Surdélinquance des étrangers et des Français issus de l’immigration : la fin d’un tabou ?

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Laurent Lemasson, docteur en droit public et sciences politiques, vient de publier, dans le cadre de l’Institut pour la justice, un rapport où il analyse, à partir des données officielles disponibles, les rapports entre l’immigration et la délinquance.

C’est peu dire qu’il contribue à briser un tabou. On le voit, dans les médias où la gauche est en passe de perdre son hégémonie pluridécennale, dans l’opinion publique où s’opposent élite hors-sol et Français confrontés à l’insécurité quotidienne : les digues sont en train de céder. Même Emmanuel Macron, par la voix de Gérald Darmanin, s’essaie aux effets de manche en demandant aux préfets un tour de vis dans les expulsions des clandestins délinquants. La ficelle électoraliste est grossière, il n’empêche qu’il est en train de prendre conscience que la sécurité des Français sera un thème majeur de l’élection présidentielle.

Pierre-Marie Sève, directeur de l’Institut pour la justice, est interrogé ce week-end dans Le Figaro Magazine : il pointe toutes les contradictions de ce grand déni français : « Dans notre pays, parler négativement de l’immigration est moralement répréhensible et expose à une accusation de racisme ou, au mieux, de “fermeture d’esprit”. La question du lien entre immigration et délinquance est donc un tabou dans le tabou. »

Les chiffres alignés dans ce rapport sont tous plus affolants les uns que les autres et font ressortir une vérité nue, froide, objective : en 2020, 24 % de la population carcérale est étrangère, quand les étrangers ne constituent que 7,4 % de la population française. Sur ces étrangers, plus de la moitié (54 %) viennent d’Afrique et du Maghreb. Ces étrangers sont donc surreprésentés dans les prisons, mais aussi dans les chiffres de la délinquance fournis par la police et la Justice, particulièrement pour les faits violents (homicides, vols avec violences, agressions sexuelles).

Pierre-Marie Sève rappelle, d’ailleurs, qu’il n’existe pas de statistiques sur la présence carcérale des clandestins, pas plus que sur la délinquance des Français d’origine étrangère. Il leur a donc fallu, en quelque sorte, « débusquer » les chiffres. Ces « esquives » dans la méthodologie employée par les autorités pour connaître l’ampleur et les origines de cette augmentation de la délinquance et de la violence sont significatives : pendant des décennies, par idéologie, on a pu ainsi faire semblant de ne pas voir le lien patent entre immigration et délinquance. Les yeux grand fermés. Une méthodologie amputée de ressources essentielles : en son temps, Michèle Tribalat pointait le même problème pour l’étude de l’évolution démographique de la population française.

Ce rapport aborde également le problème des mineurs étrangers présents sur le sol français, les MNA (mineurs non accompagnés) : ils étaient 2.500 en 2004, 31.000 en 2019. « D’après le parquet de Paris, 75 % des mineurs jugés sont des mineurs étrangers », dit Pierre Marie Sève.

Didier Leschi, directeur de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), a expliqué, dans un essai que nous avons évoqué dans ces colonnes, l’ampleur du problème posé : « Si un clandestin peut sembler mineur pour se confondre avec les vrais mineurs en besoin de protection, c’est encore mieux. Un mineur ne peut être expulsé ; c’est du reste pour cela qu’il en arrive et s’en déclare de plus en plus, vrais ou faux. Aucune contrainte ne peut s’exercer sur eux. Les réseaux en profitent pour en exploiter beaucoup qui dérivent dans les rues de nos villes. »

Un problème chaque jour plus aigu dans des villes comme Paris, Rennes ou Nantes. Recrutés par des réseaux au fonctionnement mafieux, ces MNA agissent en toute impunité, puisqu’on ne peut ni les punir ni les expulser. La faiblesse de la loi française alimente donc, en creux, la délinquance sur le sol français.

Le prochain président de la République ne devra pas seulement jeter de la poudre aux yeux des Français en donnant l’illusion de l’action. Pour résoudre les fractures territoriales, sociales, culturelles et identitaires françaises, il faudra entièrement refonder la législation française en matière d’immigration.

Quitte à s’affranchir de la CEDH.

Marie d’Armagnac

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Délations, explosion de haine entre Français : la psychose du Covid aggrave les fractures

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Il y a quelques mois, Renaud Girard et Jean-Loup Bonnamy publiaient Quand la psychose fait dérailler le monde, un essai roboratif dont nous avions rendu compte dans ces colonnes. Ils expliquaient qu’une mise en perspective de la réalité de l’épidémie et un traitement rationnel de celle-ci comme problème de santé publique avaient été écartés par la volonté de masquer les carences de notre système de santé : à partir de là, c’est la peur qui domine, et la psychose, abondamment relayée par les médias, a fait dérailler le politique. Dénonçant cette mondialisation de la psychose, ils expliquaient fort justement que, basculant dans l’irrationnel dont la sacralisation du principe de précaution n’est qu’un variant, le politique avait viré à l’arbitraire et à l’absurde. Une sorte de fuite en avant qui avait fait de ce virus « un terroriste, c’est-à-dire un agent dont l’impact psychologique et sociétal dépasse de loin son impact physique ».

Quelques mois plus tard, nous y voilà : l’incohérence et l’absurdité érigées en système ont fragilisé la santé mentale de nombreux Français, qui ont succombé à la panique. Chez beaucoup de nos concitoyens, le discours illogique tenu par les autorités, martelé jusqu’à plus soif, couplé à une privation de libertés qui met en surchauffe l’équilibre mental de chacun, a réveillé de bas instincts.

Aujourd’hui, chaque Français a peur de son voisin, les grands-parents de leurs petits-enfants, les professeurs de leurs élèves, les commerçants de leurs clients : ce qu’il aurait à tout prix fallu éviter dans un pays déjà malade et fracturé.

Et de la défiance généralisée à la haine, il n’y a malheureusement qu’un pas que d’aucuns ont vite franchi : la délation s’est répandue comme une traînée de poudre.

Ici, c’est un verre de rosé dégusté sur une plage qui suscite, sous les yeux d’une famille avec de jeunes enfants, l’intervention d’une dizaine d’hommes en armes venus verbaliser sévèrement les récalcitrants. Ils étaient coupables de ne pas savoir que Jean Castex avait interdit la consommation d’alcool sur la voie publique, inaugurant un triste et nouveau concept : le puritanisme progressiste. Ce genre d’exemple – et il y en de nombreux – accentue la fracture avec des forces de l’ordre dont la mission est de protéger et que l’ont voit, absurdement, punir. Le motif sanitaire d’une telle mesure est tellement fumeux qu’on ne peut l’expliquer.

Là, c’est un prêtre et son vicaire qui sont en garde à vue parce que, tout à leur ministère de prêtre, lors d’une cérémonie où il y eut dix baptêmes, ils n’ont pas pleinement exercé leur pouvoir de police en allant voir, un à un, les fidèles qui ne portaient par leurs masques. On a vu, là encore, surgir la haine entre frères : le délateur était le frère d’un catéchumène – on imagine les réunions de famille – et certains catholiques n’ont rien trouvé de mieux que de désigner à la vindicte populaire ceux de leurs frères qui étaient mis en cause.

Voyez comme ils s’aiment…

Ailleurs, encore, c’est la chasse aux restaurants clandestins, le nouveau sport national des forces de police : leur ministre de tutelle assimilant sans doute bien plus les malheureux Français contrevenants à des terroristes d’une nouveau genre, fauteurs de trouble sanitaire, que ceux qui, chaque jour et depuis des années, installent le séparatisme islamiste au cœur de notre pays.

L’inflation réglementaire qui a tenu de lieu de gestion de crise, avec les mesures sanitaires obligatoires dont certaines sont franchement douteuses, voire dadaïstes – le port du masque en bord de mer en plein vent, par exemple, est un non-sens médical –, ont créé dans l’esprit des gens un nouveau conformisme d’habitudes rétrécies dont il sera difficile de se défaire. Et comme l’écrit excellemment le journaliste italien Andrea Venanzoni dans la revue Atlantico, « le conformisme est rassurant, chaud, confortable, sanctifiant même parce qu’il élève des esprits médiocres sur l’autel de la conscience sociale, assignant une quelconque fonction d’utilité à des individus qui, sans cela, resteraient piégés dans des existences d’une rare grisaille ».

La question qui se pose maintenant est de savoir comment, après un tel traumatisme de la société, les Français sauront s’unir pour reconstruire le pays.

Marie d’Armagnac

Tribune reprise de Boulevard Voltaire