pen : « malgré un nouveau record de voix, les Français continuent à la juger inapte à s’installer à l’Élysée. Trop dangereuse et incompétente ». (in Valeurs actuelles, 27/04/2017). Erwan Le Noan, de Fondapol, prédisait dès janvier 2017 que Marine Le Pen échouerait à la présidentielle car « le FN sera freiné par ses divisions internes et sa position sur la sortie de l’euro ».

Un groupe intitulé ”Les Horaces”, proche du FN, s’inquiétait à la même époque qu’une « gauchisation » économique et sociale du discours de Marine Le Pen afin de contrer Fillon « risquerait de la couper d’un électorat droitier et aisé, indispensable pour l’emporter en 2017 ».

S’ajoute à cela l’interférence entre la politique, domaine de la sphère publique, et une histoire de famille, domaine de la sphère privée. Cette confusion n’aurait pas été grave s’il n’y avait pas eu de conflits étalés sur la place publique, fille contre père, puis tante contre nièce. Ces épisodes de guerres intestines ont couté beaucoup de voix au FN. Le « renouvellement » radical du FN, sans plus de précision, annoncé par Marine Le Pen pour surmonter une crise qui enfle comme un orage laisse les électeurs sur leur faim.

Affadissement et gauchissement du message de Marine Le Pen

Marine Le Pen a déclaré dans son grand meeting de Nice, le 27 avril : « je ne regarde pas votre origine, votre religion, votre orientation sexuelle ou votre couleur de peau. Et je vais même vous dire, ça ne m’intéresse pas ! » Propos malvenu vis-à-vis de son électorat qui signifie tout simplement : ”je suis multiculturaliste, antiraciste, assimilationniste (mission impossible vue l’ampleur de l’invasion), opposée à toute identité ethnique ”française” mais aussi, sur le plan ”sociétal”, de gauche, approuvant notamment le mariage homosexuel. Cette concession au politiquement correct banal peut lui être fatale. De même, son insistance pour lutter contre l’islamisme – et le terrorisme qui lui est lié – plus que contre l’islam et l’islamisation (à la différence de Philippe de Villiers). C’est un facteur d’affaiblissement et de déception. (1)

Avec une exagération ridicule, MLP a déclaré : « Je m’inquiète de cette loi El Khomry puissance 1000 que Macron veut faire passer par ordonnance et qui est en fait une dérèglementation annoncée du droit du travail ». Même position que Hamon, Mélenchon et les hallucinés marxistes. Elle passe de « casse sociale », comme la CGT, dès qu’il s’agit de simplifier le droit du travail. Elle n’a pas compris que le droit du travail (et social) français, kafkaïen, est la principale source du chômage par découragement d’embauche et perte de compétitivité (réglementarisme) dans le secteur privé marchand, au bénéfice des privilèges des salariés pléthoriques des secteurs publics et assimilés.

Néanmoins, Marine Le Pen a compris, mais trop tard, que la sortie de l’euro, marotte de Florian Philippot, était suicidaire pour sa candidature. Elle a retourné sa veste et a parlé de « renégocier les traités européens pour retrouver notre souveraineté et bâtir une Europe des nations », ce qui était une position de bon sens mais trop floue, tardive, imprécise. Je répète ce que j’ai toujours dit sur l’euro : le créer a été une erreur, mais en sortir unilatéralement est impossible. Il faut le laisser dépérir .

La défaite paradoxale du second tour

Avec 10,64 millions de voix et 33,90% des suffrages exprimés au second tour, le Front national atteint son record historique, bien supérieur à tous ses homologues en Europe. C’est presque le double du score de Jean-Marie Le Pen face à Chirac en 2002. Pourtant, ce résultat apparaît à beaucoup, et notamment à l’intérieur du FN, comme une défaite décevante ; on attendait au moins 40% des suffrages pour Marine Le Pen.

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Bruno Bilde, conseiller de Marine Le Pen : « Nous serons des députés de combat »

Bruno Bilde, adjoint à la mairie d’Hénin-Beaumont, est arrivé en tête dans la 12e circonscription du Pas-de-Calais avec le meilleur score de France (35,53 %) juste après Marine Le Pen. Selon [les] pronostics [de Présent], il est l’un des trois députés FN qui peuvent entrer à l’Assemblée nationale dimanche soir.

Bruno Bilde Marine Le Pen— Vous affrontez Coralie Rembert, candidate de la République En marche qui est loin derrière vous avec 20,85 %. Vous êtes l’un de ceux qui peuvent y croire bien que les réserves de voix essentiellement socialistes semblent plus favorables à votre adversaire. Où allez-vous prendre vos voix au deuxième tour ?

— Je suis confiant mais vigilant. Nos réserves de voix sont essentiellement constituées d’un électorat de gauche certes, mais hostile à la politique ultralibérale de Macron. J’en veux pour preuve qu’entre le premier et le deuxième tour des élections présidentielles, Marine Le Pen sans aucune réserve de voix, a gagné 18 points. Elle est passée de 42 % au premier tour à 60 % au second tour. Je pense qu’il y a dans cette circonscription une profonde volonté de changement et de rupture avec le système actuel. Je suis donc assez confiant.

— Avez-vous des craintes à propos des consignes de vote contre vous ?

— Ce sont des consignes d’appareils politiques totalement déconnectés des électeurs et du terrain. Le maire socialiste de Liévin par exemple, que La Voix du Nord décrivait comme une machine à gagner, n’a pas fait 17 % des voix. Il a été éliminé alors que c’est le maire de la plus grosse ville de la circonscription. Ces élus-là se sont beaucoup décrédibilisés. Les consignes de vote ne sont pas forcément entendues. C’est le vieux monde politique tout ça.

— Sur quelles thématiques avez-vous axé votre campagne ?

— Sur la défense du monde ouvrier avant le premier tour. Nous sommes ici dans une circonscription ouvrière de tradition qui a toujours été socialiste ou communiste mais qui n’a jamais connu d’alternance. Entre les deux tours, j’ai fait campagne sur la défense de la démocratie parce qu’il serait incroyable de donner les pleins pouvoirs à Macron à hauteur de 450 ou 500 députés.

Je dis qu’un député macroniste de plus ou de moins ne change strictement rien alors qu’en revanche un député FN de plus, c’est essentiel.

Bruno Bilde Marine Le Pen 3— Mais que peuvent faire deux ou trois députés FN isolés à l’Assemblée nationale ?

— Nous sommes des combattants et nous serons des députés de combat.

A l’Assemblée nationale que nous soyons, deux, trois ou cinq, nous nous ferons beaucoup plus entendre que cette armée de godillots qui ne feront absolument rien. Grosso modo l’Assemblée sera pour eux une simple chambre d’enregistrement.

Un certain nombre de candidats macronistes ont déjà annoncé que le temps parlementaire allait être réduit, bel aveu, ça veut dire que tout va être réglé par ordonnance et par décret. Nous, nous serons là pour nous opposer à cela et dénoncer cela.

— Quelle est l’explication de la désertion des urnes dimanche et de la vague abstentionniste selon vous ?

— Pour moi il y a deux explications. D’abord, nos électeurs ont été déçus et découragés que Marine Le Pen n’ait pas été élue présidente de la république. L’autre cause, selon moi, est liée à la saturation. Les élections ont commencé en novembre 2016 il y a huit mois avec les primaires de la droite, puis il y a eu les primaires de gauche, une campagne interminable puis le premier et le deuxième tour de la présidentielle. Les Français sont saturés. Or, avec les résultats du premier tour des législatives qui risquent de donner à Macron un pouvoir absolu, il est capital que les abstentionnistes reviennent aux urnes.

Propos recueillis par Caroline Parmentier

Entretien paru dans Présent daté du 17 juin 2017

Eric-Zemmour

Eric Zemmour : « Les électeurs ont ramené brutalement Mélenchon et Le Pen sur terre »

16/06/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Eric Zemmour est revenu, hier matin sur RTL, sur le premier tour des élections législatives, et les scores des candidats du Front national de Marine Le Pne et de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. « Ils étaient les patrons, les chefs de l’opposition. Le premier parti de France, disait l’une ; la force centrale, disait l’autre. La seule alternative à Macron, prétendaient-ils tous deux. Jean-Luc Mélenchon était sûr de remplacer le Parti socialiste et de devenir le seul maître à gauche. Marine Le Pen méprisait tellement Les Républicains qu’elle ne cherchait même pas à se substituer à cette droite à moitié macronisée. »

Or « les électeurs les ont ramenés brutalement sur terre. Le Front national comme la France insoumise ont perdu huit points par rapport aux scores présidentiels de leurs leaders. […] Le Front national fait moins bien qu’en 1997, avant la dédiabolisation de l’ère Marine. »

« Les deux battus accusent de concert l’abstention. Mais l’abstention équivalente des européennes de 2014 n’avait pas empêché le Front national d’atteindre les 28 % de voix. »

Alors pourquoi un tel échec ?

« Ce qui est bien avec Marine Le Pen, c’est qu’elle n’apprend pas de ses erreurs. A la présidentielle, elle avait vitupéré le banquier Macron, et, pour les législatives, elle a dénoncé la casse sociale. Cette campagne de gauche, mélenchonienne, prouve qu’elle ne connaît pas ou ne veut pas connaître les motivations profondes de son électorat. […] Trois millions d’électeurs seulement se sont déplacés sur les sept du premier tour à la présidentielle et les dix du second. Ses élus se compteront donc sur les doigts d’une main, une punition. »

« Mélenchon, poursuit Eric Zemmour, n’est pas aussi mauvais stratège, lui n’a pas fait campagne contre le Grand Remplacement. Mais lui aussi a mal appréhendé les contours de son électorat », ce que développe l’éditorialiste avant d’en déduire très justement que

« contrairement aux fantasmes marinien et philippotien, personne n’est en mesure de rassembler les deux électorats dits populaires et populistes, car un mur culturel et identitaire les sépare irrémédiablement ».

Conclusion :

« Avec des adversaires comme cela, Emmanuel Macron peut dormir sur ses deux oreilles. »

Pascal Perrineau

La gauche qui vote FN : un phénomène réel mais minoritaire

Pascal Perrineau Livre FN14/06/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) : Le politologue Pascal Perrineau (photo) vient de publier un livre intitulé Cette France de gauche qui vote FN (Seuil). Il revient avec force chiffres sur ce phénomène qui est que des électeurs de gauche, qui se revendiquent parfois expressément comme de gauche, votent FN. En termes de flux, Perrineau estime qu’un tiers du surcroît d’électeurs que Marine Le Pen a gagnés entre 2012 et 2017 vient de la gauche. En termes de stock, ce sont cependant seulement 6 % seulement des électeurs de Marine Le Pen en avril dernier qui se disaient « plutôt de gauche ».

Pascal Perrineau le rappelle explicitement : sa thèse n’est pas que le FN est devenu un parti de gauche. En revanche, il estime que la dynamique du Front National depuis 2012 est à mettre au crédit d’une inflexion politique plus ouverte à gauche, à savoir la ligne Marine Le Pen‑Philippot. Le premier tour des législatives a confirmé que, dans les Hauts‑de‑France, le FN a pour partie remplacé le PCF et le PS dans l’électorat populaire.

Perrineau décrit là un phénomène réel mais son analyse est celle d’un politologue et non d’un stratège politique.

D’une part – et il en convient –, ces électeurs de gauche ne sont pas seulement venus au FN pour son discours social, mais aussi pour son discours sur l’immigration.

D’autre part, ce que Marine Le Pen a gagné d’un côté – cet électorat issu de la gauche –, elle l’a reperdu de l’autre côté : c’est cet électorat bourgeois et même celui des classes moyennes – ou tout simplement l’électorat âgé – qui se détourne du FN.

Ce positionnement ni droite ni gauche condamne le FN à l’isolement politique et donc à l’éternel échec. Le second tour de la présidentielle l’a montré avec fracas : l’électorat de gauche a très peu voté Marine Le Pen.

L’électorat de centre‑droit offrait davantage de réserves de voix. Mais cet électorat de centre‑droit a été dissuadé par le discours gauchisant de Marine Le Pen. Or, sans lui, aucune majorité électorale n’est possible.

Pascal Perrineau préfère quant à lui pointer le manque « de gouvernementalité » de Marine Le Pen.

Présent Louis Aliot

Louis Aliot : « Les nôtres ne sont pas allés voter ! »

Implanté depuis quinze ans dans la région, Louis Aliot, qui se présentait dans la 2e circonscription des Pyrénées-Orientales, est arrivé en tête du premier tour avec 30,80 % des voix. Il devance de justesse la candidate En Marche-Modem Christine Espert, qui a recueilli 29,11 % des voix. Il est l’un de ceux qui ont de réelles chances de l’emporter dimanche.

Louis Aliot— Vous êtes en duel serré face à la candidate de Macron. Le PS est balayé. Que vont faire Les Républicains qui ont chuté à 13 % ? Y a-t-il des consignes pour le second tour ?

— Non, il n’y en a pas pour l’instant. Parce que le député sortant des Républicains Fernand Siré est celui que j’avais fait élire en 2012 en retirant notre candidate pour barrer la route à la socialiste Toussainte Calabrèse. [ndlr : Fernand Siré avait expliqué à l’époque « croire au front de droite et vouloir arrêter de diaboliser le Front national »]. Donc s’il est sincère, honnête et droit, il ne dira rien.

 — Que dites-vous aux abstentionnistes, plus d’un électeur sur deux ne s’est pas déplacé dans votre circonscription ?

— Ce sont surtout les nôtres qui ne sont pas allés voter. Quand on regarde les résultats bureau par bureau, on voit que nous faisons bien en deçà de nos scores passés. Comme aux dernières régionales en triangulaire. Il y a un potentiel énorme dans les abstentionnistes

 Je dis aux électeurs du FN que c’est le moment de savoir ce qu’ils veulent.

— Etes-vous déçu par le score du FN à l’échelle nationale et à quoi l’attribuez-vous ?

— Déçu oui. En parvenant au deuxième tour de l’élection présidentielle, on pouvait s’attendre à arriver second à l’élection législative et espérer que les électeurs tiendraient compte de ce que va être la politique de Macron. A quoi doit-on ce score ? A la déferlante Macron bien sûr. Peut-être aussi à un certain nombre de comportements et de commentaires de certains de nos cadres qui n’avaient pas lieu d’être avant les élections législatives.

Quand on est en guerre électorale, les élections législatives sont le second round de la présidentielle. Alors on ne se disperse pas, on ne raconte pas n’importe quoi sur ce que l’on va faire après, on reste concentré sur l’élection et on défend les législatives.

Parmi nos candidats, il y a des hommes et des femmes qui prennent sur leurs congés personnels pour faire campagne. Ils n’ont pas la chance d’être élus députés ou conseillers régionaux ni de vivre de la politique. Non seulement cette attitude n’a pas été correcte vis-à-vis d’eux et les a blessés mais elle nous a fait du tort.

— Que dites-vous d’un système qui donne entre un et trois députés au parti qui a fait 11 millions de voix à la présidentielle et dont la candidate est arrivée au second tour ? Précisément au moment où le gouvernement présente un projet de moralisation de la vie politique, de « loi pour la confiance dans notre vie démocratique ».

— Si demain il y a une Assemblée où le parti du président qui a fait 30 % au premier tour fait 80 % des députés, clairement il n’y a pas de système démocratique en France. Il n’y a qu’une seule chose à mettre en place d’urgence, c’est la proportionnelle, mais comme tous ces gens-là sont bienheureux de pouvoir confisquer le pouvoir pour appliquer la seule politique qui a toujours été contre les intérêts du peuple, nous en sommes là. C’est très inquiétant car ce sera comme ça jusqu’à l’explosion.

— Vous avez des chances dimanche mais que pourront faire deux ou trois députés FN à l’Assemblée nationale ?

 Ils pourront être des porte-voix. Ils pourront déposer des propositions de loi, des amendements, être les seuls à montrer au peuple français ce qui se passe dans ce cénacle. Alors que si nous les laissons entre eux, ce sera encore pire. Il faut que nous soyons le plus possible. Il reste cinq jours.

Propos recueillis par Caroline Parmentier

Entretien publié par le journal Présent daté du 14 juin 2017

L’Europe que nous voulons, par Virginie Joron (conseiller régional FN)

Virginie JoronOui, nous sommes pour l’Europe ! Évidemment, que nous sommes pour l’Europe ! Nous sommes profondément européens ! Nous sommes d’ailleurs les seuls vrais Européens dans le paysage politique français.

La civilisation européenne, cet ensemble unique de peuples, de cultures, de traditions, de conscience de soi face au reste du monde, a toujours été dans l’ADN de notre mouvement. La civilisation européenne, nous la revendiquons, nous la chérissons, nous voulons la mettre en valeur et nous voulons la protéger.

La protéger contre la submersion migratoire. Les échanges avec les peuples non européens sont, bien sûr, une richesse et doivent être préservés.

Mais nous n’accepterons jamais la destruction de notre identité, la prolifération sur notre terre de mouvements qui ont toujours été hostiles à notre civilisation, l’importation dans nos pays de conflits qui ne sont pas les nôtres. Nous voulons donc une Europe qui protège ses frontières extérieures et, en cas d’échec, nous autorise à protéger les frontières intérieures.

La protéger contre l’ensauvagement généralisé de notre société, dont la submersion migratoire est l’une des causes principales. Nous voulons donc une Europe qui autorise nos forces de sécurité à prévenir et qui autorise notre Justice à punir. On doit pouvoir expulser les étrangers dangereux, fermer les centres de radicalisation, maintenir en détention (y compris à perpétuité) les nationaux condamnés pour des crimes et délits graves, sanctionner les magistrats qui jouent avec la vie des autres en libérant des récidivistes.

La protéger aussi contre le post-humanisme et le consumérisme nihiliste et globalisé qui réduisent la dignité humaine à une volonté individuelle détachée de toute responsabilité et de toute appartenance. Appartenance à une famille, à un peuple, à une histoire, à une civilisation. La civilisation européenne, justement.

L’Europe que nous voulons, c’est la grande alliance de tous les peuples européens, fiers de leurs racines et conscients du rôle qui a toujours été le leur dans l’histoire de l’humanité. L’Europe de Brest à Vladivostok, chère au général de Gaulle.

Nous voulons une Europe qui valorise les territoires et le produire local, au lieu de les sacrifier au profit mondialisé. Une Europe qui fasse sentir sa voix sur la scène internationale, y compris à travers une alliance militaire continentale. Une Europe qui apprenne à ses enfants à redécouvrir leurs racines grecques, romaines, celtes, slaves et germaniques. À parler correctement leur propre langue. À connaître, d’abord, leur propre histoire.

Que l’Union européenne, dans sa forme et son mode de fonctionnement actuels, soit un échec, même nos adversaires les plus « européistes » l’admettent. Est-il possible de la réformer pour qu’elle devienne réellement l’instrument de la grandeur retrouvée des peuples européens ? L’avenir le dira.

À titre personnel, je préfère le modèle du Conseil de l’Europe, dont le siège est à Strasbourg. Une organisation plus ancienne que l’Union européenne et qui a un double avantage. Elle regroupe 47 pays européens, y compris la Russie, au lieu des 28 de l’Union européenne. Et, surtout, elle fonctionne sur un modèle intergouvernemental : chaque nation est libre d’adhérer ou pas aux conventions proposées par le Conseil de l’Europe et de coopérer ou pas sur tel ou tel projet. Un Conseil de l’Europe refondé, renforcé et disposant d’un volet en matière de coopération militaire et de sécurité ferait du bien à l’Europe, du bien à la France… et du bien à l’Alsace.

Virginie Joron,
conseiller régional (FN) du Grand Est

Texte repris de Boulevard Voltaire

Emprunt patriotique

Marine Le Pen appelle à souscrire à un « emprunt patriotique » à 3 %

01/06/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Emprunt patriotique : tel est le nom de l’appel au peuple militant que lance Marine Le Pen pour, dit-elle, financer les campagnes des candidats FN aux élections législatives. Dans une vidéo mise en ligne ce matin, Marine Le Pen s’en prend au « système », qui ne permettrait au FN d’avoir les moyens financiers de ses ambitions électorales et déclare notamment :

« Votre épargne est une armée qui dort. En la mobilisant au service des candidats du Front national et du Rassemblement Bleu Marine, ce sont vos idées que vous mènerez à la victoire. […] En prêtant au Front national, vous obtiendrez 3 % d’intérêts, une rémunération exceptionnelle pour un placement sans risques. »

Un site dédié, empruntpatriotique.fr est en ligne, dont le nom avait été réservé dès le 22 mars 2017 par une société connue pour être un prestataire habituel du Front national.

A noter que si le Front national emprunte au taux « exceptionnel » de 3 %, les candidats FN aux législatives se voient eux proposer la possibilité de financer leur campagne en souscrivant un prêt au taux de 5 %.

Jean-Yves Le Gallou Morale Politique

Lettre ouverte aux candidats du Front national, par Jean-Yves Le Gallou

Madame, Monsieur, 

Vous vous êtes porté(e) candidat(e) « pour défendre la France » « avec Marine »Le Front national a longtemps porté avec courage ses fondamentaux : l’arrêt de l’immigration, la mise en œuvre de la préférence nationale, le primat du droit de la filiation dans le Code de la nationalité, une politique familiale généreuse et encourageant la vie, et plus globalement la défense de l’identité civilisationnelle de la France.

L’immigration de masse se presse aux frontières maritimes de l’Europe. L’islamisation (halal, voile islamique, mosquées, ramadan) progresse à grands pas dans nos villes et nos villages. Jamais la question du Grand Remplacement démographique et civilisationnel ne s’est posée avec autant d’acuité. 

Curieusement, c’est le moment que semble avoir choisi la direction du FN pour placer ces questions identitaires (gênantes ? malséantes médiatiquement ?) au second plan. 

Lors de son étrange débat avec Emmanuel Macron, Marine Le Pen s’est emberlificotée dans les questions économiques et monétaires sans même utiliser la « question blanche » pour parler d’immigration. Étrange, vraiment étrange. 

Il faut dire que son vice-président, Florian Philippot, a utilisé la dernière semaine de campagne présidentielle pour insister sur l’économie. Il a même promis que si Marine était élue, « les Français paieraient leur baguette de pain en francs d’ici huit mois ». Waouh! Et les Françaises (?) leur burka ?

Et pour le cas où l’on n’aurait pas bien compris, Philippot a ensuite fait un chantage à la démission dans l’hypothèse où la sortie de l’euro ne serait pas l’alpha et l’oméga du programme frontiste. 

C’est son droit de le penser. Comme c’est le droit de ses très proches collaborateurs – souvent investis dans les meilleures circonscriptions législatives – de le penser. C’est aussi le droit des électeurs de le savoir. Et de savoir s’ils partagent ou non les mêmes priorités que les candidats qui se présentent à leurs suffrages.

En politique, on ne peut pas tout faire en même temps. Il faut choisir. Hiérarchiser. Prioriser. 

Ma question est donc la suivante : quelle est, pour vous – en tant que candidat du FN aujourd’hui, député éventuellement demain, et cadre du FN participant à ses instances démocratiques -, la priorité n° 1 : l’arrêt de toute immigration nouvelle ou la sortie de l’euro ? 

À question simple et binaire, réponse simple et binaire. Les électeurs attachés à l’identité française y ont droit.

Répondez sans faux semblant ! Gardez-vous de vous abstenir de répondre car cela serait courir le risque d’encourager vos électeurs à s’abstenir à leur tour ou… à aller voir ailleurs.

Pardon d’avoir mis les points sur les « i ». Ou plutôt sur le « i » de l’identité, mais, à l’échelle de l’Histoire, c’est la seule question qui vaille. Ce n’est pas le cours du sesterce qui a fait tomber l’Empire romain, ce sont les grandes invasions !

Jean-Yves Le Gallou
président de la fondation Polémia

PS : chacun peut relayer vers le candidat FN de sa circonscription – via courriel, Twitter ou Facebook – la question suivante : « Pour vous, la priorité des priorités, c’est l’arrêt de toute immigration nouvelle ou la sortie de l’euro ? »

Lettre ouverte reprise de Boulevard Voltaire

Marine Le Pen

Marine Le Pen : “Nous sommes à la tête de l’opposition”

29/05/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Alors que la campagne des législatives bat son plein, Marine Le Pen a déclaré ce lundi matin au micro de RTL que «Les républicains sont atomisés» et que le FN compte jouer un rôle essentiel dans cette grande recomposition de la vie politique.

Pour Marine Le Pen, le Front National représente aujourd’hui la seule opposition à Macron :

Nous sommes à la tête de l’opposition parce que les Français l’ont décidé lors du second tour de l’élection présidentielle, parce que nous avons réuni un Français sur trois et parce que nous sommes les seuls à être véritablement dans l’opposition à Emmanuel Macron.

Un temps évoquée comme nouveau nom potentiel du Front national, l’appellation “Les Patriotes” ne semble pas avoir les faveurs de Marine Le Pen :

Si les adhérents du Front national décident de changer de nom, ce ne sera pas celui-là. Je pense que si nous grandissons, si nous nous modernisons, et si nous rénovons aussi la structure, c’est précisément parce qu’en arrivant au second tour de l’élection présidentielle et en ayant réuni onze millions de Français, nous avons dores et déjà dépassé le Front national traditionnel.


Pour Marine Le Pen, Sylvie Goulard est une «européiste fanatique»

22/05/2017 – FRANCE (NOVOpress)
« Fanatique ». Le mot a été lâché ce lundi matin par Marine Le Pen pour qualifier Sylvie Goulard. Pour la présidente du FN, comme d’autres ministres, la ministre des Armées possède un « profil inquiétant ».

Sylvie Goulard est une européiste fanatique, elle veut la disparition de l’armée française au profit d’une défense européenne.



Marine Le Pen s’en prend à Sylvie Goulard… par Lopinionfr

Marine Le Pen Hillary Clinton 1

Révélation : Hillary Clinton a été réquisitionnée pour Marine Le Pen !

17/05/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Dans son numéro paru ce matin, l’hebdomadaire Minute révèle qu’à deux jours du premier tour de l’élection présidentielle, Hillary Clinton a été réquisitionnée pour un clip de dernière heure de Marine Le Pen ! Voici l’article de Minute.

Marine Le Pen Hillary Clinton 1Vendredi 21 avril 2017, avant-veille du premier tour de l’élection présidentielle, peu avant minuit, heure limite autorisée pour la propagande électorale, une vidéo de 45 secondes est diffusée. Sobre mais très efficace. Ambiance angoissante garantie. Tandis que des images d’enfants endormis, se tenant la main, défilent à l’écran, une voix off féminine récite :

« Il est trois heures du matin. Vos enfants sont en sécurité et endormis. Le téléphone sonne à l’Elysée. Un danger grave et imminent menace la France. Qui voulez-vous voir répondre au téléphone ? Une personne forte, indépendante, qui combattra le terrorisme islamiste sans faiblesse, protègera les Français et défendra l’intérêt de la France par-dessus tout ? »

Une voix masculine rend le relais :

« Il est trois heures du matin. Vos enfants sont en sécurité et endormis. Le téléphone sonne à l’Elysée. Un danger grave et imminent menace la France. C’est votre vote qui décidera qui doit répondre au téléphone. »

Sur l’écran apparaît un bulletin de vote, et sur celui-ci c’est le nom de Marine Le Pen qui est inscrit.

Cette vidéo a beaucoup circulé et elle aurait pu « buzzer » bien plus si elle avait été repérée pour ce qu’elle était : un plagiat, totalement assumé, totalement volontaire, d’une vidéo réalisée neuf ans plus tôt pour… Hillary Clinton !

Marine Le Pen Hillary Clinton 2A la veille de la primaire démocrate de 2008 dans le Texas, Hillary Clinton, sénateur de New York et épouse de l’ancien président Bill Clinton, avait en effet fait diffuser un spot destiné à faire ressortir l’inexpérience de son rival, un certain… Barack Obama.

Sur des images d’enfants endormis, une voix off disait :

« Il est trois heures du matin, vos enfants sont endormis, un téléphone sonne à la Maison Blanche. Quelque chose se passe dans le monde. Votre vote décidera de qui répondra à cet appel. Quelqu’un qui connaît déjà les leaders mondiaux, les forces militaires du pays, quelqu’un de rompu, prêt à gouverner dans un monde dangereux. Qui voudriez-vous voir répondre à cet appel ? »

Marine Le Pen Hillary Clinton 3Puis apparaissait Hillary Clinton, répondant au téléphone avec sérénité…

A notre connaissance, nul n’a relevé la quasi parfaite similitude des deux vidéos, qui était destinée à être remarquée. Peut-être avait-t-elle été mise en ligne trop tard. Voici une omission en tout cas réparée.

Surtout que deux semaines plus tard, c’est Barack Obama, par une vidéo de soutien à Emmanuel Macron, qui venait se mêler des affaires intérieures françaises. Mais, là, ce n’était que pure ingérence.

Patrick Buisson Conférence

Patrick Buisson : « Marine Pen n’a fait que parler d’économie, c’est la raison de sa perte »

17/05/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Patrick Buisson donnait hier soir une conférence à Versailles à l’invitation des Eveilleurs d’espérance. Le Salon beige y assistait et en a livré une recension, dont nous avons extrait ces passages.

Patrick Buisson Versailles« Ils étaient 20 millions à marcher le 7 mai. Vers où ? Vers quoi ? Ça n’a aucune importance, ils sont en “mouvement”. C’est le règne du “bougisme”, de l’homme interchangeable, de la personne dissoute dans la matière. 2017 aura vu l’apogée des “médiagogues”. Pour la première fois, tous les médias se sont mis au service d’un candidat”. 1984, le roman de George Orwell, aura vu sa plus brillante adaptation durant cette présidentielle. Avec la télé-gouvernance, nous sommes passés des démagogues aux médiagogues. La tyrannie ancienne “s’arrêtait” à l’asservissement des corps. Le travail des adeptes de l’émancipation s’attache à asservir la pensée. Adrénaline et moraline sont les deux substances que secrète la médiacratie afin de produire du consensus. »

« De quoi Macron est-il le nom ? Le moins de passé possible, pas d’enracinement, pas de corps habité par un lieu, une culture. Une adresse postale : Silicon Valley. Californie. USA. Macron n’est pas le remède à la crise de la société française, il en est le symptôme : celui de la déliaison libérale.

« Le parti de l’économie est le parti révolutionnaire au sens où l’entendait Georges Bernanos. L’économisme est la nouvelle religion des temps modernes par la promesse d’une croissance durable et illimitée. Qui peut croire que l’identité d’un pays se résume à son PIB ? Dans cette campagne, le règne des médiagogues est allé de pair avec celui des hallucinés de l’économisme. »

« Face à ce trou noir, les populismes de Mélenchon et le Pen ont exprimé maladroitement la nostalgie d’une souveraineté perdue. Le Pen a payé au prix fort le fait d’en avoir appelé aux électeurs de la France Insoumise plutôt qu’à ceux de Fillon. Le vote FN ne procède ni de l’euro ni des institutions de l’UE mais de la remise en cause de notre mode de vie. Faute d’avoir construit une offre électorale crédible, le FN est resté ce qu’il était : le meilleur allié du système. »

« L’homme moderne considère que tous ceux qui ont vécu avant sont dotés d’une intelligence moindre que lui. C’est ce monde issu uniquement de l’économie qui a fait son entrée à l’Élysée. L’économisme est la nouvelle religion moderne. Les mots de l’économie ont totalement investi le langage usuel, investir, gérer, challenger… Cette belle mécanique a révélé ses limites avec la crise de 2008. L’homme qui fait de l’économisme prend son pays pour une grande surface. »

« Nous étions poussés à penser que la fonction de l’identité allait prendre le pas sur l’économie. C’est tout le contraire qui s’est passé. Jamais on n’a parlé autant d’économie qu’en 2017. Fillon et Macron ont récité les sourates de l’économie. Le management n’est pas le gouvernement des hommes mais la gestion des choses. Macron n’a d’autre ambition que de manager notre pays. »

« Marine Pen n’a fait que parler d’économie, d’euros. C’est la raison de sa perte d’ailleurs. »

« Macron à Vegas en janvier dernier a déclaré vouloir faire de la France une “Smart nation dans un monde connecté”. Macron et ces jeunes qui aiment à se présenter comme la jeunesse du monde ne sont en fait que la vieillesse du monde. Promesse du bonheur, du progrès, qui fait de l’homme un dieu. Nos sociétés sont les premières de l’histoire à rendre les gens malheureux de ne pas être heureux. »

« La droite ne peut plus ne pas constater le caractère insécable du libéralisme. Nous assistons à la réunification des libéraux de droite et de gauche. La droite qui défilait en 2013 réaffirmait la prévalence du sacré sur le matérialisme et le marchandisme. C’est le mouvement inverse qui fut amorcé par la droite de gouvernement. La Manif pour tous aura été l’acte de naissance de ce que je nomme “populisme chrétien” qui ne fait pas de l’argent un roi au-dessus de tout. En résumé, s’il était possible au siècle dernier d’accoler libéralisme et conservatisme, c’est aujourd’hui un oxymore. »

« L’explosion de la droite par Emmanuel Macron amorce un changement dont ont peut tout attendre, y compris le meilleur ! Je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour ceux que nous allons perdre : NKM, Estrosi, Bruno Le Maire etc. Ces grands stratèges ! Navré de vous avoir connus ! Il est des divorces libérateurs ! La synthèse entre le conservatisme et populisme est la seule voie électorale de sortie possible. Macron y travaille de façon bénévole ! Le dégagisme ne concerne pas que les personnes mais aussi les idées fausses et concepts creux. Une grande politique conservative ne peut être qu’une politique de civilisation fondée sur la transmission. 

« Sur le papier, la droite conservatrice dispose d’une puissance de frappe incroyable aujourd’hui. Mais pour espérer la victoire politique il faut remporter la victoire culturelle. Le conservatisme a tout pour être la force alternative des années qui viennent (Gauchet). Il faut également avoir quelqu’un pour incarner ces idées conservatrices. C’est le grand problème de la droite. Nous voudrions remporter la victoire avant même d’avoir semé. Ce cycle du progrès, le sinistrisme, est en train de se refermer. Laissons celui en train de s’ouvrir porter du fruit. Tout ce qui s’est décomposé en deux siècles devrait se recomposer en deux ans ? Impossible. »

Marine Le Pen

La stratégie de Marine Le Pen sous le scalpel de Patrick Buisson

Patrick Buisson La Cause du peupleBis repetita placent ! Dans La Cause du peuple – L’histoire interdite de la présidence Sarkozy (éd. Perrin), paru en 2016, Patrick Buisson se livre à une analyse sévère de la stratégie suivie par Marine Le Pen lors de l’élection présidentielle de 2012. Un point de vue utile pour apprécier les résultats de 2017.

Voici ce qu’on peut lire au chapitre XIV intitulé « L’étrange défaite », sous l’intertitre « Les bénéfices de la “droitisation” » :

Les événements, qui avaient suivi jusqu’ici le cheminement tumultueux d’un destin adverse, semblaient brusquement changer de cours. Longtemps portée par une impressionnante dynamique, la campagne de Marine Le Pen marquait le pas. En réalité, la présidente du FN inaugurait l’une de ces campagnes à contresens dont elle se ferait une spécialité par la suite, passant maître dans l’art de transformer l’or des sondages en un vil plomb électoral – soit l’opération inverse de celle que le fondateur de la dynastie était parvenu à réaliser jusqu’en 2007 sans autre moyen que la magie, d’aucuns diront la démagogie du verbe. Sous la houlette de l’ex-chevènementiste Florian Philippot, elle s’aventurait sur le terrain de l’économie où sa crédibilité était faible, voire inexistante, et délaissait ainsi les ressorts traditionnels du vote frontiste au moment où ceux-ci n’avaient sans doute jamais été aussi puissants. Ce qui suscitait au sein de son électorat un sentiment d’improvisation et de confusion.

« Heureusement qu’elle est mauvaise comme un cochon, qu’elle n’a ni le sens politique ni la culture de son père, sinon je serais très mal. Là, elle nous ouvre un espace… » observait un Sarkozy mi-amusé mi-incrédule.

Il n’avait pas tort. L’écart dans les intentions de vote, qui n’était en moyenne que de trois points en faveur du président sortant à la fin janvier, oscillait entre dix et douze points à la mi-mars. »

Cinq ans plus tard, on a vu ce qu’il en a coûté à Marine Le Pen de « s’aventurer sur le terrain de l’économie » et de « délaisser les ressorts traditionnels du vote frontiste »…

Polémia

Texte repris du site de la Fondation Polémia

François Bousquet

L’après–présidentielle vue par François Bousquet sur TV Libertés

16/05/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Pour ce nouveau numéro de Bistro Libertés sur TV Libertés, Martial Bild et les sociétaires reçoivent François Bousquet, auteur de La France buissonnière, pour une édition spéciale élection présidentielle. L’image est devenue célèbre : Emmanuel Macron hurlant et s’époumonant lors d’un meeting aux cris de : « Ce que je veux, c’est que vous alliez faire gagner notre projet ! » Emmanuel Macron a gagné. Va-t-il pour autant réussir à imposer son projet ? Malgré un score historique et un nombre d’électeurs deux fois supérieur à celui du second tour de 2002, la présidente du Front national essuie de nombreuses critiques. Certaines voix s’élèvent pour remettre en cause son leadership. Peut-on parler d’une victoire à la Pyrrhus pour Marine Le Pen ? Les 11 et 18 juin prochains se dérouleront les élections législatives dont les enjeux sont essentiels : majorité absolue pour Emmanuel Macron, retour en grâce des élus Les Républicains, arrivée en force du Front national ou de la France insoumise… Avance-t-on vers une Assemblée nationale renouvelée préfigurant une recomposition profonde du paysage politique français ?

Macron président

Emmanuel Macron est président : que faire ?, par Gabriel Robin

Gabriel Robin

Gabriel Robin

La clé du succès d’Emmanuel Macron est qu’il a su créer une dynamique positive autour de sa candidature. […] Le blitzkrieg du marcheur s’explique tant par une conjonction particulièrement favorable des astres politiques que par les qualités propres qu’il a su exprimer […].

Nous devons donc tirer des enseignements de ce qui constitue une défaite, dans un contexte très spécifique (impopularité record du précédent exécutif, série toujours en cours d’attentats terroristes, crise majeure de la zone euro) :

– Il y eut des prémices à ce semi-échec. D’abord, la session de rattrapage de l’élection autrichienne. Puis, dans un second temps, les résultats assez faiblards des populistes néerlandais. Sans faire mention des plus anecdotiques élections partielles allemandes, au cours desquelles l’AfD chutait assez lourdement. On ne peut pas établir de parallèle exact, tant les sociologies électorales de ces formations alliées sont diverses, mais il semblerait que les progressions de ces mouvements subissent une érosion. Effet de seuil ? Possible.

La clé du succès d’Emmanuel Macron est qu’il a su créer une dynamique positive autour de sa candidature. À nous, aussi, d’entraîner une vague d’espérance pour la France et le continent européen. Il faut savoir se projeter dans le futur ! Si nous lui laissons l’exclusivité de la narration du présent, nous lui confierons les clés de l’avenir.

– Peut-on dire que notre discours a été parfaitement entendu ? Oui, mais pas par une majorité. Nous devons nous adresser à l’ensemble du corps électoral français. Certes, un jeune avocat des métropoles mondialisées n’aura pas forcément les mêmes préoccupations quotidiennes qu’un ouvrier picard dont l’usine est menacée par les délocalisations. Mais tous ont un point commun : ils vivent dans une France menacée par la submersion démographique, l’islamisme et la relégation.

Pour s’adresser à la France dans toute sa complexité sociologique, il faut urgemment adapter notre discours. Éviter le folklore, les outrances ou l’hystérie.

– Nous devons constituer la première force d’opposition à Emmanuel Macron, dont le programme, je le crois, ne pourra pas pleinement répondre aux aspirations des Français.

Le temps de la réflexion est venu. Sans rien perdre de ce qui fait sa force, notre mouvement peut et doit évoluer. Il le faudra car le temps presse. Le train passe rarement deux fois…

Gabriel Robin

Extraits d’une tribune publiée par Boulevard Voltaire
(reprise partiellement ici avec l’aimable autorisation de l’auteur)

Marion Maréchal-Le Pen 2

Marion Maréchal-Le Pen : « Je ne voulais pas finir comme Christian Estrosi »

10/05/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Marion Maréchal-Le Pen, qui a annoncé son retrait de la vie politique par une Lettre aux Vauclusiens, s’en explique un peu dans un entretien à Valeurs actuelles. Extraits.

« Être élue jeune m’a fait connaître très tôt les honneurs et le niveau de vie très confortable qui accompagnent le mandat. Cela m’a préservée d’un certain nombre de difficultés et d’inquiétudes auxquelles sont confrontés les Français, même si j’ai toujours essayé d’y rester très attentive sur le terrain, de ne jamais perdre pied. En termes de construction personnelle, j’ai besoin de vivre cela avec eux, et j’en ai également très envie. J’ai toujours aimé le monde de l’entreprise, qui m’a toujours attiré. Je pense que je ne serais pas quelqu’un de parfaitement aboutie et sans cette expérience. »

• Pourquoi choisir ce timing pour prendre cette décision ? 

Je suis convaincue que si je ne pars pas maintenant, je ne partirai jamais. Il est éminemment difficile de quitter ce monde politique. Plus on attend, plus forte est la difficulté.

« Je suis absolument terrifiée à l’idée de finir comme un Christian Estrosi , des ultra-cumulards,professionnels cyniques de la politique qui ne font plus que cela depuis des décennies et qui seraient prêts à n’importe quelle trahison pour préserver leur rente. »

C’est un modèle complètement révolu. Les Français ont besoin, pour respecter les politiques, qu’ils prouvent aussi leur liberté, leur désintéressement. Il est important que des élus démontrent qu’ils sont capables de renoncer à leur statut.

• Votre grand-père, Jean-Marie Le Pen, a affirmé aujourd’hui que votre départ était une désertion. Qu’est-ce que cela vous évoque ? 

Il a toujours un raisonnement sacrificiel à l’égard de la politique, un peu désincarné, mais je pense que nous avons changé de génération politique ! Il raisonne selon un schéma, qui a prévalu pendant des années, où il était souhaitable d’accumuler les mandats et d’avoir beaucoup d’expérience politique pour etre légitime.

« Aujourd’hui, les Français sont dégoûtés par la politique et les politiciens, qui sont considérés par eux comme des rentiers et des profiteurs. On ne peut plus faire de la politique dans les mêmes conditions qu’à l’époque de Jean-Marie Le Pen. »

Il faut que les élus fassent preuve de liberté, de désintérêt et d’expérience professionnelle.

Extraits d’un entretien publié sur le site de Valeurs actuelles