Marché noir – Cette extrême gauche qui escroque les clandestins

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Les « sans-papiers » arnaqués par l’extrême gauche ? C’est le scandale qui secoue ce petit monde. L’hebdomadaire Politis est mis en cause. Il a suspendu sa vente en kiosque le 17 juin, officiellement pour des raisons financières. Les temps sont durs en effet pour la presse d’opinion, Présent en sait quelque chose. Mais est-ce une raison pour se renflouer sur le dos des clandestins ?

Connaissez-vous Politis ? C’est un hebdomadaire créé en 1988, qui s’adresse à la gauche de la gauche, du côté de Benoît Hamon, du NPA, des écolos, du PC et du bien nommé groupe Attac. C’est à Politis que Jean-Michel Aphatie commença sa carrière de journaliste, ce qui lui ouvrit les portes des plus grands médias. Politis n’a guère de lecteurs mais, chaque fois que la liquidation se profile, il trouve des mécènes et des entreprises pour le renflouer. Pierre Bergé fut l’un d’eux. Le Monde diplomatique, la Macif, etc. font partie de ceux qui s’intéressent à la pérennité du titre. Mais les dernières péripéties, qui mettent en cause le rédacteur en chef, Gilles Wullus, pourraient décourager les meilleures volontés.

En juillet 2008 Pierre Bergé avait nommé Gilles Wullus rédacteur en chef du mensuel homo Têtu, puis directeur de sa rédaction. Dix ans plus tard, cet ancien journaliste de Libération était bombardé rédacteur en chef de Politis.

Wullus, gauchiste compulsif, passionné par la cause de l’immigration jusque dans sa vie sentimentale, adepte de la mise en pratique du grand remplacement, dont il ne conteste pas l’existence, pour le coup, est en couple avec un dénommé Azzedine Jamal.

Quant à ce dernier, son « mari », il est surtout motivé par l’argent vite gagné. Il a trouvé un filon formidable, grâce à Politis, grâce à son conjoint, grâce aux militants extrémistes qui gravitent autour de l’hebdomadaire : il s’est bâti une réputation d’avocat au service des « sans-papiers ». Et, moyennant des honoraires de 6 000 à 9 000 euros, il se fait fort de débloquer les dossiers, de régulariser les clandestins qui s’adressent à lui, et ceci dans les délais les plus rapides.

Mirifique service de régularisation, clé en main

Le problème, c’est qu’Azzedine n’est pas avocat. Le problème, c’est qu’il ne réalise aucune vraie prestation. Avec Wullus, il a monté une série de sociétés. Ils ont recruté de nombreux intermédiaires, qualifiés contractuellement d’« apporteurs d’affaires », de « juristes », de « conseillers d’avocats ». Ce sont en fait de simples rabatteurs, chargés de contacter des clandestins, de vérifier que ceux-ci bénéficient d’un pécule, et de leur proposer ce mirifique service de régularisation, clé en main. Pour les convaincre de la qualité de leur engagement, les escrocs leur mettent sous le nez des éditoriaux de Politis en soutien aux clandestins, signés du conjoint.

Des dizaines de ces malheureux se sont ainsi fait escroquer. Et comment porter plainte ensuite ? Cet argent avait été gagné au noir, éventuellement dans des trafics illicites. Le site StreetPress, qui a révélé l’affaire lundi, a fait une enquête sérieuse sur ce racket, et aurait identifié pour l’heure 79 victimes. Plusieurs centaines de milliers d’euros vite gagnés pour le dirigeant de Politis et son « mari », une arnaque organisée de façon industrielle.

Cela fait près de deux ans que courent les rumeurs de l’escroquerie. Les premiers articles commencent seulement à filtrer. C’est que les juges savent être discrets quand le sujet est très délicat…

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 20 juillet 2021

Les masques, enjeu de marché noir

C’est devenu un enjeu de taille pour la criminalité. Les vols des masques de protection anti-Covid-19, désormais essentiels à tout un chacun à l’heure du déconfinement, se sont multipliés dans l’Hexagone et se vendent au prix fort sur les marchés clandestins. Jeudi dernier, le maire communiste de Montreuil, une ville située en Seine-Saint-Denis (93) a déploré la disparition de centaines de milliers de masques dont une partie était destinée à ses administrés.

« C’est avec une immense colère que j’ai appris que le camion acheminant 500 000 masques en tissu, dont 50 000 étaient destinés aux habitants de Montreuil, a été victime d’un vol. Je condamne avec la plus grande fermeté cet acte criminel qui met en danger les habitants de Montreuil. » Sur son compte Twitter, Patrice Bessac, réélu dès le premier tour lors des dernières élections municipales, n’a pas caché son désespoir et sa colère. D’autant que le préjudice pour cette mairie communiste est de 112 000 euros. Parti du Portugal, le camion a été vidé de son contenu sur une aire d’autoroute en Espagne. Les circonstances de cette disparition ne sont pour l’heure pas déterminées mais témoignent de la situation actuelle à laquelle doivent faire face de nombreuses villes de France et de Navarre qui passent de grosses commandes de masques. Les criminels n’hésitent plus à « braquer » les camions transportant cette précieuse cargaison ou même à pénétrer dans les hôpitaux pour s’emparer du butin. Une fois sur le marché, ils sont revendus le double de leur prix à l’unité. L’affaire est juteuse d’autant que l’argent alimente aussi celui de la contrefaçon.

« La part la plus noire de l’âme humaine », regrette Xavier Bertrand, ancien ministre de la Santé, qui s’est plaint de la recrudescence du nombre de sites de vente illégaux sur Internet. La métropole n’est d’ailleurs pas la seule à être touchée par ce phénomène. En Guyane, récemment, c’est 40 000 masques qui ont été dérobés dans un local du centre spatial de Kourou. Faut-il prévoir des escortes policières ? Le gouvernement planche sur cette solution qui appelle à une coopération européenne incertaine. Pour l’heure, le ministère de l’Intérieur ne répond qu’avec le seul arsenal juridique qu’elle possède. Cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende. Si tant est que les voleurs soient retrouvés.

En attendant qu’une enquête sur le vol de ces 500 000 masques soit menée, Madame le maire de Bondy, Sylvine Thomassin, a interpellé le préfet. « Cette situation est la conséquence simple et triste de l’inaction de l’Etat sur ce sujet. Car si la distribution de masques était centralisée et faite par l’Etat, je parle de masques gratuits et réutilisables pour tous les Français, nous n’en serions pas là », a déclaré l’élue socialiste, faisant écho aux nombreuses irritations des maires de France se plaignant de l’incompétence du gouvernement sur le sujet.

Jean-Louis Leroy

Article paru dans Présent daté du 11 mai 2020