Marine Le Pen se présente comme l’avocate “des libertés” pour l’élection présidentielle de 2022 qui sera, selon elle, “un choix de civilisation”

Congrès du Rassemblement national : Marine Le Pen rêve de transformer ce qu’elle perçoit comme une «victoire idéologique en victoire politique»

Robert Ménard : « Gagner une élection, c’est réunir une majorité »

Robert Ménard

Au lendemain du second tour des élections départementales et régionales, le maire de Béziers revient sur ce « vrai rejet des partis politiques ». Concernant les mauvais scores du Rassemblement national, Robert Ménard pense que l’abstention n’est pas la seule explication à chercher.

Le second tour des élections régionales et départementales a eu lieu hier. L’abstention a progressé dans certaines régions. Est-ce préoccupant ?

C’est plus que préoccupant, c’est un poison pour la démocratie. Je parie que l’ensemble de la classe politique l’aura oublié dans trois semaines et on repartira comme si de rien n’était. Il y a un désaveu, une scission, un apartheid qui s’est mis en place entre la classe politico médiatique et les petites gens. On n’arrive pas à combler ce gouffre qui touche tous les partis. On pouvait espérer que le Rassemblement national était à l’abri de cette critique de tous les partis parce qu’il n’a pas été au pouvoir. Il y a un vrai rejet des partis politiques.

16 % des Français font confiance aux partis politiques. Derrière un certain nombre d’autres raisons comme le Covid, il y a aussi le désaveu profond d’une classe politique.

Le Rassemblement national espérait beaucoup mieux de ces élections. Ce parti compte surtout sur le vote des abstentionnistes et des contestataires. Les abstentionnistes, les contestataires, les anti système n’ont pas trouvé dans le Rassemblement national, un moyen de l’exprimer dans les urnes.

Il y a plusieurs points dans votre question. L’abstention frappe particulièrement son électorat et en particulier les classes populaires. Que l’on puisse réduire les mauvais scores du Rassemblement national à l’abstention et s’en prendre aux abstentionnistes pour expliquer une faiblesse terrible au second tour encore pire que le premier, je crois qu’il y a d’autres explications. Il y a aussi un problème d’identification, d’incarnation des idées du Rassemblement national. Les gens sont prêts à voter pour des idées, mais ils votent aussi pour les gens qui portent les idées. Le manque de cadre et de leaders du Rassemblement national est un vrai problème. Certaines personnes ont du talent, mais pour emporter l’adhésion, il faut avoir une capacité à dire un certain nombre d’idées que les candidats nationaux n’ont pas, n’ont plus ou n’ont jamais eues.

Marine Le Pen ne s’exprimera pas dans les médias jusqu’au congrès de Perpignan parce qu’elle est sous le feu des critiques. Les partisans de la candidature d’Eric Zemmour à la présidentielle masquaient difficilement le fait qu’ils se frottaient les mains suite à ce résultat.
Marine Le Pen est-elle la bonne candidate ? Est-ce qu’une candidature alternative doit émerger ?

Je ne me frotte pas les mains des déboires du Rassemblement national. Cette droite nationale est mangée de l’intérieur par les rivalités, les guerres d’égo, les histoires d’il y a quarante ans et les rancunes. Je suis étranger à toutes ces histoires-là et j’ai la ferme intention de rester à distance de cela.

Je pense que Marine Le Pen a mis en œuvre une certaine normalisation qui me semble aller dans le bon sens. Normalisation ne veut pas dire alignement sur le reste de la droite. Cela veut dire essayer de répondre à cette interrogation terrible dont personne n’est capable d’y répondre. Comment se fait-il que les idées que l’on défend trouvent souvent un écho majoritaire en France, alors qu’en même temps le reste des partis appelle à un front républicain, les gens répondent à ce front républicain ? On continue à faire peur à une partie de la population. Pardon de le dire, ce ne serait pas une candidature encore plus clivante que celle de Marine Le Pen, bien plus à droite et bien plus radicale, qui va répondre à cette interrogation-là et qui va permettre de gagner l’élection. Je rappelle que gagner l’élection n’est pas se faire plaisir en allant toujours plus loin dans la radicalité. Gagner une élection c’est réunir une majorité des Français et réussir une alchimie entre le vote populaire qui dépasse le vote de droite et un vote conservatoire plus libéral économiquement. Monsieur Sarkozy l’avait fait en 2007.

Sommes-nous capables de le faire ? Y a-t-il quelqu’un d’autre que Marine Le Pen ?

Les sondages sont cuisants pour les autres candidats qui penseraient s’imposer.

La question ne se pose pas. Vous soutenez Marine Le Pen en 2022.

Cela fait quatre ans que j’essaie de trouver une alternative. Cette alternative n’est pas là. Je vous rappelle que l’on vote dans moins d’un an et je ne veux pas faire le lit de monsieur Macron.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Élections régionales : l’heure de la remise en question pour le Rassemblement national ?

Dimanche dernier, était ici évoquée l’éventuelle possibilité d’un “sursaut citoyen”. Avec tout juste 2 % d’électeurs supplémentaires ayant daigné se rendre aux urnes, nous en sommes loin ; alors que toutes les forces en présence appelaient au dit “sursaut”.

Il était donc logique que ces résultats de second tour viennent confirmer, tout en les amplifiant, ceux du premier. Les sortants de LR et du PS sont reconduits. Les écologistes de EELV marquent le pas. Les mélenchonistes de LFI sont laminés. La République en marche est inexistante. Quant au RN, c’est la dégringolade. On lui promettait d’une à trois régions, voire plus ? Il n’en aura aucune.

Cette défaite est d’autant plus cinglante que même en PACA, Thierry Mariani, pourtant arrivé en tête dimanche dernier, est sèchement remercié, abandonnant plus de dix points à son adversaire, Renaud Muselier. Qu’en déduire ?

Allons court : les résultats des LR, qu’ils soient ou non en rupture du parti fondé par Nicolas Sarkozy, risquent d’être problématiques pour une échéance de 2022 annonçant pléthore de candidats potentiels, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez, pour ne citer que ceux-là, sans oublier les querelles internes à venir allant avec. Une droite gouvernementale qui retrouve donc le sourire, mais l’on sait aussi, jurisprudence François Fillon oblige, qu’une élection présidentielle donnée gagnante peut être parfaitement perdue. Quant au Parti socialiste, il démontre qu’il redevient ce qu’il a toujours été avant François Mitterrand et sa prise en main en 1971 : un parti de notables.

En revanche, la situation du Rassemblement national est autrement plus périlleuse. En effet, le prochain congrès du mouvement lepéniste, qui devrait se tenir à Perpignan la semaine prochaine, s’annonce des plus aigres. Si la région PACA était tombée dans son giron, Marine Le Pen aurait pu exciper de ce succès pour masquer les faiblesses structurelles de son parti. Là, elle risque de se retrouver au pied du mur.

Car même si la liberté d’expression en interne n’est pas tout à fait la marque de fabrique de ce mouvement, elle ne pourra pas faire l’économie de ces questions :

Pourquoi 71 % des électeurs lepénistes ne se sont-ils pas déplacés ? On peut certes évoquer l’abstention de masse, mais les sondeurs assuraient que cet électorat était le plus sûr de son vote. Il est donc indéniable que le RN ne fait pas, ou ne fait plus envie ; et cela ne saurait être la seule faute du « Système ».

Pourquoi est-elle manifestement incapable, au contraire de son père, de faire coexister au sein de son parti, les diverses nuances de la droite de conviction, sans oublier ceux qui ont des convictions et qui ne sont pas forcément de droite ? L’autoritarisme peut certes payer, mais à condition que le succès soit au rendez-vous ; et quand les échecs s’enchaînent, l’autocratie peut vite prendre des airs de tyrannie…

Pourquoi, et là, elle imite son père, indexe-t-elle toujours la stratégie du RN sur l’élection présidentielle, tout en négligeant élections locales et corps intermédiaires – dont ses propres cadres de province, trop souvent pris de haut –, au profit de cette éternelle « mère des batailles », cet étendard si souvent brandi, mais auquel manque la hampe ; soit le substrat intellectuel et politique, l’enracinement dans cette France d’en bas, peut-être trop invoquée dans les discours et pas assez dans les faits ?

Certes, le pouvoir nécessite l’incarnation en une personne. Et le nom de Le Pen, qui en est l’un des symboles, ne suffit manifestement pas ; ou plus.

Marine Le Pen ne pourra pas faire l’économie de cette réflexion ; mais cette fois, elle ne pourra pas la mener seule.

Nicolas Gauthier

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Marine Le Pen : «Moi, j’ai à dire quelque chose à ceux qui ont choisi Monsieur Youssoupha et comme ce n’est pas le président de la FFF, j’en conclus que c’est à l’Elysée qu’il a été choisi»

La candidature d’Éric Zemmour, une chance pour Marine Le Pen ?, par Jean-Yves Le Gallou

zemmour candidature

Ira ? N’ira pas ? Les spéculations vont bon train à propos de la possible candidature d’Éric Zemmour à l’élection présidentielle. Pour les uns, c’est un leurre, il n’ira pas pour garder son audience médiatique, son éditeur, son influence métapolitique et… ses revenus. Pour d’autres, en cette année du bicentenaire de Napoléon qu’il admire, il franchira le Rubicon et se jettera dans le grand bain politique. Affaire à suivre…

Les craintes du Rassemblement national

Affaire déjà suivie au Rassemblement national. Pour Philippe Olivier, immédiatement repris par Marine Le Pen, la candidature Zemmour, c’est le risque Taubira. Une comparaison peu flatteuse. Pour Eric Zemmour d’abord : Taubira n’avait rassemblé que 2 % à la présidentielle de2002. Mais peu majorative surtout pour Marine Le Pen : Jospin avait alors perdu les 2 % de suffrages décisifs et était tombé à 16 % ce qui l’avait éliminé du deuxième tour. Étrange tout de même que Marine Le Pen ait un tel manque de confiance en elle alors qu’elle caracole en tête de la présidentielle à 27 % dans les sondages d’opinion.

En vérité la vraie question est la suivante : quel est le véritable objectif de Marine Le Pen ?

S’assurer seulement un bon premier tour en mai 2022 ? Et finir au deuxième tour, certes vaincue, mais en améliorant le résultat de 2017 ? Et se maintenir ainsi en piste pour 2027, voire 2032 ?
Ou bien prendre la mesure du délitement de la France, de l’ampleur du Grand Remplacement et de l’urgence d’y mettre un terme ? Et donc se battre non pour témoigner mais pour gagner.

Pour cela il faut deux conditions : une mobilisation du maximum d’électeurs possible au premier tour et des réserves de voix susceptibles de se rallier au deuxième tour.
C’est ici qu’une candidature Zemmour pourrait s’avérer précieuse pour Marine Le Pen.

L’atout chance de Marine Le Pen ?

Zemmour pourrait participer à la recomposition du paysage politique et mobiliser trois électorats jusqu’ici rétifs à Marine Le Pen :

– la droite souverainiste et hors les murs (de l’ordre de 5 % à 7 %),
– les LR « de droite », conscients du délitement du pays, les fillonnistes volés de la campagne de 2017, les aficionados de Wauquiez ou Bellamy qui peuvent difficilement se reconnaitre dans Pécresse ou Bertrand, qu’une feuille de papier à cigarettes parvient à peine à distinguer de Macron et de La République En Marche (aussi de l’ordre de 5 % à 7 %),
– des abstentionnistes en rupture avec le système mais qui peinent à adhérer à Marine Le Pen faute de confiance et de crédibilité (a minima quelques pourcents).

Notons d’ailleurs que les sociologies des électeurs de Marine Le Pen et des partisans de Zemmour ne sont pas les mêmes. C’est chez les CSP + et les urbains que Zemmour cartonne sur CNEWS et sur les réseaux sociaux. Plus que dans les Hauts de France où Marine Le Pen qui a la « fesse populaire » remporte un incontestable succès.

Bref on ratisse mieux à deux que tout seul ! Et Il est très clair qu’au soir du premier tour le total de voix rassemblées par Éric Zemmour et Marine Le Pen serait supérieur à ce que serait susceptible de rassembler la seule candidate du Rassemblement national. Qui disposerait alors d’un réservoir de voix pour le second tour et du soutien d’un homme radicalement critique du politiquement correct, tout en bénéficiant d’une certaine aura et d’un grand tissu relationnel au sein du système. Ce qui reste un atout incontestable.

Les craintifs bien sûr peuvent redouter que la candidature Zemmour ne fasse « pschitt ». C’est possible. Ou qu’elle marche trop bien conduisant à diviser les voix nationales en deux parts trop égales, c’est aussi envisageable.

Les amateurs de politique fiction peuvent aussi évoquer deux scénarios catastrophes : pour les nationaux, si les deux candidats s’éliminaient l’un l’autre ; ou pour les tenants du système, si les deux candidats – à la faveur d’un chaos sécuritaire ou migratoire – se qualifiaient l’un et l’autre pour le second tour.

L’histoire est le lieu de l’imprévu. Reste que pour Marine Le Pen l’atout chance pour accéder à l’Élysée serait une candidature Zemmour !

Jean-Yves Le Gallou

Texte daté du 31 mai 2021 et repris du site Polémia

Près de 75% des policiers actifs auraient l’intention de voter pour le parti de Marine Le Pen, selon une récente étude effectuée par le CEVIPOF

Me Gilbert Collard : « On a la preuve qu’il y a une mécanique politique de répression judiciaire qui porte atteinte à l’honneur ! »

Gilbert Collard

Le tribunal de Nanterre a décidé la relaxe de Marine Le Pen et de Me Gilbert Collard, qui étaient poursuivis pour avoir publié, en 2015, sur Twitter, des photos d’exactions de l’État islamique.

Vous avez été relaxé ainsi que Marine Le Pen dans l’affaire des tweets montrant les exactions de Daech. Vous aviez, à l’époque, dénoncé un procès politique. Visiblement, la Justice vous a donné raison.

Oui, c’est une bien belle chose lorsque la Justice est indépendante. Il faut quand même rappeler que pour arriver à cette décision de relaxe, au point que les revues juridiques s’y intéressent, il a fallu passer par deux demandes de levées d’immunité parlementaire. La première a été refusée par une commission à majorité socialiste. La seconde acceptée par une majorité à composante de La République en marche et des Républicains, passée par un juge d’instruction qui n’a pas eu le courage de rendre une ordonnance de non-lieu. Et se retrouver, après plusieurs années, devant un tribunal. Tout cela pour des faits qui n’auraient jamais dû faire l’objet de poursuites. On a la preuve qu’il y a une mécanique politique de répression judiciaire qui fatigue et qui porte atteinte à l’honneur, et une mécanique de décisions de justice qui, lorsqu’elle est indépendante, fait la leçon à toute cette mécanique de poursuite.

C’est un coup monté par les hommes de main de M. Hollande, tant au Parlement qu’au ministère de l’Intérieur. Cette affaire a été montée de toutes pièces pour nous faire du tort.

Un procureur nous a fait convoquer par la police et par un juge d’instruction, tout cela pour un jugement qui est remarquablement motivé et qui nous ramène, finalement, au départ. Jamais nous aurions dû être poursuivis. Il va falloir, un jour, que l’heure sonne des responsabilités.

Maintenant que vous avez été relaxés, envisagez-vous de porter plainte pour procédure abusive ?

Je n’en ai pas fini avec le Parlement. J’ai donc saisi la Cour européenne au sujet de la levée de mon immunité. Croyez-moi, je n’appartiens pas à la catégorie des gens qui lâchent et je ne lâcherai pas !

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Crime de Rambouillet, pétition de généraux : l’islamisme crée une crise majeure

islamisme attentat

Une pétition circule depuis mercredi dernier au sein de l’armée. Elle a été lancée par l’ancien capitaine de gendarmerie Jean-Pierre Fabre-Bernadac, reçue notamment par Valeurs actuelles et Présent. Cette pétition, signée par vingt généraux, une centaine d’officiers supérieurs, et de nombreux autres militaires, certes la plupart à la retraite, devoir de réserve oblige, évoque l’actuel « délitement » du pays. La pétition, très bien rédigée et argumentée, met en cause « un certain antiracisme » dont le seul but est de « créer sur notre sol un mal-être, voire une haine entre les communautés ». La pétition énumère les menaces communautaristes, et séparatistes (selon les propres termes de Macron) : islamisme, hordes de banlieue, « territoires soumis à des dogmes contraires à nos institutions ». Les accusations se font même plus précises à l’égard des vrais responsables : « … le pouvoir utilise les forces de l’ordre comme agents supplétifs et boucs émissaires face à des Français en gilets jaunes exprimant leurs désespoirs. »

L’appel se termine par un soutien aux « politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation ».

La pétition a fait beaucoup de bruit, relayée notamment par Sud Radio. Sur cette même radio, l’ancien capitaine de gendarmerie se disait très inquiet de la tournure des événements, et lâchait même le mot de « guerre civile ».

Vendredi, Marine Le Pen apportait son soutien à la pétition : « Comme citoyenne et comme femme politique, je souscris à vos analyses et partage votre affliction ».

Comme pour illustrer ce terrible diagnostic, le même jour un islamiste tunisien ex-clandestin égorgeait une fonctionnaire de 49 ans, agent administratif au commissariat de Rambouillet, et mère de deux filles. Le terroriste avait prémédité son crime. Stéphanie M. serait la 271e personne assassinée par les islamistes sur le territoire français depuis 2012.

La mort de Stéphanie a indigné la quasi-totalité des Français, mais à gauche, alors même qu’on apprenait la terrible nouvelle, les appels se multipliaient pour condamner la pétition des militaires, tandis que Marine Le Pen était accusée de récupération politique pour avoir manifesté son soutien à la famille et avoir prétendu tirer les leçons de ce nouveau crime.

« Menace explicite contre la République »

Brandissant la menace d’un putsch d’une nouvelle OAS, les ténors de l’extrême gauche sont montés au front, dans un ordre parfait pour une fois. Pour Jean-Luc Mélenchon, la pétition est une « stupéfiante déclaration de militaires s’arrogeant le droit d’appeler leurs collègues d’actives à une intervention contre les islamogauchistes ».

Benoît Hamon, en phase de marginalisation extrême-gauchiste accélérée, n’est pas en reste. Il constate que la pétition intervient au 60e anniversaire du putsch d’Alger, et y voit une menace explicite contre la République. « Aucune réaction de Florence Parly, Jean Castex ni Emmanuel Macron », s’indigne l’ancien candidat du PS à la présidentielle de 2017 (Hamon était sans doute déjà au lit quand, dimanche vers 20 heures, Parly s’en est prise aux pétitionnaires). Coquerel, faux insoumis mais vrai dhimmi, s’en étrangle d’indignation : « Des militaires appellent à une chasse aux sorcières, à une éradication, à défendre des “valeurs civilisationnelles” à rebours de la République, ça finit sur une menace de guerre civile, Le Pen salue ces apprentis factieux et ? Rien. On se réveille ? »

Mais la fonctionnaire assassinée ne suscite guère de compassion chez les mêmes « indignés » et « insoumis ». Pas un mot sur le cheminement de l’assassin. Pas une repentance, pas une remise en cause de la ligne islamo-gauchiste de LFI et du groupuscule de Hamon.

Pour Mme le député LFI Obono, « la droite et l’extrême droite se servent de tous les faits possibles, y compris les plus dramatiques et les plus atroces, pour pouvoir justifier leur idéologie qui est de considérer que l’immigration est la source de tous les maux en France ». Elle a été immédiatement rejointe sur ce terrain par le ministre de la Justice (sic) Dupond-Moretti : « Quel cynisme, quelle indignité, quelle ignominie, que de tenter d’exploiter cette tragédie à votre profit deux heures seulement après ce crime. »

« Un tour de vis »

Y a-t-il un délai obligatoire avant de s’indigner et de demander un changement de politique ? La présidente du RN avait en effet évoqué la part de responsabilité du garde des Sceaux dans l’augmentation de la criminalité. « Le pays a besoin d’un tour de vis. »

La candidate à l’Elysée faisait aussi allusion à la décision ultime des tribunaux à propos de la défenestration de Sarah Halimi par le criminel islamiste et drogué Traoré, et au verdict de clémence dans la tentative de meurtre par incendie des policiers brûlés vifs à Viry-Châtillon.

« Toujours des mensonges et des phrases tronquées », a ajouté le « grand avocat », visiblement dépassé par l’enchaînement des horreurs qui ruinent les unes après les autres ses plaidoiries de plus en plus agressives.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 26 avril 2021

Marine Le Pen : “J’aime infiniment mon père. Je suis heureuse d’avoir réussi à retrouver des relations normales avec lui”

Marine Le Pen présidente ? Une hypothèse «inquiétante» pour le pape François

Lors d’une audience avec quatre Français, le pape a déclaré que la possibilité de l’élection de Marine Le Pen comme présidente était «inquiétante». Celle-ci lui a conseillé de «rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu». Le 15 mars, le pape François a reçu une délégation politique française face à laquelle il a affirmé que la possibilité de l’élection de Marine Le Pen comme présidente de la République était «inquiétante». Une commentaire qui a fait réagir la présidente du Rassemblement national, celle-ci ayant conseillé au souverain pontife de «rendre à César ce qui est à César» et de «s’occuper de ce qui se passe dans les églises».

Comme rapporté par l’Obs, le pape a reçu pendant quarante minutes le militant écologiste Cyril Dion, l’entrepreneure Eva Sadoun, le fondateur du mouvement Coexister Samuel Grzybowski, et Michel Cermak. Ce dernier représentait le député européen Pierre Larrouturou, qui avait organisé cette réunion mais n’a pas pu y assister en raison d’un test positif au Covid-19. Le pape François se serait alors exprimé sur la situation politique en France en ces termes : «Un ami m’a dit : “En France, si on continue comme ça, on aura Marine Le Pen présidente”. Je ne veux pas être désagréable ou dire à votre pays ce qu’il doit faire. Mais c’est inquiétant. […] Je suis inquiet de la montée des populismes. Mais l’antidote c’est un mouvement populaire. Et écouter ce mouvement. Il faut opposer au populisme le “popularisme”. Un bon gouvernement doit faire confiance aux citoyens, il doit les écouter.» Le souverain pontife a également fustigé les idéologies qui, selon lui, «enferment les peuples et limitent leur créativité spontanée».

Sur Twitter, Marine Le Pen a conseillé au Pape de rendre «à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu», en référence à une citation de Jésus présente le Nouveau Testament. «Je suis convaincue que de nombreux croyants seraient ravis que le pape s’occupe de ce qui se passe dans les églises plutôt que dans les urnes. Que chacun fasse ce pour quoi il est destiné », a ajouté la candidate à l’élection présidentielle de 2022.

Texte repris du site RT France

Justice, écologie : Marine Le Pen dévoile une partie du gouvernement qu’elle formera si elle est élue

Jeudi 11 mars, au soir, Marine Le Pen était l’invitée de « Face à BFM », l’émission politique de la plus célèbre chaîne d’information française. La présidente du Rassemblement national a continué à s’y présenter sous un jour nouveau, afin de rassurer de potentiels nouveaux électeurs.

L’opération séduction continue pour Marine Le Pen. Invitée hier soir sur le plateau de BFM TV, la chef de file du RN n’a cessé de se montrer sous un jour rassurant et professionnel. Quatorze mois avant une élection qui s’annonce particulièrement tendue, rapporte notamment Le Figaro, celle qui avait annoncé sa candidature en janvier 2020 a répondu pendant deux heures aux questions des journalistes de BFM. Insécurité, immigration, Covid-19… Quel que soit le thème abordé, Marine Le Pen n’a cessé de mettre en avant l’aspect mesuré de son projet, afin de rassurer de potentiels nouveaux électeurs : « Les Français ont entendu beaucoup de choses sur moi. Beaucoup de choses fausses […] Rien dans ce que je propose représente un danger ». Chose rare, la patronne du parti souverainiste a même dévoilé le nom d’au moins deux de ses futurs ministres, si elle venait à être élue. Dans son gouvernement, qu’elle souhaite d’ « union nationale », figureraient donc notamment Jean-Paul Garraud et Hervé Juvin. L’ancien magistrat et membre des Républicains, passé au RN en 2019, obtiendrait le ministère de la Justice, tandis que le député européen localiste se verrait chargé de l’Écologie.

Liberté, liberté chérie

Et quitte à tout miser sur l’ouverture, autant jouer cette carte à fond. Dans son élan, Marine Le Pen a même soumis l’idée de la participation d’Arnaud Montebourg à ce futur possible gouvernement d’union. S’il est peu probable que la fille de Jean-Marie Le Pen parvienne à rallier l’ancien ministre socialiste, Marine Le Pen pourrait séduire d’autres personnalités en incarnant une posture résolument « anti-Macron ». Comme le rapporte Le Figaro, la chef de file du RN n’a cessé de s’inscrire en faux des décisions du président de la République. Fermeture des lieux de cultes, des sites culturels, loi contre le séparatisme forte avec les faibles et faible avec les forts, etc. Selon Marine Le Pen, Emmanuel Macron n’aurait cessé « de diminuer les libertés de manière inutile » en traitant les Français « comme des enfants ». Hier, un sondage de l’institut Elabe estimait à 36% la part de Français se disant prêts à voter pour la candidate RN.

Texte repris du site Valeurs Actuelles

Vice de procédure – Marine Le Pen dénonce un « procès politique »

Mercredi après-midi, Marine Le Pen et Gilbert Collard étaient convoqués devant le tribunal correctionnel de Nanterre pour y répondre du chef d’accusation de « diffusion d’un message à caractère violent ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine », puni de trois ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. Une accusation totalement ubuesque quand on se souvient que les deux élus RN avaient précisément posté ces photos pour dénoncer les crimes de l’EI et en réponse à une comparaison ignoble faite par Jean-Jacques Bourdin entre le RN et Daesh. Mais, au-delà de son caractère absurde, cette affaire nous montre surtout comment le pouvoir en place, de façon ignominieuse, se permet d’utiliser une loi conçue pour lutter contre le prosélytisme islamiste pour tenter de réduire au silence son seul véritable adversaire politique.

« Une instrumentalisation de la justice »

C’est d’ailleurs ce qu’a fort justement rappelé Marine Le Pen dès son arrivée au tribunal : interrogée par les journalistes, celle-ci a en effet immédiatement dénoncé « un procès politique […] voulu par le ministre de l’Intérieur de l’époque » (Bernard Cazeneuve), et « une instrumentalisation de la justice » qui constitue « une atteinte extrêmement grave » à sa liberté d’expression. On n’aura donc pas été surpris de voir la présidente de la chambre expliquer dès le début de l’audience mercredi que le « principal enjeu de ce procès » était celui de l’« accessibilité aux mineurs » des images postées par les deux élus RN. C’était là, en effet, le meilleur moyen d’obtenir une condamnation des deux opposants politiques, tout en éludant le fond de cette affaire : cet amalgame insupportable fait entre « un groupement terroriste et barbare » et « un mouvement démocratique qui depuis 45 ans se présente à l’ensemble des élections » ! Aussi, a expliqué la présidente du RN, « j’ai simplement rappelé […] M. Bourdin à la raison par deux tweets ». Une réaction tout ce qu’il y a de plus logique, qui a également été celle de Gilbert Collard. Accusé lui aussi d’avoir posté des photographies d’exactions de l’EI « non floutées », celui-ci a alors observé très justement que « ces images avec leur violence nous mettaient en face de la réalité du crime et rappelaient la stupidité de la comparaison faite » par Bourdin.

Le prétexte de l’« accessibilité aux mineurs »

Se voyant alors demander par la présidente s’il estimait « que ces photos [portaient] atteinte à la dignité humaine », Collard a répondu « non », en ajoutant que « si un abruti [niait] la Shoah », il serait « parfaitement capable de lui sortir des photos de camps de concentration » ! Surtout, et comme l’a justement rappelé Marine Le Pen, « c’est le crime qui porte atteinte à la dignité humaine », et non « sa reproduction photographique », qui est ni plus ni moins que « de l’information ». D’ailleurs, a-t-elle souligné en citant l’exemple du cliché représentant Aylan, cet enfant migrant mort sur une plage de Turquie, « cette photo a été publiée par l’intégralité des médias français sans que jamais le parquet ne trouve une raison d’engager une poursuite de quelque nature que ce soit ». Autant d’arguments difficilement contestables, ce qui explique pourquoi le procureur a préféré axer ses réquisitions sur la question de l’« accessibilité aux mineurs » des images postées par les deux élus. Ainsi, a-t-il déclaré, « ils avaient parfaitement le droit de diffuser ces images, le problème est de s’assurer, avant la diffusion, qu’aucun mineur n’est susceptible de voir ou de percevoir ces images ». Une tâche évidemment impossible, comme l’a rappelé Me Bosselut, l’un des avocats de Marine Le Pen, qui a insisté sur le fait que les photos incriminées étaient « de notoriété publique, à la disposition de tous, et sans doute des mineurs, sans que Marine Le Pen ait besoin de les retweeter ». Ce qui n’a pas empêché le procureur qui de requérir 5 000 euros d’amende à l’encontre des deux élus du RN.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 11 février 2021

La guerre des Le Pen n’aura pas lieu !

C’est le scénario rêvé des médias français depuis quelques jours. Une opposition, voire une guerre ouverte entre Marion Maréchal et Marine Le Pen. L’ancienne députée du Vaucluse qui a quitté la vie politique pour fonder l’Issep revient dans le paysage médiatique. Il n’en fallait pas plus pour nos confrères. Se délectant d’avance, ils mettent en scène la nièce pour attaquer la tante. Marion s’exprime ? Elle « parasite la rentrée de Marine ». Marion a quitté le RN ? Elle ne « soutiendra pas Marine Le Pen ».

Une débauche de moyens et de fantasmes qui est en réalité très réjouissant pour le camp national. D’une part parce que c’est notre camp qui créée l’actualité politique aujourd’hui tant l’offre à gauche est inexistante, d’autre part parce que le camp médiatique identifie le RN et la « Marionsphère » comme les seuls opposants crédibles à la fois politiquement et intellectuellement au camp Macron. Dans les coulisses du Nouvel Obs, de France Inter et du Monde, on en est à appeler de ses vœux une telle confrontation simplement pour avoir (enfin) quelque chose d’intéressant à raconter. Et surtout, on est prêt à tout pour aller chercher noise au RN.

« Je ne vais pas faire semblant de ne pas voir ce que tout le monde voit. Je veux dire, ça paraît évident aujourd’hui qu’on ne peut pas gagner seuls » assène Marion chez Bourdin sur RMC. Le constat est clair et il est partagé par la plupart des observateurs. Pour autant, Marion Maréchal reconnaît que personne ne peut se passer du RN et de Marine Le Pen. Elle diffère en cela de Robert Ménard qui nie farouchement toute chance pour Marine Le Pen de remporter les élections présidentielles. « Je pense qu’on ne peut pas être si catégorique, je n’exclus pas du tout que Marine Le Pen puisse gagner, mais je pense qu’elle ne peut pas gagner seule, tout simplement parce que dans notre système d’institutions, on ne peut pas gagner sans coalition ».

Marion Maréchal est aussi très claire sur la question des coalitions. Invalidant de facto la stratégie mariniste de dragage ouvert des rangs Insoumis, Marion, et c’est aussi en cela que divergent souverainistes et conservateurs, regarde plutôt vers l’électorat et certains élus LR.

« Je pense que, une fois de plus, les marges de manœuvre se trouvent plutôt chez une partie des LR, pas exclusivement mais chez une partie des LR, et qu’il faut pouvoir assumer cette ouverture vers cet électorat particulier, vers ces Français et vers peut-être ces élus aussi. »

Au fond, il ne s’agit pas d’opposition entre la nièce et la tante. La première n’affrontera jamais la seconde. Elle s’y est engagée et ne sera pas celle qui mettra des bâtons sérieux dans les roues de Marine Le Pen. Toutefois, on rejoint la rhétorique qui saute aux yeux depuis l’élection d’Emmanuel Macron : ni Dupont-Aignan, ni Poisson, ni Ménard, ni Marion, ni Marine, ni Sarkozy, Wauquiez ou qui savons-nous encore ne pourra gagner seul.

Et si Marine Le Pen venait à remporter les élections présidentielles, aura-t-elle les moyens de gouverner seule et sans coalition ? Même si elle réunissait sans peine un gouvernement compétent, parviendra-t-elle à occuper tous les postes stratégiques et à obtenir une majorité à l’Assemblée nationale sans coalition ? La question mérite en tout cas d’être posée avant la course officielle à la présidentielle. Marion Maréchal en posant ces interrogations n’agit pas contre sa tante.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 16 septembre 2020

Eric Dupond-Moretti, le maillon faible

Eric Dupond-Moretti est une aubaine pour Marine Le Pen. Le garde des Sceaux symbolise, à lui seul, l’anachronique complexe de supériorité morale qui se retrouve chez beaucoup de dirigeants hors-sol. Or ce travers égotique rend les “élites” imbuvables pour ceux qui doivent supporter leurs prêches. Tout ce qui est devenu odieux aux yeux des sermonnés – l’auto-contentement du donneur de leçons, son aveuglement sur les réalités, sa diabolisation de l’adversaire – est représenté jusqu’à la caricature par le ministre de la Justice et ses indignations de salonnard. Il semble vivre sur une autre planète.
Dimanche, piqué au vif par les critiques que venait de lui adresser la présidente du RN à Fréjus, (“Dupond-Moretti, c’est Taubira en pire“), l’ancien ténor du barreau a répliqué par tweet : “Mme Le Pen ment énormément et je le prouverais aux Français. Des mots de plus en plus forts et des idées de plus en plus populistes. Près de 40 ans après son abolition, elle reparle de la peine de mort. Marine Le Pen, c’est son père en pire. Rien de neuf sous le soleil de Fréjus ». Dupond-Moretti, alors brillant avocat, avait souhaité en 2015 l’interdiction du FN. A l’entendre aujourd’hui, l’orgueil blessé, on songe à Bertold Brecht : “Ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ?“.

Alors que le mur des idéologies s’écroule sous le poids de leurs mensonges, Dupond-Moretti persiste à ne pas comprendre l’exigence de vérité qui gagne l’opinion. Sa haine irréfléchie du populisme – posture que même Emmanuel Macron semble vouloir atténuer – le place dans un rôle loufoque de mandarin claquemuré dans sa Cité interdite. Le mot “ensauvagement”, qu’il a critiqué mardi, est jugé justifié par 70% des Français (sondage Ifop diffusé ce lundi). Sa négation d’une augmentation des violences est contredite par les chiffres. Le Figaro publie ce lundi un dossier accablant sur les actes de violence gratuite qui ont explosé en vingt ans. Selon Patrice Ribeiro, secrétaire-général de Synergie-Officiers, “Darmanin, l’élu de terrain (NDLR : ministre de l’Intérieur), est dans la reconnaissance du réel et Dupond-Moretti, l’avocat multimillionnaire, est dans le déni, l’aveuglement idéologique et loin de la réalité des gens“. Celui qui prétend s’adresser “à l’intelligence des gens” et représenter la “nuance” se comporte comme un apparatchik. Son rôle semble tellement contreproductif, surtout à l’heure où Macron promet de se “réinventer“, que son maintien à la tête de la Justice, rendue au nom du peuple français, est une question qui doit être posée. Le maillon faible tiendra-t-il jusqu’au bout ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 7 septembre 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Marine Le Pen promet de combattre « la barbarie qui s’installe », par Franck Deletraz

Face à l’ensauvagement croissant que subit notre pays depuis des mois et à l’absence totale de volonté du gouvernement de remédier à cette grave dérive, Marine Le Pen n’a pas hésité à hausser le ton dimanche lors de son discours de clôture de l’université d’été du RN à Fréjus. S’exprimant devant des centaines d’élus et de militants du parti gonflés à bloc, la présidente du RN, après avoir dressé le bilan catastrophique de l’« été meurtrier » que nous venons de traverser et fustigé « le déni et l’inertie » du gouvernement, a en effet promis aux Français d’établir, si elle était élue, « une triple certitude : la certitude des poursuites, la certitude des sanctions, et la certitude de l’exécution de la peine ».

« Dupond-Moretti, c’est Taubira en pire ! »

Après avoir brièvement félicité les candidats RN élus et réélus lors des dernières municipales, Marine Le Pen est ainsi revenue sur l’« été meurtrier » que la France vient de subir. La conséquence, a-t-elle observé, « de dizaines d’années de laisser-aller », « d’une immigration anarchique et incontrôlée imposée aux Français depuis des années », de « l’intarissable promesse du “vivre ensemble” qui [se retourne] aujourd’hui contre ses promoteurs au pouvoir », et de « la vacuité de ce pouvoir plus occupé à faire croire qu’à faire ». Rappelant notamment que le gouvernement avait libéré plus de 10 000 détenus au cours de la crise sanitaire, puis égrainant les prénoms des victimes de cette « véritable barbarie qui s’installe », elle a alors lancé : « Avec la barbarie, on ne négocie pas. On la combat ! » Avant d’ajouter que, « pour ce crime, il faut une réponse d’Etat. Une réponse ferme, déterminée, implacable ». Or, a-t-elle constaté, l’Etat est totalement « dans le déni ». Pour preuve : cette obstination avec laquelle le garde des Sceaux, acclamé il y a quelques semaines par les détenus de Fresnes, « nie la réalité » et déclare « préférer des alternatives à la prison » alors que « l’alternative à la prison, ça s’appelle la liberté, et pour la société, ça s’appelle le danger ». Et Marine Le Pen, d’ajouter alors : « Dupond-Moretti, c’est Taubira en pire ! »

C’est que, a insisté la présidente du RN, contrairement à ce que nos gouvernants prétendent, « il est possible et même indispensable d’inverser cette tendance ». Citant en exemple la politique de la tolérance zéro menée par Giuliani à New York et rappelant que le RN avait présenté au printemps dernier un vrai projet pour la sécurité, Marine Le Pen a alors promis que, si elle était élue, l’ordonnance de 1945 serait révisée, la responsabilité civile des parents de mineurs récidivistes serait réellement engagée, la perpétuité réelle sans aucune possibilité de libération anticipée serait adoptée, les délinquants étrangers seront systématiquement expulsés, de nouvelles places de prison seront créées… Bref, a-t-elle déclaré, « l’impunité [ce sera] fini, les peines fictives [ce sera] fini, la prison garderie [ce sera] fini » !

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 7 septembre 2020